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  • il y a 1 semaine
Ce mercredi 26 août, Pierre-Jean Leduc, président de Demgy Group et président de Polyvia, était l'invité dans l'émission Good Morning Business sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Good morning business, parole de patron.
00:04Pierre-Jean Leduc, bonjour.
00:06Bonjour.
00:06Vous êtes président de DMJ Group, président de Polivia,
00:09syndicat national des industriels de la plasturgie et des composites
00:12avec plus de 1400 entreprises adhérentes.
00:15Vous êtes vous-même spécialisé dans les solutions plastiques
00:17et composites de haute performance pour l'aéronautique, la défense,
00:20le spatial, l'automobile, le médical ou l'énergie.
00:22Et vous allez dévoiler demain votre livre blanc
00:26intitulé Le choix de la souveraineté.
00:28Ce sera à l'occasion de la REF.
00:30Est-ce que vous pouvez nous livrer les idées-forces ?
00:33Oui, alors évidemment, on est dans une période électorale
00:37et donc les livres blancs vont arriver avec profusion.
00:43Donc on a nous au niveau de la filière plasturgie,
00:45que vous avez très bien décrite,
00:46donc une filière stratégique,
00:48c'est la quatrième filière industrielle française
00:51avec 1400 adhérents à Polivia,
00:53mais à peu près 3000 entreprises en France
00:55pour un chiffre d'affaires d'à peu près 80 milliards
00:58et plus de 230 000 salariés.
01:02Donc en fait, c'est très très important.
01:04Et donc la souveraineté est au cœur
01:09justement des idées-forces qui sont sorties de ce livre blanc
01:14qui a été un travail collectif au travers de toutes nos entreprises
01:18adhérentes à Polivia et DMJ est quelque part
01:22un des représentants de cette filière
01:25puisque nous, acteurs de la plasturgie,
01:28on travaille énormément pour l'aéronautique,
01:30pour le spatial et la défense.
01:32Et donc les plastiques, c'est pas uniquement l'emballage
01:35tel qu'on l'en...
01:36Et donc en fait, on peut se dire
01:37« Oui, bon, l'emballage, c'est pas stratégique. »
01:40Mais si, aujourd'hui,
01:41même des activités qui peuvent être assez classiques,
01:46assez banales,
01:47sont aujourd'hui des éléments très importants.
01:50Je m'explique pourquoi.
01:51Si vous prenez l'emballage qui pèse
01:52à peu près 40% de l'activité des plasturgistes,
01:55donc qui n'est pas du tout l'activité de DMJ,
01:58eh bien aujourd'hui, on est dépendant
02:00de fournisseurs qui se trouvent au Moyen-Orient.
02:02Donc à partir du moment où on a arrêté
02:06de pouvoir produire ces matières plastiques en Europe,
02:10eh bien demain, peut-être que nos emballages,
02:13alors qu'ils sont pour certains très importants
02:15dans le médical, mais aussi dans l'alimentaire,
02:17pour préserver, je dirais, tous les légumes,
02:24on peut perdre, en fait, toutes ces matières-là
02:28et en fait, devenir de plus en plus dépendant des autres.
02:31Et donc, la souveraineté...
02:32Donc on comprend bien que c'est un enjeu de souveraineté.
02:34C'est un enjeu de souveraineté,
02:35mais c'est aussi un enjeu économique derrière ça.
02:37Alors comment on la préserve, justement, cette souveraineté ?
02:39Eh bien, on la préserve tout simplement
02:41en protégeant nos activités en Europe,
02:46puisqu'en fait, le but, c'est pas de dire
02:47on va rentrer en autarcie
02:48et la France toute seule et le reste du monde.
02:51Non, c'est de dire, il y a certains secteurs
02:54qui sont stratégiques, il faut les protéger
02:57et nous, acteurs, c'est-à-dire transformateurs,
03:00on n'est pas les chimistes, on n'est pas les producteurs de résine.
03:02Mais nos fournisseurs, qui peuvent être des gros chimistes
03:05comme Arkema, par exemple, qui est un peu le fleuron français,
03:09si Arkema ne produit plus de matière plastique en Europe,
03:13ça voudra dire qu'on sera dépendant soit des États-Unis,
03:15soit de l'Asie, soit du Moyen-Orient.
03:17Et ça, c'est pas acceptable dans le contexte économique actuel.
03:20Donc, ce qu'on dit, nous, c'est qu'il faut réussir
03:24à préserver en Europe
03:26toutes ces activités qui sont stratégiques,
03:28c'est-à-dire la production de matière plastique,
03:30la transformation de matière plastique,
03:32et évidemment, le consommateur, à la fin,
03:34c'est lui qui est le décideur,
03:36c'est lui qui achète.
03:37Mais il faut que toute cette filière-là,
03:39aujourd'hui, on ait conscience que
03:41les matières plastiques, ça intervient
03:43dans des éléments qui sont
03:46assez classiques, c'est-à-dire
03:47la vie de tous les jours,
03:49mais aussi dans la construction des avions.
03:51Nous, on fait énormément de pièces,
03:52on est le leader mondial sur les pièces
03:54d'intérieur cabine d'avions.
03:55Quand vous prenez l'avion,
03:56vous avez tout un tas de pièces
03:57qui sont aujourd'hui en matière plastique
04:00et en composite.
04:01Si c'est matière plastique,
04:02on est dépendant des États-Unis
04:04ou on est dépendant de l'Asie,
04:08moins du Moyen-Orient,
04:09puisque le Moyen-Orient,
04:10c'est plus autour des commodités,
04:12donc des matières plastiques,
04:13on va dire, plus tournées vers l'emballage.
04:15Au passage, depuis les problèmes
04:18du Détroit d'Ormouz,
04:19ces matières plastiques ont pris
04:21plus de 30%, 30 à 40%.
04:23Ça veut dire que nous, consommateurs,
04:25on peut le voir,
04:28si on arrive, nous, transformateurs,
04:29à impacter dans nos prix de production,
04:32ce qui est un peu le combat actuel
04:33de tous les transformateurs,
04:34c'est de réussir à impacter
04:37nos prix de vente de ces hausses
04:39qui viennent actuellement
04:41des problèmes du Détroit d'Ormouz.
04:42Quand vous dites qu'il faut protéger
04:43le secteur, ça veut dire
04:45qu'il faut aussi que ce secteur-là
04:46il se développe,
04:47il fasse de l'AR&D,
04:48et puis qu'il soit compétitif ?
04:50Tout à fait.
04:51Alors ça, ça fait partie,
04:52on va dire, des grands atouts
04:53de la France,
04:54puisqu'en fait, la France
04:55est un des pays leaders mondiaux
04:57dans le domaine de la plasturgie
04:58et des composites.
04:59À ce titre, on a un salon
05:00tous les ans
05:02qui est le salon mondial
05:04des composites en France.
05:06Donc, on est vraiment
05:08un pays référent
05:09dans le domaine des composites.
05:10On est un des pays historiques
05:11au niveau des matières plastiques,
05:13de la transformation,
05:14de la fabrication
05:15des matières plastiques.
05:16Donc, tout ça,
05:17il faut qu'on le garde.
05:17Donc, nous, au niveau de Bolivia,
05:18on a notre centre technique.
05:20On a notre centre technique.
05:2154% du marché français
05:23des produits plastiques
05:23en 2025 est importé.
05:25Tout à fait.
05:26Donc, ça veut dire
05:27qu'il y a quand même
05:27une dépendance déjà qui existe.
05:29Il y a une dépendance
05:30et c'est là où aujourd'hui,
05:31ça permet de prendre conscience
05:32qu'il y a cette dépendance.
05:34Et derrière cette dépendance,
05:35il y a un enjeu qui est majeur,
05:36c'est celui du recyclage.
05:38C'est-à-dire que
05:39si on veut éviter d'importer,
05:42et bien on a quand même
05:44un grand levier
05:45qui est celui de la recyclabilité
05:48puisque la plupart
05:49des matières plastiques
05:50sont recyclables
05:51et notamment dans le domaine
05:52de l'emballage.
05:53Vous avez tous vu
05:53que les bouteilles plastiques
05:54aujourd'hui sont de plus en plus faites
05:55à partir d'une résine
05:57qui s'appelle le PET
05:57qui est, lui, recyclable.
06:00Et donc, si on veut
06:01moins importer
06:02ou si on veut moins être dépendant...
06:04Il faut plus recycler.
06:05Il y a un règlement européen
06:06sur les emballages
06:07et leurs déchets
06:08qui est entré en vigueur
06:09le 12 août
06:09et qui affiche justement
06:11des objectifs
06:11de réduction.
06:13Ça, ça va dans le bon sens ?
06:14Ça va dans le bon sens.
06:15Et là, la France,
06:16on prend du retard
06:17parce que quelque part,
06:19aujourd'hui,
06:20on a...
06:21Le paradoxe,
06:22c'est qu'on a une filière
06:24qui aujourd'hui
06:25doit transformer
06:26de plus en plus
06:27de matières plastiques recyclées
06:28et en même temps,
06:29les recycleurs
06:30ont de plus en plus
06:31de problèmes
06:32parce que les unités
06:34se vendent
06:35puisque le prix
06:35des matières plastiques recyclées
06:36est plus cher
06:37que le prix
06:38des matières plastiques vierges
06:39pour certaines matières,
06:40les commodités,
06:41celles qui sont utilisées
06:42dans les emballages.
06:43Et donc,
06:43à ce titre-là,
06:44aujourd'hui,
06:45les clients,
06:46nos clients à nous,
06:47préfèrent qu'on utilise
06:48des matières plastiques vierges
06:50qui sont moins chères
06:50plutôt que des matières
06:51plastiques recyclées.
06:52D'où la nécessité
06:54de forcer
06:56un pourcentage
06:57de matières plastiques
06:58recyclées
06:58dans les produits.
06:59Donc,
06:59on arrive à cette...
07:00Pour passer d'un taux
07:02de 26% actuel
07:03de matières plastiques
07:04recyclées
07:05au niveau des emballages
07:06pour passer à un seuil
07:07qui sera beaucoup plus important
07:08et d'arriver à 80-90%.
07:11Alors,
07:11aujourd'hui,
07:11on n'en est pas là.
07:12C'est pas moins cher en recyclé
07:13alors que le pétrole,
07:13justement,
07:15augmente
07:15et donc la matière plastique ?
07:17Oui,
07:18mais aujourd'hui,
07:20il y a encore
07:22sur certaines matières
07:23la possibilité
07:24de produire
07:25et c'est pour ça
07:26que je dis
07:26qu'on est dépendant
07:27parce que
07:27quand vous faites venir
07:28de la matière d'Asie
07:30quand vous faites venir
07:30de la matière
07:31du Moyen-Orient
07:32alors c'est un peu
07:32moins vrai aujourd'hui
07:33vous pouvez avoir accès
07:35à des gisements de matières
07:35qui ont des prix plus faibles
07:37que ceux qui sont produits
07:38en Europe.
07:39Mais on en est toujours
07:40à la même chose
07:41c'est que
07:42est-ce qu'aujourd'hui
07:43on veut rentrer
07:44dans cette stratégie
07:45de souveraineté
07:46ce qui était la thématique
07:47du moment
07:50donc prendre conscience
07:51que si on ne rentre pas
07:52dans ces axes-là
07:54c'est-à-dire
07:54de protéger
07:55nos transformateurs
07:56de protéger
07:57nos chimistes
07:59pour qu'ils puissent
08:00produire en Europe
08:01et protéger
08:01notre filière de recyclage
08:03en acceptant
08:04de temps en temps
08:04à payer plus cher
08:05parce que c'est
08:06de la matière plastique
08:07recyclée
08:07sur notre territoire
08:08et bien là
08:09on rentre vraiment
08:11dans une logique
08:11de souveraineté
08:12et c'est donc
08:13cette logique-là
08:14qui est importante
08:14parce que
08:15la plupart du temps
08:16et c'est là-dessus
08:17que je voudrais insister
08:18c'est que
08:18les matières plastiques
08:19qui arrivent
08:20en Europe
08:21qu'elles soient vierges
08:22ou qu'elles soient recyclées
08:24ne sont pas conformes
08:26aux critères
08:27européens
08:27de
08:29je dirais
08:29à la fois
08:30au niveau de la nocivité
08:31au niveau
08:32du contrôle des lots
08:33donc en fait
08:34utiliser des matières
08:35plastiques européennes
08:36c'est une garantie
08:38au niveau
08:40de l'aspect sanitaire
08:41par exemple
08:42c'est totalement garanti
08:43ce qui n'est pas du tout
08:44le cas des matières plastiques
08:45qui viennent d'Asie
08:45Dernière question
08:46puisque vous serez à l'AREF
08:47il y a une étude
08:47Opinion Web
08:48pour le MEDEF
08:49qui est sortie ce matin
08:49ils ont interrogé
08:5066 000 dirigeants
08:5182% sont inquiets
08:53la politique
08:54qui sera menée
08:54par le prochain président
08:5529% très pessimistes
08:57et 66% pensent
08:58que leur entreprise
08:59pourrait être fragilisée
09:00est-ce que vous faites partie
09:01de ces 66 000 dirigeants ?
09:03Alors à titre de Demj
09:03non parce que nous
09:04l'activité elle est très tournée
09:05autour de l'aéronautique
09:06le spatial
09:07la défense
09:07donc je ne suis pas
09:09vraiment inquiet
09:09par rapport à ce secteur-là
09:10partons si je prends
09:11le volet automobile
09:12par exemple
09:13qui est un des secteurs
09:15technologiste
09:16là on peut être
09:16vraiment inquiet
09:17quand on voit
09:17la déferlante
09:18d'électronique
09:20ou même
09:21de véhicules
09:22qui viennent d'Asie
09:23et qui vont vraiment
09:25impacter
09:25la filière automobile
09:26européenne
09:27Merci Pierre-Jean Leduc
09:28d'avoir été avec nous
09:29ce matin
09:30dans Good Morning Business
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