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Jeudi 22 octobre 2026, retrouvez Stéphane Deo (Senior Portfolio Manager, Eleva Capital et membre de l'Éco à venir) et Anthony Lapeyre (Directeur de la Gestion Diversifiée, Amplegest) dans SMART BOURSE, une émission présentée par Pauline Gratelle.
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00:01Générique
00:07...
00:08Bienvenue dans Smart Bourse, votre émission quotidienne consacrée à l'écoute des marchés.
00:12Chaque jour, vous nous suivez en direct à la télévision à 12h30 et à 17h30.
00:16Vous nous retrouvez en rattrapage en replay sur notre site bsmart.fr
00:21et vous pouvez également nous écouter en podcast sur l'ensemble de vos plateformes d'écoute préférées.
00:26Au sommaire de cette édition, ce soir, la France est sous pression, comme depuis des semaines,
00:31pénalisée par un risque politique, par un risque budgétaire et puis évidemment par un risque social.
00:36Le rendement français à 10 ans a atteint en séance le seuil psychologique de 5,15%.
00:42C'est une première depuis 2002 et l'écart des taux avec l'Allemagne s'écarte encore un peu plus,
00:51autour de 175 points de base au moment où on parle.
00:54avant de se détendre un peu tout de même pour le rendement français à 10 ans,
00:58qui évolue là au moment où on parle entre 5,05 et 5,10%.
01:04Une situation qui pèse également sur les indices d'action avec un CAC 40 qui perd encore 1,5%
01:10et qui évolue autour de 7 800 points.
01:14L'indice parisien qui est lesté notamment par Hermès à la suite de sa publication.
01:19Le titre cède 5% après avoir cédé tout de même près de 10% dans la matinée.
01:25Après la publication de LVMH la semaine dernière, on savait que le secteur du luxe était sous pression.
01:30La publication d'Hermès ce matin l'a confirmée avec des résultats inférieurs aux attentes.
01:35Avec un chiffre d'affaires de 4 milliards d'euros, la croissance organique marque le pas à moins de 5%.
01:41Si la maroquinerie résiste, la division vêtements et accessoires s'enfonce dans le rouge à moins de 2%.
01:47Un coup de mou imputable à la baisse de la demande en Chine notamment, comme pour LVMH d'ailleurs il
01:53y a une semaine.
01:55On a également pris connaissance des résultats de Meta et Tesla hier soir.
01:59Malgré des résultats trimestriels spectaculaires et des prévisions au-dessus du consensus pour le quatrième trimestre,
02:06Mark Zuckerberg côté Meta continue d'accélérer sur l'intelligence artificielle.
02:11Une stratégie d'investissement colossaux jusqu'à 145 milliards de dollars qui a séduit les investisseurs hier soir.
02:18Il fait bondir le titre hier soir post-clôture mais là attention le titre a ouvert en repli de 7%.
02:25Enfin Tesla surprend Wall Street avec un flux de trésorerie positif et de bonne marge tout en préparant le terrain
02:33avec SpaceX
02:34pour une fusion géante potentielle à 3 700 milliards de dollars.
02:39C'est un montant colossal et ça pourrait devenir la plus grande fusion d'entreprises de toute l'histoire.
02:45Elon Musk a enfin dit ce que tout le monde pressentait.
02:47Il veut fusionner donc SpaceX et Tesla.
02:50Mais attention, le temps presse.
02:52Elon Musk veut sceller cet accord avant que le contexte politique sous Donald Trump ne se détériorie
02:57et que les élections de mi-mandat ne compliquent la donne.
03:01Enfin à noter du côté des autres marchés obligataires mondiaux que le rendement américain à 10 ans par exemple
03:07se détend de 10 à 15 points de base et repasse autour de 5%.
03:11Le rendement américain à 30 ans cède également une dizaine de points de base et évolue autour de 5,35%.
03:18Côté actions aux Etats-Unis, le Nasdaq ouvre en repli de plus de 2% plombé par la tech.
03:24Et l'IA, l'indice SOX des semi-conducteurs, cède même 6% dans les premiers échanges.
03:29Discussions à suivre évidemment sur ce plateau dans un instant.
03:42Deux invités avec nous ce soir pour décrypter les mouvements de la planète.
03:46Marché, Anthony Lappert, directeur de la gestion diversifiée d'ample geste.
03:50Bonjour Anthony.
03:51Bonsoir Pauline.
03:51Stéphane Déo, senior portfolio manager chez Eleva Capital et membre de l'éco à venir.
03:56Bonsoir Stéphane.
03:57Bonsoir Pauline.
03:58Anthony, commençons avec ce cas français.
04:00Je rappelais en intro les équilibres sur les marchés obligataires avec un rendement français à 10 ans qui grimpe tout
04:06de même de 10 points de base au moment où on parle autour de 5,10% après avoir atteint
04:10les 5,15% dans la matinée.
04:13C'est une situation qui pèse évidemment sur les marchés.
04:16Est-ce que les investisseurs s'inquiètent ?
04:20Objectivement, les investisseurs s'inquiètent.
04:21Après, est-ce qu'il y a énormément de nouvelles choses à dire sur le sujet depuis quelques jours ?
04:26Honnêtement, pas vraiment.
04:27Depuis le week-end, on voit qu'on est plutôt dans une tendance encore d'écartement du spread depuis les
04:32émeutes et on voit clairement qu'il y a un blocage d'autant plus marqué qui va perdurer dans les
04:38semaines et mois à venir.
04:39On voit qu'il y a un préavis de grève qui a été redéposé pour début novembre.
04:43Donc c'est sûr que la situation se fige d'autant plus, je dirais.
04:47Et on est mal embarqué pour les négociations sur le PLF 2027.
04:52Donc ça, c'est le gros sujet sur quel déficit on va pouvoir projeter sur le budget 2027.
04:59Le sujet aujourd'hui, il est là sur la France.
05:01Plus que, je dirais, le volume de dette, plus que le ratio dette sur PIB.
05:05Il est sur la capacité et la crédibilité d'un gouvernement à horizon 2027, mai 2027, de présenter un déficit
05:18public en résorption et un vrai plan d'action sur la gestion de la dette.
05:25Aujourd'hui, il faut juste rappeler une chose, c'est qu'on est dans un contexte où, d'une part,
05:30on a un choc énergétique au niveau mondial.
05:33Donc ça, c'est une prime de risque qui est quand même très importante sur les taux obligataires et sur
05:37l'inflation de manière générale.
05:39Tant que ça dure, forcément, les taux au niveau mondial sont sous pression.
05:45La France et l'Europe, de manière générale, étant dépendantes énergétiquement, on a une transmission encore plus directe que d
05:53'autres marchés.
05:54Le deuxième sujet, c'est qu'on est dans un régime d'investissement massif.
05:58Et donc, dans ce contexte-là, la pression sur les taux, encore une fois.
06:01Et dans ce régime d'investissement massif, on a une véritable lutte pour le capital qui s'est mise en
06:06place.
06:06C'est ça qui se passe sur la tech aujourd'hui.
06:09Et dans ce contexte-là, c'est sûr que la dette française, même à 5,10%, est-elle vraiment attractive
06:15face à des sociétés de la tech US
06:17qui se financent à 6% à horizon 5 ans ou même sur des horizons plus longs.
06:25Avec une histoire, un narratif de croissance peut-être beaucoup plus attractif et une gestion bilancielle historique aussi plus attractive.
06:33Donc, cette compétition, c'est ça qui pèse énormément aujourd'hui sur le coût des emprunts français.
06:39Oui, on va revenir effectivement, Anthony, plus en détail sur la tech Elia dans quelques instants.
06:45Avant, Stéphane, vos commentaires.
06:47Anthony a déjà rappelé pas mal de choses sur cette situation en France.
06:52La question qu'on se pose aussi, qui pourrait arriver, c'est évidemment ce risque de contagion.
06:57On voit déjà que les taux italiens aussi sont un petit peu sous tension.
07:01Dans un contexte où il n'y a pas que la France qui aura des élections cette année,
07:07on attend l'Italie justement, on a la montée de l'AFD en Allemagne,
07:11on a les élections anticipées en Espagne le 29 novembre qui arrivent également.
07:15Est-ce que ce risque de contagion doit être pris en compte justement par les investisseurs ?
07:21Alors, ce que je trouve intéressant, c'est justement que le risque de contagion a tendance à baisser récemment.
07:27J'étais ici il y a un mois à peu près, les spreads français et les taux commençaient à monter.
07:34Et en fait, l'argument, c'était de dire oui, les taux montent, mais tous les taux européens montent en
07:39même temps.
07:40Donc, en fait, ce n'était pas un problème français.
07:42C'était un problème général et donc la France montait en sympathie avec tout le monde.
07:47Maintenant, si vous regardez, il y a une vraie décorrélation.
07:49C'est-à-dire que la réaction de la France est très supérieure à celle de l'Italie, de l
07:53'Espagne,
07:54pour ne pas nommer le Portugal, etc.
07:57Donc, il y a vraiment quelque chose de très spécifique à la France qui se passe.
08:01Et donc, il y a un mois, moi ce que je disais, c'est qu'on n'est pas en
08:03train de prendre en compte un risque français.
08:05Parce que les taux montaient, mais c'était juste un mouvement général.
08:10On ne pénalisait pas la France particulièrement.
08:12Là, on est vraiment rentré dans cette logique-là.
08:14Et il y a vraiment une trajectoire très spécifique de la France par rapport aux autres pays.
08:20Moi, j'estime qu'il y a au moins 25 points de base, c'est-à-dire 0,25%,
08:24qui est vraiment spécifique à la France, qu'on ne peut pas expliquer par le mouvement général des taux d
08:30'intérêt.
08:30Donc, paradoxalement, moi, j'ai l'impression que la contamination diminue
08:35et que la France vit sa vie, alors malheureusement, sa vie du mauvais côté,
08:41et que les autres pays sont en tendance à ne plus suivre maintenant.
08:46L'inquiétude aussi, c'est ce spread entre la France et l'Allemagne.
08:51Anthony, on est à 175 points de base, c'est extrêmement haut.
08:55C'est allé très vite aussi, cet écart des taux entre la France et l'Allemagne,
08:59avec un taux allemand à 3,35% et un taux français, on le disait, à 5,10%.
09:04Voilà, c'est cet écart à 175 points de base.
09:07On sait qu'historiquement, la BCE, alors elle n'a jamais utilisé son outil, le TPI,
09:12mais elle était intervenue justement en 2022 avec l'Italie sur un seuil de 250 points de base, il me
09:19semble.
09:19Est-ce qu'on peut penser que la BCE puisse commencer à regarder ce spread
09:27à des niveaux qu'on connaît aujourd'hui, ou est-ce qu'on a quand même encore un petit peu
09:31de marge de manœuvre
09:32justement sur les spreads ?
09:34Je pense qu'il est bien trop tôt pour compter sur une action de la BCE.
09:38Cet outil, il a vraiment vocation à être activé
09:42s'il y a un risque aussi spécifique de liquidité qui peut se mettre en place.
09:47On n'est pas dans cette situation-là.
09:49On n'est pas dans cette situation-là.
09:51Il y a d'autres outils dont elle dispose, l'OMT par exemple.
09:53Oui, tout à fait.
09:54Mais je pense qu'on a vraiment besoin de se faire malheureusement un peu plus mal
09:58pour arriver à une action de la BCE.
10:01Encore une fois, le sujet, je pense, qui est central,
10:04et c'est ce qui distingue vraiment la France aujourd'hui aussi des autres économies de la zone euro,
10:09c'est notre niveau de déficit public et notre niveau de déficit primaire.
10:13On se compare beaucoup à l'Italie, mais l'Italie est en excédent primaire aujourd'hui,
10:16alors que nous, on est sur un déficit primaire de l'ordre de quasiment 3%.
10:20Donc à ce niveau-là, honnêtement, il faut vraiment montrer un peu plus de rigueur
10:27dans la copie budgétaire.
10:28C'est la seule chose qui fera qu'en effet, ce spread se stabilisera à court terme
10:33dans le contexte actuel et dans le blocage qu'on a à l'Assemblée.
10:39C'est ce que j'allais dire, un budget quasi impossible à faire passer en l'État
10:42puisque de toute manière, il n'y a pas de majorité à l'Assemblée nationale.
10:45Donc il est fort probable qu'il n'y ait pas de vote sur le budget 2027
10:50et qu'au final, on aboutisse avec un budget qui soit très proche
10:56et avec un déficit qui soit certainement bien au-dessus des 5%.
11:00Un autre sujet, évidemment, du moment, vous le rappeliez tout à l'heure, Anthony,
11:04c'est l'intelligence artificielle, la tech, ce secteur de l'IA,
11:09en gros, qui commence d'ailleurs à publier ses comptes du troisième trimestre.
11:13On a pris connaissance des comptes de SpaceX et Supermicro
11:17qui ont justement plutôt rassuré les marchés.
11:19Et puis ceux de Meta et Tesla, alors bon, Meta qui cède 7% au moment où on parle,
11:24et puis Tesla qui est à l'équilibre.
11:27Donc voilà, qu'est-ce qu'on peut dire sur ces publications
11:30et puis sur la dynamique justement des investissements dans l'intelligence artificielle
11:36dans ce contexte, Stéphane ?
11:38On a toujours des dépenses qui sont pharaoniques, qui continuent d'augmenter.
11:43Ce qui est bien, c'est que maintenant, le chiffre d'affaires lié à l'IA
11:46progresse et progresse beaucoup plus vite.
11:48Mais on part de tellement bas que c'est une course entre les deux.
11:51Et pour l'instant, c'est plutôt les dépenses qui gagnent de très très loin.
11:56Donc il y a un vrai sujet à terme de rentabilité de l'investissement.
12:02Dario Amodi, qui est le responsable d'Anthropic, disait
12:05« Non mais ne vous inquiétez pas, on va faire plusieurs trillions de chiffres d'affaires en 2030. »
12:11Alors plusieurs, je vais être gentil, c'est deux.
12:13Ce n'est pas trois, ce n'est pas cinq, ce n'est pas dix.
12:162 000 milliards, c'est cinq fois le chiffre d'affaires de Microsoft.
12:21Donc, moi je veux bien, enfin, créer...
12:24Mais c'est possible ?
12:25Il ne faut jamais dire jamais, mais enfin, c'est quand même...
12:28C'est beaucoup, je trouve.
12:31Donc, je trouve qu'il y a des...
12:33Moi, ça me rappelle un peu la bulle des dot-com,
12:36où il y avait des analystes qui vous expliquaient
12:37que vous alliez passer 30 heures par jour au téléphone.
12:40Je disais « Non, ça va être compliqué. »
12:42« Si, si, si, si. »
12:43Et là, c'est pareil, on tire des traits sur des trajectoires exponentielles.
12:48Et il y a un vrai sujet de rentabilité de ces investissements.
12:51Et je pense que c'est ça que dit la Bourse à l'heure actuelle.
12:55Tu parlais des émissions obligataires et des emprunts.
13:00Je vais juste vous donner une anecdote.
13:02« Si mes souvenirs sont bons », c'est Google qui a émis de la dette il y a un
13:05an.
13:06Ça a été sursouscrit sept fois.
13:07C'est-à-dire que pour un dollar qu'il voulait émettre,
13:11il y avait sept dollars d'investisseurs qui voulaient y aller.
13:16Amazon est sorti, alors c'est à mi-août, si mes souvenirs sont bons,
13:20c'était du 1 pour 1.
13:22Ah.
13:22Sur une notation IG, c'est-à-dire de bonne qualité, c'est rarissime.
13:27Donc ça veut dire qu'on a tiré sur l'élastique, beaucoup,
13:31et que même des très belles boîtes comme Amazon,
13:34qui ont un bilan en béton armé,
13:38ce n'est pas si simple que ça pour lever de l'argent.
13:41Donc on commence à voir pas mal de choses
13:43où le marché commence à douter de la rentabilité de l'investissement.
13:49Oui, des investissements massifs dans ce domaine de l'IA et de la tech.
13:54Anthony, c'est sûr que Stéphane le disait,
13:57mais en fait les investisseurs surveillent le retour sur investissement.
14:00C'est ce qu'ils regardent dans les comptes publiés en ce moment même de ces sociétés.
14:04Qu'est-ce qu'on pourrait dire ?
14:06Est-ce qu'on peut avoir une vision macro, justement, de la micro, de ces résultats,
14:11et prendre peut-être un peu de recul avec tout ça ?
14:14Oui, je pense que l'un des gros sujets de 2027, de toute façon,
14:19c'est cet ajustement sur le prix du risque qu'il y a évoqué Stéphane.
14:23Je pense qu'aujourd'hui, même ces géants de la tech avec des bilans très forts,
14:26ils sont obligés de se financer beaucoup plus cher.
14:29C'est ce qui est en train de peser sur toute une partie de l'écosystème,
14:32notamment ce qu'on appelle les néocloud,
14:33donc ces acteurs qui sont rentrés dans le business de l'infrastructure IA,
14:41qui construisent des data centers pour fournir de la capacité de calcul,
14:45mais qui s'endettent pour les construire,
14:47et qui, à part ce business model, n'ont pas grand-chose à proposer autour.
14:52Donc ça, clairement, ces acteurs qui sont très liés au coût de leur dette,
14:56c'est les premiers à être en stress.
14:58Corvive se finançait à plus de 16% en début de semaine ou en fin de semaine dernière
15:03sur des émissions 2031.
15:06Le rendement avait totalement décalé.
15:08Donc ce stress-là, il pose la question effectivement de la rentabilité aussi
15:14à assez court terme, dans les deux prochaines années du business de l'IA,
15:18et il se matérialise très concrètement par le fait
15:23qu'il va falloir monitorer d'extrêmement près
15:25déjà la dynamique d'évolution du prix de location des capacités de calcul.
15:32Donc ça, pour l'instant, et c'est un message assez positif,
15:36c'est des prix qui restent franchement stables, voire orientés à la hausse, toujours.
15:40C'est des prix qui augmentent depuis deux ans, globalement de manière très forte,
15:44et qui continuent à être à la hausse.
15:46Donc ça, c'est quand même un facteur qui nous fait dire
15:49qu'on a beaucoup plus de demandes que de capacités à ce stade, tout simplement.
15:55Même on voyait dans les comptes de ASML, justement,
15:57qu'il y avait beaucoup trop de demandes et que c'était impossible à satisfaire
16:00jusqu'à 2030, il me semble.
16:03Oui, c'est ça.
16:05Même une partie des commentaires de tous les fournisseurs mémoires
16:10qu'on a pu avoir dernièrement disent toujours
16:12qu'ils sont avec des niveaux de carnets de commandes
16:16qui ne pourront pas être servis avant 2028.
16:19Donc là-dessus, on sait qu'il y a eu une accumulation
16:23et une demande qui est extrêmement forte aujourd'hui.
16:26Après, le sujet de fond, c'est ce que mentionnait Stéphane,
16:29c'est concrètement qu'est-ce qui est intégré dans les cours
16:33et à quel point les analystes ont tiré le trait d'ores et déjà.
16:37Aujourd'hui, on a quand même tendance à croire,
16:40chez Amplogest, qu'il y a eu une véritable correction en termes de prix
16:44par rapport au prix des semi-conducteurs,
16:47notamment qui sont les pioches de l'IA,
16:50depuis l'été et depuis le mois de juin.
16:52Les pics sur le secteur, c'était le mois de juin.
16:54On a encore enlevé quasiment 30% au cours des derniers jours.
16:58Désormais, en termes de valorisation,
17:00on est quand même sur un secteur qui ne se paye vraiment pas cher.
17:03Donc c'est attractif.
17:05Donc on est en train de se dire que oui,
17:07c'est sûrement des points pour revenir de manière un peu plus positive sur le sujet.
17:10Et le sujet de 2027, pour revenir sur le début de mon propos,
17:15c'est véritablement aussi cette demande et ce prix
17:19des locations de capacité de calcul, d'une part,
17:22et d'autre part, à quel point les premières infrastructures
17:25qui ont été développées par notamment les hyperscalers
17:28commencent à générer du revenu.
17:29Et ce qu'on voit encore sur les derniers résultats trimestriels,
17:32et on va avoir encore plus d'informations dans les jours à venir,
17:35c'est que malgré tout, le revenu monte de manière conséquente,
17:39y compris sur ces segments de business
17:40qui sont les activités cloud et data center.
17:43Et donc si vraiment ces revenus accélèrent,
17:46le sujet pour ces gros financeurs d'IA,
17:50il est quand même plus limité.
17:52Ça n'enlève pas la problématique des neocloud,
17:55de la capacité à se financer sur ces niveaux de taux, etc.
17:58Et puis il y aura évidemment des gagnants et des perdants de l'IA.
18:01C'est ce qu'on répète sur ce plateau d'ailleurs.
18:04Une citation de Ken Griffin, qui date d'hier de Citadel,
18:07lui, il affirme que l'intelligence artificielle
18:09se trouve presque certainement dans une bulle actuellement.
18:13Donc bon, on ne sait pas encore.
18:14John Gray, en tout cas, lui, réfute les avertissements
18:18concernant une bulle de l'IA
18:19et qualifie même la demande de parabolique.
18:21Donc voilà, une demande parabolique.
18:23Au-delà de l'IA et de la tech,
18:25Stéphane, on a tout un tas d'autres résultats d'entreprises
18:28qui sont en train d'être publiés.
18:31Je pense peut-être au secteur du luxe.
18:33En France, on a eu LVMH la semaine dernière,
18:35Hermès ce matin.
18:37Qu'est-ce que ça nous dit sur ce secteur du luxe
18:40avec une consommation qui peine tout de même à repartir ?
18:44Ça nous dit que c'est très compliqué.
18:45C'est-à-dire que schématiquement,
18:48il y a deux moteurs pour le luxe.
18:50Il y a l'Asie, la Chine ne porte pas la nommer.
18:52Là, je ne vous fais pas un dessin.
18:54La consommation chinoise, on attend le rebond depuis des années.
18:59Je pense qu'on va continuer à l'attendre.
19:03Et puis, il y a l'autre partie, c'est les États-Unis.
19:05Et vous savez, il y a le quai économique.
19:08Les pauvres qui sont de plus en plus pauvres
19:10et les riches qui...
19:11Qui sont de plus en plus riches.
19:12Et en fait, ce qu'on a vu récemment,
19:14c'est que la partie haute du cas,
19:16c'est-à-dire les riches,
19:18commencent à diminuer leurs achats
19:20de biens de luxe.
19:24D'accord.
19:25Il y a plusieurs banques américaines
19:27qui ont des données de carte bleue assez précises
19:29sur le sujet.
19:29Et donc, on avait des signaux avant-coureurs
19:32qu'en particulier sur la joualerie,
19:34ça commençait à se tasser de manière assez nette.
19:37Donc, vous avez les deux moteurs principaux qui...
19:40Alors, il y en a un qui est, à mon avis,
19:42pas bien du tout, c'est la Chine.
19:44Et puis, l'autre qui commence à fatiguer.
19:46Et puis, fondamentalement,
19:47si vous regardez,
19:48beaucoup de marques de luxe
19:50ont une croissance énorme,
19:52essentiellement à cause des prix.
19:54Donc, ils ont augmenté les prix de manière...
19:56Alors, je vais dire déraisonnable.
19:57C'est peut-être...
19:58C'est un jugement de valeur, ça.
19:59Significative.
20:00On va dire significative,
20:01pour ne pas dire très significative.
20:03Bon, il y a un moment,
20:04quand vous doublez, triplez le prix d'un sac,
20:08vous ne pouvez pas tripler toujours.
20:09Et donc, il y a là aussi,
20:13hors le fait que la consommation
20:15n'est pas bien orientée,
20:18il y a une source de croissance
20:21qui est l'augmentation des prix,
20:23donc des marges,
20:24qui...
20:25Enfin, on ne peut pas continuer
20:26pour les siècles et les siècles
20:27sur cette tendance-là.
20:28Et on a probablement,
20:29dans beaucoup de cas,
20:31on est probablement allé très loin
20:33dans cette logique.
20:33Oui, un autre secteur
20:36qui souffre de la consommation,
20:37Anthony,
20:38c'est le cas Carrefour,
20:40qui a perdu 15% hier
20:42après sa publication au CAC 40.
20:45Alors, Carrefour,
20:46qui a été assez impacté
20:48par les manifestations de ce week-end,
20:50des manifestations
20:51qui vont d'ailleurs imputer
20:53son résultat opérationnel
20:54de 80 à 200 millions d'euros.
20:57Qu'est-ce que ça nous dit,
20:58justement,
20:59sur un autre secteur
21:00hors luxe de la consommation ?
21:03Oui, ça nous dit
21:03que la consommation
21:04est sous pression
21:05dans le régime économique actuel.
21:07Ça le confirme.
21:08Bon, le cas Carrefour,
21:09il est très lié au sujet français,
21:10malgré tout,
21:11dans ces publications-là,
21:12il faut le dire.
21:15Mais factuellement,
21:17le consommateur
21:18est laissé de côté
21:19dans ce régime économique.
21:20C'est ça qu'il faut se dire.
21:22On a des secteurs,
21:24voilà,
21:24de l'industrie,
21:26certains axes
21:27liés aux matières premières
21:28qui sont vraiment
21:29sous des flux
21:30d'investissement majeurs,
21:31qui sont des flux
21:32d'investissement public.
21:34On a
21:35toute la sphère de la tech
21:36qui absorbe le capital
21:38d'une grosse partie du marché.
21:39Et à côté de ça,
21:40le consommateur
21:41est laissé pour compte.
21:42Et voilà,
21:42l'inflation,
21:43ça fait quand même
21:44cinq ans et demi
21:45qu'aux US,
21:45on est sur des niveaux
21:47d'inflation supérieurs
21:48aux objectifs
21:48de la Banque centrale.
21:50Bon,
21:50comme le disait Stéphane,
21:52il y a un moment,
21:53même les consommateurs
21:54les plus riches souffrent.
21:56Donc,
21:56sur la partie basse
21:57des consommateurs,
21:58oui,
21:59les marges sont très très faibles
22:00de toute façon
22:01sur des business
22:01comme celui de Carrefour,
22:02on le sait.
22:03Et là,
22:04avec des événements
22:06sociaux en plus
22:07qui s'ajoutent,
22:08la facture est salée,
22:09c'est sûr que la correction
22:10boursière est conséquente.
22:11Oui,
22:12vous parliez justement
22:13de la cible
22:14de l'inflation américaine
22:15par rapport
22:16à la Banque centrale.
22:17Ça tombe bien,
22:17c'est une transition
22:18toute trouvée.
22:19Il nous reste
22:20cinq minutes
22:21pour parler
22:22des banques centrales.
22:23On a la Réserve fédérale
22:25et la Banque centrale européenne
22:27qui vont rendre
22:28leurs décisions monétaires
22:29la semaine prochaine.
22:30Le 28 pour la Fed,
22:32le 29 pour la BCE.
22:34On attend, Stéphane,
22:35pas de grands changements
22:36sur ces deux décisions monétaires ?
22:38Non,
22:39typiquement.
22:40Alors,
22:40il faut savoir
22:40qu'elles se réunissent
22:41toutes les six semaines,
22:43donc deux fois par trimestre.
22:44et en général,
22:47à la fin du trimestre,
22:48donc les deux vont se réunir
22:50de nouveau en décembre,
22:51elles publient
22:52des documents importants.
22:53Donc,
22:54il y a les projections
22:54pour la BCE,
22:55il y a le dot plot
22:56pour la Fed,
22:56enfin bon,
22:57je passe la cuisine interne.
22:58Mais c'est une fois sur deux,
22:59c'est ça ?
22:59C'est ça.
23:00Oui, c'est ça.
23:01Du coup,
23:01c'est une fois par trimestre
23:02et donc,
23:03elles ont plutôt tendance
23:04à bouger leur politique monétaire
23:06à ce moment-là.
23:08Donc,
23:09je pense qu'effectivement,
23:11ce qui est le plus probable,
23:12c'est qu'il ne va rien se passer
23:13cette semaine,
23:14enfin la semaine prochaine.
23:16Par contre,
23:17oui,
23:18vous avez,
23:19aux Etats-Unis,
23:20c'est assez simple,
23:21le taux de chômage
23:21est resté au-dessous
23:22de 4,5 depuis,
23:24si mes souvenirs sont bons,
23:254 ans ou 5 ans.
23:26il y a 4,1 là.
23:28Oui,
23:28c'est le plus long
23:29qu'on ait jamais vu.
23:30Le précédent record,
23:31c'était dans les années 60,
23:32donc il y a plus d'un demi-siècle,
23:34un record battu.
23:35Donc,
23:35l'économie tient.
23:36Il n'y a pas de problème
23:37d'emploi aux Etats-Unis.
23:39Il y a de la croissance
23:40et puis,
23:40il y a une inflation
23:41qui est au-dessus de 3
23:43depuis 4,5 ans.
23:45Donc,
23:45il y a un moment où on peut...
23:46On a vu le CPI
23:46à 3,7%,
23:48tout de même un peu
23:48supérieur aux attentes,
23:50mais bon,
23:50en version cœur
23:50à 2,6,
23:51il est quand même.
23:52Donc,
23:52ça fait 4,5 ans
23:53que la Fed nous dit
23:53non,
23:54non,
23:54mais c'est temporaire,
23:55ne vous inquiétez pas,
23:55on va revenir à 2.
23:56Il y a un moment où
23:57il faut quand même
23:58faire quelque chose.
23:59Donc,
23:59je pense qu'en revanche
24:01que la hausse des taux
24:02est pricée pour décembre.
24:04Le 9 pour la Réserve fédérale.
24:05Voilà.
24:06Et là,
24:07effectivement,
24:07il y a une très forte probabilité.
24:09Il y a un point
24:10qui est important,
24:10c'est que je pense
24:11que beaucoup de gens
24:12se sont trompés
24:12dans leur analyse
24:13en disant
24:14que les taux montent,
24:14vous allez voir,
24:15l'économie va se casser la figure.
24:17Et en fait,
24:17l'économie est beaucoup moins sensible
24:19aux taux d'intérêt
24:20pour tout un tas de raisons.
24:21Ce serait trop long à développer.
24:23Mais si vous êtes d'accord
24:24avec cette idée-là,
24:26ça veut dire
24:26qu'une hausse des taux
24:27a peu d'impact sur l'économie.
24:29Donc,
24:29il faut monter plus.
24:31Donc,
24:31moi,
24:32je ne serais pas du tout étonné
24:32qu'on ait deux ou trois
24:34hausses de taux
24:34sur la Fed
24:35parce qu'une hausse des taux,
24:36ça n'a quasiment aucun impact
24:38sur l'économie.
24:39Donc,
24:40si vous voulez vraiment
24:41avoir une inflation
24:42qui revient en dessous de trois
24:43de manière durable
24:44et qui se rapproche de deux,
24:470,25,
24:49je ne le vois même pas passer,
24:51moi,
24:51sur mes modèles économiques.
24:52Oui,
24:52sachant que,
24:54surtout que Kevin Noir
24:55a remis cette inflation
24:56quand même au cœur
24:56de son discours,
24:57la Fed qui a ce double mandat
24:59emploi-inflation.
25:00Anthony,
25:01vos commentaires
25:02sur cette réserve
25:03fédérale américaine,
25:04la question,
25:05donc,
25:06ce n'est pas
25:06s'il va y avoir
25:07un mouvement
25:08la semaine prochaine,
25:09on est sûr que non,
25:11c'est largement
25:12pricé par le marché,
25:13bien que
25:15les anticipations
25:16ont quand même
25:16été assez volatiles
25:17ces derniers temps
25:18sur la réserve
25:19fédérale américaine.
25:20D'ailleurs,
25:21à l'aube des mid-terms,
25:22c'est quand même
25:23assez rare,
25:23historiquement,
25:24que la Fed
25:24fasse un mouvement
25:26de hausse
25:27ou de baisse des taux.
25:29La question,
25:30donc,
25:30c'est la question
25:31du 9 décembre
25:32et puis surtout,
25:33combien de hausses
25:34pour 2027
25:35on attend au final ?
25:37Oui.
25:39Très concrètement,
25:41je suis assez d'accord
25:42avec ce que disait Stéphane
25:43dans la mesure
25:44où il va y avoir
25:45des hausses de taux.
25:46Le marché s'attend
25:47d'ores et déjà
25:47à trois hausses de taux.
25:48C'est ce qui est prévu.
25:49On a décembre,
25:50mars et septembre.
25:51D'accord.
25:52Il y a quelques semaines,
25:5320-30 points de base
25:53à chaque fois.
25:54Oui, c'est ça.
25:55Donc, le marché
25:55a déjà intégré ça
25:57dans la courbe américaine
25:58et d'ailleurs,
25:59c'est à peu près
25:59la même chose
25:59au niveau BCE.
26:00D'accord.
26:02Donc,
26:03effectivement,
26:05encore une fois,
26:06on est dans une économie
26:07qui est beaucoup moins liée
26:08aux consommateurs
26:09et beaucoup plus liée
26:10à des dynamiques
26:10et des plans d'investissement.
26:11Donc,
26:12on a besoin
26:13de certainement plus
26:14monter les taux
26:14pour contrecarrer
26:16la dynamique d'inflation.
26:18Et là-dessus,
26:19je pense que quand même
26:20avec trois hausses
26:21de taux intégrés,
26:24on commence à considérer
26:26que malgré tout,
26:27les taux redeviennent
26:28progressivement attractifs.
26:30Dans la logique
26:31et pour sortir un petit peu
26:31du commentaire
26:32de politique monétaire,
26:33c'est quand même désormais
26:35à plus de 5%
26:37sur le disant américain.
26:38On était quand même
26:39à 5,50 sur le 30 ans.
26:41Et bon,
26:43on commence à avoir
26:44un jeu
26:44de portage
26:47sur ces parties
26:48du marché
26:49où on a déjà
26:52intégré
26:52un scénario
26:53de resserrement
26:54et malgré tout,
26:59on a une telle
27:00dépendance économique
27:00par ailleurs
27:01au cycle de l'IA
27:02et ce cycle
27:03d'investissement
27:03sur la tech
27:04que si on a
27:06un scénario
27:07un petit peu plus
27:08chahuté sur l'IA,
27:09c'est un peu le cas
27:10au niveau boursier
27:11pour l'instant,
27:11mais on n'a pas
27:12de nouvelles du tout
27:13inquiétantes
27:14d'un point de vue fondamental.
27:15Par contre,
27:15d'un point de vue fondamental,
27:16si ça venait
27:17à ralentir,
27:18clairement,
27:19la croissance américaine
27:20serait assez directement
27:21impactée
27:22en raison de la dépendance
27:23du cycle
27:24d'investissement
27:24de l'IA.
27:25Et donc,
27:26les taux américains
27:28dans ce contexte-là,
27:29quelle que soit
27:29la dynamique
27:31de la Fed
27:31à court terme,
27:32redeviennent
27:33un axe d'investissement
27:34relativement attractif
27:35à nos yeux.
27:35Bon, réponse la semaine prochaine
27:38et dans les prochains mois.
27:40Merci beaucoup,
27:40messieurs,
27:41Anthony Lappert,
27:41directeur de la gestion
27:42diversifiée
27:43d'Amplegeste
27:44et Stéphane Deosté,
27:45senior portfolio manager
27:46chez Eleva Capital
27:48et membres de l'Eco Avenir.
27:50Merci à tous les deux
27:50d'avoir été
27:51sur ce plateau.
27:53Demain,
27:53on suivra les résultats
27:54d'American Airlines,
27:56si je ne dis pas de bêtises.
27:57Et puis,
27:57évidemment,
27:58on attend la note
27:59de Moody's
28:00sur la France
28:00demain soir,
28:02il me semble.
28:03Ce sont des infos
28:04un peu approximatives
28:05que j'ai en tête,
28:06mais je crois que c'est ça.
28:07Merci, messieurs,
28:08merci à tous
28:09de nous avoir suivis.
28:10On se retrouve demain
28:10à midi et demi
28:11sur Bsmart.
28:16Sous-titrage Société Radio-Canada