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Armand Bensoussan, président d’Ateam partage son analyse du marché immobilier résidentiel et évoque les blocages à lever pour que l’activité reparte

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00:12Dans Smartimo, on s'intéresse au marché immobilier.
00:15Bien sûr, ce marché immobilier, après une timide reprise, risque-t-il de replonger la remontée des taux de crédit,
00:22fragilise en tout cas le pouvoir d'achat des ménages, menace de bloquer à nouveau les transactions ?
00:27Alors, faut-il s'attendre à une baisse durable du marché ?
00:30Quel levier actionner pour sortir de l'impasse ?
00:33On décrit tout ça avec notre invité, Armand Bansoussan.
00:37Bonjour.
00:37Bonjour.
00:38Armand, vous êtes le président d'ATIM, une agence familiale.
00:44Vous connaissez bien ce marché que vous pratiquez depuis plusieurs années.
00:48Depuis plus de 30 ans.
00:48Plus de 30 ans.
00:49Et vous me disiez, en préparant cette émission, que vous avez vécu beaucoup de crises,
00:53mais celle-ci, elle est particulièrement aiguë.
00:56Pourquoi ?
00:56Pour plusieurs raisons.
00:59La première, tout simplement, c'est le contexte politique actuel, qui est très instable et qui ne favorise pas l
01:07'investissement.
01:09Aujourd'hui, il n'y a pratiquement plus d'investissement locatif sur Paris.
01:14On a une fiscalité qui est très lourde, des loyers qui sont encadrés, qui ont fait désintéresser complètement les investisseurs.
01:25Donc, aujourd'hui, sur Paris, on retrouve uniquement, principalement, des primo-accédants pour acheter, tout simplement.
01:34D'accord.
01:34Des gens qui ont besoin, finalement, mais qui n'ont pas le choix.
01:38C'est-à-dire qu'il n'y a plus de gens qui ont réellement des projets, qui disent que
01:42c'est devenu trop cher, ce n'est pas assez rentable.
01:44Ou vous voyez même des gens qui ont un parc immobilier.
01:46Alors, un parc, ce n'est pas non plus des dizaines, mais qui ont un ou deux logements et qui
01:49disent, là, je n'y arrive plus.
01:50Oui, tout à fait.
01:51C'est exactement ça.
01:52On en est là, aujourd'hui.
01:55Quand on voit les taux qui sont en train de se tendre, alors on connaît le contexte géopolitique, on en
02:00a parlé sur cette antenne, avec des professionnels,
02:04institutions bancaires ou courtages, qui nous disent, voilà, là, c'est en train de grimper au niveau des taux immobiliers.
02:09Ça asphyxie encore plus les possibilités, c'est vrai, d'un ménage moyen.
02:13Tout à fait. Alors, on a déjà eu la nuance de printemps avec cette crise du détroit d'Ormose, qui
02:19a fait reculer les ventes entre 3 et 5 % en région parisienne et principalement sur Paris.
02:25Et là, maintenant, on a donc cette mauvaise nouvelle qui est arrivée au 1er octobre avec la hausse des taux
02:32de 0,50 % sur pratiquement toutes les banques.
02:36Ça va durcir le marché.
02:38Oui. Quel est l'effet ? Parce qu'on dit, voilà, si on voit sur 20 ans, ça fait quelques
02:44dizaines d'euros, donc ça ne remet pas en question un projet.
02:46Est-ce que psychologiquement, le fait d'avoir cette hausse, après, on s'en souvient, il n'y a pas
02:50si longtemps, des taux extrêmement bas, ça ne freine pas certains ménages et ça ne les bloque pas dans leurs
02:55intentions d'achat ?
02:56Bien sûr que ça bloque. Systématiquement, chaque fois qu'on a une mauvaise nouvelle, automatiquement, c'est un impact négatif
03:02sur les acquéreurs.
03:07Malheureusement, on est dans une spirale négative qu'il va falloir absolument casser et retrouver de l'optimisme si on
03:15veut que le marché redémarre.
03:17Mais malheureusement, on a l'impression qu'au niveau des politiques, alors que le logement est une des plus grosses
03:22dépenses qu'on a dans un ménage...
03:24Et une priorité d'avoir un droit ?
03:26On n'a pas l'impression que ce soit une priorité. On n'a pas de grand plan du logement.
03:30On a des rafistolages.
03:31On voit que, justement, le statut du LMNP, le statut du loire meublé non professionnel, est en train d'être
03:36raboté.
03:37Mais pour autant, il n'y a pas de grandes mesures pour dire, allez, on libère un peu les énergies
03:41sur cet immobilier.
03:42Il n'y a absolument rien qui a été mis en place pour le secteur de l'immobilier, pour la
03:48construction, pour le neuf, qui est en crise totale.
03:52On attend avec impatience le prochain gouvernement pour voir ce qui va être mis en place.
03:57Au niveau des prix immobiliers, vous disiez tout à l'heure, c'est vrai qu'on avait l'impression qu
04:03'il y avait quand même un peu plus d'espérance,
04:05un peu plus de dynamisme en début de l'année, avant justement l'épisode de la guerre en Iran,
04:09que c'était en train de repartir et que ça a été cassé.
04:12C'est exactement ça.
04:13Vous l'avez vécu, ça, en agence ?
04:14Oui, tout à fait. En 2025, on a eu un très bon début d'année qui s'est tout de
04:19suite éteint avec cette crise du Détroit-Dormoz.
04:24On a quand même bien terminé, on va dire, l'avant-vacances, juin-juillet, qui ont été très bons, un
04:32petit peu comme une session de rattrapage.
04:35Un bon début du mois de septembre, et puis là, plus rien.
04:39Plus rien. Est-ce que c'est lié aux images qu'on peut voir avec ces dernières semaines ?
04:44Des grèves, des violences dans Paris, parce que ça tourne en boucle sur les chaînes d'infos.
04:49Et on imagine que celui qui est en train de se dire, tiens, pourquoi pas Paris ?
04:52Tout à coup, il a une petite crainte.
04:54Tout à fait. Évidemment que tous les étrangers qui souhaitent investir sur Paris, ils ont fermé le dossier systématiquement.
05:01Aujourd'hui, on retrouve vraiment uniquement les primes aux excédents, principalement pour l'achat d'une résidence principale.
05:07Mais qui dit primes aux excédents, dit aussi peut-être budget un peu plus contraint ?
05:12En effet, c'est un premier achat.
05:14Donc, en effet, s'ils n'ont pas des parents fortunés qui leur ont laissé, entre guillemets, une certaine somme
05:23d'argent qui leur permet d'acheter un bien important,
05:30et bien ça bloque.
05:31Ça bloque. Donc on arrive sur des ventes entre 350 000 et 500 000 euros principalement.
05:39D'accord. Bon, donc, en tout cas, c'est la fin des grandes surfaces, en tout cas à Paris, vu
05:45le prix.
05:46Est-ce que vous voyez, tiens, du côté des prix, est-ce que les vendeurs, eux, commencent à ajuster leur
05:51prix,
05:52ou est-ce qu'ils restent accrochés, entre guillemets, à leur prix de la grande époque, mais il n'y
05:55a pas si longtemps, encore une fois,
05:562021-2022, au pic du marché ?
05:58Alors, le vrai travail d'un bon agent immobilier, c'est de faire comprendre aux vendeurs que la fête, elle
06:05est finie.
06:06Et la grande difficulté, c'est de ramener, entre guillemets, à la raison, donc les vendeurs, leur faire comprendre que
06:15les accueilleurs,
06:16ils ont le pouvoir d'achat qui va encore diminuer avec la hausse des taux d'intérêt.
06:20Comment on fait pour convaincre le vendeur qui reste peut-être, qui refuse de baisser leur prix ?
06:24Vous leur dites quoi ?
06:26Rendez-vous dans six mois, rendez-vous dans un an, au prix qu'il en veut, il n'y a
06:31pas de fou, il n'y a plus de fou.
06:33Ça ne se vendra pas, tout simplement.
06:34Si on n'est pas au bon prix aujourd'hui, on ne vend pas.
06:37D'autant que vous parlez de folie, je ne sais pas si vous avez vos termes, mais c'est vrai
06:41qu'il y a eu une espèce de boom, en tout cas,
06:43où on voyait le 18e, des quartiers, peut-être pas les plus reluisants, on va dire ça comme ça, pour
06:50être sympathiques,
06:5119e, 20e, qui se vendait au même prix que le centre-ville.
06:54C'était à un moment, c'était aberrant.
06:56Là, on est revenu sur des disparités de différents...
06:58Exactement, tout à fait.
06:59Le marché s'est assaini, quelque part ?
07:01Il fallait, il fallait.
07:03C'était un ballon de Baudruche qui a fini par exploser.
07:05C'était monté trop, trop vite.
07:08Donc, quelque part, ce rajustement, il était nécessaire.
07:15Maintenant, il va falloir quand même rebondir et avancer.
07:19Bien sûr.
07:20Armand Benzoutan, vous êtes sur le terrain depuis des années.
07:24Mais pour vous, quelles seraient les conditions pour enfin retrouver un marché immobilier dynamique pour 2027 ?
07:32On sait que c'est bientôt les présidentielles.
07:34On entend un peu beaucoup, peut-être trop, d'ailleurs.
07:37Qu'est-ce qu'il faudrait faire ?
07:38Les mesures, peut-être, de bon sens pour...
07:40Déjà, il faut des taux d'intérêt stables.
07:44Il faudrait que l'inflation se stabilise aussi.
07:47Parce que quand on achète, on est, comme on dit, en bon père de famille.
07:52On doit préparer son budget.
07:55On a les taxes foncières qui ont explosé.
07:57On a les charges qui ont explosé.
08:00Le coût de la vie qui a explosé.
08:02Donc, il faut, avant tout, redonner confiance aux gens en l'avenir.
08:08La confiance, ça ne se décrète pas.
08:09Est-ce que vous avez l'impression que les gens sont confiants aujourd'hui ?
08:12Parce que l'investisseur français, il aime la pierre, quand même.
08:15Bien sûr.
08:17Évidemment qu'il aime la pierre.
08:19Évidemment qu'historiquement, le français, il aime acheter de la pierre.
08:23Ça le sécurise.
08:24C'est surtout un très bon investissement.
08:26Parce qu'en général, en 15 ans, vous oubliez votre achat, le prix de votre achat.
08:30Ce qui n'est plus le cas.
08:31Ce qui ne sera plus le cas avant de longues années.
08:34Ça va être compliqué.
08:34Il faudra peut-être allonger ces délais.
08:36Bon, en tout cas, on va espérer que ça s'améliore.
08:41Évidemment, on verra ça.
08:42On garde absolument.
08:44Et on reste sur le terrain avec des professionnels.
08:46Pour vous accompagner, en tout cas, dans vos projets.
08:48Merci, Armand.
08:49Merci beaucoup.
08:49Je rappelle que vous êtes le président d'ATIM.
08:51A très bientôt.
08:52A bientôt.
08:53Merci à vous.

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