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  • il y a 1 minute
Ce mercredi 21 octobre, Elizabeth Ducottet, PDG de Thuasne, était l'invitée dans l'émission Good Morning Business sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Good morning business, parole de patron.
00:03Bonjour Elisabeth Ducotet.
00:05Bonjour.
00:05Et bienvenue à vous, PDG de Thuan.
00:07Vous proposez des solutions de santé dans les domaines de l'orthopédie,
00:10de la compression médicale, du sport.
00:12Vous avez 2400 collaborateurs dans 110 pays.
00:15Vous réalisez 50% de votre chiffre d'affaires à l'international.
00:18Alors les débats sur le budget de la sécurité sociale
00:21ont débuté hier dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale
00:23et vous vous opposez à une taxe annuelle de 3,6%
00:27sur les dispositifs médicaux qui sont remboursés par l'assurance maladie.
00:32Est-ce que vous avez été pris par surprise ou est-ce que ça avait été discuté ça ?
00:35Ça n'a été absolument pas discuté.
00:38Nous l'avons découvert au moment où c'est passé au Conseil des ministres
00:42et où c'est arrivé devant l'Assemblée.
00:43Et je dirais que la question que vous me posez, c'est une vraie bonne question
00:47parce qu'elle touche l'équilibre des entreprises.
00:50Une entreprise, c'est un organisme vivant.
00:52C'est un organisme qui est chargé normalement
00:56parce qu'il contribue avec tout ce dont il bénéficie dans sa réalité.
01:02Par exemple, nous à Saint-Etienne, c'est comme ça que ça se passe.
01:04On bénéficie de ce qui est autour de nous.
01:06Et puis, ces charges, elles sont normales
01:08parce que nous sommes contributeurs à ce qui se fait autour de nous.
01:11Mais en face de ça, nous avons de l'emploi, des brevets, des recherches
01:15et puis aussi un rôle social, sociétal dans le lieu.
01:19Et donc, c'est une question de charge.
01:21Une taxe, c'est une charge.
01:22Et quand un organisme est trop chargé, on le met à risque.
01:26Et c'est en train de se passer avec cette charge nouvelle
01:30qui était d'une part inattendue.
01:31Vous avez raison de le dire.
01:32Elle n'était absolument pas concertée.
01:34Et ça, je trouve que c'est très dommage
01:35parce qu'on est capable de se parler.
01:37On est tout à fait prêts, nous, les entrepreneurs.
01:39Vous êtes prêts à faire un effort
01:40parce qu'on dit qu'il faut effectivement
01:41que tout le monde prenne sa part du gâteau.
01:43Il faut réduire le déficit.
01:45Et la dette, vous, vous êtes d'accord pour faire un effort ?
01:46C'est normal.
01:48Parce que je dirais que le pays est dans une situation qui est difficile
01:52et qu'il y ait une contribution normale assumée et concertée
01:56est une chose qui est très, très importante.
01:58Donc, c'est normal.
01:59Et donc, nous souhaitons que cette taxe-là disparaisse
02:03dans un moment où nous avons, d'une part,
02:06une remontée par l'inflation de tous nos coûts
02:08et où nous avons une baisse des remboursements.
02:10Ce qui nous fait, je dirais, une marge qui est devenue très petite.
02:13Et quel impact sur votre chiffre d'affaires ?
02:15Parce que cette taxe, elle pourrait apporter 150 millions au total.
02:18Et pour vous, vous avez une affaire de...
02:20Oui, bien sûr, on l'a calculé.
02:21C'est une charge qui va être de l'ordre de 4 millions par an.
02:24C'est-à-dire que c'est considérable.
02:26C'est-à-dire que ça double ce poids de charge que nous avons.
02:29Ça veut dire des impacts sur l'emploi, sur la production, sur l'investissement ?
02:33Alors, ça va avoir des impacts sur l'investissement, forcément.
02:36Nous allons tout faire pour que ce n'ait pas d'impact sur l'emploi.
02:38Mais effectivement, ça devient extrêmement risqué.
02:41Donc, mettre les entreprises à risque à un moment comme celui-là,
02:44ça me paraît particulièrement dangereux.
02:46Parce qu'effectivement, le rôle que nous avons dans une ville comme Saint-Étienne,
02:49c'est un rôle qui est un rôle forcément important par rapport...
02:53Les moteurs de la croissance localement aussi et de l'emploi ?
02:55Formation des jeunes.
02:56Formation des jeunes.
02:57Et je pense que là, il est clair de se rendre compte
03:00que ça a un impact sur cette aspiration des jeunes
03:03à trouver localement des emplois qui sont des emplois industriels de bon niveau.
03:06Mettre ça à risque en ce moment, je pense que c'est vraiment incohérent par rapport...
03:10Surtout que ça s'ajoute de l'AVD à l'inflation, il y a aussi la baisse des prix des
03:14remboursements,
03:14il y a la clause de sauvegarde.
03:16À partir de quel moment c'est plus rentable de produire en France ?
03:19Nous sommes très près d'un moment où la rentabilité est mise en question.
03:22Et du jour où elle n'est plus rentable,
03:24évidemment, ça conduit à des choix qui sont des choix qui sont difficiles.
03:27Donc, nous voulons à tout prix éviter ce moment-là.
03:30Nous voulons rester ce que nous avons été pendant des années,
03:33des animateurs économiques de Saint-Étienne et des animateurs sociaux.
03:38C'est-à-dire qu'on contribue à l'enseignement autour de nous,
03:41on contribue aux brevets déposés,
03:43nous contribuons en emploi indirect,
03:46nous en avons presque autant probablement qu'en emploi direct.
03:48C'est-à-dire que c'est une contribution normale
03:50dans un territoire qui a subi beaucoup d'épreuves
03:53et dans lequel il faut absolument que ce territoire continue à vivre normalement.
03:57C'est quoi vos solutions aujourd'hui pour vous en sortir ?
04:01Les grandes solutions, si vous voulez, c'est la productivité.
04:03La productivité, parce que la productivité, ça veut dire que nous sommes à l'intérieur d'une compétition,
04:08qui est une compétition mondiale,
04:09dans laquelle il y a des prix de produits qui sont faits très loin de chez nous
04:12et qui arrivent tels quels et sur lesquels nous devons être compétitifs.
04:17C'est-à-dire que nous devons être dans le match.
04:19Si nous ne sommes pas dans le match, on est exclu, c'est aussi clair que ça.
04:22Donc, nous devons absolument être productifs assez pour être compétitifs.
04:26Si on est compétitifs, ça veut dire qu'il faut que les conditions dans lesquelles nous produisons
04:30soient des conditions qui nous permettent d'être justement à jeu égal avec les autres,
04:36ceux qui arrivent avec des produits qui n'ont pas été faits en Europe
04:39et qui arrivent avec une grande liberté.
04:42Vous parlez de règles du jeu égal, mais le problème, c'est que cette taxe,
04:46elle ne s'appliquerait pas aux produits chinois qui déversent...
04:49Elle s'appliquerait de façon indifférenciée à des gens qui fabriquent sur le territoire français et européen
04:55et à des gens qui ne fabriquent pas sur le territoire français ou européen.
04:59Et donc, c'est là le grand correctif qu'il faut apporter.
05:02Ça veut dire qu'on subventionne indirectement la Chine quelque part, ou pas ?
05:05Qui fabrique ailleurs et donc qui arrive avec des produits qui ont été fabriqués
05:10dans des conditions très différentes des nôtres.
05:12Est-ce que la souveraineté, à un moment, elle s'efface devant les arbitrages budgétaires ?
05:18Je pense qu'il faut se dire que l'entreprise, les ETI, les entreprises comme les nôtres,
05:23c'est-à-dire des entreprises historiquement installées dans des territoires,
05:26dans des territoires qui ont des vraies fragilités en ce moment,
05:29il faut se dire que ces déséquilibres qu'on apporte à ces entreprises
05:33ont une réalité grave par rapport à l'économie locale.
05:37Et donc, il faut véritablement le regarder.
05:39Donc, moi, ce que j'espère, c'est un retour à la concertation,
05:42un retour à la mise autour de la table,
05:44et se dire quelle est la normale contribution qu'on peut apporter
05:48dans une période très difficile pour notre pays.
05:50Ça, nous sommes prêts, bien sûr, à le faire.
05:51Mais maintenant, il faut se mettre autour de la table, il faut discuter ensemble.
05:54J'ai vu qu'en Chine, les hôpitaux ont l'obligation de se fournir
05:56à 70% aux dispositifs médicaux chinois.
05:59Pourquoi la France accepte-t-elle cette asymétrie ?
06:01Est-ce qu'il ne faudrait pas être moins naïf ?
06:03Est-ce que même vous demandez une préférence européenne ?
06:06Je trouve qu'il serait normal.
06:07Parce qu'on voit d'abord, dans un certain nombre de pays,
06:10par exemple en Allemagne,
06:11il y a une vraie préférence au Made in Germany.
06:14Il faudrait vraiment que nous, nous ayons accès
06:16de façon normalement préférentielle,
06:19pas exclusivement, mais normalement préférentielle,
06:21à un certain nombre de nos marchés.
06:23Et d'ailleurs, nous y sommes prêts.
06:24Nous sommes prêts à avoir vraiment une santé,
06:27parce que là, nous sommes dans la santé,
06:28à avoir une santé que nous espérons souveraine,
06:31donc assumée par des entreprises du lieu,
06:34de notre territoire,
06:35et qui donne un normal emploi, je dirais,
06:38à nos collaborateurs.
06:39Et ça, nous le souhaitons beaucoup.
06:41Merci Elisabeth Ducoté d'avoir été notre invitée
06:44ce matin dans Good Morning Business,
06:45PDG de Thuan.
06:48Et donc, vous demandez la suppression
06:49de cette taxe annuelle de 3,6%
06:51sur les dispositifs médicaux remboursés
06:53par l'assurance maladie,
06:54et qui est prévue dans ce projet de loi
06:56de la sécurité sociale.
06:57Est-ce que vous allez faire ?
06:57Pues au día de même temps,
06:57vous allez revoir au début de la s
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