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  • il y a 12 minutes
Ce mardi 3 novembre, Guirec Le Lous, président d'Urgo, était l'invité dans l'émission Good Morning Business sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Good morning business, parole de patron.
00:04Bonjour Guérec Lelous.
00:05Bonjour.
00:06Vous êtes le président d'Urgo.
00:07Les Américains votent aujourd'hui, on en parlait à l'instant, pour les mid-terms.
00:11Vous avez investi depuis 2018 aux Etats-Unis.
00:13Est-ce que vous souhaitez un changement de majorité et qu'est-ce que ça impliquerait pour vous ?
00:17Alors effectivement, les Etats-Unis, pour nous, pour Urgo, c'est notre plus grand marché dans le monde.
00:22Les Etats-Unis, c'est l'endroit où l'innovation en santé est la plus accueillie.
00:26C'est notre premier relais de croissance.
00:27Demain, ce sera notre première filiale du groupe.
00:30Et donc, nous, ce qu'on souhaite, c'est pouvoir continuer d'investir et de se projeter aux Etats-Unis.
00:34Ça vous inquiète, vous, ce changement de majorité ?
00:37En fait, ce qu'on regarde surtout, c'est est-ce que le climat économique est favorable ?
00:41Et aujourd'hui, ça reste le cas aux Etats-Unis.
00:42En France, peut-être un peu moins.
00:44Le budget de la Sécurité sociale est en débat cette semaine au Sénat, après avoir été rejeté à l'Assemblée.
00:48Et il y a une taxe annuelle qui vous inquiète, de 3,6%,
00:52qui est calculée sur 70% des montants remboursés par la Sécurité sociale pour les dispositifs médicaux.
00:58Vous êtes concerné. Est-ce que vous avez chiffré le montant qu'elle représenterait pour votre groupe ?
01:04Effectivement. Alors, en France, où déjà les impôts de production sont trois fois supérieurs à la moyenne européenne,
01:09le gouvernement aurait introduit cette nouvelle taxe pour une entreprise de taille intermédiaire,
01:13comme Urgo. C'est l'équivalent de tous les salaires d'une usine en France.
01:16Donc, on voudrait empêcher la réindustrialisation, qu'on ne s'y prendrait pas autrement.
01:21Je pense que les parlementaires l'ont bien compris, puisque les députés ont supprimé cette taxe
01:25avant que le texte ne soit finalement pas adopté.
01:28Et aujourd'hui, le débat est effectivement au niveau du Sénat.
01:30Oui, mais alors, vous avez une idée de ce qu'elle va devenir, ce texte ?
01:34Parce qu'en fait, le texte, effectivement, est dans la navette parlementaire,
01:39mais il a peu de chances d'être adopté ?
01:41Alors, effectivement, si vous avez la boule de cristal de la navette parlementaire, moi, ça m'intéresse.
01:45On ne sait pas si le texte in fine sera adopté par 44.
01:48Vous n'avez pas de discussion avec le gouvernement là-dessus pour faire évoluer cette taxe ?
01:51On est évidemment en discussion avec le Parlement et le gouvernement au niveau des associations
01:55pour faire évoluer et supprimer cette taxe afin de permettre de maintenir le Made in France.
01:59Mais vous trouvez ça normal quand même que tout le monde participe ?
02:02Parce qu'aujourd'hui, on a un déficit, une dette abyssale.
02:06Vous êtes d'accord pour participer dans une certaine mesure ?
02:08Bien sûr. On voit bien qu'il y a un problème budgétaire,
02:11que la sécurité sociale n'a plus d'argent.
02:13Alors, les technologies médicales, déjà, contribuent.
02:15200 millions d'euros de baisse en 2026,
02:18200 millions d'euros de baisse de prix également en 2027.
02:21Mais au-delà du prix, l'innovation peut contribuer.
02:23En soignant mieux les patients, on peut générer des économies.
02:26Et c'est là où l'industrie française a un atout incroyable à jouer,
02:29en proposant des innovations.
02:30Urgo, par exemple, on est capable de cicatriser un patient deux fois plus vite
02:34et donc de diviser par deux le coût pour la sécurité sociale.
02:38L'IFOP, selon l'Institut, 92% des patrons sont pessimistes pour les six prochains mois.
02:46Est-ce que c'est votre cas ? Comment vous envisagez l'avenir ?
02:49Dans six mois, on aura peut-être un nouveau président.
02:51Mais en tout cas, pour l'instant, on est en campagne.
02:52Il y a une incertitude et une instabilité politique.
02:54Ah oui, alors là, il est 7h22.
02:56Je crois qu'il est un peu tôt pour déprimer tous vos auditeurs.
02:59Vous ne faites pas partie de ces 92% alors ?
03:01Si, bien sûr.
03:02Évidemment qu'aujourd'hui, l'incertitude en France, elle a un niveau maximal,
03:05que c'est extrêmement inquiétant et difficile en tant que patron
03:08de se projeter dans l'économie française.
03:10Ça freine vos investissements, par exemple ?
03:11Nous, on continue, parce qu'on a la chance d'une entreprise familiale
03:14de viser sur le long terme, d'être fidèle à nos convictions.
03:16Moi, mon grand-père, il était pharmacien des armées pendant la guerre.
03:18Il a vécu la pénurie de pansements.
03:20C'était son rêve, quand il créait l'entreprise,
03:21de créer un acteur français du pansement pour assurer la souveraineté.
03:26Et je pense que, si on se rappelle, 98, la Coupe du Monde de football,
03:29personne n'y croyait.
03:30Et c'est généralement dans les pires moments que les Français réussissent à se révéler.
03:33Donc moi, je pense que c'est aussi notre rôle de garder espoir
03:35et de se dire qu'on peut continuer à créer des fleurons en France
03:37et à continuer d'investir.
03:38Alors justement, vous vous dites que vous allez continuer à investir,
03:41mais le METIC et le mouvement des entreprises de taille intermédiaire
03:43notent une dégradation d'investissement de 47% en 2026.
03:48Près d'une ETI sur deux envisagent aussi des délocalisations.
03:52Vous, vous avez investi 60 millions dans une usine en France,
03:55100% de production française.
03:57Vous y tenez ?
03:58C'est encore possible de produire et d'être rentable en France ?
04:02C'est possible si on fait l'innovation, si on fait la différence,
04:04qui est le cas d'Urgo.
04:06Nous, on a des produits qui sont uniques au monde,
04:08où il y a un avant-après les produits Urgo.
04:11Et quand on fait ça, on est capable de fabriquer en France.
04:13Nous, c'est notre cas.
04:14On dépasse le milliard d'euros de chiffre d'affaires, vous l'avez mentionné.
04:16On faisait 150 millions il y a encore 20 ans.
04:18Donc c'est vraiment une trajectoire incroyable.
04:20Et on réussit à continuer à produire.
04:2280% de nos produits en France a annoncé la création d'une nouvelle usine dans la Loire
04:26avec 60 millions d'euros d'investissement.
04:28Donc quand on innove et quand on fait la différence, ça reste possible aujourd'hui.
04:31Vous, vous êtes un groupe familial.
04:33Le pacte du trade devrait être maintenu dans le prochain budget.
04:36Le pacte PAP1 pourrait être créé pour une reprise par les salariés.
04:39Mais il y a l'apport session qui pourrait être modifié.
04:41Est-ce que vous, vous regardez ça avec inquiétude ou pas ?
04:44Je pense que sur tous les sujets, réglementaires et fiscaux,
04:47en tant qu'entreprise, ce dont on a besoin, c'est de stabilité.
04:49Je parlais de l'usine qu'on allait créer dans la Loire.
04:52Quand on fait un investissement comme celui-ci, c'est pour 10 ans, 20 ans,
04:54ce n'est pas pour 6 mois.
04:55Et donc pour pouvoir se projeter sur cette durée-là,
04:58on a besoin d'une stabilité fiscale.
04:59Que ce soit le cas sur la taxe, sur le chiffre d'affaires,
05:03ne pas avoir de nouvelles taxes qui viennent s'instaurer
05:05ou que ce soit sur l'ensemble des sujets réglementaires et fiscaux.
05:08Là, le gouvernement pourrait augmenter le SMIC.
05:11Il y a des négociations salariales aussi qui se tiennent dans les entreprises.
05:14Est-ce que vous allez pouvoir augmenter vos salariés ?
05:18Alors oui, on augmente nos salariés tous les ans, comme toutes les entreprises.
05:22Néanmoins, on le fait aujourd'hui dans un contexte français qui est compliqué.
05:24On voit bien que la consommation baisse.
05:27On voit bien que la sécurité sociale est aujourd'hui dans une difficulté budgétaire.
05:32Donc, c'est le principe des négociations annuelles qui s'ouvrent actuellement.
05:35C'est de trouver le bon compromis avec les partenaires sociaux.
05:39Merci, Guérard Lelouse, d'avoir été notre invité ce matin.
05:42Président d'Urgo.
05:43Une interview que vous pouvez retrouver en podcast et en replay
05:46sur l'application BFM Business et l'ensemble de nos plateformes.
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