- il y a 1 heure
Nadine Trintignant : Elle raconte dans un livre celles et ceux qui ont compté dans sa vie, parmi lesquels Brigitte Bardot, Marlon Brando et ses deux maris, Jean-Louis Trintignant et Alain Corneau. Avec une mémoire qui ne flanche pas.
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##LES_CLEFS_D_UNE_VIE-2026-11-05##
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PersonnesTranscription
00:00Sud Radio, les clés d'une vie, Jacques Pessis.
00:03Les clés d'une vie, c'est de mon invité.
00:05Vous racontez dans un livre ce qui nous manque et qui vous manque.
00:08Votre famille, et pas seulement celle du cinéma,
00:11vous l'évoquiez avec émotion et avec une mémoire qui ne flanche pas,
00:15à l'inverse de la chanson de Jeanne Moreau.
00:16Bonjour Nadine Trintignant.
00:18Bonjour Chami.
00:20Alors, ce qui nous manque est un livre aux éditions Albin Michel,
00:23un livre étonnant puisque vous racontez ce que vous avez connu
00:27avec des anecdotes incroyables.
00:28Alors, le principe des clés d'une vie, vous êtes déjà venu,
00:32c'est d'évoquer votre parcours à travers des dates clés.
00:34Donc ces dates, je les ai choisis.
00:36Après quoi ?
00:36Des dates clés.
00:37Donc ces dates, je les ai choisis dans le livre
00:39et on va évoquer votre parcours à travers ces dates.
00:43Et parcours évoqués dans ce livre.
00:4613 avril 1955.
00:48C'est la sortie d'un film qui va sans doute vous parler.
00:56Du rififi chez les hommes, un film de Jules Dassin,
00:59car vous y avez collaboré en coulisses.
01:01Lequel ?
01:02Du rififi chez les hommes.
01:04Ah, j'étais assistante monteuse.
01:06Oui.
01:07Et c'est vrai que c'était vos débuts pratiquement d'assistante monteuse.
01:11C'était mon premier film.
01:14J'avais fait le laboratoire, les stages,
01:17et c'était mon premier film, oui,
01:19consistante monteuse.
01:21Et j'étais heureuse que ce soit avec Jules Dassin
01:23que les sorcières avaient chassé de sa vie,
01:30de sa ville et de son métier.
01:32En fait, oui, il a été victime comme d'autres du macartisme.
01:35Du macartisme, oui.
01:36Il a dû partir des Etats-Unis en 1948
01:39parce qu'on l'accusait d'avoir des liens avec les communistes.
01:42Oui, et je sais même qui l'a accusé parce qu'il me l'a dit.
01:46C'est très étrange.
01:49Il était ami avec Elia Cazan,
01:51qui est un immense mettant en scène.
01:53Et Elia Cazan l'appelle le matin
01:56et lui dit, je suis convoqué, ça y est.
02:00Alors Dassin se marre et lui dit,
02:04tu vas me dénoncer.
02:07Et Cazan lui dit, évidemment, en se marrant.
02:10Et il l'a dénoncé, effectivement.
02:16Incroyable.
02:16Et quand il est sorti sur les quais,
02:20on the, je ne sais pas comment on dit en anglais,
02:23sur les quais avec Marlon Brando,
02:26Dassin a eu la générosité de me dire,
02:29tu sais, c'est un grand metteur en scène,
02:32c'est un grand acteur, c'est un grand film.
02:34Oui.
02:35Et c'est vrai, Marlon Brando,
02:36on va en reparler tout à l'heure
02:37puisqu'il a été lié à votre parcours.
02:40Alors, monteuse à l'époque,
02:42ce n'est pas du tout ce qu'il y a aujourd'hui
02:43où il y a l'informatique.
02:44C'était un travail très particulier.
02:46Il fallait nettoyer les bobines,
02:47il fallait couper.
02:49Quel était votre travail à l'époque,
02:51Madine Tratignan ?
02:51Alors, ce n'est pas passionnant.
02:55Si vous voulez, chaque scène avait plusieurs prises,
03:00on choisissait les prises avec le metteur en scène,
03:02évidemment, c'est le metteur en scène qui choisissait surtout.
03:07Et après, l'assistante monteuse,
03:11elle rangait les prises,
03:12après ça, elle préparait les bobines pour le venteur.
03:17Et il n'y avait pas, comme aujourd'hui,
03:20la vidéo, évidemment.
03:21Bien sûr.
03:22Donc, on devait coller avec une presse
03:28les plans qui devaient aller ensemble.
03:31Et quand c'était trop long
03:36et qu'on coupait une ou deux images ou trois,
03:41on en perdait toujours une.
03:43Ce qui n'arrive pas avec la vidéo.
03:45La vidéo, c'est mieux.
03:46Oui, quand même.
03:47Alors, il se trouve qu'en plus,
03:48du rififi chez les hommes,
03:50c'était au départ un roman d'Auguste le Breton.
03:54Oui.
03:54Et alors, ce qu'on ne sait pas,
03:56c'est que le mot rififi,
03:57non seulement Auguste le Breton l'a inventé,
04:00mais il l'a déposé.
04:01Donc, chaque fois qu'on prononçait le mot rififi,
04:04il avait des droits de l'auteur.
04:05Ah oui.
04:06C'est extraordinaire.
04:07Ah, il a inventé le mot.
04:08Oui, il a inventé le mot et il l'a déposé.
04:11Ah oui.
04:11Et alors, quand Bérard,
04:13le producteur a convoqué Dachin,
04:18Jules lui a dit,
04:20il n'avait pas lu le livre,
04:22mais il avait besoin de vivre.
04:24Il avait été en Italie,
04:26il n'avait pas tourné,
04:28il avait été en France
04:29et il avait besoin de vivre.
04:31Il avait trois enfants.
04:33Et il a dit,
04:35le producteur lui a demandé,
04:37vous avez lu le rififi chez les hommes ?
04:39Et Dachin, qui ne l'avait pas lu,
04:41a dit, c'est mon rêve.
04:42Mais ça, on ment tous.
04:44Alors aussi, il y a un moment de surprise
04:47de Jules Dachin
04:48que vous racontez dans ce livre,
04:49Nadine Trintignant,
04:50c'est quand il a vu le bruiteur,
04:52Fernand Roséna,
04:53arriver sur scène
04:54et faire des tas de bruits.
04:55Eh oui, parce qu'en Amérique,
04:58ils ont des sonothèques,
05:01ça s'appelle sonothèques,
05:03avec une cloche des oiseaux,
05:06du vent dans les arbres.
05:10Tandis qu'en France,
05:12arrive un bruiteur,
05:14Roséna était le seul,
05:16après il y en a eu un autre,
05:18et on montrait plusieurs fois en boucle
05:22la scène qu'il allait bruitée.
05:25Et alors, il avait une valise dedans,
05:28il y avait des noix de coco,
05:30du zinc pour faire le vent,
05:33on tape sur du zinc,
05:35du sable pour marcher sur le sable,
05:38enfin.
05:39Et il était formidable,
05:43parce qu'il voyait le film,
05:45la boucle,
05:47ça faisait, disons, 5 minutes,
05:49plusieurs fois,
05:50et après il était complètement synchrone.
05:54C'était vraiment un art.
05:57Voilà.
05:57Et Fernand Roséna, aujourd'hui,
05:58on connaît sa voix,
05:59parce que dans le feuilleton Zorro
06:01qu'on voit à la télévision en permanence,
06:02c'est lui qui double la voix du sergent Garcia.
06:05Ah, je ne savais pas !
06:07Alors, il se trouve que vous parlez dans ce livre
06:10d'un homme extraordinaire aussi,
06:12une légende peu connue du grand public,
06:14qui est Alexandre Trôner.
06:15Ah, Trôner était un homme merveilleux et rare.
06:21C'était un juif hongrois
06:22que l'antisémitisme avait chassé de son pays
06:26avec plein d'autres juifs.
06:28Et en France,
06:30il est devenu le plus grand des décorateurs,
06:35et en Amérique aussi.
06:36Il a décoré des chefs-d'oeuvre.
06:40Et une fois où il m'avait invité à déjeuner chez lui,
06:45il m'a fait cadeau de choses merveilleuses
06:48et j'ai tout perdu.
06:50Ça m'a rendu malheureuse.
06:52Je suis désordre.
06:54Enfin, c'est les déménagements.
06:55Et en fait,
06:57il a fait les décors de tous les films de Marcel Carnet.
07:00Ah, bah, il était le meilleur ami de Jacques Prévert.
07:04Et lui,
07:04il était très lié.
07:06Et il se trouve qu'il a fait aussi
07:08le Don Giovanni de Joseph Lozet.
07:10Oui.
07:10Et puis aux Etats-Unis,
07:11donc Billy Wilder,
07:12qui est quand même un des plus grands metteurs en scène,
07:14puisqu'il a, je crois,
07:1521 nominations et 7 Oscars,
07:17a travaillé avec lui.
07:19Oui.
07:19Il l'a voulu.
07:20Ah, mais il a travaillé
07:22avec les plus grands metteurs en scène américains.
07:24Et vous racontez d'ailleurs
07:25que lorsque Alexandre Trôner est à Hollywood
07:28avec Billy Wilder,
07:30il a une cabane dans les studios,
07:33dans le jardin.
07:34Oui, avec une petite pelouse
07:36pour s'en il avait un basset.
07:38Il n'était pas grand lui-même.
07:40Et c'était drôle.
07:41Il a dit,
07:42j'ai choisi un chien pour moi.
07:45Et le jardinier du studio
07:50lui disait,
07:52non, il ne faut pas de chien sur la pelouse.
07:55Il ne faut plus pitié dessus.
07:57et
08:00Trône est allé voir
08:02Werner,
08:03c'était...
08:04Billy Wilder.
08:06Billy Wilder.
08:06Billy Wilder.
08:07Non, non.
08:08Il est allé voir la dame des studios.
08:10Ah oui.
08:11Et il lui a dit,
08:14j'ai mon chien
08:15et je ne veux pas le quitter.
08:17Et alors,
08:18le lendemain,
08:19quand il est arrivé,
08:20il y avait une petite pancarte
08:22avec écrit,
08:23il est interdit
08:24d'embêter le chien
08:26de M. Trôner
08:27qui fait pupille
08:28sur cette pelouse-là
08:30qui est à lui.
08:31Extraordinaire.
08:32Alors, il se trouve qu'en plus,
08:33Jules Dassin,
08:34c'est l'époque où il a rencontré
08:36Mélina Mercouri.
08:37Je ne sais pas si...
08:37Oui, c'était au festival de Cannes
08:39où il a eu la palme.
08:41La palme.
08:42Et je ne sais pas
08:42si elle venait sur le tournage
08:44puisque...
08:44Non, elle venait pour
08:45un film à elle
08:47où elle a triomphé aussi.
08:51Mais c'était une grande comédienne
08:52qui aurait pu d'ailleurs
08:53devenir présidente de la Grèce.
08:56Elle a été députée.
08:57Ah, elle était adorée des Grecs.
08:59Elle a écrit...
09:00Elle est partie
09:01quand les colonels sont arrivés
09:03et elle a écrit un livre
09:05qui s'appelle
09:05Je suis et reste grec.
09:08Et quand elle est retournée,
09:10elle était...
09:11Son enterrement
09:13était impressionnant
09:15parce qu'il y avait
09:17toute Athènes
09:17sur les trottoirs
09:19et suivant le corbillard,
09:22il y avait juste
09:23son frère et Dassin.
09:25C'est fou.
09:25Et il se trouve en plus
09:27qu'elle faisait sa campagne électorale
09:28dans les cafés.
09:29Elle allait voir
09:30les électeurs dans les cafés
09:32pour les convaincre.
09:33Absolument.
09:34Elle a été députée et ministre.
09:36Et d'ailleurs,
09:36il y avait quelqu'un d'autre
09:37qui était aussi...
09:38qui traînait en coulisses.
09:39C'était le fils de Jules Dassin,
09:41Jo Dassin.
09:42Ah, Jo Dassin
09:42et le chanteur.
09:45En fait, vous savez
09:45qu'il a commencé au cinéma
09:46à 4 ans.
09:47Son père,
09:48à Hollywood,
09:49lui a dit qu'il va tourner
09:50une scène.
09:50Et il a dit
09:51je ferai du cinéma
09:52quand je serai grand.
09:53Et comme cachet,
09:54il a reçu 1 dollar
09:55et il a immédiatement
09:55acheté des bonbons.
09:56Ça a été son premier cachet.
09:58Et c'est vrai
09:59que le cinéma,
10:01vous l'avez découvert
10:01comme ça en coulisses.
10:02Ça a été une passion immédiate,
10:04Nadine Trintignant.
10:05Alors, je vais vous dire,
10:06il y a plein de gens
10:07dans le cinéma
10:08qui disent
10:09je rêvais du cinéma
10:10depuis l'enfance.
10:12Moi, j'allais
10:14tout le temps
10:15au cinéma
10:15avec mes frères.
10:17Mais c'est mon frère aîné
10:19qui m'a dit un jour
10:20tu fiches rien à l'école,
10:22tu perds ton temps,
10:24sois venteuse,
10:25c'est un joli métier de femme.
10:26C'est grâce à mon frère.
10:28Sinon,
10:29je ne sais pas
10:30si j'aurais fait
10:31de la mise en scène un jour.
10:32C'est vraiment grâce à mon frère.
10:34Christian Marquand
10:36dont on va reparler tout à l'heure.
10:37Mais c'est une époque aussi
10:38où le cinéma
10:39n'était pas
10:40un cinéma d'affaires,
10:41c'était artisanal encore.
10:43Ah,
10:44non seulement c'était,
10:45vous avez tout à fait raison,
10:47non seulement c'était artisanal,
10:49mais les producteurs,
10:50c'était leur argent.
10:51Et quand ils faisaient un bide,
10:53quand le film ne marchait pas,
10:56ils étaient ruinés.
10:57Ils restaient avec des boîtes rouillées
10:59et des affiches inutiles.
11:02et c'était des gens.
11:05Il y avait beaucoup
11:06de Russes juifs.
11:09Il y avait beaucoup.
11:10Il y en avait 4-5.
11:11Et ils étaient des gens
11:15qui aimaient le cinéma.
11:17Et puis quand il y a eu la télé,
11:19tout ça,
11:20c'est-à-dire la télé
11:23a amené les vidéos
11:25qu'on peut mettre chez soi.
11:28et là est arrivé,
11:32sont arrivés du moins,
11:35les industriels riches
11:36mais qui n'aiment pas forcément
11:38le cinéma.
11:40Et ça, c'est dommage.
11:42Là, on a perdu.
11:44Enfin, je ne sais pas
11:45comment ça se passe aujourd'hui
11:47puisque quand j'ai perdu ma fille,
11:50j'ai arrêté le cinéma.
11:52En tout cas, le cinéma,
11:53justement, on va en reparler
11:54à travers une date importante
11:56dans votre parcours,
11:57le 13 septembre 1967.
12:00A tout de suite sur Sud Radio
12:01avec Nadine Trintignant.
12:03Sud Radio,
12:04les clés d'une vie.
12:05Jacques Pessis.
12:06Sud Radio,
12:07les clés d'une vie.
12:08Mon invité Nadine Trintignant
12:09pour ce nouveau livre,
12:11Ceux qui nous manquent
12:12aux éditions Albain Michel.
12:13C'est le fil conducteur
12:14de notre émission
12:15puisqu'il y a des dates clés
12:17et certaines anecdotes
12:18que vous racontez
12:19qui se rapportent
12:20à votre parcours.
12:21Par exemple,
12:2213 septembre 1967,
12:25vous allez reconnaître
12:26cette chanson.
12:33Mon amour,
12:34mon amour
12:34par Francis Lé.
12:35Ah oui, oui.
12:37C'est le jour
12:38de la sortie
12:38de votre premier long métrage
12:39dont vous êtes
12:40la scénariste
12:41et la réalisatrice.
12:42Oui.
12:43Mon amour, mon amour.
12:44Ça, c'était
12:46vos débuts, vraiment.
12:47Oui, oui.
12:48C'était mon premier long métrage.
12:50J'avais fait un court métrage
12:53qui avait été primé dans...
12:56Comment ça s'appelle ?
12:57J'ai oublié les noms.
12:59Mais en tout cas,
13:00on va en reparler
13:00de ce court métrage,
13:01mais là,
13:01c'est Agathe et Vincent Sème.
13:03Agathe attend un enfant de Vincent
13:05mais n'ose pas lui avouer.
13:06C'est tout simple,
13:06mais ça fonctionne.
13:07C'est une vraie histoire d'amour.
13:09Elle n'ose pas lui avouer
13:11parce que s'il lui dit,
13:12elle le dit à sa copine,
13:14s'il n'en a pas envie,
13:16elle va cesser de l'aimer
13:18et si elle cesse de l'aimer,
13:20elle sera malheureuse.
13:21Qu'est-ce qui vous a donné envie
13:22de devenir scénariste
13:23et réalisatrice,
13:24Nadine Trintignant ?
13:25Après 15 ans de montage,
13:27on se dit,
13:28celui qui s'amuse le plus
13:30dans l'histoire,
13:31c'est le mettre en scène.
13:32Oui, et résultat,
13:33vous écrivez ce film
13:34et vous avez des petits moyens
13:36au départ
13:37pour tourner ce film.
13:38Non, ça va.
13:40J'ai été nudie
13:41et j'ai une mauvaise.
13:43Non, non,
13:45on a tourné
13:47à Nice.
13:49Non, c'était...
13:50C'était pas un film
13:52qui demande...
13:53Vous savez,
13:54en écrivant un scénario,
13:56quand on sait
13:57qu'on aura beaucoup d'argent,
13:58on écrit certaines choses.
14:01Quand on sait
14:01qu'on en aura peu,
14:02on écrit autre chose.
14:04C'est normal.
14:05Et en même temps,
14:06vous vous retrouvez
14:06au festival de Cannes
14:08en 67,
14:09dans la sélection française.
14:10Oui,
14:10des premiers films.
14:12C'est une surprise
14:14pour vous à l'époque ?
14:15Ah oui,
14:16moi j'étais à Londres
14:17avec mon mari
14:19Jean-Louis Trintignant
14:20qui tournait un film
14:24et je ne sais plus qui...
14:26Ah oui,
14:26c'est Claude Berry
14:28qui n'était pas content
14:29d'ailleurs
14:30parce qu'il avait
14:31un très joli film lui-même.
14:33Et il m'a téléphoné
14:35en me disant
14:36tu ne dois pas aller à Cannes.
14:38Alors je lui dis
14:39mais je n'y vais pas.
14:41Je ne savais pas.
14:42C'est lui qui me l'a appris.
14:43Et vous êtes allé à Cannes
14:44monter les marches ?
14:45Ah bah oui,
14:45bien sûr.
14:46C'était l'ancien...
14:47Monter les marches...
14:49C'est l'ancien palais en plus.
14:50C'est une image.
14:52Mais en même temps,
14:52c'était l'ancien palais,
14:53ce n'est pas le palais d'aujourd'hui.
14:54Non,
14:55ce n'est pas celui d'aujourd'hui.
14:56Il était sur la croisette
14:57complètement.
14:59Alors il se trouve
14:59que le Grand Prix
15:00cette année-là,
15:01c'était Blow Up.
15:01Je ne sais pas
15:02si vous vous en souvenez.
15:02Oui, bien sûr.
15:03Michel Angelo Antonioni,
15:05oui.
15:05C'est son meilleur film.
15:07Ah non, non.
15:08Ce n'est pas son meilleur film.
15:10C'est un autre.
15:11Et puis,
15:11il y a un film
15:12qui s'appelle Big Boy
15:12que personne n'a remarqué
15:14dans cette sélection
15:15qui était un film
15:16tourné par un jeune metteur en scène
15:17qui s'appelait
15:18Francis Ford Coppola
15:19qui a débuté cette année-là
15:21au Festival de Cannes.
15:21Oui,
15:22oui.
15:23Et je ne l'ai pas vu.
15:25Jamais.
15:26Alors il se trouve
15:27qu'en plus,
15:28Claude Berry,
15:29il y a des liens
15:29parce que
15:30Jean-Louis Trintignant
15:31a vécu
15:32chez les parents
15:32de Claude Berry
15:33avant de vous rencontrer.
15:34Ah oui,
15:34ils étaient adorables.
15:35C'était des fourreurs
15:38juifs polonais
15:40et ils faisaient
15:42des manteaux
15:43avec les queues
15:44des visons.
15:45Vous savez,
15:45je ne le savais pas,
15:46mais dans les visons,
15:47on n'emploie
15:48que le corps, quoi.
15:51Et les queues,
15:52ce n'est pas bien.
15:54Et lui,
15:54il faisait des manteaux.
15:55Ils étaient adorables.
15:57C'était des gens merveilleux.
15:59Et Jean-Louis
15:59habitait chez eux
16:01pendant son service.
16:03Au début,
16:03il habitait
16:04avec Brigitte Bardot.
16:06après,
16:08quand ça s'est fini,
16:10il habitait
16:10chez eux.
16:12Et après,
16:14il faut dire
16:15qu'à l'époque,
16:16le service militaire
16:17durait 28 mois.
16:19Oui.
16:20Et après,
16:21il est venu
16:22vivre chez moi.
16:23Oui,
16:23en fait,
16:24vous l'avez rencontré.
16:25Il s'est monté
16:25très galant.
16:26Il voulait vous inviter
16:27à dîner,
16:28mais il n'avait pas d'argent.
16:30Je l'avais rencontré
16:31avant
16:31dans une pièce
16:34qu'il jouait
16:34avec Annie Farg,
16:36qui était
16:36ma meilleure amie
16:37et qui s'appelait
16:38Andréa
16:39ou la fiancée du matin.
16:41Oui.
16:41Et puis,
16:42un jour,
16:43il n'a pas de quoi manger.
16:45Il veut vous inviter
16:45à dîner
16:46et puis,
16:46vous allez partager
16:47ce qui vous reste
16:48chez vous.
16:49Des pommes de terre
16:50sous la braise,
16:51c'était bon.
16:52Oui.
16:53Et puis,
16:54ça a été le début
16:55d'une histoire
16:55et vous arrivez
16:56un soir chez vous
16:57et il y a deux costumes
16:58dans le placard,
16:59ce qui vous surprend.
17:01Oui,
17:02parce qu'on n'en avait pas parlé.
17:04J'ai eu une réaction
17:05d'une petite bourgeoise
17:06un peu idiote.
17:08J'ai dit,
17:08mais qu'est-ce que c'est ?
17:09Il m'a dit,
17:10tu vois bien,
17:11on est bien ensemble.
17:13Alors,
17:14il m'a dit
17:14une très belle phrase
17:15qui m'a rassurée.
17:17Il m'a dit,
17:18on ne sait pas,
17:19on va faire
17:20un bout de chemin ensemble,
17:21on ne sait pas
17:22s'il sera long ou court,
17:23on verra bien.
17:25Et ça,
17:26c'est très libérationnel,
17:27parce qu'on est libre
17:30en étant tout le temps
17:32avec l'homme qu'on aime,
17:33ce que j'avais envie
17:34le plus d'ailleurs.
17:36Non,
17:36c'est pour ça
17:36que c'était une réaction
17:37un peu ridicule.
17:39En même temps,
17:40il est la tête d'affiche
17:41de ce film
17:42et Marie,
17:42votre fille,
17:43débute dans ce film
17:44Mon amour,
17:44mon amour,
17:45elle a 4 ans je crois.
17:46Oui,
17:47non même pas,
17:48elle a 3 ans,
17:49mais elle ne débute pas vraiment,
17:52il la tient dans ses bras
17:53et il se joue avec elle.
17:55En même temps,
17:56Marie avait un sens
17:58de l'observation.
17:59Vous racontez dans votre livre
18:00que quand
18:02Jean-Boutrin Tignan
18:03a tourné
18:04le rôle d'Émile Buisson
18:05dans Flick Story,
18:06elle a trouvé ça
18:07très bizarre.
18:08Non,
18:09pas du tout,
18:10vous vous trompez.
18:11Ah bon ?
18:12Dans Flick,
18:13il ne voulait pas faire le...
18:15Il a lu,
18:16il a dit oui
18:17à Jacques Doré
18:18qui était le metteur en scène
18:20et qui l'aimait beaucoup
18:21et puis après,
18:23il s'est renseigné
18:24sur ce personnage
18:26qu'il devait interpréter
18:27qui était ignoble.
18:28ignoble.
18:29Les mini-publics
18:30numéros, hein ?
18:31Et qui avait tué,
18:32violé et tout.
18:33Et alors,
18:34il a appelé Jacques Doré
18:35et il lui a dit
18:36écoute, excuse-moi,
18:38mais je ne peux pas faire ça,
18:39je vais être déprimée
18:40pendant tout le tournage,
18:41je ne veux pas.
18:42Et le soir même,
18:45Delon est arrivé,
18:47bon,
18:48il a dîné avec nous,
18:49moi je suis allée me coucher,
18:51j'ai vu qu'il voulait parler
18:53et quand Jean-Louis
18:56est venu me rejoindre,
18:57j'ai regardé l'heure
18:59comme on fait
19:00dans ce cas-là
19:02et il était,
19:03je ne sais pas,
19:043 ou 4 heures du matin,
19:05j'ai dit,
19:06mais qu'est-ce que
19:07vous avez raconté ?
19:08Il m'a dit,
19:09on ne m'en parle pas,
19:10je fais le film
19:11et là j'ai sommeil,
19:12sommeil, sommeil.
19:13C'est Delon qui l'a persuadé.
19:15Et après,
19:16dans le film,
19:17il était,
19:18il avait les cheveux noirs
19:19en arrière,
19:20il était,
19:21et puis il jouait très bien
19:23les méchants.
19:24Il disait que
19:25quand il jouait les méchants,
19:26ça débarrassait
19:27de sa méchanceté
19:29comme quand il jouait au poker.
19:31Et à la projection,
19:34les gens,
19:36j'y suis allée
19:37avec juste Marie,
19:39Jean-Louis n'est pas venu.
19:41Et après la projection,
19:43les gens disaient à Marie,
19:45tu dois être impressionnée
19:47de voir ton papa comme ça.
19:49Et comme elle avait
19:49beaucoup d'humour,
19:51elle disait,
19:51mais non,
19:52il est comme à la maison.
19:53Oui,
19:54c'est encourageant.
19:55Mais c'est vrai que
19:57le poker a aussi été important
19:59dans sa vie
20:00comme celle de Montand.
20:01Vous avez vu
20:01des parties de poker
20:02très étonnantes.
20:03Oui,
20:04mais il gagnait Montand.
20:06Ce n'est pas parce que
20:06Montand n'est pas là,
20:07j'adorais Montand.
20:09Mais Jean-Louis
20:10était bien plus fort.
20:11Jean-Louis avait appris
20:12avec un mec
20:13qui faisait des bateaux,
20:15vous savez,
20:15qui gagne leur vie
20:16en faisant du poker.
20:18Et puis Annie Farg
20:19dans ce film,
20:20Annie Farg
20:20a toujours été
20:21votre meilleure amie.
20:22On la connaît
20:22comme productrice,
20:23mais on oublie
20:24qu'elle a été au départ
20:25une grande actrice.
20:27Grande, absolument.
20:28Elle a fait plein
20:28de pièces au théâtre,
20:31des pièces de pinteur,
20:33enfin,
20:34avec des grands acteurs.
20:36Mais elle était comme ça.
20:40Elle était...
20:41Elle était ouverte à tout.
20:43Elle avait un cul au monstre.
20:44Elle était un personnage
20:46merveilleux, rare.
20:48Et elle a été un cul au monstre
20:49quand elle a monté
20:50ce spectacle qui est culte.
20:57Car elle,
20:58vous avez vécu ça,
20:59elle a tout fait
21:00pour que R se fasse
21:01alors que c'était
21:02en théorie impossible.
21:04Absolument.
21:04Elle avait d'abord réuni
21:06tous les agents de Paris
21:08qui ont dit
21:09le Vietnam,
21:11les Français,
21:11ça ne les préoccupe pas.
21:13puis c'est pas encore en France
21:15et ça y sera peut-être jamais.
21:18Et aucun n'a marché.
21:20Alors elle a monté
21:21sa pièce,
21:23enfin R,
21:24elle l'a monté
21:25comme en Angleterre
21:27ils font souvent.
21:29Elle demandait l'argent
21:30des places
21:32à vous, mettons,
21:34et vous saviez
21:35que vous verriez
21:36le spectacle
21:37six mois après
21:38ou je sais pas
21:41combien de temps après
21:41le temps de le faire.
21:42quoi.
21:43Mais c'est ce qu'aujourd'hui
21:44on fait avec
21:45des promesses
21:46et elle a été
21:47la pionnière
21:47dans ce domaine-là.
21:48Et puis il y a
21:49le baron-Philippe de Rothschild
21:50qui est intervenu aussi.
21:51Ah oui !
21:52Elle me dit
21:53quelle est la banque
21:54la plus importante
21:55en France ?
21:56Alors ça,
21:56je ne savais vraiment pas.
21:58On m'avait viré
21:59du crédit,
22:02Léon,
22:02le crédit,
22:03la banque du crédit
22:04parce que je croyais
22:05qu'on allait me faire crédit
22:07alors j'avais fait
22:08plein de chèques.
22:09et je lui dis
22:12non je ne sais vraiment pas.
22:14Et elle me dit
22:14mais Rothschild,
22:16Rothschild,
22:16tout le monde connaît son nom.
22:18Et elle regarde
22:19dans les gros annuaires
22:20qu'il y avait à ce moment-là
22:21où on ne voyait rien
22:22et elle voit Rothschild,
22:26elle appelle
22:27et elle dit
22:28je voudrais parler
22:28au baron de Rothschild
22:29s'il vous plaît.
22:31Et on lui dit
22:31elle bouge l'appareil
22:33et elle dit
22:34oui bien sûr
22:34le baron James
22:36ou un autre nom
22:37je ne m'en rappelle pas.
22:38Et elle bouge l'appareil
22:40et elle me dit
22:40il y en a plusieurs.
22:42Vous voyez
22:43ça ne lui faisait pas peur.
22:45C'est fabuleux.
22:46Et bien justement
22:46il y a une autre histoire
22:48liée à Annie Farg
22:49et à vous
22:49et on va l'évoquer
22:50à travers la date du 29 octobre 1971.
22:54A tout de suite
22:55sur Sud Radio
22:55avec Nadine Trintignant.
22:57Sud Radio
22:58Les Clés d'une vie
22:59Jacques Pessis
23:00Sud Radio
23:01Les Clés d'une vie
23:02mon invité Nadine Trintignant
23:03pour ce livre formidable
23:04Ceux qui nous manquent
23:05chez Albain Michel.
23:07Merci.
23:07On l'évoque
23:08tout au long de ce parcours
23:10et ce parcours justement
23:12le 29 octobre 1971
23:14c'est la sortie
23:15d'un film culte.
23:18Il n'y a pas eu
23:20école ce matin
23:24Il n'y a rien
23:25Ça n'arrive qu'aux autres.
23:26Et les paroles sont
23:28de Jean-Louis Dabadi
23:29et la musique
23:30de Michel Polnareff.
23:32Oui.
23:32Et Michel Polnareff
23:33d'ailleurs
23:33qui a été le grand amour
23:35d'Annie Farg.
23:36Oui.
23:36Elle ne le connaissait pas encore.
23:38Elle l'a connu juste après.
23:39Voilà.
23:40Et non seulement
23:40ça a été un grand amour
23:41mais elle a fait sa carrière.
23:43S'il n'y avait pas eu
23:44Annie Farg
23:45je pense que la carrière
23:45de Michel Polnareff
23:46Ah non
23:47il était déjà
23:48Michel Polnareff
23:49Oui mais elle a...
23:50Mais elle l'a...
23:51Comme il n'avait pas...
23:53Il y avait une histoire
23:54d'impôt
23:54il avait été volé
23:56je ne sais pas quoi
23:56et ils sont partis
23:58en Amérique
23:59où il est toujours
24:00d'ailleurs
24:02et...
24:02et elle a quand même
24:05organisé en France
24:06des énormes
24:07énormes concerts
24:08qui ont marché.
24:09Oui.
24:10Il était venu au Royal Monceau
24:11pendant des mois
24:12pour écrire un album.
24:13Ah ça c'est en pleine dépression.
24:15Voilà.
24:15Il faisait...
24:16C'est quelqu'un
24:17de très fragile
24:18d'intelligent
24:19et de très fragile
24:21Michel
24:22et de très drôle aussi.
24:24Mais
24:27il faisait...
24:28Il a fait des dépressions
24:30assez graves.
24:31Et moi je me souviens
24:32pour l'interviewer
24:33il suffisait d'aller
24:33au Royal Monceau
24:34à 14h
24:35il était au bar
24:36en jogging
24:37et on parlait avec lui.
24:37Il ne pouvait pas sortir
24:39à cette époque.
24:40C'est le contraire
24:42des gens
24:43qui ne peuvent pas rentrer
24:45dans un ascenseur.
24:47Lui il ne pouvait pas sortir
24:48de l'hôtel.
24:49Alors ça n'arrive qu'aux autres
24:50qu'il fait la chanson du film
24:51et ce film
24:52vous est inspiré
24:53hélas d'une histoire vraie
24:54qui était...
24:55Ce film vous l'avez dédié
24:56à votre fille Pauline.
24:59Oui vous savez
25:00c'est bizarre peut-être
25:03mais
25:06c'est un besoin.
25:09C'est un besoin
25:11violent
25:13quand on est
25:14très très malheureux
25:17d'en parler.
25:18Je n'avais pas envie
25:19à ce moment-là
25:21d'aller chez un psychiatre
25:23et écrire
25:24me semblait normal.
25:25Enfin faire un film
25:26me semblait normal.
25:28Et première chose
25:29que vous...
25:30Et j'ai eu la chance
25:30d'avoir Catherine Deneuve
25:32et Marcello Mastroianni.
25:34Alors justement
25:34Catherine Deneuve
25:35lui déposait le scénario
25:36et elle vous rappelle
25:37tout de suite.
25:38Elle me rappelle tout de suite
25:39et elle me dit
25:40tellement de bien
25:41de mon scénario
25:42comme j'avais entendu
25:44j'ai eu des tas de fois
25:45Jean-Louis
25:45dire
25:46oh votre scénario
25:48est merveilleux
25:48je l'ai lu
25:49c'est merveilleux
25:50et puis ça finissait
25:52toujours par
25:53mais je serais mauvais
25:55vous n'avez pas intérêt
25:56à me prendre
25:56c'est pas pour moi
25:57par refuser quoi.
25:59Alors
26:01j'écoute
26:02les compliments
26:02de Catherine
26:03avec plaisir
26:04mais je lui dis
26:05mais tu envisages
26:06de le faire
26:07elle me dit
26:08mais qu'est-ce que
26:08je te dis
26:09Deneuve ?
26:10C'est un personnage
26:12très loyal
26:13très rare
26:14et très merveilleux
26:15Catherine
26:16et Marcello
26:18n'en parlons pas.
26:19Alors l'idée
26:20est venue justement
26:21vous avez toutes les deux
26:22pensé à Marcello
26:23Mastroianni.
26:25On avait chacune
26:27une idée
26:27qui n'allait pas
26:28à l'autre
26:29je ne sais plus
26:30quelle était la mienne
26:31d'ailleurs
26:33et on a parlé
26:35ensemble
26:35de quelqu'un
26:36qui n'a plus rien
26:37à toutes les deux
26:38et on a eu l'idée
26:39ensemble
26:40de Marcello.
26:41Et vous êtes allé
26:42le voir
26:43alors qu'il tournait
26:43à Fellini
26:44ou plutôt qu'il ne tournait
26:45pas depuis trois jours ?
26:46Non non
26:46ah oui
26:47ça c'était bien avant
26:51et oui
26:52c'était sidéré
26:54parce que
26:54ça ne peut pas arriver
26:56en France
26:57sauf à un très grand
26:58metteur en scène
26:59j'arrive
27:00et il y avait
27:02Fellini
27:02Marcello
27:03et Anouk
27:05assis côte à côte
27:06et moi j'arrivais
27:07avec ma poussette
27:08et ma petite fille
27:09dedans
27:09et je dis
27:11mais vous ne tournez pas ?
27:13Et Marcello
27:13dit
27:14non pas depuis trois jours
27:15Frédérico
27:16le sens pas
27:18vous pensez
27:19en France
27:19si un metteur en scène
27:20dit je le sens pas
27:21au prix
27:23que coûte
27:24la journée
27:25d'un tournage
27:27ça ne marcherait pas
27:28En fait
27:29Pagnol faisait ça
27:30il avait ses studios
27:32donc il invitait
27:33à déjeuner
27:33on faisait la pétanque
27:35et après
27:35si on avait envie
27:35de tourner
27:36on tournait
27:36Ah oui ?
27:38Je ne savais pas
27:39C'était extraordinaire
27:40mais c'était Pagnol
27:41alors il se trouve
27:42qu'il accepte
27:42de faire le film
27:43et puis
27:44le louche va le produire
27:46et le tournage
27:47se passe bien
27:49sauf que Marcello
27:50se plaint du silence
27:51sur le plateau
27:51Mais c'est-à-dire
27:53en Italie
27:54comme Jean-Louis
27:56a tourné
27:56beaucoup de films
27:57en Italie
27:58en Italie
28:01ils continuent
28:02à parler
28:03l'équipe
28:04ensemble
28:05on dit moteur
28:07tourner
28:08le clap
28:09et les acteurs
28:11tournent
28:13font leur scène
28:14mais l'équipe
28:16continue
28:16passe-moi ça
28:17t'as vu le match
28:19hier
28:19enfin
28:19et moi je tourne
28:22le premier plan
28:24et je vois
28:25ça se voit
28:26quand un acteur
28:27n'est pas
28:28heureux
28:29et c'est
28:30ce que je préfère
28:31moi
28:32les rapports
28:32avec les acteurs
28:33sur un film
28:34et
28:36je vais vers lui
28:37après la prise
28:38et je lui dis
28:39qu'est-ce qu'il y a
28:40qui ne va pas
28:40il me dit
28:41il m'en a dit
28:42ton équipe
28:43est sympathique
28:44il parle
28:45football
28:46le rubis
28:47et leurs femmes
28:49et leurs enfants
28:50dis-leur
28:51de continuer
28:52quand tu dis
28:52bon ben
28:53on va tourner
28:54le silence
28:54tout le monde
28:55se tait
28:56je veux garder
29:00ta voix
29:00Marcelo
29:01je déteste
29:02faire les voix
29:03en auditorium
29:04c'est moins bien
29:05c'est toujours
29:06moins bien
29:07alors
29:09en France
29:10on tourne
29:10dans le silence
29:12il a accepté
29:14c'était un être
29:16qui acceptait
29:17tout
29:17les choses
29:18les plus folles
29:19il était adorable
29:21en même temps
29:22il disait
29:23j'apprends mes répliques
29:24en dernière minute
29:25pour que ce soit
29:26plus naturel possible
29:26j'apprends pas
29:27huit jours à l'avance
29:28il avait dit ça
29:29un jour
29:29il ne voulait pas
29:30apprendre ses textes
29:31avant
29:32il faudrait avoir
29:33la spontanéité
29:36il ne me l'a jamais dit
29:37mais ça ne m'étonne pas
29:39parce que moi
29:40il m'est arrivé
29:40en les voyant
29:41tous les deux
29:43ça arrive
29:44en voyant
29:45les personnes
29:47dont on a rêvé
29:48ensemble
29:48on a une idée
29:50et ça m'est arrivé
29:51d'écrire des scènes
29:52en vitesse
29:53et
29:56Catherine non plus
29:57Catherine acceptée
29:58et Marcelo aussi
29:59alors il se trouve
30:00que vous avez vu naître
30:01l'histoire d'amour
30:02entre Catherine Deneuve
30:03et Marcelo Mastroianni
30:04Nadine Trintignan
30:05ah bah oui
30:05j'étais même contente
30:07parce que c'était bien
30:08pour le film
30:09on est égoïste
30:10les mettants en scène
30:12sont un peu des monstres
30:13non mais c'est vrai
30:14que ça a été
30:14vous avez vu petit à petit
30:16les invitations à dîner
30:17la passion qui naissait
30:18et en même temps
30:18c'était un couple magique
30:20c'était un couple magique
30:22mais qui dînait
30:23tous les soirs
30:24avec une amie italienne
30:26que j'adorais
30:26qui faisait les costumes
30:29sur les films
30:29d'Antonioni
30:30et
30:32et
30:33et j'ai invité
30:35à ce dîner
30:36un soir
30:36elle n'était pas là
30:37je le savais
30:38alors j'ai organisé
30:40un dîner
30:40avec Alain Corneau
30:42qui était mon assistant
30:43avec
30:44Willy Lupchansky
30:45qui était le
30:47l'opérateur
30:48avec la scribe
30:50à Bourapno
30:51la soeur de Jean-Paul
30:52qui a fait des films
30:53après
30:54et je leur ai dit
30:55quand on a fini
30:57que j'ai payé
30:58et tout
30:59on rentre chez soi
31:01on ne traîne pas
31:02on ne va pas dans les boîtes
31:04on ne fait rien
31:04et alors
31:07Marcelo
31:07pas aveugle
31:08le lendemain
31:09il m'a dit
31:09ah Nadine
31:11quand tu organises
31:12un dîner
31:13c'est vraiment
31:14un dîner
31:14toi
31:15il était très drôle
31:17il était toujours
31:19entre deux lignes
31:20il se trouve en plus
31:21que vous avez ensuite
31:22présenté ce film
31:23aux Etats-Unis
31:24et finalement
31:24vous avez été
31:25la première femme
31:26française
31:27américaine
31:28à présenter un film
31:28les metteurs en scène
31:30femmes
31:30ça n'existait pas
31:31Nadine Trintignant
31:32il y avait
31:32Ida Lupino
31:33qui était à la fois
31:34actrice
31:34et qui a fait
31:35des polars
31:36très bien
31:37mais c'est tout
31:38et quand je suis arrivée
31:40dans une salle
31:40où il n'y avait
31:41que des femmes
31:42et puis il y avait
31:43sur les strades
31:45une femme
31:45qui était photographe
31:47une autre
31:48elle avait des métiers
31:49le script
31:51scénariste
31:52enfin
31:52et puis moi
31:54et alors
31:55mon anglais
31:57n'est pas bon
31:57et alors
31:58j'étais bien contente
32:00mais
32:00comme j'avais fait
32:01plein de villes
32:02avec la personne
32:05qui m'accompagnait
32:06de la production
32:09de la distribution
32:11plutôt
32:13il m'avait dit
32:14c'est
32:15le Women's Libre
32:17mais j'avais
32:17vraiment pas fait attention
32:19j'étais crevée
32:20alors j'étais contente
32:21au début
32:22parler avec les autres femmes
32:24et après
32:25elles me parlent
32:26à moi
32:26et elles me disent
32:28mais comment
32:29vous avez fait
32:30pour faire un film
32:31comme étant en scène
32:32étant une femme
32:33et moi
32:34je dis la vérité
32:35mon frère
32:36m'a aidée
32:37et
32:39sans lui
32:40j'aurais pas pu
32:40il m'a accompagnée
32:41au labo
32:42comme un papa
32:43et après
32:45il m'a trouvé
32:45un premier stage
32:46et puis après
32:47ça m'a aidée
32:48et Jean-Louis aussi
32:49m'a aidée
32:50et j'étais très contente
32:52alors
32:52il y a une blague
32:54qui me dit
32:54mais vous n'étiez pas
32:57ulcérée
32:58que ce soit des hommes
32:59qui vous aident
33:00et moi
33:00j'ai répondu
33:01ben non
33:02ces hommes
33:02ils m'aimaient
33:03ça prouvait
33:04qu'ils étaient contents
33:05que ce soit mettant en scène
33:06c'était harmonieux
33:07et alors
33:08après dans la voiture
33:11il dit
33:12hôtel Pierre
33:12je dis
33:13ah c'est bien
33:14c'est là où je dors
33:16où on fait le dîner
33:17il me dit
33:18il n'y a plus de dîner
33:19pour vous
33:19elle ne veut plus de vous
33:21elle croyait
33:22que je
33:23que je l'ai
33:25provoqué
33:26avec mon angle
33:27éminable
33:28il n'était pas question
33:29que je provoque
33:30et puis je ne suis pas
33:31mon caractère
33:31qui que ce soit
33:34et je me suis marrée
33:35j'ai dit
33:36bon ben je vais dormir
33:36plus tôt
33:38et puis alors
33:39il y a quelqu'un
33:40qui était votre assistant
33:41qui était en train
33:41dans votre vie
33:42c'est Alain Corneau
33:43et Alain Corneau
33:44il a réalisé
33:46plusieurs films
33:46des chefs-d'oeuvre
33:47et il y a un film culte
33:49c'est celui-ci
33:56tous les matins du monde
33:57en venant ici
33:59dans le taxi
34:01mon éditeur
34:03Stéphane Barzac
34:04m'en a parlé
34:05justement
34:05parce que ce film
34:07est un film
34:08où il évoque
34:09Marine Marais
34:10qui est un compositeur
34:12peu connu
34:13personne ne croyait
34:14en ce film
34:14et il a eu
34:15cette César
34:15non personne ne croyait
34:17et Alain me disait
34:19c'est drôle
34:20parce que
34:21quand les gens
34:22de cinéma
34:23qui connaissent bien
34:24comme René Château
34:26par exemple
34:26ils viennent vers moi
34:28ils me prennent la main
34:29pour me consoler
34:30et ils me disent
34:31moi j'ai aimé
34:33avec un côté
34:34on va le rejeter
34:35mais moi j'ai aimé
34:37et en fait
34:38ça a été un succès
34:39énorme
34:39et Jean-Pierre Mariel
34:41d'ailleurs disait
34:41mais lui-même
34:42qui jouait dans ce film
34:43ne croyait pas
34:44au succès de ce film
34:45il disait
34:46Jean-Louis
34:47tu mets un rigolo
34:48dans une cabane
34:50et tu crois
34:52qu'avec
34:53et avec une
34:54geole de gambe
34:55que personne ne connait
34:56comme un instrument
34:56de musique
34:57et tu crois
34:58qu'il y aura
35:00trois barocos
35:02qui vont voir le film
35:03trois vieilles filles
35:04en province
35:06résultat
35:06un Golden Globe
35:07et puis
35:09presque des nominations
35:10aux Oscars
35:11quelquefois
35:15je crois qu'il a été
35:16nommé aux Oscars
35:20pour Mariel aussi
35:21il est formidable
35:24et puis
35:24dans ce film
35:25il y a Michel Bouquet
35:26et vous racontez une chose
35:27parce que Michel Bouquet
35:30il est toujours
35:30très sérieux dans la vie
35:31et puis un soir
35:32un petit peu gay
35:32il vous a fait des confidences
35:33sur sa vie
35:34ah oui
35:35non mais ça
35:36c'était un film
35:36avec deux mois
35:37c'était pas le film d'Alain
35:39oui
35:40non mais il avait
35:41il s'était un peu
35:41peinté
35:42et il m'a tellement
35:46fait rire
35:47il me dit
35:48mon premier mariage
35:50on était chacun
35:51devant une fenêtre
35:53et je me disais
35:55tu as fait la plus grande
35:56boulette de ta vie
35:57boulette déjà
35:58ça m'a fait rire
36:00et il me dit
36:01mais ne riez pas Nadine
36:03après j'avais un appartement
36:05qui donnait
36:05sur le
36:06sur le
36:07sur le
36:10rond-point du
36:10Champs-Élysées
36:11et
36:12elle se mettait
36:14toute nue
36:14sur la terrasse
36:15en disant
36:16il me fait jamais
36:17l'amour
36:18remarquez c'était vrai
36:19non il était
36:21il était
36:22il était un comédien
36:24génial
36:24génial
36:25vraiment
36:26Michel
36:26lui aussi
36:28et
36:30un homme très
36:31très drôle
36:32dans la vie
36:33tout ça vous l'évoquez
36:34dans ce livre
36:35qu'on va évoquer
36:36plus longuement
36:36maintenant
36:37à travers la date
36:37de sa sortie
36:38le 1er octobre
36:392026
36:40à tout de suite
36:40sur Sud Radio
36:41avec Nadine Trintignant
36:43Sud Radio
36:44les clés d'une vie
36:45Jacques Pessis
36:46Sud Radio
36:46les clés d'une vie
36:47mon invité Nadine Trintignant
36:48nous avons évoqué
36:50bien des souvenirs
36:51depuis le début
36:52de cette émission
36:52et ces souvenirs
36:53ils sont dans ce livre
36:54qui s'appelle
36:55Ceux qui nous manquent
36:56chez Albain Michel
36:57sorti le 1er octobre
36:592026
36:59pourquoi avoir voulu
37:01écrire ce livre
37:01aujourd'hui
37:02Nadine Trintignant
37:04c'est pas moi
37:05qui ai eu l'idée
37:06c'est un ami à moi
37:09journaliste
37:10comme vous
37:11à la télé
37:13qui s'appelle
37:15Jean-Noël Mirande
37:16et il m'a dit
37:18un jour
37:18lui il connait
37:19plein d'histoires
37:21ahurissantes
37:22sur les acteurs
37:25actrices
37:25et tout
37:26et moi
37:28on riait
37:29avec tout ça
37:29et un jour
37:30il m'a dit
37:31tu devrais l'écrire
37:32et je lui ai dit
37:33et toi pourquoi pas
37:35toi
37:35et il me dit
37:36non moi je suis pas
37:37toi tu l'écris
37:39et c'est donc
37:40une idée à lui
37:41et vous l'avez écrit
37:43et vous ne pensez
37:44j'ai mis six mois
37:45à réfléchir
37:46ou je sais pas
37:47combien de temps
37:47mais
37:48et puis un jour
37:49oui
37:50et vous l'avez écrit
37:51peut-être en disant
37:52ça ne sortira jamais
37:53et votre éditeur
37:54est tombé tout de suite
37:56fasciné par ce livre
37:58alors
37:59j'avais plus d'éditeur
38:01quand j'ai écrit
38:03il était malheureusement mort
38:05c'était un homme merveilleux
38:06Claude Durand
38:07et il était
38:10il était un homme
38:12j'ai eu la chance
38:13d'avoir
38:14Jean-Marc Robert
38:18celui du
38:19Grasset
38:19comment il s'appelle
38:23c'est l'âge
38:23j'ai oublié les noms
38:26et
38:28j'ai eu la chance
38:30d'avoir des grands éditeurs
38:32qui m'aident
38:32qui m'aident
38:33on ne dit pas assez
38:35combien
38:38la lecture
38:39d'un
38:40d'un éditeur
38:42nous aide
38:43et
38:44et là
38:45et là
38:46j'ai Stéphane Barzac
38:47qui est un très grand
38:48et qui vous a aidé
38:50et que vous évoquez
38:51dans le livre
38:51alors dans ce livre
38:52vous parlez justement
38:53de Christian Marquand
38:54votre frère
38:55qui vous a posé
38:56dans le cinéma
38:57moi je me souviens
38:58d'un week-end
38:59qu'on avait passé
39:00avec des stars
39:00et il avait fait un jeu
39:02incroyable
39:03il s'amusait
39:04à tous les péages
39:05à attendre
39:05qu'une voiture passe
39:06il fonçait derrière
39:07il ne voulait pas
39:07payer le péage
39:08ça l'amusait
39:09car il faisait
39:10des blagues
39:11et des choses
39:11sans arrêt
39:14les deux
39:15Serge aussi
39:16mes deux frères
39:17mes deux frères
39:18enfin mes soeurs aussi
39:19mais mes deux frères
39:21étaient vraiment
39:21des merveilles
39:22et
39:24et Christian
39:26Christian a beaucoup
39:27compté dans ma vie
39:28il m'a beaucoup aidé
39:30et Serge
39:31m'a beaucoup fait rire
39:32non
39:33j'ai eu beaucoup de chance
39:34et j'avais des parents
39:36aussi
39:36formidables
39:37Christian a tourné
39:38dans un film célèbre
39:39qui est le premier
39:40qui est le
39:41Et Dieu créa la femme
39:43et c'est vrai
39:44avec Jean-Louis d'ailleurs
39:45exactement
39:46oui
39:46et la famille
39:48mais enfin
39:48c'était surtout Brigitte
39:50et Brigitte
39:51je ne sais pas si vous le savez
39:52le mambo
39:53qui est le plus célèbre
39:54de l'histoire
39:54il est né
39:55parce qu'un soir
39:56Vadim est dans une boîte
39:57et Brigitte va sur la piste
39:59danser le mambo
40:00et c'est comme ça
40:01qu'il a eu l'idée
40:02de demander à Paul Misraki
40:03de composer un mambo
40:04oui oui absolument
40:05et Brigitte Bardot
40:07vous l'avez connue
40:08à ses débuts
40:09même au temps
40:10des débuts
40:11de la liaison
40:11Vadim-Bardot
40:12comment ?
40:13vous avez connu Bardot
40:14au moment de la liaison
40:15Vadim-Bardot
40:16ah oui
40:16elle avait 15 ans
40:17elle voulait être danseuse
40:20et elle est tombée amoureuse
40:22de Vadim
40:23qui était séduisant
40:24et intelligent
40:25et je la comprends
40:27mais elle avait des parents
40:28très petits bourgeois
40:29qui détestaient Vadim
40:31qui le prenaient
40:35enfin on est des bohémiens quoi
40:37oui
40:37en fait je sais que
40:39la romance au départ
40:40elle s'est cachée
40:41chez Daniel Gélin
40:42et Daniel Delorme
40:43et c'est comme ça que Vadim et Brigitte
40:46vivaient leur romance
40:47tranquillement loin des parents
40:48le couple Gélin-Delorme
40:50les avait cachés
40:52vous ne saviez pas ?
40:53ah je ne savais pas ça
40:54je vous l'apprends
40:55je n'ai pas su
40:55non
40:56alors il se trouve
40:57Bardot vous l'avez connue
40:58parce qu'elle est souvent
40:59chez vos parents
41:00Nadine Tratignan
41:01bien sûr avec ses parents
41:03qui étaient vraiment
41:05qui l'empêchait de voir Vadim
41:07ils lui ont un jour interdit
41:10et comme elle s'est succédée
41:12plusieurs fois
41:13et là ils l'ont retrouvé
41:15la tête dans le four
41:17donc elle a eu le droit
41:18de voir Vadim
41:19mais elle adorait venir chez moi
41:21parce que mes parents
41:22étaient des merveilleux
41:23et que c'était une vraie famille
41:26et elle avait besoin
41:29il se trouve que vous expliquez aussi
41:31dans votre livre
41:32que Bardot pour Bardot
41:33un sou était un sou
41:34vous l'avez vu négocier
41:36du sirop de menthe
41:37alors c'est drôle
41:38parce qu'après
41:39elle a donné tous ses bijoux
41:41aux animaux
41:41quand même
41:42il ne faut pas l'oublier
41:43parce qu'il y a toujours
41:44deux aspects chez nous
41:46on est double
41:48mais quand elle était jeune
41:50oui
41:51alors un jour
41:53un jour on rentre
41:55avec Vadim
41:56chez eux
41:59et Vadim lui dit
42:01ta mère
42:02s'est encore plainte de moi
42:03elle dit que
42:04que je suis n'importe quoi
42:06que je traîne mes lattes
42:08enfin bon
42:08et elle se met
42:10dans une colère folle
42:11elle pouvait être coléreuse
42:13elle se met dans une colère folle
42:15et elle déchire
42:16une enveloppe
42:17qu'elle avait dans la main
42:18en mettant un petit bout
42:19de côté sur la cheminée
42:20mais bon
42:20et en disant
42:23j'écrivais à maman
42:24justement
42:25et bien je ne l'enverrai pas
42:26sa lettre
42:27et alors avec Vadim
42:29on s'est approché
42:30du petit bout de papier
42:31sur la cheminée
42:32et c'était le timbre
42:34on était mort de rire
42:36et elle aussi après
42:37c'est là qu'elle était
42:41agréable
42:41et délicieuse
42:43elle avait beaucoup d'humour
42:45on le sait
42:45oui
42:46alors il y a aussi
42:47quelqu'un dont vous parlez
42:48et vous l'avez connu débutant
42:50et c'est une des plus grandes stars du monde
42:51Nadine Trintignant
42:52c'est Marlon Brando
42:53il n'était pas du tout une star
42:55il avait juste joué une pièce
42:58qui n'avait pas marché à New York
42:59et puis il adorait la France
43:02il parlait français comme vous et moi
43:04sa mère était à moitié française
43:08et c'était un homme merveilleux
43:11d'une grande grande douceur
43:13d'une immense gentillesse
43:17et très drôle
43:19si l'intervieweur
43:23lui posait une question
43:25à laquelle il ne voulait pas répondre
43:29il n'était pas du tout grossier
43:31il se penchait
43:32il disait
43:32joli votre costume là
43:34vous l'avez acheté où ?
43:36il détournait
43:37et bon l'autre comprenait
43:39qu'il ne pouvait pas poser cette question là
43:41mais je lui ai volé cette chose
43:46mais est-ce que quand vous l'avez connue
43:47tout débutant
43:48vous imaginez
43:49Nadine Trintignant
43:50que Marlon Brando serait une star
43:52un modèle pour les générations futures ?
43:54moi quand je rentrais de l'école
43:56j'étais petite
43:57j'avais 13 ans
43:58et mon cartable est tombé devant
44:01la beauté de Marlon
44:03Marlon était d'une beauté folle
44:06d'une beauté incroyable
44:07et le parrain
44:09vous racontez dans ce livre
44:10qu'au départ
44:11le producteur ne voulait pas de lui
44:13oui
44:13il a dit à Coppola
44:15celui que tu veux
44:16sauf Marlon Brando
44:18parce que Marlon
44:19était sûrement
44:21embêté
44:22les productions
44:24sûrement
44:24ça
44:25j'en sais rien
44:27mais je suppose
44:28pour qu'un producteur
44:30refuse une star
44:31et
44:33Marlon et Coppola
44:35ont payé des essais très chers
44:37avec le plus grand opérateur
44:39et Marlon a eu l'idée
44:41de se mettre du coton
44:42dans les joues
44:43pour avoir
44:44pour déformer un peu
44:46son visage
44:48enfin
44:49il était complètement changé
44:51et il a changé sa voie
44:53ce qui était très important
44:55et ils ont fait des essais
44:59Coppola les montre
45:00au producteur
45:01qui dit
45:02ah
45:02tu l'as trouvé le parrain
45:05qui est-ce
45:07Marlon Brando
45:08et tu vois
45:08me contente sûrement
45:09en fait
45:10il avait pris
45:11comme modèle de voix
45:12celle de Franck Costello
45:14qui était le roi de la mafia
45:15il s'était inspiré
45:16de la voix
45:17de cet homme
45:17qui était roc
45:18pour bâtir son personnage
45:19oui
45:19c'est vrai
45:21alors il y a quelqu'un aussi
45:22dont vous parlez dans ce livre
45:23qui a énormément
45:24compté dans votre parcours
45:25Nadine Trintignant
45:26on va écouter sa voix
45:27vous allez reconnaître
45:28je suis doué
45:29comme un enfant de 4 ans
45:30qui n'aurait pas été doué encore
45:32je sais faire un bonhomme
45:33Jacques Prévert
45:34j'entends rien
45:38Jacques Prévert
45:39était un
45:41un anse du ciel
45:43on l'a connu
45:45on l'a connu
45:46à Saint-Paul-de-Vence
45:48parce que nos parents
45:50nous avaient loué
45:51à ma soeur
45:51et à moi
45:52à ma soeur Lilou
45:53et à moi
45:55deux chambres
45:56communiquantes
45:57et eux
45:57ils nous rejoignaient
45:58après dans un appartement
45:59qu'ils avaient
46:00près d'une fontaine
46:01et on n'avait qu'un seul
46:04pick-up pour deux
46:05et trois disques
46:07et alors on s'est changé
46:09le pick-up et les disques
46:10et un jour
46:11je fermais nos portes
46:14comme font deux soeurs
46:16qui ne veulent pas
46:17être vues de l'autre
46:19et j'ai mis
46:21j'ai mis Beethoven
46:23je crois que j'ai mis
46:25carrément la neuvième
46:26je crois qu'on sait
46:28ce qu'on avait
46:28et je monte debout
46:31sur le lit
46:32et je joue
46:33à être
46:34le chef d'orchestre
46:36et la colline
46:39de Saint-Paul
46:40pour moi
46:41c'était des musiciens
46:42et tout d'un coup
46:44je vois un mec
46:45habillé avec un short
46:47une chemise
46:48un peu n'importe quoi
46:50une cigarette
46:51évidemment
46:52et il avait
46:53un roseau
46:55dans les bras
46:56et il faisait semblant
46:57de jouer du violon
46:59et alors là
47:01je suis descendue du lit
47:03j'ai arrêté la musique
47:04j'avais honte quoi
47:05et je me suis dit
47:06c'est le fou du village
47:08il y en a un
47:08dans chaque village
47:13et après
47:13on se retrouve
47:14à la Colombe d'Or
47:15avec mes parents
47:17et arrive ce mec
47:20et je me dis
47:21mon Dieu
47:22prouve qu'il ne parle pas
47:23que c'était
47:24un chef d'orchestre
47:25et il était adorable
47:28il m'a regardée
47:29en souriant
47:30il n'a rien dit
47:31et il est devenu
47:33un ami à moi
47:34c'est bizarre
47:35bien sûr
47:36il était âgé
47:37enfin il n'était pas âgé
47:41il n'avait pas d'âge
47:42très bien
47:43il n'a jamais eu d'âge
47:43il était un enfant
47:44il était une merveille
47:48un cadeau du ciel
47:49et moi j'étais
47:51il m'a fait connaître
47:53le marais
47:53où j'habite maintenant
47:55et on faisait des collages
47:57chez lui
47:57avec
47:58on découpait
47:59on avait le droit
48:00de tout découper
48:01et on collait
48:02et alors lui
48:03il faisait des collages
48:05merveilleux
48:05mais après
48:06on les comparait
48:07il me disait
48:08c'est le tien
48:08le mieux
48:09non
48:09c'était jamais vrai
48:12mais c'était Prévert
48:13et il se trouve que Prévert
48:14la colombe d'or
48:16on pense tout de suite
48:16à Montand et Signoret
48:17et Montand
48:18vous avez fait partie
48:19de celles et ceux
48:20qui passaient les week-ends
48:22dans leur maison de campagne
48:23à Auteuil
48:23ah oui
48:24c'était des week-ends
48:25merveilleux
48:26Jean-Louis m'en parlait
48:30on était séparés
48:32depuis très longtemps
48:33et un jour
48:33il me dit
48:34tu te souviens
48:34des week-ends
48:35et je lui dis
48:37bah oui
48:38il y avait des gens
48:39formidables
48:39il y avait Georges Semproun
48:41il y avait Costa Gavras
48:42il y avait
48:44enfin il y avait
48:45j'ai oublié
48:46il y avait François Perrier
48:48très souvent
48:49il faisait beaucoup de blagues
48:50et il faisait tous
48:51on ne pensait qu'à rire
48:53vous savez
48:54cette époque
48:55était beaucoup plus légère
48:56aujourd'hui
48:57elle est devenue
48:58très lourde
48:59et on ne sait pas
49:01où on va
49:01mais là
49:03à ce moment-là
49:04et Montand
49:05était marrant
49:06parce que
49:07il faisait comme au rugby
49:09il réunissait son équipe
49:11où j'étais
49:12en jouant au volleyball
49:13et il disait
49:15il faut se méfier
49:16des étrangers
49:17les étrangers
49:18c'est jamais bien
49:20évidemment
49:21qu'ils pensaient
49:22le contraire
49:22et il disait
49:24Georges Semproun
49:25il est espagnol
49:26que Zagavras
49:27il est grec
49:28enfin il s'est fait
49:29naturaliser
49:30mais quand même
49:31ça reste
49:32enfin
49:33on mourait de rire
49:34avec lui
49:35il était
49:36il faut dire
49:36d'une mauvaise foi totale
49:37aussi
49:37comment ?
49:38il était d'une mauvaise foi totale
49:39à totale
49:40ah oui
49:44la chose
49:45où il a été
49:46de plus mauvaise foi
49:47que j'ai vu
49:48c'est que
49:49il répétait
49:52ses chansons
49:53avec Bob
49:53qui était son pianiste
49:55oui
49:55et son martyr aussi
49:57mais Bob
49:58s'en foutait
49:59complètement
50:00et
50:01il n'y arrivait pas
50:02c'est lui
50:03qui n'y arrivait pas
50:04à trouver
50:05la note
50:06qu'il fallait
50:07mais c'était la faute de Bob
50:09bien sûr
50:09il lui disait
50:10mais tu connais pas
50:12le
50:13do do do
50:15tu connais pas ça
50:16et alors
50:19Bob
50:20disait rien
50:21il s'en foutait
50:22il recommençait
50:24et alors
50:25il s'approche de Simone
50:27qui était là
50:28et qui cousait
50:29des canevas
50:29elle faisait des coussins
50:31qu'elle avait vus
50:32sur un livre africain
50:33très beau
50:35noir sur du blanc
50:36très beau
50:37et il lui dit
50:38qu'est-ce que tu fais
50:39là moi chérie
50:40et elle lui dit
50:42tu vois bien
50:43mon temps
50:44elle l'appelait mon temps
50:45puisque son premier mari
50:46s'est appelé
50:47Valégrès
50:48et elle lui dit
50:49tu vois bien
50:50on l'appelait tous mon temps
50:52tu vois bien
50:53je brode
50:55et il lui dit
50:57ah tu brodes
50:57ah bah c'est ça
50:59qui peut inspirer
51:00un grand senteur
51:01sa femme brode
51:02Bob
51:03tu te rends compte
51:04la chance que j'ai
51:05Nada
51:05tu te rends compte
51:06la chance que j'ai
51:07elle brode
51:09alors Simone lui dit
51:10mais tu sais
51:11je pourrais
51:12encore faire du cinéma
51:14si je voulais
51:14j'ai abandonné
51:17pour être
51:17ta roupie
51:19ta groupie
51:21et alors
51:22il dit
51:22bah téléphone
51:23mon chéri
51:24tu te gêne pas
51:25et alors
51:26elle se lève
51:27elle va vers le téléphone
51:29et il lui dit
51:29n'oublie pas
51:31tu t'appelles
51:32signorée
51:33parce qu'eux
51:33ils ont oublié
51:34tu sais dans ce métier
51:36tout le monde oublie
51:37en fait d'une cruauté terrible
51:39et Simone appelle
51:41les frères Hakim
51:43elle tombe sur un des deux frères
51:45et qui lui dit
51:46je savais bien
51:48que tu ferais Thérèse Raquin
51:50alors rendez-vous demain
51:51avec Ravallone
51:52à tel restaurant
51:54elle lui dit
51:54d'accord
51:55puis elle raccroche
51:56et elle dit
51:57à mon temps
51:57je vais faire un film
51:58de carnet
51:59avec
52:00avec
52:02Ravallone
52:03et là
52:04mon temps
52:05dit
52:06mais elle est formidable
52:07ma femme
52:08et il se tourne
52:09vers moi
52:11et il dit
52:12non mais vous vous rendez compte
52:13elle a un coup
52:14tu l'as donné
52:15et elle fait le film
52:17le plus important
52:18de l'année
52:19elle est comme ça
52:20Simone
52:20elle est incroyable
52:22alors c'est
52:23il était de mauvaise voix
52:24mais il le reconnaissait
52:27ce qui est incroyable
52:28c'est ce livre
52:29ceux qui nous manquent
52:30que vous avez sorti
52:30chez Alba Michel
52:31parce qu'on a raconté
52:33quelques anecdotes
52:33il y en a beaucoup
52:34beaucoup d'autres
52:34dans ce volume
52:35et je conseille
52:37à celles et ceux
52:37qui nous écoutent
52:38qui sont de plus en plus
52:39nombreux
52:39à lire ceux qui nous manquent
52:41parce qu'ils vont apprendre
52:42des choses fabuleuses
52:43et inédites
52:44sur des gens
52:44qui nous manquent
52:45en tout cas continuez
52:46parce que je suis sûr
52:47vous avez d'autres souvenirs
52:48si vous continuez
52:49à faire un autre livre
52:50vous êtes ici
52:51chez vous
52:51Nadine Tratignan
52:52je vous remercie
52:54merci en tout cas
52:55et puis encore une fois
52:56bravo pour ce livre
52:57et merci
52:58pas à vous
52:59l'éclique d'une vie
53:00c'est terminé pour aujourd'hui
53:01on se retrouve bientôt
53:02restez fidèles
53:03à l'écoute de Sud Radio
53:03Sous-titrage Société Radio
53:04Sous-titrage Société Radio