- il y a 7 minutes
Thomas Chabrol : le fils de Claude Chabrol mène une carrière riche en tournages, au cinéma, à la télévision et au théâtre. Et il défend, avec humour, la mémoire de son père
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##LES_CLEFS_D_UNE_VIE-2026-11-03##
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00:00Sud Radio, les clés d'une vie, Jacques Pessis.
00:03Les clés d'une vie, celle de mon invité.
00:05Le cinéma a toujours été pour vous une affaire de famille.
00:08Vous avez grandi en observant le travail d'un père qui ne dévorait pas que la vie.
00:13Votre filmographie démontre qu'en matière de rôle à l'écran, vous avez aussi un côté boulimique.
00:17Vous êtes de retour au théâtre. Bonjour Thomas Chabrol.
00:20Bonjour Jacques Pessis.
00:22Alors je vous retrouve aujourd'hui pour les clés d'une vie, pour évoquer votre parcours
00:25et pour évoquer Claude Chabrol, bien sûr, votre père,
00:27que j'ai eu le privilège d'interviewer un certain nombre de fois.
00:30Oh là oui !
00:32Et donc vous êtes à l'affiche au théâtre, on va en parler tout à l'heure.
00:35Mais le principe des clés d'une vie, c'est d'évoquer votre parcours à travers des dates clés.
00:39Et la première que j'ai trouvée, c'est le 8 avril 2001.
00:43On va évoquer quelqu'un dont vous connaissez la voix.
00:46Surprise, oui et non.
00:49Oui, je ne m'attendais pas à être sélectionné dans la mesure où...
00:52Claude Chabrol, votre père.
00:54Et ce soir-là, c'est la cérémonie de clôture du 19e festival du film policier de Cognac.
00:59Et vous êtes sur scène, et c'était une soirée surprise, je crois.
01:03Oui, oui, oui, absolument.
01:04Je me souviens très bien avec Jean-Yann et tout un tas, une brochette des suspects habituels.
01:11Et c'était une très belle leçon que m'a donnée Jean-Yann,
01:16puisqu'on était en train de se préparer...
01:17Je la fais assez rapide.
01:19On était en train de se préparer en coulisses pour préparer la surprise de monter sur scène les uns à
01:23la suite des autres.
01:25Et je commence à dire comme ça, en plaisantant pour se détendre un peu,
01:29ça tombe bien, l'organisation, Laurent Chouchant était tellement bien faite.
01:33Ils ont même prévu son cardiologue dans la salle.
01:36Et voilà, dans la conversation.
01:38On entre en file indienne sur la scène, tout le monde dit bonjour, bravo, Chabrol, etc.
01:46Et voilà, et arrive Jean-Yann, et qui tout de suite a chopé le truc et a dit...
01:53Il m'a accueilli et il a dit...
01:55Voilà, heureusement que le cardiologue, le docteur Zerbet est dans la salle, au cas où.
02:00Voilà, donc c'est une très bonne leçon.
02:03Il ne faut jamais lâcher une vanne.
02:06Elle est aussitôt reprise au vol par un carnassier.
02:10Il se trouve que c'était effectivement une soirée surprise.
02:13Et toi de Chabrol avait les larmes aux yeux.
02:14Je crois que c'est la seule fois à la télévision, au cinéma, on a vu les larmes aux yeux.
02:18Oui, il était très...
02:20C'était un hyper émotif, en fait.
02:23Il ne souhaitait pas tellement assister aux obsèques, même des plus grands amis qui soient.
02:27Les deux ou trois fois où il est allé à des cérémonies funèbres, c'était pour Paul Gégoff.
02:33En plus, il y avait eu une fin assez terrifiante, puisqu'il avait été suriné par sa femme de six
02:39coups de couteau.
02:39Enfin bon, c'était... Voilà.
02:41C'était policier festival, ouais.
02:45Et donc, oui, oui, il était très émotif.
02:47Moi, l'une des rares fois où je l'ai vu pleurer aussi, c'est quand il est sorti de
02:50la projection d'un film de Laurent Bénégui,
02:54dans lequel je jouais et dans laquelle ma mère, Stéphane Audran, jouait également.
02:59Et je pense qu'il était quand même assez ému de nous voir tous les deux sur grand écran.
03:05Voilà.
03:05Il a versé sa petite larme, le bougre.
03:07Alors, il se trouve en fait qu'il était président à la vie de ce festival,
03:10et que ce festival, à l'époque, c'était très couru parce qu'il y avait à manger pendant trois
03:14jours
03:14et à boire pendant trois jours.
03:15Ben voilà, voilà, absolument.
03:17Free food.
03:19Et alors, sur scène, vous êtes ce jour-là avec Antoine Decaune, Caroline Cellier, Michel Duchossois.
03:24Il y a Isabelle Huppert qui monte sur scène et qui va dire « Claude, je vous aime.
03:28Et bien que je sache que vous n'avez pas d'égo, je ne doute pas que ça vous fera
03:31quand même plaisir. »
03:33Oui, oui, oui.
03:33Oui, il se vantait d'avoir aucun égo.
03:36Mais bon, quand on voit les premiers interviews avec France Roche en 59-60,
03:42il y avait quand même une...
03:44Il faut dire qu'on le comparait à Goya ou à Velázquez,
03:49avec ces deux films qui étaient sortis à trois semaines d'intervalle en début 59.
03:55Et voilà, mais ça s'est dégonflé très rapidement.
03:58Et puis voilà.
03:58Alors, vous connaissez bien votre père, puisque vous avez quand même passé des années auprès de lui, à côté de
04:04la caméra.
04:05Oui, ben oui, ben oui.
04:07Même moi, j'étais à 15 jours, on m'a mis dans un avion pour les rejoindre sur un tournage.
04:12J'ai des souvenirs qui remontent très très loin, que ce soit au Maroc avec Roger Hanin et Michel Bouquet
04:21sur « Le tigre aime la chair fraîche »
04:24ou « Le tigre se parfume à la dynamite ».
04:26Enfin voilà, c'était une enfance un peu privilégiée, on va dire,
04:30puisque j'étais entouré de gens qui étaient drôles et qui avaient une appréhension de la vie très légère.
04:38Et j'essaye de garder cette légèreté le mieux que je peux.
04:43Il faut résister, être dans le vidage gaulois qui résiste à l'envahisseur.
04:47Voilà, absolument.
04:48Alors, il se trouve que votre père, justement, vous l'avez souvent évoqué après son départ,
04:54il avait un rapport passionnel et libre avec le cinéma.
04:58Oui, ce qu'il y a, c'est que dans la mesure où, avant de passer à la mise en
05:02scène,
05:03il avait un peu circulé dans toutes les arcanes du métier.
05:07Il était attaché de presse à la Fox, il avait vu un peu comment le festival de Cannes fonctionnait,
05:13quels étaient les réseaux d'influence, tout ça un peu,
05:16qu'elle était, pour en revenir à la cuisine, un peu l'arrière-cuisine de tout ça, du cinéma.
05:23Et du coup, il avait un recul et surtout, il était un grand démystificateur
05:27de toute cette chose du gouffre au chimère, en fait.
05:34C'est ça.
05:34Et puis, tout ce qui était la bourgeoisie, un petit peu, il s'amusait bien à la caricaturée.
05:40Ah bah oui, c'était son fond de sauce, si je puis dire, pour en rester un peu là.
05:44Et oui, absolument, il avait vécu la première partie de sa vie, son premier mariage,
05:49dans une atmosphère assez bourgeoise, qu'il avait pu observer pendant sept ans,
05:55et duquel il s'est échappé dès qu'il a pu, avec ma chère mère.
05:59Alors justement, on va en parler, mais il y a aussi un film que vous évoquez souvent
06:03lorsque vous évoquez votre père.
06:05Ce film, c'est un film clé du parcours de votre père, Claude Chapon.
06:10Serge, qu'est-ce qui lui est arrivé ?
06:12Depuis qu'il vous a vu, il va, il vient, il ne sait pas ce qu'il fait.
06:15– Le beau Serge, avec Jean-Claude Briali, qui était fabuleux,
06:18et qui était à l'époque tout à fait débutant.
06:20– Absolument, oui, oui, il avait fait une petite panouille,
06:24enfin deux, trois petits trucs, il avait fait une petite apparition
06:27dans Ascenseur pour l'échafaud, mais le film a été tourné en fait à l'hiver 57-58,
06:34et il n'avait pas fait grand-chose, il avait tourné un peu avec Godard
06:37dans le court-métrage et tout ça, voilà, ça frissonnait un peu,
06:42et Chabrol avait même signé sur une nappe en papier ou une serviette même,
06:48c'était pour vous dire les moyens,
06:51je sous-signais Claude Chabrol, réalisateur,
06:55assure que M. Jean-Claude Briali sera une grande vedette et tout ça.
06:59Et c'est arrivé, c'est arrivé.
07:03Et donc ce tournage en creuse qui était déjà dans un univers qu'il connaissait bien
07:08puisqu'il y a passé la guerre, c'était la maison de famille de sa mère,
07:12donc de ma grand-mère, et donc il a essayé de reconstituer un peu
07:17tout ce qu'il avait vécu, les sensations et tout ce qu'il avait observé,
07:21ce qui avait un peu effrayé mes grands-parents quand il était tout petit,
07:24parce qu'il ne parlait pas du tout, et il regardait, il regardait, il regardait,
07:28et puis un jour, ma grand-mère se demandait ce qu'était devenue la voisine
07:32ou je ne sais pas trop quoi, et là il a déroulé pendant trois minutes,
07:34« Ah ben elle est partie par là, elle est allée chez le coiffeur, elle est revenue et tout ça.
07:37»
07:38Et donc voilà, l'observation et puis surtout une réelle empathie pour ces personnages
07:46et pour tout le monde qu'il décrit.
07:49Parce que même les bourgeois ou l'univers pompidolien qu'il a décrit,
07:58il y a quand même une certaine, j'ai à dire, il les aime bien ces personnages,
08:05il leur trouve, c'est ce que disait Jean Renoir dans « La règle du jeu »,
08:08ce qui est terrible dans cette existence, c'est que tout le monde a ses raisons.
08:12Et donc il essayait de trouver les raisons et ce qui amenait ces personnages
08:17à agir tel qu'il le faisait.
08:20Alors dans « Serge et les cousins », il y a Jean-Claude Briéli,
08:23mais il y a aussi Gérard Blain qu'on a totalement oublié aujourd'hui,
08:26qui a eu une vie un peu compliquée, qui a eu à 13 ans été dans la rue,
08:30qui a eu des tas de problèmes, mais lui aussi était un gros comédien.
08:34Et ça c'est Claude Chabrol aussi.
08:35Absolument, absolument.
08:37Et ce qui l'a amené, Gérard a tourné énormément de films,
08:43et avec une... oui c'était le James Dean français.
08:47Et il se prenait parfois pour James Dean.
08:50Est-ce qu'il n'y avait pas les moyens d'avoir une grosse voiture ?
08:54Ah si, quand même, très vite, très vite.
08:56Les crédits à l'époque ça existait déjà,
08:58même je me demande si le leasing n'était pas de mise.
09:02Et donc ils avaient tous des AC Cobra ou des...
09:06C'était autre chose.
09:07Alors il se trouve qu'il y avait Briéli, Gérard Blain,
09:09et puis quelqu'un qui est arrivé, dont vous allez forcément reconnaître la voix.
09:12C'est très agréable, il n'y a pas de différence, vous savez.
09:14On sort...
09:15Stéphane Audran, votre mère, car elle est arrivée au départ,
09:18elle a accepté de rencontrer Chabrol, qui avait l'air marrant.
09:21Oui, en fait, l'idée c'est que la rencontre est assez particulière.
09:26Bon, elle avait été abandonnée par un fiancé,
09:30elle était un peu, voilà, un peu perdue,
09:33elle connaissait Bernadette Laffont,
09:36elle a été hébergée chez Bernadette,
09:38qui était toute jeune, mais déjà mariée à Gérard Blain.
09:42Et ce qui est drôle, c'est que Bernadette,
09:44qui écrivait sans arrêt à sa mère,
09:46donc il y a eu un bouquin formidable sur les...
09:49Et donc raconte ça dans le détail,
09:51comme si elle était au téléphone, quoi.
09:53Ce qu'on nous raconterait maintenant,
09:55ce qu'on se raconterait au téléphone,
09:56elle l'écrit à sa mère.
09:58Et donc, la petite Colette,
09:59puisque c'était le prénom de maman,
10:02voilà, très sympathique, oui,
10:03elle l'aide à la maison et tout.
10:05Et du coup, elle a voulu, via Gérard Blain,
10:08qui venait de tourner Le Beau-Serge,
10:11donc 57-58,
10:13oui, ah, Chabrol, très bien,
10:14oui, j'aimerais bien le rencontrer.
10:15Et ils se sont rencontrés dans un bistrot,
10:17et là, elle tombe sur Chabrol,
10:19qui joue au Flipper avec Gégauffe,
10:22qui était son scénariste,
10:23donc son copain, pas d'enfance, mais d'adolescent.
10:27Et donc, elle voit un type qui joue au truc,
10:30au Flipper, clink-clink, tac, tilt.
10:33Et oui, oui, ah oui,
10:34il y a un rôle dans mon prochain film,
10:36Les Cousins, très bien,
10:38ben, venez, très bien, super, très drôle.
10:40Hop, et elle est venue,
10:41elle a fait trois semaines de figuration dans Les Cousins,
10:44avec un petit rôle, enfin, parlant.
10:46Et du coup, elle était pratiquement tous les jours sur le tournage,
10:48et l'atmosphère un peu guillarette de tout ça
10:53a fait qu'une liaison s'est entamée,
10:56pas tout de suite charnellement,
10:58mais un peu après, avec le film Les Bonnes Femmes, etc.
11:01Donc, votre naissance,
11:02et puis, je pense que Stéphane Audran a été la muse de Claude Chabrol.
11:06Indubitablement, ça a été une alchimie assez...
11:09On en revient un peu à la cuisine.
11:11On ne sait pas pourquoi il y a des éléments comme ça
11:14qui se complètent,
11:16c'est qu'aurait été la carrière et la filmographie de Claude Chabrol
11:22sans Stéphane,
11:23ou sans Isabelle, même,
11:25qui a été un peu la suivante,
11:29la fille spirituelle d'Audran dans la filmographie de Chabrol.
11:36Oui, on se demande,
11:37et même la carrière d'Audran n'aurait pas été la même sans Chabrol.
11:42Ça a été une alchimie, vraiment,
11:44et ça a éclaté.
11:45Alors, les premiers films étaient un peu...
11:48Que ce soit L'Oeil du Malin,
11:50ou...
11:50Voilà, c'est des films qui se sont...
11:52Qui ont eu des échecs financiers terribles.
11:56L'Oeil du Malin a été fait pour 50% du budget,
11:59puisque, en cours de route,
12:00à la moitié du tournage,
12:01le coproducteur allemand se retrouve en prison.
12:04C'est quand même...
12:05C'est pas de bol.
12:06Et donc,
12:08Borgard,
12:08qui était le grand producteur
12:11qui a produit la plupart des films de la Nouvelle Vague,
12:13et tout ça,
12:15Borgard appelle Chabrol,
12:17qui est à Munich,
12:19en train de tourner,
12:20ce qu'il peut,
12:21en lui disant,
12:22c'est pas possible,
12:22qu'est-ce qu'on fait, on arrête ?
12:23Le père Chabrol dit,
12:24non, non, non,
12:25on y va, on finit,
12:27on va se débrouiller, et tout ça.
12:28Il a tourné des plans larges
12:30de l'Octobers Fest à Munich,
12:32avec en voix off,
12:34tout ce qu'il aurait dû tourner.
12:36Et ça a marché.
12:37Et ça a marché, oui,
12:38le film fonctionne,
12:40mais il n'a pas marché du tout,
12:41ça a fait 3000 entrées France,
12:43donc c'était un cauchemar.
12:44Mais, par contre, maintenant,
12:46on en parle,
12:47il y a des thèses sur la voix off au cinéma,
12:49et ça devient un des piliers de...
12:53C'est très étonnant,
12:54c'est très étonnant tout ça.
12:56Alors, ce qui est étonnant aussi,
12:57c'est votre première télé
12:58qu'on va évoquer à travers la date
12:59du 27 février 1980.
13:01A tout de suite sur Sud Radio,
13:02avec Thomas Chabrol.
13:04Sud Radio,
13:05les clés d'une vie,
13:06Jacques Pessis.
13:07Sud Radio,
13:08les clés d'une vie,
13:08mon invité Thomas Chabrol,
13:10on évoquera votre parcours tout à l'heure,
13:12et puis cette pièce,
13:13il fait toujours beau à Hollywood,
13:14où vous êtes à l'affiche,
13:16votre retour au théâtre.
13:17On a évoqué votre père,
13:18Claude Chabrol,
13:19et puis le 27 février 1980,
13:21c'est votre première télévision
13:22dans cette émission.
13:26Je me souviens comme si c'était hier.
13:29C'est Philippe Bouvard
13:30qui interview Thomas Chabrol,
13:3217 ans,
13:33tout jeune,
13:34tout timide,
13:35avec son père qui n'en lâche pas une.
13:37Ah oui, absolument,
13:38je m'en souviens comme si c'était hier.
13:40Et c'était à la suite
13:42de la sortie d'un film,
13:43du premier film de Bernard Revont,
13:45qui était accessoirement
13:46le scénariste de Truffaut
13:48pour baisser, voler, etc.
13:50Et donc,
13:50il passait à la mise en scène
13:51et on avait tourné ce film,
13:53Les Turlupins,
13:54et qui se passait
13:55dans un pensionnat
13:58en 44,
14:00en 42,
14:00voilà,
14:01en 42.
14:03Et donc,
14:04l'occasion,
14:05c'était pas ma première,
14:06c'était le premier long métrage.
14:07Ah non, même pas,
14:08puisqu'il y avait...
14:09Non, non.
14:10Il y avait...
14:10Oui, oui.
14:11Claude Chabrol,
14:11dans l'interview,
14:12dit que je l'ai engagé
14:12dans un film,
14:13mais il était mauvais.
14:13Oui, oui, oui.
14:15On n'est jamais aussi bien servi
14:17que par ses proches.
14:18Mais,
14:19c'était Alice
14:21ou La Dernière Fugue,
14:21bien sûr, en 67.
14:22Puis, j'avais fait
14:23un petit court-métrage aussi
14:24avec un autre scénariste
14:26qui était André Benfeld.
14:28Ça s'appelait
14:28La Bonne Nouvelle
14:29avec Duchossois.
14:31Papa jouait dedans aussi
14:33un curé.
14:34Voilà.
14:35C'était André Benfeld
14:35qui a eu le privilège
14:36d'être le mari de Raquel Leuel.
14:38Oui,
14:38et qui l'a rencontré
14:39sur le tournage de L'Animal
14:40qu'il avait scénarisé
14:43réalisé par Claude Zidi,
14:44dans lequel il y avait également
14:45Chabrol
14:46qui jouait un metteur en scène.
14:47Mais je crois qu'à 9 ans,
14:48vous avez fait une petite apparition
14:49comme ça discrète
14:50sur le plateau.
14:51Oh,
14:51c'est toujours très discret.
14:53C'est bien me connaître.
14:55Oui,
14:56non,
14:57deux fois même
14:57dans Que la Bête Meure,
14:59je suis un des petits
15:00dans le film de famille
15:02qui se projette
15:03après la mort de son fils.
15:04on voit un petit cow-boy
15:05habillé en rouge,
15:06ça c'est Bibi.
15:07Il y a aussi le fils de Jégov.
15:11Et dans un autre,
15:13dans La Femme Infidèle,
15:16où également je fais
15:17un des petits invités
15:18de la Fête du Fils
15:19et où je me cale
15:20exactement dans l'axe,
15:22enfin en vieux ringard,
15:24entre Michel Bouquet
15:25et Stéphane Audran.
15:26Alors,
15:26votre père dit effectivement
15:28qu'il ne sait pas
15:28si vous ferez carrière
15:29dans cette émission,
15:30mais il le dit
15:30avec beaucoup de tendresse.
15:31Oui, oui, oui.
15:33C'est un homme très tendre.
15:35Il a toujours été très tendre.
15:37Peut-être trop tendre.
15:39Mais oui, oui.
15:40Enfin,
15:40il m'a toujours,
15:41il ne m'a jamais vraiment
15:43incité à faire ce métier
15:45tout en m'engageant quand même.
15:47Il a toujours été
15:48la carotte et le bâton
15:49chez nous.
15:50Et pour
15:53Alice ou la dernière fugue,
15:54il se trouve que
15:55je passe,
15:56il se trouve que
15:58pour Alice ou la dernière fugue,
16:00je passais
16:01mon BEPC
16:02et
16:03alors la carotte,
16:04c'était
16:06effectivement,
16:06je t'ai écrit un rôle
16:07et je me retrouve
16:08à quand même 13 ans
16:10à tourner avec
16:11Sylvia Christel
16:12qui a quand même
16:12à l'époque
16:13était quand même
16:14Emmanuel
16:15et même pour
16:17les adolescents
16:18prépubères
16:19et
16:20il y avait
16:21Charles Vanel
16:22donc qui avait
16:2377 à l'époque
16:25ou quelque chose
16:26comme ça,
16:27Fernand Ledoux
16:2882 ans,
16:29enfin donc
16:29c'était
16:31une sorte
16:32de démonstration
16:34de la beauté
16:35de ce métier
16:35où on rencontre
16:37des femmes formidables
16:38où on rencontre
16:39des gens
16:40qui travaillent
16:40le plus longtemps possible
16:42parce qu'ils aiment
16:42vraiment leur métier
16:43et dans une atmosphère
16:45assez familiale
16:46parce que même
16:47les techniciens
16:47sur les films de Chabrol
16:48viennent de génération
16:50en génération
16:50il y a
16:51les Domino Robert,
16:52le fils de Roger Robert
16:53qui était chef machine
16:56les Athanas Science
16:57c'est des générations
16:58et Sylvia Christelle
16:59il faut le savoir
17:00pourquoi elle a débuté
17:01dans Emmanuel
17:01elle vient pour faire
17:03une pub
17:03dans un studio
17:04elle se trompe de casting
17:06et elle va dans le studio
17:07où se trouvait juste chacun
17:08elle s'excuse
17:09et dit
17:09si je me suis trompé
17:10il fait non non
17:10restez là
17:10et c'est comme ça
17:11qu'il l'a engagé
17:12dans Emmanuel
17:13c'est ballot
17:13c'est fou hein
17:14oui oui oui
17:15alors il se trouve
17:16qu'en plus
17:17vous allez beaucoup
17:18beaucoup tourner
17:19avec Claude Chabrol
17:19ensuite malgré ce qu'il a dit
17:20car vous allez faire
17:21une bonne dizaine
17:22de films avec lui
17:23oui oui oui
17:24et puis j'ai même été assistant
17:26sur les lavardins
17:28pour la télévision
17:29et tout ça
17:29enfin voilà
17:30j'ai toujours traîné
17:31autour des tournages
17:34voilà
17:35avec grand plaisir
17:36oui et ce qui est étonnant
17:37d'ailleurs au début
17:37Thomas Chabrol
17:38c'est que votre vocation
17:39d'enfance
17:40c'est être pompier
17:40au Président de la République
17:41ah oula
17:42ça ça remonte
17:43à des articles
17:44dans Elle
17:44ou je sais pas trop quoi
17:45oui oui
17:45et je n'étais
17:47ni l'un ni l'autre
17:48mais bon
17:50rien n'est public
17:51oui
17:51c'est encore jouable
17:52je peux toujours
17:53me présenter
17:55pour 2027
17:56vous serez un de plus
17:57c'est tout
17:58un de plus
17:58oui oui
17:59en même temps
17:59tourné avec Claude Chabrol
18:01Thomas Chabrol
18:01ça vous a permis
18:02de côtoyer Belmondo
18:03Orson Welles
18:04Marine Détriche
18:04ma foi oui
18:06c'est ce qu'on appelle
18:09une bonne pioche
18:12et vu en plus
18:14j'allais dire
18:15la personnalité
18:16de Claude et Stéphane
18:19qui étaient joyeux
18:20qui aimaient vivre
18:23qui dans leur travail
18:25on fait quelques chefs-d'oeuvre
18:28quand même
18:28et j'ai retrouvé encore
18:31dans la correspondance
18:32de ma mère
18:33des lettres
18:35de Marlène Détriche
18:36qui lui écrivait
18:37très chère
18:38grande actrice
18:39etc
18:40elle racontait
18:41je vous ai préparé
18:42de la soupe
18:43parce qu'elle venait
18:44manger à la maison
18:45moi j'avais
18:46trois grands-mères
18:47en fait
18:47je me suis rendu compte
18:48un peu trop tard
18:50que la troisième
18:51était Marlène Détriche
18:52mais
18:53voilà
18:53c'est des
18:55elle préparait
18:56un poteau feu
18:57pour ses amis
18:58régulièrement
18:58et puis quand elle s'enfermait
19:00elle téléphonait
19:01vraiment à tout le monde
19:02elle suivait tout
19:02moi elle m'appelait régulièrement
19:04en suivant ma chronique
19:04dans le Figaro
19:05en demandant des renseignements
19:06ça faisait très chic
19:07mais alors
19:08on ne pouvait pas la rappeler
19:09parce que si on la rappelait
19:10elle répondait
19:11vous êtes chez le docteur Intel
19:12oui
19:13et
19:15un jour
19:16elle voit Charles et Diana
19:17elle trouve ça ridicule
19:18elle a appelé à la reine d'Angleterre
19:19pour lui dire
19:19il ne faut pas que ce mariage ait lieu
19:21c'était une femme très forte
19:23formidable
19:24oui oui
19:24elle a un caractère
19:25alors il se trouve
19:27il se trouve en plus
19:28que vous avez donc vécu
19:29ces moments fabuleux
19:30qui étaient
19:31le déjeuner obligatoire
19:32dans les tournages
19:33Thomas Chaperol
19:34bah oui obligatoire
19:35parce qu'il faut bien se nourrir
19:36c'est ça
19:37mais
19:37et tant qu'à faire
19:39bien nourrir
19:40les gens qui travaillent
19:41avec vous
19:41pour leur demander
19:43le meilleur
19:44indirectement
19:45et puis
19:45voilà
19:46et le plan de travail
19:48était généralement fait
19:49de telle façon
19:50à ce qu'on fasse
19:51une journée continue
19:52c'est-à-dire
19:53midi 7h30
19:54dans le meilleur des cas
19:55et avec déjeuner
19:57à 11h
19:58le temps de
20:00de lier
20:01voilà
20:02connaissance
20:02pour ceux qui venaient
20:03pour une journée
20:04ou qui arrivaient
20:05sur le tournage
20:06ou pour
20:08maintenir
20:08une certaine
20:09une certaine ambiance
20:10très très très conviviale
20:12quoi
20:12c'était
20:13c'était une merveille
20:14en même temps
20:15c'est une époque
20:16où c'était possible
20:17Gabin et Odia
20:18avaient une femme
20:19qui venaient faire la cantine
20:20sinon ils ne tournaient pas le film
20:22ah oui
20:22ben oui
20:23il y a des exigences contractuelles
20:25que les producteurs
20:26sont bien un peu fumaces
20:28d'avoir à respecter
20:30mais en l'occurrence
20:31avec Chabrol
20:31il y a eu
20:32Henriette
20:33pendant très longtemps
20:34il y a eu Figueras
20:35après
20:36il y avait un smir-mork
20:37alors il arrivait
20:38et le camion
20:40se développait
20:41voilà
20:42sur les côtés
20:43on avait une salle de restaurant
20:44et avec le fameux
20:46tiroir magique
20:47où après le repas
20:48donc vers midi
20:49avant d'aller travailler
20:51midi et demi
20:52il tirait le tiroir
20:53bien sûr
20:54c'est ça
20:55un tiroir
20:55tiré
20:56et donc avec
20:56toutes les bouteilles
20:57de prunes
20:58poires
20:59etc
20:59etc
21:00l'abus d'alcool
21:01est dangereux
21:01mais avec
21:02boire avec modération
21:03et donc ce qui donnait
21:05un élan
21:06presque magique
21:08à une journée
21:09de tournage
21:09comme ça
21:09et même
21:10une petite anecdote
21:11en pensant
21:12à Nathalie Baye
21:13sur le tournage
21:14de La Fleur du Mal
21:16elle avait dit
21:17Chabrol est le seul homme
21:19qui m'a permis
21:22de manger du cochon
21:23à 11h du matin
21:24voilà
21:25et puis il y avait aussi
21:26ce côté fumeur de pipe
21:28qu'on ne peut plus imaginer
21:29aujourd'hui
21:29la télévision
21:30je crois qu'il a été élu
21:31premier fumeur de pipe
21:32à Saint-Claude
21:33en 1988
21:34là aussi
21:35ça faisait partie
21:36les cigares
21:37la pipe
21:38ça faisait partie
21:38du quotidien
21:39oui
21:39et puis moi
21:40je l'ai toujours connu
21:41alors je l'ai connu
21:43plus petit
21:44enfin plus petit
21:46j'étais plus petit
21:47c'était la celtique
21:48gros module
21:51Truffaut pareil
21:52enfin ils avaient
21:52leur petit rituel
21:54et tout
21:54et après
21:56on roulait
21:57les cigarettes
21:57le nombre de fois
21:59sur les trajets
22:00à fond la caisse
22:00en voiture
22:01derrière
22:02parce que les enfants
22:03étaient derrière
22:03je roulais
22:05avec la petite rouleuse
22:06les clopes
22:07que je passais
22:08au chauffeur
22:08qui y allaient plein pot
22:10enfin voilà
22:10c'est une époque
22:11avant 73
22:12avant les limitations
22:13de vitesse
22:14et après
22:16il y a eu
22:16la pipe
22:17le cigare
22:18voilà
22:19je crois qu'il a tout fait
22:20il a tout fumé
22:21et vous Thomas Chabrol
22:23ça a été beaucoup plus simple
22:24je crois que ça a été
22:24le cacolac
22:25ah le cacolac
22:26alors un souvenir
22:27tout à fait
22:28vous êtes documenté
22:29c'est les renseignements généraux
22:31c'était sur le tournage
22:33du boucher
22:34et donc
22:35j'y étais allé
22:36bien sûr
22:36puisque c'était en plus
22:37pendant les vacances
22:38de la Toussaint
22:39et j'avais
22:40tout benoîtement
22:41demandé
22:42un Coca-Cola
22:43voilà
22:44même si
22:45je ne citerai pas
22:46deux autres marques
22:48et puis
22:49on me sert
22:49un cacolac
22:50et là
22:50je découvre
22:51le cacolac
22:52à 7 ans
22:53et ça a été
22:54une révélation
22:55je dois dire
22:55en fait
22:56c'est un Robert Lostet
22:57qui a eu l'idée
22:58de mélanger du cacao
22:59et du sucre
22:59au lait
23:01avant de le stériliser
23:02il y avait une petite
23:03camionnette au départ
23:03qu'il livrait
23:04et c'est devenu
23:05une légende
23:05mais oui oui
23:06et je crois que
23:07Jean-Pierre Papin
23:07l'a immortalisé
23:08dans les guignols
23:09de l'info
23:09en plus
23:09oui oui
23:11mais finalement
23:13vous êtes mis
23:14effectivement
23:14à ces boissons
23:15à ces choses-là
23:15parce que finalement
23:16c'est une tradition
23:17de famille
23:18absolument
23:18il faut s'hydrater
23:19c'est important
23:21nous on ne va pas
23:22être chocolat
23:22on va continuer
23:23à parler de vous
23:23avec une autre date
23:24le 11 juin 1999
23:27à tout de suite
23:28sur Sud Radio
23:29avec Thomas Chabrol
23:30Sud Radio
23:31les clés d'une vie
23:32Jacques Pessis
23:33Sud Radio
23:34les clés d'une vie
23:35mon invité
23:35Thomas Chabrol
23:36nous parlerons
23:37tout à l'heure
23:37de cette pièce
23:38il fait toujours beau
23:38Hollywood
23:39que vous jouez
23:40avec trois autres comédiens
23:41on a évoqué
23:42votre parcours
23:43au début
23:44avec votre père
23:45Claude Chabrol
23:45et puis il y a
23:46votre propre parcours
23:47parce que le 11 juin 1999
23:49débute à la télévision
23:50cette série
23:54la crime
23:55ah oui
23:56absolument la crime
23:58la crime
23:58c'est 40 épisodes
23:59où vous êtes un médecin légiste
24:01absolument
24:01absolument
24:02et probablement
24:04avec l'aide indirecte
24:05de mon cher père
24:06puisque je l'étais
24:07un an avant
24:08dans
24:09La couleur du mensonge
24:10Au coeur du mensonge
24:11le titre avait changé
24:12en cours de route
24:13film qui l'avait tourné
24:15avec
24:16Antoine de Cônes
24:17et
24:18Sandrine Bonner
24:19et tout ça
24:20où j'étais un légiste
24:21Et là vous êtes
24:22le docteur Bruno Salinas
24:23et ça a marqué
24:24votre carrière
24:25car un médecin légiste
24:26dans une histoire
24:27de flic
24:28de la brigade criminelle
24:29ça a de l'importance
24:29Oui
24:30enfin il faut
24:31il faut relativiser
24:32ça restait
24:33on tournait 5 épisodes
24:34dans une journée
24:34parce que c'était
24:35dans le même décor
24:36donc soyons
24:38soyons calmes
24:39mais effectivement
24:40c'était une très bonne
24:41une très bonne école
24:43déjà
24:44avec
24:45Didier Cochy
24:46enfin toute la bande
24:47Dominique Guillot
24:48on s'est régalé
24:49et puis
24:51oui ça prend une certaine
24:53une rigueur
24:54et puis
24:54non non
24:54c'est un bon souvenir
24:56Comment vous êtes arrivé
24:57dans cette série ?
24:58Eh ben écoutez
24:59c'est une bonne question
25:00je me souviens
25:02pas vraiment
25:03Voilà
25:03enfin vous êtes arrivé
25:04je pense que
25:05oui oui j'y suis arrivé
25:06Mais ça a marché
25:07puisque ça a duré
25:07plusieurs années
25:08et que même
25:09pour votre popularité
25:10ça a compté
25:11Ah oui
25:11ça je ne sais pas
25:12c'est difficile à estimer
25:14mais
25:15moi je l'ai pris
25:16en cours de route
25:17je l'ai pris en 2002
25:18avec
25:20je ne me souviens plus
25:20qui réalisait
25:22c'était Denis Amard
25:23je pense
25:24et
25:25non non
25:25ça reste un très très
25:26très bon souvenir
25:27Oui oui
25:27Alors vous avez dit
25:28un jour
25:29je découpe des cadavres
25:30je m'en paye une bonne tranche
25:31à chaque épisode
25:31Ben oui
25:32parce que vous êtes
25:33selon votre père
25:34un roi du calembour foireux
25:35Oui oui oui absolument
25:37et plus ça foire
25:38plus ça me ravit
25:40C'est-à-dire que le calembour
25:41pour vous c'est quelque chose
25:41c'est un exercice
25:42c'est une gymnastique ?
25:43Oui absolument
25:44il y en a qui font
25:4515 fois le tour
25:46du parc Montsouris
25:47pour revenir
25:48au même endroit
25:50et puis bon
25:50voilà
25:51je saute
25:52sur toutes les occasions
25:53C'est-à-dire
25:54vous estimez
25:55qu'il vaut mieux
25:55un calembour bon
25:56qu'un calembouratif ?
25:57Oui oui
25:58je vois
25:59que vous savez
25:59de qui tenir
26:01Mais c'est vrai
26:02qu'effectivement
26:02c'est venu comment
26:03cette passion du calembour ?
26:04Parce qu'elle n'est plus
26:05si fréquente hélas
26:05Oui enfin
26:06c'est calembour
26:07oui c'était
26:08c'est venu
26:10alors mon père
26:11est grand cruciverbis
26:12alors moi j'étais pas
26:13un petit peu
26:14sur les mots croisés
26:15mais c'est le jeu
26:16avec les mots
26:16j'avais fait une grande série
26:18nous avions
26:19prêché pour la même chapelle
26:21de cette belle chaîne
26:22qui était la cinquième
26:25et pendant quatre ans
26:26j'avais réalisé
26:28des petits
26:29des petits
26:31sketchs
26:31sur des anagrammes
26:33voilà
26:33ça s'appelait
26:33Cubix tu crois ?
26:34Absolument
26:35belle mémoire
26:36belle mémoire
26:36et donc
26:38on en a fait
26:38trois cents et quelques
26:39il s'est passé
26:40pendant quatre ans
26:41à flux tendu
26:42et on s'était
26:43on s'était régalé
26:44à tourner ça
26:44voilà
26:44et c'était vos débuts
26:46de réalisateur ?
26:46c'était mes débuts
26:48de réalisateur
26:49tout à fait
26:49c'est un autre métier ?
26:50c'est un autre métier
26:52absolument
26:52fait de concessions
26:54c'est-à-dire ?
26:56il faut savoir courber
26:57les Chines
26:58à propos de Calembour
27:00moi ce qui m'a toujours
27:01marqué
27:01c'est Gottlieb
27:02le dessinateur
27:03de la rubrique
27:03à Brac
27:04absolument
27:04tome 4
27:05où il évoque
27:06Chabrol
27:07et des cadres prodigieuses
27:09avec le fauné
27:10d'Orson Welles
27:10exactement
27:11et il se trouve
27:12qu'un jour
27:12il est à New York
27:13et il fait un calembour
27:14comme en bâtillot de poil
27:16donc les américains
27:17ne comprennent pas
27:18donc ils transforment ça
27:19how do you do
27:20your poil
27:20ça marche pas mieux
27:21et il a fait
27:22how do you do
27:23Glasterbank Junior
27:24et Neil Bruner
27:25et il a fait comprendre
27:26le calembour aux américains
27:28et oui
27:28c'est un bel effort
27:29parce que les américains
27:31sont assez
27:33réticents
27:33sur les jeux d'esprit
27:34alors il se trouve
27:35que vous avez fait
27:37quand on voit
27:37votre filmographie
27:38un nombre considérable
27:39de rôles
27:40à la télévision
27:41et au cinéma
27:42oui
27:43mais des petits rôles
27:44des petites apparitions
27:45tiens vous prenez
27:45tout ce qu'on vous propose
27:46bah écoutez
27:48je me rappelle rapidement
27:50ce que disait
27:52Anne-Marie Vint
27:53il n'y a pas si longtemps
27:55à ce cher Vincent Cassel
27:57il y a quand même
27:58bah il faut
27:58il s'agisse d'un métier
27:59il faut gagner sa croûte
28:01et puis
28:02c'est en pratiquant
28:03qu'on
28:05qu'on arrive
28:06à
28:06à s'amuser
28:07déjà
28:07et à
28:08à rencontrer des gens
28:10moi c'est en tournant
28:10un court métrage
28:11dans une cave
28:13à Dôle
28:14en plein mois de novembre
28:16avec
28:18Bernard Lecoq
28:20je me suis retrouvé
28:22à tourner avec lui
28:23avec
28:24avec Chabrol
28:25dans La Fleur du Mal
28:26donc c'est
28:26c'est quelque chose
28:27qui peut amener
28:29quelque chose d'autre
28:30et qui
28:30qui fait qu'on gagne du temps
28:32dans la complicité
28:33et dans le
28:34parce qu'avant tout
28:35de jouer
28:35on joue pas tout seul
28:36on joue avec les autres
28:37avec nos camarades
28:39et
28:40et donc c'est
28:41toute
28:42toute chose est bonne à prendre
28:44pour avoir un peu plus
28:45de
28:46que le courant passe
28:48d'une manière générale
28:49dans toutes les grandes séries
28:50avocats associés
28:51Julie Lescou
28:52Bouvard du Palais
28:52vous faites des apparitions
28:53ah bah oui
28:54on vous propose
28:55vous arrivez
28:56on m'appelle
28:57Fantomas
28:59vous êtes
29:00paraît-il spécialisé
29:01dans les rôles de faux cul
29:02Thomas Chabrol
29:03oui
29:03c'est dans ma nature
29:05oui bien sûr
29:06Jacques Bessy
29:07c'est venu comment ?
29:08oh comme ça
29:08c'est naturel
29:10non je sais pas
29:12c'est
29:14ça m'amuse assez
29:15je dois dire
29:16oui oui
29:16mais c'est un peu
29:17moi je pense souvent
29:18à Daniel Prévost
29:19dans tout le monde
29:19il est beau
29:20tout le monde
29:20il est gentil
29:21quelle merveille
29:21c'est une façon
29:22pour vous d'assurer la relève
29:23Daniel Prévost
29:24était complice de Jean-Yan
29:25ah oui
29:26alors je suis très flatté
29:28d'avoir ces
29:30ces grandes personnes
29:31voilà à côté de moi
29:33déjà Jean-Yan
29:35moi je l'ai connu
29:36je l'ai revu
29:37après ma mère
29:38avait tourné avec lui
29:39dans Belle Maman
29:40et on s'était recroisé
29:41et puis sans parler
29:42de ce vol à la tire
29:45du festival de Cognac
29:47qui était honteux
29:48il faut le dire
29:49et de Jean-Yan
29:52et donc oui
29:54on parlait de Calambour
29:56et tout ça
29:57mais pendant le tournage
29:59de Que la bête meurt
30:00c'était
30:01le grand jeu
30:02c'était Monsieur et Madame
30:03et donc
30:04c'était à tous ceux
30:06qui inventaient
30:07Monsieur et Madame
30:08alors Yann avait inventé
30:10Monsieur et Madame
30:13Malé
30:13en deux filles
30:15Colette et Berthe
30:16bien sûr
30:16et ma mère était arrivée
30:18à j'allais dire
30:20le summum
30:21de la simplicité
30:22et du zen
30:23dans le Monsieur et Madame
30:25c'était
30:26Monsieur et Madame
30:27Q ont un fils
30:29Polo
30:30voilà
30:31on peut pas faire mieux
30:33voilà
30:33on peut pas faire mieux
30:34mais je pense que
30:35sans Claude Chabrol
30:36Thomas Chabrol
30:37Jean-Yan ne serait jamais
30:38devenu un grand comédien
30:38on n'aurait jamais perçu
30:39combien il était
30:40voilà ça c'est autre chose
30:41et surtout que
30:42d'autant plus que
30:44on parlait tout à l'heure
30:45des rencontres
30:46et des choses comme ça
30:46mais il se trouve
30:47que c'est sur
30:48Que la bête meurt
30:49que
30:53Jean-Yan
30:54tourne
30:55avec
30:56Piala
30:57qui joue
30:58le commissaire
30:59et Piala
31:00est en préparation
31:02de Nous ne vieillirons pas ensemble
31:04il pense à Jean-Yan
31:05et Jean-Yan
31:06obtient son prix
31:07d'interprétation
31:08à Cannes
31:08avec ce film
31:09donc ça reste
31:10tout est bon
31:11et on ne sait jamais
31:11ce qui peut se passer
31:12Il y a les dossiers aussi
31:14de l'inspecteur Lavardin
31:15avec Jean Poiré
31:15où vous avez figuré
31:17également Thomas Chabrol
31:18Absolument
31:19absolument
31:19et dans les dossiers
31:21et j'étais même assistant
31:23sur
31:23je ne sais plus lequel
31:25Jean Poiré
31:26qui était un grand auteur
31:27et un grand acteur
31:28était mort de traque
31:30à chaque fois
31:30je ne sais pas si vous l'avez remarqué
31:31oui oui oui
31:32et bah oui
31:33puisqu'en plus
31:34j'étais assistant
31:36donc je le trimballais
31:37jusqu'à la gare
31:38voilà
31:38j'étais deuxième couteau
31:39et encore
31:40et donc oui oui
31:43il avait quand même
31:44ces petites appréhensions
31:45mais gros bosseur
31:47il préparait
31:48une comédie musicale
31:50il commençait à écrire
31:51pendant le tournage
31:52entre deux prises
31:53il était déjà
31:54dans le projet d'après
31:55enfin c'était
31:56c'était un type formidable
31:58et tellement drôle
31:59tellement drôle
32:00et puis vous avez appris
32:01votre métier
32:01au contact
32:02de ces gens-là
32:03c'est-à-dire que
32:04vous avez appris
32:04la rigueur
32:05le travail
32:05Thomas Chabrol
32:07oui
32:08et puis surtout
32:11c'est difficile à décrire
32:12mais c'est surtout
32:14oui c'est le travail
32:15en amont
32:16c'est le principe
32:17de la cuisine
32:18on en revient à la cuisine
32:19le plat arrive
32:20on le déguste
32:21ça vous plaît
32:22ça vous plaît pas très bien
32:23mais on ne doit pas savoir
32:24ce qui se passe
32:26avant
32:27dans les fourneaux
32:28et tout ça
32:29la température de cuisson
32:30le truc
32:31s'il faut se concentrer
32:32s'il faut faire ça
32:33et tout
32:34on livre
32:35on présente
32:37et voilà
32:38et les gens se régalent
32:39ou pas
32:40alors il se trouve aussi
32:41qu'il y a un réalisateur
32:42qui a été explorateur
32:43qui a eu mille vies
32:44qui a été producteur
32:45photographe
32:46sportif
32:47c'est Jacques Herteau
32:48avec qui vous avez tourné
32:49aussi
32:49oui
32:50on a un peu oublié
32:50absolument
32:51Jacques
32:52c'était
32:53c'était un grand plaisir
32:54on a tourné
32:55en plus
32:55c'est des films
32:56passionnants
32:57des films historiques
32:58qu'on tournait
32:59en Tchécoslovaquie
33:01avec la charmante
33:02Florence Thomassin
33:03sur la première
33:04femme chirurgienne
33:06et tout
33:06enfin c'était
33:06il était
33:08il a été formé
33:09en plus
33:09il était sur la Calypso
33:11et tout
33:11donc c'était
33:11un tough guy
33:13quoi
33:15et surtout
33:16il a formé
33:17au documentaire
33:18et du coup
33:19il s'intéressait
33:20à énormément de choses
33:21et aux petits détails
33:22sur les tournages
33:24et c'était
33:24un grand souvenir
33:25il avait tourné
33:26la voix jackson
33:27avec sa femme
33:29Marie-José Neuville
33:29qui avait été
33:30l'idole de la chanson
33:31des années 50
33:32la collierette
33:33de la chanson
33:34elle avait 15 ans
33:36elle chantait
33:36Johnny Boy
33:37et c'était
33:38l'idole
33:39de toute une génération
33:40formidable
33:40ça
33:41ils n'en étaient pas
33:42vantés
33:42et puis
33:44il y a quand même
33:44une série
33:45à laquelle
33:46vous avez participé
33:47de façon
33:48très brève
33:51ah oui
33:52absolument
33:52quel plaisir
33:54mais oui
33:55absolument
33:56où on a tourné
33:56des séquences
33:57censées se passer
33:58à Paris
33:58à New York
33:59c'est merveilleux
34:01comment vous êtes
34:02arrivé là-dedans
34:02je ne sais pas
34:04en fait si
34:06j'étais allé
34:07présenter
34:07j'avais fait
34:08la tournée de promo
34:09aux Etats-Unis
34:10de la fleur du mal
34:11donc
34:12fin 2002
34:13ou début 2003
34:14un truc comme ça
34:15et
34:16donc on avait fait
34:17le festival
34:17de Chicago
34:19de New York
34:21et à New York
34:22il y avait un Q&A
34:23donc des interviews
34:25après la présentation
34:26du film
34:28et donc
34:29il se trouve
34:29que dans la salle
34:31il y avait
34:32le casting director
34:34de la série
34:36et donc
34:37il devait tourner
34:38à Paris
34:38un peu après
34:40ils avaient prévu ça
34:41deux épisodes
34:42à Paris
34:42et donc
34:45je ne sais pas
34:46par quel
34:46je ne reviens plus
34:47trop bien
34:47mais l'essentiel
34:48c'est que ça
34:49se soit fait
34:50c'était trop drôle
34:52je me suis retrouvé
34:53avec
34:54Cécile Cassell
34:56on s'est retrouvé
34:57à prendre l'avion
34:58pour aller faire
34:59vraiment
34:59un coup de vent
35:01francophone
35:02à New York
35:03dans cette série
35:04merveilleuse
35:05avec des gens
35:05et une équipe technique
35:08assez bluffante
35:09par contre
35:09pour en revenir
35:10au repas
35:11à midi
35:11démerdez-vous
35:12ça c'est formidable
35:14on est à New York
35:15bon on se retrouve
35:16dans une heure
35:17alors
35:19il y a eu
35:2094 épisodes
35:216 saisons
35:22et contrairement
35:23à ses partenaires
35:24Sarah Gessipa
35:25Parker
35:26qu'on connait bien
35:27dans la série
35:27elle avait une clause
35:28contractuelle
35:29stipulant qu'elle ne ferait
35:30aucune scène de nu
35:31elle avait toujours
35:32un sous-vêtement
35:33c'était dans son contrat
35:34ça me fait penser
35:35à Lino Ventura
35:36qui ne voulait pas
35:36embrasser qui que ce soit
35:37exactement
35:38vous avez tourné
35:39avec Cleia
35:41absolument
35:41j'ai fait un court-métrage
35:43avec elle
35:44elle avait tourné
35:45un film
35:45c'était 98 ou 99
35:47un truc comme ça
35:47et Grand Souvenir aussi
35:49oui oui
35:50et puis il y a aussi
35:51une série
35:52que j'ai évoquée
35:53avec Jacques Santamaria
35:55voici quelques semaines
35:56au temps où la télévision
35:57était vraiment
35:57en service public
35:58c'est Maupassant
35:59car vous avez tourné
36:00en redingote
36:01dans Maupassant
36:02en redingote
36:03oui j'ai eu plusieurs tenues
36:04oui oui oui
36:05là aussi
36:06mais c'était des choses
36:06qu'on ne peut plus imaginer
36:07aujourd'hui
36:08Thomas Chabrol
36:08pourquoi pas
36:09pourquoi pas
36:10mais pour en revenir
36:11j'avais tourné Le Floc aussi
36:13et ça s'était arrêté
36:15pour des raisons
36:17de oui on ne veut plus
36:17de
36:18ça c'est des directions artistiques
36:19ça
36:20on ne veut plus
36:20d'émissions en costume
36:21on ne veut plus
36:22de trucs en costume
36:23alors que ça
36:24ça fonctionnait très bien
36:25et les Maupassants
36:26c'était un souvenir
36:27avec Jacques Santamaria
36:29avec Gérard Jourduit
36:30tout ça
36:30et Claude Chabrol
36:31et Claude Chabrol
36:33pour la parure
36:34ça s'était régalé
36:35et finalement
36:36vous avez conservé
36:37cette liberté de ton
36:38qui vous permet de continuer
36:39et de vivre à votre façon
36:41à la Chabrol
36:42un petit peu
36:43oui je crois que c'était
36:44une des grandes leçons
36:46d'observation
36:47au fil du temps
36:48c'est à dire
36:48et moi je l'ai vu
36:49et je l'ai vu après
36:50en compulsant les archives
36:52et tout
36:53on s'est dit que Chabrol
36:55tournait sans arrêt
36:56enchaînait
36:57et encore un Chabrol
36:58c'était Jean-Bernard Hébé
37:00qui avait dit sur Europe
37:01encore un Chabrol
37:02mais on s'en fout
37:03voilà
37:04il en faisait deux ou trois par an
37:05enfin voilà
37:05et
37:07mais ce qui n'était pas faux
37:09mais d'un autre côté
37:10il faut pratiquer
37:11c'est un métier
37:12qu'il faut
37:12voilà
37:14ce cher Rapno
37:16qui lui mettait
37:18sept ans
37:18de gestation
37:20et de
37:20pour faire
37:21un film
37:22qu'il avait en tête
37:23absolument
37:23et tout ça
37:24là c'était une autre école
37:26c'est
37:27on tourne quoi qu'il arrive
37:28je parlais de
37:29de l'œil du malin
37:31avant
37:31où le film s'est terminé
37:32à 50% du budget
37:34insensé quoi
37:35insensé maintenant
37:36et donc c'était ça
37:38c'était
37:39c'est l'amour
37:39du travail quoi
37:41et le plaisir
37:42d'être avec les autres
37:43et de travailler avec
37:44ses partenaires
37:45voilà
37:45il y a le cinéma
37:46la télévision
37:46et le théâtre
37:47qu'on va évoquer
37:47à travers la date
37:48du 25 octobre 2026
37:49à tout de suite
37:50sur Sud Radio
37:51avec Thomas Chabrol
37:52Sud Radio
37:53les clés d'une vie
37:54Jacques Pessis
37:55Sud Radio
37:56les clés d'une vie
37:57mon invité
37:57Thomas Chabrol
37:58on a évoqué
37:59votre parcours
38:00celui de Claude Chabrol
38:01votre père
38:01le cinéma
38:02la télévision
38:03puis il y a le théâtre
38:04et le 25 octobre 2026
38:06vous êtes au retour
38:07au théâtre
38:07avec
38:08Il fait toujours beau
38:09à Hollywood
38:10une pièce
38:11à quatre personnages
38:12dans laquelle
38:13vous avez un rôle
38:13un déroule clé
38:15oui ma foi
38:16c'est une fantaisie
38:18écrite brillamment
38:19par Jean Marbeuf
38:20qu'on a connu cinéaste
38:22et qui se
38:25c'est sa deuxième
38:26ou troisième pièce
38:27déjà
38:27et donc oui
38:30ça se passe à Hollywood
38:31comme le titre
38:32le laisse entendre
38:33et en 1934
38:35à une période
38:36assez trouble
38:37où les exploitants
38:40les distributeurs
38:41et les producteurs
38:43américains
38:44on en a un peu
38:46marre
38:47de voir leur salle
38:48ou leur film
38:49détruit
38:50par des bigots
38:51sous prétexte
38:52de la vue
38:53d'un saint
38:54il faut dire que
38:55Hollywood à l'époque
38:56entre les années 30
38:57et 34
38:58c'était assez
38:59olé olé
39:00pour ceux qui ont vu
39:01Babylone
39:02il n'y a pas longtemps
39:02ou même
39:04sur Youtube
39:05ou sur les réseaux
39:07peuvent voir
39:08les films
39:08pré-code
39:10donc décide
39:12de faire écrire
39:13par un sénateur
39:15républicain
39:16je dois le reconnaître
39:17un code
39:18et qu'il mettra
39:19quatre années
39:20à écrire
39:20donc entre
39:211930 et 1934
39:2328 000 articles
39:25inutile de dire
39:26que c'est précis
39:26c'est de la dentelle
39:27de Bruges
39:28et pour définir
39:30ce qu'on doit
39:31montrer
39:32ou ne pas montrer
39:33dans un scénario
39:34à Hollywood
39:36et donc
39:38Geoffroy Thibault
39:39qui a la chance
39:40de jouer ce sénateur
39:41Eyes
39:43accompagné de son épouse
39:44Claire Neboux
39:45qui joue
39:46Madame Eyes
39:47qu'on a connue
39:48dans la rivière
39:48d'Espérance
39:49avec José Daillon
39:50absolument
39:51et dans
39:52Le Floc aussi
39:53où elle jouait
39:54la polée
39:55brillamment
39:55et donc
39:57Matagabin
39:58qui joue
39:59leur femme de ménage
40:01je ne sais pas
40:01comment on peut appeler ça
40:02oui c'est ça
40:03et donc
40:05et je suis
40:06le scénariste
40:09Samuel Kubler
40:10qui est un mélange
40:11de Billy Wilder
40:12et de Samuel Fuller
40:13en fin de sorte
40:13on mélangeait bien
40:14dans un shaker
40:15et qui essaye
40:18de présenter
40:19son adaptation
40:20de La Tour de Nelle
40:21qui pour les amateurs
40:23est un peu
40:23voilà c'est l'histoire
40:24de la reine Margot
40:25un peu olé olé
40:26c'est le moins qu'on puisse dire
40:27et donc
40:28les obstacles
40:29sont nombreux
40:30quand même
40:31et donc
40:32il se trouve
40:33que le scénario
40:34se traîne
40:36sur le bureau
40:36du sénateur
40:38Eyes
40:38et tombe dans les mains
40:39de sa femme
40:40et ça modifie
40:41sérieusement
40:42sa vision
40:43de l'existence
40:44oui parce qu'elle faisait
40:45ce que lui imposait son mari
40:46et elle découvre
40:47que le sexe
40:47peut être source de plaisir
40:48oui
40:49oui
40:50enfin
40:51enfin
40:52et
40:52il faut dire que
40:53cette pièce
40:54est assez
40:55à la fois
40:56assez plaisante
40:57c'est une fantaisie
40:59mais c'est assez didactique
41:00dans la mesure
41:01où on apprend
41:02beaucoup de choses
41:03sur un état d'esprit
41:05qui est
41:07très conservateur
41:08qui est
41:09un peu bloqué
41:10et surtout
41:10c'est étayé
41:11par des éléments
41:12concrets
41:13puisqu'on a eu
41:15en main
41:16l'acte de divorce
41:18des époux
41:19Eyes
41:19ils ont enfin divorcé
41:20en 1952
41:21et une des
41:23pas des requêtes
41:24mais en tout cas
41:25des
41:26de
41:27Madame Eyes
41:28était
41:28mais nous n'avons pas eu d'enfant
41:30mon mari
41:31vise le nombril
41:33et c'est une belle formule
41:34bah oui
41:35c'est surtout
41:36que oui
41:37c'est un peu gênant
41:39et surtout
41:39dans cette pièce
41:41on évoque
41:41l'alphabet de l'amour
41:42on évoque
41:43la grammaire de l'amour
41:43ce qu'elle ne connaissait pas
41:45oui absolument
41:46c'est
41:46on a l'impression
41:48de lever
41:49un voile
41:51pudique
41:51sur une existence
41:53qui
41:53qui paraissait
41:56complètement réglée
41:57comme une
41:57comme une pendule suisse
41:59et alors que
42:00un univers
42:02surtout à Hollywood
42:04dans les années 30
42:05était
42:06voilà
42:07il y a du jazz
42:08il y a de la musique
42:09il n'y a pas que du
42:10que
42:11je veux dire
42:13la religion
42:13et des choses un peu
42:15classiques
42:16dans lesquelles
42:16l'enfermait son mari
42:18oui mais en même temps
42:19c'est une pièce très moderne
42:20puisqu'on parle de la censure
42:21on parle de la condition féminine
42:23de la liberté artistique
42:24de la religion
42:24absolument
42:25tout ça
42:26et
42:28c'est des choses
42:29qui résonnent
42:29complètement maintenant
42:30puisqu'on voit beaucoup
42:33des arguments
42:34qui remontent
42:35à la surface
42:36de
42:37l'importance
42:38d'une religion
42:39l'importance
42:40de
42:40de la censure
42:42qu'on voit revenir
42:42tranquillement
42:43parce que
42:43ce qui est intéressant
42:44avec le code
42:45ICE
42:45c'est que
42:46c'était une censure
42:47induite
42:48c'est-à-dire
42:49que ça a perduré
42:50jusque dans les années 60
42:51le code ICE
42:52les gens s'étaient habitués
42:54les scénaristes
42:55et tous les producteurs
42:57les réalisateurs
42:59ils avaient
43:00assimilé
43:01le code
43:02donc
43:02on le montrait
43:03même dans les épisodes
43:04de Ma sorcière
43:05bien aimée
43:06on voyait
43:06la chambre du couple
43:08était
43:09deux lits séparés
43:10avec une belle
43:11petite table
43:11entre les captives
43:13lampadaires
43:14voilà
43:15c'était des habitudes
43:16on ne devait pas voir
43:17le nombril
43:18on comprend pourquoi
43:21pour le sénateur
43:22ICE
43:22il y avait des contraintes
43:25comme ça
43:25de ne pas
43:26dire du mal
43:28d'un homme
43:29de religion
43:30on devait
43:31enfin
43:31tout un tas de contraintes
43:32qui sont
43:33maintenant
43:34qui paraissent
43:34complètement obsolètes
43:35mais qui à l'époque
43:36étaient très contraignantes
43:38oui mais en même temps
43:38aujourd'hui
43:39il y a d'autres
43:39censures
43:40d'autres interdictions
43:40moi je me dis toujours
43:41que le titre du film
43:43de votre père
43:43les bonnes femmes
43:44comment ça passerait
43:45aujourd'hui
43:45oui alors que
43:47pour les linguistes
43:48bonafama
43:49est plutôt favorable
43:50puisque c'est la bonne
43:51réputation
43:52oui oui
43:53alors comment êtes-vous
43:54arrivé dans cette aventure
43:55Thomas Chavreul
43:55oh simplement
43:56il se trouve justement
43:58en acceptant tout
43:58ce qu'on propose
43:59j'ai eu le plaisir
44:00déjà de tourner
44:01avec Jean Marbeuf
44:03il y a un bout de temps
44:04avec également
44:05Geoffroy Thibault
44:06mais on n'avait pas
44:08de séquence ensemble
44:08et il y a
44:10quelques temps
44:11et puis voilà
44:12il a gentiment pensé
44:13à moi
44:13pour ce rôle
44:15de scénariste
44:16un peu pleutre
44:17mais assez cocasse
44:18je pense
44:19encore un faux cul
44:21comment dire
44:22vous avez peut-être
44:23mis le doigt dessus
44:24Jacques Pessy
44:25il faut savoir aussi
44:26Thomas Chavreul
44:27que Jean Marbeuf
44:27est quand même
44:28quelqu'un qui a
44:28beaucoup d'esprit
44:29un jour un journaliste
44:30de Libération
44:31l'interview
44:31il dit
44:31mais pourquoi
44:32faites-vous des films
44:33et il répond
44:33pour faire chier
44:34les critiques de Libération
44:36bah écoutez
44:37alors on attend
44:38le papier de Libération
44:40sur la pièce
44:41il fait toujours beau
44:41à Hollywood
44:42c'est le dimanche
44:43et le lundi
44:43alors pour le théâtre
44:44parce qu'effectivement
44:44aujourd'hui
44:45le théâtre a changé
44:46on ne peut plus jouer
44:46tous les soirs
44:47oui on a un peu
44:48l'impression
44:49d'être comme
44:50en Avignon
44:51c'est-à-dire
44:52bon il y a des pièces
44:53comme ça
44:54qui jouent deux jours
44:54et puis
44:55on les revoit
44:56la semaine d'après
44:57et tout
44:57mais aussi
44:58ça permet de renouveler
44:59aussi le public
45:00et le désir s'accroît
45:03quand les fesses reculent
45:04n'est-ce pas ?
45:05alors il se trouve
45:05que le théâtre
45:06vous y avez finalement
45:06assez peu touché
45:07car c'était dans l'interview
45:09avec Philippe Bouvard
45:11où Claude Chabon
45:12elle explique
45:13qu'un acteur de cinéma
45:14n'a pas besoin
45:14de prendre de cours
45:15à l'inverse
45:15d'un acteur de théâtre
45:17oui
45:18oui c'est sûr
45:19moi je vois
45:20plutôt ça
45:21sur le
45:22le
45:23le
45:24un côté
45:24un côté chronologique
45:25c'est-à-dire
45:26le
45:26on travaille au théâtre
45:28complètement différemment
45:29qu'au cinéma
45:29au cinéma
45:30c'est
45:31on est à Kourou
45:33on attend
45:33le
45:35le
45:35le nuage
45:36qui se dégage
45:37et la fusée décolle
45:38et voilà
45:39quand on vous dit
45:40voilà
45:41quand le
45:41court-arbours
45:42est déclenché
45:43au théâtre
45:44on prépare ça
45:45on a 5-6 semaines
45:46de répétition
45:47dans le meilleur des cas
45:49et
45:50et puis
45:51on peut
45:51peaufiner encore
45:53deux jours par semaine
45:55dans le cas de
45:55le dimanche et le lundi
45:5715h et 19h30
46:01dans le cas
46:01qui nous
46:02qui nous occupe
46:03mais
46:03et donc
46:04on peut
46:04on peut toujours
46:05retravailler
46:06sur le
46:06sur la pièce
46:08en cours de route
46:09et ça c'est passionnant
46:10c'est une autre approche
46:11du travail
46:12et puis il y a le direct
46:13et puis il y a les rires du public
46:14ça c'est formidable
46:15ça n'a pas de prix
46:16ça n'a pas de prix
46:17parce qu'une équipe technique
46:19qui se marre
46:20à vos
46:20à vos calembours
46:21ça ça passe encore
46:22mais un public
46:24que vous ne connaissez pas
46:25et qui réagit
46:26spontanément
46:27au texte formidable
46:28écrit par Jean Marboff
46:30alors là
46:31c'est un bonheur
46:33alors vous avez fait
46:33quand même quelques pièces
46:34de théâtre
46:35Thomas Chabrol
46:35notamment
46:36vous avez joué à Nouille
46:37le voyageur sans bagage
46:38et ça
46:39ça a été un gros souvenir
46:40absolument
46:40c'était très plaisant
46:41c'était avec
46:42Gwendoline Hamon
46:43qui est la petite fille
46:44absolument
46:45et qui mettait en scène
46:47avec Alain Fromager
46:49et on s'était régalé
46:50il y avait Frédéric Diffental
46:52également
46:53et plein d'autres
46:54et on s'était
46:55bien amusé
46:56oui oui il y a quelque temps
46:57une dizaine d'années
46:57mais quinzaine
46:58oui oui à peu près
46:59mais c'était un monsieur
47:01très particulier
47:02Jean-Anouille
47:02très sérieux
47:03très secret
47:04il avait dit
47:05je suis un rigolo
47:06misanthrope
47:06la noirceur me fait marrer
47:08il y a un côté Chabrol
47:09dans tout ça
47:09absolument
47:10mais je crois que c'est une génération
47:12qui a connu la guerre
47:13et qui a essayé de
47:17voilà l'ironie
47:18la politesse du désespoir
47:20etc etc
47:20je crois qu'il y a cette
47:24cette importance
47:25de génération
47:26et puis je crois que vous avez été mis en scène
47:29par Michel Galabru
47:31oui oui
47:32et ça c'est quelque chose
47:33absolument
47:33absolument
47:34Harlequin
47:35Harlequin
47:35serviteur de deux mètres
47:37alors oui ça c'était
47:37les tournées d'été
47:39avec Michel
47:40qui était un être exquis
47:43et on a tellement rigolé
47:45avec des salles
47:46qui étaient pleines à craquer
47:48et des décors en toile peinte
47:50et il y avait du vent
47:51à Prade
47:52ou je sais pas
47:53dans le midi
47:53et tout
47:55à Carcassonne
47:56et il y avait du vent
47:57et puis on était tous derrière
47:59avec nos brochures
48:00à essayer de réviser le texte
48:02non c'était très très drôle
48:03Michel Galabru
48:04metteur en scène
48:04ça n'a pas été si fréquent
48:06oui enfin il était
48:07il était épaulé
48:08par son assistant
48:09et puis bon voilà
48:11ça se passait en famille aussi
48:12parce qu'il y avait son fils Jean
48:14qui n'était pas loin
48:15il y avait son frère
48:16voilà
48:17tout ça a été très joyeux
48:19avec Annie Jousier
48:20avec
48:22non c'était très très
48:23Michel Galabru
48:24avec son air de chien triste
48:25en permanence
48:26c'était des fous rires aussi
48:28constants
48:29c'était très très dur
48:31il m'est arrivé une anecdote
48:33justement dans cette tournée
48:34où je dégainais
48:35donc le 15 serviteur de le maître
48:37et je dégaine une épée
48:38et la lame se désolidarise du manche
48:41et l'épée fait 10 mètres
48:43et c'était assez compliqué
48:46et il y avait Guy Grosseau
48:48qui était parmi nous
48:50vous pourriez vérifier vos accessoires
48:52c'est dur après d'enchaîner
48:55avec tout ça
48:56mais ça reste des souvenirs formidables
48:58Guy Galabru
48:58je me souviens
48:59il me parlait de ses débuts
49:00il me disait
49:00un jour
49:01j'étais rien du tout
49:02je l'ai dans une panière
49:03et je vois une lettre
49:05destinée à Pierre Perret
49:08dans le courrier
49:09et je dis
49:09je vais l'ouvrir
49:10pour voir ce que c'est qu'une star
49:11donc il arrive
49:12à décoller l'enveloppe
49:13avec de l'eau chaude
49:14et la lettre
49:15c'était la note du gaz
49:16il a compris
49:17ce qu'était une vedette
49:18mais oui
49:18c'est celui qui paye
49:20la note de gaz
49:20vous avez aussi
49:22au théâtre Galabru
49:23joué
49:24un journaliste humoriste
49:26Robert Benchelet
49:26qu'on a totalement oublié
49:28aujourd'hui
49:28absolument
49:28et alors ce qui était amusant
49:30enfin amusant
49:31j'allais dire
49:32un concours
49:33un malheureux concours
49:34de circonstances
49:36il se trouve que
49:38Michel Galabru
49:39a joué jusqu'aux derniers
49:40quinze jours
49:41de son existence
49:42et donc il jouait
49:43un seul en scène
49:45dans son théâtre
49:46au théâtre
49:46Montmartre Galabru
49:47qui est tenu
49:49brillamment
49:49par Eric Rénaud-Fourton
49:50et qui
49:53donc Galabru
49:54étant un peu souffrant
49:56et tout ça
49:56du coup
49:58il avait des dates
49:58qui étaient libérées
50:00et nous
50:01avec mon frère Mathieu
50:02pianiste
50:03compositeur
50:04de musique de film
50:05qui a travaillé
50:05de nombreuses fois
50:06avec notre père
50:07il a fait 25
50:08oui
50:09plus d'une vingtaine
50:10de musique de film
50:11pour lui
50:12on avait
50:14préconcocté
50:14un petit quelque chose
50:16avec les chroniques
50:17de Robert Benchley
50:17et Mathieu
50:19animait ça
50:20en musique
50:21avec du Bartók
50:22on en revient
50:23au New York
50:25des années 30
50:25et oui oui
50:27on l'a joué
50:28avec grand plaisir
50:28et j'espère
50:29qu'on pourra le reprendre
50:30un jour
50:31parce que Benchley
50:32il était chroniqueur
50:33au Harper's Bazaar
50:34c'est un des grands humoristes
50:36de l'absurde
50:36qu'on a oublié
50:37comme on a oublié Camille
50:38ou comme on a oublié
50:38d'autres humoristes
50:39oui oui
50:40c'était
50:40c'était un
50:41c'était un
50:42un esprit
50:43très brillant
50:44et
50:44qui avait un mot d'ordre
50:46enfin un motto
50:47comme on dit aux Etats-Unis
50:49et que je prends volontiers
50:51pour mien
50:52qui est
50:52j'essaye de m'en faire
50:53je n'y arrive pas
50:55et si
50:56tout le monde
50:57pouvait
50:59avoir
51:00ça à l'esprit
51:01c'est merveilleux
51:02non non
51:02c'était
51:02un grand copain
51:04de Dorothy Parker
51:05d'Hemingway
51:07il y a une histoire
51:08très marrante
51:09parce qu'Hemingway
51:10venait de faire
51:11un grand carton
51:14avec le vieil homme
51:15et la mère
51:15il avait
51:16enfin c'était
51:17pris nos bêtes
51:18là
51:18et il va
51:20il va voir son copain
51:21Hemingway
51:22il arrive
51:22et il pose sa veste
51:23alors Hemingway
51:25a fait faire
51:25un buste
51:26de sa tronche
51:27dans le hall
51:28chez lui
51:29et donc il met sa veste
51:30sur le buste
51:32et là Hemingway
51:33prend le truc
51:34et lui redonne sa veste
51:36avec un air
51:37très très soin
51:37et il a
51:38Benchley a compris
51:39que plus jamais
51:40rien ne serait comme avant
51:41c'est magnifique
51:42c'est du vrai humour absurde
51:44alors pour l'instant
51:45Thomas Chabrel
51:45vous êtes à l'affiche
51:46avec il fait toujours beau
51:48à Hollywood
51:48donc c'est à l'Apollo
51:49le dimanche à 15h
51:50voilà
51:51un jet de pierre
51:52de la place de la république
51:53voilà
51:53exactement
51:55et en même temps
51:56donc c'est jusqu'à la fin de l'année
51:57et ensuite
51:58parce que vous n'arrêtez pas
51:59et ben ensuite
52:00on verra
52:00nous avons un petit projet
52:02qui nous emmène
52:03en Polynésie
52:04on va voir
52:05si tout se passe bien
52:06c'est pas désagréable
52:07mais c'est pour le travail
52:08mais toujours
52:09voilà
52:10un sujet très intéressant
52:11sur les Rerés
52:12qui étaient
52:13des travestis
52:16et
52:18en Polynésie
52:19et qui ont été un peu abusés
52:20par les soldats français
52:21voilà
52:22ça peut arriver
52:23en tout cas
52:23notre rayon de soleil
52:24c'est effectivement
52:25il fait toujours beau
52:26à Hollywood
52:26que je conseille
52:27à celles et ceux
52:28qui nous écoutent
52:28aussi nombreux
52:29que d'habitude
52:29et même plus nombreux
52:30d'aller voir
52:31à l'Apollo Théâtre
52:32le dimanche à 15h
52:34et lundi à 19h30
52:35et puis continuez comme ça
52:36Thomas Chabrel
52:37parce que vous reviendrez
52:38vous avez tellement de choses
52:39à raconter
52:40merci Jacques Pessy
52:41les clés d'une vie
52:42c'est terminé pour aujourd'hui
52:43on se retrouve bientôt
52:44restez fidèles
52:45à l'écoute de Sud Radio
52:45Sous-titrage Société Radio
52:46Sous-titrage Société Radio
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