00:00Good morning business, parole de patron.
00:03Bonjour Elisabeth Ducotet.
00:05Bonjour.
00:05Et bienvenue à vous, PDG de Thuan.
00:07Vous proposez des solutions de santé dans les domaines de l'orthopédie,
00:10de la compression médicale, du sport.
00:12Vous avez 2400 collaborateurs dans 110 pays.
00:15Vous réalisez 50% de votre chiffre d'affaires à l'international.
00:18Alors les débats sur le budget de la sécurité sociale
00:21ont débuté hier dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale
00:23et vous vous opposez à une taxe annuelle de 3,6%
00:27sur les dispositifs médicaux qui sont remboursés par l'assurance maladie.
00:32Est-ce que vous avez été pris par surprise ou est-ce que ça avait été discuté ça ?
00:35Ça n'a été absolument pas discuté.
00:38Nous l'avons découvert au moment où c'est passé au Conseil des ministres
00:42et où c'est arrivé devant l'Assemblée.
00:43Et je dirais que la question que vous me posez, c'est une vraie bonne question
00:47parce qu'elle touche l'équilibre des entreprises.
00:50Une entreprise, c'est un organisme vivant.
00:52C'est un organisme qui est chargé normalement
00:56parce qu'il contribue avec tout ce dont il bénéficie dans sa réalité.
01:02Par exemple, nous à Saint-Etienne, c'est comme ça que ça se passe.
01:04On bénéficie de ce qui est autour de nous.
01:06Et puis, ces charges, elles sont normales
01:08parce que nous sommes contributeurs à ce qui se fait autour de nous.
01:11Mais en face de ça, nous avons de l'emploi, des brevets, des recherches
01:15et puis aussi un rôle social, sociétal dans le lieu.
01:19Et donc, c'est une question de charge.
01:21Une taxe, c'est une charge.
01:22Et quand un organisme est trop chargé, on le met à risque.
01:26Et c'est en train de se passer avec cette charge nouvelle
01:30qui était d'une part inattendue.
01:31Vous avez raison de le dire.
01:32Elle n'était absolument pas concertée.
01:34Et ça, je trouve que c'est très dommage
01:35parce qu'on est capable de se parler.
01:37On est tout à fait prêts, nous, les entrepreneurs.
01:39Vous êtes prêts à faire un effort
01:40parce qu'on dit qu'il faut effectivement
01:41que tout le monde prenne sa part du gâteau.
01:43Il faut réduire le déficit.
01:45Et la dette, vous, vous êtes d'accord pour faire un effort ?
01:46C'est normal.
01:48Parce que je dirais que le pays est dans une situation qui est difficile
01:52et qu'il y ait une contribution normale assumée et concertée
01:56est une chose qui est très, très importante.
01:58Donc, c'est normal.
01:59Et donc, nous souhaitons que cette taxe-là disparaisse
02:03dans un moment où nous avons, d'une part,
02:06une remontée par l'inflation de tous nos coûts
02:08et où nous avons une baisse des remboursements.
02:10Ce qui nous fait, je dirais, une marge qui est devenue très petite.
02:13Et quel impact sur votre chiffre d'affaires ?
02:15Parce que cette taxe, elle pourrait apporter 150 millions au total.
02:18Et pour vous, vous avez une affaire de...
02:20Oui, bien sûr, on l'a calculé.
02:21C'est une charge qui va être de l'ordre de 4 millions par an.
02:24C'est-à-dire que c'est considérable.
02:26C'est-à-dire que ça double ce poids de charge que nous avons.
02:29Ça veut dire des impacts sur l'emploi, sur la production, sur l'investissement ?
02:33Alors, ça va avoir des impacts sur l'investissement, forcément.
02:36Nous allons tout faire pour que ce n'ait pas d'impact sur l'emploi.
02:38Mais effectivement, ça devient extrêmement risqué.
02:41Donc, mettre les entreprises à risque à un moment comme celui-là,
02:44ça me paraît particulièrement dangereux.
02:46Parce qu'effectivement, le rôle que nous avons dans une ville comme Saint-Étienne,
02:49c'est un rôle qui est un rôle forcément important par rapport...
02:53Les moteurs de la croissance localement aussi et de l'emploi ?
02:55Formation des jeunes.
02:56Formation des jeunes.
02:57Et je pense que là, il est clair de se rendre compte
03:00que ça a un impact sur cette aspiration des jeunes
03:03à trouver localement des emplois qui sont des emplois industriels de bon niveau.
03:06Mettre ça à risque en ce moment, je pense que c'est vraiment incohérent par rapport...
03:10Surtout que ça s'ajoute de l'AVD à l'inflation, il y a aussi la baisse des prix des
03:14remboursements,
03:14il y a la clause de sauvegarde.
03:16À partir de quel moment c'est plus rentable de produire en France ?
03:19Nous sommes très près d'un moment où la rentabilité est mise en question.
03:22Et du jour où elle n'est plus rentable,
03:24évidemment, ça conduit à des choix qui sont des choix qui sont difficiles.
03:27Donc, nous voulons à tout prix éviter ce moment-là.
03:30Nous voulons rester ce que nous avons été pendant des années,
03:33des animateurs économiques de Saint-Étienne et des animateurs sociaux.
03:38C'est-à-dire qu'on contribue à l'enseignement autour de nous,
03:41on contribue aux brevets déposés,
03:43nous contribuons en emploi indirect,
03:46nous en avons presque autant probablement qu'en emploi direct.
03:48C'est-à-dire que c'est une contribution normale
03:50dans un territoire qui a subi beaucoup d'épreuves
03:53et dans lequel il faut absolument que ce territoire continue à vivre normalement.
03:57C'est quoi vos solutions aujourd'hui pour vous en sortir ?
04:01Les grandes solutions, si vous voulez, c'est la productivité.
04:03La productivité, parce que la productivité, ça veut dire que nous sommes à l'intérieur d'une compétition,
04:08qui est une compétition mondiale,
04:09dans laquelle il y a des prix de produits qui sont faits très loin de chez nous
04:12et qui arrivent tels quels et sur lesquels nous devons être compétitifs.
04:17C'est-à-dire que nous devons être dans le match.
04:19Si nous ne sommes pas dans le match, on est exclu, c'est aussi clair que ça.
04:22Donc, nous devons absolument être productifs assez pour être compétitifs.
04:26Si on est compétitifs, ça veut dire qu'il faut que les conditions dans lesquelles nous produisons
04:30soient des conditions qui nous permettent d'être justement à jeu égal avec les autres,
04:36ceux qui arrivent avec des produits qui n'ont pas été faits en Europe
04:39et qui arrivent avec une grande liberté.
04:42Vous parlez de règles du jeu égal, mais le problème, c'est que cette taxe,
04:46elle ne s'appliquerait pas aux produits chinois qui déversent...
04:49Elle s'appliquerait de façon indifférenciée à des gens qui fabriquent sur le territoire français et européen
04:55et à des gens qui ne fabriquent pas sur le territoire français ou européen.
04:59Et donc, c'est là le grand correctif qu'il faut apporter.
05:02Ça veut dire qu'on subventionne indirectement la Chine quelque part, ou pas ?
05:05Qui fabrique ailleurs et donc qui arrive avec des produits qui ont été fabriqués
05:10dans des conditions très différentes des nôtres.
05:12Est-ce que la souveraineté, à un moment, elle s'efface devant les arbitrages budgétaires ?
05:18Je pense qu'il faut se dire que l'entreprise, les ETI, les entreprises comme les nôtres,
05:23c'est-à-dire des entreprises historiquement installées dans des territoires,
05:26dans des territoires qui ont des vraies fragilités en ce moment,
05:29il faut se dire que ces déséquilibres qu'on apporte à ces entreprises
05:33ont une réalité grave par rapport à l'économie locale.
05:37Et donc, il faut véritablement le regarder.
05:39Donc, moi, ce que j'espère, c'est un retour à la concertation,
05:42un retour à la mise autour de la table,
05:44et se dire quelle est la normale contribution qu'on peut apporter
05:48dans une période très difficile pour notre pays.
05:50Ça, nous sommes prêts, bien sûr, à le faire.
05:51Mais maintenant, il faut se mettre autour de la table, il faut discuter ensemble.
05:54J'ai vu qu'en Chine, les hôpitaux ont l'obligation de se fournir
05:56à 70% aux dispositifs médicaux chinois.
05:59Pourquoi la France accepte-t-elle cette asymétrie ?
06:01Est-ce qu'il ne faudrait pas être moins naïf ?
06:03Est-ce que même vous demandez une préférence européenne ?
06:06Je trouve qu'il serait normal.
06:07Parce qu'on voit d'abord, dans un certain nombre de pays,
06:10par exemple en Allemagne,
06:11il y a une vraie préférence au Made in Germany.
06:14Il faudrait vraiment que nous, nous ayons accès
06:16de façon normalement préférentielle,
06:19pas exclusivement, mais normalement préférentielle,
06:21à un certain nombre de nos marchés.
06:23Et d'ailleurs, nous y sommes prêts.
06:24Nous sommes prêts à avoir vraiment une santé,
06:27parce que là, nous sommes dans la santé,
06:28à avoir une santé que nous espérons souveraine,
06:31donc assumée par des entreprises du lieu,
06:34de notre territoire,
06:35et qui donne un normal emploi, je dirais,
06:38à nos collaborateurs.
06:39Et ça, nous le souhaitons beaucoup.
06:41Merci Elisabeth Ducoté d'avoir été notre invitée
06:44ce matin dans Good Morning Business,
06:45PDG de Thuan.
06:48Et donc, vous demandez la suppression
06:49de cette taxe annuelle de 3,6%
06:51sur les dispositifs médicaux remboursés
06:53par l'assurance maladie,
06:54et qui est prévue dans ce projet de loi
06:56de la sécurité sociale.
06:57Est-ce que vous allez faire ?
06:57Pues au día de même temps,
06:57vous allez revoir au début de la s
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