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  • il y a 12 heures
Ce lundi 26 octobre, Bruno Bouygues, président de GYS, était l'invité dans l'émission Good Morning Business sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Good morning business, parole de patron.
00:03Bonjour Bruno Bouygues.
00:05Bonjour Sandra.
00:06Président de GIS, rappelez-nous très vite les quatre métiers principaux de cette entreprise.
00:12GIS, on est un équipementier, on fabrique des chargeurs de batterie, du matériel de soudage,
00:17des matériels de chauffe par induction et des matériels pour réparer la carrosserie des véhicules.
00:22Deux sites de production, cinq filiales, des produits distribués dans 132 pays.
00:27C'est très intéressant de parler de cette entreprise en ce moment parce que c'est de l'industrie, c
00:33'est de l'électronique, c'est du logiciel.
00:37C'est tout un tas de métiers à la fois.
00:39Vous dites qu'en 22 ans, à la direction de cette entreprise, vous avez changé trois fois de métier.
00:44C'est vrai. On est passé de l'électrotechnique à l'électronique passive, à l'électronique avancée, à maintenant le
00:50monde du logiciel.
00:52En fait, ce qui n'est pas très bien compris en France, c'est qu'on arrive dans l'ère
00:56des machines.
00:57L'industrie basique arrive dans l'ère des machines et du logiciel.
01:01En fait, la bureautique est arrivée dans l'ère des logiciels.
01:05Et aujourd'hui, dans l'industrie, l'ère des machines commence, des machines intelligentes, sophistiquées, connectées.
01:12Et c'est le secteur dans lequel GIS veut être un des acteurs leaders mondiaux dans chacun de ces domaines.
01:16Donc, on développe des plateformes intelligentes de plus en plus sophistiquées.
01:19C'est intéressant, finalement, cette position d'observatoire, d'observateur que vous avez sur l'évolution de ces secteurs,
01:27qui sont, voilà, les frontières sont poreuses, vous le dites vous-même.
01:31Cette activité touche à tout, est-ce que c'est du coup un atout, là où tout est interconnecté,
01:37ou actuellement, en pleine transition, c'est plus une faiblesse ?
01:41Je pense que c'est un atout parce que ça nous permet de comprendre, premièrement, ce qui se passe.
01:47Je vous rappelle qu'on est verticalement intégré, donc on fabrique tous nos semi-ouvrés par nous-mêmes.
01:51Par exemple, en ce moment, il y a d'énormes problèmes de logistique dans tout ce qui est composants électroniques,
01:56cartes électroniques.
01:58Et donc, le fait d'être verticalement intégré, on a pu un peu les anticiper, on a pu faire des
02:02stocks de sécurité.
02:03Et en même temps, grâce à l'intelligence artificielle, il y a une accélération des semi-conducteurs industriels
02:09qui nous permettent de proposer des produits extraordinairement plus intelligents à nos clients.
02:14Et en fait, en ce moment, dans notre secteur, on voit bien qu'il y a quelques maisons dans le
02:19monde
02:19qui sont en train de prendre le leadership technologique mondial, on en fait partie.
02:23Et on prend des risques importants, justement, pour construire ces plateformes de demain.
02:27Puisque, je le répète, l'ère des machines commence.
02:30C'est intéressant parce qu'il y a l'innovation qu'on met dans tout cela, l'intention.
02:35Et parallèlement, il y a aussi la lourdeur de certains process,
02:37dû notamment au contexte géopolitique, les crises en Ukraine, les crises au Moyen-Orient, l'approvisionnement.
02:45Qu'est-ce qui est aujourd'hui le plus compliqué à gérer quand on est dans une industrie comme la
02:50vôtre ?
02:50Je pense qu'on a beaucoup de chances d'être une entreprise familiale
02:54puisque le grand changement entre il y a 12 mois et aujourd'hui, c'est la supply chain.
03:00Je vais vous donner un exemple.
03:01Si je prends des semi-conducteurs avancés, on avait des délais de livraison il y a un an à 12
03:06semaines.
03:06Aujourd'hui, j'ai des délais de livraison à 68 semaines.
03:10Donc, en fait, il a fallu passer nos stocks de sécurité de 15 semaines à 75 semaines.
03:15Si vous avez une société familiale avec des capitaux à temps long,
03:18vous prenez la décision de passer à 70 semaines de stock.
03:20Encore faut-il pouvoir le faire.
03:23Quand vous avez une société familiale, vos fournisseurs aussi vous font confiance sur le temps long
03:28et donc s'associent avec vous pour mettre en place les stocks, les stratégies.
03:33Ils vous alertent en avance.
03:35Et donc, c'est dans ce dialogue, dans ce partenariat finalement qu'on avance.
03:38D'ailleurs, on va faire une très bonne année cette année.
03:40Est-ce que cette expérience, le fait, comme vous dites, d'avoir ces fournisseurs,
03:46cet écosystème depuis très longtemps, vous protège malgré tout de ce monde qui va de plus en plus vite,
03:51de la concurrence chinoise, de la concurrence des États-Unis,
03:54qui aujourd'hui, il n'y a plus tellement de règles en termes de, finalement, de règles commerciales.
04:00Est-ce que ça vous protège néanmoins, cette situation que vous avez ?
04:04Personne n'est protégé, mais par contre, avoir eu des relations apaisées sur le temps long
04:10permet en fait de construire autour de soi un écosystème bienveillant.
04:15Et je crois que je dois remercier l'ensemble de nos fournisseurs qui nous ont prévenus.
04:21Ce qui nous a permis d'anticiper.
04:22Donc aujourd'hui, je pense que si vous avez bien traité vos fournisseurs,
04:26si vous êtes un partenaire d'innovation avec eux,
04:28eh bien, ils vont avoir tendance à vous privilégier.
04:30Et je pense que ça a été le cas jusqu'à aujourd'hui.
04:32Quel est le contexte, la crise en tout cas, qui vous inquiète le plus ?
04:38Là, vous dites que, finalement, les difficultés d'approvisionnement, on s'adapte.
04:43Bien sûr, on s'adapte.
04:44Mais c'est quoi ? Justement, ce sont ces blocs, Chine et États-Unis, c'est la dette française.
04:50C'est quoi qui est problématique aujourd'hui pour l'industrie ?
04:53Alors, je pense que le sujet numéro un, c'est le retour de l'inflation.
04:58En fait, on a eu un post-Covid, une vague d'inflation qui s'est calmée relativement vite.
05:03Et en fait, on est en train de préparer nos listes de prix pour le 1er janvier 2027.
05:08Et en fait, on voit le retour de l'inflation avec plusieurs phénomènes.
05:11D'abord, l'inversion de l'euro-yuan, donc le yuan qui a pris par rapport à l'euro presque
05:1810% sur un an.
05:20La montée des matières premières, le cuivre, par exemple, qu'on utilise beaucoup,
05:24puisqu'on est dans l'électronique de puissance, qui a pris presque 30% depuis le début de l'année.
05:29On a les semi-conducteurs qui ont pris 25%.
05:32Donc, en fait, on est dans un contexte très inflationniste dans notre secteur,
05:36à un moment où on voit une tension sur le pouvoir d'achat.
05:39Et on sait très bien que ce n'est pas bon pour l'industrie.
05:43Et donc, pour se différencier, il va falloir apporter des services, de la productivité.
05:48Il va falloir aussi prendre sur sa marge pour ne pas transmettre toute cette inflation aux clients.
05:53Il y a aussi, et on en parlait juste avant cette émission,
05:56une question de recrutement, de nouveaux profils, de finalement...
06:01Aujourd'hui, vous êtes 900 collaborateurs remplacés au fur et à mesure,
06:06ces collaborateurs, par des ingénieurs, des mécaniciens, des électroniciens,
06:10en fonction des besoins.
06:12Et ce recrutement, à l'heure de l'intelligence artificielle,
06:16vous me disiez qu'il change complètement, que les profils changent.
06:19Aujourd'hui, entre deux personnes qui ont très peu de différence d'âge,
06:26finalement, ils n'ont pas le même profil.
06:27C'est très intéressant de voir aussi quelles stratégies on adopte
06:33pour recruter les bonnes personnes dans cette ère d'évolution terrible.
06:38Alors, le premier sujet plutôt positif, c'est que l'industrie, je pense,
06:44en Europe, va beaucoup recruter dans les 20 prochaines années,
06:47puisqu'on va réimporter une partie de la fabrication qui n'était pas faite en Europe.
06:53Donc, ça, c'est le premier point, c'est que l'industrie va beaucoup recruter.
06:56Donc, j'encourage les jeunes à nous envoyer leur CV.
06:59Deuxièmement, et on en parlait juste avant, ce qui est frappant aujourd'hui,
07:02c'est de voir des jeunes de moins de 18 ans qui ont travaillé sur des ordinateurs
07:07depuis 4-5 ans à l'école, qui travaillent avec de l'intelligence artificielle
07:10depuis 2-3 ans et qui, à 18 ans, arrivent et ont à peu près les mêmes formations,
07:17les mêmes compétences, en tout cas, qu'un jeune qui a fait un bac plus 2,
07:21bac plus 3 dans des métiers, finalement, de bureau.
07:25Et donc, ça interroge, bien sûr, cette jeunesse qui se manifeste.
07:30Moi, je suis d'un naturel très optimiste.
07:32On est dans une phase de transition.
07:34Et donc, tout ça va se mettre en place calmement.
07:36Et je pense que dans 5-6 ans, les programmes se seront réadaptés.
07:40Et donc, il ne faut pas que les gens aient peur.
07:41Ça veut dire que, potentiellement, à un jeune aujourd'hui,
07:44on pourrait lui conseiller de faire un peu moins d'études
07:46et de se lancer peut-être un petit peu plus vite directement dans le monde du travail
07:49pour être opérationnel, plus vite ?
07:52Moi, quand je regarde les pénuries dans les recrutements,
07:55on voit bien qu'on manque de tous les métiers techniques.
07:58Donc, ce que je dis très souvent, c'est n'ayez pas seulement la main sur le clavier,
08:03ayez aussi une deuxième main dans la boîte à outils.
08:06Donc, développer des compétences techniques, développer des compétences commerciales
08:10à tous les métiers manuels, vont retrouver une certaine forme de noblaise.
08:14Et là, c'est pour ça que je pense qu'il va y avoir un renouveau de l'industrie.
08:17J'ai une très, très rapide question, évidemment, en année présidentielle.
08:21Qu'est-ce que vous attendez de ce scrutin qui aura lieu ?
08:23Certes, dans 6 mois, il peut se passer beaucoup de choses.
08:26Et vraiment, on ne peut pas savoir sur quoi ça va tomber.
08:29Mais vous, en tant qu'industriel français, vous attendez quoi de cette année-là ?
08:35Alors, ce qu'on attend, c'est une forme de stabilité fiscale.
08:39Je pense que c'est déjà beaucoup demandé parce que le budget n'est pas évident.
08:42Je pense qu'on a des impôts de production parmi les plus élevés du monde.
08:46On avait commencé une trajectoire de descente progressive.
08:49Je pense qu'il faut continuer.
08:51Voilà.
08:52Donc, une forme de stabilité pour permettre aux industriels d'investir beaucoup,
08:55parce qu'il va falloir beaucoup investir.
08:57J'estime que l'industrie va devoir recruter énormément.
09:02Donc, pour recruter, il faut des usines, il faut des machines.
09:05Donc, en fait, donnez-nous les moyens de nous projeter dans l'avenir, dans le calme.
09:09Faites-nous confiance.
09:09Merci Bruno Bouygues d'être revenu sur ce plateau ce matin,
09:12président de GIS dans la matinale de l'économie.

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