- il y a 50 minutes
Lundi 2 novembre 2026, retrouvez Jérôme Coanus (Fondateur, Axenergy) et Pierre Pelouzet (Médiateur des entreprises) dans SMART ÉCO, une émission présentée par Sibylle Aoudjhane.
Catégorie
🗞
NewsTranscription
00:02Générique
00:08Bonjour à toutes et à tous, je suis ravie de vous retrouver pour une nouvelle émission de Smart Eco,
00:12l'émission qui donne la parole à celles et ceux qui font l'économie, entreprendre, échouer et rebondir.
00:19Après avoir développé plusieurs entreprises dans le bâtiment, Jérôme Koanus a vu une partie de son groupe être liquidée en
00:252025.
00:25Comment surmonter une telle épreuve et puis retrouver ensuite l'envie d'entreprendre.
00:30Il partagera avec nous son expérience et puis les leçons qu'il a tirées de cette expérience.
00:36Et puis ensuite nous ouvrirons le débat au débat éco, comment mieux accompagner les PME en difficulté
00:41alors que les défaillances d'entreprises restent à un niveau élevé.
00:44Les retards de paiement et les tensions de trésorerie fragilisent de nombreux dirigeants.
00:48Quels sont les premiers signaux d'alerte ?
00:51On en débat dans un instant avec Pierre Pellouzet qui est médiateur des entreprises
00:54et Jérôme Koanus qui sera toujours avec nous.
00:56C'est parti, c'est Smartéco.
01:02Créer son entreprise, la développer, puis tout perdre ou presque,
01:06c'est une réalité à laquelle de nombreux entrepreneurs sont confrontés.
01:09En 2025, Jérôme Koanus a connu d'importantes difficultés financières
01:14qui ont conduit à la liquidation de plusieurs de ses sociétés.
01:17Mais loin de renoncer à l'entrepreneuriat, il a choisi de rebondir
01:20tout en s'engageant auprès d'autres dirigeants en difficulté.
01:24Il est avec nous pour partager son expérience.
01:26Bonjour Jérôme.
01:27Bonjour Sibyl.
01:28Merci beaucoup d'être avec nous.
01:29Aujourd'hui, vous êtes PDG fondateur d'Axe Énergie que vous avez recréé depuis.
01:33Mais tout d'abord, est-ce que vous pouvez nous raconter comment est-ce que vous avez voulu,
01:36souhaité vous lancer dans l'entrepreneuriat et créer ce groupe
01:41qui contenait plusieurs entreprises dans le bâtiment ?
01:43Donc le groupe Multico.
01:45Tout à fait.
01:46À l'époque, je cherchais à répondre à un besoin du client,
01:50client que j'accompagne depuis plus de 25 ans dans différents postes salariés.
01:54Et ce besoin évolue.
01:57Mais finalement, c'est un fil conducteur qui a toujours été le même.
02:01L'investisseur cherche à sécuriser son investissement
02:05au travers d'accompagnements dans ce qu'on appelle les phases AMO,
02:08à concevoir son installation dans un budget maîtrisé dans les phases BET,
02:12à réaliser ses travaux en ne dépassant pas les budgets qui avaient été estimés
02:16et maintenir son installation dans les phases pérennes d'exploitation.
02:20Dans ce sens-là, j'avais créé le groupe Multico,
02:23qui intégrait l'ensemble des strates pour accompagner les maîtres d'ouvrage dans leurs projets.
02:31Et effectivement, comme vous l'avez signalé,
02:33sur la segmentation travaux purs,
02:37c'est là que j'ai rencontré la plus grosse difficulté,
02:40retard de paiement, impayés, contraintes financières, budgétaires,
02:45plutôt drastiques en comparaison des autres étages que je pilotais.
02:51Ce qui a amené, au travers d'impayés de clients type promoteur,
02:58à la liquidation des sociétés de travaux.
03:01Là, effectivement, grosse difficulté financière, humaine.
03:06Oui, on va y revenir, mais est-ce que c'est assez spécifique, du coup,
03:10au secteur du BTP aussi ?
03:12C'est vrai que cette attente, ce délai de paiement,
03:16c'est quand même une souffrance de trésorerie qui se retrouve souvent dans ce secteur.
03:19Quand on parle de la phase assistant maîtrise d'ouvrage,
03:23bureau d'études techniques, installation, maintenance,
03:25l'étage d'installation, c'est un étage qui est traité le plus durement du marché.
03:32Les clients avec lesquels nous signons des contrats
03:34nous font signer leurs conditions d'achat.
03:37Les fournisseurs que l'installateur utilise ou dans lesquels il consomme
03:42leur font signer les conditions générales de vente.
03:44L'installateur est souvent entre le marteau et l'enclume financier.
03:47Ça lui laisse peu de latitude pour trouver des solutions
03:50et le maître mot depuis bien longtemps, une dizaine d'années,
03:54c'est la trésorerie.
03:55Et c'est là que le babeleste, ça rend les flux très, très compliqués à maintenir.
04:00Au fait de l'entreprise, c'était quoi ?
04:03C'était 12 millions d'euros de chiffre d'affaires pour 40 employés, c'est ça ?
04:05Oui. Lorsque ça s'était terminé, c'était ça.
04:07On est parti de zéro, j'avais tout créé sur fonds propres,
04:11de zéro à 12 millions d'euros.
04:14Et j'ai réussi à sauver la partie qui n'était pas assujettie au système d'achat de matière,
04:21c'est-à-dire la partie ingénierie.
04:23J'ai pu séparer de Multico les bureaux d'études à temps.
04:29J'ai dû, pendant un an et demi, assister et suivre la dégringolade de mes pôles travaux.
04:38Et du coup, une fois les sociétés liquidées en travaux,
04:42pouvoir me reconcentrer sur comment rebondir, comment recréer un système
04:48que j'ai nommé AXE, AXE Énergie,
04:51qui permette de continuer à accompagner les maîtres d'ouvrage dans l'ensemble de leurs problématiques,
04:56c'est-à-dire de l'expression du besoin d'investissement sur des lois techniques
05:00jusqu'à la pérennisation de leurs installations en phase d'exploitation.
05:04À quel moment vous vous êtes rendu compte qu'il fallait changer l'axe de stratégie ?
05:11Qu'on soit clair, je suis issu d'une famille plutôt modeste.
05:16J'ai fait pour autant une école d'ingénieurs orientée terrain.
05:20Je n'ai pas été préparé, je ne me suis pas préparé correctement au métier d'entrepreneur de patron.
05:26C'est l'expérience terrain qui m'a permis d'emmagasiner un niveau de compétence
05:30et j'ai tout appris au fil de l'eau.
05:32Aujourd'hui, je suis plus expérimenté qu'avant.
05:37Donc, fort de cette expérience, je compte faire bien mieux.
05:40Mais cette NIAQ, qui est, je pense, intrinsèque à l'entrepreneur,
05:45elle existe depuis déjà bien longtemps chez moi.
05:47Parce que quand vous dites que vous n'étiez pas assez préparé,
05:49vous auriez pu faire les choses différemment ?
05:51Oui, c'est sûr.
05:55En phase de développement, il y a déjà d'autres choses que j'aurais pu faire.
05:57Mais sans parler de cette phase-là, lorsqu'on a rencontré des difficultés,
06:01je n'étais pas à même d'identifier l'ensemble des systèmes
06:06qui permettaient de s'appuyer sur, on va dire, des produits mis en place
06:11par l'État, par des associations, par des systèmes
06:14où l'entrepreneur qui se croit et est seul très souvent
06:20avait le moyen de ne pas l'être.
06:23Je ne le connaissais pas, je ne les connaissais pas, ces systèmes.
06:27Aujourd'hui, les warnings qui pourraient se déclencher dans mon groupe
06:30me permettraient d'intervenir et de trouver des supports et des aides
06:35bien plus facilement que dans ma précédente expérience, évidemment.
06:39C'est vrai qu'on parle souvent de la solitude de l'entrepreneur,
06:42du chef d'entreprise.
06:43Ce n'est pas une étapho, c'est une réalité absolue.
06:45Mais du coup, ça pèse clairement sur l'économie de l'entreprise,
06:49sur la stratégie de groupe.
06:50Oui.
06:53On parle de stratégie, ça veut dire qu'il faut, comme sur un jeu d'échecs,
06:58jouer des coups sur l'échec qui est en vue, non pas du coup d'après,
07:02mais de celui à plus 3, plus 4, plus 5, plus 6.
07:05Ce qui fait que l'erreur, elle se répercute pendant des mois,
07:08si on a mal joué.
07:10Une lecture et une cartographie des systèmes financiers possibles,
07:15des flux de trésorerie, du droit juridique sur l'ensemble des niveaux
07:19des entreprises que j'ai pu, moi, expérimenter dans le bâtiment.
07:23C'est toute une carrière qui construit cette base de données
07:25qui permet de prendre les bonnes décisions.
07:29Eh bien, on va dire que je suis certainement meilleur aujourd'hui
07:32qu'il y a 15 ans, fort de plein d'expériences sur le chemin.
07:36C'est ça qui vous a quand même donné encore la force de rebondir.
07:40C'est-à-dire que vous avez quand même gardé certaines filiales du groupe
07:44pour remoller tout ça, mais c'est vrai que vous n'avez pas forcément perdu
07:48en volonté d'entrepreneuriat.
07:50Non, mais en toute transparence, c'est un double ciseau.
07:53Premièrement, l'entrepreneur, quand il échoue,
07:54il est rarement appuyé par des aides financières type CSP
07:59qu'un salarié peut obtenir.
08:01Il va falloir avoir payé 500 ou 800 euros par mois pendant des années
08:05pour avoir un salaire complémentaire en cas de chute de structure de liquidation.
08:12Donc, c'est des choses qui ne sont pas mises en place
08:13parce que non finançables par le patron.
08:15Donc, une fois qu'on est face à ça, de toute façon,
08:17il y a l'aspect économique qui prime.
08:18Il faut continuer à faire rentrer de l'argent.
08:21Donc, il faut trouver des solutions.
08:24Quant à l'énergie, je pense que ce n'est pas nouveau, mais il faut être bien entouré.
08:30Moi, dans mon expérience, la moitié de mon entourage a disparu.
08:35Voilà.
08:35Ça a fait le tri, concrètement.
08:38L'autre moitié, dont ma compagne, je me rappelle d'un jour où elle descend de l'escalier.
08:43Elle cherchait un travail, puisque je travaille avec ma compagne depuis des années.
08:46Elle cherchait un travail et elle me dit, mais ce n'est pas possible, Jérôme.
08:49Nous ne pouvons pas avoir fait tout ça.
08:51Nous ne pouvons pas avoir appris tout ça et le faire pour quelqu'un d'autre.
08:55On doit recommencer.
08:56Donc, un environnement de travail qui impiète largement sur l'environnement personnel.
09:01Oui, oui.
09:01Oui, des jours et week-ends et vacances.
09:02Vous restez avec nous, Jérôme Cohen.
09:04On va justement élargir le sujet sur ces actions, ces aides, etc.
09:09Tout ce qui peut exister pour aider les PME à rebondir, les PME en difficulté,
09:14avec Pierre Pellouzet, qui est médiateur des entreprises, qui nous rejoint.
09:16C'est parti, c'est le débat éco.
09:22La France dirige-t-elle vers un nouveau record de défaillance d'entreprises ?
09:26Selon le cabinet Altares, le nombre de défaillances reste à un niveau historiquement élevé,
09:30avec près de 72 000 procédures collectives recensées sur un an.
09:33Retard de paiement, tensions avec les donneurs d'ordre, difficultés de trésorerie,
09:38autant de facteurs qui peuvent fragiliser les PME jusqu'à menacer leur activité.
09:43Pourtant, des dispositifs existent pour accompagner les dirigeants,
09:47résoudre certains conflits avant qu'ils ne soient graves.
09:50Encore faut-il connaître et les solliciter à temps.
09:53Pour en parler, nous accueillons Pierre Pellouzet. Bonjour.
09:55Bonjour.
09:56Vous êtes médiateur des entreprises, donc un dispositif gratuit, public,
09:59qui accompagne les entreprises dans la résolution de leurs différents commerciaux.
10:03Et Jérôme Cohen, vous êtes toujours avec nous.
10:04Vous êtes entrepreneur, PDG, fondateur d'Axe Énergie.
10:08Et donc, vous venez de nous en parler.
10:10Vous avez traversé d'importantes difficultés,
10:12mais vous avez rebondi en créant une nouvelle structure.
10:16Pierre Pellouzet, je me tourne vers vous tout d'abord.
10:18Est-ce que vous pouvez rapidement redonner des précisions sur le rôle du médiateur des entreprises
10:24et dans quelle disposition, quelle situation se tournent les entrepreneurs qui viennent vous voir ?
10:31Bien sûr, avec plaisir. Je vais rebondir un peu sur ce qu'a dit Jérôme tout à l'heure,
10:34que j'entendais par la petite porte, quand il parlait de difficultés de paiement avec ses clients
10:39ou d'autres difficultés contractuelles.
10:41C'est sur ce domaine-là que nous sommes pertinents.
10:43C'est-à-dire que le rôle du médiateur, c'est d'essayer de trouver des solutions
10:47entre les entreprises, entre elles, ou entre les entreprises et les acteurs publics.
10:50Donc, on est actif sur tout ce qui est relation client-fournisseur.
10:53On peut l'être aussi sur des relations entre des commerçants et des bailleurs.
10:56Donc, dès qu'il y a une relation contractuelle entre deux acteurs économiques,
10:59on est là pour remettre de la confiance, du dialogue,
11:03et donc trouver des solutions et sortir par le haut de ces difficultés.
11:06Et c'est une solution qui est publique, en fait.
11:08Donc, vraiment mise à disposition des entrepreneurs.
11:10Absolument. J'ai l'honneur, effectivement, de porter un service public,
11:12ce qui me permet d'offrir gratuitement ce service de médiation
11:16au travers d'une centaine de médiateurs partout sur le territoire.
11:19Que ce soit à Lyon, que ce soit à Marseille, à Paris, où que vous soyez,
11:23vous avez des médiatrices et des médiateurs près de chez vous,
11:25qui, gratuitement, qui, confidentiellement, qui, rapidement, vont vous écouter,
11:31vont vous aider à aller chercher l'autre partie,
11:33les mettre autour de la table, de la visio, du téléphone.
11:35On a plein d'outils, heureusement, maintenant.
11:38Et restaurer ce dialogue, trouver une solution,
11:40et vous permettre de sortir par le haut,
11:42tout en gardant la relation commerciale avec le client.
11:44Parce que le but, ce n'est pas de se fâcher avec le client.
11:46Le but, c'est de résoudre le problème,
11:48et en même temps, de restaurer la confiance.
11:49Le chiffre que je citais en introduction,
11:53plus de 70 000 défaillances d'entreprise,
11:56ça, vous sentez un contexte, en tout cas, économique,
11:59qui est très fragile.
12:00On vous sollicite de plus en plus ?
12:02On nous sollicite de plus en plus.
12:04Je vais vous donner un seul chiffre.
12:06Sur les six premiers mois de l'année,
12:07on a été sollicité 40% de plus que sur les six mois de l'année précédente,
12:12qui était déjà en hausse par rapport à l'année d'avant.
12:14C'est dire que, oui, un, il y a une tension économique extrêmement forte.
12:17J'allais dire, ce n'est pas un mystère.
12:19On connaît tous les éléments,
12:20que ce soit le contexte international, le contexte national.
12:23Tout ça explique qu'il y a une tension forte.
12:25La bonne nouvelle, c'est qu'il y a de plus en plus d'entreprises
12:27qui commencent à nous connaître et se dire
12:29« J'ai une difficulté avec mon client, avec mon fournisseur, avec mon bailleur.
12:32J'ai une solution de dialogue et je vais essayer cette solution de dialogue. »
12:35Donc, c'est à la fois une forme d'inquiétude
12:38de se dire qu'il y a cette tension,
12:39mais elle est intrinsèque à la vie économique.
12:42La bonne nouvelle, encore une fois,
12:44c'est que les outils commencent à être connus par les entreprises
12:46et, comme l'a dit Jérôme tout à l'heure,
12:48plus tôt ils connaissent les outils, plus ils les utilisent
12:50et plus on peut les aider et souvent les sortir de la difficulté.
12:54Jérôme, vous ne connaissiez pas tout le dispositif.
12:57Est-ce que vous saviez même que vous n'étiez pas seul,
12:59qu'en fait, il y avait aussi des dispositifs autour de vous ?
13:01Non, je ne connaissais pas ni les dispositifs étatiques,
13:05ni les dispositifs de type associatif.
13:09On n'est pas formé à devenir patron.
13:12On devient un patron, dans mon cas de figure,
13:15par l'opérationnel sur le terrain.
13:17On connaît notre métier d'un point de vue opérationnel.
13:21Toute la dimension outre l'opérationnel,
13:25ça prend, dans mon cas de figure, sur le terrain.
13:28Est-ce que c'était aussi un aspect psychologique
13:31de demander de l'aide ?
13:32Ce n'est pas forcément le premier truc
13:34qu'on aimerait faire en tant que chef d'entreprise ?
13:36Dans mon cas de figure, ça ne m'aurait pas posé de problème.
13:39Encore aurait-il fallu que je sache
13:42où tourner mon regard pour demander de l'aide.
13:45Et sincèrement, c'est le cas.
13:47J'ai rejoint l'association Second Souffle,
13:49dont nous avons parlé,
13:51qui aide les entreprises,
13:53avant liquidation,
13:55à trouver des solutions.
13:56Et c'est comme ça par lequel nous sommes
13:59en lien avec vous-même,
14:02médiateurs des entreprises.
14:05C'est ces associations que j'aurais aimé rencontrer avant.
14:07Je les ai rencontrées à postériori
14:09des liquidations de mes sociétés de travaux.
14:12Le mal était fait,
14:13la capacité à redresser la barre,
14:14parce que moi, j'avais la tête dans le guidon.
14:17Je n'ai pas pu trouver ces bras de levier.
14:19J'aurais aimé rencontrer différentes personnes,
14:22ce que je n'ai pas fait avant.
14:23Or, ça fait partie du métier de patron.
14:25Le dirigeant doit s'armer
14:28pour les cas de figure les plus difficiles.
14:30Parce qu'a postériori,
14:31même si c'est facile de dire ça,
14:33aujourd'hui,
14:34est-ce que vous pensez
14:35qu'il y aurait eu des choses à faire
14:36qui auraient été possibles ?
14:38Parce que là,
14:38vous nous citiez quand même
14:39des défauts de paiement.
14:40Ça, de toute façon,
14:42tout médiateur d'entreprise que vous êtes
14:44ne pouvait pas forcément...
14:45Sur les défauts,
14:46c'est-à-dire s'il y a une défaillance
14:47du client qui disparaît,
14:49effectivement,
14:49on n'est pas l'outil privilégié.
14:51C'est ça.
14:51Si c'est un retard de paiement,
14:52c'est-à-dire un client qui,
14:54pour une raison ou pour une autre,
14:55retarde les paiements
14:56et ça vous met en difficulté,
14:57là, oui,
14:57on est pleinement pertinent.
14:58Donc, vous voyez,
14:59suivant les cas,
15:00l'impact est le même.
15:01L'argent n'est pas dans la trésorerie
15:02de Jérôme,
15:03mais l'outil peut être différent.
15:05Il faut connaître ces outils
15:06et les utiliser.
15:07Alors, vous allez nous dire peut-être
15:09ce qu'on pourrait faire
15:09dans ces cas-là.
15:10Mais justement,
15:11vous,
15:11en plus de ça,
15:13qu'est-ce qui n'allait pas
15:14et est-ce que ça aurait pu être...
15:17Est-ce que vous auriez pu travailler dessus ?
15:18Alors,
15:19j'aurais pu travailler dessus,
15:20tout à fait.
15:21Quand on parle de défauts de paiement,
15:23on n'arrive pas au défaut de paiement
15:25d'un client du jour au lendemain.
15:27On a souvent tout un historique.
15:29Ça a commencé par des retards de paiement
15:31sur quasiment plus d'un an
15:33à l'échelle d'un demi-million d'euros,
15:35sur l'échelle de mes entreprises de l'époque.
15:36Ça, plus les petits retards
15:38des autres clients.
15:39Je ne parle que du plus gros,
15:40mais pour autant,
15:42le cumul de ces retards
15:43a mis à sec la trésorerie.
15:45J'ai réussi à trouver des aides partielles
15:46au travers des fonds type BPI
15:48qui m'ont aidé
15:49et que je remercie.
15:51Pour autant,
15:52ça n'a pas suffi
15:52puisque un retard de paiement
15:54qui se transforme en défaut de paiement,
15:56un financement ne peut pas régler
15:59cette particularité-là.
16:01Donc, dans mon cas de figure,
16:02si j'avais pu rencontrer
16:03l'association Second Souffle
16:05avant,
16:05si j'avais pu rencontrer
16:07vous-même
16:07ou les personnes
16:09qui sont en relais de vous
16:09sur le territoire national,
16:11je suis sûr
16:12que j'aurais pu trouver des solutions
16:13à ce moment-là.
16:14Mais je n'avais pas conscience
16:17de ces différents systèmes
16:19sur lesquels j'aurais pu m'appuyer.
16:21Pierre Pelouzé,
16:22le retard ou défaut de paiement,
16:23c'est le majeur,
16:26le plus gros ?
16:27C'est le premier sujet.
16:28C'est le premier sujet.
16:29C'est 25 à 30 % de nos saisines.
16:32Soit pour plusieurs raisons.
16:34Il y a plusieurs raisons, en fait,
16:35derrière une facture pas payée.
16:36Ça peut être
16:37qu'on n'est pas content du service.
16:38Et auquel cas,
16:39ça vaut le coup de se parler
16:40et comprendre ce qui se passe.
16:41Pourquoi vous n'êtes pas content ?
16:42Pourquoi vous considérez
16:43que ce service
16:43n'a pas été complètement
16:45ou partiellement rempli ?
16:47La deuxième chose,
16:49c'est que je fais exprès
16:50de payer en retard.
16:51Là, c'est bien de comprendre
16:52et de savoir pourquoi aussi.
16:54Je peux faire exprès
16:55parce que c'est une stratégie politique
16:57et là, ce n'est pas terrible
16:58et ça relève plus
16:59de la DGCCRF
17:00que de la médiation.
17:01Mais ça peut être aussi
17:02parce que le client
17:02est en difficulté,
17:03ce que décrivait Jérôme.
17:04Et auquel cas,
17:05le fournisseur,
17:05c'est bien qu'il le sache,
17:07qu'on se mette d'accord
17:08sur un échéancier de paiement,
17:09qu'on comprenne
17:10la situation du client.
17:11Tout ça, c'est important.
17:12Et puis, il y a une troisième typologie,
17:14c'est ceux qui ne font pas exprès
17:15de payer en retard
17:17parce qu'ils ont mis
17:18un processus de contrôle
17:19tellement compliqué
17:20qu'avant que les dix personnes
17:21aient validé la facture...
17:22Ah, c'est une grande partie
17:24de nos cas.
17:24Qui ne font pas exprès.
17:25C'est ça.
17:25C'est une facture...
17:26Vous savez,
17:26une grande entreprise
17:28qui veut faire très attention
17:29à ne payer que les gens
17:30qui doivent payer.
17:31Je peux vous dire
17:32qu'il y a le monsieur
17:33qui vérifie qu'on a reçu la facture,
17:35celui qui vérifie
17:35qu'on a bien reçu la marchandise,
17:37celui qui vérifie
17:38que la marchandise est conforme
17:39et celui qui vérifie
17:40que la facture
17:40est conforme à la commande.
17:41Alors, ça peut être automatisé
17:43plus ou moins,
17:43mais dès que ça sort
17:44du système automatique,
17:46pouf, la facture est perdue,
17:47on ne sait plus où aller,
17:48elle bloque
17:48et on est en retard de paiement.
17:50Donc, c'est un nombre de cas
17:51non négligeable
17:52et ça fait partie
17:53de la vigilance
17:54à laquelle on appelle
17:55toutes les entreprises
17:56et les administrations,
17:57notamment les grandes.
17:58Veillez bien
17:59à ce que vos processus
18:00ne créent pas du délai de paiement
18:01même sans le savoir.
18:02Concrètement,
18:03ça se passe comment
18:04si vous avez bien un exemple
18:05à nous donner ?
18:06L'entreprise qui se tourne vers vous ?
18:08Cette communication
18:10entre les différentes parties ?
18:11Alors, Jérôme a une difficulté
18:13avec un de ses clients,
18:14vous avez parlé
18:15d'un demi-million,
18:16un million de retard de paiement,
18:18c'est colossal,
18:19mais même pour des petites sommes,
18:20quelques dizaines
18:21de milliers d'euros,
18:22vous avez un client,
18:23c'est un client,
18:24donc vous ne voulez pas
18:24vous fâcher avec lui,
18:25il est important.
18:26D'un autre côté,
18:27vous n'avez pas de réponse
18:28sur ce paiement,
18:29au bout d'un moment,
18:30vous écrivez,
18:31vous saisissez,
18:31vous allez sur le site
18:33médiateurdesentreprises.fr,
18:34vous saisissez en quelques lignes,
18:36ce n'est pas compliqué,
18:37on n'est pas là
18:37pour compliquer la vie
18:38des chefs d'entreprise.
18:41Vous vous êtes ensuite rappelé
18:42dans la semaine qui suit
18:43par la médiatrice
18:44ou le médiateur
18:45le plus proche de chez vous,
18:46on a une centaine de médiateurs
18:47sur tout le territoire,
18:48j'insiste là-dessus
18:49parce que ce n'est pas
18:50un truc parisien
18:51pour des entreprises régionales,
18:53qui va vous écouter,
18:55peut-être vous donner
18:55un petit conseil,
18:56parce que parfois,
18:57c'est bien d'avoir
18:58un peu de recul et un conseil,
18:59et puis vous allez décider ensemble
19:01si c'est le chef d'entreprise
19:02ou la médiatrice
19:03ou le médiateur
19:04qui va chercher l'autre partie.
19:06L'appeler, lui dire,
19:07il y a une médiation
19:08qui vous est proposée,
19:09c'est confidentiel,
19:10c'est gratuit,
19:11donc on vous engage
19:12à venir autour de la table.
19:13À partir de là,
19:14le dialogue s'instaure
19:15et c'est le médiateur
19:16qui facilite le dialogue,
19:18c'est son savoir-faire,
19:19c'est sa formation,
19:20c'est son métier,
19:21et donc va faire en sorte
19:22que ce dialogue
19:22soit équilibré,
19:24le plus apaisé possible,
19:25même si parfois au début
19:26ça peut être un peu musclé,
19:28ce qui est normal,
19:28c'est la vie économique
19:29encore une fois,
19:30et puis on passe de,
19:32voilà, la difficulté
19:33à, tiens, c'est vrai,
19:34vous avez peut-être raison là-dessus,
19:35à, tiens,
19:36on pourrait faire ci et ça,
19:37on trouve des solutions,
19:38si besoin,
19:39on écrit un petit protocole d'accord,
19:40mais ce n'est pas toujours le cas,
19:42et puis on sort par le haut
19:43dans 70% des cas,
19:45c'est-à-dire que dans 7 cas sur 10,
19:47les deux acteurs
19:48qui sont autour de la table
19:49trouvent leur solution.
19:51C'est-à-dire que la communication
19:52évite des faillites d'entreprise ?
19:54Elle évite des faillites,
19:55elle évite des procès,
19:56elle évite des difficultés,
19:58elle évite aussi
19:59un réflexe malheureusement tragique
20:01qui est la loi du plus fort,
20:02c'est-à-dire,
20:03je ne vais pas écouter mon fournisseur,
20:04il est tout petit,
20:05il ne va pas m'embêter,
20:06alors que finalement,
20:07on va mettre en difficulté
20:09un fournisseur
20:09qui est peut-être
20:10quand même important,
20:11même si on a un gros client,
20:13un petit fournisseur
20:14qui dépose le bilan,
20:16ça peut mettre en difficulté,
20:17donc on se met tout seul
20:18en difficulté
20:18pour avoir refusé
20:20de parler à son fournisseur,
20:21c'est aberrant,
20:21mais c'est la vie quotidienne
20:23du monde de l'entreprise.
20:24Jérôme,
20:25vous avez tout à l'heure
20:26effleuré le sujet,
20:27le côté humain,
20:29c'était,
20:30comment est-ce que vous avez géré ça
20:31aussi avec vos salariés
20:33en interne de l'entreprise,
20:34au-delà de votre situation,
20:36les personnes qui vous entourent,
20:38vous,
20:38en tant que chef d'entreprise,
20:39vraiment les humains
20:40de votre groupe ?
20:42Oui,
20:43somme toute,
20:43mon cas de figure
20:44était peut-être
20:44un tantinet particulier,
20:46une bonne partie
20:47des effectifs
20:47du groupe Multico
20:49que j'avais créé
20:50étaient issus
20:52de relations
20:53très proches,
20:54amis,
20:55connaissances historiques,
20:57etc.
20:57Donc du coup,
20:58quand le Big Bang
21:00est arrivé,
21:02il y a forcément
21:04un sentiment
21:04de l'entrepreneur
21:06de culpabilité
21:07qui est proportionnel
21:09au nombre de personnes
21:10qu'il apprécie
21:11et qui l'entoure.
21:12Donc ça,
21:13c'est pas évident du tout.
21:15Je ne cache pas
21:16que j'ai pas,
21:17enfin,
21:17il y a eu un an,
21:18on va dire,
21:19très complexe.
21:20Je vous ai cité
21:21tout à l'heure
21:22le cas de figure
21:23qui m'a permis
21:24de me remotiver
21:25à redémarrer.
21:26Avant,
21:26j'ai longtemps réfléchi
21:28à me demander
21:29si c'était pas plus simple
21:30de devenir simplement salarié.
21:31Ou pas forcément
21:32de vous entourer
21:32des mêmes personnes.
21:33Et qui faisait
21:33de ne pas me rentourer
21:34de gens trop proches.
21:37Honnêtement,
21:37avec le recul,
21:38le problème ne vient pas de là.
21:40Quand vous avez des salariés
21:41ou des gens
21:41que vous appréciez
21:42autour de vous,
21:42la problématique est la même,
21:43il y a des fonctions
21:44à remplir,
21:45il y a des problèmes
21:45au quotidien,
21:46ça s'appelle un travail,
21:47ce ne sont pas des vacances,
21:49donc il y a une énergie
21:50à dépenser.
21:50Je préfère la dépenser
21:51pour des gens
21:51que j'apprécie
21:52plutôt que des gens
21:53que je ne connais pas.
21:54Ça ne rend pas plus facile
21:55la tâche
21:56ou plus compliqué,
21:57c'est la même.
21:59C'est plutôt une vision
21:59d'esprit de l'entrepreneur
22:00de se dire
22:01est-ce que j'accepte
22:02cette particularité,
22:03cette contrainte
22:04et dans mon cas de figure,
22:05je l'accepte.
22:05Oui.
22:06En tout cas,
22:06c'est encore quelque chose
22:08à gérer
22:08qui est encore presque plus...
22:10Enfin, c'est une tension
22:10qui est très forte,
22:11j'imagine.
22:12Oui, c'est le cas,
22:13mais malgré tout,
22:14je pense que l'entrepreneur,
22:15quand il se lève le matin,
22:16il faut qu'il ait des motivations.
22:18La motivation financière
22:19n'est pas la bonne motivation,
22:20elle ne peut pas suffire.
22:22Pour ma part,
22:23j'ai trouvé d'autres catalyseurs,
22:25vecteurs d'énergie
22:27qui sont le fait
22:28d'essayer de faire des choses bien,
22:29pas que pour moi-même,
22:30pour aussi les gens
22:30que j'apprécie.
22:31Pierre Pelouzé,
22:32est-ce que la facturation électronique
22:34permet de faciliter,
22:35et justement,
22:36peut-être tous les outils
22:37de la digitalisation
22:38des entreprises ?
22:40Peut-être au moins,
22:40il y a moins d'émotionnel derrière.
22:43Alors, il y a moins d'émotionnel,
22:44effectivement.
22:46La facturation électronique
22:47va aider.
22:48On n'en est qu'au tout début.
22:49Pour le moment,
22:50il n'est obligatoire
22:51de facturer électroniquement
22:54que pour les grandes entreprises.
22:55D'ici un an,
22:56ce sera aussi valable
22:57pour toutes les entreprises.
22:59Alors, évidemment,
23:00comme tout changement,
23:00au début,
23:01ça va être un peu compliqué,
23:02il y a des systèmes
23:03qui vont bloquer,
23:03on va s'inquiéter, etc.
23:04Mais en vrai,
23:06quand ce sera bien mis en place,
23:07ça va aider.
23:08Une grande partie,
23:09comme je vous le disais,
23:10des problèmes de facturation,
23:11c'est la facture
23:12qui n'est pas allée
23:13à la bonne adresse,
23:14où il n'y avait pas
23:14le bon libellé,
23:15où il manquait
23:16le numéro de commande,
23:18tout ça sur la facture électronique,
23:20c'est fini.
23:20C'est-à-dire que vous envoyez
23:21la facture,
23:22si vous ne l'envoyez pas
23:23au bon endroit,
23:23ça bloque.
23:24Donc, vous saurez tout de suite
23:25qu'il y a un problème.
23:26Donc, on va déjà résoudre
23:28une partie des problèmes.
23:29Après, ça ne va pas résoudre
23:30le reste.
23:31Celui qui ne veut pas payer,
23:32il bloquera la facture.
23:33Celui qui a un problème
23:34de trésorerie,
23:35il bloque la facture.
23:35Et celui qui n'appuie pas
23:36sur le bouton,
23:37il bloquera la facture.
23:38Mais au moins,
23:38vous saurez que vous avez bien
23:40envoyé la facture
23:40et vous saurez la suivre.
23:42Donc, vous aurez cette traçabilité
23:44qui vous permettra
23:44d'intervenir plus tôt
23:45qu'au bout de deux mois,
23:48trois mois, quatre mois
23:49en se disant
23:49« Tiens, il ne m'a toujours pas payé,
23:50qu'est-ce qui se passe ? »
23:51Et parmi les éléments
23:52que vous avez mis en place,
23:53c'est une charte,
23:54des labels dédiés
23:55à des achats responsables.
23:57Absolument.
23:58Ça permet justement
23:59d'essayer de faire en sorte
24:01que tout le monde
24:02se comporte le mieux possible.
24:03Absolument.
24:04C'est bien de venir en pompier,
24:05c'est bien de venir réparer,
24:06c'est mieux s'il n'y a rien de cassé.
24:08Et donc, on s'est dit
24:09dès le départ,
24:10faisons de la médiation,
24:11mais essayons aussi
24:12de changer les comportements.
24:13Et c'est là
24:14qu'on est parti
24:14sur les achats responsables.
24:16Les achats responsables,
24:17c'est faire attention
24:18à ses fournisseurs,
24:19c'est aussi d'ailleurs
24:19faire attention à l'environnement,
24:21c'est aussi faire attention
24:22à la société,
24:23travailler avec le monde
24:23du handicap,
24:24de l'insertion,
24:24tout ça, c'est ce qu'on appelle
24:25les achats responsables.
24:26On a créé ce qu'on appelle
24:28le parcours national
24:29des achats responsables
24:30avec une charte
24:30qui est la première étape
24:32que plus de 3 ou 4 000 entreprises
24:34et administrations
24:35ont signées aujourd'hui.
24:36Et puis, pour ceux
24:36qui veulent aller plus loin,
24:37un label qui se base
24:39sur les meilleures pratiques mondiales,
24:40j'en profite pour le dire,
24:41puisqu'on a créé une norme ISO
24:4320 400 sur les achats responsables.
24:46Et donc, ceux qui sont labellisés
24:47peuvent dire
24:48je suis les meilleures pratiques mondiales
24:50d'achats responsables
24:51et on a plus de 150
24:53labellisés aujourd'hui.
24:54Donc, vous voyez,
24:54la France est plutôt en avance
24:55sur ces sujets-là.
24:57Malheureusement,
24:57pas toutes les entreprises
24:58et pas tous les acteurs,
24:59donc il faut en ramener
25:00le plus possible.
25:01Et là, avec la situation
25:02actuelle et économique,
25:03ce n'est pas forcément
25:06entre la relation fournisseur-entreprise
25:09qui va pêcher,
25:10parce que là,
25:10ça peut toucher directement
25:11la trésorerie en soi.
25:13Et donc, là,
25:14comment est-ce que la communication
25:16peut aussi...
25:16Enfin, votre rôle
25:17dans cette situation ?
25:18Oui.
25:20La plus grande partie
25:21de la trésorerie d'entreprise,
25:22c'est le client.
25:23Oui.
25:23Ce n'est pas la banque,
25:24ce n'est pas l'investisseur,
25:25c'est le client.
25:26Le crédit bancaire,
25:27c'est un quart du crédit total.
25:29Les trois autres quarts,
25:30c'est le crédit client.
25:32Et donc, c'est là
25:33où ça se passe.
25:34Si le client est intelligent,
25:35paye en temps et en heure,
25:36voire même est à l'écoute
25:38de son fournisseur
25:39qui lui dit
25:40« Là, c'est un petit peu
25:41compliqué pour moi,
25:41est-ce que tu pourrais m'aider ?
25:42Je dois acheter
25:43de la matière première,
25:45les cours ont monté,
25:46donc j'ai besoin d'une avance,
25:48le chantier avance,
25:49j'ai besoin que tu me donnes
25:50un à-compte. »
25:50S'il y a cette écoute-là,
25:51on peut éviter énormément
25:53de catastrophes.
25:54S'il n'y en a pas
25:54et qu'on se dit
25:55« Chacun pour soi,
25:56débrouille-toi »,
25:57là, la trésorerie diminue,
25:58diminue, diminue
25:59et le chantier ne sera peut-être
26:00même pas terminé,
26:01ce qui, encore une fois,
26:02est au détriment des deux.
26:03Jérôme, maintenant,
26:04vous êtes investi
26:05dans l'association
26:06« Ceux qu'on souffle »,
26:07c'est vous qui donnez
26:08les conseils maintenant.
26:09Est-ce qu'il y en a un,
26:10en tout cas en particulier,
26:12du terrain
26:12que vous aimez bien partager ?
26:13Oui, je redis,
26:16je suis bénévole.
26:17C'est important.
26:18Il y a des coachs,
26:20il y a des mentors,
26:21il y a des gens
26:21qui accompagnent
26:23les dirigeants
26:25moyennant finance.
26:26« Ceux qu'on souffle »,
26:27c'est gratuit,
26:29donc l'accompagnement
26:30est dénué d'intérêt.
26:32C'est du conseil,
26:33on ne se substitue pas
26:34à l'entrepreneur
26:36en conseil.
26:37Et effectivement,
26:38aujourd'hui,
26:39mon conseil,
26:40c'est,
26:42il est facile,
26:44mais c'est ne pas attendre,
26:45mais je voudrais
26:45le formuler autrement.
26:48Je pense que même
26:49développer,
26:50quand on a une baisse
26:51de chiffres,
26:52une baisse de rendement,
26:53ça induit
26:54de trouver des solutions.
26:55Et quand on commence
26:55à avoir une baisse
26:56de rendement,
26:57soit on a l'argent
26:58à mettre sur la table
26:59pour embaucher,
27:00trouver des spécialistes,
27:02soit il existe
27:03des associations
27:03qui peuvent aider
27:04dès ces phases-là,
27:06pas forcément
27:07quand on est à six mois
27:08de la liquidation,
27:08ce qui rend le champ
27:10du possible
27:10beaucoup plus restreint,
27:12mais plutôt
27:13de pouvoir intervenir
27:14dans un accompagnement
27:15gratuit avec des spécialistes.
27:16L'association,
27:17ce n'est pas moi,
27:18c'est des milliers
27:19de personnes en France
27:20qui peuvent du coup,
27:21en fonction de leur spécialité
27:22et des cas de figure
27:23rencontrer,
27:24intervenir en conseil
27:25gratuitement.
27:27Je trouve que c'est
27:28très important
27:29que l'entrepreneur
27:29en ait conscience
27:30au plus tôt
27:31pour que quand il sente
27:32que le terrain
27:32commence à devenir meuble,
27:34il en profite
27:35pour se tourner
27:35vers ce genre
27:36d'association.
27:36Merci beaucoup
27:37Jérôme Coenius,
27:38je rappelle que vous êtes
27:39PDG fondateur
27:40d'Axe Énergie,
27:41Pierre Pelouzet,
27:41vous êtes médiateur
27:42des entreprises,
27:43merci à tous les deux
27:43de nous avoir partagé
27:44vos expériences
27:45retour terrain,
27:46merci à vous toutes
27:47et tous
27:47de nous avoir suivis,
27:48c'était SmartEco
27:52de la France.
27:54Sous-titrage Société Radio-Canada
27:55Sous-titrage Société Radio-Canada