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  • il y a 23 heures
Ce lundi 19 octobre, la gestion de crise d’Emmanuel Macron et la question d’une éventuelle présidentielle anticipée ont été abordées par Jean-Marc Daniel et Emmanuel Lechypre dans leur chronique, dans l'émission Good Morning Business, présentée par Brigitte Boucher, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:008h44 sur BFM Business et face à le Chypre, Jean-Marc Daniel, bonjour à tous les deux et bienvenue à
00:05vous.
00:06Emmanuel Macron a tenté de désamorcer la crise hier en s'invitant à 20h à la télévision sans faire d
00:12'annonce concrète,
00:13une forme d'impuissance d'un président en fin de règne.
00:16Pour la presse internationale, c'est le crépuscule d'Emmanuel Macron, il est déjà mort.
00:20Alors cette question ce matin, et on commence avec vous Emmanuel, faut-il avancer la présidentielle ?
00:26C'est vrai que rarement la France a été confrontée à autant de crises graves simultanément.
00:33Si vous prenez la crise géopolitique, si vous prenez la crise de pouvoir d'achat avec le prix des carburants
00:38élevé,
00:39si vous prenez la crise économique avec la quasi-récession, la hausse du chômage,
00:47si vous prenez la crise étudiantine avec toutes ces revendications finalement sur des meilleures conditions d'études,
00:53si vous prenez le risque de crise financière aussi, avec globalement des marchés financiers qui défient la France
01:02en espérant qu'elle va se lancer dans le redressement de ses finances publiques,
01:06on voit que sur toutes ces crises, la France est paralysée, le gouvernement français est paralysé
01:13parce qu'il ne peut pas apporter de réponse dans un contexte de finances publiques extrêmement dégradé
01:19et dans un contexte aussi où ce gouvernement n'a pas de majorité à l'Assemblée nationale
01:24et donc n'a pas de marge de manœuvre et donc ne peut répondre à aucune de ces crises.
01:28Et donc on se dit mais comment vont se passer les six prochains mois ?
01:32Ça va être extrêmement long.
01:35Mais c'est pas ce qu'on se demande déjà depuis le deuxième mandat, voire depuis 2024 et la dissolution
01:39?
01:39Oui mais en tout cas vu l'accélération et la gravité des événements, la question c'est face à ça,
01:45un gouvernement qui aurait une légitimité à l'Assemblée, qui résulterait effectivement du choix des Français assez rapide,
01:52alors on sait que si Emmanuel Macron annonçait finalement une anticipation des élections,
01:58il faudrait, il y a toujours un délai d'une trentaine de jours, ça veut dire une campagne assez courte,
02:02alors qu'il a appelé justement à beaucoup de débats pendant la campagne, etc.
02:05Et au moins ça aurait le mérite de concentrer et encore une fois ça clarifierait une situation politique
02:10dont on voit aujourd'hui qu'elle a besoin absolument de tracer des...
02:15Mais il faut avancer à la présidentielle ou dissoudre à nouveau, faire des législatives ?
02:18Ah ben non, dissoudre à nouveau ce serait pire que tout,
02:20puisque dissoudre à nouveau ça priverait sans doute de marge de manœuvre le prochain président de la dissolution
02:24et ça n'aboutirait pas sans doute à un gouvernement de majorité.
02:28Donc non, la vraie clarification c'est un nouveau président ou une nouvelle présidente
02:34qui obtient une majorité à l'Assemblée.
02:36Il faut rappeler que la seule règle qui tient encore aujourd'hui politiquement sous la Vème République,
02:41c'est que quand un nouveau président arrive,
02:43car lorsqu'il est élu pour la première fois, il a jusqu'à maintenant eu toujours une majorité,
02:48même en 2017 on disait, attendez Emmanuel Macron, il sort de nulle part, il n'a pas de parti,
02:52si vous croyez qu'il aura la majorité, en fait c'est la droite qui va arriver au pouvoir,
02:55vous n'avez pas voulu de François Fillon à l'Élysée, vous l'aurez à Matignon, etc.
02:59La réalité c'est qu'Emmanuel Macron, il a eu une très large majorité.
03:02Donc ce dont on a besoin aujourd'hui, c'est vraiment d'un gouvernement avec une majorité cohérente
03:07qui applique la politique pour laquelle il a été élu.
03:09Mais au moins il y a cette clarification.
03:11Donc il faut avancer la présidentielle. Et pour vous ?
03:14Non, je ne pense pas que ce soit important d'avancer la présidentielle.
03:16Je pense qu'il faut regarder un peu ce qui s'est passé dans le passé,
03:20c'est-à-dire qu'on n'arrête pas de dire que la crise est exceptionnelle,
03:24mais enfin l'histoire de France n'a jamais été un long feube tranquille.
03:26Alors je ne vais pas remonter à Etienne Marcel, à la révolte des maillotins
03:30qui a donné son nom à la porte-maillot, à tout un tas d'événements aussi dramatiques,
03:34voire largement plus dramatiques que ceux qu'on a connus.
03:36Je ne vais pas non plus évoquer les émeutes qui ont eu lieu depuis le début du siècle
03:39dans les banlieues, pour différentes raisons,
03:43mais je vais prendre quatre événements qui me paraissent assez illustratifs
03:46dans l'histoire relativement récente du pays, sur lesquels on pourrait s'appuyer.
03:49D'abord, je vais revenir sur 1832.
03:53Pourquoi 1832 ? Parce que les émeutes sont racontées dans
03:55Le Misérable, le roman de Victor Hugo, dont on vient de sortir une adaptation cinématographique.
04:02C'est à l'occasion des obsèques d'un général républicain
04:05et de l'Empire qui s'appelle le général Lamarck.
04:07Et donc, simultanément, il y a eu une crise sanitaire énorme,
04:11c'est-à-dire que c'est l'épidémie de cholérasse que raconte notamment aussi
04:14dans le cinéma, le « Hussard sur le toit » que l'on vient de ressortir à l'occasion du
04:18décès de Jean-Paul Rapneau.
04:21Et comment réagit Louis-Philippe ?
04:22Louis-Philippe va chercher un homme qui incarne à la fois l'autorité
04:27et qui a une forme de légitimité par rapport à l'histoire du pays,
04:30c'est le maréchal Soult.
04:32C'est-à-dire qu'il incarne le maréchal Soult, c'est un général maréchal,
04:36il a été l'un des bras droits de Napoléon, il incarne la Révolution
04:38et de l'autre côté, il incarne une forme d'autorité.
04:41On retrouve le même cinéma en 1934,
04:44vous savez, tout le monde se souvient des émettres du 6 février,
04:47le président du Conseil, c'est Daladier,
04:48il va voir le président de la République, Albert Lebrun,
04:51et il lui dit « Vous incarnez la République,
04:53donc vous devez subsister, vous devez exister,
04:55affirmer votre présence, et nommer un nouveau gouvernement.
04:58Et donc, on nomme un nouveau gouvernement
05:00avec la mission de rétablir l'ordre et d'incarner l'identité nationale.
05:07On choisit comme président du Conseil un ancien président de la République
05:10qui incarne la République.
05:12Et surtout, dit Daladier, ne modifiez pas le calendrier électoral,
05:15il ne faut pas donner l'impression que nous sommes soumis
05:17dans le fonctionnement de notre démocratie aux aléas de la rue.
05:21Je regarde 1947, pourquoi 1947 ?
05:24Parce que l'homme providentiel qu'on va nommer, c'est Robert Schumann,
05:28et Robert Schumann est aussi dans l'actualité,
05:29puisque le pape Léon XIV lui a rendu un hommage assez exceptionnel
05:33à l'occasion de sa récente visite à Metz.
05:35Et donc, il y a un accord qui s'est fait entre Robert Schumann
05:38et le Parti Socialiste, donc lui, il est chrétien, MRP,
05:41et le Parti Socialiste, qui nomme un homme d'autorité à l'intérieur,
05:45qui est Jules Moque, qui est un ancien résistant,
05:47ministre de Léon Blum.
05:48Donc des gens qui ont une forte légitimité
05:50et qui ont une capacité à incarner l'autorité.
05:53Et puis, dernier exemple, c'est De Gaulle,
05:55le 24 mai 1968,
05:58les émeutiers prennent la bourse, mettent le feu à la bourse,
06:02le commissariat du cinquième arrondissement est assiégé,
06:05il va y avoir des morts,
06:06et De Gaulle dit, très bien,
06:09Pompidou va démissionner,
06:11et donc,
06:12il prend quand même une décision,
06:14c'est pour changer,
06:16pour nommer quelqu'un qui a une autorité,
06:17il va faire une dissolution.
06:19Alors, quelle leçon retirée de tout ça ?
06:23Je suis assez d'accord avec Emmanuel Chypre,
06:25c'est que l'arme de la dissolution,
06:26qui serait l'arme naturelle,
06:28dans les circonstances actuelles,
06:30a déjà été utilisée,
06:31c'est une arme qui n'est plus utilisable.
06:33En revanche, je pense qu'il faut trouver
06:36un gouvernement qui soit resserré,
06:38qui incarne l'autorité,
06:40et qui incarne la légitimité
06:41d'une forme d'union nationale.
06:43Emmanuel Macron n'a pas été capable
06:45de trouver un technicien après la dissolution,
06:47maintenant il faut qu'il trouve un homme de...
06:50Jean-Marc Daniel, une idée,
06:51alors, avant, c'est un non !
06:53Non, non, je n'ai pas à moi de le dire,
06:55mais je suis sidéré de voir
06:57que la seule solution qu'on propose
06:59à Emmanuel Macron,
07:00c'est de dire, écoutez,
07:01avancez les élections.
07:02Non, je suis sur la même ligne que Daladier,
07:04ce n'est pas la rue de déterminer
07:05le calendrier électoral.
07:06Sauf que dans tous les cas
07:07que vous avez évoqués,
07:08il y a eu un changement,
07:09pas évidemment de président,
07:10mais il y a eu un changement
07:12soit à l'aide du gouvernement,
07:13soit dans un ministère,
07:15et là, Laurent Nunez,
07:16qui a présenté sa démission,
07:17l'Élysée refusait.
07:18Oui, et donc je pense que c'est...
07:19C'était un bon fusible ?
07:20Oui, c'était un bon fusible,
07:21mais il fallait avoir quelqu'un d'autre
07:23à mettre.
07:23Le véritable problème,
07:24c'est qu'Emmanuel Macron...
07:25Il n'y a pas de personne
07:26sur le banc de touche ?
07:26Emmanuel Macron n'a pas trouvé
07:28le Mario Monti,
07:30après la dissolution,
07:31tu aurais réder nos problèmes économiques.
07:32Manifestement, il est incapable
07:33de trouver l'homme
07:34qui incarne à la fois
07:35l'Union nationale et l'autorité,
07:37et donc la faiblesse
07:38d'Emmanuel Macron,
07:39c'est de réfléchir
07:40et de reprendre du recul
07:41pour essayer de montrer
07:42que ce n'est pas lui
07:43qui doit être en première ligne
07:45et que ce n'est pas lui le problème,
07:46qu'il faut qu'il prenne de la hauteur.
07:48Mais la grande catastrophe pour moi,
07:50ce serait de dire à la rue,
07:51vous avez raison,
07:52on va changer le calendrier électoral.
07:54Il ne faut surtout pas répondre
07:55à la rue.
07:56Surtout, ne changez pas
07:57le calendrier électoral.
07:58Ce n'est pas...
07:59Encore une fois,
08:00quand Mélenchon crie
08:01la République, c'est moi,
08:02ce n'est pas vrai,
08:03mais quand Macron devrait dire
08:04en revanche, la République,
08:06c'est moi.
08:06C'est lui, pour le coup.
08:08C'est moi, la République,
08:09c'est pas Mélenchon.
08:10Enfin, pas vous,
08:10mais Emmanuel Macron.
08:11C'est Emmanuel Macron,
08:12il devrait s'en souvenir,
08:13et il devrait agir en conséquence.
08:14Emmanuel Lechypre ?
08:15Le problème de la stratégie,
08:17entre guillemets,
08:18de Jean-Marc,
08:19c'est que, un,
08:20il y a un problème quand même
08:21d'ampleur
08:23et de rapidité
08:26de la réponse
08:28à cette crise qu'on a vécue.
08:29C'est-à-dire qu'aujourd'hui,
08:30quand vous lisez la presse,
08:31quand vous regardez les commentaires
08:33des analystes,
08:34des opposants,
08:36bien évidemment, etc.,
08:36c'est que la réponse
08:38qui a été apportée hier
08:39est quand même jugée
08:40très insuffisante
08:41par rapport
08:42à l'ampleur
08:43de la crise
08:44qui est quand même
08:45l'illustration
08:46qu'on a aujourd'hui
08:47entre la France du pape
08:49et la France des pilleurs.
08:51On a ces deux Frances
08:53qui sont dos à dos
08:54et qui appellent
08:55des réponses structurelles.
08:57Donc, hier soir,
08:58Emmanuel Macron
08:59n'a pas vraiment
09:00incarné finalement l'État
09:02en se défaussant même
09:03et en disant
09:03mais attendez,
09:04je suis déjà en train
09:05de gérer une situation
09:06de transition.
09:07Ça, c'est le premier problème.
09:09Et puis, l'autre problème
09:10du choix de Jean-Marc,
09:12c'est les délais.
09:13Vous savez,
09:14quand un avion décolle,
09:15il y a un moment
09:16où il y a une vitesse
09:18qui s'appelle V0
09:20et une fois que vous l'avez franchie,
09:22quoi qu'il arrive,
09:23même si vous considérez
09:24que vous allez vivre
09:26une catastrophe,
09:26vous devez décoller.
09:27Et là, c'est exactement
09:28le même problème.
09:29C'est-à-dire que
09:29vous pouvez choisir
09:31n'importe qui.
09:31On est en dessous
09:32des délais
09:33qui seraient finalement
09:37nécessaires
09:37pour permettre
09:38à une figure autoritaire
09:39de s'imposer.
09:40Mais là,
09:41on est déjà
09:41dans la transition.
09:42Donc,
09:42nommer quelqu'un
09:43qui créerait
09:44un choc psychologique
09:45rassurant,
09:46qui ramènerait
09:46l'autorité,
09:47etc.,
09:48ce serait valable
09:49si on était
09:50en milieu de mandat,
09:51s'il restait au moins
09:51un an,
09:52voire deux ans
09:53avant les prochaines
09:53grandes échéances.
09:54Mais là,
09:55on est six mois
09:56avant les échéances.
09:58Sauf qu'Emmanuel Lechypre,
09:59réel politique,
10:00le président Emmanuel Macron
10:01était élu
10:02pour contrer
10:02le Rassemblement national,
10:04provoquer des élections
10:05anticipées,
10:06président,
10:06mais aujourd'hui,
10:07c'est précipiter
10:08le RN à l'Elysée.
10:09Oui, d'accord,
10:10mais ça,
10:10il y a un moment
10:11où il faut respecter
10:12aussi le choix
10:13des Français.
10:13Moi,
10:13je ne présage pas
10:14de qui sera porté
10:15à l'Elysée.
10:17Mais la réalité,
10:17c'est que sans
10:18ligne claire
10:19et sans programme clair
10:21et sans stratégie claire,
10:23aujourd'hui,
10:24on est plus pénalisé
10:26avec un Emmanuel Macron
10:28finissant.
10:29Et regardez,
10:29vous dites,
10:30il a été élu
10:31pour contrer
10:31le Rassemblement national,
10:32sauf que si
10:34les six prochains mois
10:35sont à l'image
10:36des deux derniers mois
10:37qu'on a vécu,
10:39je veux dire,
10:39ça ne fera qu'alimenter
10:41finalement ce vote
10:42pour le Rassemblement
10:43national.
10:44Pour les extrêmes,
10:45en tout cas.
10:45national.
10:45Donc la réalité,
10:46c'est que l'intérêt
10:47du pays aujourd'hui,
10:48ce serait d'avoir
10:49un débat clair
10:50entre les candidats
10:51à la présidentielle
10:52sur le modèle
10:53de société qu'on veut
10:54et qu'il y ait
10:55un gagnant clair,
10:56une majorité claire
10:57et que cette majorité,
10:59quelle qu'elle soit,
11:00qui vienne.
11:00Bien sûr,
11:01et que cette majorité,
11:01quelle qu'elle soit,
11:02mette en oeuvre sa politique.
11:03Je suis d'accord,
11:03mais à condition
11:04que ça ait lieu
11:05au printemps
11:06conformément au calendrier
11:07prévu par la Constitution.
11:07Conformément au calendrier
11:08à ma gauche.
11:09Merci à tous les deux.

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