00:00— Chacun se fait le même procès. Je vais remettre un peu de douceur dans ce débat. On va parler
00:05de la primaire de la droite et du centre avec Édouard Philippe.
00:10Écoutez-le, Édouard Philippe, aujourd'hui, sur cette primaire et plutôt sur le bilan d'Emmanuel Macron, il me semble.
00:19— Est-ce qu'on l'a, Édouard Philippe ?
00:21— Ce que je propose, ça n'est pas la même chose que ce que souhaite le président de la
00:25République. Parce que la vie fait qu'on a des différences. Je suis pas le même.
00:30Je suis maire depuis 16 ans. Je suis père depuis 23 ans. Et je suis également heureux dans cette fonction
00:37même sur l'une, qui sera beaucoup plus durable que l'autre.
00:40Heureusement, d'ailleurs. Mais je veux vous dire que ce qui me paraît important, c'est de regarder ce qu
00:48'on propose pour l'avenir.
00:50Qu'est-ce qu'on propose pour la France ? Et il faut toujours revenir à ça. Bien sûr, on
00:54doit expliquer ce qu'on a fait dans le passé.
00:56Mais l'important, c'est qu'est-ce qu'on propose pour l'avenir ? Qu'est-ce qu'on
00:59propose pour rétablir les comptes, l'ordre, la puissance, l'influence de notre pays ?
01:05Aujourd'hui, elles souffrent. Je pense qu'on peut facilement faire beaucoup mieux.
01:09M. Iacovelli, tout à l'heure, vous faisiez comme ça pour essayer de mimer ce que racontait Mme Diop. D
01:17'autres seraient tentés de faire comme ça, en écoutant Édouard Philippe.
01:20Exactement.
01:22Oui, écoutez, moi, je ne sais pas. Je n'ai pas de signe particulier à faire pour Édouard Philippe. Je
01:26dis juste que, que ce soit Raphaël Glussmann, que ce soit Édouard Philippe, que ce soit Gabriel Attal, David Lysnard
01:32ou Bruno Retailleau,
01:34aujourd'hui, aucun n'est en capacité d'être au deuxième tour. Aucun.
01:38J'ai cru que vous aviez le troisième tour.
01:39Non, non, deuxième tour. Déjà, passons le deuxième. Donc, aucun n'est en capacité aujourd'hui d'être au second
01:45tour.
01:45Donc, au bout d'un moment, il faut se poser les bonnes questions. Est-ce qu'on y va uniquement
01:49pour porter le drapeau et se faire plaisir, encore une fois ?
01:52Ou est-ce qu'on y va avec un projet pour la France et on est capable de créer des
01:55coalitions, un contrat de gouvernement ?
01:57Parce que, moi, je ne suis pas d'accord avec tout ce que dit Raphaël Glussmann, comme je ne suis
02:02pas d'accord avec tout ce que dit David Lysnard.
02:04Mais s'il y a des points communs entre ces deux candidats et avec tous les autres candidats au centre
02:08de ce spectre central,
02:11c'est qu'ils sont tous contre les extrêmes, c'est-à-dire contre le Rassemblement National, contre Jean-Luc
02:17Mélenchon.
02:18Ils sont tous pour l'Europe. Ils sont tous dans l'économie de marché.
02:21Et ils ont tous une volonté de travailler pour l'intérêt des Français.
02:24Donc, aujourd'hui, effectivement, il y a une nécessité de se rassembler parce qu'il n'y a pas le
02:27choix.
02:27Il y a de grandes coalitions, c'est ce que proposait, il y a quelques jours, justement, le président de
02:33la République.
02:33Parce qu'en fait, la réalité, c'est que personne, aujourd'hui, n'est en capacité d'être le leader
02:38de ce secteur de commun.
02:38Sauf que qui mène cette coalition ?
02:40Déjà, mettons-nous d'accord sur un programme qui pourrait rassembler une coalition.
02:45Mais vous, vous êtes pour...
02:46Mais madame, déjà, vous savez, le problème, à force de dire n'importe quoi.
02:49Moi aussi, effectivement, on m'aurait dit faire alliance avec Bruno Rotaillot ou David Lysnard.
02:53Honnêtement, est-ce que...
02:54Moi, je n'avais pas spécialement envie.
02:55Mais il y a un principe de réalité.
02:57Moi, je n'ai pas envie de choisir entre Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen.
03:00Je suis désolé.
03:01Et donc, je suis prêt à faire des concessions.
03:03Mais vous êtes pour une primaire ?
03:04Moi, je suis déjà...
03:06Avant de faire une primaire, il faut se mettre autour d'une table pour essayer d'avoir un contrat de
03:09gouvernement.
03:10Pour mettre les points, les priorités pour les cinq prochaines années.
03:13Donc, contrat de gouvernement et ensuite primaire pour savoir qui mène cette coalition, c'est ça ?
03:17Parlons du projet, parlons de l'intérêt des Français et ensuite le leader...
03:20Ce serait qui, votre choix ?
03:22Moi, je vous l'ai dit, moi, depuis le début, je soutiens Gabriel Attal.
03:25Mais après, je me rangerai derrière le candidat qui sera choisi dans cette grande coalition.
03:31Parce que je pense qu'elle est nécessaire aujourd'hui si on ne veut pas avoir un choix mortifal.
03:34Pourquoi Edouard Philippe refuse-t-il, mordicus, cette idée de la primaire ?
03:44L'argument qu'il avance, c'est que la primaire divise.
03:48Puisque quand on fait campagne pour une primaire, par définition, on est obligé d'attaquer ceux qui sont vos concurrents.
03:55On veut gagner.
03:56On est dans une compétition.
03:57Et donc, on s'affronte.
03:58Et sa crainte, telle que je la comprends, c'est d'arriver au bout de cette primaire, même dans l
04:03'hypothèse où elle en sortirait vainqueur,
04:05abîmée par les multiples attaques qu'il aurait visées et qui auraient contribué à décrédibiliser ce bloc central.
04:12Parce qu'on aurait dit, finalement, c'est un espèce de fatras dans lequel ils sont d'accord pour rien.
04:17Regardez les débats dans lesquels vous avez pu les écouter, dans lesquels ils se sont affrontés.
04:21Ils n'étaient pas d'accord.
04:23Et donc, voilà sa lecture.
04:26Qu'est-ce que c'est un erreur pour vous, Edouard Philippe ?
04:28Voyez bien qu'il a deux difficultés majeures aujourd'hui dans cette campagne d'Ivoire Philippe.
04:32Le premier, on vient de l'écouter, c'est très clair.
04:34Il traîne Emmanuel Macron et le fait d'avoir été le Premier ministre d'Emmanuel Macron comme un boulet dans
04:39cette campagne.
04:39Il va devoir du mal à s'en défaire.
04:41Ça vaut aussi, bien entendu, pour Gabriel Attal.
04:45Et le deuxième, c'est que cette campagne ne lui permet pas, alors qu'il est contre le principe de
04:51cette primaire,
04:52si l'on en croit les derniers sondages, non seulement il ne lui permet pas d'émerger comme le leader
04:57naturel de ce camp du bloc central,
04:59mais au contraire, voit sa candidature s'affaiblir.
05:02Et donc, il est d'autant plus attaqué sur son refus de la primaire
05:06que le seul bon argument qu'il pourrait opposer, c'est de dire, regardez, je suis très loin devant les
05:13autres.
05:13Et donc, ça donne évidemment...
05:15Ça nourrit l'argument de ceux qui plaident pour cette primaire.
05:19Le danger pour Édouard Philippe, c'est que si jamais...
05:22En fait, cette idée de primaire, si vous voulez, à laquelle s'est rallié d'ailleurs Bruno Retailleau,
05:25qui a été réticent pendant un moment aussi,
05:27c'est que c'est une arme de dissuasion nucléaire pour Édouard Philippe.
05:30C'est-à-dire que ça le force à revenir à la table des négociations,
05:32puisqu'Édouard Philippe n'ayant plus l'argument du leadership naturel,
05:35puisqu'il n'est plus du tout à 20%, mais bientôt, passe même parfois sous les 10%,
05:38les autres lui disent, reviens à la table, parce que sinon, nous allons faire une primaire,
05:41et si tu n'y participes pas, ta légitimité, ce sera niette,
05:44puisque celui qui sortira gagnant cette primaire sera obligé d'y aller à ta place,
05:48tu ne pourras pas défier.
05:50C'est d'ailleurs le problème qui s'est posé pour François Hollande vis-à-vis de Raphaël Gutzmann.
05:54C'est la légitimité qui vient avec la victoire.
05:55Moi, je voudrais juste dire que Raphaël Gutzmann, il n'a rien à faire dans cette primaire,
05:59parce que nous, on a déjà fait une primaire, il a été désigné,
06:02et ce qui est demandé là, c'est François Hollande qui veut une primaire avec ces gens-là,
06:07ou être en négociation avec ces gens-là.
06:09Non, mais franchement, on n'est pas dans le bloc central, on est dans le constitution.
06:14Raphaël Gutzmann qui d'ailleurs laisse entendre...
06:18Raphaël Gutzmann qui laisse entendre dans la tribune dimanche
06:20que François Hollande finira par se rallier à lui.
06:23Il fait aussi ce pari.
06:25En tout cas, nous, on n'en participera pas.
06:28C'est sûr.