00:00Good morning business, parole de patron.
00:04Bonjour Pierre-André Chalanda.
00:05Bonjour.
00:06Merci d'être avec nous ce matin.
00:07Une réaction à l'actualité, l'OAT, le taux à 10 ans, a passé les 5%.
00:12Quelles conséquences pour les entreprises ?
00:14Si vous voulez, pour les entreprises, il y a des répercussions en chaîne.
00:18C'est surtout l'État qui a du mal à se financer.
00:20Et donc le fait qu'on est asphyxié.
00:23On discute du budget en ce moment.
00:25Les déficits publics aujourd'hui, historiquement, c'était des stabilisateurs.
00:29Aujourd'hui, on ne peut plus jouer.
00:30On est asphyxié.
00:31Et ça a des conséquences en chère.
00:33Ça a enchéri, de manière différente, le coût du crédit pour les entreprises.
00:37Un peu moins, puisque aujourd'hui, beaucoup de grandes entreprises réussissent à se financer moins cher que l'État.
00:43Donc c'est plutôt les petites entreprises qui vont en bâtir ?
00:45Les petites entreprises, les répercussions, ça dépend comment les banques ne se financent pas non plus uniquement.
00:52Donc voilà, ça dépend comment les mécanismes de transmission.
00:54Mais globalement, ce n'est pas une bonne nouvelle pour l'économie.
00:57Ça vous inquiète ?
00:57Ce n'est pas une bonne nouvelle pour l'économie.
00:59Vous venez de publier un livre blanc où vous reprenez les attentes des Français.
01:04Éducation, santé, innovation, travail.
01:07Et vous apportez des solutions.
01:08Alors, les attentes des Français, je ne sais pas.
01:09C'est en tout cas les sujets sur lesquels nous avons considéré à l'Institut d'entreprise
01:14que nous pouvions apporter des idées dans le débat public, compte tenu en particulier des échéances qui s'annoncent.
01:20Et donc, ce sont des sujets sur lesquels, si vous voulez, à la fois les entreprises sont impactées et elles
01:28ont des choses à dire.
01:29Si vous prenez l'éducation, le fait que nous décrochons, le classement PISA, dont on a vu les résultats derniers,
01:38était quand même très mauvais.
01:40Il montre, ça a un coût pour l'entreprise déjà.
01:42Ainsi, le classement PISA, il montrait que si la France avait, en termes de résultats, était dans la moyenne des
01:50dix meilleures,
01:51ce qui n'est pas extraordinaire.
01:53Pour la France, c'est jouable.
01:54C'est jouable pour la France.
01:56Ça ferait un gap de productivité de 4%, donc presque 4% de PIB en plus.
02:02Donc, c'est très significatif.
02:04Voilà, et donc, c'est pour ça.
02:05Et sur la santé, on pense par exemple, si vous voulez, que l'entreprise a des choses à dire.
02:09En fait, les Français, ils passent une bonne partie de leur temps dans l'entreprise.
02:14Et donc, c'est normal que ça ait un coût.
02:17C'est eux qui financent.
02:19Bien sûr.
02:19Puisque c'est eux qui financent la protection sociale.
02:21Probablement trop d'ailleurs aussi.
02:22C'est ce qu'on dit dans notre analyse sur le travail.
02:25Mais donc, ça veut dire que sur la santé, il y a beaucoup de...
02:28L'entreprise a des choses à faire.
02:29De répercussion en tout cas.
02:30Et donc, notamment sur les domaines de la prévention, par exemple.
02:32Voilà, donc on a pris ces 4 sujets.
02:34Et avec toute une série, si vous voulez, de propositions.
02:37Il y a la décentralisation.
02:39Il y a des politiques pluriannuelles.
02:41Ce qui permettrait d'avoir une vision un petit peu plus longue.
02:43Une meilleure orientation professionnelle.
02:45Un rapprochement école-entreprise.
02:46Alors ça, c'est sur l'éducation.
02:48Mais sur l'éducation, en gros, il faut rapprocher l'école et l'entreprise.
02:52Il faut travailler sur la voie professionnelle, bien évidemment.
02:54La formation continue.
02:55Et il faut, je crois, faire ce qu'on a fait dans les entreprises.
02:58C'est décentraliser.
03:00C'est-à-dire responsabiliser, en fait, les chefs d'établissement.
03:04Je pense que c'est une des clés dans l'éducation aujourd'hui.
03:07Que le chef d'établissement, il puisse être un...
03:10Ce n'est pas exactement la même chose.
03:11Ce n'est pas un chef d'entreprise.
03:12Mais qu'il puisse organiser sa communauté.
03:14Plus d'autonomie, en tout cas.
03:15Et avoir des moyens.
03:15Je pense que ça, c'est...
03:16Et ce qui est très intéressant, c'est que dans le classement PISA,
03:19si vous voulez, il y a des pays qui s'améliorent.
03:21Et les pays qui s'améliorent, on a regardé en détail,
03:25c'est souvent les mêmes recettes.
03:26Et ça, ça en fait partie.
03:27Alors, vous dites qu'il faut aussi investir massivement dans l'IA.
03:30Mais pas seulement.
03:31Comment on fait quand on a une aide de 3 600 milliards ?
03:34L'investissement...
03:35Alors d'abord, je pense qu'aujourd'hui, le problème,
03:38c'est que l'État dépense plutôt trop.
03:40Et surtout, il ne dépense pas bien.
03:42On est mal organisé, si vous voulez.
03:43Dans tous ces secteurs-là, on le voit.
03:45On peut s'organiser beaucoup mieux.
03:48Et notamment, quelque chose, vu de l'entreprise qui nous frappe,
03:51si vous voulez, c'est qu'on n'est pas bon dans les organisations publiques
03:55sur la gestion des ressources humaines, le capital humain.
03:58Et donc, il faudrait...
03:59Il y a des choses...
04:00Ce n'est pas si compliqué que ça à faire.
04:01Mais simplement, il faut, comme vous l'avez dit, il faut de la durée.
04:05Et aujourd'hui, ce n'est pas très facile de...
04:07De la durée et une vision.
04:08Parce que les Français, ils...
04:09Ils veulent de la stabilité aussi, mais...
04:11Oui, ils veulent que ça bouge vite, mais ils ne veulent pas que ça bouge trop vite.
04:14Enfin, c'est compliqué.
04:15Alors justement, parce que vous avez demandé à l'IFOP
04:17de mesurer les attentes des Français en matière de réforme.
04:20Les priorités, pouvoir d'achat en tête, sans doute, dette, immigration.
04:25La demande de réforme est massive, 92%.
04:28Mais c'est sur la méthode que les Français...
04:30Alors, c'est intéressant, parce que ça, il y a une évolution dans ce sondage
04:32par rapport à des sondages qui ont pu être faits précédemment.
04:34C'est que les Français, ils veulent participer aux réformes, en fait.
04:40La méthode est importante.
04:41Ils ne veulent pas des changements brutaux.
04:44Ce qui est un peu contradictoire avec ce qui, historiquement, marche.
04:47Parce qu'on sait très bien que c'est difficile de réformer.
04:49D'ailleurs, le mot réforme, il faudrait peut-être en trouver un autre.
04:51Et en France, et dans tous les pays d'ailleurs,
04:53on voit que quand on veut faire des changements,
04:55il vaut mieux les faire assez vite après une élection.
04:58Oui, on parle des changements, c'est pas pour rien.
05:00Alors, il y en a beaucoup qui disent qu'il faut aller vite.
05:04Mais, si vous voulez, par rapport aux sondages précédents,
05:06il y en a plus qui disent, attention, il faut...
05:09Et c'est un autre terme...
05:10Que ce soit accepté, quoi.
05:11Mais c'est quelque chose qu'on voit dans l'entreprise.
05:14Il faut embarquer les gens.
05:15Il faut qu'il y ait une appropriation.
05:17Et donc, les Français, ils veulent s'approprier les sujets.
05:20C'est ça, en fait, qui ressort.
05:22Et qui est, à la limite, légitime.
05:25Mais le problème, c'est que dans les Etats,
05:28enfin, dans les puissances publiques,
05:29quand on fait ça, souvent, ça traîne.
05:32Ça traîne et ça devient plus difficile.
05:33Oui, et du coup, on ne fait pas.
05:34Dans une note sur les aides aux entreprises publiées,
05:37il y a une semaine, vous vous félicitez du chiffrage de l'État.
05:40Entre 60 et 166 milliards d'aides aux entreprises.
05:43Donc, on est loin des 211 milliards du Sénat.
05:46Est-ce que vous pensez que c'est de nature à faire taire le débat
05:50sur la taxation des entreprises ?
05:52On est en plein examen du budget.
05:54Écoutez, quand on écoute les débats parlementaires,
05:56je ne suis pas convaincu que ça va...
05:57Enfin, c'est un petit caillou dans ce domaine.
06:00Moi, je crois que si vous voulez, aujourd'hui,
06:03quand on regarde le sujet de la France...
06:04Ça rétablit une vérité, en tout cas.
06:05Oui, les prélèvements sont très importants.
06:08Alors, mais on est un peu...
06:10465 milliards.
06:12465 milliards de prélèvements obligatoires.
06:14Je vais vous donner un exemple.
06:15On parle tout le temps de ces allégements,
06:19des allégements de charges sociales.
06:20D'ailleurs, ils ne sont pas dans le périmètre,
06:21si on veut être un périmètre.
06:23Des aides.
06:23Mais en fait, c'est un sujet qui ne devrait pas exister.
06:26Le sujet, c'est que nos cotisations sociales
06:28sont trop importantes.
06:29Et donc, du coup, on veut les alléger.
06:31Et donc, quand on dit un allégement
06:32par rapport à des cotisations sociales
06:33qui sont trop importantes,
06:34on dit que c'est un cadeau.
06:35Ce n'est pas vrai du tout.
06:36Donc, il faut remettre à plat.
06:38Et c'est une des propositions qu'on fait
06:39sur le sujet du travail, si vous voulez.
06:41C'est qu'il faut revoir notre mode de protection,
06:44de financement de la protection sociale.
06:46Parce qu'aujourd'hui, on a beaucoup trop paye
06:49sur le travail.
06:50Il faut libérer le travail.
06:51Il y a des assiettes à intermétire.
06:52Comment on la finance, cette protection sociale ?
06:55La grande assiette, c'est la consommation.
06:57Il faudra une contribution sociale sur la consommation.
06:59Donc, la TVA ?
07:00C'est une forme de TVA, mais fléchée,
07:02si vous voulez, sur ces sujets-là.
07:03Parce qu'il ne faut pas que ça vienne boucher
07:06les trous de l'État.
07:07Il faut que ça allège ce qui paye le travail,
07:11ce qui permettra de rapprocher, si vous voulez.
07:14Le brut du net.
07:14Parce qu'on dit que le travail ne paye plus.
07:16Le brut du net.
07:17Voilà, le brut du net.
07:18Exactement.
07:19Merci à vous, Pierre-André Chalandard,
07:21président de l'Institut d'une entreprise,
07:23président d'honneur de Saint-Gobain,
07:24d'être passé par le studio de Good Morning Business.
07:27Sous-titrage Société Radio-Canada