00:00Good morning business, parole de patron.
00:05Bonjour Marvin Endaï.
00:06Bonjour.
00:06Merci d'être avec nous ce matin, vous êtes fondateur du cabinet Ultra.
00:10Vous êtes spécialisé dans la croissance des TPE et des PME.
00:13Vous avez publié une tribune dans les échos sur le manque de considération des petits patrons.
00:18Vous dites qu'ils sont les fers-valoirs de la campagne présidentielle.
00:23Est-ce que ce n'est pas un coup de com' pour vous faire entendre justement ?
00:26Non, il faut comprendre un truc qui est quand même super important.
00:29Aujourd'hui, les TPE et PME représentent 50% de l'emploi en France, qui est quand même énorme.
00:3446% de l'emploi salarié.
00:35Exactement.
00:36Et aujourd'hui, en fait, on apprend beaucoup à créer des entreprises,
00:39mais personne ne leur apprend à déléguer, à pouvoir prospecter,
00:43créer du coup leur fiche Google, en fait, leur apprendre à communiquer sur les réseaux sociaux.
00:47Et en fait, on se retrouve avec des personnes qui créent des entreprises,
00:49mais qui ne sont pas valorisées.
00:50En France, on valorise quelqu'un qui lève 10 millions d'euros,
00:53mais on ne valorise pas en fait le coiffeur qui a du coup 300 coiffures.
00:56On va l'appeler le coiffeur, mais pas l'entrepreneur.
00:58Et je pense que malheureusement, parce que toutes ces personnes-là sont beaucoup en fait dans le savoir-faire
01:03et pas trop dans le faire-savoir, comme le font beaucoup d'entrepreneurs,
01:05du coup, on va dire de la French Tech,
01:07ben, ils ne sont pas valorisés.
01:08Et vu que la France investit dans ce qu'elle voit,
01:11ben derrière, en fait, on leur apprend du coup à créer des sociétés,
01:14mais pas vraiment à gagner plus d'argent,
01:17pas vraiment à déléguer, pas vraiment à valoriser leur boîte.
01:20Et du coup, on se retrouve avec des gens qui représentent 50% de l'emploi en France,
01:25mais qui malheureusement, en fait, ne sont jamais aidés.
01:27Ça veut dire qu'on ne valorise pas suffisamment le risque en France,
01:30parce que ce sont bien ces petites entreprises, moyennes entreprises,
01:36et pas justement la Tech qui prennent des risques
01:40et qui investissent parfois leur propre argent.
01:42Exactement, ben, en fait, on ne les valorise pas, on ne les écoute pas.
01:45Il n'y a pas beaucoup de systèmes qui sont mis en place pour eux.
01:47On le voit au quotidien, on accompagne énormément de TPE, PME,
01:51et on se retrouve avec beaucoup de personnes
01:53qui, par manque de compétences, par manque de connaissances,
01:57ben, des fois, se retrouvent même à faire faillite
01:59et derrière, n'ont pas l'encadrement nécessaire aujourd'hui.
02:02Donc, oui, on apprend aux gens à ouvrir des sociétés,
02:06mais je pense qu'il est temps aussi d'apprendre aux gens à les gérer,
02:09à les développer et surtout avoir des comportements de chefs d'entreprise.
02:12Aujourd'hui, on se retrouve avec des gens qui sont salariés
02:14de leur propre business et pas vraiment chefs d'entreprise.
02:16Si on n'aide pas autant, est-ce que c'est parce qu'elles représentent
02:20aux yeux des investisseurs un peu la vieille économie
02:22comparée aux start-up ou à la Tech ?
02:24Je pense juste que sur papier, ça a l'air moins sexy.
02:27Mais la réalité étant, c'est que valoriser quelqu'un
02:30qui lève 10 millions, c'est top, mais pourquoi on ne valorise pas
02:32la personne qui crée 3, 5, 10, 15 emplois et qui est rentable, en fait ?
02:36Parce que souvent, en fait, on se retrouve avec énormément de fonds perdus
02:40dans toute la franchise.
02:42Mais malheureusement, en fait, dans tout ce qui est TPE, PME,
02:45ils ne sont pas autant mis en avant.
02:47Et vu qu'ils ne sont pas autant mis en avant, derrière, ils ne sont pas aidés.
02:49Et vu qu'ils ne sont pas aidés, on se retrouve...
02:51Je pense qu'on pourrait avoir des bien meilleurs résultats
02:54si le gouvernement, en tout cas, ou l'État, ou même les investisseurs,
02:57regardaient d'un autre œil toutes ces TPE, PME ou ces entrepreneurs
02:59qui sont experts, encore une fois, dans le savoir-faire,
03:03mais qui n'ont pas la communication et, on va dire,
03:06le comportement qu'un entrepreneur doit avoir.
03:08C'est peut-être aussi parce que ça va être moins rentable
03:10pour un investisseur que d'investir dans la tech.
03:13Est-ce qu'elles sont mal représentées aussi ?
03:15On a quand même la CPME, c'est maintenant les entrepreneurs.
03:18On a l'UDEP.
03:19Ça, ça valorise quand même ces petites entreprises ?
03:23Ça valorise, mais combien de patrons de salons de coiffure,
03:29de restaurants ou encore derrière, de boîtes de BTP,
03:33savent vraiment communiquer et mettent leur commerce
03:35et leurs entreprises en avant ?
03:37Au-delà de la considération, est-ce qu'il ne faut pas offrir aussi
03:41plutôt des garanties, des protections à ces petits chefs d'entreprise
03:44qui investissent leur argent, mais finalement,
03:46qui ne touchent pas le chômage, qui ne sont pas du tout protégés
03:48en cas de faillite ?
03:49Je pense que dans ce cas-là, en fait, ça serait vraiment important
03:51de pouvoir mettre ce genre de système en place.
03:53Aujourd'hui, ce n'est pas encore assez fait.
03:54Aujourd'hui, l'entrepreneur prend énormément de risques.
03:56Des fois, il y en a qui hypothèquent leur maison.
03:58Mes parents, moi-même par expérience, en fait,
04:01ont fait faillite par manque de compétences,
04:03de connaissances et d'entourage.
04:04Donc vraiment, en fait, ça peut emmener très loin.
04:06Donc oui, je pense que ce type d'assurance serait,
04:08ou en tout cas de mise en place, serait super utile pour les TPEPME.
04:12Comment vous les aidez, vous, justement, avec le cabinet Ultra,
04:15ces petites et moyennes entreprises ?
04:16Aujourd'hui, avec le cabinet Ultra, on travaille en général sur trois piliers.
04:19On leur apprend à être plus visibles sur les réseaux sociaux.
04:21Donc en général, à gagner plus d'argent.
04:23Ensuite, la délégation.
04:23Parce qu'aujourd'hui, énormément d'entrepreneurs ont peur de déléguer.
04:26Parce qu'ils ont peur de prod'hommes,
04:28ils ont peur de recruter de la mauvaise personne.
04:30Ils ont peur que le travail ne sera pas aussi bien fait qu'eux.
04:32Et ensuite, à valoriser leur boîte.
04:33Parce qu'il y a énormément de personnes,
04:34et c'est ça le problème, et c'est pour ça que je pense que
04:36beaucoup d'investisseurs ne vont pas dans ce domaine-là.
04:38En fait, beaucoup d'entrepreneurs ne savent pas
04:40qu'ils ont créé une société.
04:41Ils sont créés en général en emploi bien payé.
04:43Et aujourd'hui, en fait, nous, ce qu'on leur apprend,
04:45c'est-à-dire que ta société sur laquelle tu es en train de passer
04:4710, 15, 20 ans aujourd'hui en tant que boucher,
04:49c'est un actif économique important.
04:51Et tu pourrais le vendre plusieurs centaines de milliers d'euros
04:54ou plusieurs même millions d'euros dans le futur
04:55si tu gères bien les choses.
04:57Et surtout, tu construis un modèle économique qui fait du sens.
04:59Est-ce qu'il ne faut pas s'associer aussi,
05:00avoir plus de liens avec les autres acteurs du secteur ?
05:04Si, évidemment.
05:05Et de toute façon, c'est super important.
05:05Vous savez, en tant qu'entrepreneur,
05:07surtout quand on a une petite boîte,
05:08on a toujours tendance à penser que tout le monde est concurrent,
05:10alors qu'en fait, tout le monde pourrait être partenaire.
05:12Et c'est comme ça, en fait, qu'on crée l'économie.
05:14Et c'est comme ça, en fait, qu'on tire même l'économie vers le haut.
05:16Est-ce qu'elles ont du mal à lever des fonds en ce moment,
05:18ces petites et moyennes entreprises ?
05:20On va leur monter des taux d'intérêt ?
05:22Alors, en général,
05:23beaucoup de ces entreprises-là sont rentables
05:25ou alors derrière,
05:26sont le seuil de rentabilité vraiment minimum.
05:28Donc, en fait, elles arrivent à lever un peu de dettes,
05:30mais ça reste des montants qui ne sont pas significatifs.
05:32Je pense que si aujourd'hui,
05:33on mettait de l'énergie et vraiment de l'argent dans ce domaine-là,
05:35comme à titre personnel, je le fais,
05:37je pense vraiment qu'on peut avoir des rendements
05:38qui sont assez impressionnants.
05:39Quand vous parlez du manque de considération,
05:42je suis allée regarder tout ce qui avait été fait
05:43sous Emmanuel Macron depuis 10 ans.
05:46Baisse de l'IS,
05:48CICE transformée en baisse de cotisation patronale,
05:51baisse de la CVAE,
05:52loi Pacte,
05:53France 2030,
05:54loi de simplification de la vie économique.
05:55On ne peut pas dire qu'elles ont été pas assez souciées,
05:59qu'on a mis l'affaire sous le tapis.
06:02Alors, en fait, là, on parle d'argent.
06:04L'argent, c'est bien, c'est top.
06:05Et il y a même eu des prêts aussi qui ont été mis en place.
06:07Mais qui leur a appris,
06:09enfin, qui leur a donné plus de connaissances,
06:10plus de compétences ?
06:11En fait, qui les a éduqués ?
06:12Qui leur a donné de l'information ?
06:14Qui leur a appris à mieux gérer leur boîte ?
06:15Qui leur a appris à gagner de l'argent ?
06:17Qui leur a appris à déléguer ?
06:18On leur a donné de l'argent comme un pansement,
06:20comme un enfant à qui on donne un bonbon,
06:21en fait, pour qu'ils se taisent.
06:22Mais qui va l'aider, en fait, vraiment ?
06:24Enfin, qui va les aider ?
06:26Et puis, juste un dernier mot,
06:27parce que vous avez monté Fréchéo,
06:28c'est une société bruxelloise
06:30de plats cuisinés
06:31qui sont livrés à domicile,
06:32qui a été distinguée dans la sélection Forbes.
06:35C'est la preuve qu'on peut réussir
06:37sans être une start-up
06:38ou sans être dans la tech, justement ?
06:40Alors, très historiquement,
06:41Fréchéo est une foodtech.
06:42Donc, en gros, c'est...
06:44Donc, voilà.
06:45Donc, Fréchéo est une foodtech.
06:46Donc, vous êtes un contre-exemple parfait.
06:48Exactement.
06:48Mais j'ai eu, en fait, la chance.
06:49En fait, Fréchéo, maintenant,
06:50est un groupe de plusieurs sociétés
06:51où j'ai, justement, racheté, en fait,
06:52des TPE, PME par la suite.
06:54Et donc, Fréchéo, en fait,
06:55est une foodtech.
06:56Et donc, derrière,
06:57j'ai pu profiter, en fait,
06:58de tout cet écosystème-là.
06:59Et c'est là que j'ai vu, en fait,
07:00le gap qu'il y avait
07:00entre quand on démarre
07:02ou j'aurais pu démarrer
07:03comme un simple traiteur
07:04et ensuite comme une foodtech.
07:06Merci à vous, Marvin Hendae,
07:07d'être passés par le studio
07:09de BFM Business.
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