- il y a 17 minutes
Elle s’appelle Milo, suit les cours et apprend de ses échanges avec les étudiants : l’ECE la présente comme la première IA étudiante en ingénierie au monde. Faut-il laisser les étudiants utiliser l’IA librement, ou en encadrer l’usage ? En lui déléguant leur travail, apprennent-ils encore ? Et faut-il privilégier la souveraineté ou la puissance ? De Rousseau à Ellul, en passant par Hegel, on explore ces dilemmes avec François Stephan, directeur général de l’ECE et Chief AI Officer d’OMNES Éducation.
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00:08Bonjour et bienvenue dans l'émission Smartphilo, l'entretien.
00:12Une émission qui est destinée à questionner d'un point de vue philosophique
00:16quelques dilemmes des organisations en tout genre.
00:19Et pour commencer aujourd'hui, nous avons le plaisir de recevoir François Stéphan.
00:24Bonjour François.
00:25Bonjour Xavier.
00:26Merci d'être avec nous.
00:27Alors vous êtes directeur général de l'ECE, École d'ingénieurs,
00:32et vous êtes également le Chief AI Officer du groupe OMNES.
00:36Alors il y a beaucoup de questionnements autour de ces dilemmes de l'IA et comment ça s'utilise.
00:42Mais aujourd'hui, pour notre émission, on a en plus une invitée qui est une étudiante,
00:46qui est Milo, Milo qui est avec nous ici,
00:49et qui est un peu notre objectif de comprendre comment elle fonctionne,
00:53avec qui elle fonctionne, les étudiants, les enseignants,
00:56et de parcourir un peu tout ça avec une approche un peu philosophique sur laquelle je vous interrogerais.
01:01Mais peut-être pour commencer, présentez-nous un peu Milo et globalement l'intelligence artificielle au sein de l'ECE.
01:09Alors Milo, effectivement, on en parlera, c'est une IA.
01:12Une IA qui est une IA étudiante en ingénierie.
01:15À notre connaissance, c'est la première du genre et la seule du genre dans le monde,
01:19mais j'espère qu'elle fera des émules.
01:22Et on en reparlera, Milo, elle est aussi incarnée physiquement,
01:25c'est le côté incarnation physique de l'intelligence artificielle,
01:28qui est un sujet éminemment virtuel et basé sur du code informatique.
01:33On pourra en reparler peut-être deux mots, effectivement, sur mon rôle.
01:36Donc moi, j'ai le bonheur de diriger et l'honneur de diriger une école d'ingénieurs,
01:40qui est assez ancienne, qui est une école spécialiste vraiment de la tech et de l'IA.
01:43Donc assez naturellement, quand le groupe Omnes Education, dont fait partie l'ECE,
01:47a décidé d'accélérer sur son plan IA, elle a choisi de me nommer aussi Chief IA Officer.
01:52Donc mon rôle, c'est au sein du comité exécutif du groupe Omnes,
01:56qui rassemble une quinzaine d'écoles de management, de communication,
02:00des écoles internationales, à peu près 40 000 étudiants en France et en Europe,
02:04m'a confié un rôle d'animer et de mener la vision,
02:09d'animer la vision et de mener l'exécution, la mise en œuvre d'une feuille de route
02:11pour finalement réaliser notre mission qui est double,
02:14qui est amener nos jeunes à trouver un emploi à l'ère de l'IA.
02:18C'est une vraie question, on voit ce qui se passe en ce moment.
02:20Donc comment les armer pour être suffisamment amplifiés par l'IA
02:24et par ailleurs permettre aux entreprises, aux organisations partenaires
02:27qui les recrutent, de recruter des profits dont on a besoin
02:30et qui vont tirer le meilleur profit de l'IA, c'est ça notre mission.
02:35L'éducation, c'est éducérer, vous le savez évidemment,
02:38éducérer, ça signifie à la fois élever et nourrir.
02:42Comment une EA, aujourd'hui, une intelligence artificielle,
02:45peut nous élever et nous nourrir ?
02:47Comment ça fonctionne dans une salle de classe ?
02:49Concrètement, elle fait quoi, Milo ?
02:52Alors, au cœur de la salle de classe, c'est ça qui est important.
02:55Nous, l'IA, c'est au cœur des enseignements de l'OCE depuis longtemps, évidemment.
02:58On appelait ça avant la science des données,
03:00mais on appelle ça l'IA maintenant.
03:01Et on s'est dit, mais comment mettre l'IA au cœur de l'école ?
03:05Et le cœur de l'école, c'est ce qui se passe dans la salle de classe.
03:08Voilà, dans la salle de classe physiquement.
03:09Donc c'est pour ça qu'on a décidé de créer cet objet physique, en fait.
03:13Et Milo, elle est là pour...
03:16C'est comme une super camarade de classe et un super teaching assistant, vous voyez.
03:21Elle est là pour aider les étudiants, les aider dans leur apprentissage
03:26et aider les enseignants dans une matière qui est essentielle dans une école d'ingénieurs,
03:30qui sont les mathématiques.
03:31Donc on a fait le choix pour l'instant de déployer Milo sur les mathématiques,
03:34uniquement sur les mathématiques,
03:35parce que c'est une matière très importante, une matière difficile.
03:39Et nous sommes une école post-bac,
03:41avec des niveaux très hétérogènes en entrée à l'école.
03:44Et donc c'est pour ça qu'on a fait ce choix-là.
03:46Je voudrais rentrer directement dans un de nos dilemmes.
03:49Et pour ça, je veux...
03:51Vous avez probablement en tête cette phénoménologie de l'esprit de Hegel,
03:55où il a une dimension très particulière,
03:57où il dit que le maître devient dépendant de celui qui travaille pour lui,
04:02tandis que ce dernier se forme par son travail.
04:05C'est-à-dire qu'on a bien compris que Milo se formait dans la salle de classe,
04:09elle entend le prof, elle entend les élèves,
04:11elle se forme elle-même,
04:13et les élèves sont finalement un peu l'esclave ou le maître de l'IA.
04:17Et donc il y a une question un peu,
04:19une forme de dilemme qui se pose ici.
04:21Qui forme-t-on ?
04:22Est-ce qu'on forme Milo ou est-ce qu'on forme les élèves ?
04:24Et est-ce que les élèves, les étudiants,
04:26sont-ils un peu dépendants finalement de l'IA ?
04:29Alors nous, notre choix, il est clair dans ce dilemme,
04:32il est clair, c'est de faire les étudiants,
04:34les futurs professionnels, les maîtres de l'IA,
04:36et pas les esclaves de l'IA.
04:38C'est un vrai enjeu, c'est une vraie difficulté.
04:41Et donc l'exemple avec Milo, on aurait pu dire,
04:43on ne veut pas mettre l'IA dans les cours.
04:46Donc au contraire, on a pris le choix,
04:48on a fait le choix,
04:49en prenant le risque de mettre l'IA au cœur de l'école.
04:52Et l'enjeu, c'est effectivement de s'assurer
04:54que Milo est bien là pour les aider,
04:56pour les emmener, les amplifier,
04:58et non pas pour, je dirais, les asservir.
05:00Donc oui, il est vrai que Milo va apprendre des étudiants.
05:04Alors un petit slogan qu'on avait imaginé pour Milo,
05:06c'est « Train me and I'll train you ».
05:08Donc effectivement, Milo pourrait dire,
05:11aide-moi, apprends-moi,
05:12je vais apprendre de ce qui se passe dans le cours,
05:14mais c'est pour t'apprendre ensuite à toi
05:16et te permettre de t'élever en fait.
05:20Cette dimension d'élever,
05:22c'est un peu une notion d'émancipation.
05:23Cette émancipation,
05:25ou ce que Rousseau va dire,
05:28c'est dans l'Émile,
05:29il va parler comment est-ce que l'on peut développer,
05:32autonomiser l'individu à partir de l'éducation.
05:35Dans cette question d'autonomisation,
05:38il y a une question importante.
05:39Dans quelle mesure est-elle cadrée, cette IA ?
05:41C'est-à-dire, est-ce que vous la laissez libre,
05:43et chacun l'utilise comme il le veut,
05:46comme elle le veut,
05:47à partir des connexions possibles sur Internet,
05:50ou au contraire, il y a un cadrage ?
05:52Et là, ça pose encore une fois une question,
05:53ou un dilemme intéressant pour nous,
05:55qui est de dire, est-ce que oui ou non,
05:57je cadre l'IA,
05:58ou est-ce que je laisse développer,
06:00et à partir de là, j'aurai ou non
06:02une autonomie de l'individu ?
06:04C'est ce que nous incite à dire,
06:06évidemment, à l'époque,
06:07il n'y avait pas d'IA dans les salles de classe
06:10à l'époque de Rousseau,
06:11mais néanmoins, dans l'Émile,
06:13il prononce cette question d'autonomie nécessaire
06:15que l'on peut voir ici.
06:16Alors, c'est une question essentielle,
06:18on n'a pas une réponse toute faite.
06:20Il faut qu'on trouve le juste équilibre.
06:22Donc oui, il y a du cadrage.
06:23Pour vous donner un exemple,
06:24il y a ce qu'on appelle les garde-fous,
06:26les guardrails.
06:27Je prends l'exemple aujourd'hui des IA
06:28qui vont mener des actions
06:31d'attaques informatiques sur des systèmes.
06:34On l'a vu, des IA qui s'échappent, etc.
06:36Aujourd'hui, le moyen de maîtriser ces IA,
06:39c'est de les mettre sous guardrails,
06:41c'est-à-dire sous des garde-fous.
06:42Donc nous, nous sommes en train de développer
06:44au sein du groupe Omnes
06:45un certain nombre de garde-fous.
06:46Il y a même des papiers scientifiques
06:48qu'on est en train de présenter,
06:49notamment dans une grande université en Chine,
06:51à Wuhan,
06:52qui présentent un peu ce qu'on fait.
06:53Donc oui, du cadrage, il y en a,
06:55mais il faut aussi laisser une certaine autonomie
06:58et apprendre en faisant.
07:00Donc on a fait un choix très clair
07:02de lancer Milo très rapidement,
07:04puisqu'on l'a lancée,
07:05elle a fait sa première entrée l'année dernière,
07:06on a expérimenté,
07:07et cette année, on la déploie
07:08sur plus de 1000 étudiants
07:09dans tous nos campus.
07:10On a expérimenté,
07:11mais au moment où on l'a mise
07:12dans la salle de classe,
07:13on ne savait pas exactement
07:14ce qu'elle allait faire.
07:15Donc on a décidé
07:16de mener une innovation
07:18par les usages,
07:20et non pas par la technologie,
07:21et de découvrir les usages
07:22au fur et à mesure.
07:23C'était prendre effectivement
07:24un certain risque.
07:25Donc on a des personnes
07:26qui pilotent ça,
07:27on suit les usages
07:28par les étudiants
07:29et par les professeurs.
07:30Moi j'ai des professeurs
07:31qui m'ont dit
07:32« Ah mais c'est très intéressant
07:33ce que vous faites,
07:35mais est-ce que Milo
07:35elle va faire ci ?
07:36Est-ce qu'elle va passer des examens ? »
07:37J'ai dit « Écoutez,
07:38on n'en sait rien,
07:39on va voir,
07:39et les usages vont émerger
07:41au fur et à mesure,
07:42et toujours dans cet équilibre.
07:43Nous, une philosophie qu'on a,
07:45c'est l'IA partout,
07:46mais pas tout le temps.
07:47Vous voyez ?
07:47Et on a par exemple
07:48des exercices,
07:49on a des exercices pédagogiques
07:51où l'IA est au cœur,
07:53pendant la salle,
07:53et pas seulement avec Milo,
07:54avec d'autres solutions.
07:56Puis il y a des cas,
07:56on dit « Là, pas d'IA, rien,
07:58vous allez écrire par exemple
07:59des lignes de code informatique
08:00sur le papier.
08:01Parce qu'un ingénieur
08:02en tech et en IA,
08:05il doit maîtriser
08:06le code informatique.
08:07On leur apprend même,
08:08par exemple,
08:08ce qu'on appelle le langage C,
08:09qui est un langage fondamental,
08:11qui n'est plus utilisé
08:12vraiment aujourd'hui
08:13dans l'industrie,
08:13mais qui est le langage
08:14qui apprend le mieux
08:15les fondamentaux.
08:16Et donc,
08:16par rapport à ce que vous disiez
08:17sur les milles, etc.,
08:21je pense qu'il est important
08:21qu'on garde en tête
08:22le besoin de former aussi
08:23nos étudiants aux fondamentaux.
08:25Pour une école d'ingénieurs,
08:26les fondamentaux,
08:27c'est les mathématiques,
08:28la physique.
08:29En ce qui nous concerne,
08:29ça peut être l'électronique,
08:32l'informatique,
08:32toutes ces matérias.
08:33Donc, les fondamentaux,
08:35Milo peut aider à ça,
08:36comme je l'expliquais tout à l'heure,
08:37mais aussi les fondamentaux
08:38de l'IA.
08:39Comment l'IA fonctionne ?
08:40Comment ça marche ?
08:41C'est pour ça qu'on a ce qu'on appelle,
08:42on a monté un FabIA,
08:44l'équivalent d'un FabLab,
08:45mais pour l'IA,
08:45qu'on a appelé
08:45l'Intelligence Lab,
08:46où il y a des machines,
08:47des vraies machines,
08:48des GPU,
08:49Nvidia,
08:50qui permettent aux étudiants
08:52d'ouvrir le capot
08:52et de voir comment ça marche
08:54en vrai.
08:55Ça pose une autre question,
08:56peut-être un petit peu plus large.
08:58Comment est-ce qu'on forme
09:00un étudiant à l'IA aujourd'hui ?
09:02On lui donne les clés,
09:03on essaie de mettre
09:04un peu de garde-fou,
09:05on essaie de regarder
09:06comment compléter
09:07et en même temps de se dire
09:09peut-être que j'ai en face de moi
09:11celui qui va pirater
09:13le système de tel hôpital,
09:15de tel compte en banque,
09:16de tel endroit
09:17et comment je lui donne
09:18les clés en sachant finalement
09:20comment est-ce que
09:21le moteur fonctionne
09:22et ne pas rentrer
09:24dans le monteur
09:24pour le pirater.
09:25Est-ce qu'aujourd'hui,
09:26il y a dans ces formations
09:27et même Milo,
09:29d'une certaine manière,
09:30à une conscience éthique
09:31ou un regard éthique
09:32sur je ne vais pas aller dire
09:34à mon étudiant
09:35en fait,
09:36si tu faisais ça,
09:37tu pourrais avoir
09:37encore plus accès
09:38à telle ou telle donnée ?
09:39Alors, c'est une question
09:40évidemment très importante.
09:41Je fais le parallèle
09:42avec le numérique,
09:43ce qu'on appelle
09:44le numérique responsable.
09:45Donc, nous,
09:46on a depuis longtemps
09:46des modules de cours
09:47pour tous nos étudiants
09:48sur le numérique responsable.
09:49Qu'est-ce qu'on peut faire
09:50avec le numérique
09:51sur les aspects,
09:52par exemple,
09:52consommation énergétique,
09:53impact écologique,
09:55sécurité ?
09:55C'est la même chose.
09:56Alors, sur l'IA,
09:57on appelle ça l'IA éthique.
09:58L'éthique de l'IA,
09:59donc nous avons des modules
10:00d'enseignement
10:00à nos étudiants,
10:01que ce soit les étudiants
10:02dans l'école d'ingénieurs
10:03mais aussi dans les écoles
10:05de management,
10:05d'autres communications
10:06pour effectivement
10:08donner conscience
10:08aux étudiants
10:09du pouvoir phénoménal
10:11de cet outil.
10:12C'est un outil
10:14absolument surpuissant
10:15et d'ailleurs,
10:16on a du mal
10:16à l'appréhender
10:18mais c'est un peu
10:19comme à l'époque
10:21de la science atomique
10:23et de l'énergie nucléaire
10:23qui a permis
10:24de produire
10:25une énergie
10:27assez écologique
10:29et abondante
10:30mais en même temps
10:30qui permet
10:31de faire des armes
10:31très dangereuses.
10:32Donc, l'IA,
10:33c'est la même chose.
10:34L'IA,
10:34on a des armes aujourd'hui
10:35qui fonctionnent
10:36avec du LIA.
10:36On a des pirates,
10:37on a des bandits,
10:38des méchants
10:39qui utilisent l'IA
10:40pour attaquer les systèmes.
10:41L'IA aussi est un outil
10:42pour s'en défendre.
10:43C'est la réalité du monde.
10:46Nous, notre mission,
10:47c'est d'expliquer ça
10:48à nos étudiants,
10:48de leur faire prendre
10:49conscience de ces éléments-là.
10:50Donc, c'est l'éthique
10:51qui nous semble très importante.
10:53Dernière question.
10:56Vous privilégiez Milo
10:57avec des modèles
10:58open source,
11:00souverains,
11:01frugaux.
11:01Cette question-là
11:02entrave-t-elle
11:03la performance ?
11:04C'est-à-dire qu'on va essayer
11:06d'être effectivement
11:07le plus responsable
11:08ou le plus éthique possible
11:08mais d'un autre côté,
11:10est-ce qu'en étant
11:10plus responsable,
11:11plus éthique,
11:12on ne fait pas un peu
11:13une croix sur cette performance-là ?
11:15C'est Jacques Ellul
11:16qui parlait
11:16dans le système technicien
11:18de la logique
11:19de domination
11:20par la performance.
11:22Et cette logique
11:23de domination
11:23par la performance,
11:24est-ce qu'aujourd'hui,
11:25vous ne faites pas
11:26une croix dessus
11:26en disant
11:27nous, on est open source,
11:28nous, on est souverains,
11:30nous, on est frugaux ?
11:31Nous, c'est un choix
11:32très clair.
11:33La souveraineté,
11:33elle est grise,
11:34elle n'est pas blanche,
11:35elle n'est pas noire.
11:36Même si on a
11:36des hébergements
11:37dans le cloud français,
11:39etc.,
11:40les puces,
11:40aujourd'hui,
11:41les puces sont américaines.
11:42Donc, voilà.
11:43Donc, on essaie,
11:44nous, d'être d'un gris
11:45le plus clair possible.
11:46Voilà.
11:47Ça, c'est un choix
11:47très fort
11:48parce qu'on est français,
11:49on est européen
11:49et on est face
11:50à deux gros blocs
11:52qui sont le bloc états-unien
11:54et puis le bloc chinois
11:55qui sont des surpuissances
11:56là-dessus.
11:56On ne veut pas
11:57se faire dominer,
11:58on ne veut pas
11:59être les zèbres
11:59comme certains économistes
12:01expliquaient
12:02dans la jungle
12:03dans laquelle nous sommes
12:04avec des fauves.
12:04Après, oui,
12:05la performance,
12:06c'est important.
12:07Donc, nous,
12:08on est un établissement
12:08d'enseignement supérieur.
12:09On n'a pas d'obligation
12:11à donner les derniers modèles
12:12à l'état de l'art
12:13les plus puissants.
12:14On doit apprendre
12:16à nos étudiants
12:17le bon usage.
12:18On apprend aussi
12:18à des étudiants
12:19à créer des nouvelles IA,
12:20bien évidemment.
12:20Mais on a des étudiants
12:21qui veulent aller très loin
12:23dans la création
12:24de solutions d'IA
12:25et à ce moment-là,
12:26on leur donne accès
12:27ponctuellement
12:28à des modèles très puissants.
12:29Mais vous savez,
12:29on peut avoir accès
12:30à des modèles très puissants
12:31même en open source.
12:32Vous avez un agent
12:34ou un logiciel
12:35qui s'appelle Cursor
12:36qui fait du code,
12:37un peu comme Cloud Code.
12:38Eh bien,
12:38on a des équivalents
12:39d'open source,
12:40Jean-Madrid,
12:40qui sont good enough.
12:42C'est-à-dire,
12:42nous,
12:43on ne se sent pas du tout
12:44obligés de donner
12:45les derniers modèles
12:46et de ne pas subir
12:46la pression
12:47des grands acteurs
12:48de la big tech,
12:49notamment plutôt américaines,
12:50qui poussent
12:51leurs modèles frontières
12:53propriétaires.
12:54Les Chinois l'ont bien compris
12:55puisque eux,
12:56ils diffusent beaucoup
12:56de modèles open source
12:57et vous avez un acteur français
12:58et je tiens à le citer,
12:59Mistral,
13:00qui développe beaucoup
13:01et qui met beaucoup
13:01à disposition
13:02de solutions open source.
13:03L'open source,
13:04ce n'est pas la solution
13:04de la facilité,
13:05c'est le choix
13:06de la souveraineté,
13:07de l'ouverture,
13:08de la transparence,
13:08de la sécurité,
13:09parce qu'on sait
13:10ce qu'il y a dedans,
13:11mais ça impose
13:12une ingénierie
13:13très particulière,
13:14très poussée
13:14que nous,
13:15nous appelons
13:15l'ingénierie de l'IA.
13:16Donc, on gardera
13:17la performance
13:18avec le bon usage
13:19et la bonne éthique,
13:20c'est ce qu'on retient.
13:21Merci, François Stéphan.
13:22Merci beaucoup, Xavier.