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  • il y a 16 minutes
Jeudi 29 octobre 2026, retrouvez Nicolas Sopel (Stratégiste en chef, Banque Privée Quintet) et Romain Aumond (Économiste et stratégiste quantitatif, Natixis IM) dans SMART BOURSE, une émission présentée par Pauline Gratelle.

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00:07Bienvenue dans Smart Bourse, votre émission quotidienne pour rester à l'écoute des marchés.
00:12Chaque jour, vous nous suivez en direct à la télévision à midi 30 et à 17h30.
00:16Vous nous retrouvez en rattrapage, en replay sur notre site bismart.fr
00:20et vous pouvez également nous écouter en podcast sur l'ensemble de vos plateformes d'écoute préférées.
00:25Au sommaire de cette édition, ce soir, la Réserve fédérale a maintenu ses taux d'intérêt
00:30inchangés dans la fourchette de 3,75% à 4% lors d'un vote à 10 contre 2.
00:36Cette décision intervient dans un contexte de vigilance face à l'évolution des prix de l'énergie
00:42et d'une inflation persistante qui se situe au-delà de l'objectif des 2% depuis 6 ans.
00:48Maintenant, le président de la Fed, Kevin Warch, a indiqué que la Banque centrale
00:52restait sur la voie d'un resserrement monétaire sans toutefois s'engager formellement
00:56sur la trajectoire à venir de sa politique monétaire.
01:00Il a laissé entendre qu'une nouvelle hausse des taux serait possible
01:03dès la réunion de décembre, voire début 2027, sans pour autant verrouiller ses options.
01:10Un discours de Kevin Warch qui s'appuie sur des fondements taux économiques solides
01:14et la robustesse de l'économie américaine avec notamment la révision à la hausse du PIB
01:18du premier semestre à 2,4% et surtout, surtout, ce chiffre de croissance
01:24dont on vient de prendre connaissance, une croissance du troisième trimestre
01:29qui ressort en hausse de 3,4% sur la période en rythme annualisé,
01:35supérieur au 3,2% attendu par le consensus.
01:39s'analyse sur ce plateau dans un instant de ses chiffres.
01:42Côté européen, Christine Lagarde abandonnera la présidence de la Banque Centrale Européenne
01:47le 7 février 2027, a officialisé la BCE dans un communiqué.
01:52Ce jeudi, ce départ annoncé relance la course à la succession
01:56de l'une des personnalités majeures de la finance internationale,
02:00alors que la séquence des banques centrales se poursuit dans la journée.
02:03Justement, côté européen, avec la décision monétaire de la Banque Centrale Européenne
02:08qui n'a laissé aucune surprise puisque la BCE a maintenu ses taux inchangés
02:13comme c'était largement attendu, le taux de dépôt restant à 2,5%.
02:17Commentaire là aussi dans un instant sur ce plateau.
02:21Sur le cas français précisément, aujourd'hui, le rendement à 10 ans s'établit autour de 4,90%.
02:27Le spread franco-allemand qu'on continue évidemment à surveiller évolue entre 155 et 160 points de base.
02:35Au moment où on parle, les indices boursiers européens sont dans le vert.
02:40Le CAC 40 gagne plus de 1,5% cet après-midi autour de 7 950 points.
02:47L'indice parisien qui est soutenu par les bonnes publications d'entreprises.
02:51Renault s'envole de 6,5% après avoir fait état de revenus supérieurs aux attentes au troisième trimestre.
02:56Air Liquide progresse de 3%, Airbus progresse également de 3%.
03:01Enfin, un mot des Etats-Unis avec Alphabet, l'entreprise a fait état de résultats inférieurs aux attentes et d
03:09'un cashflow négatif.
03:10Le titre plonge de 13% dans les premiers échanges effaçant plus de 500 milliards de dollars.
03:17C'est sa plus forte chute boursière jamais enregistrée.
03:30Deux invités avec nous ce soir pour décrypter les mouvements de la planète.
03:33Marché, Romain Aumont, économiste et stratégiste quantitatif chez Natixis IM.
03:38Bonsoir Romain.
03:39Bonsoir Pauline.
03:39Et Nicolas Sopel, stratégiste en chef de la banque privée Quintet.
03:43Bonsoir Nicolas.
03:43Bonsoir Pauline.
03:44Commençons Romain avec cette Banque centrale européenne.
03:47Alors deux actus dont une qui n'en est pas une, c'est le statu quo de la Banque centrale
03:52européenne.
03:52C'était largement attendu.
03:53La BCE a laissé ses taux, il les a maintenus pardon, inchangés avec un taux de dépôt à 2,5%.
04:01La vraie info du jour, c'est plus ce départ de Christine Lagarde dont on se doutait un petit peu.
04:07Elle a annoncé son départ le 7 février 2027.
04:11Quels impacts on peut attendre Romain sur les marchés pour cette nouvelle course à la succession à la tête de
04:17la BCE ?
04:18Alors Christine Lagarde nous annonce qu'en effet qu'elle quitte ses fonctions avant la fin de son mandat
04:23pour officiellement prendre plus de liberté dans la parole publique
04:27et peut-être influencer un petit peu la situation politique française ou prendre un petit peu parti.
04:33Maintenant, est-ce qu'on s'attend vraiment à un changement de direction de la part de la BCE ?
04:37Pas vraiment.
04:38On a certes des changements au sein du directoire avec trois départs.
04:44Maintenant, la BCE, elle, reste quand même très viscéralement attachée, on va dire, à sa crédibilité.
04:52Et cette crédibilité qu'elle cherche à défendre, Christine Lagarde nous a bien fait comprendre
04:56durant la conférence de presse qu'il y a sans doute encore quelques mouvements de restrictions monétaires à attendre.
05:03Au moins un, celui de décembre, qui est pricé ou attendu directement par le marché.
05:07Le marché attend peut-être encore une seconde hausse d'ici la fin du premier semestre 2027.
05:13Nous, on considère que, globalement, une dernière hausse serait peut-être suffisante
05:19pour asseoir la crédibilité de la BCE dans sa capacité à faire refluer l'inflation vers sa cible à moyen
05:25terme.
05:25Donc, une seule hausse au lieu de deux pricées aujourd'hui, c'est ça ?
05:28Exactement.
05:29Dans la mesure où on ne s'attend pas à des matérialisations vraiment d'effet de second tour.
05:34Et ça, c'est globalement ce que constate encore à l'heure actuelle aussi Christine Lagarde
05:39dans sa conférence de presse.
05:42Il y a cette tension énergétique qui perdure.
05:44On a le problème d'Hormuz, on a le problème des coûts de frais du pétrole,
05:48on a un problème de marge de raffinage qui continue à pousser, finalement,
05:51la composante énergétique dans les indices de prix à la hausse.
05:55Mais pour nous, on ne voit pas encore nécessairement ce choc énergétique
05:59se diffuser à l'échelle de l'inflation sous-jacente.
06:03Et finalement, ce qui est vital pour la BCE, ça va être les projections,
06:07notamment la dynamique des salaires pour 2027.
06:09Et ça, c'est quelque chose dont on va avoir connaissance,
06:13du moins la perception de la BCE, lors de la réunion de décembre.
06:17Seul l'avenir nous dira, justement, Romain, sur ces effets de second tour, au final,
06:21parce que si le conflit au Moyen-Orient perdure, il y aura forcément plus d'inflation,
06:26plus de hausses des prix du pétrole, par exemple, qui pourront engendrer plus d'inflation.
06:31Donc on va rester attentifs, évidemment, à cette situation.
06:34Nicolas, vos commentaires sur ce départ de Christine Lagarde
06:37et puis sur sa conférence de presse qu'elle a donnée cet après-midi ?
06:41Alors je vais répondre un petit peu comme Christine Lagarde.
06:43On va aborder la politique monétaire dans un premier temps
06:46et laisser les questions de succession dans un deuxième temps.
06:50Bon, grosso modo, en accord avec Romain, nous attendons, nous aussi, une hausse de la part,
06:56c'est ce que nous attendions avant le meeting, une hausse de la part de la BCE
06:59avant la fin de l'année, donc c'est-à-dire au mois de décembre,
07:04vue confortée par Christine Lagarde,
07:08parce que ce que nous avons entendu de la part de Christine Lagarde,
07:13un message relativement nuancé.
07:15Moi, ce que j'ai retenu, c'est qu'elle a parlé à un moment des rendements obligataires
07:19suite à une question, parce que c'était peut-être plus de questions,
07:22je m'attendais à plus de questions justement sur l'impact de cette hausse des rendements obligataires
07:28qu'elle a signifiée et qui était à l'échelle globale,
07:31et non pas seulement, par exemple, à la France.
07:34Mais elle a dit, c'est vrai que si les rendements obligataires n'avaient pas été à ce niveau,
07:39le no-high, c'est-à-dire la décision de ne pas remonter les taux,
07:43a peut-être pu être différente.
07:45Mais ce qui veut dire que peut-être pour le mois de décembre,
07:49évidemment, si tout reste égal par ailleurs
07:51et que les rendements restent à ces niveaux-là,
07:54on pourrait peut-être se poser la question de que ferait la BCE à ce moment-là.
07:59Mais comme elle l'a dit, en répétant les mots de Kevin Warsh d'hier,
08:03« information rich », la période à venir va être très riche en informations.
08:07Donc on garde cette approche meeting par meeting.
08:12Ça, aucune surprise.
08:13Mais c'est vrai qu'on a des mid-terms,
08:14qu'on a potentiellement de nouveaux développements au Moyen-Orient.
08:18Donc c'est vrai qu'on a un scénario de politique monétaire
08:22qui est très dépendant d'une évolution du conflit.
08:27Est-ce que, par exemple, de nouvelles attaques sur l'Iran
08:30pourraient faire remonter encore plus les coûts du pétrole ?
08:33Certainement.
08:34Notamment, comme Romain l'a dit, c'est sur les coûts de transport et d'assurance
08:38que commence à se jouer cette hausse des prix.
08:42Donc voilà.
08:42Oui, il faut du raffiner aussi.
08:43Voilà.
08:44Donc beaucoup de choses à regarder pour nous tenir occupés d'ici les vacances de Noël.
08:49Mais dans tous les cas, une hausse.
08:53Je pense qu'on est tous d'accord là-dessus.
08:55et normalement, une période de pause pour 2027.
09:00Ce qui veut dire que le marché peut-être sur price
09:03surestime un peu les hausses potentielles.
09:06Un peu comme aux Etats-Unis, par ailleurs.
09:08Ce qui pourrait offrir quelques opportunités dans le marché à un moment ou à un autre.
09:12Oui, aux Etats-Unis, c'est sûr qu'on a vu les pricing de hausses
09:16qui ont été assez volatiles ces derniers mois
09:19pour une hausse ou non des taux de la Réserve fédérale
09:23selon les données qui sortaient au fur et à mesure.
09:27Le rapport sur l'emploi, l'inflation, etc.
09:30Des pricing qui ont été très très volatiles, Romain.
09:33Au final, la Banque centrale américaine, la Réserve fédérale,
09:37a laissé ces taux inchangés.
09:39Là aussi, c'était quand même anticipé depuis plusieurs semaines ce statu quo.
09:43Qu'est-ce qu'il fallait retenir de la communication de Kevin Warch hier ?
09:49À quoi il faut faire attention ?
09:51Il a sous-entendu une hausse des taux le 9 décembre à la prochaine réunion
09:56sans fermer la porte justement selon les données.
09:59On parlera après des données qui sont sorties aujourd'hui évidemment.
10:02Mais qu'est-ce qu'il faut retenir justement de sa communication à Kevin Warch ?
10:08En synthèse, on pourrait considérer qu'il est urgent d'attendre.
10:10C'est comme le cas pour la Banque centrale européenne.
10:13On a ces tensions énergétiques, mais je voulais revenir sur ce que vous disiez.
10:16C'est-à-dire que globalement, ces tensions énergétiques,
10:18maintenant ça fait presque, en mars 2027,
10:20ça fera un an qu'on sera dans ce contexte et cet environnement volatil.
10:25Et en fait, les effets de base ont commencé à jouer aussi sur les agrégats d'inflation.
10:29Et si on n'a pas de diffusion de cette inflation énergétique dans l'inflation sous-jacente,
10:33on va revenir mécaniquement vers des taux d'inflation
10:36qui sont plus proches de la cible,
10:37que ce soit de la BCE ou de la Réserve fédérale.
10:39Maintenant, M. Warch doit composer avec une économie américaine
10:43qui, quand même, montre certains signes de surchauffe,
10:47surtout des surchauffes localisées, notamment dans l'investissement.
10:50On commence à voir des effets, finalement, inflationnistes localement
10:55sur certaines composantes de l'inflation,
10:59rattachées notamment à cette tension sur l'investissement colossal dans les data centers.
11:03Et donc, on comprend très bien que M. Warch veut attendre,
11:06dans la mesure où on ne voit pas cette inflation se diffuser,
11:09mais il y a quand même quelques petits chocs exogènes
11:11qui interviennent dans cette inflation.
11:13Maintenant, on peut quand même parler du PCI qui a été publié cet après-midi.
11:18Quand on regarde la proportion de biens du PCI
11:20à avoir une variation mensuelle négative depuis trois mois,
11:23eh bien, il y a une proportion de l'ordre de 24%.
11:25Et ça s'accroît par rapport au mois dernier.
11:28C'est-à-dire que, finalement, on a quand même des tensions désinflationnistes
11:31qui se matérialisent dans l'agrégat de prix.
11:33Et si vous voulez, M. Warch doit composer avec des dynamiques
11:36qui sont tout à fait contradictoires et dichotomiques
11:38au sein même de l'indice des prix.
11:40Et on comprend que, finalement, après cette hausse potentielle de décembre
11:43qui a quand même été un petit peu téléphonée
11:45et que le marché, finalement, lui aussi anticipe,
11:47on comprendrait mal de voir une Fed qui serait restrictive
11:51sur le début de l'année 2027.
11:53Et donc, dans sa communication, il a dû jongler avec, notamment,
11:56et c'est quelque chose qu'on attend tous,
11:58les résultats de ces fameux groupes de travail
12:00qui sont censés intervenir en décembre,
12:03où on s'interroge sur le choc de productivité rattaché à l'IA,
12:06où on s'interroge, finalement, peut-être à un changement de paradigme
12:09dans le cadre de la politique monétaire.
12:11Et enfin, peut-être la dernière chose qu'il faut rappeler
12:14de la prise de parole de M. Warch,
12:16c'est qu'on va diminuer, finalement, le nombre de réunions
12:19où on va avoir un vote concernant la politique monétaire.
12:21Donc, on a, normalement, 8 rendez-vous du FOMC par an.
12:26On va passer toujours à 8 rendez-vous l'année prochaine,
12:28mais il n'y aura que 7 rendez-vous durant lesquels on va voter.
12:31Et il y aura un rendez-vous qui sera dédié
12:33à la stratégie de politique monétaire de long terme.
12:35Mais là, on ne votera pas une hausse, une baisse ou un statu quo.
12:38Exactement. Et en 2028, il nous a annoncé
12:40qu'il n'y aura plus que 6 réunions durant lesquelles on votera.
12:43Et il y aura 2 réunions qui seront...
12:45Alors, c'est un objet encore assez diffus, assez abstrait,
12:48où peut-être qu'on aura des conclusions partielles
12:50quant à la production d'une politique monétaire nouvelle
12:53dans ce cadre nouveau,
12:54où c'est peut-être aussi simplement un moyen
12:56de réduire, finalement, le nombre de FOMC.
13:00La loi fédérale impose au moins 4 réunions par an.
13:04Donc, on a un monsieur Warch
13:05qu'on sent un petit peu, on va dire,
13:10qu'on sent vouloir, sans doute, diminuer, encore une fois,
13:13cette forward guidance et cette communication
13:16qu'il considère excessive avec le marché à l'heure actuelle.
13:18Oui, c'est sûr qu'il l'avait dit, ça, depuis le début de son mandat,
13:21qu'il voulait réduire la communication.
13:23Mais si jamais il réduit, du coup, le nombre de réunions,
13:27Nicolas, quel serait l'impact ?
13:30Qu'est-ce que ça changerait vraiment
13:31s'il y a moins de réunions
13:33ou on vote sur les taux, au final ?
13:35Pour nous, il ne va pas falloir se tromper
13:38un petit peu sur nos attentes.
13:41Non, c'est totalement en lien avec ce qu'il voulait,
13:45moins de forward guidance.
13:46Alors, ce qui est surprenant, parce qu'il avait totalement
13:48télégraphié la hausse de septembre,
13:53les récentes sorties des membres de la Fed
13:56montraient qu'il n'y allait rien se passer maintenant.
13:59Donc, à voir comment ce changement se met en place.
14:01Parce qu'on a un marché qui est quand même
14:02vraiment dépendant des discours des banquiers centraux.
14:09abandonner la forward guidance.
14:11Peut-être voir comment, par exemple, la BCE pourrait réagir
14:14sous, avec un ou une nouvelle présidente de la BCE.
14:20Parce qu'aujourd'hui, il était très clair que Mme Lagarde a dit
14:22« Bon, ben voilà, la direction est très claire pour le mois de décembre. »
14:26Oui, ça rajoutera un petit peu d'incertitude dans le marché.
14:30Peut-être, voilà, à mon sens, ça augmentera un petit peu la volatilité
14:35de ces attentes de politique monétaire,
14:38qui, comme vous le disiez tout à l'heure, sont très volatiles.
14:42Oui, très volatiles, on l'a vu, on verra en décembre,
14:45même si la hausse des taux, pour l'instant, semble assez pricée par le marché.
14:50Un mot de ce chiffre romain, c'est le chiffre de la croissance américaine
14:56du troisième trimestre, la première estimation, plus 3,4%.
15:01C'est la plus forte croissance sur un trimestre jamais enregistré, je crois,
15:07et supérieure aux attentes de 3,2% qui étaient déjà des attentes assez solides de croissance.
15:16Comment on explique ce chiffre qui intervient après un chiffre déjà révisé à la hausse
15:22de 2,4% au premier semestre de cette année ?
15:25Quand on analyse ce chiffre, on n'est pas du tout face à des contributions
15:28dites des composantes volatiles, qui seraient du stockage ou des effets techniques.
15:32On est vraiment sur, on va dire, un chiffre de création de valeur ajoutée
15:37qui est porté par une demande interne extrêmement robuste.
15:40Vous avez bien évidemment l'investissement dont on a parlé,
15:42qui contribue pour plus de 3%, me semble-t-il, en point de pourcentage
15:46à cette création de valeur ajoutée, absorbé finalement par la balance nette commerciale
15:52à travers les imports qui a grévé finalement ce chiffre de l'ordre de plus de 3% également.
15:58Mais derrière, quand on regarde l'eurolica, on a une consommation des ménages
16:01qui contribue de plus de 2% à cette création de valeur ajoutée.
16:05On a une contribution aussi de la dépense publique qui réapparaît
16:09de manière un petit peu significative, de l'ordre de 0,8, et on a globalement
16:13un effet de stock qui va peut-être être lissé lors des prochaines estimations.
16:17Il n'en demeure pas moins que ce qui nous intéresse vraiment,
16:20c'est la consommation des ménages et l'investissement des entreprises.
16:23Et ce cycle de demandes ultra robuste nous rend tout à fait optimistes
16:27quant à la trajectoire de croissance des États-Unis.
16:30On a un acquis de croissance, donc si finalement on n'avait aucune croissance
16:34au quatrième trimestre de cette année, on a déjà un acquis de croissance
16:36de 2,2% pour les États-Unis pour toute l'année, sans compter le quatrième trimestre.
16:42C'est-à-dire que finalement, on est face à une économie américaine
16:45qui continue à délivrer, qui investit et qui fait face à des gains de productivité
16:50tout à fait majeurs.
16:50Justement, sur les investissements des entreprises, ça nous fait une transition
16:54pour parler justement des entreprises.
16:57Un mot d'alphabète, Nicolas.
16:59Alphabète qui perd 13% au moment où on parle,
17:02après avoir fait état de résultats inférieurs aux attentes.
17:06Est-ce que cette sanction du marché, selon vous, est justifiée ?
17:11Ça efface 500 milliards de dollars, là, juste à l'ouverture des marchés.
17:16Est-ce que cette sanction est justifiée pour des résultats légèrement inférieurs
17:21aux attentes de marché ?
17:22Oui, des chiffres qui font tourner la tête, bien évidemment.
17:24Alors, ces résultats sont très intéressants et la réaction de marché l'est tout autant.
17:32Parce qu'en fait, la question, ce n'est pas nouveau, que se pose le marché actuellement.
17:36C'est autant de dépenses dans l'IA si, peut-être avec l'IPO d'Entropique,
17:44de voir quelle est la rentabilité future de ces entreprises.
17:48Donc, ce qui s'est passé avec Alphabète, c'est que les revenus liés à la publicité
17:55sur les moteurs de recherche, c'est en fait, a été en baisse.
17:58Effectivement, vous tapez votre petite recherche et vous avez tout de suite une réponse générée par l'IA.
18:03Donc, ça réduit un petit peu ses revenus,
18:06alors que les dépenses prévues par Alphabète restent encore considérables.
18:11Bon, maintenant, peut-être que la réaction est sûre, exagérée,
18:14parce qu'au final, les revenus générés par le cloud, par les serveurs, restent très solides,
18:20au même titre que ceux de Microsoft.
18:23Mais néanmoins, le marché s'interroge sur cette capacité à financer ces dépenses.
18:30Quand vous estimez que, je ne sais plus quelle boîte de conseils a estimé
18:36qu'il fallait à peu près entre 6 et 7 trilliards de dollars entre maintenant et 2030
18:40pour financer les data centers, il va falloir y arriver.
18:43Ça veut dire que, peut-être, par an, il faudrait au moins 2 trilliards de revenus.
18:48Et pour le moment, on en est encore loin.
18:51Donc, peut-être un peu plus de sélectivité dans ce marché.
18:55Néanmoins, on le voit avec les chiffres de la croissance,
18:58c'est l'IA qui porte cette croissance.
19:04Pour 2027, ces dépenses, par contre, sont attendues en baisse.
19:09Alors, d'un point de vue nominal, elles vont continuer à augmenter, d'accord ?
19:13Mais c'est le rythme de changement.
19:15Entre 2026 et 2025, le rythme pour les 5 hyperscalers américains,
19:20ce n'était pas loin de 90%.
19:21L'an prochain, on ne sera plus qu'à 40%.
19:24D'accord.
19:25Voilà, peut-être un petit recul.
19:26Il faudra voir aussi l'impact que ça aura,
19:29parce que, comme Romain l'a dit,
19:31tous ces investissements ont été un petit peu effacés
19:35dans les chiffres de la croissance américaine
19:37par ces importations.
19:39Parce que les Américains, ils apportent du hardware
19:41qui vient notamment d'Asie.
19:43Donc, toute cette thématique de l'IA
19:44avec potentiellement un ralentissement,
19:47mais une croissance toujours positive des CAPEX,
19:51c'est vraiment la chose à surveiller.
19:53Si en 2026, on a regardé le prix du pétrole
19:56comme la seule variable macroéconomique,
19:58je pense qu'en 2027, la variable macroéconomique
20:00qu'il faudra regarder sera évidemment
20:02les dépenses des sociétés.
20:06Bien sûr.
20:08Vos commentaires, Romain, sur les résultats d'Alphabet,
20:12peut-être qu'on peut dire aussi un mot de Microsoft,
20:15de réactions différentes.
20:17Évidemment, on a Alphabet qui plonge de 13%,
20:20Microsoft qui ne gagne que 2%.
20:22Peut-être un mot aussi justement
20:23sur ces réactions de marché ?
20:25On sent une petite nervosité de la part des investisseurs
20:28lorsque l'on a cette croissance bénéficiaire
20:31qui manque les attentes.
20:32On a une correction qui est assez rapide et radicale.
20:36Maintenant, ce n'est pas que, à l'heure actuelle,
20:38les entreprises du secteur de la technologie
20:41qui, finalement, apportent le plus de croissance bénéficiaire.
20:44Quand on regarde, à l'heure actuelle, les publications,
20:47on est environ à la moitié des entreprises du S&P 500
20:50qui ont publié, et c'est aussi le cas en Europe, la moitié.
20:52On a quand même une croissance bénéficiaire en glissement annuel
20:56aux États-Unis de l'ordre de 25% en agrégé,
20:59et on a finalement 34% en Europe.
21:01Et quand on regarde quels sont les secteurs
21:03qui supportent cette hausse,
21:05on a bien évidemment le secteur énergétique,
21:07mais on a globalement aux États-Unis
21:08l'entièreté des secteurs qui supportent cette hausse
21:10de la croissance bénéficiaire.
21:12Et en Europe, à part celui, finalement, de l'immobilier,
21:16qui est à la traîne, nécessairement,
21:18étant donné le contexte sur les taux,
21:20eh bien, on a aussi, également,
21:21beaucoup de secteurs qui contribuent à cette hausse.
21:23Et donc, en fait, on assiste, finalement,
21:25à un momentum qui est quand même plus global
21:28et moins resserré autour de l'IA
21:31et des entreprises du secteur de la technologie.
21:34Alors, quels autres secteurs on peut regarder
21:38d'ici la fin d'année, d'un point de vue macro,
21:41aussi, Romain ?
21:42Ça peut être, qu'est-ce que vous regardez
21:44chez Natixis d'ici la fin d'année,
21:47mais aussi, surtout, pour les années à venir,
21:49dont l'année 2027,
21:51en termes de secteurs, de thématiques d'investissement,
21:54aussi, peut-être, en termes de marché.
21:57Alors, je pense, on n'a pas trop parlé
21:58de marché obligataire aujourd'hui,
22:00mais ça mérite peut-être une certaine attention également.
22:04Dans une approche d'allocataires classiques,
22:07cross-assets, sur plusieurs géographies,
22:09nous, on a tendance à rester quand même
22:10surexposés, finalement, aux marchés risqués,
22:12equity, dans sa globalité,
22:14dans la mesure où on a quand même un cycle de croissance
22:16qui va sans doute continuer à percoler sur 2027.
22:19On préfère le style cyclique,
22:21on préfère le style de croissance, finalement,
22:23même si maintenant, les secteurs,
22:26finalement, le style croissance versus value,
22:29la frontière devient de plus en plus ténue,
22:31parce qu'on considère l'énergie comme étant de la value,
22:34alors que c'est l'énergie qui porte la cote.
22:36Néanmoins, on cherche vraiment à se surexposer
22:38sur les marchés d'action.
22:41Et puis, on a toujours une petite préférence
22:42pour le marché equity américain.
22:44On est quand même, encore une fois, très positif également
22:47sur tout ce qui va être marché asiatique,
22:49Japon ou Asie émergente,
22:51qui, finalement, continue à absorber cette demande
22:55adressée par les États-Unis, mais pas que,
22:56par la Chine et par l'Europe.
22:58Et quand on considère, finalement,
23:01cette approche multi-assets,
23:02on va plutôt, en termes de marché de dette,
23:06essayer de privilégier plutôt la dette d'entreprise
23:08que la dette souveraine,
23:09dans la mesure où on considère qu'en 2027,
23:11on n'a pas que les mid-terms la semaine prochaine.
23:14On va également avoir, finalement,
23:16plusieurs échéances électorales,
23:18notamment en Europe, en Italie, en Espagne, en France.
23:22Eh bien, on considère que la volatilité associée,
23:24notamment à la partie longue de la courbe des taux,
23:27va ne pas rémunérer autant qu'il le faudrait l'investisseur.
23:32Donc, on essaie, finalement,
23:33de continuer à être constructif sur des durations courtes
23:36et privilégier le crédit d'entreprise
23:38plutôt qu'au total, en relatif, finalement,
23:41la dette souveraine.
23:43Nicolas, vos commentaires sur les thématiques
23:45que vous regardez également chez vous
23:48et peut-être un mot, justement, de cette dette souveraine.
23:51On n'en a pas trop parlé,
23:53mais on rappelle que le rendement français à 10 ans
23:56a touché les 5 %
23:57et allé au-delà de 5 % la semaine dernière.
24:014,90 aujourd'hui,
24:02assez volatile, hein ?
24:034,80 en séance, 4,90.
24:05Mais c'est surtout ce spread aussi franco-allemand
24:08qu'on surveille,
24:09qui touche à nouveau les 160 points de base aujourd'hui.
24:12Alors, un commentaire sur les thématiques
24:14et sur ce marché obligataire européen
24:16qu'on surveille, justement,
24:18en vue de ce que Romain évoquait,
24:20les différentes échéances,
24:21à commencer d'ailleurs, j'y pense en parlant,
24:23par les élections anticipées en Espagne
24:26qui vont arriver vite, le 29,
24:27juste après les mid-terms de la semaine prochaine aux Etats-Unis.
24:32Oui, un agenda politique très chargé en Europe.
24:35Pour revenir tout d'abord, on va dire,
24:37sur l'allocation générale,
24:38plutôt risk on, risk off,
24:39c'est-à-dire sur l'exposition au risque,
24:43tout comme Romain,
24:44nous restons légèrement surexposés au risque,
24:47c'est-à-dire nous privilégions les actions
24:50par rapport aux obligations,
24:52simplement parce que la croissance reste positive.
24:55Avec, évidemment, une préférence aussi
24:57pour les Etats-Unis.
24:59C'est un marché, en tout cas sur le marché actions,
25:01un marché qui reste de qualité.
25:05Sur l'obligataire,
25:06c'est là que ça devient intéressant
25:08et pour le débat très enrichissant aussi
25:12d'une certaine façon.
25:13C'est vrai qu'à ces niveaux de rendement,
25:15on pourrait commencer à se dire,
25:16bon, pourquoi prendre un risque ?
25:19Pourquoi prendre tant de risques ?
25:21Alors, on va séparer d'un point de vue régional,
25:24les Etats-Unis et, on va dire, l'Europe.
25:28Les élections de mi-mandat de la semaine prochaine
25:30aux Etats-Unis, bon,
25:32on laisse à penser que les Républicains
25:34perdront le contrôle du Congrès,
25:36en tout cas au moins des chambres du Congrès.
25:38Donc, le soutien fiscal devrait être modéré.
25:43D'un point de vue d'implémentation,
25:45ça va être compliqué avec un Congrès divisé
25:48ou totalement démocrate.
25:51Donc, on va dire que le vent contraire
25:56qui pourrait venir de la fiscalité,
25:57enfin, de la politique fiscale américaine,
25:59peut-être, est en train de s'estomper.
26:01Ce qui est vraiment le sujet du marché obligataire européen,
26:05évidemment, du marché obligataire français.
26:07Parce que, évidemment, comme l'a dit Madame Lagarde tout à l'heure,
26:10tous les rendements obligataires à travers le monde ont augmenté.
26:13Bien sûr.
26:13En tout cas, notamment sur les pays développés.
26:18Mais la France a sous-performé,
26:20parce qu'il y a le risque politique d'une élection budgétaire,
26:25parce qu'on a le budget,
26:26donc je crois que c'est avant le 17 décembre,
26:28il me semble,
26:29faire passer dans un contexte d'élections l'an prochain.
26:34Alors, ce n'était pas nouveau,
26:35mais c'est vrai que ça fait la une des journaux,
26:38je me souviens, la une du monde,
26:39de dire 120% ou 119 exactement de PIB
26:43pour la dette française,
26:45avec un déficit aux alentours de 5%.
26:47D'ailleurs, Madame Lagarde l'a aussi dit tout à l'heure,
26:50c'est vraiment les choses à surveiller.
26:52Donc, voilà, peut-être que si,
26:54au sein du marché obligataire,
26:56privilégiaient les États-Unis sur la partie souveraine
26:58par rapport à l'Europe,
26:59par contre, sur la partie corporate,
27:00sur la partie crédit d'entreprise,
27:02c'est un peu différent.
27:03Le marché est plus de qualité en Europe,
27:05parce que le marché s'interroge justement
27:08sur ses financements en dépenses américaines.
27:10et toute cette réaction de marché
27:13qu'on voit liée à l'IA,
27:15l'a potentiellement un impact sur le crédit.
27:18Que dire d'oracle qui est à la limite
27:22de la dette, je ne sais plus comment on le dit en français,
27:25mais la junk, voilà,
27:26si jamais il y avait une baisse de la note d'oracle,
27:30quel impact ça pourrait avoir
27:31et sur l'investment grade et sur le high yield.
27:34Donc, voilà, c'est peut-être la partie du crédit
27:36qu'on va laisser de côté pour le moment.
27:40On va rester, en tout cas,
27:43un petit peu plus exposés aux crédits européens.
27:46Beaucoup de mouvements de marché
27:48à surveiller pour cette fin d'année,
27:50pour l'année 2027.
27:52Merci beaucoup, messieurs.
27:53Nicolas Sopel, stratégiste en chef
27:55de la banque privée Quintet,
27:57et Romain Aumont, économiste et stratégiste
27:59quantitatif de Natexis IM.
28:02Merci à tous les deux d'avoir été sur ce plateau.
28:05Merci à vous de nous avoir suivis.
28:07et on se retrouve demain en direct
28:09à midi et demi sur Bsmart.
28:11Sous-titrage Société Radio-Canada
28:16Sous-titrage Société Radio-Canada
28:18Sous-titrage Société Radio-Canada

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