- il y a 2 mois
Avec Serge Papin, Ministre des PME, du Commerce, de l’Artisanat, du Tourisme et du Pouvoir d’achat, est l'invité politique
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NewsTranscription
00:00Sud Radio, l'invité politique, Jacques Cardoze.
00:06Il est 8h31 sur Sud Radio, c'est l'heure du grand entretien politique.
00:10Aujourd'hui, Jacques, vous recevez Serge Papin, ministre des PME, du commerce, de l'artisanat, du tourisme et du pouvoir
00:16d'achat.
00:17Bonjour Monsieur le Ministre.
00:18Bonjour Jacques Cardoze.
00:19Votre parole est attendue en cette rentrée, beaucoup de Français ont du mal en termes de pouvoir d'achat.
00:23Nous sommes très écoutés dans le monde rural et on va aborder plusieurs sujets qui concernent également le monde rural.
00:29Commençons par le textile, si vous voulez bien.
00:31Votre actualité, c'est l'ultra fast fashion.
00:34Une taxe européenne de 3 euros par colis a été mise en place.
00:37Est-ce que cette taxe européenne est un moindre mal pour permettre à l'industrie française, textile, de faire face
00:43à cette déferlante asiatique ?
00:46Plus largement, sur les plateformes.
00:49Vous savez, quand j'ai pris ce job de ministre venant de la société civile en tant qu'ancien chef
00:55d'entreprise,
00:55j'ai reçu des fédérations de commerçants, de fabricants qui m'ont tous dit, première parole,
01:02Monsieur le Ministre, c'est injuste.
01:04Il y a une concurrence déloyale avec les plateformes chinoises qui vendent des produits non conformes, etc.
01:11Donc moi, je me suis attaqué au sujet.
01:15On a d'ailleurs au passage suspendu la plateforme Chine après la vente de produits illicites.
01:21Il y a au passage des sanctions qui ont été portées.
01:24Parce que moi, j'ai une administration qui s'appelle ce qu'on appelle les fraudes.
01:28Vous savez, la DGCCRF, voilà, et qui contrôle.
01:33Donc on a fait des prélèvements.
01:35Ces prélèvements, on a regardé les produits, on s'est aperçu que la majorité,
01:39la grande majorité de ces produits ne respectaient pas nos codes de la consommation.
01:43Ils étaient même parfois dangereux, voire illicites.
01:46Donc moi, je me suis dit, voilà, il faut sanctionner.
01:49Donc au passage, il doit y avoir un milliard de sanctions qui ont été données en années glissantes
01:54entre les sanctions au niveau de l'Europe et au niveau de la France.
01:57Un milliard, c'est beaucoup.
01:58Un milliard, voilà, sanctions.
02:00Donc c'est pas rien, vous voyez, quand on dit...
02:02Et on a poussé ce qu'on appelle des droits de douane.
02:09C'est la France qui a demandé ça.
02:11Donc de 3 euros, comme vous venez de le dire,
02:13et qui vont augmenter jusqu'à 5 euros au mois de novembre.
02:16Donc c'est la fameuse taxe petit colis.
02:20Et entre l'éveil des consciences,
02:22c'est-à-dire les gens qui s'aperçoivent, bah ouais, ces produits sont quand même dangereux,
02:26ils voient bien que le business model...
02:27Vous voulez dire que tout ça a eu aussi un effet sur les consommateurs ?
02:31Ils se disent, bon, finalement, so what ?
02:34Par rapport à ça, c'est des produits qui ne sont pas satisfaisants en termes de consommation.
02:41Et, évidemment, les taxes, et bah on a une baisse, c'est pas rien,
02:47de ces produits-là, aujourd'hui, de moins 30 à moins 50%.
02:52C'est énorme.
02:53Donc, c'est énorme.
02:54Et puis, moi, je veux dire, je suis content, parce qu'on m'avait accusé,
02:57non, mais on m'avait accusé d'être un espèce de Don Quichotte,
03:00en disant, mais c'est David contre Goliath, j'ai jamais réussi.
03:04Et pourtant, vous aviez dit, je veux leur casser la gueule aux Chinois.
03:06Vous aviez employé ce terme.
03:07C'était une expression...
03:08Non, mais parce que c'était une façon, comme ça, un peu triviale,
03:11de dire, il faut qu'on se protège.
03:13Ça montre une volonté, en tous les cas.
03:14Moi, je n'ai rien contre les Chinois.
03:16Mais ça veut dire, en tous les cas, et vous nous l'annoncez,
03:18qu'il y a une baisse de la consommation sur ces produits.
03:21Baisse de la consommation.
03:21C'est une satisfaction pour vous ?
03:22Bien sûr, parce que c'est, moi, en tant que ministre du Commerce,
03:25des PME, je me dois à la fois de protéger ces entreprises,
03:30protéger le consommateur aussi.
03:31Et puis, comme vous venez de le dire,
03:33là, on est les premiers en Europe à mettre en place
03:35une loi contre l'ultra-fast fashion.
03:39Donc, c'est en route, là.
03:40C'est promulgué depuis le mois de juillet.
03:43Et donc, les arrêter, là, passe au 1er septembre.
03:46Ça veut dire quoi ?
03:48Qu'on va avoir un espèce de coefficient qu'on va mettre en place
03:53qui est issu à la fois d'un nombre de produits énormes.
03:57C'est que Chine, par exemple,
03:58met 6 000 à 7 000 produits par jour.
04:01Ce dont vous êtes en train de parler,
04:02c'est la deuxième taxe au niveau européen,
04:04qui est un malus, c'est bien cela.
04:06C'est un malus au niveau français,
04:08pas européen pour l'instant.
04:11Mais qui pourrait être reprise par d'autres pays européens.
04:16En tous les cas,
04:17ce malus, il est issu de deux choses.
04:20Un nombre de produits énormes,
04:23qui est mis en des comptes,
04:246 000 à 7 000 produits par jour,
04:27sont mis en marché par Chine.
04:29Et surtout, la réparabilité,
04:32donc un indice de réparabilité.
04:34Parce que ces produits,
04:34qui sont tellement éphémères,
04:37ils sont irréparables.
04:39Donc, on a voulu mettre un malus,
04:42qui va de 50 centimes,
04:44si c'est un sous-vêtement,
04:45à 12 euros maximum,
04:47si c'est par exemple un manteau.
04:48Ce sera en fonction du vêtement,
04:49et ça peut monter jusqu'à la moitié,
04:52à peu près, de la valeur du vêtement.
04:53La valeur avec un plafond à 12 euros.
04:54Et donc, le but, c'est évidemment
04:56de défendre les commerces européens.
05:00Bien sûr, défendre les commerces européens.
05:01Et puis surtout,
05:02vous savez, moi,
05:03je m'étais engagé sur la COP21.
05:06il y a 10 ans.
05:08Et vous vous rendez compte
05:08qu'il y a 600 avions
05:11qui viennent en Europe,
05:13chaque jour,
05:14pour livrer des produits
05:16qui ne respectent pas
05:18les codes de la consommation.
05:21Qui ne payent d'ailleurs, au passage,
05:23aucune taxe sur notre protection sociale,
05:25sur les retraites, etc.
05:27Donc, vous voyez,
05:28c'est quand même bien...
05:29C'est la raison pour laquelle,
05:30Serge Papin,
05:30les industries européennes
05:31veulent 10 euros de plus par colis.
05:34Sur ce point,
05:34est-ce que vous êtes d'accord ?
05:35Oui.
05:36Oui.
05:37Alors, nous, on a fait...
05:38On montre l'exemple en France.
05:40On s'aperçoit que...
05:40Ça va se traduire des faits ?
05:41Alors, je pense que l'Europe
05:42est en train de prendre conscience aussi.
05:44Et là, je vais vous dire,
05:45la France sert d'exemple.
05:46Parce que parfois, on dit
05:47« Ouais, mais l'Europe,
05:49c'est l'espèce de grande marmite,
05:51là, on ne peut rien faire. »
05:52Mais quand ça marche bien,
05:52il faut le dire.
05:53Et puis, quand on montre l'exemple,
05:54quand on est déterminé,
05:55on voit que l'Europe nous suit.
05:58Alors, pourquoi ne pas appliquer
05:59cette même taxe
06:00à, non pas l'ultra fast fashion,
06:02mais la fast fashion ?
06:04Et là, je pense à des marques,
06:05pardon de les citer,
06:06mais comme Zara, H&M.
06:08Vous faites une différence ?
06:10Oui, je fais une différence.
06:11Ce sont des magasins physiques.
06:12On pourrait citer
06:13Kiabi, Jules, etc.
06:16Pourquoi ?
06:17Parce que d'abord,
06:17ils ne sont pas dans
06:18l'ultra fast fashion.
06:20Il y a une différence
06:21entre l'éphémérité,
06:25si je puis dire,
06:26de l'ultra,
06:28et eux, ils sont dans
06:29ce qu'on appelle la fast fashion.
06:31Ils vendent des produits,
06:34par exemple,
06:35Kiabi vend des jeans
06:36made in France,
06:37qui sont à 35 euros.
06:40Moi, je n'ai pas envie
06:41de pénaliser
06:42les commerçants français
06:44qui ont des magasins physiques,
06:46qui emploient des vendeurs
06:47dans les territoires,
06:49mais c'est pénaliser
06:50les plateformes chinoises.
06:51Donc, c'est ciblé.
06:52Alors, justement,
06:53à propos des commerces
06:55français et physiques,
06:56vous avez déjà travaillé
06:58avec les commerces
06:59de centre-ville.
07:00Dans le monde rural,
07:01il y a aussi
07:02des grandes difficultés.
07:03Comment peut-on faire
07:04pour aider ces commerces ruraux
07:06dans ces régions
07:06où, très facilement,
07:08on va vers le géant
07:09de l'e-commerce ?
07:09Vous avez des propositions
07:10à faire ?
07:11Vous avez des idées ?
07:11On a déjà un plan d'action
07:13pour le commerce
07:14de centre-ville en général.
07:16On a mis en place
07:19des outils.
07:20Les outils,
07:21il y en a deux
07:21auxquels je pense
07:22qui sont très efficaces.
07:23C'est d'abord
07:23la foncière.
07:25La foncière
07:26qui est une possibilité
07:28au niveau des mairies
07:29qui est dotée
07:30par la Banque des Territoires,
07:32qui est une banque
07:32qui dépend de l'État.
07:33Il y a un budget
07:34qui est quand même conséquent,
07:36100 millions d'euros,
07:37et qui permet
07:38de préempter,
07:39d'acheter
07:40les mairies
07:41et puis
07:41les mairies ont ce tout-il
07:43et achètent
07:44des commerces.
07:45Ça leur permet
07:46de réouvrir des rideaux,
07:47de réguler les loyers
07:48et si on couple ça
07:51avec un métier
07:52que vous ne connaissez
07:53peut-être pas
07:53qui s'appelle
07:54les managers
07:56de commerce
07:57de centre-ville,
07:58il y en a
07:59presque un millier
08:01maintenant.
08:01Et quand on couple
08:03les deux,
08:04possibilité
08:06stratégique
08:06pour les mairies
08:07de s'impliquer
08:09dans le commerce
08:10de centre-ville
08:10avec des animateurs,
08:13eh bien,
08:14c'est efficace
08:14et du coup,
08:15on est en train
08:16de retourner
08:16la situation
08:18et de réouvrir
08:19des rideaux
08:20qui étaient fermés.
08:21Premier point.
08:21Deuxième point
08:22sur le commerce rural,
08:23on a bien sûr
08:25un dispositif
08:27qui va être
08:29exprimé,
08:30qui va être communiqué
08:31dans quelques jours
08:32et qui va être
08:33une aide
08:35assez conséquente
08:35pour remettre
08:37des commerces
08:38dans les zones
08:39où ils ont disparu
08:40et voilà,
08:42et je...
08:45Donc,
08:45il y aura une aide
08:46spécifique
08:46pour le monde rural,
08:48pour les commerces
08:49en monde rural ?
08:50Il y a deux choses,
08:51si vous permettez.
08:53Il y a d'abord
08:54ce qui peut être fait
08:54avec le privé
08:55parce qu'il y a
08:56des enseignes
08:56qui font des choses
08:57en proximité
08:59qui sont très bien
08:59et là,
09:00il suffit aussi
09:01de coupler
09:01quand la mairie,
09:02par exemple,
09:03investit dans un local,
09:05on peut mettre
09:05dans des petits bourgs
09:07une enseigne
09:08type Vivalpe,
09:09petits casinos,
09:10je pense à eux
09:11parce qu'ils sont
09:11très impliqués
09:13dans ce domaine-là
09:14et ça marche
09:15sur des petites surfaces
09:18et quand il y a
09:19dans des zones,
09:20par exemple,
09:21où il y a
09:21entre 500 et 1000 habitants
09:23pour situer
09:24à peu près l'échelle,
09:25ben là,
09:26on a des budgets
09:30aux alentours
09:31de 80 000 euros
09:32par dossier
09:33qui permettront
09:34de réactiver
09:36des commerces
09:37en zone rurale
09:38donc j'aurai l'occasion
09:39de l'exprimer
09:41dans quelques jours.
09:41Serge Papin,
09:42vous êtes,
09:42je le disais,
09:43ministre du pouvoir d'achat
09:44forcément ça résonne
09:46dans la tête
09:46lorsque l'on entend ça.
09:48D'abord,
09:48le constat,
09:49aujourd'hui,
09:50quels sont les chiffres
09:52dont vous disposez
09:53et notamment
09:55concernant l'inflation ?
09:56Alors,
09:57on a l'inflation
09:58qui est la plus faible
10:00d'Europe
10:01puisque l'inflation
10:02au niveau de l'Europe
10:02c'est aux alentours
10:03de 3%.
10:04En France,
10:05à date,
10:05aujourd'hui,
10:06on est à 2,4%
10:08à la fin de l'été.
10:112,4% ?
10:12L'inflation alimentaire
10:13c'est moins de 1%.
10:15Donc,
10:16sur les produits
10:17de consommation alimentaire
10:18on est,
10:19je dirais,
10:20en stabilité.
10:21Sur l'été ?
10:22Depuis le début de l'année.
10:23Depuis le début de l'année.
10:24Depuis le début de l'année.
10:25En moyenne,
10:25bien sûr.
10:26Donc,
10:27de ce point de vue-là,
10:28c'est sous contrôle.
10:29Sur la consommation,
10:30sur cet été,
10:31en supermarché ?
10:32Plutôt bonne.
10:34Plutôt bonne.
10:34C'est-à-dire,
10:35on est en croissance.
10:36On est en croissance
10:37de 0,4%,
10:380,5%.
10:39Donc, c'est une petite croissance,
10:41mais elle est là.
10:43L'été s'est plutôt bien passé.
10:45Les touristes de l'étranger
10:47sont venus nombreux dans le pays,
10:49malgré la canicule.
10:51Les Français aussi.
10:52il y a eu une augmentation,
10:53il y a eu une augmentation, par exemple,
10:54des nuités avec les Français
10:57de l'ordre de 1%.
10:58Donc, on va faire
10:59une bonne saison touristique.
11:00J'aurai l'occasion
11:01de le dire là aussi
11:02dans les prochains jours.
11:03Alors,
11:03qu'allez-vous proposer
11:04pour redonner de l'air aux Français
11:06d'une façon générale
11:07en matière de pouvoir d'achat ?
11:09On parle souvent
11:10au sein du gouvernement
11:11de rééquilibrage.
11:14Écoutez,
11:14on est confronté
11:16à un triple défi.
11:18Jamais vu.
11:20C'est pour ça que,
11:21moi, je dis,
11:21là, c'est vraiment,
11:23on est dans la réalité.
11:24C'est quoi ?
11:25Une crise énergétique
11:28la plus forte
11:29depuis la Deuxième Guerre mondiale.
11:31Avec les conséquences,
11:32avec la fermeture
11:36du détroit d'Hormuz.
11:37Une crise climatique
11:40jamais vue non plus
11:41et avec tout ce que ça va avoir
11:43comme conséquence
11:44sur l'adaptation.
11:45Et puis,
11:46une crise aussi
11:47sur les taux d'intérêt.
11:49On est aujourd'hui
11:51confronté
11:52à des taux d'intérêt
11:52qui sont élevés
11:53à la fois pour nos comptes publics
11:55et pour les particuliers.
11:57Donc, tout ça pèse.
11:58Donc, qu'est-ce qu'on a voulu faire ?
11:59On a mis un filet de sécurité.
12:01Vos solutions à vous ?
12:02Voilà.
12:02On a mis un filet de sécurité
12:04pour les salaires
12:05les plus modestes.
12:06D'abord, le SMIC,
12:07il a augmenté
12:08de 3,6%
12:10depuis le début de l'année.
12:11On est un des seuls
12:12pays d'Europe
12:12à faire ça
12:13de cette manière-là.
12:14Ce n'est pas rien.
12:15C'est 800 euros de plus
12:17pour quelqu'un
12:18qui est au SMIC.
12:19On a le chèque énergie
12:21qui a été mis en place.
12:22Ça, c'est ce que vous avez
12:23déjà mis en place,
12:24Serge Papin.
12:25Mais quelles sont
12:26les annonces
12:26que vous pourriez faire ?
12:27Non, mais les annonces...
12:31Déjà, vous voyez,
12:33c'est avoir ces possibilités
12:36de continuer à aider
12:38les salaires les plus modestes,
12:43les activités en les ciblant,
12:45je pense, aux grands rouleurs
12:47qu'on continue aussi à aider.
12:50Donc, voilà, ça, c'est quelque chose
12:52qui va se pérenniser,
12:54quelque chose qui existe.
12:55Et c'est une vraie protection.
12:56Et dans le même temps,
12:57on apprend que les retraités
12:59vont devoir mettre la main
13:00au portefeuille.
13:02Il y a un budget
13:04qui va être proposé.
13:06Quels sont les retraités
13:07qui vont devoir faire un effort ?
13:09Il y a un budget
13:10qui va être proposé.
13:12Donc, de ce point de vue-là,
13:14je pense qu'on a des comptes publics
13:18qu'il va falloir tenir compte
13:20de la dette.
13:22Et en même temps,
13:24avoir une protection
13:25dont il y a une stratégie
13:27sur le budget
13:28qui est en place,
13:29dont on discute.
13:31Et je pense que tout le monde
13:33devra faire un effort.
13:34Et pas forcément
13:36que les retraités.
13:38Alors, très bien,
13:38on va en parler dans une seconde.
13:40Vous restez avec nous,
13:40Serge Papin,
13:41ministre des PME,
13:42du commerce,
13:42de l'artisanat,
13:43du tourisme et du pouvoir d'achat.
13:44On marque une toute petite pause.
13:46On va parler
13:46de cette possible désindexation
13:48des retraites
13:49ou de cette suppression
13:51de l'abattement de 10%.
13:52Vous aviez également évoqué
13:54le montant de 3 000 euros
13:55à partir desquels
13:55les retraités
13:56pourraient être mis
13:57à contribution.
13:59Peut-être que ce sera
13:59un autre chiffre,
14:00vous nous le direz
14:01dans une seconde.
14:01Il est 8h44.
14:06Le Grand Matin Sud Radio,
14:087h10h,
14:09Jacques Cardoz.
14:10Serge Papin,
14:11ministre des PME,
14:12du commerce,
14:12de l'artisanat,
14:13du tourisme et du pouvoir d'achat
14:14est dans le studio
14:14de Sud Radio.
14:15Bonjour, Serge Papin.
14:17Bonjour, Jacques Cardoz.
14:18C'est la deuxième partie
14:18de notre entretien.
14:20On abordait la question
14:21des efforts
14:22parce que c'est à peu près certain
14:23aujourd'hui,
14:24cette petite musique,
14:25les Français l'ont entendu,
14:26qu'il y aura des efforts
14:28à faire.
14:28Et vous disiez,
14:29juste avant la pause,
14:30que tout le monde
14:31va devoir faire ses efforts.
14:32Est-ce que vous pourriez
14:32nous préciser votre pensée ?
14:35Écoutez,
14:35vous avez évoqué
14:37tout à l'heure
14:38les retraités.
14:40Moi, évidemment,
14:41je suis retraité.
14:43Et donc,
14:43j'ai envie
14:44qu'il y ait une solidarité
14:46intergénérationnelle.
14:46Bien sûr,
14:47parce que je vois bien,
14:49je mets de côté,
14:50évidemment,
14:51les retraités
14:51qui sont dans les minimums
14:53vieillesses
14:54ou les petites retraites.
14:55Mais autrement,
14:56disons,
14:56les retraités
14:57qui sont plus à l'aise,
14:59on le voit bien,
15:00ils ont envie aussi
15:01de transmettre.
15:02Moi, je vois,
15:03je discute
15:04avec des gens
15:04de ma génération.
15:06Donc,
15:06comment on pourrait faire ça
15:07à condition
15:08que ça soit fléché ?
15:10Justement.
15:11Il faudrait que ça soit fléché
15:12et qu'on se dise,
15:13les efforts qu'on va faire,
15:15ça sert
15:16aux jeunes actifs.
15:17Alors, il y a fléché,
15:18mais il y a aussi
15:18qui en bénéficie ?
15:21Qui va devoir payer ?
15:23Écoutez,
15:25le Premier ministre
15:26s'est exprimé,
15:26en tous les cas,
15:27il n'y a pas d'augmentation
15:28de la fiscalité.
15:30Ça,
15:30c'est quand même
15:31un point important.
15:33Deuxièmement,
15:34il y a des secteurs
15:34qui sont stratégiques
15:36auxquels on ne va pas toucher.
15:38Au contraire,
15:38qui vont être encore
15:40améliorés
15:40sur le plan budgétaire.
15:41C'est la défense.
15:42C'est l'adaptation
15:44au climat.
15:44Il y a une idée
15:45qui circule,
15:45c'est la TVA sociale.
15:47Serge Papin.
15:49Je vous propose d'abord
15:50d'écouter
15:51le patron
15:52de la coopérative
15:53que vous connaissez,
15:54bien sûr,
15:55Dominique Schellcher,
15:56qui plaide
15:57pour une hausse
15:58de la TVA.
15:58Il n'est pas le seul.
15:59Il y a Michel-Edouard Leclerc
16:00aussi qui est de cet avis.
16:00On l'écoute.
16:01Si aujourd'hui,
16:02le chef d'entreprise
16:03que je suis
16:03veut augmenter
16:04de 100 euros
16:05quelqu'un qui est
16:06aux alentours du SMIC,
16:07ça me coûte
16:08483 euros.
16:09Peu d'entreprises
16:10ont les moyens
16:10de se payer ça.
16:12Il faut donc
16:12moins faire porter
16:13la protection sociale
16:15sur le travail.
16:16On a fait glisser
16:17ça depuis des années
16:18sur le travail.
16:19Il faut faire
16:19un mouvement inverse
16:20et il n'y a pas
16:2136 solutions.
16:22Si on veut baisser ça,
16:23il faut faire
16:24un transfert
16:25en partie
16:25sur la consommation.
16:26Surtout pas
16:27sur la TVA
16:29des produits
16:29de première nécessité,
16:30mais sur la TVA
16:31la plus élevée
16:32qui en France
16:32est une des plus basses
16:33d'Europe.
16:34Qu'est-ce que vous en pensez ?
16:35Oui, ça fait partie
16:36des pistes.
16:37Je pense que là,
16:38pour le coup,
16:38on est dans un programme
16:39quasi présidentiel
16:41dans ce qu'évoque
16:42Dominique Schellcher.
16:43Je ne trouve pas ça
16:44idiot.
16:45Maintenant,
16:45je ne vais pas vous faire
16:46la présentation budgétaire
16:47ce matin,
16:48mais en tous les cas,
16:50c'est une idée intéressante
16:52à mettre en débat,
16:53bien sûr.
16:54Mais il fait la part
16:54des choses
16:55entre la TVA
16:57sur les produits
16:57de première nécessité.
16:58Sans doute qu'on pourrait
16:59même aller un peu plus loin
17:00si on voulait.
17:02On pourrait dire
17:02qu'il faut la baisser.
17:03Pourquoi pas ?
17:04Et en revanche,
17:04les produits qui sont
17:05un peu moins
17:06dans les besoins quotidiens,
17:08les augmenter.
17:09Ils proposent ça.
17:10Vous auriez favorable
17:11donc à une baisse
17:12sur certains produits ?
17:12Je n'ai pas dit
17:13que j'étais favorable.
17:13C'est votre idée,
17:14vous dites.
17:14Pourquoi pas ?
17:15Non, mais mettre ça
17:16en débat,
17:17en particulier pour les présidentielles,
17:19je trouve que c'est une idée
17:20qui peut voler.
17:20Et puis si en plus,
17:23du débat des présidentielles,
17:24elle peut servir
17:25le gouvernement
17:26et les arbitrages
17:27du gouvernement,
17:27pourquoi pas ?
17:27Oui, mais écoutez,
17:29ça, comme vous dites,
17:30c'est les arbitrages
17:30du gouvernement.
17:31Je vous signale
17:32que je ne suis pas
17:32l'arbitre.
17:33Bon, comme promis,
17:35on vous propose
17:36dans ce deuxième quart d'heure,
17:38monsieur le ministre,
17:38et comme pour tous
17:39nos invités politiques,
17:40une carte blanche.
17:41Vous avez souhaité,
17:42vous, cette fois,
17:45peut-être réendosser
17:46le costume du patron
17:47et avoir un regard
17:48un peu particulier
17:48sur le monde politique.
17:50Oui, alors d'abord,
17:52je trouve ça intéressant,
17:53votre carte blanche.
17:54Alors, je me reprenais
17:56un mot que j'ai utilisé
17:57quand j'ai fait
17:58la petite table ronde
17:59à la REF,
18:01qui était la réunion
18:03avec le patronat.
18:05et je disais,
18:07il nous faudrait
18:08un new deal,
18:09vous savez,
18:09pour paraphraser,
18:11parce qu'on a
18:12le président américain
18:13à l'époque,
18:14parce qu'on était,
18:15on est dans un tel
18:15changement d'époque.
18:17Donc, un new deal,
18:18c'est quoi ?
18:18D'abord,
18:20avec les salariés,
18:22et ça répond aussi
18:23à votre question
18:23un peu indirectement
18:25sur le pouvoir d'achat,
18:26c'est d'aller vers
18:27plus de partage
18:28de la valeur,
18:29aller vers un capitalisme
18:31plus social.
18:32Moi, je serais
18:34assez favorable
18:34à ça.
18:36Donc, comment
18:36les entreprises,
18:38contrat d'intéressement,
18:39de participation,
18:41actionnariat salarié,
18:42ça, c'est des choses
18:43que j'aime bien.
18:46Je m'occupe
18:47des négociations commerciales.
18:49Le new deal,
18:50c'est de faire en sorte,
18:53quand on voit
18:54les problèmes du climat,
18:56toutes les répercussions
18:57qu'il y a
18:58sur notre alimentation,
19:00sur l'environnement,
19:01sur la santé.
19:02Il y a ce qu'on appelle
19:03des négociations annuelles,
19:05qui sont quand même
19:06un peu dans le rapport
19:06de force.
19:07Moi, j'aimerais bien
19:08qu'on les transforme
19:10en négociations
19:13pluriannuelles,
19:14que tout le monde
19:14ait du temps.
19:15Voilà,
19:16qu'on puisse,
19:16comme ça,
19:18repenser.
19:18Et puis que les politiques,
19:19entre nous,
19:21ils fassent aussi
19:22un new deal entre eux,
19:23qu'ils arrêtent un peu.
19:24Vous ne vous considérez pas
19:25comme un politique ?
19:26Non, pas vraiment.
19:28Par contre,
19:28je remarque,
19:29moi je suis un commerçant,
19:30alors un commerçant,
19:31ça négocie,
19:32je trouve qu'ils négocient
19:33mal entre eux,
19:34ils sont tout le temps
19:34en train de s'envoyer
19:35des invectives,
19:36et s'ils pensaient
19:37vraiment dans leur combat
19:39à l'intérêt général
19:40du pays,
19:41ils accepteraient aussi
19:42que le new deal,
19:42ça serait d'avoir
19:43un budget pour le pays,
19:45parce que ça,
19:45c'est l'intérêt du pays aussi.
19:46Serge Papin,
19:47l'un des soucis
19:48des chefs d'entreprise,
19:49puisque vous disiez
19:49que vous vous ressentez patron,
19:51c'est aussi la question
19:52de la facturation électronique.
19:54Dans ce deuxième quart d'heure,
19:55on a proposé à des auditeurs
19:58de poser leurs questions.
19:59On écoute.
20:00Bonjour M. Papin,
20:01je suis Lionel,
20:03je suis chef d'entreprise
20:04à Grasse,
20:04dans les automaritimes.
20:06Ces derniers mois,
20:07on a eu le piratage
20:09du SIA,
20:09du FICOBA,
20:10de la NTS,
20:12des données de santé,
20:13de la DGFIP
20:14qui s'est fait pirater.
20:15Est-ce que les bilans
20:16en sécurité
20:16ont été faits correctement ?
20:18Et est-ce qu'un diagnostic
20:20un peu plus poussé,
20:21peut-être,
20:21que ce qui a été fait
20:23ne serait pas nécessaire ?
20:27Vous parlez du hackage,
20:29il parle de son inquiétude
20:31de la mise en place
20:31de la facturation électronique
20:34dans le cadre
20:34de ces hackings
20:35qu'on subit.
20:36Pour la facturation électronique,
20:38la mise en place
20:40va se faire tranquillement.
20:42On va vivre
20:43une phase de transition.
20:45Il va y avoir
20:45de la souplesse
20:46de la part de l'administration.
20:48Vous dites au chef d'entreprise
20:49tranquille,
20:50on va prendre son temps.
20:52Combien de temps ?
20:53Au moins jusqu'à la fin
20:54de l'année.
20:54Donc ils ont un trimestre ?
20:56Voilà.
20:57Ce qui sera une période
20:58de transition
20:59et puis après,
21:00on ne va pas leur tomber dessus
21:01non plus au 1er janvier.
21:03Ce qui est intéressant,
21:04c'est que les entreprises
21:04qui sont bien organisées,
21:06elles vont essuyer les plâtres
21:08pour ceux qui, derrière,
21:09vont observer un peu les choses.
21:11Le regard des réseaux sociaux
21:12avec vous,
21:13Benjamin Gleize.
21:15Bonjour, monsieur le ministre.
21:15Bonjour, Benjamin.
21:16On vous écoute, Benjamin.
21:17On va parler
21:18de l'interdiction
21:18du portable au lycée.
21:20Ça a fait réagir
21:20notamment le déplacement
21:22d'Emmanuel Macron.
21:23C'était hier
21:24dans un établissement de Mans,
21:25dans l'Auser
21:25pour assurer le service
21:26après-vente,
21:27devant les caméras,
21:28des lycéens aussi,
21:29forcément.
21:30Il a tenté d'échanger
21:31avec eux
21:31pour leur expliquer
21:32pourquoi cette mesure
21:33était devenue nécessaire.
21:34Vous venez là
21:34avec des objectifs
21:35et vos enseignants en ont aussi
21:37qui est, eux,
21:37de vous transmettre un savoir,
21:38vous de l'acquérir.
21:39Et donc ça,
21:39ce n'est pas compatible
21:40avec être sur son téléphone.
21:41Ceci étant dit,
21:42on a appris que vous-même,
21:43les membres du gouvernement,
21:44vous étiez privés
21:45de portables
21:46en conseil des mini-sommets
21:47de les laisser dehors
21:48avant de débuter.
21:49Moi, quand je fais des réunions
21:50par en palais de l'Élysée,
21:51maintenant,
21:51je demande aux gens
21:52de déposer leur portable avant.
21:54Sinon, même à l'Élysée,
21:56vous retrouvez,
21:56vous faites des réunions
21:57avec des gens,
21:57ils sont tous sur leur téléphone.
21:58Donc il y a des boîtes.
21:59Le ministre peut vous le dire,
22:00en conseil des ministres,
22:01chacun dépose son téléphone avant.
22:02Parce qu'en fait,
22:03on n'est pas sinon disponible
22:04à ce qu'on fait.
22:05Et ça veut dire
22:05qu'on ne fait plus rien.
22:06Un ministre,
22:07c'est comme un lycéen,
22:08il faut lui retirer son portable
22:09pour qu'il reste concentré.
22:11Oui, puis il y a aussi,
22:12c'est des questions de sécurité.
22:14Aussi, quand il y a des réunions
22:16comme ça,
22:17qui sont un peu...
22:17Donc, il y a le conseil des ministres,
22:19mais pas que.
22:20Avec le premier ministre,
22:21nous étions en séminaire
22:24pour le budget.
22:25Et il y avait des casiers.
22:26Et il y avait des casiers
22:27où nous avons laissé
22:28notre portable longuement
22:29parce que c'est une réunion
22:30qui a été très longue.
22:31C'est dur.
22:32Non, moi je trouve ça bien
22:33qu'on puisse un peu
22:36se désaccoutiner.
22:37Il y a des ministres
22:38qui sont plus accrocs
22:38que d'autres.
22:39Il y en a,
22:40il y en a qui sont plus accrocs.
22:41Et le président les réprimande ?
22:44Alors non,
22:45parce qu'ils ne viennent pas
22:45en conseil des ministres,
22:47ils ne viennent pas
22:47avec leur portable.
22:48Donc ça, ils respectent,
22:49bien sûr.
22:51Juste d'un mot
22:51à l'Assemblée nationale,
22:52je ne sais pas si vous pensez
22:53qu'il faudrait interdire
22:54le téléphone portable
22:55lors des séances.
22:56On a vu,
22:56on ne va pas balancer de nom,
22:57on a vu des députés,
23:00des ministres,
23:00voire même des premiers ministres
23:01montrer des photos
23:02de leurs chiens
23:02à leurs collègues
23:03ou jouer en ligne.
23:05Je ne sais pas,
23:05est-ce qu'il faudrait
23:06l'interdire
23:07le téléphone en séance ?
23:08Je pense qu'il faudrait
23:10encourager l'attention
23:12au débat,
23:13le calme aussi
23:14dans les débats.
23:15Moi, je pense qu'il faudrait
23:16plutôt encourager
23:18le respect
23:19dans les dialogues
23:19et un peu le fait
23:21d'être un peu posé
23:22à l'Assemblée
23:23plus que,
23:25ou autant que les portables.
23:26Merci infiniment,
23:27Serge Papin,
23:28d'avoir été l'invité
23:28du Grand Matin ce matin.
23:30On vous souhaite
23:30une très très belle journée.
23:31Merci à vous.
23:32On sait que les arbitrages
23:33vont arriver
23:34et on souhaite
23:35qu'ils soient les meilleurs
23:36pour le pays, bien sûr.
23:37Vous êtes ministre des PME,
23:39du commerce,
23:39de l'artisanat,
23:40du tourisme
23:40et du pouvoir d'achat.
23:41On va passer bien sûr
23:42aux informations.