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  • il y a 10 minutes
Mercredi 30 septembre 2026, retrouvez Cristian Montoya (Directeur général, Ekwateur) et Matthieu Velé (cofondateur, Qui fait pousser) dans SMART ÉCO, une émission présentée par Sibylle Aoudjhane.

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Transcription
00:08Bonjour à toutes et à tous, je suis ravie de vous retrouver pour une nouvelle émission de SmartEco,
00:12l'émission qui donne la parole à celles et ceux qui font l'économie, à retrouver tous les jours à
00:17l'antenne,
00:17mais aussi sur notre site bismart.fr et sur vos plateformes d'écoute.
00:22Et aujourd'hui, mercredi, nous donnons la parole aux dirigeants.
00:25Tout d'abord, Christian Montoya, qui est directeur général d'Équateur.
00:29La France a déjà enregistré 520 heures de prix négatifs de l'électricité depuis le début de l'année.
00:35Un record. Alors pourquoi cela ne se répercute-t-il pas directement sur la facture des entreprises ?
00:41Et comment peuvent-elles réduire leurs dépenses énergétiques ? On lui posera la question.
00:45Et puis, nous nous intéressons aussi à l'horticulture made in France.
00:49Plus d'un milliard d'euros de fleurs et de plantes ornementales ont été importées en France en 2025.
00:56Alors comment relancer la production française ? Mathieu Vellet, qui vient de cofonder la plateforme qui fait pousser,
01:02et réunit plusieurs producteurs français pour tenter de redonner du terrain à la filière.
01:07On en parle tout de suite dans Smartéco.
01:13Depuis le début de l'année, la France a déjà connu 520 heures de prix négatifs d'électricité.
01:20C'est un record. Autrement dit, à certains moments, nous produisons davantage d'électricité que nous n'en consommons.
01:26Mais cela ne signifie pas pour autant que la facture des entreprises s'effondre.
01:30Alors comment expliquer ce paradoxe ? Et surtout, comment les PME, ETI peuvent-elles mieux maîtriser leurs factures d'électricité
01:37?
01:37Pour en parler, je reçois dans parole le dirigeant Christian Montoya. Bonjour.
01:41Bonjour.
01:42Vous êtes directeur général d'Equateur, fournisseur français d'énergie créé en 2015 et qui appartient au groupe Joule.
01:50Donc, Équateur s'est fait une place depuis une dizaine d'années sur ce marché, dominé par des très gros
01:55acteurs.
01:56Qui sont aujourd'hui vos clients ? Quelle place occupent les entreprises, notamment ?
02:01Nous sommes actifs, commercialement parlant, depuis 10 ans, justement.
02:05Nos clients, on a démarré l'activité par les clients résidentiels, les clients particuliers.
02:12Aujourd'hui, nous comptons parmi nos clients plus de 170 000 consommateurs d'électricité et gaz résidentiels.
02:21Mais selon les derniers rapports de la Creux sur l'activité commerciale retail 2023-2024,
02:28nous sommes les quatrièmes acteurs français au nombre des points délivrés en électricité et gaz pour le B2B aussi.
02:38Vous êtes donc tout de même un jeune acteur, plus petit que les grands concurrents qu'on connaît.
02:43Mais est-ce que ça, ça vous permet d'être un peu plus agile, de proposer des nouvelles manières de
02:47consommer l'électricité pour les nouveaux souhaits des consommateurs ?
02:53C'est justement le but d'Equateur et c'est l'objectif qu'on a donné à l'intégralité des
02:58équipes.
02:59C'est diversifier, créer de la valeur, pas seulement pour nous et pour nos actionnaires, mais surtout pour nos clients,
03:04qui sont notre principal actionnaire, comme vous l'avez dit, en fait c'est un marché qui est extrêmement concurrencé
03:11avec un presque monopole.
03:14Je ne veux pas dire que c'est un monopole, parce que ce n'est vraiment pas le cas, mais
03:17la place dominante des acteurs historiques est très forte.
03:21Elle dépasse ensemble, les trois acteurs dominants français dépassent les 90% du marché résidentiel, donc leur position est extrêmement
03:29forte.
03:29Donc oui, on doit innover, on doit sortir du cadre classique si on souhaite rester compétitif.
03:36Vous, vous avez repris la direction d'Equateur il n'y a pas si longtemps que ça, il y a
03:39une année à peu près ?
03:41Un peu moins d'un an.
03:42Un peu moins d'un an.
03:43Justement, quelle feuille de route vous souhaitez impulser sous votre direction pour les prochaines années à venir ?
03:51Donc il y a eu tout un premier travail dans notre stratégie, à mon arrivée, ce qu'on a appelé
03:57« revenus fondamentaux ».
03:59Vraiment reconnaître nos principales forces qui sont la proximité client, qui sont cette marketing un peu directe et qui nous
04:11a fait toujours une belle tradition,
04:13et qui nous a fait reconnaître parmi les différents clients français et surtout notre ADN, avant tout un ADN qui
04:21vise le développement soutenable et qui vise avant tout la décarbonation.
04:26Ça, c'était vraiment notre priorité, devenir à nouveau à ce centre de la fourniture d'énergie.
04:33Et ensuite, à partir de cette reconnaissance de nos forces, répartir dans l'innovation.
04:39L'innovation, c'est les offres de demain.
04:43Nous considérons, et c'est un axe presque de bataille, même si le moins un peu fort,
04:47qu'on s'est donné en interne à nous ne pouvons plus continuer à être un fournisseur de kilowattheures.
04:53Il y a une guerre du centime entre les fournisseurs d'énergie, surtout entre les alternatives,
04:58dans les différentes plateformes des comparateurs. On voit qu'on est à moins 11,1%, moins 11,2% par
05:05rapport aux tarifs réglementés des ventes d'EDF.
05:08Nous souhaitons sortir de là, créer de la valeur, et pour créer de la valeur, notre objectif, c'est accompagner
05:15les clients,
05:16pas seulement dans la fourniture, mais dans la décarbonation.
05:19L'innovation, ça passe par quoi ? Du coup, quand on est un fournisseur, ça passe par quoi l'innovation
05:24dans ce secteur de l'énergie renouvelable ?
05:26Dans notre métier, l'innovation passe pour bien comprendre les évolutions du marché,
05:32pour bien protéger nos clients des risques qu'il y a dans le marché,
05:37mais aussi d'accompagner nos clients dans les nouveaux usages.
05:41Il y a les nouveaux usages énergétiques, en fait on a de plus en plus de véhicules électriques,
05:48il y a une électrification qui s'accélère, on doit accompagner nos clients sur l'installation des bornes de recharge,
05:53mais on les fait aussi sur l'installation de panneaux photovoltaïques.
05:57On va accompagner nos clients demain sur les choix et l'installation des pompes à chaleur,
06:04la gestion de la demande qui est essentielle, pourquoi pas l'installation d'une batterie
06:11et la flexibilité globale de la gestion de cette énergie.
06:14Oui, ça c'est un des choix principaux que nous avons, mais il y a aussi les nouveaux usages du
06:21client.
06:22En fait, nous sommes face à des clients qui se sont habitués à une, excusez-moi l'anglaisisme,
06:27une digitalisation accélérée.
06:29On a face à nous un service client, un client qui s'attend à une qualité de service client,
06:35tel qu'il reçoit tous les jours sur les réseaux sociaux.
06:39Quand il va commander, avant il commandait un taxi, ou il devait sortir chercher un taxi,
06:44c'est un client qui maintenant est habitué à en deux minutes, avec son téléphone, avoir une voiture devant chez
06:50lui.
06:50Sur l'ubérisation en fait.
06:51Sur l'ubérisation, et on les voit de plus en plus dans différents secteurs de l'économie,
06:56et le nôtre, qui est la fourniture d'énergie, n'est pas absent de ce besoin de se digitaliser
07:03et de suivre les besoins du client.
07:06Je reviens sur le premier chiffre que j'ai donné en introduction,
07:08520 heures de prix négatifs depuis le début de l'année.
07:11Donc ça, c'est des données qui sont compilées par Bloomberg.
07:13Comment est-ce que c'est possible concrètement ?
07:15Est-ce que vous pouvez rapidement nous expliquer ce que sont ces prix négatifs quand on parle d'électricité ?
07:22Dans notre marché, il y a différentes temporalités.
07:26Il y a une temporalité, ce qu'on appelle les calendars, dans lesquels la moyenne des prix spot,
07:31donc les différents équilibrages qui se font au réseau entre la production et la consommation,
07:38vont faire appel à un moyen de production.
07:41Le dernier qui est appelé fixe, leur marginal.
07:45Quand on achète sur la temporalité annuelle, on fait la moyenne des 8 760 heures de l'année
07:53et on obtient une valeur plus une prime de risque.
07:57C'est ce qu'on achète au niveau calendar.
07:58Ensuite, du jour pour le lendemain, tous les fournisseurs qui sont responsables d'équilibre
08:04doivent indiquer aux opérateurs réseau, qui est RTE, quelle est la production, quelle est la consommation,
08:10quels ont été les achats qu'ils ont faits pour maintenir justement son périmètre équilibré.
08:15Ce que nous voyons aujourd'hui, c'est que sur certains moments de l'année,
08:21la production surpasse les niveaux de consommation.
08:26Il y a aussi les exportations qui sont faites, etc.
08:30Mais sur ces moments-là de l'année, il semble peu pertinent pour certains acteurs
08:35proposer des prix négatifs pour ne pas devoir arrêter leur production.
08:40Ça, c'est un phénomène.
08:40Ça coûterait plus cher d'arrêter leur production.
08:43Oui, pour certains types de centrales.
08:44C'est qu'ils créent un surplus de production.
08:47Mais il ne faut pas croire que la France est en surproduction.
08:53Ça veut dire à l'échelle annuelle, la France ne serait pas en surproduction alors ?
08:57À l'échelle annuelle et surtout à l'échelle de notre ambition.
09:00Nous avons une ambition de devenir un leader numérique.
09:03Un leader numérique, mais qui fait, dès l'industrialisation aussi,
09:07mais qui l'a fait avec une énergie décarbonée.
09:10Donc, il ne faut pas se dire, simplement parce qu'on a des heures négatives,
09:15que la France est en surproduction et qu'il faut arrêter d'investir sur les renouvelables.
09:19C'est un discours qu'on entend, et qu'on entend très souvent.
09:22Ce n'est pas ça le but.
09:23Le but, c'est de se dire, si nous ne finançons pas ces moyens de production d'aujourd'hui,
09:28comment nous allons garder l'électrification de demain ?
09:31Cette électrification qui s'est faite principalement sur les transports,
09:36mais qui devrait aussi s'accélérer sur la chaleur.
09:39Oui, on a vu ça cet été.
09:41Mais justement, est-ce que ça se répercute sur la facture d'électricité des entreprises ?
09:47Pourquoi on n'entend pas que ces factures-là baissent dans le prix que paye l'entreprise ?
09:52Oui, ça dépend de la tarification que les clients ont choisi.
09:58Les clients, en tant qu'industriels, il y a beaucoup d'industriels qui ont une très forte consommation d'énergie,
10:05qui ont un suivi très précis, qui ont des équipes d'achat énergie dédiées,
10:10et qui sont capables de faire des tarifications presque dynamiques.
10:14Par ça, j'entends, ils sont capables de bloquer les prix sur une belle partie du volume consommé,
10:20ou la prévision du volume consommé, et laisser une partie de leur volume consommé ouvert au prix spot.
10:27D'accord.
10:28Prix spot, du coup prix d'achat.
10:29Prix spot, qui est le prix d'achat du jour pour le lendemain, c'est lui qui tient en compte
10:35les heures négatives.
10:37Ce n'est pas le cas de tous les industriels, ce n'est pas le cas surtout de tous les
10:41TPE, PME.
10:42Eux, ils ont besoin surtout de stabilité, et ils n'ont pas non plus des équipes énergie en interne.
10:47Qu'est-ce qu'ils font de façon habituelle ?
10:50C'est de chercher un prix fixe sur une, deux, trois années.
10:55Ce prix fixe, il est construit sur la base du prix calendar à terme,
11:01que lui ne reflète pas à 100% ces heures négatives.
11:04De façon indirecte, quand on fait le pricing, oui, mais pas à 100%.
11:09C'est sur les clients qui ont laissé une partie ouverte au prix du jour pour le lendemain
11:14qu'on va avoir ces heures négatives de façon plus ponctuelle.
11:18D'accord.
11:19Mais c'est des clients qui ont accepté d'avoir en politique des prix dans lesquels ils assument un peu
11:25plus de risques.
11:26Parce que comme l'heure est négative, elle pourrait être aussi positive, voire plus chère que son prix fixe.
11:32Et vous, vous ne proposez pas de prix dynamique.
11:34Comment est-ce que vous, justement, vous pouvez être compétitif ?
11:37Qu'est-ce que vous proposez pour les entreprises en termes de prix ?
11:39Nous, ce qu'on propose en termes de prix, c'est surtout la stabilité, la visibilité.
11:44On propose un tarif fixe, mais qui tient compte.
11:48Déjà, quand on va faire le pricing, on va simuler les 8 760 heures de l'année.
11:53Et dans notre projection, on va tenir compte des potentiels désormais négatifs, sachant qu'on est en crescendo.
12:01Année après année, dans les méritants d'ordre français, on se rend compte que les fondamentaux ont changé et que
12:07c'est de plus en plus négatif.
12:08Ça, on tient compte pour faire bénéficier du prix fixe qu'on fait à nos clients finaux.
12:12Mais la majorité de nos clients sont surtout des TPE, PME.
12:16On estime que ce n'est pas aux clients finaux d'aller jouer au trading, mais c'est aux fournisseurs
12:23de jouer ses rôles et de faire les meilleurs achats vis-à-vis du marché
12:26pour faire bénéficier d'un tarif final tout en lui laissant de la visibilité sur ses tarifs.
12:33Les entreprises peuvent quand même avoir un rôle à jouer sur leurs factures.
12:36Qu'est-ce que vous conseillerez aux entreprises de faire pour reprendre un peu la main sur ces montants, soit
12:43en interne ? Qu'est-ce qui peut jouer ?
12:45Justement, là, on est sur la question précédente à l'évolée innovation.
12:51On a parlé des tarifs classiques que nous avons faits et aujourd'hui, les produits sur lesquels nous travaillons énormément,
13:00c'est un produit qui tient compte de la flexibilité du client.
13:03Si le client, lui, il est capable de moduler sa consommation, nous allons lui proposer une rémunération pour qu'il
13:11puisse bénéficier,
13:13pas seulement des heures négatives, mais aussi la rémunération du réseau qui est, lui, en mesure de compenser, voire de
13:20payer les clients finaux
13:22qui l'aident à stabiliser les réseaux.
13:25Qu'est-ce que, justement, vous parliez de cette projection de besoins de plus en plus forts, de plus en
13:33plus élevés.
13:34Si l'entreprise, justement, fait tous ses investissements pour avoir une énergie décarbonée, par exemple, des panneaux solaires, etc.,
13:41changent toutes ces manières d'utiliser plus d'énergie, est-ce que, justement, la production va pouvoir suivre derrière ?
13:51D'abord, moi, je profite pour les clients qui nous écoutent, et pour les industriels, les TPE, PME.
14:01Il faut, oui, électrifier, mais pas tous les clients doivent installer des panneaux photovoltaïques.
14:10Je ne fais pas l'unanimité avec ce que je suis en train de dire, mais il y a des
14:13clients qui, par rapport à leur profil de consommation,
14:17la production solaire n'est pas un bénéfice pour réduire sa facture finale.
14:22Donc, nous, ce qu'on propose, c'est vraiment accompagner les clients, devenir les consultants énergie,
14:27c'est copilote de ses factures énergétiques pour l'accompagner à faire les différents choix.
14:33Avant tout, la meilleure énergie, le meilleur kilowatt-heure, c'est celui qu'on ne consomme pas.
14:40Donc, il faut bien comprendre les besoins.
14:43Si on peut faire de l'efficacité énergétique et réduire ses niveaux de consommation,
14:48c'est la meilleure première mesure qu'on peut prendre pour maîtriser ses factures.
14:53Ensuite, s'il y a des appareils qui sont modulables, il faut profiter de cette capacité à moduler,
15:01de cette flexibilité pour chercher une rémunération complémentaire
15:04qui viendra à être déduite de la facture finale d'énergie.
15:08Merci beaucoup, Christian Montoya.
15:10Je rappelle que vous êtes directeur général d'Équateur.
15:12Merci d'avoir été avec nous pour nous détailler tous ces éléments autour de l'énergie.
15:17Et tout de suite, on passe à nos deuxièmes paroles de dirigeants.
15:24Quand vous achetez une plante en France, il y a de très fortes chances qu'elle provienne de l'étranger.
15:30En 2025, la France a importé plus d'un milliard d'euros de fleurs et plantes ornementales
15:35contre seulement 85 millions d'euros d'exportation.
15:39Alors, en 40 ans, le nombre d'horticulteurs et de pépiniéristes français
15:43s'est considérablement réduit au fil des années.
15:47Alors, comment redonner de la place à la production française ?
15:50Et les consommateurs sont-ils prêts à privilégier des végétaux cultivés près de chez eux ?
15:55C'est l'ambition de Qui fait pousser ?
15:57Une nouvelle plateforme de vente directe qui réunit plusieurs producteurs français.
16:02Pour en parler, je suis ravie d'accueillir en visio Mathieu Velé.
16:05Bonjour.
16:07Bonjour.
16:07Alors, vous êtes cofondateur de Qui fait pousser ?
16:09Dirigeant également d'Ernest Turc, une entreprise familiale spécialisée dans les bulbes à fleurs
16:15et les graines depuis plus d'un siècle.
16:18Merci beaucoup d'être avec nous.
16:19Cette entreprise a été créée en 1912.
16:22Pourquoi est-ce que vous avez ressenti le besoin aujourd'hui de vous fédérer
16:25avec d'autres horticulteurs pour réaliser Qui fait pousser ?
16:34Le constat, en fait, vous l'avez dit, depuis que je suis né, j'ai 42 ans.
16:38Depuis que je suis né, on a divisé par 6 le nombre d'horticulteurs.
16:42Et par exemple, sur la production de bulbes à fleurs en France,
16:45moi, je suis le dernier producteur de bulbes à fleurs en France.
16:48Ça veut dire que si je laisse tomber ou si pour une raison XYZ, il se passe quelque chose,
16:53il n'y a plus de production, par exemple, de jonquilles en France.
16:56C'est un sujet et en fait, on s'est dit, ça serait quand même dommage, par exemple,
17:01de ne plus produire des jonquilles en France pour le marché français.
17:04Et en fait, on s'est dit, allez, on se fédère, on se met à plusieurs
17:07pour répondre aux besoins du client final et du jardinier.
17:12Vraiment, c'est de recréer ce lien entre le jardinier et le producteur.
17:17Cette disparition progressive dont vous parlez, elle est due à quoi depuis ces 40 dernières années ?
17:24Alors, elle est multifactorielle.
17:26Clairement, on est dans une filière de l'agriculture au sens large, en fait,
17:31qui est de plus en plus mondialisée.
17:33On sent que, bien sûr, que ce soit sur les poissons pour la pêche
17:41ou les arbres et les fleurs dans l'horticulture, c'est les mêmes sujets.
17:44En fait, on fait souvent venir de plus en plus loin ce que l'on consomme.
17:48Et du coup, voilà, le constat, il est sans appel.
17:51Il fallait qu'on ait une réponse forte à ça et qui fait pousser pour les faire.
17:55C'est notre réponse à notre échelle, mais en tout cas, une réponse très structurée, on l'espère.
18:00Vous, si vous avez tenu à peu près un siècle, plus d'un siècle même, qu'est-ce qui vous
18:05a permis de tenir ?
18:09En tout cas, oui, on a été créé par mon arrière-grand-père il y a 114 ans.
18:12Clairement, en tout cas, on voit la résilience des entreprises familiales.
18:16Là, les quatre entrepreneurs, on se met, on n'est que des entreprises familiales.
18:20Et en tout cas, c'est un vrai sujet.
18:22C'est qu'en fait, on voit que les entreprises familiales ont souvent cette résilience
18:26et cette vision sur le temps long qui fait que, oui, au bout de 114 ans,
18:30on est encore là à produire et heureusement à produire en France.
18:36Vous avez parlé de cette production qui est importée et en plus de plus en plus loin.
18:41Qu'est-ce qui ne permet pas de rivaliser quand on est en France ?
18:45Est-ce que c'est seulement une question d'offre, tout simplement ?
18:48On ne peut pas forcément tout produire sur notre territoire ?
18:53Alors, on a la chance d'avoir une offre qui est géniale.
18:56Vraiment, l'offre des horticulteurs français, elle est très, très diversifiée.
18:59En ce moment, on pourrait tout produire ?
19:01Franchement, on produit énormément de choses et on produit très bien
19:05avec des pépiniéristes et des horticulteurs de qualité.
19:08Et en fait, chaque horticulteur en France a souvent une grande diversité d'offres.
19:14Moi, par exemple, je produis 500 variétés différentes, ce qui est énorme.
19:17C'est vrai que les producteurs dans le reste du monde,
19:20souvent produiraient un petit peu moins de variétés
19:22et seraient beaucoup plus monospécialistes.
19:25Nous, en France, on a de la chance d'avoir des entreprises de production
19:29qui produisent une grande, grande diversité.
19:32Mais parfois, c'est un frein.
19:33Ça veut dire qu'en fait, on est moins spécialisé.
19:35Si on est moins spécialisé, ça veut dire qu'en fait,
19:38on a une répartition de nos coûts.
19:41Et on sait qu'il y a des sujets,
19:43les charges sociales en France sont pas les mêmes.
19:45Nous, par exemple, sur nos sujets des arbres et de la fleur,
19:49on sait que la concurrence hollandaise, elle est très, très, très forte.
19:52Et par exemple, on sait que nos niveaux de charges sociales sont pas les mêmes.
19:56Enfin, voilà, il y a plein de raisons.
19:58Mais en tout cas, la raison de l'offre,
20:00on peut être très fier en France d'avoir une offre qui est très belle,
20:04avec une grande diversité.
20:06Et en fait, dans Kiffet Pousser.fr, ce qu'on a essayé de valoriser, c'est ça.
20:09C'est cette beauté de l'offre et cette émotion de la fleur et de l'arbre.
20:13Et de se dire qu'en fait, le proposer à des jardiniers français,
20:17par des producteurs français, ça a du sens parce que cette offre, elle est là.
20:22Et par contre, est-ce que dans 10 ans, dans 20 ans, dans 30 ans,
20:25si on continue comme ça, est-ce que cette offre, elle sera encore là ?
20:28En tout cas, c'est un risque qu'on n'a pas envie de prendre.
20:30Du coup, on a envie d'essayer de se lancer dans cette aventure qui fait pousser.
20:33Et donc, la difficulté, c'est au niveau de la compétitivité des prix
20:38qui est due au coût tout simplement de la main-d'œuvre
20:41et puis à tout l'écosystème français, le droit du travail français qu'on connaît ?
20:46En tout cas, bien sûr que oui, le coût de la main-d'œuvre,
20:49il est très fort dans l'horticulture.
20:51C'est un gros employeur.
20:53Si vous avez des horticulteurs à côté de chez vous,
20:56ça demande beaucoup d'énergie humaine de rempoter des plantes,
20:59de tutorer, de faire tous les gestes de l'horticulture.
21:03Et on sait que sur les coûts de main-d'œuvre, on n'est pas les meilleurs.
21:07Et aussi, en tout cas, la Hollande, historiquement,
21:10a fait un très, très bon travail de structuration logistique.
21:14Et en fait, une grosse partie des flux logistiques,
21:17en arbre, en fleurs, en fleurs coupées, etc.,
21:21partent de la Hollande et partent moins, par exemple, d'Angers.
21:24Et voilà ce qu'on a essayé de créer avec Kif et Pousset.fr.
21:27C'est un peu plus de décentralisation.
21:29Et essayer de se dire que, même si on n'est pas dans la banane bleue,
21:34cet axe entre Londres, Amsterdam et Milan,
21:38même en étant à Angers ou en Mayenne ou à Orléans,
21:43même si on est parfois un peu loin des grands axes,
21:45en fait, on va réussir à produire une offre de qualité
21:49et surtout à la distribuer.
21:51Oui, justement, alors, cette plateforme Kif et Pousset,
21:56grâce au fait que ce soit directement du producteur au consommateur,
22:00est-ce que c'est des frais logistiques
22:02qui, du coup, ne sont pas additionnés au prix
22:05et donc vous permettent d'être un peu plus compétitif ?
22:08Oui, tout à fait.
22:09Et en fait, le but, c'est vraiment d'essayer de se dire
22:12que la plante, il faut qu'elle fasse un seul trajet.
22:14Et c'est qu'elle fasse le trajet vers le consommateur et le jardinier.
22:18Et du coup, bien sûr, qu'on ne superpose pas des frais logistiques.
22:21Et du coup, on est plus compétitif grâce à ça.
22:24Et c'est ça qui permet, en fait, une de nos promesses
22:27et sur laquelle on travaille beaucoup,
22:29c'est la valorisation du travail du producteur.
22:32Quand on se dit qu'on a divisé par 6 le nombre de producteurs,
22:35bien sûr que ça veut dire qu'aussi,
22:36on a un problème de valorisation du travail du producteur.
22:39Et en fait, l'idée, c'est d'essayer de se dire
22:41comment est-ce qu'on s'assure que le producteur est bien rémunéré,
22:45en tout cas, cette plateforme et cette marque Kif et Pousset.
22:49elle est basée vraiment sur cette juste rémunération du producteur.
22:53Est-ce que vous savez si le consommateur est prêt à payer ?
22:57Parce que c'est vrai qu'il y a eu beaucoup d'analyses
22:59de ce « made in France », du consommateur qui souhaite
23:03toujours acheter français.
23:04Mais derrière, c'est vrai que le facteur prix,
23:06c'est quand même la première chose qui l'empêche d'acheter français.
23:09Est-ce que vous savez si, peut-être au niveau de l'horticulture,
23:12il y a un investissement plus fort du côté des consommateurs ?
23:17Alors, en tout cas, nos prix sont vraiment assez similaires
23:21à ce que vous trouveriez ailleurs sur le marché,
23:24sauf que nos prix permettent de vraiment bien rémunérer le producteur
23:28et ça, c'est notre chance.
23:30En tout cas, le « made in France », dans ce cas-là,
23:32quand le « made in France » est en direct,
23:34le « made in France », il n'est pas plus cher.
23:35Et ça, c'est vraiment un sujet.
23:38C'est qu'en fait, on essaie de s'assurer
23:41qu'on ne superpose pas des coûts logistiques,
23:43qu'on ne superpose pas des coûts marketing, des coûts commerciaux.
23:47Là, il n'y a pas de marketing, il n'y a pas de commerce.
23:49Le but, c'est le jardinier et le producteur
23:52qui se retrouvent sur cette plateforme.
23:54En termes logistiques, est-ce que c'est compliqué
23:57de pouvoir livrer toute la France ?
24:00Comment ça se passe pour des produits comme ça
24:03qui doivent être transportés avec la plus grande attention ?
24:09Alors, c'est sûr qu'en fait, on a des commandes
24:11qui sont avec une diversité de plantes géniales
24:14et on a toute une diversité qui s'offre
24:17avec des sujets qui sont quand même assez grands.
24:20Et en fait, on est sur du produit frais.
24:21C'est vrai qu'une plante, on veut qu'elle arrive
24:23en bonne forme chez le client.
24:26Bien sûr que la logistique, c'est un sujet
24:27qui n'est pas évident.
24:29Mais en fait, nos entreprises, elles ont cette capacité-là
24:33et cette connaissance-là.
24:35Moi, mon entreprise, ça fait 114 ans
24:37qu'elle fait ces métiers-là de la production
24:40et aussi de la distribution.
24:42Du coup, on a un peu d'expérience pour s'assurer
24:44que la plante arrive fraîche et en bonne forme
24:48chez le client final et chez le particulier.
24:51Comment évolue le comportement d'achat aujourd'hui ?
24:53C'est vrai qu'il y a beaucoup de tensions
24:55sur le pouvoir d'achat.
24:56On en parle très régulièrement.
24:58Est-ce que vous le ressentez sur cet achat
25:00qui est peut-être moins prioritaire ?
25:03Alors, c'est sûr que l'achat jardin,
25:06il est hyper challengé.
25:08Bien sûr que...
25:09Est-ce que c'est la priorité du moment
25:12quand déjà on sait que c'est difficile
25:14de payer son plein d'essence ?
25:16Pour autant, les gens ont tendance,
25:20en période de crise, à se recentrer sur la maison,
25:22sur leur jardin, chez eux.
25:25Et on sent qu'il y a de la résilience
25:28dans l'achat jardin pour autant.
25:31On a passé un été qui était quand même très rude,
25:35mais pour autant, l'achat pour le potager...
25:38En fait, on se dit qu'on a aussi besoin
25:40de plus d'arbres.
25:42Du coup, on a besoin aussi
25:43de plus de plantes grimpantes.
25:44On a besoin de solutions
25:45à ce réchauffement climatique
25:46et le jardin sera une grosse partie
25:48de la solution.
25:50C'est pareil pour les cours d'école.
25:52On a besoin de végétaliser les cours d'école.
25:53Enfin, le végétal, il fait partie de la solution.
25:58Par contre, le pouvoir d'achat est challengé.
26:00Du coup, c'est vrai que c'est des histoires
26:02d'allocations de pouvoir d'achat.
26:04Mais on sent que le consommateur,
26:06il a envie de jardin.
26:07Est-ce que vous, vous allez vous adresser
26:09principalement à des particuliers ?
26:12Ou parce que vous parlez cours d'école,
26:13est-ce qu'il va y avoir d'autres manières
26:15de commander auprès de vous ?
26:17D'autres secteurs ?
26:18En tout cas, là, sur kiffepousser.fr,
26:20on s'adresse aux particuliers.
26:22Et nous, nos entreprises, par exemple,
26:24moi, je vends des bulbes à fleurs
26:28aux collectivités, aux écoles, etc.
26:30Et ça, on sait que nos produits,
26:33ils sont la réponse au changement climatique.
26:37Et on sait que, que ce soit le particulier
26:40ou les collectivités, ou en tout cas la société
26:43dans son entier, elle a envie de plus de végétal.
26:46Et en fait, nous, ce qu'on essaye de structurer
26:48avec qui fait pousser, c'est une réponse d'abord
26:50pour les particuliers, mais ensuite à différents marchés.
26:53Vous avez parlé justement de ce changement climatique.
26:56Comment est-ce que vous avez vécu cet été particulièrement chaud ?
27:00Est-ce que, justement, dans les années à venir,
27:02vous allez devoir changer quelques éléments
27:05pour pouvoir perdurer ?
27:08C'est une énorme question.
27:10Le changement climatique, il rebat les cartes.
27:13Il nous force à changer ce qu'on appelle
27:16notre palette végétale.
27:17Notre palette végétale, elle va beaucoup plus
27:19vers des végétaux méditerranéens,
27:21des végétaux qui sont très résistants à la sécheresse.
27:25Ça, c'est quelque chose qui nous prend du temps.
27:28Mais en tout cas, la force d'un site comme kiffépousser.fr,
27:32c'est d'avoir cette diversité.
27:34Et en fait, dans cette diversité,
27:37il y a vraiment une très, très grande part de réponses
27:40avec des végétaux qui sont avec peu d'entretien,
27:43avec un résultat facile.
27:45Ce qu'on veut, c'est aussi essayer de convaincre
27:47le jeune consommateur, ou en tout cas celui
27:49qui a moins d'expérience jardin,
27:51et lui dire, même s'il fait très chaud et très sec,
27:56tente telle espèce,
27:59tente de produire ça dans ton jardin,
28:01et ça te fera plus d'ombre,
28:02et ça répondra aux défis qu'on a.
28:05Mais en tout cas, les défis sont énormes,
28:06et nous, en tout cas, notre but,
28:08c'est là sur notre site internet,
28:10on a plus de 10 000 références.
28:14Le but, c'est que, année après année,
28:16une partie de ces 10 000
28:18soient de plus en plus
28:19ces réponses aux défis qu'on a.
28:21Mais si vous allez sur qui fait pousser,
28:23il y a une grosse partie qui répond déjà
28:25à ce challenge-là.
28:26Merci beaucoup, Mathieu Vellet.
28:27Je rappelle que vous êtes donc
28:28le cofondateur de qui fait pousser,
28:30dont le site vient d'ouvrir il y a quelques jours.
28:33Merci à vous toutes et tous
28:34de nous avoir suivis.
28:35C'était Smartéco.
28:35Sous-titrage Société Radio-Canada

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