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Mardi 27 octobre 2026, retrouvez Cécile Colleville (directrice des acquisitions, Matis) dans ART & MARCHÉ, une émission présentée par Sibylle Aoudjhane.
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00:01Générique
00:08Bonjour à toutes et à tous, je suis ravie de vous retrouver pour une nouvelle émission d'art et marché,
00:12l'émission qui vous ouvre les portes du marché de l'art et c'est une semaine mouvementée que nous
00:16avons vécue à Paris
00:17lors de la Paris Art Week entre fermetures anticipées et ventes dynamiques surtout sur le haut marché.
00:24Nous dressons le bilan avec Cécile Colville qui est directrice des acquisitions au sein de la société d'investissement Matisse.
00:30C'est parti, c'est Arrêt Marché.
00:35Entre vents violents, fermetures anticipées et ventes spectaculaires, la semaine de l'art à Paris aura été particulièrement mouvementée
00:43pour cette édition marquée par l'arrivée de Karim Kripa à la direction d'Art Basel Paris.
00:49Alors quel bilan tirerait de cette semaine ? Les collectionneurs étaient-ils au rendez-vous ?
00:53Et que disent les ventes de l'état du marché de l'art pour en parler ? Je suis ravie
00:56d'accueillir Cécile Colville. Bonjour.
00:58Bonjour Cybille.
00:58Vous êtes directrice des acquisitions au sein de Matisse, donc une société d'investissement dans l'art.
01:03Tout d'abord, est-ce que vous pouvez nous donner votre sentiment général d'Art Basel quand vous y êtes
01:09entrée, quand vous êtes retournée ?
01:11Qu'est-ce que vous avez ressenti ?
01:14Y retourner est toujours un très agréable sentiment, je pense, pour l'ensemble du marché de l'art, les professionnels
01:20et les collectionneurs.
01:21On peut noter que cette année a été effectivement mouvementée à plusieurs égards, mais surtout, on voit que Paris résiste
01:29au contexte.
01:30Donc c'est un très bon signal pour le marché de l'art.
01:32Oui, on va bien sûr détailler toutes ces ventes.
01:34Sur le plan artistique, est-ce que vous avez senti des prises de risques particulières de la part des galeries
01:40?
01:40Ou est-ce qu'on reste sur des artistes majeurs encore du XXe, XXIe siècle ?
01:47Ce qui est assez incroyable avec cette semaine de l'art, on cite bien sûr Art Basel Paris, mais c
01:52'était une diversité des foires qui étaient également en parallèle.
01:56Asiana, Aka, Modern Art Fair, Miami Design.
02:02Donc en fait, on avait une grande diversité de propositions.
02:05Les collectionneurs pouvaient aller voir vraiment un ensemble d'objets très riche.
02:09Mais effectivement, on en revient aux ventes qui ont été effectuées et celles-ci se concentrent sur les blue chips.
02:15Oui, donc les ventes sont sur les blue chips, mais juste en termes de propositions,
02:20on trouve que c'est encore assez uniforme dans la proposition des galeristes à Art Basel Paris.
02:29Art Basel Paris est construit autour de trois secteurs.
02:35Effectivement, on passe beaucoup de temps au rez-de-chaussée,
02:37mais il ne faut pas oublier que tout le premier étage est concentré avec des galeries émergentes,
02:42mais également avec de jeunes artistes, de jeunes propositions.
02:45Et c'est ça qu'il faut aller également voir à Art Basel Paris.
02:48Et la première édition de Karim Kripa a noté, bien évidemment, l'arrivée de 32 nouvelles galeries au sein des
02:56211 exposants.
02:58Oui, donc ça, c'est un vrai renouvellement quand même.
03:00Exactement. Donc on voit que la volonté de ce nouveau directeur était d'aller et de regarder cette nouvelle création
03:06et cette nouvelle proposition.
03:07Et ça, c'est vraiment quelque chose qu'il va falloir faire perdurer dans le temps
03:10pour qu'il y ait un renouvellement petit à petit de ce qu'on peut proposer à nos collectionneurs
03:15et pas qu'une concentration seulement sur une dizaine de noms, ce qui pourrait appauvrir finalement le marché dans un
03:22sens.
03:22Vous, en tant que directrice des acquisitions, c'est ce genre de choses que vous allez voir en premier,
03:26les nouvelles galeries qui s'installent dans ces rendez-vous qui sont quand même mondiaux ?
03:32Effectivement, notre métier, c'est vraiment de comprendre tous les différents mécanismes du marché de l'art,
03:36que ce soit au niveau des foires, aux ventes aux enchères,
03:38quels ont été le parti pris de ces professionnels du marché
03:40pour envisager les collectionneurs et aborder les collectionneurs de demain.
03:45Et donc, effectivement, ce sont des signaux hyper importants, hyper fondateurs,
03:50que nous allons étudier par la suite pour voir où est-ce que et à qui on va s'adresser
03:53demain pour travailler.
03:55D'accord. Et là, vous avez des choses qui vous ont particulièrement marqué à ce niveau-là
03:59ou plus généralement dans la foire ?
04:01Je pense qu'au niveau de Art Basel Paris, ce qu'on a vu, c'est le parti pris de
04:04la foire
04:06de continuer l'ouverture en anticipé le mardi pour les ultra-vip.
04:13Oui, ça, c'était la deuxième édition.
04:14C'était la deuxième édition, effectivement, depuis l'année dernière,
04:18et qui a à nouveau montré le bénéfice que les galeries et marchands ont tenu
04:25à avoir cette journée extra avec leurs collectionneurs, avec un temps privilégié
04:30à leur proposer des œuvres également qui étaient cachées du grand public
04:35puisque les galeries pouvaient demander des petits offices qui étaient cachés en coulisses,
04:42j'allais dire, à l'intérieur du stand, mais également en dehors du stand.
04:47Dans certains couloirs, on pouvait voir des œuvres cachées qui appartenaient à certains galeristes.
04:52Ce sont des œuvres dont personne n'a connaissance, qui représentent une confidentialité et une intimité
04:58tout en étant sur un lieu de concentration des plus grands collectionneurs.
05:02Donc c'est un avantage en plus que le Grand Palais donne à ces exposants
05:06et qui a montré, encore une fois, que ça fonctionnait auprès de la clientèle.
05:11Donc on voit qu'il y a beaucoup de différentes propositions et offres qui sont proposées
05:18pour, encore une fois, faire de ce rendez-vous, le rendez-vous des collectionneurs
05:23presque, j'allais dire, privilégiés par rapport à la semaine qui a précédé, celle de Fries, Fries Masters.
05:30Et même, on entend un petit peu sur le remplacement, alors pas du tout demain,
05:36mais peut-être après-demain, d'un Art Basel Basel qui est la foire historique depuis les années 70.
05:41Mais l'expérience que propose Paris devient de plus en plus appréciée.
05:45Oui, c'est ça, qui joue encore plus sur, déjà, l'écran parisien.
05:49Et puis cette exclusivité qui est encore toujours plus recherchée.
05:53C'est ce que vous ressentez par les collectionneurs, ce qu'on appelle les high net worth individuals.
05:58Cette exclusivité, cette intimité avec l'œuvre et le galeriste.
06:01Exactement, et cette expérience, elle se fait en foire, à ce moment-là de la semaine d'art à Paris,
06:06mais également en vente aux enchères, où on voit qu'en parallèle,
06:10des œuvres de collection très prestigieuses sont mises en vente.
06:13Et ça se fait, effectivement, avec l'expérience totale,
06:16qui sont les expositions en institutions publiques, privées,
06:21mais également, effectivement, tout l'environnement parisien,
06:24les nos hôtels, les restaurants qu'on peut proposer à ces collectionneurs,
06:27et qui sont vraiment appréciés d'eux.
06:29Mais même avec une semaine, et on va sûrement en reparler, réduite,
06:33les collectionneurs ont été présents en début de semaine,
06:35lundi, mardi, mercredi, jeudi, la plupart ont déjà commencé à repartir.
06:39Et finalement, la fermeture précipitée, c'était un désavantage pour le grand public,
06:44de manière certaine, mais pas pour les collectionneurs qui étaient venus en amont.
06:48Et ces collectionneurs-là, est-ce que vous savez qui étaient ces collectionneurs ?
06:52Est-ce que c'était du monde entier, principalement des Américains ?
06:55Est-ce qu'il y avait des Européens ?
06:56Beaucoup d'Américains, au dire des marchands et des galeries,
07:00beaucoup d'Américains, quelques Asiatiques,
07:01et beaucoup d'Européens qui sont restés venus,
07:05et qui ont enchaîné, j'allais dire, les deux semaines entre Londres et Paris.
07:10Mais les Américains ont été particulièrement très présents.
07:13Et alors, justement, en termes de grandes ventes,
07:15qu'est-ce qu'on a comme bilan ?
07:17Est-ce qu'on peut dire que c'est une édition 2026 réussie ?
07:20Sur l'ensemble du marché, des œuvres qui ont été vendues sur le marché la semaine dernière,
07:25on peut effectivement dire que c'est une réussite pour les noms blue-tips.
07:31Donc, effectivement, les noms des artistes blue-tips.
07:35Puisqu'en effet, on a entendu parler de ce magnifique monnaie
07:41qui a été vendu chez Sotheby's à 50 millions d'euros,
07:45Iris, et qui représente l'œuvre la plus chère jamais vendue en vente aux enchères française.
07:51Donc, c'est une vraie fierté.
07:52On montre que le marché se renforce encore une fois en France.
07:55Il y a eu beaucoup de collections, que ce soit chez Sotheby's,
07:59même chez Arcurial, avec des noms,
08:01et une collection sur les peintres Nabi,
08:05qui étaient vraiment exceptionnels, d'une grande qualité,
08:07qui ont été mis en avant à ce moment-là de l'année,
08:10mais en vente.
08:10Et donc, ça représentait environ 300 millions de résultats de vente aux enchères.
08:15Donc ça, ce sont des résultats publics, et c'est facile d'y accéder.
08:18Pour ce qui est des ventes durant les foires,
08:22il y a toujours une problématique de l'opacité de ces ventes qui sont de gré à gré.
08:26Toutefois, sur la base d'une déclaration volontaire de certains marchands et galeristes,
08:32on a déjà comptabilisé plus de 150 millions de dollars d'œuvres vendues.
08:36C'est environ 300 œuvres qui ont été notées comme vendues lors de la foire d'Arbazel Paris.
08:40Parce que c'est juste Arbazel.
08:42Exactement, seulement Arbazel Paris.
08:43Et on va voir que ça touche effectivement Fontana,
08:47des artistes comme Fontana, Richter,
08:50des artistes qu'on voit, Calder, bien évidemment,
08:54Modigliani, qui fait son retour l'année dernière, cette année,
08:57avec une œuvre à plus de 100 millions.
09:00Elle a été vendue alors ?
09:01Non, en tout cas, elle n'a pas été déclarée vendue à la fin de la foire.
09:04Mais effectivement, c'était l'œuvre qu'il fallait absolument en passer voir,
09:07puisque dans les mains de la même collection depuis 1920,
09:11c'était toutefois un grand rendez-vous du marché de l'art
09:14pour voir des œuvres exceptionnelles, rares,
09:16que l'on retrouve seulement dans des musées normalement
09:18et qui sont aujourd'hui accessibles dans un lieu public.
09:21Oui, et donc dans les grands prix, on va dire en foire,
09:24en dehors des enchères, ce serait ces 10 millions pour Baselis, Richter.
09:29Ce serait ça les prix, parce que la dernière,
09:31c'était quand même un 23 millions pour une œuvre de Richter.
09:33Là, on n'a pas atteint ce record.
09:35Alors, sur les œuvres, il y a eu beaucoup d'œuvres
09:37sur des montants autour des 10 millions et quelques.
09:40Effectivement, encore une fois, il y a des ventes qui se sont faites en coulisses
09:43et dans lesquelles on n'a pas les montants.
09:46Mais 150 millions avec plus de 300 œuvres,
09:49c'est un nombre assez appréciable
09:52et surtout qui montre le soutien d'un marché booktip,
09:56mais surtout d'un marché parisien qui a su être à la hauteur.
09:58Et donc, vous parliez justement de ce fait que deux jours ont été amputés à la foire.
10:04Ça, est-ce que de toute façon, les grandes ventes se seraient faites
10:08de toute façon le mardi et le mercredi ?
10:10Est-ce qu'en termes de chiffre d'affaires de la foire, c'est très amputable
10:13ou ça a quand même un vrai poids sur leur business ?
10:17Le poids, il est notable vis-à-vis du grand public,
10:22mais pas au niveau des ventes.
10:25David Zwirner, il me semble, déclarait avoir vendu
10:28environ 80% des œuvres sur son stand dans les trois premiers jours.
10:33On voit que les différents galeries et marchands
10:37ont réalisé leurs ventes les plus notables
10:40les deux, trois premiers jours de la foire.
10:42Toutefois, ça concerne seulement Art Basel Paris.
10:46Les collectionneurs qui se déplacent à ce moment-là
10:48sont des collectionneurs qui peuvent se déplacer en semaine.
10:51Toutes les foires parallèles qui sont importantes
10:54dans le paysage parisien pour la dynamique.
10:58Malheureusement, le week-end, le vendredi, samedi, dimanche
11:01sont des jours très importants pour ces foires-là.
11:03Et se voir amputés tous deux jours de leur foire,
11:07ça a des conséquences très importantes pour les marchands,
11:09pour les galeristes qui ont payé des stands
11:12et qui, malheureusement, ont voulu prendre
11:18les œuvres les plus importantes et les montrer à ce moment-là.
11:20Et ça devient quelque chose qui est, malheureusement,
11:23une mauvaise nouvelle pour eux.
11:24Et on espère que les ventes vont pouvoir continuer
11:27en off, en digital, pour qu'ils puissent toujours soutenir
11:31et montrer les œuvres qu'ils voulaient proposer à la vente.
11:34Oui, parce que c'est vrai que vous avez beaucoup parlé
11:36d'œuvres blue chip.
11:37Là, quand on veut, et surtout un haut du marché très dynamique,
11:41quand on regarde un peu plus le moyen
11:43ou le marché le plus proche du pouvoir d'achat plus restreint,
11:49ça, pour le coup, puisque vous avez un regard là-dessus,
11:52vous savez comment ça a évolué ?
11:55Alors, ça va être un sentiment qui est plutôt personnel,
11:57dans le sens où, aujourd'hui, sur certains artistes
12:00très connus des collectionneurs,
12:03que ce soit Alexander Calder, Andy Warhol,
12:07des collectionneurs, des professionnels du marché de l'art,
12:09n'ont pas forcément besoin de se déplacer pour voir les œuvres
12:14et s'assurer qu'ils ont en face d'eux un chef d'œuvre,
12:17un objet qu'ils veulent acheter.
12:18On ne va pas avoir forcément le même comportement
12:21sur le premier marché,
12:22ou sur des œuvres avec des montants relativement moins élevés,
12:28puisque les collectionneurs, c'est une vraie rencontre
12:31avec l'œuvre d'art et avec un coup de cœur
12:33et un besoin de voir l'œuvre,
12:35de se rendre compte physiquement de sa matérialité
12:38pour déclencher la volonté d'achat.
12:42Et effectivement, dans ce cas-là,
12:44ça va être dommageable
12:46puisque les personnes n'ont pas pu se déplacer.
12:48Oui, et puis c'est aussi toujours de renouveler ses publics,
12:50toucher des gens qui ne sont pas encore venus à la Yalry, par exemple.
12:54Exactement.
12:54Merci beaucoup, Cécile Colville.
12:56Je rappelle que vous êtes directrice des acquisitions
12:58au sein de Matisse,
12:58donc une société d'investissement dans l'art.
13:00Merci de nous avoir fait le bilan de cette semaine de l'art
13:02et merci à vous toutes et tous de nous avoir suivis.
13:04C'était Arrêt Marché.