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  • il y a 12 minutes
Ce mercredi 14 octobre, la publication par le gouvernement des premiers chiffres officiels concernant les aides publiques aux entreprises, a été commentée par Hedwige Chevrillon et Emmanuel Lechypre dans leur chronique, dans l'émission Good Morning Business, présentée par Brigitte Boucher, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Face à le Chypre, Edwige Chevrillon, bonjour à tous les deux.
00:03Bonjour Bréphine, bonjour à la maladie.
00:03Et bienvenue, alors le gouvernement a publié mardi son premier chiffrage officiel des aides publiques aux entreprises.
00:11Alors au maximum, elles ont été aidées à hauteur de 166 milliards d'euros en 2024.
00:17Edwige Chevrillon, est-ce que c'est trop ou pas ?
00:20Alors, d'abord il faut saluer l'exercice de transparence, je vais dire enfin, ça franchement, chapeau à la ministre
00:26des comptes publiques,
00:27c'est la première fois, ce qui est assez invraisemblable.
00:30Hier a été une grande journée pour la transparence.
00:31Oui, absolument.
00:32Et puis les chiffrages, les retraites.
00:34Les retraites des fonctionnaires.
00:3632% dans c'est sûr qu'hier, on a franchi une étape, enfin, pour l'opacité des comptes publics.
00:41Je me permets, à quel point c'est important dans la contribution au débat public ?
00:45On va enfin pouvoir se rendre compte de l'ampleur des phénomènes et on va pouvoir débattre.
00:49Et pourquoi ? Parce qu'il y avait un débat un peu polémique avec le chiffre du Sénat.
00:53Il y avait un rapport du Sénat.
00:54Alors ça, on revient sur les ailes d'autres entreprises.
00:56Emmanuel faisait allusion au fait qu'on a, dans le budget de l'éducation nationale,
01:00dont on parle évidemment beaucoup avec la crise des lycéens,
01:02c'est que le poids des retraites des professeurs est absolument gigantesque.
01:07C'est 32%.
01:08Donc ça permet effectivement, dans le débat sur la retraite, la réforme des retraites,
01:13on part sur des bonnes bases.
01:15Des bonnes bases de débat pour contribuer.
01:16Peut-être que sur les ailes d'entreprise, on part enfin sur des bonnes bases.
01:19Enfin, je dis enfin, en même temps, c'est vraiment des choux et des carottes.
01:21C'est-à-dire qu'on a les chiffrages, c'est pas du tout la même chose.
01:25Vous l'avez dit, le chiffrage, c'est 166 milliards.
01:28Mais il y a vraiment chiffrage et chiffrage parce que le Sénat, lui, allait même jusqu'à 211 milliards.
01:34Le commissariat, au commissaire, au plan, lui, il disait que c'était plutôt autour de 187 milliards,
01:39avec des fourchettes larges.
01:40Parce que là, il y a une fourchette aussi.
01:42On est de 60 à un max 166.
01:45Voilà, c'est ça.
01:45Mais j'ai pris les chiffres les plus importants pour le bon déroulement de ma démonstration
01:50pour dire qu'il faut quand même faire quelque chose.
01:51Mais là, on peut dire que c'est des chiffres officiels, du coup.
01:53Oui, enfin, c'est des chiffres de l'État.
01:54Merci.
01:55Absolument, classiques.
01:56Et puis surtout, c'est qu'un part comme une subvention vis-à-vis d'Orange, la CNCF,
02:00qui sont quand même des entreprises qui sont semi-publiques, voire totalement publiques,
02:03il y a quand même une clarification avec des grands blocs.
02:07Donc, on sait qu'est-ce qui coûte et qu'est-ce qui coûte cher.
02:10Donc, ça, c'est un point très impressionnant.
02:12Alors, pourquoi ?
02:13Moi, je suis pour dire qu'il y a trop d'entreprises, d'aide aux entreprises.
02:17Souvenez-vous, je crois que c'était la présidente du MEDEF,
02:19il disait ça il y a deux, trois ans.
02:21Il a dit, bon, OK, Banco, on n'arrête pas de me parler, d'après le rapport du Sénat.
02:25Il y a trop d'aide aux entreprises.
02:26Moi, je propose le grand effacement.
02:28C'est-à-dire, un, on supprime toutes les aides, ou presque,
02:32et puis deux, du coup, on fait baisser d'autant le taux d'imposition des entreprises.
02:38Mais, pour l'instant, c'est resté l'être morte.
02:40Mais, en tous les cas, il y avait quand même une démarche qui montre qu'il y a,
02:43je crois qu'au total, il y a quelques 2000 dispositifs.
02:46Même Bercy ne sait plus à quoi ça sert.
02:48Donc, c'est dire qu'il y a besoin de transparence, de clarifier.
02:52Il y a trop d'aide.
02:53Et puis, surtout, il y a des aides, on ne sait pas exactement où est-ce qu'elles vont.
02:57Le crédit d'impôt recherche fondamentale.
02:59Alors, c'est la plus grosse aide.
03:008 milliards.
03:01Vous recevez tout à l'heure le patron de Citroën qui dit,
03:03attendez, nous, on investit 2 milliards en recherche et développement.
03:05Si on le fait en Europe et en France, pourquoi ?
03:07Parce qu'il y a crédit d'impôt recherche.
03:09Mais, en même temps, il y a des tas d'entreprises qui en bénéficient,
03:11qui ne devraient pas en bénéficier.
03:12Et ça, je peux vous faire une liste longue comme le bras.
03:15Donc, c'est pour dire qu'on a besoin de clarifier.
03:18Et qu'il y a sans doute trop d'aide aux entreprises.
03:20Elles sont un peu droguées aux aides aux entreprises.
03:22Et vous, vous dites le contraire, Emmanuel ?
03:24Oui, moi, je ne partage pas du tout cette vision.
03:27D'abord, parce qu'effectivement, au-delà des très bons arguments qu'a donné Edwige,
03:31c'est vrai que la petite musique, c'est toujours regarder,
03:34notamment tous les partis de gauche qui disent,
03:36ah bah oui, mais regardez, les entreprises,
03:38elles sont super aidées, elles peuvent bien contribuer, etc.
03:41Mais la réalité, c'est que non.
03:42Alors, d'abord, il y aurait une naïveté terrible,
03:44qui est de croire que la France aide beaucoup ses entreprises,
03:47alors que les autres pays ne le font pas.
03:48C'est-à-dire que si vous regardez, par exemple, rien qu'en Europe,
03:52sur les aides directes, les aides d'État,
03:55l'Allemagne accorde plus d'aides d'État à ses entreprises que l'État français.
03:59Et puis, si vous regardez en proportion du PIB...
04:01Le système est différent, oui.
04:02Voilà.
04:02Vous avez aussi des pays d'Europe de l'Est
04:04dans lesquels les entreprises sont plus aidées.
04:05Donc, quand on regarde en somme absolue ou en pourcentage du PIB,
04:09la France n'est pas le pays qui aide le plus ses entreprises.
04:11Et je ne vous parle même pas des Etats-Unis ou de la Chine,
04:15puisque aux Etats-Unis, si vous prenez un des dispositifs spectaculaires
04:20qui était l'Inflation Reduction Act,
04:22vous êtes sur des sommes qui sont absolument considérables.
04:25Mais voilà une aide efficace.
04:27Oui, absolument.
04:28Et prenez les Chinois.
04:30Vous arrivez, hop, ce que disait le patron d'Engie ici,
04:32quand je le recevais, c'est-à-dire que vous arrivez avec votre projet,
04:35il suffit que ça ait une hydrogène verte,
04:37et à ce moment-là, hop, vous aviez tout de suite votre crédit d'impôt.
04:40Ici, il faut savoir détecter la couleur de l'hydrogène,
04:43enfin, en Europe du moins.
04:44Et les Chinois, c'est plus de 4% du PIB, effectivement,
04:47donc c'est considérable.
04:48Et puis après, c'est toute la question.
04:51C'est-à-dire qu'il y a une énorme partie de ces aides
04:53qui n'est que le contrepoint de fiscalité ou de réglementation
04:59trop compliquée ou trop élevée,
05:00et que si vous faites quand même le solde net,
05:04je prends le cas le plus typique,
05:06c'est évidemment les impôts de production.
05:08Non, mais là, vous prenez celui qui, évidemment, il faut le supprimer.
05:11Il n'y a pas que ça.
05:11Si vous prenez les cotisations sociales des employeurs,
05:14c'est presque 10% du PIB, c'est 7% en Allemagne, etc.
05:17Donc, il y a une partie des boulets avec lesquels
05:20les entreprises françaises courent qui sont allégées par ces aides,
05:23et qu'au final, il faut bien rappeler que malgré tous ces dispositifs d'aide,
05:28ce sont les entreprises françaises qui sont le plus prélevées.
05:31Et enfin, je pense qu'il y a aussi, pour compléter l'idée qu'il n'y a pas trop
05:37d'aide aux entreprises,
05:38c'est qu'il y a aussi des secteurs ou des domaines dans lesquels on pourrait aller plus loin.
05:44Il y a des manques qui sont identifiés sur l'industrialisation des innovations,
05:48sur les PME, etc.
05:50Donc, après, je concède à Edwige le fait qu'il y a beaucoup de dispositifs très compliqués, etc.
05:55Mais on ne peut pas dire que les entreprises françaises sont trop aidées.
05:58Elles sont aussi beaucoup enquiquinées.
05:59Edwige, j'ai envie de dire qu'elles sont très enquiquinées.
06:01Elles ont un niveau d'imposition qui est anormal, en tous les cas,
06:05dans le système concurrentiel dans lequel nous vivons.
06:07Mais, en revanche, il y a quand même des aides.
06:10Par exemple, on pourrait quand même les cibler mieux.
06:12On pourrait les cibler peut-être plus sur les TPE et les PME.
06:15On pourrait aussi demander une évaluation, une contrepartie.
06:20C'est ce que demandent notamment, c'est vrai, certains partis gauches, mais pas que.
06:23C'est-à-dire que vous voulez des allégements de charges sur les bas salaires,
06:27ok, mais alors à ce moment-là, engagez-vous à embaucher X personnes avec un bas salaire.
06:34Mais ça, c'est l'idée de la contrepartie.
06:36Ça, c'est une des problèmes dans le débat.
06:38Parce que là, on donne de l'argent, avec crédit impôt, etc.
06:42sont la contrepartie déjà d'un inconvénient.
06:46Donc, on ne peut pas redemander des contreparties supplémentaires.
06:49Non, mais les contreparties, si.
06:51C'est-à-dire que moi, si je vous prête de l'argent, je vous dis,
06:53ok, mais voilà, tu me rends quelque chose ensuite.
06:57Là, tu me rends en décidant d'employer des gens.
06:59Si vous me prêtez de l'argent parce que vous m'en piquez trop par ailleurs sur mes impôts,
07:04je considère que ça, déjà, c'est la contrepartie.
07:06Je ne vais pas encore vous faire des concessions.
07:09Oui, enfin, moi, je trouve qu'on aurait besoin vraiment, en tous les cas,
07:12de la grande clarification à défaut du grand effacement.
07:16parce que même Bercy, encore une fois, ne sait même plus de combien de dispositifs il dispose.
07:20Alors, incontestablement, on peut faire...
07:22C'est souvent le crédit impôt recherche qui est mis en cause.
07:25Non, mais c'est assez bien documenté.
07:26Parce que si vous voulez, la redistribution...
07:27Le Conseil d'analyse économique, ils ont documenté le truc.
07:30Il y a quelques milliards, effectivement, qui sont des effets d'aubaine,
07:33mais comme les aides à l'apprentissage...
07:34Quelques milliards, c'est quand même pas mal, quand on cherche de l'argent.
07:37C'est 14 milliards, c'est très utile.
07:39Les travaux de l'OFCE, il y a quelques milliards aussi, dépensés en trop.
07:43Donc, la réalité, c'est que, évidemment, c'est peut-être trop compliqué.
07:46C'est un maquis trop touffu.
07:47Il faut peut-être simplifier tout ça.
07:49Donc, on peut faire peut-être un peu différemment.
07:51Mais il ne faut pas faire moins.
07:53Il ne faut pas faire moins.
07:54Vous êtes presque d'accord, finalement.
07:56Il faut clarifier.
07:58Non, mais faire moins, ça dépend où est-ce qu'on met la barre.
08:00Parce que les chiffrages, encore une fois, ne sont pas les mêmes.
08:03Voilà, exactement.
08:04166 milliards.
08:05En tout cas, ça, c'est le chiffrage de Bercy au maximum pour les entreprises.
08:08Et non, 211 milliards, comme le disait le Sénat dans un rapport.
08:11Merci à tous les deux d'être venus débattre sur le plateau de BFM Business.

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