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Lundi 21 septembre 2026, retrouvez Patrick Chemin (Secrétaire général, Compagnons du Devoir) et Nicolas Bergerault (cofondateur, L'Atelier des Chefs) dans SMART ÉCO, une émission présentée par Sibylle Aoudjhane.
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00:08Bonjour à toutes et à tous, je suis ravie de vous retrouver pour une nouvelle émission de Smart Eco,
00:12l'émission qui donne la parole à celles et ceux qui font l'économie.
00:15Une émission à retrouver tous les jours sur notre antenne, mais aussi sur notre site bsmart.fr
00:21et puis sur toutes vos plateformes d'écoute et au menu.
00:23Aujourd'hui, nous nous intéressons au métier manuel et à la formation professionnelle
00:28dans un premier temps dans l'actu du dirigeant, pourquoi de plus en plus de personnes choisissent-elles ces métiers
00:34de la main,
00:35notamment dans le cadre d'une reconversion et quelles perspectives offrent ces métiers aujourd'hui ?
00:41Nous en parlerons avec Nicolas Bergéraud qui est cofondateur de l'atelier des chefs.
00:46Et puis place au débat éco, alors que les besoins en compétences restent importants,
00:51le financement de la formation professionnelle évolue, comment accompagner les reconversions,
00:56répondre aux besoins des entreprises pour en débattre.
00:59Nous retrouvons Nicolas Bergéraud et Patrick Chemin, secrétaire général des Compagnons du Devoir.
01:05C'est parti, c'est Smart Eco.
01:11Dans un contexte où les métiers manuels attirent de plus en plus,
01:15la formation professionnelle devient un enjeu central pour répondre aux besoins des entreprises.
01:19Et depuis plus de 20 ans, l'atelier des chefs accompagne celles et ceux qui souhaitent se former
01:24ou se reconvertir dans ces métiers, notamment dans la restauration, mais aussi bien d'autres secteurs.
01:30Pourquoi choisissent-ils les métiers de la main et quelles perspectives offrent-ils ?
01:34Nous allons voir tout de suite avec Nicolas Bergéraud.
01:37Bonjour.
01:37Bonjour.
01:38Merci beaucoup d'être avec nous en plateau.
01:39Merci de m'accueillir.
01:40Vous êtes cofondateur de l'atelier des chefs.
01:42Vous avez été créé il y a plus de 20 ans, 2004.
01:4522 ans, juillet 2004.
01:46Voilà, à l'époque, on parlait quand même beaucoup moins des métiers de la main.
01:50Déjà, en termes de vision de ces métiers, ça a radicalement évolué, changé ?
01:56Ça a commencé à évoluer.
01:57Alors déjà, rien que la cuisine.
01:59La cuisine, en 2004, c'était une corvée ménagère.
02:01Les gens disaient que c'était aussi embêtant à faire que le repassage ou le ménage.
02:05On a eu envie, avec François et Jean-Sébastien, mes deux associés,
02:08de remettre les Français au fourneau, de leur faire redécouvrir le plaisir de la cuisine.
02:11Donc là, à ce moment-là, on n'était vraiment que pour les amateurs, que pour les gens comme vous
02:14et moi.
02:15Puis petit à petit, on a évolué vers le professionnel.
02:17D'abord en présentiel, maintenant en distanciel.
02:19Et puis pas simplement sur la cuisine, sur tous les autres métiers qu'on appelle chez nous
02:22les métiers de la main et de l'humain, qui effectivement reprennent du poil de la bête.
02:26Justement, alors quelles sont les grandes étapes d'évolution de l'entreprise entre 2004 et aujourd'hui ?
02:31Est-ce qu'il y a eu des points charnières, on va dire, de consolidation ?
02:34Il y a eu des points très charnières, quatre en fait.
02:36On lance en juillet 2004 uniquement pour les amateurs.
02:39À partir de 2009, en 2009, il y a eu la crise des subprimes.
02:41Et donc, il y a eu un moment où notre business de cours de cuisine pour les amateurs était un
02:44peu difficile.
02:45Donc, on s'est mis à faire de la formation pro, mais en présentiel.
02:47On avait un atelier de formation professionnelle de cuisine uniquement en présentiel.
02:51À partir de 2011, on a commencé à lancer nos premiers cours de cuisine live en ligne.
02:55Donc là, c'était de nouveau pour les amateurs.
02:57C'était en direct et en ligne, tous les soirs, un cours à 19h30 pour qu'on cuisine tous ensemble
03:02et qu'on prépare un plat.
03:02Et donc, à partir de ce moment-là, on s'est rendu compte qu'on était capable de faire de
03:05la formation à distance.
03:07Et en 2017, on a lancé notre préparation au CAP de cuisine 100% digital.
03:13Et puis après, on a déroulé pour avoir maintenant 37 métiers sur lesquels on peut se former en digital.
03:18Oui, c'est ça, parce que vous n'êtes plus du tout seulement sur la restauration, même si vous appelez
03:22l'atelier des chefs.
03:23Sur quels autres secteurs ?
03:24On est dans les secteurs du bâtiment, on est dans le secteur de la mécanique,
03:26on est dans le secteur, on vient de lancer un certain nombre encore de formations dans les métiers de bouche.
03:32La sommellerie, la cuisine végétale, le barista.
03:37Mais c'est vrai qu'aujourd'hui, les formations qui se développent le plus, c'est celle du bâtiment.
03:42La plomberie, l'électricité, la maçonnerie, la climatisation, évidemment, avec les quatre mois qu'on vient de passer.
03:49Donc, aujourd'hui, on a pu prouver qu'on peut se former à n'importe quel métier d'artisanat en
03:54ligne
03:55pour obtenir un diplôme.
03:56Moi, je ne fais pas de formation sans diplôme.
03:58Formation avec un diplôme, soit un CAP de l'éducation nationale, soit un titre pro du ministère du Travail.
04:03Et après, surtout trouver un job, parce que c'est des jobs qui recrutent, qui recrutent, qui recrutent.
04:07Alors, vous avez parlé de formation digitale pour des métiers de la main.
04:10Comment ça se passe concrètement ?
04:11C'est vrai que comme ça ?
04:12Alors, c'est vrai que ça interpelle un peu.
04:14Ça fait 9 ans qu'on a lancé ça et 9 ans qu'on essaye d'expliquer qu'une formation,
04:18c'est 200 heures de théorie.
04:19Une formation chez nous, c'est 200 heures de théorie, 200 heures de pratique.
04:23Je vais prendre l'exemple de la cuisine, parce que je connais bien le CAP.
04:25Je l'ai passé en 2018 pour le plaisir de tester ma plateforme.
04:30Dans les poissons, il y a deux types de poissons.
04:32Il y a les poissons ronds, les poissons plats, et puis il y a les poissons à deux filets, poissons
04:35à quatre filets.
04:35Donc, il faut plein de théories pour comprendre la différence entre les différents poissons, comment ils sont, quelle est leur
04:41architecture.
04:42Et après, simplement, on apprend à lever le filet de poisson avec des vidéos.
04:46Donc ça, c'est 200 heures de théorie pour tout apprendre sur toutes les règles et toutes les techniques de
04:50la cuisine,
04:51mais ça vaut aussi pour la plomberie, la maçonnerie, la couverture, etc.
04:54Et puis après, il y a 200 heures de pratique.
04:55Là, les gens doivent faire des exercices pratiques, soit chez eux, s'ils sont en reconversion professionnelle,
04:59soit en apprentissage chez le patron, et nous envoyer des photos ou des vidéos de ce qu'ils font pour
05:04qu'on puisse valider.
05:05La qualité des productions.
05:07À la fin, on les présente aux examens de l'éducation nationale ou aux examens du ministère du Travail,
05:12et on a 97-98% selon les métiers de réussite aux examens.
05:16Donc, ça fonctionne techniquement.
05:18Après, comme le dit Jean-Sébastien, notre chef et associé, quand on a le CAP, on commence en restauration.
05:24Il faut cinq ans pour devenir vraiment cuisinier, puis encore cinq ans pour devenir chef.
05:28C'est des métiers qui s'apprennent évidemment sur le terrain, mais au moins, on a les codes, on a
05:31les postures de base.
05:33C'est ça, parce que vous avez parlé de diplômes.
05:36C'est des formations qui sont diplômantes, mais l'objectif derrière, c'est le poste, encore plus.
05:42Est-ce qu'à chaque fois, dans ces métiers-là, vous avez déjà en vision des offres de postes, des
05:48zones, des régions, des endroits où ils peuvent aller ?
05:51On ne lance jamais une formation si on n'est pas 100% sûr qu'il y a du boulot
05:54partout.
05:55Alors, quand je dis partout, évidemment, on va me dire qu'à cet endroit-là, je ne sais pas quoi,
05:58il n'y a pas besoin de boulanger ou de charcutier.
06:00Mais objectivement, tous les métiers qu'on a lancés depuis cinq, six ans maintenant, c'est que des métiers qui
06:04sont en tension,
06:05donc des métiers qui cherchent de la main d'œuvre.
06:08Et je le disais tout à l'heure qu'on reprit du poil de la bête.
06:10Pendant le Covid, les gens avaient envie de donner du sens à leur vie,
06:14donc d'être un peu moins derrière leurs écrans et faire un métier qui avait un peu plus de production.
06:20Et puis là, il y a un nouveau truc qui se passe, c'est depuis la fin de 2023,
06:22c'est l'avènement de l'intelligence artificielle, avec plein de gens qui disent
06:25« Je suis derrière mon ordi, mais probablement que l'IA, dans les deux, trois, cinq ans à venir, va
06:30prendre mon job. »
06:31Ou bien même des jeunes étudiants qui sont dans les grandes écoles aujourd'hui
06:34qui disent « Waouh, il va falloir que je revoie un peu mon plan de carrière. »
06:37Et donc ces gens-là se disent « Il faut que j'apprenne à faire un métier manuel, parce que
06:40c'est un métier d'avenir. »
06:41Et je dois dire qu'un métier d'avenir manuel, on ne l'avait pas entendu depuis longtemps.
06:45Donc c'est vraiment un changement de paradigme sur l'éducation et la formation qui est hyper important.
06:50Et l'idée, c'est qu'à la fois les jeunes, leurs parents, que les parents arrêtent de dire
06:53« Je veux absolument que passe ton bac d'abord. »
06:56Et que les proviseurs, en fin de troisième, arrêtent de dire
06:58« Les bons, vous allez passer le bac, et puis les mauvais, vous allez faire un CAP. »
07:01Non, ce n'est plus ça du tout.
07:02Maintenant, les métiers d'avenir, c'est les métiers de la main.
07:04Et ce Covid, justement, il a quand même vachement modifié la trajectoire de ces métiers
07:09dont on parle maintenant comme des métiers en tension.
07:12Oui, les métiers essentiels, vous vous souvenez du président qui parlait des métiers essentiels ?
07:15Justement, ça, ça a eu beaucoup d'impact pour vous ?
07:18Il y a eu cette première vague, effectivement, de ces métiers essentiels,
07:22de se dire « Voilà un métier essentiel et qui a du sens. »
07:27C'était les deux mots qui étaient importants.
07:29Et puis là, maintenant, on sent cette menace de l'IA qui fait qu'il y a des vagues entières
07:33de gens
07:33qui se disent « Je veux faire ce métier-là parce que je sais que j'aurai toujours un boulot.
07:37»
07:38Donc, grâce à ça, on fait redécouvrir l'attrait de ces métiers de la main
07:42qui n'auraient jamais dû disparaître, objectivement.
07:44Mais du côté des professionnels et des employeurs, du coup, est-ce que ça a valorisé aussi, même financièrement ?
07:49Est-ce que ça a permis d'apporter une meilleure rémunération à ces métiers-là, par exemple ?
07:55Pas partout, évidemment. Il y avait plein de gens l'autre jour dans un débat qui disaient
07:59qu'on gagnait toujours mal sa vie en étant artisan.
08:01C'est vrai sur certains métiers, c'est peut-être vrai dans certaines régions.
08:05Maintenant, à Paris, faites venir un plombier chez vous, vous verrez que ça coûte un bras.
08:09Donc, j'imagine que quelqu'un, en tout cas, gagne bien sa vie.
08:12Donc, il y a un moment où, en effet, le rapport de force, je n'aime pas tellement ce mot
08:16-là,
08:16mais va changer entre salarié et patron.
08:18Il y a une telle carence aujourd'hui de professionnels de ces métiers-là
08:22que je pense que c'est le moment de se mettre sur le marché
08:25parce qu'il va y avoir du boulot et du boulot bien rémunéré.
08:27Il nous reste quelques secondes, mais comme vous avez franchi vos 20 ans,
08:30là, justement, les ambitions pour l'avenir, ça passerait pour quoi ?
08:33Continuer à développer plus de formations pour plus de types de personnes.
08:37Avant, on ne faisait que de la formation en reconversion.
08:38Maintenant, on fait de la formation en apprentissage.
08:41Moi, ma vision, c'est que je veux vraiment que, dans un avenir proche,
08:46les jeunes, les parents, les proviseurs, tout le monde se dit
08:48qu'un métier de la main, ce n'est pas la voie de garage,
08:52c'est au contraire une voie d'avenir.
08:53Et ma grande...
08:54Ce que j'essaye de faire passer aujourd'hui, c'est que l'intelligence de la main,
08:57elle, elle n'est pas artificielle.
08:59Et que, vraiment, tous ceux qui vont choisir cette filière-là,
09:02ils ont encore du boulot pour un paquet de temps.
09:04Nicolas Bergéraud, vous restez avec nous.
09:06On va tout de suite passer au débat éco pour comprendre vraiment
09:08les défis de ces métiers de la main
09:10et aussi de ces voies de professionnalisation
09:12qui sont souvent liées à ces métiers-là.
09:14C'est parti.
09:19Les métiers manuels semblent retrouver de l'attractivité,
09:22mais derrière ces engouements, les enjeux se posent.
09:25Celui du financement, celui de l'adaptation, de la formation.
09:28Comment financer, par exemple, les reconversions
09:30et surtout, comment préparer les compétences de demain
09:32alors que les métiers eux-mêmes se transforment.
09:35C'est le débat que nous allons ouvrir avec Nicolas Bergéraud,
09:37vous êtes toujours avec nous, cofondateur de l'atelier des chefs.
09:40Et Patrick Chemin, vous nous retrouvez.
09:42Vous êtes secrétaire général des Compagnons du Devoir.
09:44Merci beaucoup d'être avec nous.
09:45Merci à vous de m'accueillir.
09:47Alors, je me tourne vers vous en premier,
09:48parce que c'est vrai que les Compagnons du Devoir,
09:50ce sont des termes qui sont assez connus du grand public,
09:53mais je ne suis pas sûre que tout le monde sache vraiment ce que vous faites.
09:55Concrètement, qu'est-ce qu'on trouve derrière les Compagnons du Devoir ?
09:58On trouve finalement une structure assez importante
10:01qui permet de former quelques milliers de jeunes dans plus de 35 métiers,
10:07dans quatre grandes filières, avec principalement une activité autour du bâtiment
10:09et de la construction, évidemment, parce qu'on est connus plutôt pour ça,
10:13mais ce n'est pas ce que nous pratiquons.
10:15Que ce que vous faites.
10:16Que ce que nous pratiquons, finalement.
10:18Donc finalement, on est sur ces plus de 35 métiers.
10:21Évidemment, le modèle Compagnons du Devoir, c'est un modèle qui permet...
10:25Tout à l'heure, j'ai écouté Nicolas qui disait,
10:26un métier, c'est d'abord des bases,
10:29et puis après, c'est quelques années d'apprentissage supplémentaire
10:32pour devenir chef d'équipe, chef d'atelier, chef de chantier,
10:35prendre des responsabilités, entreprendre.
10:37C'est ce que nous proposons, finalement,
10:38puisque l'objectif, c'est de former des jeunes filles et des jeunes garçons
10:41pendant à peu près 4 à 5 ans,
10:43de manière à ce que tout le monde trouve à la fois sa voie,
10:46et puis soit aussi autonome dans l'entrepreneuriat.
10:48Et beaucoup dans l'héritage, à chaque fois, dans la transmission.
10:50Transmission, en fait, c'est vraiment un acte de transmission.
10:53Et pour cet acte de transmission, on a plusieurs leviers.
10:55On a d'abord, effectivement, l'apprentissage d'un métier en entreprise,
10:58puisque nous, on est très focalisé métier de la main
11:01au sens pratique dans l'entreprise.
11:04Ensuite, on a un mode d'accueil qui permet aux jeunes
11:06de loger dans des maisons de compagnons.
11:08Donc là, on a une vie en communauté.
11:10Donc c'est un apprentissage de soi et des autres, finalement,
11:13puisque ça, c'est aussi lié à nos comportements journaliers.
11:16C'est-à-dire, quand on est dans une entreprise et qu'on entreprend,
11:19on doit être capable d'assumer nos responsabilités,
11:22d'être à minima autonome, prendre les bonnes décisions.
11:24Voilà, donc c'est un petit peu cet apprentissage de la vie.
11:27Et puis, évidemment, on vient de le dire, la transmission tout au long de la vie,
11:30c'est-à-dire du plus jeune au plus âgé, inversement,
11:33puisqu'on a un certain nombre de compagnons bénévoles dans la structure
11:36qui retransmettent aux plus jeunes.
11:38Mais l'objectif, c'est que cette organisation intergénérationnelle
11:43puisse permettre au plus grand nombre de trouver sa place.
11:46Et vous sentez que ces métiers-là attirent de plus en plus,
11:49c'est en croissance, vos effectifs ?
11:51Alors, il y a une particularité, c'est que finalement,
11:54tout dépend des métiers et forcément des filières.
11:58On a des métiers qui sont aujourd'hui plutôt en tension,
12:02depuis un petit moment.
12:03Nicolas en parlait tout à l'heure.
12:04On va retrouver des métiers comme les métiers de la couverture,
12:07les métiers de la maçonnerie, etc.,
12:08qui sont toujours en forte tension depuis plusieurs années.
12:11Ça, c'est lié à quoi ? C'est à la pénibilité ?
12:13On a toujours beaucoup de mal à le dire, en fait.
12:15C'est-à-dire que finalement, il y a une espèce d'image...
12:16Je vous donne un exemple.
12:17La rentrée qu'on vient de faire, en 2026,
12:20c'est la première fois depuis très longtemps
12:22qu'on fait quasiment remplissage total
12:24de toutes nos sections d'apprenti-couvreur.
12:27Je suis incapable de vous dire pourquoi.
12:29Est-ce que c'est parce qu'il y a l'idée de l'IA,
12:34de l'intelligence artificielle,
12:35qui vient finalement rebattre des cartes ?
12:37On en a parlé tout à l'heure.
12:38Vous en avez parlé tout à l'heure, mais sur le sens de
12:43je me lance dans une formation d'un certain niveau,
12:46mais est-ce que je vais y trouver ma voie longtemps ?
12:48Est-ce qu'il ne faut pas revenir vers quelque chose
12:49d'un petit peu plus pratique,
12:51peut-être un peu plus valeureux, etc. ?
12:53Est-ce qu'il y a ça derrière ?
12:54Je ne sais pas l'expliquer.
12:56Et puis, au contraire, on a des métiers
12:58qui sont encore en tension et qui restent en tension,
13:01où on a peu de flux, peu d'effectifs.
13:03Même si on communique, on fait beaucoup de promotions
13:05pour essayer de faire en sorte de valoriser les métiers
13:07que nous pratiquons, mais ce n'est pas toujours facile.
13:09Et puis, il y a toujours cette idée,
13:10même si aujourd'hui, je pense que les choses
13:12vont un petit peu décoller dans ce sens,
13:14cette idée de « mais mon fils ne sera pas maçon,
13:17finalement, parce qu'il vaut mieux se lancer
13:19à faire des études et puis aller vers
13:21des filières du supérieur ».
13:23Ce n'est pas forcément dit qu'en allant vers
13:25des filières du supérieur, on trouve sa voie.
13:27Quels sont les... Est-ce que les profils ont évolué ?
13:30En plus, parce que vous ne devez pas forcément
13:31avoir les mêmes profils dans ceux qui profitent
13:34de vos formations. Chacun, l'un et l'autre,
13:36ce seraient quoi les profils qui...
13:38Nous, historiquement, on a plutôt des profils
13:40post-collège, au départ, qui rentrent
13:41en apprentissage classique.
13:42C'est vrai que c'est des très jeunes.
13:43Voilà, c'est-à-dire 15-16 ans.
13:45Vous parliez tout à l'heure de formation CAP.
13:46Donc, pour un accès CAP en formation 2 ans,
13:49on a plutôt des jeunes qui sont en parcours
13:51de fin d'année scolaire collège, en fait,
13:543e collège.
13:56On voit que ce public-là est un petit peu moins présent,
13:59nous, dans nos milieux de recrutement,
14:01et fait place à un public post-bac.
14:03Donc, qui revient vers des métiers
14:06avec plusieurs années de formation,
14:09y compris de formation supérieure.
14:11On a beaucoup plus de public post-bac,
14:13avec des gens qui ont fait des études
14:15à la fac, à l'université,
14:17et qui, à un moment donné, se disent
14:18« Bon, écoute, non, je ne serai pas médecin,
14:20je serai maçon. »
14:21Et vous aussi, vous avez beaucoup plus de reconversion,
14:24on va dire ?
14:25Nous, on a essentiellement de la reconversion.
14:27Alors, la reconversion, au tout début,
14:29c'était des cinquantenaires, puis des quarantenaires,
14:30puis des trentenaires, et puis maintenant,
14:31c'est effectivement des jeunes dont parle Patrick.
14:34On leur a tellement dit « Passe ton bac d'abord »
14:35qu'ils sont allés passer leur bac d'abord.
14:37Ils se retrouvent en fac de socio, en fac de psycho,
14:39en fac de je ne sais pas quoi,
14:40où ils se rendent compte, un, qu'ils s'embêtent
14:42à 100 sous de l'heure, deux, qu'ils n'ont aucun avenir.
14:43Et qu'ils n'aiment pas forcément.
14:44Et trois qui disent « Ouais, que vraiment,
14:46ce n'est pas leur vocation. »
14:47Et donc, tout d'un coup, ils disent à papa et maman
14:48« En fait, ok, j'ai eu mon bac,
14:50donc voilà, j'ai cette forme de sécurité,
14:52maintenant j'ai envie de faire ce que j'aime. »
14:54Et là, pour le coup, c'est vrai qu'il y a deux options.
14:56Il y a cette option immersive chez les compagnons,
15:00et encore une fois, vous m'entendrez souvent dire
15:01tout le bien, je pense, de cette organisation
15:03qui est fabuleuse pour justement toute cette transmission.
15:06Et puis, il y a ceux pour qui c'est un peu moins facile,
15:08un peu moins pratique de quitter leur région,
15:10de s'installer, je ne sais pas où.
15:11Et donc, nous, on a cette offre extrêmement facile d'accès,
15:15où que ce soit en France,
15:16je veux faire n'importe quel métier,
15:18je peux le faire du fin fond de ma pampa,
15:20trouver un employeur qui va me proposer
15:22un contrat d'apprentissage,
15:24et aller au bout de ma formation.
15:25Mais ce qui fait qu'on a des gens
15:26qui sont quand même plus motivés qu'avant,
15:28parce que ce ne sont pas des gens
15:28qui font ça par dépit, mais par choix.
15:31Donc, voilà, à toute chose, malheur est bon.
15:33Petit à petit, l'évolution va vers des gens plus motivés.
15:36Et vous aussi, vous avez des effectifs
15:37qui sont en progression ?
15:39Oui, en progression sur tous les métiers,
15:41en reconversion et en apprentissage.
15:43Donc, objectivement, ça fonctionne.
15:45Et c'est vrai que, là, le métier de couvreur,
15:48il est en vogue,
15:49parce que d'abord, je crois qu'il est devenu
15:50super bien payé,
15:51parce qu'il y avait une telle pénurie
15:52que maintenant, on est très bien payé
15:53quand on est couvreur.
15:54Voir que c'est un métier
15:55qui n'est pas forcément ultra facile.
15:56On est en hauteur, on est dans le franc,
15:57mais grâce à ça, il est bien payé.
16:00Et à côté de ça, il y a l'envie d'aller vers ces métiers
16:05qui rend heureux.
16:10Mais c'est vrai qu'il y a cette notion maintenant
16:12de pouvoir d'achat,
16:13qu'un métier peut-être derrière un bureau
16:16ne va pas forcément être bien mieux payé
16:18qu'un métier manuel.
16:20Rien ne vous garantit, après avoir fait 5 ans d'études
16:22et avoir acquis un Master 2,
16:24que vous soyez mieux payé qu'un couvreur
16:26au bout de 4 ans ou 5 ans de métier.
16:27On est bien d'accord.
16:28Donc, on va parler justement de cet enjeu de financement,
16:30parce que ça va être quand même important.
16:32La demande progresse, ça on l'a vu.
16:35Pour le coup, les financements derrière,
16:37pour aider ces reconversions,
16:39là ça peut être un peu plus sous pression.
16:40J'ai l'impression que c'est un peu même ce paradoxe
16:42que de plus en plus de personnes
16:45veulent se reconvertir, changer de métier,
16:47s'attirer par les métiers de la main.
16:49Mais derrière, il y a quand même des financements publics
16:51qui se resserrent, etc.
16:53Est-ce que, Nicolas, le financement,
16:55c'est un premier frein pour ces reconversions
16:58de ces jeunes, on va dire,
17:00qui veulent changer le métier ?
17:01Comment ça se passerait pour eux
17:03en termes de coûts personnels ?
17:06Soit temps, soit pénible.
17:08Il y a trois choses.
17:10L'apprenti, il est rémunéré en fonction de son âge.
17:14Comme moi, mes apprentis sont un peu plus vieux,
17:16ils coûtent un peu plus cher à l'entreprise,
17:17et j'ai pas mal d'entreprises qui disent
17:19« Désolé, j'ai pas les moyens de me payer ton apprenti ».
17:21Ça, c'est la première chose.
17:23Avant, les entreprises recevaient des aides
17:25qui étaient un peu plus importantes.
17:26Ces aides ont été diminuées.
17:27Et puis nous, de notre côté,
17:29en tant qu'organisme de formation,
17:30on avait un niveau de prise en charge
17:32qui était à un certain niveau,
17:33et puis qui a été baissé,
17:34et puis là, qui vient d'être réajusté par branche.
17:36Ce qui est compliqué, c'est pas tant le montant,
17:39c'est l'instabilité du financement.
17:41Si on pouvait avoir, allez,
17:43trois, quatre ans devant nous,
17:44où on saurait pertinemment
17:45que pour une boîte, avoir un apprenti,
17:47ça coûte tant,
17:47que l'apprenti y touchera tant,
17:49et que nous, en tant qu'organisme de formation,
17:50on touchera tant,
17:51ça permet de faire des plans à long terme.
17:52Quand au milieu de l'année,
17:53on vous annonce que vous allez perdre
17:5420% de chiffre d'affaires,
17:56c'est une claque !
17:57Donc, cette visibilité,
17:58je ne sais pas si c'est la même chose pour toi,
17:59mais c'est vraiment ça qu'il faut qu'on obtienne.
18:00On a besoin d'avoir une visibilité à plus long terme,
18:03sur la notion des financements, évidemment.
18:05Ce dont vous faites référence,
18:06c'est le CPF aussi,
18:07parce que là, c'est...
18:08Non, alors ça, le CPF,
18:09c'est encore autre chose.
18:10Parce que là aussi, ça a changé.
18:11Bien sûr.
18:12Ça, ça change à peu près tous les mois.
18:14Vos formations sont aussi...
18:15Nous avons aussi beaucoup de gens
18:16qui se forment avec leur compte CPF.
18:19C'est très bien que ça soit de plus en plus
18:22contrôlé, vérifié,
18:23parce qu'il y a eu tellement d'arnaques,
18:24on le sait tous,
18:25que maintenant, c'est très bien
18:26que ça ne soit plus contrôlé.
18:28Maintenant, arrêtons de tout bouger.
18:29Il y avait un système qui fonctionnait pas mal.
18:31On a viré les fraudes,
18:33on a viré les arnaques et tout.
18:34Maintenant, faisons confiance aussi
18:36aux organismes de formation,
18:37à ceux qui se forment.
18:38Ça fonctionne.
18:39Nous, on a diplômé plus de 10 000 personnes
18:41aujourd'hui qui toutes travaillent
18:42dans des entreprises en tension.
18:43Ça donne envie, quoi.
18:44J'ai envie de continuer.
18:45Parce que, Patrick,
18:46au-delà de ces accompagnements,
18:48est-ce que le modèle économique
18:50de la formation professionnelle
18:52est, elle, sous pression,
18:54d'autant plus quand on parle
18:55des budgets à venir 2027 ?
18:57Il y a des tensions ?
18:59Il y a des enjeux à ce niveau-là ?
19:00Forcément, une petite pression
19:02qui s'opère,
19:03surtout dans une période
19:04où le pays a lui-même
19:06des grosses difficultés économiques globales.
19:08Moi, je pense qu'il y a deux tensions, en fait.
19:10La première, c'est effectivement
19:12de pouvoir définitivement sécuriser
19:14ce que coûte la formation.
19:16Mais je pense qu'il faut aussi
19:17être très clair sur les stratégies
19:19qui doivent être opérées.
19:20Je pense qu'il y a des choix à faire
19:22sur qui former,
19:23à quel niveau,
19:24par quel biais
19:24et avec quel type de financement.
19:26Quand je dis ça,
19:27je ne dis pas qu'il faut remettre en cause
19:28ce qui a été mis en place
19:29depuis le 5 septembre 2018.
19:30Ce n'est pas ça du tout.
19:31Il y a un système qui fonctionne,
19:33qui a été valorisé,
19:34qui a permis de redémarrer, finalement,
19:37et de redonner des cartes de noblesse
19:38à l'apprentissage,
19:39puisqu'on est passé de 260 000 apprentis
19:41à presque un million.
19:43Même si, derrière l'objectif,
19:45il ne faut pas se le cacher,
19:46tout le monde ne s'y est pas retrouvé
19:48et il y a eu des effets d'aubaine.
19:49Et ce que disait Nicolas est important,
19:50c'est-à-dire qu'il faut lutter
19:51contre les fraudes.
19:52Ça, c'est évident.
19:53Mais je pense qu'il faut sécuriser les parcours.
19:55Et pour sécuriser les parcours,
19:56il faut faire des choix stratégiques.
19:57Et les choix stratégiques,
19:58c'est je forme pourquoi,
19:59qui, à quel niveau,
20:00dans quelle branche, etc.
20:01Peut-être que l'État doit aussi
20:03mettre sa patte
20:04à ce développement stratégique.
20:05Quand on parle aujourd'hui
20:06de l'industrie du nucléaire,
20:08malheureusement,
20:08de l'industrie de l'armement,
20:10il y a des choix à faire
20:10pour essayer de régler
20:12ces problématiques de formation
20:13et de choix de formation.
20:14Donc ça, c'est la première chose.
20:15On a besoin de cette visibilité.
20:16Ça, c'est évident.
20:17Ce que disait Nicolas est important.
20:18On ne peut pas se satisfaire
20:20d'avoir quelque chose
20:21qui fonctionne de temps en temps,
20:22mois par mois,
20:23ou quelques temps.
20:24Et puis, on vous remet en cause
20:25le système
20:27par, j'allais dire,
20:28un petit tableur Excel
20:30où on vous coupe, effectivement,
20:3110% ou 15% de vos revenus.
20:33On a besoin de vos montants
20:34le 30 août
20:35pour le 1er septembre.
20:36Voilà, exactement.
20:36Par exemple,
20:37on a besoin de visibilité.
20:38Donc ça, ça en fait partie.
20:39Évidemment, même si les branches
20:40ont fait leur boulot
20:42dans le cadre de la loi cette année.
20:43Il n'y a pas mauvaise volonté,
20:44mais c'est juste difficile à vivre.
20:45C'est ça, exactement.
20:46Donc il faut que nous,
20:46on ait cette visibilité,
20:47c'est évident.
20:48Est-ce que vous,
20:48les entreprises des compagnons du devoir,
20:50elles ont peut-être
20:51un peu plus cette tradition
20:53de devoir toujours prendre un apprenti ?
20:55Est-ce que du coup,
20:56c'est peut-être moins érodé
20:57quand il y a moins d'aide
20:58parce que de toute façon,
20:59il y a ce cycle ?
21:02C'est ce que je voulais dire
21:02dans la deuxième partie
21:03du modèle économique en soi
21:05et de ce qu'on vit actuellement.
21:07C'est le problème économique
21:07des entreprises partenaires.
21:09Parce qu'une entreprise partenaire,
21:10qu'elle travaille ou pas
21:11avec un CFA des compagnons du devoir,
21:13si elle a moins de travail,
21:15si son carnet de commande
21:16diminue de jour en jour,
21:18en général,
21:19la première variable d'ajustement,
21:20c'est souvent l'apprenti.
21:22Alors c'est souvent aussi
21:23des gens qui sont en intérim,
21:25mais c'est aussi l'apprenti.
21:26Et donc on a en ce moment
21:27des problématiques de placement
21:28dans certains métiers.
21:29Et donc on laisse aussi
21:30des jeunes sur le carreau.
21:31C'est-à-dire qu'on a des jeunes
21:32qui se réorientent,
21:33qui viennent vers nous.
21:34On a un flux des fois important
21:35et on a du mal à les accompagner
21:37jusqu'au bout de l'emploi en fait.
21:39Nicolas,
21:40est-ce qu'il y aurait
21:41une complémentarité à avoir
21:42entre les acteurs privés et publics ?
21:45Parce que parfois,
21:46les acteurs publics,
21:47j'ai l'impression
21:47qu'ils ont aussi des difficultés
21:50à se retrouver.
21:51Est-ce que pour vous,
21:53acteurs privés,
21:53vous trouvez qu'il y a
21:54une complémentarité à faire
21:55sur ces formations ?
21:56Oui, évidemment.
21:57Ne raisonnons pas
21:58les uns contre les autres.
22:01Soutenons l'apprentissage.
22:02Et Patrick l'a très bien dit,
22:03toute la loi Pénicaud de 2018,
22:05elle a redonné
22:06ses lettres de noblesse
22:07à l'apprentissage
22:08et à l'alternance.
22:09Après, il y a eu des abus
22:09et on s'est rendu compte
22:10qu'en effet,
22:12tous les alternants,
22:13tous les apprentis
22:14n'avaient pas forcément
22:15besoin du même soutien.
22:16Mais en tout cas,
22:17ne nous battons pas
22:18les uns contre les autres.
22:19Défendons l'alternance,
22:20défendons l'apprentissage,
22:20faisons en sorte que,
22:22selon les besoins
22:23des uns et des autres,
22:24en termes de région,
22:25en termes de métier,
22:26en termes de profil d'apprenti,
22:29un jeune, un moins jeune,
22:31quelqu'un avec un handicap,
22:32sans handicap,
22:33ce n'est pas la même chose.
22:34Donc, selon les profils,
22:35je pense qu'on a tous
22:37une offre à proposer
22:38et que cette offre,
22:39vous avez évoqué le mot,
22:40complémentarité.
22:41On n'est pas les uns
22:42contre les autres,
22:42on est les uns
22:43en plus des autres
22:43pour aider plus d'apprentis
22:45à rejoindre plus d'entreprises
22:46qui recrutent.
22:47Parce que, Patrick le disait,
22:48en ce moment,
22:49économiquement,
22:50c'est un peu chaud.
22:51Et néanmoins,
22:52toutes les entreprises
22:53disent j'ai besoin de recruter.
22:54Et puis, il y a une demande
22:55des deux côtés.
22:55Et il y a une demande
22:56des deux côtés.
22:56Donc, il faut juste
22:56faire matcher les deux.
22:57Ce n'est pas forcément évident.
22:58Il n'y a pas beaucoup
22:59de mobilité aussi en France.
23:00C'est un autre sujet.
23:00Les gens ne veulent pas trop bouger.
23:02Bon, on ne va pas tout résoudre
23:03d'un coup.
23:04Mais en tout cas,
23:05arrêtons de...
23:06Patrick l'a redit,
23:07stabilité.
23:08Ayons un cadre
23:08sur lequel on se dit
23:09qu'on peut travailler
23:10pendant 3-4 ans
23:11avec des investissements,
23:12avec de la communication,
23:14avec de la production
23:14de formation.
23:15Et à partir de là,
23:16j'ai sûr que ça va aller mieux.
23:17Mais laissez-nous bosser
23:18public-privé,
23:19peu importe.
23:19Ce n'est pas le sujet.
23:20Et donc, parmi les sujets
23:21un petit peu de développement
23:22d'avenir,
23:23est-ce qu'il n'y aurait pas aussi
23:24un sujet de lisibilité ?
23:25Parce que quand vous parlez
23:26de tous ces profils,
23:27etc.,
23:28est-ce que,
23:28voilà,
23:29quand je sors post-bac,
23:31est-ce que j'ai...
23:32c'est facile d'avoir accès
23:33à tout ce qu'on peut
23:35m'offrir en tant que formation ?
23:37Parce qu'entre professionnalisation,
23:40voilà,
23:40il y a quand même
23:40énormément d'actes apprentis,
23:42différents rythmes,
23:42etc.
23:44Voilà,
23:44je ne sais pas,
23:44est-ce que c'est un axe
23:45de développement ?
23:46Dans une vie
23:47complètement très positive,
23:49voilà,
23:50on pourrait se dire
23:51que finalement,
23:51il y a des choix
23:54qui sont différents
23:55et le jeune
23:56peut se positionner
23:57du coup différemment.
23:58Quand on parlait
23:58de public et de privé,
24:00de se former
24:00dans un lycée professionnel,
24:01ce n'est pas se former
24:02dans un centre
24:02de formation d'apprenti.
24:03Donc,
24:04qui est ce choix,
24:05je pense que
24:05ce n'est pas complètement idiot.
24:07Par contre,
24:08là où il faudrait
24:08qu'on ait quelque chose
24:09de cohérent
24:10dans ce monde positif
24:11dont je parle,
24:12c'est qu'on arrête
24:13de se faire la guerre,
24:14des fois.
24:14Quand je dis ça,
24:15ce n'est pas une critique en soi,
24:16mais on voit bien
24:17qu'il y a eu
24:17une réforme des lycées professionnels
24:19qui s'est mise en place.
24:20Nous,
24:20on a cru beaucoup
24:21dans cette réforme
24:23de manière à pouvoir
24:23se rapprocher
24:24du monde du public
24:26et on voit bien
24:26que,
24:27je me demande
24:28si ça n'a pas créé
24:28l'inverse en fait,
24:29c'est-à-dire
24:29que de pouvoir
24:30se rapprocher
24:31pour peut-être
24:32faire des passerelles,
24:33imaginer de travailler
24:34sur l'employabilité
24:35des jeunes.
24:35Quand on fait un constat
24:36de l'employabilité
24:38des jeunes
24:38qui sortent de bac pro
24:39en lycée professionnel,
24:40c'est 4 jeunes sur 10
24:41qui trouvent de l'emploi.
24:43Pourquoi on ne serait pas
24:44en capacité
24:44les uns et les autres
24:45de travailler ensemble
24:46pour justement permettre
24:47à certains de ces jeunes
24:48de trouver le moyen
24:49de se former
24:50sur leur manque technique
24:51de manière à ce qu'on
24:52les réemploie ?
24:53Parce que nous,
24:54c'est notre métier
24:54de faire ça
24:55et on sait le faire.
24:56J'imagine aussi
24:57le fait d'être totalement
24:59en adéquation
25:00avec les métiers
25:00dont les entreprises
25:02ont besoin.
25:03C'est-à-dire,
25:03c'est complètement ça.
25:04C'est-à-dire que
25:05le centre de formation
25:06d'apprentis,
25:06lui, doit être
25:07complètement à la page
25:09de l'évolution des métiers.
25:11Nous, d'ailleurs,
25:11on a un système
25:12chez nous qui est simple.
25:13Les formateurs
25:14de nos CFA
25:15sont de jeunes compagnons
25:16qui viennent de finir
25:17leur cursus de formation
25:18sur 4-5 ans.
25:19Ils sont donc
25:20de jeunes professionnels.
25:20Ils ont une moyenne
25:21de 24-25 ans.
25:22Ils vont rentrer
25:23dans le cadre
25:23d'être formateurs
25:24pendant 3-4 ans
25:25dans nos CFA
25:26et ça permet d'avoir
25:28une grande sœur
25:29ou un grand frère
25:29qui transmet un métier
25:31qu'il vient d'apprendre,
25:32donc qu'il connaît
25:33parce qu'il était
25:33dans l'entreprise
25:34et puis il va y retourner
25:36parce que l'objectif,
25:37c'est qu'on soit toujours
25:38à la pointe
25:39de l'évolution des métiers
25:40dans l'entreprise.
25:41Et vous utilisez du coup,
25:42on a beaucoup parlé de l'IA,
25:43mais justement,
25:44l'IA dans la formation,
25:46ça c'est quelque chose
25:46que vous utilisez ?
25:47Oui, bien sûr.
25:49Aujourd'hui,
25:50on ne peut pas
25:50ne pas s'appuyer sur l'IA
25:51pour faire des contenus
25:52de formation
25:53toujours plus qualitatifs.
25:54J'avais un débat ce matin
25:55avec une de mes équipes
25:56qui dit « Ah, on pourrait
25:57remplacer ça par un chatbot ? »
25:58J'ai dit « Mais jamais ! »
26:00Jamais !
26:00On est une entreprise humaine
26:01avec des experts métiers,
26:03avec des échanges
26:03avec nos apprenants.
26:04Si on met un chatbot,
26:05là pour le coup,
26:06on perd un peu notre âme.
26:07Mais juste pour revenir
26:08sur les trois périodes
26:10de formation,
26:11il faut que les jeunes
26:12jusqu'au collège,
26:13déjà, on leur ouvre l'esprit
26:14vers la possibilité
26:15d'aller vers les métiers
26:16de la main.
26:17Ensuite, à la fin du collège,
26:19qu'ils aillent en lycée pro,
26:20en CFA,
26:21en je ne sais pas quoi,
26:22après, à nous de mettre
26:23en avant nos offres
26:24et puis il y en a
26:24qui seront plus éluisantes
26:25pour les uns et pour les autres.
26:26Et puis, pour ceux
26:27qui ont le bac,
26:27moi, ça me fait vachement plaisir
26:28parce qu'il commence
26:28à y avoir des apps
26:30ou des conseillers
26:31d'orientation post-bac
26:32qui recommencent
26:33à proposer nos métiers
26:34et justement à ces gens
26:35qui se sont un peu
26:36trompés de voix.
26:36Et donc,
26:38ce n'est plus un aveu
26:39de faiblesse
26:40de revenir vers nos métiers.
26:41Au contraire,
26:42c'est un aveu
26:43de personnalité
26:44et de choisir sa vie.
26:46Donc, j'ai envie
26:47d'être extrêmement optimiste,
26:48mais pour ça,
26:49de la stabilité,
26:49de la stabilité,
26:50de la stabilité.
26:51C'est quoi les prochains défis ?
26:52Là, il nous reste
26:53une minute trente
26:54pour chacun.
26:55En plus, dans cette année électorale,
26:57ce serait quoi
26:58le défi de la formation ?
26:59Le défi, déjà,
26:59c'est d'être entendu
27:00par l'ensemble des candidats
27:01et des candidats
27:02pour éviter de mettre à mal
27:03le système
27:05de la voie pro,
27:06de la voie professionnelle
27:06parce qu'en fonction
27:07des choix qui pourraient être faits,
27:09je le disais tout à l'heure,
27:10on a besoin de stabilité,
27:11tu viens de le redire.
27:12Ça, c'est évident.
27:13Donc, moi,
27:13je leur passe un message,
27:14c'est de faire attention
27:15aux choix qui peuvent être faits.
27:16Évidemment,
27:16donner une stabilité financière
27:17parce qu'on en a besoin,
27:18ça, c'est évident,
27:19mais surtout,
27:19d'orienter convenablement
27:21les gens
27:22en fonction des besoins,
27:23en fait.
27:23Il faut qu'on ait
27:23une vraie politique d'orientation
27:25et je pense que ça manque
27:26aujourd'hui.
27:27Il manque d'une vraie volonté
27:30d'affirmer des choses.
27:31Alors, on commence à voir
27:32ça et là,
27:32effectivement,
27:32des côtés positifs
27:33sur ce que tu dis,
27:34c'est-à-dire revaloriser
27:35les métiers de la main,
27:37revaloriser les métiers
27:37du bâtiment, par exemple.
27:39C'est bien qu'on ait ce discours,
27:40mais ce n'est pas gagné.
27:41Parlons tous ensemble
27:42le même discours,
27:43tous ceux qui font
27:43de la formation pro,
27:44quelles que soient les modalités,
27:45quels que soient les profils,
27:47parlons tous ensemble
27:48le même discours
27:48de revalorisation
27:49de ces métiers
27:50et puis après,
27:52selon les profils,
27:53on verra
27:53si tel et tel dispositif
27:55convient mieux
27:56à M. X ou à Mme Y.
27:58Merci beaucoup
27:59à tous les taux
27:59de Nicolas Bergerot.
28:01Je rappelle que vous êtes
28:01cofondateur de l'atelier
28:02des chefs Patrick Chemin,
28:04secrétaire général
28:04et compagnon du devoir.
28:06Merci pour cet échange
28:07et merci à vous tous
28:08et tous de nous avoir suivis.
28:09C'était Smartéco.
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