00:00Good Morning Business, parole de patron.
00:04Bonjour Laurent Milker.
00:05Bonjour.
00:05Et bienvenue à vous, vous êtes co-gérant d'Etam dans Good Morning Business.
00:09On aime évidemment mettre en avant les marques françaises.
00:11Etam en est une, on s'inquiète pour vous.
00:14Est-ce que vous avez subi des dégâts après les émets de ce week-end ?
00:16On a subi des dégâts comme tous les commerçants de France.
00:18On a 700 magasins en France, donc vous imaginez bien qu'on a eu 4 magasins complètement pillés
00:23et puis 120 magasins qui ont fermé avant 13h et le reste qui a fermé pendant la journée.
00:28Donc c'est des impacts importants, mais comme tous les commerçants de France.
00:32Vous les avez chiffrés ces impacts en termes de dégâts déjà et puis de manque à gagner ?
00:37Alors ça se chiffre assez facilement.
00:38Le manque à gagner c'est un million d'euros de chiffre d'affaires sur la journée de samedi.
00:42C'est 10% du chiffre de la semaine.
00:44Et en termes de dégâts, entre le stock volé des magasins pillés et les dégâts matériels,
00:49c'est de l'ordre de 500 000 euros et ça c'est sur un samedi.
00:52Évidemment si ça se répète, comme on est dans une activité qui s'approche de Noël,
00:57si on a ça tous les week-ends comme on a pu l'avoir pendant les Gilets jaunes,
01:01pour un groupe comme le nôtre, ça sera un coût de 15 millions d'euros.
01:03C'est aussi simple que ça en calcul.
01:0415 millions d'euros.
01:05Est-ce que vous êtes durablement impacté ?
01:07Parce qu'il y avait des stocks déjà dans les magasins, nous dit-on,
01:11à l'approche des fêtes de Noël.
01:13Novembre-décembre c'est aussi un moment très important pour les commerçants.
01:17C'est là où vous faites à peu près 40% du chiffre de l'année je crois.
01:19On fait 40% de notre résultat.
01:21Dans notre activité, après ça dépend, dans le jouet c'est évidemment plus.
01:24Je pense que le jouet a intéressé moins nos chers amis sur les écrans.
01:29Mais le problème de fond, c'est la capacité à faire du commerce dans la durée.
01:36C'est indemniser les petits commerçants.
01:38Parce qu'il y a des gens qui ont tout perdu.
01:39Quand vous êtes un indépendant et que vous avez ouvert un franc prix ou une franchise,
01:43vous êtes indépendant et que vous n'avez plus de magasin,
01:44vous n'avez plus d'informatique, vous n'avez plus vos états de stock,
01:46vous n'avez plus rien en fait.
01:46Vous avez tout perdu.
01:47Et de retrouver même les données, c'est compliqué.
01:50Et donc c'est compliqué de se faire indemniser derrière.
01:53Pour l'instant, les assureurs de quelques interactions qu'on a eues
01:56ont l'air de vouloir jouer le jeu en tout cas pour l'instant.
02:01En fait, il ne faut pas que ça dure.
02:03La réalité, il ne faut pas que ça dure.
02:04Et je pense que les groupes comme le nôtre,
02:05on pourrait mettre nos équipes en chômage partiel
02:07comme l'État nous l'a proposé.
02:09Ce n'est pas ce qu'on va faire.
02:10On va pouvoir repositionner les quelques personnes,
02:12le temps de réparer nos magasins qui ont été payés.
02:15Et à notre échelle, 4 magasins, on a du stock à l'entrepôt.
02:17On va pouvoir les réassortir et réouvrir ces magasins.
02:21Le sujet, c'est si c'est un one-off, ça va fonctionner.
02:26Le sujet, c'est dans la durée en fait.
02:27Et plutôt que de demander...
02:28Qu'est-ce que vous dites alors au gouvernement,
02:30le chef d'entreprise que vous êtes ce matin ?
02:32Je pense que ça montre que globalement,
02:34et on le voit, on l'a vu dans nos pays voisins,
02:36mais on a besoin de réformer notre système.
02:37On a les étudiants qui ont une forme de mal-être.
02:40Alors une forme de mal-être qui est probablement justifiée,
02:42une autre qui est probablement moins justifiée
02:43parce que le goût du travail, les 35 heures, etc.,
02:46ont quand même détruit le goût du travail.
02:48Donc ça, c'est un problème de société
02:50parce qu'on a besoin de travail pour produire
02:52et être compétitifs par rapport à nos voisins,
02:54européens et internationaux.
02:56Mais on a besoin que l'État puisse assurer
02:58la sécurité des centres-villes et de la périphérie,
03:03donc la sécurité nationale.
03:04Et donc moi, j'en appelle honnêtement,
03:06je pense que pour avoir vu samedi avoir été sur le terrain
03:08et avoir vu les forces de l'ordre travailler comme elles le pouvaient
03:12face à des casseurs qui, eux, n'avaient rien à revendiquer du tout.
03:15Donc ils ont pollué, évidemment, les mouvements sociaux.
03:18Ils étaient en sous-nombre, en fait.
03:19Ils sont en sous-nombre.
03:20Et je pense que la police, plus les gendarmes, plus les CRS,
03:23si on veut assurer un certain nombre d'autres fonctions nationales,
03:26sont en sous-nombre.
03:27Donc à un moment donné, si ça doit continuer,
03:29moi j'en appelle au président et au Premier ministre
03:32à faire appel à l'armée pour le maintien de l'ordre.
03:35C'est le seul moyen, c'est d'être en sur-nombre par rapport à le nombre.
03:41Non, mais en fait, elle peut l'être dans un certain nombre de cas.
03:44C'est possible.
03:46Et je pense que le sujet, c'est qu'on reste sur des règles
03:49qui sont nos règles théoriques,
03:51comme le discours du président, en fait.
03:53C'est un discours de président hors sol, en fait.
03:54C'est une incantation avec aucun changement potentiel sur le terrain.
03:59Pas d'annonce.
03:59Il ne serait pas le ministre de l'Intérieur qui est là depuis quelques mois,
04:02qui est responsable de la situation.
04:03Laurent Nunez, il fait le boulot correctement.
04:06Les couvre-feux, c'est déjà une bonne réponse ?
04:09Mais il faut arriver à les maintenir, en fait.
04:10Alors un couvre-feu au Forum des Halles, à Lille et à République,
04:16à la limite, on peut les maintenir.
04:18Il faut l'état d'urgence à ce moment-là ?
04:20L'état d'urgence, ça donne effectivement un certain nombre de pouvoirs additionnels.
04:26Mais disons qu'il ne faut pas forcément priver les jeunes.
04:30J'écoutais le maire de Paris hier qui disait
04:31qu'il est contre la privation de circulation et de liberté des jeunes à Paris.
04:37Maintenant, qu'est-ce qu'il faut pour assurer la sécurité des populations ?
04:43On a des équipes dans ce magasin de République
04:45qui sont restées bloquées de 10h du matin à 22h dans un appartement
04:49où elles ont pris leur casier pour bloquer la porte de l'appartement
04:52parce que les types rentraient dans l'immeuble,
04:54ils tapaient contre la porte pour rentrer.
04:56C'est trois femmes qui sont restées enfermées 12h dans cet appartement.
04:59Elles ont eu la peur de leur vie et pour l'instant, ça s'est passé correctement
05:02parce qu'il n'y a pas eu de blessés graves, il n'y a pas eu de dommages
05:05jusqu'au jour où ça va déraper.
05:07C'est vrai que c'est anormal aujourd'hui que la police se laisse caillasser,
05:10se laisse taper dessus parce qu'on leur demande de ne pas réagir.
05:13C'est absolument anormal.
05:14Et c'est vrai que faire le discernement entre des jeunes qui manifestent
05:17avec énergie mais de manière pacifique
05:20et des casseurs dont le seul but c'est de détruire les commerces
05:24et de mettre le feu à notre société,
05:27il faut arriver à faire le discernement et il faut être plus ferme avec cela.
05:32Et je pense qu'honnêtement, quand vous voyez les CRS et les gendarmes
05:34qui sont épuisés à la fin d'une seule journée,
05:37si ça doit durer dans le temps,
05:39il y a un épuisement qui va s'installer et un sous-nombre.
05:43Donc il faut réagir vite, c'est ce que vous dites ?
05:45Vous dites que les assureurs jouent le jeu.
05:48Quelle part est couverte de vos dégâts par les assureurs ?
05:50Parce qu'il y a cette garantie émeute mais qui n'est pas dans tous les contrats.
05:53Alors pour nous, a priori, les dégâts matériels sont assurés
05:58et la perte d'exploitation en cas de dégâts matériels.
06:00Si à un moment donné, si le magasin est détruit, on n'est pas détruit.
06:03Par contre, si le magasin n'est pas détruit
06:05et qu'on ferme le magasin à 13h comme c'était le cas pour 120 points de vente en France,
06:11l'assurance perte d'exploitation ne fonctionne pas.
06:14Donc les 10% de chiffre d'affaires de la semaine
06:15ou les 35% qu'on a perdus sur le samedi, c'est pour nous.
06:21Merci à vous Laurent Milker d'avoir été notre invité ce matin, co-gérant d'ETAM.
06:26C'est une interview à retrouver sur BFM Business,
06:29toutes nos plateformes en podcast et en replay.
06:31Merci à vous.