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  • il y a 4 semaines
Ce lundi 7 septembre, l'épargne salariale, dans le viseur du gouvernement pour renflouer les finances de la Sécurité sociale, a été abordée par Emmanuel Lechypre et Hedwige Chevrillon dans leur chronique, dans l'émission Good Morning Business, présentée par Brigitte Boucher, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:008h43 sur BFM Business et sur RMC Live, Canal 25, face à le chiffre avec Edwige Chevrillon.
00:06Bonjour à tous les deux.
00:07Bonjour Brigitte, bonjour à la nouvelle.
00:09Alors, l'épargne salariale qui est dans le viseur du gouvernement,
00:12en quête de recettes pour renflouer les finances de la sécurité sociale,
00:15le gouvernement envisage de soumettre à cotisation une partie des primes d'intéressement,
00:20participation ou abondement des employeurs au plan d'épargne supérieur à 3000 euros par an.
00:26Alors, faut-il taxer cette épargne salariale ? C'est la question qu'on se pose ce matin.
00:32Edwige Chevrillon, votre avis ?
00:33Mon avis, c'est qu'évidemment, il ne faut pas le faire.
00:35C'est-à-dire que c'est la facilité.
00:37Comme disait dans une tribune publiée dans Le Monde,
00:39Olivier Blanchard, l'ancien chef économiste de l'EFMI,
00:42ce qu'on ne demande pas à l'État, c'est de taxer plus à l'État français.
00:44On lui demande de réduire justement la dette et de proposer des mesures d'économie.
00:49Donc là, on en est loin, comme d'habitude.
00:51C'est la facilité, je l'ai dit, question de pouvoir d'achat.
00:54Juste un petit peu d'histoire, on va quand même rappeler que c'est le général de Gaulle
00:57qui a annoncé ses principes fondateurs.
00:59C'était le 7 avril 1947.
01:01C'était d'associer justement les salariés avec les entreprises
01:05et de renforcer ce dialogue entre les deux et complètement d'actualité.
01:09Après, il faudra 20 ans quand même pour passer à des dispositifs concrets,
01:13comme quand en France, c'est toujours assez long, en 1967.
01:15Et puis après, il y a eu des textes.
01:17La fameuse loi Pacte, si chère à Bruno Le Maire,
01:19dont le rapporteur, je rappelle, était Roland Lescure,
01:21à l'époque, qui est l'actuel ministre de l'Économie et des Finances.
01:25Alors, ce qu'on peut dire, c'est que ça sert à renforcer l'actionnariat salarié des entreprises.
01:31Vous avez 80 milliards à peu près de cette épargne salariale
01:36qui est investie dans les entreprises.
01:38Donc, ça fait des fonds propres pour les entreprises.
01:39C'est bien.
01:40En plus, j'ai envie de dire, une fois de plus, c'est toujours les cadres salariés.
01:43Alors, Emmanuel va vous dire, mais oui, mais eux, c'est les plus lotis.
01:46Ils gagnent plus, c'est sûr, qu'un ouvrier.
01:49Mais en même temps, c'est eux qui sont toujours dans le viseur du gouvernement.
01:53Dès qu'il s'agit de taxer, on le voit un peu partout.
01:56C'est toujours les mêmes.
01:56C'est toujours les mêmes qui sont frappés.
02:00Ensuite, assimiler ses revenus à des salaires, c'est un contresens.
02:03Parce que là, l'objectif, justement, de l'épargne salariale,
02:06du plan épargne-retraite, de tout ce qui a été fait,
02:08c'est d'associer, en fait, les salariés avec les entreprises.
02:13De montrer que, voilà, c'est pas uniquement un job où vous êtes là,
02:17et puis vous repartez ensuite, où on vous vire le lendemain.
02:19Donc, je pense que dans la culture de l'entreprise,
02:22la culture des salariés, dans la culture du management,
02:25je pense que c'est quelque chose de très, très, très important.
02:28Mais parce que, pour vous, ça remet en cause complètement l'épargne salariale ?
02:32En tous les cas, un, pour les entreprises, ça a beaucoup moins d'intérêt.
02:36Et beaucoup moins d'intérêt pour les salariés.
02:38Donc, je trouve qu'une fois de plus, c'est comme se raboter le fond vert.
02:43Alors qu'on veut une politique d'écologie, hop, on rabote le fond vert.
02:46Eh bien là, on veut plus d'épargne salariale,
02:48on veut plus de Français qui investissent dans les PME, dans les actions.
02:53Et hop, de nouveau, on vous rabote un avantage fiscal.
02:57Emmanuel Lechypre, il faut taxer pour vous.
02:59Ah oui, moi, je pense que je suis presque en désaccord sur tous les points avec Edwige.
03:04D'abord, il faut bien voir qu'on cherche de la justice sociale dans les mesures qu'on va prendre.
03:12Alors, je suis d'accord avec Edwige sur le fait qu'en théorie, dans le meilleur des mondes,
03:17l'assainissement des finances publiques devrait venir de la réduction des dépenses et pas des hausses d'impôts.
03:21Ça vous fait au moins un point d'accord.
03:22Non, non, mais ça, c'est sur le papier.
03:24C'est-à-dire, croire qu'on s'en sortira sans hausses d'impôts, aujourd'hui, c'est quand même...
03:37Les plus favorisés, au détriment des moins favorisés.
03:40Et là, on est quand même sur une mesure qui frappe les salariés les plus favorisés.
03:45Parce qu'il ne faut pas se raconter d'histoire.
03:46C'est qui les salariés privilégiés dans ce pays ?
03:49C'est les salariés, notamment, des grands groupes.
03:51C'est-à-dire, c'est ceux qui ont les 35 heures.
03:53C'est ceux qui ont la participation et l'intéressement.
03:56C'est sûr que chez Total, ça fait un complément de revenus énorme.
03:58Ben oui, c'est ceux qui ont des comités d'entreprise de compétition.
04:03C'est ceux qui n'ont aucun risque de se faire licencier.
04:06Parce que, bon, quand les...
04:07Ah, vous ne regardez pas les chiffres, là, Emmanuel.
04:09Non, mais Edwige, quand les grands groupes...
04:09Attendez, Edwige, quand les grands groupes...
04:13On ne remplace pas des postes, etc.
04:15Mais vous avez très peu de salariés de grands groupes
04:18qui se font licencier économiquement.
04:21Donc, c'est des gens qui ont...
04:21À votre avis, pourquoi il y a de moins en moins de cadres et de management ?
04:24Les gens qui veulent diriger...
04:25Ah, parce qu'ils n'ont pas envie.
04:26Ah oui, mais pourquoi ?
04:28Oui, je veux dire, on ne peut pas dire que ce soit des privilégiés.
04:30Mais est-ce que ça remplace pas aussi les augmentations de salaire ?
04:32Parce qu'on a bien vu que ce matin, qu'elles n'augmentaient pas beaucoup.
04:34C'est ça aussi le vice.
04:36Donc, moi, je ne considère pas que frapper des gens qui ont ses primes
04:39plutôt que des salariés qui n'ont que leur salaire.
04:41Surtout qu'il faut rappeler que dans les entreprises de moins de 50 salariés,
04:45vous n'avez que 20% des entreprises qui distribuent du redressement,
04:49du redressement, de l'intéressement et de la partie...
04:52On ne va pas s'affoler parce qu'on va rappeler qu'il y a un seuil à 3 000
04:55euros.
04:55Donc, c'est quand même, effectivement, vraiment le panier des salariés qui sont touchés.
05:01Moi, je trouve que c'est une question d'équité aussi entre les formes de rémunération.
05:05Pourquoi 1 000 euros de salaire versés ne sont pas taxés
05:08autant que 1 000 euros de participation et d'intéressement ?
05:11Et d'ailleurs, on a bien vu le vice...
05:14Donc là, c'était une manière de compenser un peu.
05:17De compenser, c'est devenu un complément de revenu.
05:20Et notamment, à l'heure où on parle de retraite par capitalisation,
05:23il faut absolument rentrer dedans.
05:25Mais là, vous faites le jeu des salariés les plus aisés.
05:27Mais non, mais pas du tout.
05:28Mais si, bien sûr que si.
05:30Vous rentrez dans la politique, les riches et super riches.
05:33Oui, parce que cette distribution, elle s'est faite exactement comme la dit Brigitte,
05:37au détriment des salaires.
05:38Il faut regarder les chiffres.
05:39Si vous regardez depuis 40 ans,
05:42vous avez les sommes versées au titre de la participation
05:45qui ont été multipliées par presque 10.
05:47C'est deux fois plus que l'augmentation des salaires.
05:50Donc oui, on a quand même favorisé ça.
05:53Je trouve que c'est une assiette de financement assez logique pour la Sécu.
05:57Et puis moi, je trouve que ça rapporte quand même pas mal.
05:591 milliard sur le dos des salariés,
06:02qui sont les salariés les plus protégés de ce pays,
06:05c'est moins injuste que d'aller taper les malades et leur franchise.
06:09Oui, mais chaque fois que ça ne va pas baisser l'intéressement
06:10pour ceux qui voudraient y aller ?
06:12Non, mais l'intéressement, le plan d'épargne retraite,
06:14vous avez le plan d'épargne entreprise.
06:16C'est 200 milliards au total.
06:18C'est quand même beaucoup, beaucoup d'argent tout ça.
06:20Donc on se demande pourquoi.
06:22Ça veut dire qu'il y a un succès.
06:23C'est que les Français, ils souscrivent à ça,
06:26y compris peut-être les moins favorisés.
06:29parce qu'en plus, l'entreprise, elle peut abonder.
06:32Elle abonde même.
06:33Encore une fois, Edwige,
06:35vous vous adressez à une fraction des salariés
06:39qui sont déjà les salariés les mieux lotis aujourd'hui.
06:41Oui, mais c'est ceux qui payent le plus d'impôts.
06:42Et en même temps, vous ne participez pas
06:46à l'affaiblissement de la compétitivité des entreprises.
06:49Ça ne joue pas.
06:49Vous n'augmentez pas le coût salarial, etc.
06:51Donc franchement, moi, je pense que...
06:52Ça n'augmente pas le coût du travail.
06:53Je pense que de toutes les mesures qu'on a entendues...
06:55Justement, c'est pour ça que c'est bon.
06:56De toutes les mesures qu'on a entendues,
06:58finalement, pour aller chercher des sous
06:59dans les caisses de l'État,
07:01enfin, dans les caisses pour enflouer la sécurité sociale,
07:04moi, je pense que c'est une des mesures
07:05les plus intelligentes qu'on ait entendues,
07:08au même titre que, finalement,
07:10prélever les retraités aisés.
07:12Eh bien, du coup, on essaie de convaincre
07:13les Français qu'il faut acheter des actions.
07:15Et notamment, le plan d'épargne entreprise
07:17et le plan d'épargne entreprise,
07:18ça peut servir à ça.
07:20En plus, on dit qu'il faut flécher
07:22vers les PME, les PME de croissance.
07:24À Bercy, c'est là où c'est totalement contradictoire.
07:27À Bercy, ils essayent de tout faire
07:29pour que l'argent des Français,
07:30qui est énorme, le bas de l'âne des Français,
07:32aille vers les entreprises.
07:33Oui, mais sauf qu'il y a aujourd'hui,
07:34le but du jeu, ce n'est pas d'encourager l'épargne,
07:36qui est déjà considérable.
07:38On est dans le pays qui épargne le plus au monde.
07:39C'est plutôt d'encourager les gens à consommer.
07:41Vers les entreprises.
07:42Et donc, oui, mais aujourd'hui,
07:43ce n'est pas ça le sujet.
07:44Le sujet, c'est qu'il faut qu'il y ait de la consommation
07:46et que vous, effectivement,
07:48c'est un moyen de décourager un petit peu
07:52l'épargne salariale
07:53et de favoriser la consommation.
07:55Et aujourd'hui...
07:55C'est ça qui est dommage quand même.
07:56Non, mais attendez, il y a une épargne
07:57qui est d'encourager l'épargne salariale.
07:59Pourquoi ça favorise la consommation ?
08:01Au contraire, c'est contre le pouvoir d'achat.
08:03Parce que vous supprimez un petit peu
08:04de pouvoir d'achat.
08:05Non, ce n'est pas contre le pouvoir d'achat
08:06dans la mesure où, si ces mesures
08:07sont moins intéressantes,
08:08on reviendra à des augmentations de salaire.
08:11Et pour les gens qui, encore une fois,
08:14ont des petits salaires,
08:15et bien, eux, ils sont plus intéressés
08:16par des augmentations de salaire
08:17que de la participation et de l'intégration.
08:19Mais plutôt personnalisées, en tout cas.
08:22Oui, c'est ça, en tout cas,
08:23c'est l'été de ce matin.
08:24On parlait tout à l'heure, effectivement.
08:26La prime Macron, elle sera épargnée, en revanche.
08:28Oui, a priori, oui.
08:29A priori, donc ça,
08:30ça va permettre au patron
08:32de continuer à la distribuer.
08:33La prime Macron, elle est devenue
08:34tellement inintéressante
08:35que, de toute façon,
08:36ça serait intéressant pour le coup.
08:39Elle est moribonde.
08:40Elle est moribonde.
08:41Là, vous lui portez
08:42la dernière estocade possible.
08:45Oui, enfin, les salariés
08:47sont quand même contents de la toucher.
08:48Oui, mais encore une fois,
08:50c'est un tout petit nombre
08:51de salariés qui la touchent.
08:53Il faut une majorité
08:54pour faire voter ça au Parlement.
08:56Vous croyez que ça passe
08:57ou pas, la taxation
08:58de l'épargne salarial ?
08:59Oui, ça va passer.
09:00Ça va passer ?
09:00C'est une main tendue, en tous les cas,
09:02vers le Parti Socialiste.
09:04Écoutez le discours
09:04d'Emmanuel.
09:05Emmanuel, il vous dit, voilà,
09:06c'est que pour les riches
09:08et les super-riches.
09:09Non, mais là, Brigitte,
09:09vous avez délivré
09:12le dernier argument
09:13en faveur de cette mesure,
09:14c'est que c'est une mesure
09:15qui, à mon avis,
09:17sera consensuelle.
09:18Oui, sera consensuelle.
09:19Ça veut dire que le gouvernement
09:20cherche un accord avec le PS.
09:22Et ça ne va pas être gagné
09:24quand même de faire la façon
09:25que là.
09:25Déjà, si vous allez chercher
09:26à gauche, c'est pas possible.
09:26Je ne vois pas Gabriel Attal
09:27voter éventuellement cette mesure.
09:29Je ne sais pas,
09:30parce que c'est quand même
09:31en contradiction totale
09:32avec ce qu'a mis en place
09:33Emmanuel Macron
09:33depuis qu'il est président.
09:34Donc, moi, je veux bien
09:35la loi Pacte.
09:36Gabriel Attal
09:37qui est en campagne présidentielle.
09:39Donc, les votes seront regardés,
09:41en tout cas scrutés,
09:41avec attention.
09:42Merci à tous les deux.

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