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  • il y a 12 minutes
Ce mercredi 30 septembre, Marvin Ndiaye, fondateur du cabinet Ultra, était l'invité dans l'émission Good Morning Business sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Good morning business, parole de patron.
00:05Bonjour Marvin Endaï.
00:06Bonjour.
00:06Merci d'être avec nous ce matin, vous êtes fondateur du cabinet Ultra.
00:10Vous êtes spécialisé dans la croissance des TPE et des PME.
00:13Vous avez publié une tribune dans les échos sur le manque de considération des petits patrons.
00:18Vous dites qu'ils sont les fers-valoirs de la campagne présidentielle.
00:23Est-ce que ce n'est pas un coup de com' pour vous faire entendre justement ?
00:26Non, il faut comprendre un truc qui est quand même super important.
00:29Aujourd'hui, les TPE et PME représentent 50% de l'emploi en France, qui est quand même énorme.
00:3446% de l'emploi salarié.
00:35Exactement.
00:36Et aujourd'hui, en fait, on apprend beaucoup à créer des entreprises,
00:39mais personne ne leur apprend à déléguer, à pouvoir prospecter,
00:43créer du coup leur fiche Google, en fait, leur apprendre à communiquer sur les réseaux sociaux.
00:47Et en fait, on se retrouve avec des personnes qui créent des entreprises,
00:49mais qui ne sont pas valorisées.
00:50En France, on valorise quelqu'un qui lève 10 millions d'euros,
00:53mais on ne valorise pas en fait le coiffeur qui a du coup 300 coiffures.
00:56On va l'appeler le coiffeur, mais pas l'entrepreneur.
00:58Et je pense que malheureusement, parce que toutes ces personnes-là sont beaucoup en fait dans le savoir-faire
01:03et pas trop dans le faire-savoir, comme le font beaucoup d'entrepreneurs,
01:05du coup, on va dire de la French Tech,
01:07ben, ils ne sont pas valorisés.
01:08Et vu que la France investit dans ce qu'elle voit,
01:11ben derrière, en fait, on leur apprend du coup à créer des sociétés,
01:14mais pas vraiment à gagner plus d'argent,
01:17pas vraiment à déléguer, pas vraiment à valoriser leur boîte.
01:20Et du coup, on se retrouve avec des gens qui représentent 50% de l'emploi en France,
01:25mais qui malheureusement, en fait, ne sont jamais aidés.
01:27Ça veut dire qu'on ne valorise pas suffisamment le risque en France,
01:30parce que ce sont bien ces petites entreprises, moyennes entreprises,
01:36et pas justement la Tech qui prennent des risques
01:40et qui investissent parfois leur propre argent.
01:42Exactement, ben, en fait, on ne les valorise pas, on ne les écoute pas.
01:45Il n'y a pas beaucoup de systèmes qui sont mis en place pour eux.
01:47On le voit au quotidien, on accompagne énormément de TPE, PME,
01:51et on se retrouve avec beaucoup de personnes
01:53qui, par manque de compétences, par manque de connaissances,
01:57ben, des fois, se retrouvent même à faire faillite
01:59et derrière, n'ont pas l'encadrement nécessaire aujourd'hui.
02:02Donc, oui, on apprend aux gens à ouvrir des sociétés,
02:06mais je pense qu'il est temps aussi d'apprendre aux gens à les gérer,
02:09à les développer et surtout avoir des comportements de chefs d'entreprise.
02:12Aujourd'hui, on se retrouve avec des gens qui sont salariés
02:14de leur propre business et pas vraiment chefs d'entreprise.
02:16Si on n'aide pas autant, est-ce que c'est parce qu'elles représentent
02:20aux yeux des investisseurs un peu la vieille économie
02:22comparée aux start-up ou à la Tech ?
02:24Je pense juste que sur papier, ça a l'air moins sexy.
02:27Mais la réalité étant, c'est que valoriser quelqu'un
02:30qui lève 10 millions, c'est top, mais pourquoi on ne valorise pas
02:32la personne qui crée 3, 5, 10, 15 emplois et qui est rentable, en fait ?
02:36Parce que souvent, en fait, on se retrouve avec énormément de fonds perdus
02:40dans toute la franchise.
02:42Mais malheureusement, en fait, dans tout ce qui est TPE, PME,
02:45ils ne sont pas autant mis en avant.
02:47Et vu qu'ils ne sont pas autant mis en avant, derrière, ils ne sont pas aidés.
02:49Et vu qu'ils ne sont pas aidés, on se retrouve...
02:51Je pense qu'on pourrait avoir des bien meilleurs résultats
02:54si le gouvernement, en tout cas, ou l'État, ou même les investisseurs,
02:57regardaient d'un autre œil toutes ces TPE, PME ou ces entrepreneurs
02:59qui sont experts, encore une fois, dans le savoir-faire,
03:03mais qui n'ont pas la communication et, on va dire,
03:06le comportement qu'un entrepreneur doit avoir.
03:08C'est peut-être aussi parce que ça va être moins rentable
03:10pour un investisseur que d'investir dans la tech.
03:13Est-ce qu'elles sont mal représentées aussi ?
03:15On a quand même la CPME, c'est maintenant les entrepreneurs.
03:18On a l'UDEP.
03:19Ça, ça valorise quand même ces petites entreprises ?
03:23Ça valorise, mais combien de patrons de salons de coiffure,
03:29de restaurants ou encore derrière, de boîtes de BTP,
03:33savent vraiment communiquer et mettent leur commerce
03:35et leurs entreprises en avant ?
03:37Au-delà de la considération, est-ce qu'il ne faut pas offrir aussi
03:41plutôt des garanties, des protections à ces petits chefs d'entreprise
03:44qui investissent leur argent, mais finalement,
03:46qui ne touchent pas le chômage, qui ne sont pas du tout protégés
03:48en cas de faillite ?
03:49Je pense que dans ce cas-là, en fait, ça serait vraiment important
03:51de pouvoir mettre ce genre de système en place.
03:53Aujourd'hui, ce n'est pas encore assez fait.
03:54Aujourd'hui, l'entrepreneur prend énormément de risques.
03:56Des fois, il y en a qui hypothèquent leur maison.
03:58Mes parents, moi-même par expérience, en fait,
04:01ont fait faillite par manque de compétences,
04:03de connaissances et d'entourage.
04:04Donc vraiment, en fait, ça peut emmener très loin.
04:06Donc oui, je pense que ce type d'assurance serait,
04:08ou en tout cas de mise en place, serait super utile pour les TPEPME.
04:12Comment vous les aidez, vous, justement, avec le cabinet Ultra,
04:15ces petites et moyennes entreprises ?
04:16Aujourd'hui, avec le cabinet Ultra, on travaille en général sur trois piliers.
04:19On leur apprend à être plus visibles sur les réseaux sociaux.
04:21Donc en général, à gagner plus d'argent.
04:23Ensuite, la délégation.
04:23Parce qu'aujourd'hui, énormément d'entrepreneurs ont peur de déléguer.
04:26Parce qu'ils ont peur de prod'hommes,
04:28ils ont peur de recruter de la mauvaise personne.
04:30Ils ont peur que le travail ne sera pas aussi bien fait qu'eux.
04:32Et ensuite, à valoriser leur boîte.
04:33Parce qu'il y a énormément de personnes,
04:34et c'est ça le problème, et c'est pour ça que je pense que
04:36beaucoup d'investisseurs ne vont pas dans ce domaine-là.
04:38En fait, beaucoup d'entrepreneurs ne savent pas
04:40qu'ils ont créé une société.
04:41Ils sont créés en général en emploi bien payé.
04:43Et aujourd'hui, en fait, nous, ce qu'on leur apprend,
04:45c'est-à-dire que ta société sur laquelle tu es en train de passer
04:4710, 15, 20 ans aujourd'hui en tant que boucher,
04:49c'est un actif économique important.
04:51Et tu pourrais le vendre plusieurs centaines de milliers d'euros
04:54ou plusieurs même millions d'euros dans le futur
04:55si tu gères bien les choses.
04:57Et surtout, tu construis un modèle économique qui fait du sens.
04:59Est-ce qu'il ne faut pas s'associer aussi,
05:00avoir plus de liens avec les autres acteurs du secteur ?
05:04Si, évidemment.
05:05Et de toute façon, c'est super important.
05:05Vous savez, en tant qu'entrepreneur,
05:07surtout quand on a une petite boîte,
05:08on a toujours tendance à penser que tout le monde est concurrent,
05:10alors qu'en fait, tout le monde pourrait être partenaire.
05:12Et c'est comme ça, en fait, qu'on crée l'économie.
05:14Et c'est comme ça, en fait, qu'on tire même l'économie vers le haut.
05:16Est-ce qu'elles ont du mal à lever des fonds en ce moment,
05:18ces petites et moyennes entreprises ?
05:20On va leur monter des taux d'intérêt ?
05:22Alors, en général,
05:23beaucoup de ces entreprises-là sont rentables
05:25ou alors derrière,
05:26sont le seuil de rentabilité vraiment minimum.
05:28Donc, en fait, elles arrivent à lever un peu de dettes,
05:30mais ça reste des montants qui ne sont pas significatifs.
05:32Je pense que si aujourd'hui,
05:33on mettait de l'énergie et vraiment de l'argent dans ce domaine-là,
05:35comme à titre personnel, je le fais,
05:37je pense vraiment qu'on peut avoir des rendements
05:38qui sont assez impressionnants.
05:39Quand vous parlez du manque de considération,
05:42je suis allée regarder tout ce qui avait été fait
05:43sous Emmanuel Macron depuis 10 ans.
05:46Baisse de l'IS,
05:48CICE transformée en baisse de cotisation patronale,
05:51baisse de la CVAE,
05:52loi Pacte,
05:53France 2030,
05:54loi de simplification de la vie économique.
05:55On ne peut pas dire qu'elles ont été pas assez souciées,
05:59qu'on a mis l'affaire sous le tapis.
06:02Alors, en fait, là, on parle d'argent.
06:04L'argent, c'est bien, c'est top.
06:05Et il y a même eu des prêts aussi qui ont été mis en place.
06:07Mais qui leur a appris,
06:09enfin, qui leur a donné plus de connaissances,
06:10plus de compétences ?
06:11En fait, qui les a éduqués ?
06:12Qui leur a donné de l'information ?
06:14Qui leur a appris à mieux gérer leur boîte ?
06:15Qui leur a appris à gagner de l'argent ?
06:17Qui leur a appris à déléguer ?
06:18On leur a donné de l'argent comme un pansement,
06:20comme un enfant à qui on donne un bonbon,
06:21en fait, pour qu'ils se taisent.
06:22Mais qui va l'aider, en fait, vraiment ?
06:24Enfin, qui va les aider ?
06:26Et puis, juste un dernier mot,
06:27parce que vous avez monté Fréchéo,
06:28c'est une société bruxelloise
06:30de plats cuisinés
06:31qui sont livrés à domicile,
06:32qui a été distinguée dans la sélection Forbes.
06:35C'est la preuve qu'on peut réussir
06:37sans être une start-up
06:38ou sans être dans la tech, justement ?
06:40Alors, très historiquement,
06:41Fréchéo est une foodtech.
06:42Donc, en gros, c'est...
06:44Donc, voilà.
06:45Donc, Fréchéo est une foodtech.
06:46Donc, vous êtes un contre-exemple parfait.
06:48Exactement.
06:48Mais j'ai eu, en fait, la chance.
06:49En fait, Fréchéo, maintenant,
06:50est un groupe de plusieurs sociétés
06:51où j'ai, justement, racheté, en fait,
06:52des TPE, PME par la suite.
06:54Et donc, Fréchéo, en fait,
06:55est une foodtech.
06:56Et donc, derrière,
06:57j'ai pu profiter, en fait,
06:58de tout cet écosystème-là.
06:59Et c'est là que j'ai vu, en fait,
07:00le gap qu'il y avait
07:00entre quand on démarre
07:02ou j'aurais pu démarrer
07:03comme un simple traiteur
07:04et ensuite comme une foodtech.
07:06Merci à vous, Marvin Hendae,
07:07d'être passés par le studio
07:09de BFM Business.
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