- il y a 2 heures
Lundi 26 octobre 2026, retrouvez Christophe Guerin (Senior advisor, Oliver Wyman) et Thierry Bonnin (Président, Alcatel-Lucent Enterprise) dans SMART ÉCO, une émission présentée par Sibylle Aoudjhane.
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00:08Bonjour à toutes et à tous, je suis ravie de vous retrouver pour une nouvelle émission de SmartEco,
00:12l'émission qui donne la parole à celles et ceux qui font l'entreprise et l'économie.
00:16A retrouver tous les jours sur notre plateforme bismart.fr, sur notre antenne et puis sur toutes vos plateformes d
00:22'écoute.
00:22Et puis au sommaire de cette émission, comment profiter des avancées de l'intelligence artificielle
00:26sans compromettre la confidentialité de nos données ?
00:30Alcatel Lucent Entreprises vient de lancer une nouvelle solution d'intelligence artificielle souveraine,
00:36entièrement hébergée en Europe. Nous en parlerons avec Thierry Bonin qui est président d'Alcatel Lucent Entreprises.
00:41Et puis direction l'industrie européenne. Face à la concurrence chinoise et américaine,
00:46l'Europe veut favoriser le Made in Europe.
00:49Droits de douane sur les petits colis importés, préférences européennes dans les marchés publics.
00:54Les initiatives se multiplient pour protéger nos entreprises.
00:57Mais que signifie réellement produire européens aujourd'hui ?
01:01On en débat avec Thierry Bonin et Christopher Guérin qui nous rejoint senior advisor chez Oliver Wyman.
01:06C'est parti pour SmartEco.
01:12L'intelligence artificielle s'impose progressivement dans les entreprises,
01:16mais son adoption soulève une question majeure, celle de la protection des données.
01:20Comment profiter de ces nouvelles technologies sans compromettre la confidentialité des informations sensibles ?
01:25C'est notamment l'ambition d'Alcatel Lucent Entreprises qui vient de lancer Rainbow Premium,
01:30une nouvelle offre d'intelligence artificielle souveraine entièrement hébergée et opérée en Europe.
01:35Alors pour déceler les concours, je suis ravie de recevoir Thierry Bonin. Bonjour.
01:39Bonjour Sybille.
01:39Vous êtes donc présidente d'Alcatel Lucent Entreprises qui vient de lancer ce Rainbow Premium.
01:46Est-ce que vous pouvez tout d'abord nous expliquer comment est-ce que cette offre se développe grâce à
01:51l'intelligence artificielle ?
01:52Qu'est-ce que ça apporte en plus ?
01:53D'accord. Donc Rainbow en fait est un pendant de la solution Teams, la solution américaine.
02:00Donc c'est la plus grosse plateforme européenne vendue mondialement,
02:04avec 4 millions d'utilisateurs aujourd'hui dans le monde,
02:08ce qui est en fait la plus grosse plateforme européenne distribuée mondialement.
02:12Et en fait c'est une solution qui est équivalente à un Teams, un Teams Lite plus ou moins,
02:17et qui est vendue à travers un réseau de distributeurs à travers le monde
02:21et qui peut se déployer de trois façons.
02:23Soit hébergée en cloud public, mais on a fait le choix de travailler avec OVH au niveau mondial,
02:28donc Rainbow est hébergée dans 22 data centers dans le monde,
02:31soit en mode hybride, c'est-à-dire qu'on va venir connecter cette solution software
02:36sur des instances de téléphonie existantes,
02:38que ce soit de l'Alcatel ou du Cisco ou du MyTel.
02:41Et en fait aujourd'hui, ce qui est notre première source de revenus dans Rainbow,
02:45c'est le Edge, c'est-à-dire une instance dédiée dans le data center des clients.
02:48D'accord.
02:49Pourquoi ? Parce qu'en fait de plus en plus on s'aperçoit que la RSSI,
02:52avec tous les risques de cyberattaque,
02:54nous sollicite de plus en plus en disant,
02:57« Moi, mes données sensibles, je veux qu'elles soient hébergées chez moi et contrôlées par moi-même. »
03:02Là-dessus, on a décidé de travailler avec un acteur très connu,
03:07que vous avez déjà reçu à plusieurs fois dans vos émissions,
03:08qui s'appelle Chapvision.
03:10Donc Chapvision, c'est le spécialiste des données analytiques,
03:13mais également d'un certain nombre d'IA.
03:15Et donc ce qu'on a essayé de faire, c'est un copilote souverain,
03:19à base d'IA, qui peut être soit, pareil, hébergé en public cloud,
03:23chez OVH, ou soit en Edge, chez le client.
03:27Ce qui fait que la donnée va rester au sein du client,
03:29et donc le client va pouvoir faire des fonctionnalités
03:31de compte-rendu automatique de réunion, de transcription,
03:34de traduction de documents, donc tout un tas de services,
03:36auxquels on est en train d'arrêcher Rainbow aussi,
03:38avec des agents qui pourront répondre à des questions basiques.
03:41Mais tout cela, en fait, on offrira le choix au client,
03:44soit de l'héberger dans un cloud public,
03:46soit chez lui dans ses données.
03:48Et là, on s'assure que rien ne sorte chez lui.
03:50Et même pour vous dire, c'est que même nous,
03:52en tant qu'alquette, on ne peut pas terminer chez le client
03:54sans son autorisation.
03:55Et lorsqu'on doit faire des upgrades,
03:57on est obligé que le client nous sollicite de dire
03:59on va vous ouvrir le port de telle heure à telle heure,
04:02vous intervenez, vous faites votre upgrade,
04:03et une fois que c'est terminé, le port est refermé.
04:05Mais quand vous intégrer, donc, quand de l'IA est intégré là-dedans,
04:08c'est de l'intelligence artificielle,
04:10l'agent, il est français,
04:12enfin, je veux dire, comment est-ce que ça va faire
04:14pour cette souveraineté,
04:14pour cette intelligence artificielle souveraine ?
04:17Ça veut dire quoi ?
04:17Alors, c'est ce qu'on a fait, on a fait deux choses.
04:19Déjà, on a pris un acteur français,
04:20Chabvision, un acteur français reconnu,
04:22qui a des solutions françaises développées en France.
04:25Et deuxièmement, ces solutions, donc,
04:27sont hébergées chez le client,
04:28c'est-à-dire que la data reste au sein de chez le client.
04:30Donc, il n'y a rien qui sort.
04:32Ensuite, on entraîne de travailler avec eux
04:34sur des agents, donc l'agentique,
04:36où là, ce sera un impact plus important demain
04:39en termes d'économie,
04:40puisque l'agentique est censé remplacer l'humain
04:43pour un certain nombre de tâches.
04:44Aujourd'hui, ce qu'on utilise,
04:47l'IA traditionnelle,
04:49c'est un assistant qui va venir vous aider,
04:51par exemple, à vous faire vos mails,
04:52à vous faire des comptes rendus,
04:53à vous faire des synthèses,
04:55des analyses.
04:56Mais aujourd'hui, l'économie
04:59est difficile à mesurer.
05:01Sur la production ?
05:02Sur la productivité.
05:03Demain, quand on aura l'agentique,
05:05qui va remplacer la personne,
05:07là, on va vraiment pouvoir mesurer
05:08l'économie des chaînes,
05:09et faire de grosses économies,
05:11et de réallouer les ressources
05:12pour des services sur lesquels l'IA
05:14n'est pas encore disponible.
05:15Et ce qu'on travaille, donc,
05:16avec les gens de Chape Vision,
05:17c'est de faire des agents verticalisés,
05:20par type de métier,
05:21légal, finance, financier.
05:24Notamment ceux dont la donnée
05:25est la plus sensible, en plus.
05:26Et notamment ceux dont la donnée est la plus sensible.
05:28Et je vais vous donner un exemple très vrai.
05:32On a signé un certain nombre de grosses banques récemment.
05:35Je ne vais pas le voir de les citer,
05:36mais des grosses banques.
05:37Et en fait, ces grosses banques, en fait,
05:40avaient du déployé du Microsoft 305 partout.
05:43Et donc, en fait, ils sont venus nous voir en disant
05:45« Nous, on voudrait pouvoir sécuriser notre donnée. »
05:48Et en fait, la faculté de Rainbow aussi,
05:49c'est de s'intégrer dans Teams.
05:51C'est-à-dire qu'aujourd'hui,
05:52on a les deux instances qui cohabitent l'une avec l'autre.
05:54Et donc, ces gros clients-là continuent à utiliser
05:57du Microsoft Teams pour la donnée non sensible,
06:00la communication standard,
06:01et du Copilot, s'ils veulent l'utiliser.
06:03Mais on s'est aperçu que le coût de Copilot
06:05était tellement exorbitant aujourd'hui
06:07que beaucoup d'entreprises commencent à désinstaller Copilot.
06:10D'accord.
06:11Et utiliser Rainbow,
06:12sur lequel ils avaient basculé tous les services de finances,
06:15de R&D, des achats, commercial,
06:17pour que la donnée reste au sein de l'entreprise.
06:19Et c'est là-dessus qu'en fait,
06:20nous, on va apporter des solutions de compte-rendu automatique,
06:22de traduction de documents,
06:23et de main d'argentique
06:24pour pouvoir offrir des services complémentaires.
06:26C'est-à-dire que oui,
06:27donc vous n'allez pas forcément tout chambouler
06:30dans la mesure où si en interne,
06:31il y a déjà beaucoup d'outils
06:34qui sont déjà très implémentés.
06:35C'est pour ça que Teams peut être
06:36entre deux salariés de manière très plus légère.
06:39Ça se fait très bien.
06:40Et dès qu'on veut utiliser la donnée qui est plus sensible,
06:42là, on veut rester vraiment dans un circuit fermé.
06:44Et là, c'est ça que vous allez pouvoir,
06:45que les entreprises vont pouvoir modifier.
06:47Tout à fait.
06:47Et ce qu'il faut comprendre,
06:48c'est qu'aujourd'hui,
06:49aller voir un DSI en lui disant
06:51« je vais devoir tout remplacer »,
06:53le DSI, quand il a investi dans Microsoft,
06:55il a investi sur 10 ans,
06:56il n'a pas investi sur 3 ans.
06:57Donc il y a des coûts derrière.
06:58Donc nous, ce qu'on a pris,
06:59et je pense que c'est une approche,
07:02je dirais, pertinente aujourd'hui,
07:04c'est de dire « nous, on garde votre existant,
07:06par contre, on va venir vous mettre une instance
07:09qui va vous permettre de préserver vos données sensibles
07:11et de ne pas être soumis à un kill-switch potentiel.
07:14Si demain, une entité américaine le décide,
07:17vous pourrez continuer à tourner en propre autonomie
07:19et garder vos données sensibles
07:20que personne ne pourra venir chercher.
07:22Et c'est aujourd'hui la grosse force de Rainbow,
07:23en fait, c'est ce qui fait qu'aujourd'hui,
07:25c'est une solution qui se développe mondialement
07:26très rapidement,
07:27parce qu'on est les seuls à pouvoir s'offrir
07:29la possibilité de s'intégrer dans du Teams
07:31et en même temps d'offrir une garantie de sécurité des données.
07:34Oui, parce que c'est totalement protégé,
07:35parce que les acteurs ciblés par cet aspect premium,
07:39c'est vraiment les organisations publiques de santé, de défense,
07:42donc ça peut être en circuit clos.
07:44Oui, on vient de prendre des gros marchés d'hôpitaux,
07:46par exemple, le futur plus gros hôpital de France,
07:48où il a pris une instance Rainbow Edge,
07:51dédiée et hébergée chez lui,
07:52pour que la donnée de tout l'hôpital reste au sein de ses services.
07:55On vient de prendre d'autres grosses banques,
07:56c'est la même chose, on a pris d'autres services.
07:59Juste pour exemple, pour vous dire aussi,
08:01tous les gros bateaux de croisière que vous voyez partir
08:02de Chantilly-Atlantique, de MSC,
08:04sont équipés d'une instance Rainbow Edge à bord.
08:06Et donc, en fait, quand le bateau quitte
08:09dans les zones internationales,
08:10il continue à communiquer en toute autarcie,
08:12et les données des clients et du personnel
08:14restent à bord du bateau, personne ne peut y accéder.
08:17Est-ce que vous avez dû faire preuve de pédagogie,
08:19les entreprises commencent d'elles-mêmes
08:21à se tourner vers des solutions justement souveraines,
08:24c'est quelque chose qui est vraiment intégré maintenant
08:26ou qui commence à se mettre en place ?
08:28Alors, on s'aperçoit que,
08:30je ne sais pas si vous avez suivi le fil de l'actualité,
08:33mais le nouveau patron de la future Ariane
08:35au 1er janvier, Medladinem, Walter Arnault,
08:38a demandé à tous les ministères de préparer
08:40un plan de sortie de tout Microsoft
08:41dans 3 à 5 ans.
08:43Il a sollicité à son entreprise
08:45ce qu'ils ont préférencé
08:46pour pouvoir commencer à travailler
08:47sur des suites collaboratives,
08:49alors intégrer des suites collaboratives
08:51qui communiquent ensemble
08:52pour pouvoir se substituer à Microsoft 365.
08:54Donc, au niveau des ministères,
08:55au niveau des grandes administrations françaises,
08:57c'est parti.
08:58Au niveau des territoires,
08:59on s'aperçoit qu'ils ont déjà pris le pli
09:00il y a plus d'un an.
09:01Nous, on a beaucoup de conseils départementaux,
09:04de conseils régionaux, de mairies
09:05qui ont commencé déjà à basculer sur de l'européen,
09:08on ne veut pas dire du français forcément,
09:09et de l'européen.
09:11Et cet aspect d'hybridité que nous, on propose,
09:14ça reste quand même une grande force
09:16parce qu'en fait, toute mairie,
09:19tout conseil départemental, régional,
09:21ils ont une base installée,
09:22que ce soit de l'Alcatel ou autre,
09:23ils ont une base installée.
09:23Nous, le fait de dire, vous la gardez,
09:26nous, on vient vous mettre une instance sécurisée
09:28qui s'interface avec tout
09:29et vous pourrez basculer
09:31à fur et à mesure
09:33vers une instance complète Rainbow
09:35au fur et à mesure que vous l'aurez décidé.
09:37En fait, on pérennise les investissements existants
09:39et on leur amène une couche de sécurité
09:40qui n'est pas soumise aux lois extraterritoriales
09:42américaines ou chinoises.
09:43Thierry Bonin, vous restez bien sûr avec nous,
09:46vous êtes président d'Alcatel Lucent Entreprises.
09:48On va surtout vous parler de cette souveraineté,
09:50on va élargir un peu le spectre
09:51sur le Made in Europe.
09:53C'est parti, c'est notre débat éco.
09:58Face à la concurrence chinoise et américaine,
10:01l'Europe cherche à reprendre la main
10:02sur sa production industrielle
10:04pour protéger ses entreprises.
10:05Elle renforce notamment les droits de douane
10:07sur les petits colis importés
10:08et réfléchit à introduire davantage
10:10de préférences européennes
10:12dans la commande publique.
10:13Mais que signifie réellement
10:14produire européen aujourd'hui
10:16alors qu'une partie décomposant
10:18des technologies de la valeur ajoutée
10:20provient de l'étranger ?
10:21Et comment renforcer notre souveraineté industrielle
10:24sans sacrifier notre compétitivité ?
10:26Pour en débattre, Thierry Bonin,
10:28vous êtes toujours avec nous,
10:29vous êtes président d'Alcatel Lucent Entreprises.
10:31Merci d'être toujours avec nous
10:32et nous sommes rejoints par Christopher Guérin,
10:34Senior Advisor chez Oliver Weyman.
10:36Merci d'être avec nous.
10:37Bonjour.
10:37Je me tourne vers vous, Christopher Guérin,
10:39tout d'abord parce que c'est vrai que
10:41déjà ce terme « made in Europe »,
10:42qu'est-ce que ça veut dire
10:44quand derrière on a quand même 27 pays,
10:47des industries extrêmement différentes,
10:49des coûts de production,
10:50des intérêts parfois qui sont différents,
10:51est-ce que l'Europe est suffisamment intégrée
10:55industriellement pour pouvoir produire
10:57ce « made in Europe » ?
10:59Déjà ce qui est intéressant,
11:00parce que Thierry connaît bien le sujet
11:01mieux que moi,
11:01mais ce qui est en discussion
11:04depuis le 4 mars dernier,
11:05c'est l'Industrial Accelerator Act.
11:07Alors il y a le mot accélération,
11:09il y a le mot industrie.
11:10Alors l'objectif c'est de porter
11:11l'industrie européenne à 20% du PIB
11:13d'ici 2035,
11:14alors qu'aujourd'hui on est à 14%.
11:16Exactement.
11:16Donc de remettre en fait une préférence européenne
11:19dans la loi.
11:20C'est plutôt une bonne nouvelle.
11:23En termes d'intention déjà,
11:24c'est une bonne nouvelle.
11:26Depuis il y a à peu près 5000 amendements
11:28qui sont tombés,
11:29avec la grande question,
11:30l'Europe c'est quoi ?
11:31C'est les 27 pays ?
11:32Ou c'est les 90 accords
11:34qu'on a avec tous les autres pays ?
11:35Moi je dis forteresse ou passoire.
11:37Ça va être tout le sujet
11:39de l'accord qui tombera
11:40d'ici fin d'année.
11:42Alors dans le Made in Europe,
11:44il y a d'abord le MED
11:45et ensuite il y a l'Europe.
11:46Donc le MED d'abord,
11:47c'est est-ce qu'on a bien encore
11:49les compétences,
11:50les talents,
11:52le foncier pour construire les usines,
11:55l'écosystème,
11:56les fournisseurs
11:57pour être encore compétitifs
11:58sur le MED ?
11:59Parce qu'il y a quand même
11:59un sujet de compétitivité.
12:01Le citoyen européen,
12:02il veut bien acheter européen,
12:04mais il n'achètera pas 30% plus cher.
12:06Et après,
12:07il y a le côté Europe
12:08et l'Europe va devoir faire des choix
12:09parce qu'il y a déjà
12:10beaucoup de batailles
12:11dans beaucoup de secteurs
12:12qui sont largement perdus
12:13et tout l'enjeu
12:15est de définir justement
12:16les secteurs
12:17qui vont être retenus
12:19comme stratégiques.
12:20Et là je pense que Thierry
12:21pourra en dire un mot
12:22d'ici 2035.
12:23C'est développé dans cet industriel
12:25Accelerator Act.
12:26Mais juste avant
12:26de me tourner vers vous Thierry,
12:29est-ce que l'échelle
12:30du coût de l'Europe,
12:31c'est cette échelle-là
12:32qu'il faut prendre industriellement
12:33pour pouvoir être...
12:36Enfin, pour jouer
12:37par rapport aux Chinois
12:38et aux Américains ?
12:39Oui, on va être obligatoirement.
12:40La problématique qu'on a
12:40c'est que les Etats-Unis
12:43c'est un marché,
12:44une norme,
12:45une spécification
12:45à l'échelle des Etats-Unis.
12:47La Chine c'est pareil.
12:48Et nous,
12:48c'est 27 souveraineté.
12:50C'est ça.
12:50C'est 27 potentielles normes,
12:54législations
12:54qui ne sont pas homogènes partout.
12:56Donc en fait,
12:56on n'a pas les mêmes effets d'échelle
12:58que l'ont les Chinois
13:00sur leur marché
13:01ou les Américains.
13:02Et puis,
13:03les 6 points de PIB
13:05qu'ils annoncent là
13:05pour 2035,
13:06c'est 1000 milliards
13:08de valeurs ajoutées
13:09à aller trouver,
13:10ce qui est l'équivalent
13:11de toute l'industrie
13:12manufacturière allemande.
13:14Donc,
13:14ce n'est pas une mince affaire.
13:16Donc le sujet,
13:16est-ce que tout va passer
13:17par des nouvelles usines
13:18ou par l'augmentation
13:19des capacités
13:20et de la productivité
13:21de ce qu'on a actuellement
13:23sur nos territoires ?
13:24Thierry Bonin,
13:25votre regard du coup
13:25sur cette industrielle
13:26Acceler Act,
13:27je vais dire IAA
13:30à partir de maintenant,
13:30comme ça,
13:31ce sera beaucoup plus facile.
13:32Donc effectivement,
13:33c'est en discussion,
13:33ce sera,
13:35l'objectif c'est début 2027.
13:37Vous,
13:37en tant que chef d'entreprise,
13:40quel est votre regard
13:40déjà sur ce lancement,
13:43cette initiative ?
13:45Alors,
13:45moi je trouve
13:45l'initiative,
13:47elle est bien,
13:48mais elle n'est bien
13:49que si elle est accompagnée
13:50derrière de la commande publique.
13:52Parce que,
13:53réindustrialiser pour réindustrialiser,
13:54si derrière,
13:55il n'y a pas d'accompagnement
13:56de l'État ou de l'Europe,
13:58ça va faire pchit.
14:00Ensuite,
14:00le Made in Europe,
14:03je pense qu'aujourd'hui,
14:05malheureusement,
14:06on n'est plus capable
14:07de fournir
14:07l'ensemble de la chaîne
14:08de A jusqu'à Z.
14:10Donc,
14:10il va falloir choisir
14:11nos batailles,
14:11il va falloir choisir
14:12ce qu'on veut faire.
14:13Et je pense que c'est un peu
14:14la notion du
14:15Buy European Act
14:16qui vient en complément
14:17de l'IA,
14:19qui a présenté Stéphane
14:20ces journées
14:20au mois de septembre,
14:22qui paraît qu'il va partir
14:23en vote
14:23au Parlement européen
14:25en espérant un vote
14:262027.
14:27De ce que m'a dit
14:28le commissaire européen,
14:29le ministre de l'Europe,
14:30de la France
14:30et Jean-Noël Barraud
14:32lundi dernier,
14:33ils souhaitent que ce soit
14:33voté avant le départ
14:34de Macron,
14:35du président actuel.
14:36Donc,
14:36je ne sais pas
14:37si c'est faisable.
14:39Mais,
14:41l'Europe ne pourra
14:42s'en sortir
14:42que si on revient
14:43à des principes de base
14:44qui ont été celles
14:45de l'époque
14:45du général de Gaulle
14:46ou de Georges Montpidou.
14:48il faut faire
14:48comme les Chinois.
14:50Il faut bâtir
14:50des plans à 5 ans.
14:52Pour bâtir
14:52des plans à 5 ans,
14:53en ce moment,
14:54avec la France
14:54ou l'Europe,
14:55c'est assez compliqué
14:55parce qu'il faudrait
14:56une stabilité politique.
14:57Il faut bâtir
14:58des plans
14:59et se définir
15:00et mettre les ressources
15:01sur ce plan
15:03à 5 ans.
15:03Les Chinois,
15:04pourquoi,
15:04ils sont devenus
15:04très forts ?
15:05Dans les années 80,
15:07pour pénétrer
15:07le marché chinois,
15:09il fallait créer
15:10des jeunes ventures
15:11là-bas
15:11et faire du transfert
15:12de techno.
15:13Et ensuite,
15:14les Chinois,
15:14quand ils ont compris
15:15comment faire,
15:15ils ont dit
15:15on va définir
15:16des plans en quinquennat
15:17à 5 ans
15:18en disant
15:18voilà où on va être
15:19fort demain,
15:20les avions,
15:20voilà où on va être
15:21fort demain
15:21et on met
15:22des investissements
15:22là-dessus.
15:23Les Américains,
15:24c'est une autre dimension.
15:26Les Américains,
15:27pourquoi ils sont devenus
15:28liés dans le numérique ?
15:28C'est que déjà,
15:29ils ont des fonds financiers
15:30très forts,
15:30ils ont des fonds de pension
15:31qui supportent
15:33le développement de tout ça
15:33mais surtout,
15:34ils ont des gros marchés
15:35avec les industries américaines
15:37ou le gouvernement américain,
15:38soit le Pentagon,
15:39soit les Nessa,
15:40où on leur conflit
15:41des gros marchés
15:41qui permettent
15:42de développer ces start-up.
15:43Nous, le problème de l'Europe,
15:44c'est qu'un,
15:44on est divisé,
15:45on voit bien qu'avec l'Allemagne,
15:47aujourd'hui,
15:47ce n'est plus le couple
15:48franco-allemand
15:48comme on l'a connu auparavant.
15:51On a un manque
15:51de fierté nationale,
15:52si tu peux dire,
15:53sur la France
15:53puisque moi,
15:54je vois les Allemands,
15:54ils achètent d'abord Allemands,
15:55les Italiens achètent d'abord Italiens.
15:56Nous, en France,
15:57comme je dis tout le temps,
15:58on est fiers dans le stade
15:59mais quand on gagne,
16:00mais à part ça...
16:01Cette commande publique,
16:02aujourd'hui,
16:03elle soutient
16:05à quelle échelle
16:06notre production française ?
16:08Alors,
16:09pour la France,
16:09elle est très faible
16:10puisqu'en fait,
16:10aujourd'hui,
16:11le code des marchés publics
16:13fait qu'en fait,
16:14les acheteurs de l'État
16:15achètent le prix le plus bas.
16:18Deuxièmement,
16:19ils sont obligés
16:20de respecter les critères
16:21parce qu'on est seul
16:21pays en Europe
16:22où un acheteur
16:22peut être attaqué pénalement.
16:24Donc déjà,
16:24il faudrait casser
16:25cette cause de droit pénal
16:27pour qu'un acheteur,
16:28s'il décide d'acheter
16:29pas le moins dix ans
16:29mais la solution
16:30qui répond le mieux
16:31à l'ensemble des critères,
16:34il puisse le faire,
16:35il faudrait qu'on lui enlève
16:35cette épée d'amortisse.
16:36C'est-à-dire que la seule règle,
16:36c'est d'acheter
16:37au plus faible.
16:38Voilà,
16:38c'est forcément
16:40au-delà de nos contours.
16:40Et en fait,
16:41ce qu'il faut comprendre,
16:42c'est que c'est un prix facial.
16:44Je vais donner un exemple.
16:45Nous, en 2023,
16:45j'ai pris la décision
16:46de rapatrier en France
16:47la fabrication
16:47de centres téléphoniques
16:48pour le monde entier.
16:49Grosse décision,
16:50j'ai ramené.
16:51On s'est fait sortir
16:52de tous les marchés publics
16:53qui ont sorti derrière.
16:55Pourquoi ?
16:55Parce que même
16:56si on avait réussi
16:57à maintenir les prix,
16:58nos concurrents américains,
16:59sachant qu'on fabrique en France,
17:01ont pété les prix.
17:02Donc, ils cassent les prix.
17:03Ils ne sont pas soumis
17:04aux mêmes règles que nous
17:05parce qu'eux,
17:05ils n'ont que des bureaux
17:06de représentation en France,
17:07par exemple.
17:08Ils ne sont pas soumis
17:09à toutes les règles de normes
17:11auxquelles nous on est soumis.
17:12Et en fait,
17:13ce que fait l'acheteur,
17:14il achète le prix de moins bas.
17:15Donc, on se fait sortir
17:16de gros marchés
17:17qu'on était en place.
17:17Ils ont pris de l'américain,
17:1930% moins cher.
17:21Le problème,
17:22c'est que derrière,
17:22nous, en faisant ça,
17:23on a créé une ligne de production
17:25dans une usine
17:26à Laval, par exemple.
17:28Deuxièmement,
17:28on a créé de l'emploi.
17:29On fait vivre des familles.
17:30On paye des impôts.
17:31On réemporte 70%
17:32de notre fabrication
17:33hors de France.
17:34Donc, si vous prenez tout
17:35de bout à bout,
17:37vous ne perdez pas
17:38juste un marché.
17:39Vous perdez plus que ça.
17:40C'est que vous êtes en train
17:41de défendre une société
17:43qui a fait le choix
17:44de revenir en France
17:44et qui, malheureusement,
17:46est pénalisée
17:46d'avoir fait ça.
17:47Donc, la commande publique,
17:48elle est importante.
17:49Et deuxièmement,
17:50sur un point que tu as dit
17:51très important,
17:52il faut différencier
17:54relocalisation
17:54et réindustrialisation.
17:55La relocalisation,
17:56c'est plus facile.
17:57Il y a plein d'usines en France
17:58qui ont des savoir-faire,
17:58qui ont des compétences,
17:59qui pourraient faire plus.
18:01La problématique
18:01que l'on a en France,
18:02c'est qu'on ne sait pas
18:03ce que font ces usines
18:03et leurs compétences.
18:05Nous, on a fait le choix
18:06de relocaliser
18:07parce que réindustrialiser,
18:08ça veut dire se lancer
18:09dans un process à 5 ans,
18:11le foncier,
18:12les autorisations,
18:12la construction,
18:14ça n'aurait pas été rentable.
18:16Relocaliser,
18:16on était capable
18:16de le faire en 15 mois.
18:17Donc, c'est très rapide.
18:19On a trouvé une usine
18:20qui était une ancienne usine
18:20d'Alcatel à Laval,
18:22ex-Thompson,
18:22Alex Alcatel,
18:24avec qui on leur a dit
18:25« Nous, on va faire ça ».
18:26Ils ont créé une ligne
18:26de production,
18:27ils ont recruté.
18:28On s'est débrouillé
18:29pour acheter des composants
18:30électroniques en France.
18:31Donc, on a fait vivre
18:32également un écosystème
18:33de sous-traitants.
18:34Et c'est là où,
18:34dans la commande publique,
18:35aujourd'hui,
18:36si on ne tient pas compte
18:36de tous ces critères,
18:39ils vont continuer
18:40à acheter le moins dix ans.
18:41Alors moi, en plus,
18:41je vais vous dire,
18:42je porte une deuxième casquette
18:43au type du MEDEF,
18:44c'est que je suis dans le bureau
18:45de la Commission nationale
18:47de la réforme de la sphère publique
18:47et de la commande publique.
18:48Donc, à ce titre-là,
18:49on a audité le président du GAP,
18:51le président de la Canut,
18:52tous ces gens-là.
18:53Et quand vous demandez même
18:54au président du GAP
18:54quelle est la valeur
18:56achetée auprès des entreprises françaises,
18:57même lui,
18:57il est incapable de nous le dire.
18:59Et Christophe Réguer,
19:00au-delà de la commande publique,
19:01il y a quand même aussi,
19:01les entreprises,
19:02est-ce qu'elles,
19:04elles se prêtent au jeu
19:06du MEDEF ?
19:07Est-ce que ça résonne presque,
19:08j'imagine que ça ne résonne pas
19:09aussi fort que le MEDEF,
19:10qu'on a mis tant de temps aussi
19:11à instaurer en France
19:13dans les mentalités ?
19:14Oh si, globalement...
19:16Le MEDEF,
19:16ça a quand même un impact fort ?
19:18Oui, oui, oui.
19:19Les entreprises se préoccupent de ça ?
19:21De plus en plus.
19:22On voit, en tout cas,
19:23moi, sur les thématiques
19:24que j'ai portées
19:25au niveau de l'électrification,
19:26il n'y avait pas de MEDEF,
19:28il y avait un MEDEF.
19:30Déjà, c'est déjà
19:30une première bataille gagnée.
19:33Après, au-delà des commandes publiques,
19:35il y a un sujet
19:35de capacité de production.
19:37Il faut savoir
19:37que les usines,
19:38en moyenne, en Europe,
19:39tournent à 75-78%
19:41de leur capacité nominale.
19:4360% pour le secteur automobile,
19:45actuellement, malheureusement.
19:46L'acier est à 65%.
19:47Mais ça, c'est lié
19:47à la consommation ?
19:48Non, ce n'est pas lié
19:49obligatoirement à la commande.
19:50Nous, on le voit très bien
19:51chez Oliver Weyman.
19:52Aujourd'hui,
19:53c'est lié à beaucoup de dispersion.
19:55Beaucoup de marchés,
19:56sous-marchés,
19:56de clients, d'offres.
19:57Et en fait,
19:58on n'a plus les économies d'échelle
20:01qu'on avait auparavant
20:02de par un peu
20:03la fragmentation des marchés.
20:05Et le travail qu'on fait
20:06actuellement avec les équipes,
20:08c'est un travail de simplification.
20:09Quel est mon marché cœur,
20:11mes produits cœur,
20:12mon offre cœur
20:13pour recentrer vraiment
20:14et retrouver, en fait,
20:15cette productivité un peu perdue
20:17du fait de la fragmentation.
20:18Il ne faut pas tout mettre
20:19sur le dos de l'État,
20:21des commandes publiques.
20:21On a perdu beaucoup
20:22de productivité
20:23et on a perdu l'export,
20:24par contre.
20:24Et ça, c'est un enjeu
20:26sur le fait
20:27sur lequel il faut se recentrer
20:29sur un pays
20:31ou nos pays
20:31les plus limitrophes.
20:33Là, on peut gagner
20:33et retrouver justement
20:35cette productivité perdue.
20:36Oui, parce qu'en plus,
20:36il peut y avoir aussi
20:37une dynamique interne
20:39européenne
20:39qui peut porter tout ça.
20:41Les coûts logistiques
20:41sont déjà beaucoup moins
20:42que d'aller exporter
20:43en Chine
20:43ou aux États-Unis.
20:45Thierry Bonin,
20:46quand vous avez parlé
20:46de votre relocalisation,
20:48justement,
20:48comment est-ce que vous,
20:48vous avez fait
20:49pour rester compétitif ?
20:51Alors, on a...
20:52déjà, quand on décide
20:53de relocaliser,
20:54c'est une décision
20:55manageriale.
20:56Il faut que tout le monde
20:56soit aligné
20:57pour se dire
20:57OK, on va le faire.
20:59Deuxièmement,
21:01on a pris les aspects
21:04ou d'assemblage
21:04ou de fabrication,
21:05le transport,
21:07le carbone.
21:08On a regardé
21:08comment on allait diminuer
21:09les coûts carbone aussi.
21:10La France étant
21:11notre premier marché,
21:12tout faire venir
21:13à chaque fois
21:14de Roumanie
21:15ou d'ailleurs
21:16en France
21:17pour repartir
21:18après de côté
21:19puisqu'on avait
21:19notre centre logistique
21:20Europe
21:20qui était en Ile-de-France.
21:23On a trois centres
21:23logistiques,
21:24Hong Kong pour l'Asie,
21:26les États-Unis
21:26et puis...
21:27Donc, on a regardé
21:28tous les aspects économiques,
21:29on a regardé
21:30comment,
21:31en adaptant
21:32et en modifiant
21:33la façon
21:33dont on travaillait avant,
21:34on allait pouvoir
21:35être à éco-périmètre
21:37et à coût similaire.
21:38Et puis surtout,
21:39on a trouvé une usine
21:40qui était une ancienne usine
21:41qui a été reprise
21:41par des anciens d'Alcatel.
21:43Donc, on avait quand même
21:44une petite fierté
21:44de se dire
21:45tiens,
21:46les années de Chioque
21:47du Fablaise,
21:47on va essayer
21:47de ramener un peu
21:48de fabrication en France.
21:49Et en fait,
21:50on a travaillé à livre ouvert
21:51et là,
21:51on est tombé sur des gens
21:52très pragmatiques,
21:54des terriens,
21:55des gens qui sont à l'aval,
21:57qui ont une très bonne connaissance
21:59du secteur,
21:59du marché
22:00et on a travaillé
22:01main dans la main,
22:02livre ouvert
22:03pour se dire
22:03ben voilà,
22:04nous ce qu'on veut obtenir
22:04c'est ce prix-là.
22:06Soit on est capable
22:06de le faire,
22:07on relocalise,
22:08soit on n'est pas capable
22:08de le faire
22:09et malheureusement,
22:10on choisirait
22:11la solution de facilité
22:11qui était de renégocier
22:12un marché de 5 ans
22:13avec un acteur américain.
22:15Et donc, nous,
22:16on a réunissourcé
22:16au niveau des achats
22:17tout un tas de services
22:18donc on a recruté
22:19des personnes
22:19dans notre campus
22:21d'Elkirch,
22:22donc c'est à Strasbourg,
22:23c'est le berceau historique
22:23du groupe
22:23donc on a réintégré,
22:26on a été soutenu
22:27par la région Grand Est
22:28donc à l'époque
22:29j'en retenais.
22:31On a retravaillé
22:32le design
22:33des châssis
22:34et ainsi de suite
22:35pour qu'on ait moins
22:35de complexité
22:37et au final,
22:39ben depuis 2023,
22:41on sort en gros
22:432000 châssis par mois
22:44donc 70%
22:46partent à l'international
22:47et 30% restent en France
22:48et en France maintenant
22:49on utilise essentiellement
22:50le train
22:51et les camions
22:52pour aller amener ça.
22:53On a réduit
22:54surtout aussi
22:54les délais de fabrication
22:56et les délais d'évraison
22:57avant on était
22:57sur des délais
22:58à 4 semaines
22:58maintenant on est capable
22:59de livrer en une semaine
23:00donc voilà
23:01il y a toute une économie
23:02d'échelle,
23:02il y a le côté CO2
23:03c'est très important
23:04le coût carbone
23:05ainsi de suite
23:06comment on a réussi
23:06à baisser tout ça
23:07donc voilà
23:07c'était un programme complet
23:09et ça a mis 15 mois
23:11à éclore.
23:11C'est extrêmement rapide ?
23:13Oui parce qu'en fait
23:13quand vous trouvez une usine
23:14qui a déjà un savoir-faire
23:17l'espace pour le faire
23:18parce que c'est là en fait
23:19ce qu'on ne prend pas compte
23:20en France
23:20c'est qu'il y a beaucoup d'usines
23:21comme tu le disais
23:22qui ont des savoir-faire
23:23qui ont des compétences
23:24qui ont de l'espace
23:24et qui ne demandent que ça.
23:26Donc là on parle du coup
23:27de la France
23:28mais je me dis
23:28sur le made in Europe
23:29on peut quand même
23:30essayer de trouver
23:31des complémentarités
23:31qui sont intéressantes
23:32c'est ça aussi
23:33qui pourrait rendre
23:33le made in Europe puissant
23:35par rapport aux Etats-Unis
23:37et à la Chine
23:38faire une complémentarité industrielle
23:40au sein de l'Europe
23:41est-ce que c'est possible ?
23:41C'est un peu
23:42quand je relis un peu
23:43l'IAA
23:43c'est un peu l'objectif
23:45parce qu'aujourd'hui
23:46l'industrie européenne
23:47c'est 30 millions d'emplois
23:48ils ne disent pas
23:49on va sauver 30 millions d'emplois
23:50ils ont dit
23:51on va se refocaliser
23:52sur des secteurs
23:53hautement stratégiques
23:54c'est ça
23:55automobile, chimie, caoutchouc
23:56minerais, papier, raffinage
23:57et électrification
23:58qui représentent à peu près
23:5920% d'entre eux
24:00la bonne nouvelle
24:01elle est là
24:02c'est qu'il y a
24:03un choix stratégique
24:04on ne peut pas tout couvrir
24:05mais là on va mettre le paquet
24:06donc c'est la bonne nouvelle
24:08de l'IAA
24:09alors s'il va au bout
24:10et puis l'exemple de Thierry
24:11il est intéressant
24:11parce que
24:12tout le débat
24:13est sur la qualification
24:14du Made in Europe
24:15parce qu'on ne peut pas
24:17tout sourcer en Europe
24:19actuellement
24:19les batteries électriques
24:20pour automobiles
24:21il y en a beaucoup
24:21qui arrivent de Chine
24:22les semi-conducteurs
24:23ça vient de Taïwan
24:24donc la question
24:25c'est pour ça
24:25qu'il y a le débat
24:26est-ce que ça va être
24:27strictement 27 pays européens
24:28et tous les semi-finis
24:31les produits semi-finis
24:32seront sourcés en Europe
24:33ou il y aura quand même
24:34une ouverture
24:34par rapport à nos partenaires
24:36Thierry Bonheur
24:36notamment justement
24:37sur tout ne peut pas
24:38être sourcé en Europe
24:39en termes de souveraineté numérique
24:41c'est là où ça coince
24:42pas mal
24:42parce que c'est vrai
24:43que pour l'industrie
24:44bien sûr on a besoin
24:44de cette souveraineté numérique
24:45mais il y a encore
24:46des choses
24:46qui ne peuvent pas être
24:48dont toute la boucle
24:50ne peut pas être
24:50faite réalisée en Europe
24:52alors c'est intéressant
24:54parce qu'en fait
24:55avec le bail European Act
24:56et le complément
24:57de l'IA
25:01on va demander
25:01que 50%
25:02en fait
25:03du produit total
25:04soit européen
25:05ou il n'y ait pas
25:06plus de 50%
25:07qui viennent
25:08de pays
25:09autres que l'Europe
25:10pourquoi ?
25:10parce que
25:11comme on le sait
25:11les composants
25:12viennent de Taïwan
25:13le photovoltaïque
25:14vient essentiellement de Chine
25:15et ainsi de suite
25:15donc on ne peut pas tout avoir
25:17le bail European Act
25:19c'est intéressant
25:19pourquoi ?
25:20il veut forcer
25:20les entreprises étrangères
25:22que ce soit américaines
25:23ou chinoises
25:23à venir produire en Europe
25:25ou au moins
25:26mettre des centres de R&D
25:27créer de l'emploi
25:28et faire de l'assemblage
25:29puisque là
25:30ça va permettre
25:31un
25:31créer de la R&D
25:33c'est le software
25:33c'est qui contrôle
25:34le software aujourd'hui
25:35puisque la data
25:36c'est essentiellement
25:37le software
25:38c'est de pouvoir
25:39créer de l'emploi
25:41et troisièmement
25:42c'est de pouvoir
25:43donc bâtir
25:44des solutions
25:46made in Europe
25:47mais au moins
25:4850% européennes
25:51l'idée
25:52ce qu'on a discuté
25:54avec le commissaire
25:55européen
25:55c'est qu'en fait
25:56eux ce qu'ils souhaiteraient
25:57demain
25:57c'est qu'en fait
25:57on arrive à attirer
25:58des entreprises chinoises
25:59et qu'on fasse
26:00le modèle
26:01en Europe
26:02qu'est ce qui a été fait
26:03dans les années 80
26:04vraiment en Chine
26:04c'est-à-dire créer
26:05des joint ventures
26:0650-50
26:0751-49
26:08où la Chine
26:09va pouvoir être capable
26:10de nous importer
26:11des technologies
26:12sur lesquelles
26:12ils sont maîtres
26:13ça peut être
26:14de la Terra
26:15ça peut être
26:15du robotique
26:16ça peut être
26:16tout un tas
26:17de solutions
26:18de l'IA
26:19même demain
26:19puisqu'ils ont
26:20des IA open source
26:21qui sont aussi
26:21performantes
26:22que les américaines
26:23mais que ceci
26:24demain
26:25soit fabriqué
26:26en Europe
26:27avec un made en Europe
26:28de la R&D
26:29et de l'assemblage
26:30si des gens
26:31arrivent à faire ça
26:33je ne sais pas
26:33si on pourrait dire
26:34c'est du made in Europe
26:34mais déjà je pense
26:35qu'on aura fait
26:36un gros pas
26:38et en fait
26:38le bail Européen Act
26:39et les contraintes
26:40qui ont été mises dedans
26:41par le commissaire européen
26:44et qui je pense
26:45aujourd'hui
26:46va trouver un écho
26:46très fort
26:47au Parlement européen
26:48parce que
26:49le Parlement européen
26:50la semaine dernière
26:50a voté pareil
26:51sur je ne sais plus
26:51quel ou un
26:52sur le même à peu près
26:53le truc
26:53481 voix pour
26:5481 contre
26:56va trouver un très bon écho
26:57parce qu'en fait
26:57le but c'est
26:58de renforcer l'Europe
26:59de relocaliser en Europe
27:01ce qui peut être localisé
27:02la R&D
27:03c'est le plus important
27:03les softwares
27:04la technologie
27:05parce que c'est ça
27:06qu'on a besoin de maîtriser
27:07et l'emploi
27:08et vous savez que ça
27:08ce serait une solution
27:09aussi pour le coût
27:10parce que derrière tout ça
27:11c'est des coûts
27:13voilà
27:13c'est des consommateurs
27:14ou des coûts
27:14auprès des entreprises
27:16qui peuvent être résolvées
27:17ce qui est quand même
27:19si on prend un peu
27:20de perspective
27:21Sybille par rapport à ça
27:22c'est que
27:23ce qu'a dit Thierry
27:23c'est qu'on va demander
27:25aux Chinois
27:25ce que les Chinois
27:27nous ont demandé
27:27il y a 30 ans
27:28pourquoi ?
27:28parce que maintenant
27:28le transfert de technologie
27:30se fait dans l'autre sens
27:31et pourquoi ?
27:32j'adore cette petite musique
27:34de certains économistes
27:35qui disent
27:35la désindustrialisation
27:37ce n'est pas un problème
27:38on peut vivre
27:38sur le savoir-faire
27:39et la conception
27:40sans usine
27:41ben non
27:41la Chine a montré
27:42qu'en 25 ans
27:44en 30 ans
27:45ils sont passés
27:45de 3%
27:46de la production
27:47manufacturière mondiale
27:48à 30%
27:49ils ont accumulé
27:50le savoir
27:50l'innovation
27:52les ingénieurs
27:53et aujourd'hui
27:54ils ont un temps
27:55d'avance technologiquement
27:56que nous avons perdu
27:58donc ça passe
27:59par l'industrie
27:59et on a besoin
28:00de ces transferts
28:01et ça permettra également
28:02aussi de mettre
28:02tout le monde
28:03sur les mêmes règles
28:03parce qu'aujourd'hui
28:05le problème
28:05c'est que les entreprises
28:06européennes
28:07ne sont pas souvies
28:07aux mêmes règles
28:08que les américains
28:08ou les chinois
28:09donc à un moment aussi
28:10il faut que l'Europe
28:11puisse se protéger là-dessus
28:12et pouvoir être capable
28:13d'imposer des règles
28:14aux entreprises européennes
28:16qui fabriquent déjà
28:17ou qui assemblent déjà
28:18en Europe
28:18les entreprises chinoises
28:20ou américaines
28:20qui voudraient vendre en Europe
28:21avoir les mêmes conditions
28:23donc je pense que
28:24le bail européen act
28:25va dans le bon sens
28:26alors après
28:27avant de mettre
28:27tout le monde d'accord
28:29rendez-vous dans quelques mois
28:30merci beaucoup Thierry Wonin
28:31je rappelle que vous êtes
28:32président d'Alcatel-Lucent
28:33entreprise
28:34Christophe Furgérin
28:35senior advisor
28:35chez Olivier Weyman
28:37merci à tous les deux
28:38d'avoir participé
28:39à notre échange
28:40merci à vous tous
28:40et tous de nous avoir suivis
28:41c'était Smartéco