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"Nos ancêtres les Gaulois" : la formule a fait sourire des générations d'écoliers, tant elle semblait n'évoquer que des barbares moustachus vivant de huttes et de sangliers, en attendant d'être civilisés par Rome. C'est l'image que l'école républicaine nous a transmise, et nous l'avons longtemps reçue sans la discuter. Or, depuis une trentaine d'années, l'archéologie a patiemment démoli ce tableau. Grâce aux fouilles préventives, aux nouvelles techniques de datation et a des disciplines qui n'existaient pas il y a un demi-siècle, ce qui remonte du sol dessine une tout autre civilisation : raffinée, techniquement en avance sur ses voisins, dotée d'un droit, d'institutions et de véritables contre-pouvoirs. Une révolution scientifique considérable, et pourtant passée presque inaperçue du grand public. Pourquoi ce silence ? Et surtout, que ferions-nous de cette redécouverte si nous décidions enfin de la prendre au sérieux ? C'est précisément la question que pose notre invité, Nicolas Delange, dans un essai intitule "Découvrons-nous gaulois", sous-titré "Le mythe fondateur du peuple français".
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ÉducationTranscription
00:19Bonjour à tous et bienvenue dans Passez Présent pour cette émission de rentrée de cette nouvelle saison.
00:26Nos ancêtres les Gaulois, la formule a fait sourire des générations d'écoliers tant elle ne semblait n'évoquer que
00:32des barbares moustachus vivant dans des huttes et mangeant des sangliers en attendant d'être civilisés par Rome.
00:39C'est l'image que l'école républicaine nous a transmise et nous l'avons longtemps reçue sans la discuter.
00:44Or, depuis une trentaine d'années, l'archéologie a patiemment démoli ce tableau.
00:49Grâce aux fouilles préventives, aux nouvelles techniques de datation et à des disciplines qui n'existaient pas il y a
00:55un demi-siècle,
00:56ce qui remonte du sol dessine une toute autre civilisation, raffinée techniquement en avance sur ses voisins, dotée d'un
01:04droit d'institution et de véritables contre-pouvoirs.
01:08Une révolution scientifique considérable est pourtant passée inaperçue du grand public.
01:13Pourquoi ce silence ? Et surtout, que ferions-nous de cette redécouverte si nous décidions enfin de la prendre au
01:21sérieux ?
01:21C'est précisément la question que pose notre invité d'aujourd'hui, Nicolas Delange, dans un essai surprenant intitulé
01:28« Découvrons-nous gaulois ? » sous-titré « Le mythe fondateur du peuple français ».
01:34Un livre qui part de l'archéologie pour arriver, en 300 pages, à la politique.
01:40Nicolas Delange, bonjour.
01:42Bonjour, merci pour votre invitation.
01:44Et je vous en prie, donc que vous n'êtes ni historien, ni archéologue, et vous le dites vous-même,
01:48dès les premières pages de votre livre,
01:50votre métier, c'est le leadership et la réussite des dirigeants.
01:54Alors, vous avez notamment accompagné des équipages de la Coupe de l'América, des équipes de France et des marins
02:00du Vendée Globe.
02:01Autant dire que vous avez passé votre vie à chercher ce qui fait qu'un groupe gagne, ou bien qu
02:06'il perd d'ailleurs.
02:07Et finalement, c'est ce qui explique la démarche de cet ouvrage.
02:11Ce que vous appliquez d'ordinaire à une équipe, vous l'appliquez ici à un peuple tout entier.
02:17Vous regardez la France comme un collectif en difficulté, et vous cherchez ce qui lui manque pour se redresser.
02:24Et votre réponse tient en deux mots, en trois mots, un mythe fondateur.
02:29Alors, je le disais, cet ouvrage fait 300 pages, six parties.
02:34Vous nous emmenez, on va en parler, vous nous emmenez d'abord en Gaule, dans celle d'avant César,
02:39celle de l'archéologie moderne qui fait remonter du sol,
02:43enfin celle que l'archéologie moderne fait remonter du sol, la Gaule d'avant César,
02:47et vous comparez ensuite les Gaulois et les Français, leur qualité comme leur travers.
02:52Vous proposez également un récit fondateur, les noces d'Egyptis et de Protis,
02:55en l'an 600 avant Jésus-Christ, donc là, vraiment nous expliquer,
02:59et vous terminez par une question passablement dérogeante,
03:02pourquoi nos élites n'ont-elles jamais voulu de ces origines-là ?
03:07Donc je disais, vous n'êtes ni historien ni archologue,
03:12mais comment est-ce qu'on passe, quel était le déclic ?
03:15Est-ce que c'est une lecture ? Est-ce que c'est une découverte ?
03:17Pour passer, pour nous expliquer ce que nous devons à la civilisation gauloise ?
03:21Alors, merveilleux résumé, vous avez vraiment posé l'enjeu de cet ouvrage.
03:29On ne va pas arrêter l'émission là.
03:30J'ajoute juste une précision, cet ouvrage est venu d'un constat,
03:36je vois la France en difficulté et la France s'effondrer.
03:40Et face à cet effondrement, j'entends des réponses qui sont budgétaires,
03:45organisationnelles et de tous ordres, économiques, politiques,
03:50et je n'entends pas de solution ou de réponse quant à ceux qui vont faire le rebond,
03:56c'est-à-dire quant au peuple lui-même.
03:59J'ai compris, on ne peut pas être d'accord,
04:02que les élites pour l'instant ne jouaient pas le jeu
04:05et que l'avenir allait venir de nouvelles initiatives,
04:09avec de nouvelles idées et peut-être avec de nouvelles personnes.
04:14Et je me suis dit, mais quand on me fait intervenir dans une entreprise
04:18parce qu'il y a des difficultés ou dans une équipe de sportifs,
04:26il y a plein de gens qui travaillent sur l'aspect technique,
04:28organisationnel, technique, comment dire, budgétaire ou financier.
04:33Mais moi, je n'interviens pas du tout pour ça,
04:35j'interviens pour la partie mentale.
04:37Et la partie mentale, justement, de cette gestion de crise,
04:42où on en est ?
04:44Et je me suis dit, mais dans les grands fondamentaux de la réussite,
04:48en fait, on n'est pas bon du tout sur tous ces grands fondamentaux.
04:51J'ai atterri à une vingtaine de grands chapitres
04:55qui sont nécessaires d'aller un peu traiter ou creuser ou au moins vérifier.
04:59Et puis, il y en a un qui est, quelle est notre relation avec nos origines ?
05:03Donc, c'est la partie de peut-être une somme de vingt autres livres, en gros,
05:10qui reprendraient les grands fondamentaux de la réussite.
05:14Et par lequel fallait-il commencer ?
05:16Je n'avais pas d'idée préconçue,
05:17je suis juste tombé par hasard sur un ouvrage un jour de Jean-Louis Bruno,
05:20Nos ancêtres les Gaulois, vérité et légende.
05:22Il y aurait donc des vérités et des légendes sur les Gaulois.
05:25Pour moi, c'était quand même plutôt simple et clair.
05:27Les Gaulois, c'est des barbares à moustache,
05:29rustes, vivant dans des huttes en fumée,
05:30dans des sombres forêts, braillard, se bagarrant tout le temps
05:34et pas très fort à la guerre.
05:39Et j'ouvre cet ouvrage.
05:41Et puis, tout d'un coup, ça vient déconstruire un peu
05:43tout ce que je savais des Gaulois.
05:45Et je me suis dit, je ne savais pas par quel ouvrage commencer.
05:49Je voulais au départ commencer sur la vision,
05:51la question de la vision en réussite.
05:53Et finalement, maintenant, j'ai commencé par la question de la réussite.
05:55C'est pour ça que j'ai lu, en gros, tout ce qui s'était...
05:58– Mais vous ne l'avez pas écrit dans vos travaux,
06:01vous ne l'avez pas écrit avec un historien ?
06:02– Non, je l'ai écrit en...
06:04– J'ai lu les historiens.
06:05– Un travail de compilation.
06:06– J'ai lu une trentaine d'ouvrages des principaux historiens récents.
06:10– Oui.
06:11– Parce que je me suis vite aperçu que dès qu'on lisait des historiens
06:15d'avant les années 90,
06:18en fait, la bascule ne s'était pas faite
06:20et on était encore très esclaves de l'idole romaine et grecque.
06:27Et d'un consensus, les Gaulois, voilà, c'est des barbares à moustache.
06:32– Donc, finalement, on peut présenter ce livre
06:34comme une sorte de coaching...
06:36– De France.
06:36– C'est beau, ça.
06:38– De l'anglicisme, de coaching de la France.
06:40Mais avant de se demander ce qu'il faut faire pour redresser le pays,
06:43dites-vous, il faut s'interroger sur ceux qui auront à le faire.
06:47Parce que la France, ça serait d'abord une crise mentale
06:49et qui sont les élites qui pourraient le refaire ?
06:52– Alors ça, je ne sais pas quelles élites vont émerger.
06:55Il est évident que celle...
06:57que le système militaire qui domine actuellement va se convertir
07:01et que s'il ne le fait pas, il sera remplacé, ou grand remplacé.
07:05– Par d'autres Français qui vont venir avec d'autres valeurs
07:10à l'occasion peut-être d'une crise...
07:12– Voir d'autres mythes, on va dire.
07:13– Voilà, qui leur donnera les coups des franges pour agir.
07:16Et voilà, je me suis centré sur, non pas la question élitaire,
07:20mais sur la question générale du peuple.
07:21– Et quels sont les symptômes de cette crise mentale, rapidement ?
07:28– Alors d'abord, vous vous interrogez n'importe quel Français,
07:32on ne sait pas où nous allons.
07:36Certains vous expliquent que notre futur proche, c'est une crise.
07:40Certains parlent de chaos, certains parlent de guerre civile.
07:43Moi, je ne fais pas, comment dire, de...
07:47Je ne suis pas devin sur ces questions,
07:49mais je sais que nous allons aller vers un basculement.
07:53Quelle forme il prendra ?
07:54L'histoire a beaucoup d'exemples qu'on ne peut pas savoir.
07:59Et je pense qu'émergera du peuple,
08:01avec à ce moment-là un retournement d'une partie du système militaire,
08:04comme à chaque fois le système militaire est aussi capable de le faire,
08:08et il viendra porter son concours.
08:10Donc je pense que nous allons aller vers ce basculement,
08:15et peut-être aussi avec des aides extérieures,
08:18ce qui peut arriver aussi parfois.
08:20– Mais est-ce qu'on peut modifier l'état d'esprit d'un peuple ?
08:23Comment on modifierait l'état d'esprit d'un équipage ?
08:25– Déjà, il faut lire cet ouvrage.
08:27– Vous n'avez pas pour ça ?
08:28– Cet ouvrage nous emmène...
08:29– Oui, on peut modifier pourquoi.
08:30Parce que, alors c'est un mythe fondateur,
08:36quand il s'établit, il produit ses effets malgré vous.
08:41On est dans la mécanique de la psychologie humaine
08:44et de la psychologie des groupes.
08:45Si je vous dis, imaginez qu'en haut d'une colline,
08:48il y a un beau pommier,
08:49et que sur ce pommier il y a des pommes bleues,
08:52eh bien je vous ai obligé à penser à un pommier à des pommes bleues.
08:55Je ne sais pas quel était votre pommier, c'était le vôtre,
08:57quel bleu vous avez choisi,
08:59mais je vous ai contraint à ça.
09:01Et on le sait bien, ça s'appelle la publicité,
09:02ça s'appelle la propagande d'état,
09:04ça s'appelle la communication tout simplement entre les hommes.
09:07Et donc, dès lors qu'un chef d'entreprise,
09:10lors d'une grande convention, partage,
09:11eh bien le mythe fondateur d'entreprise,
09:14mon grand-père avait créé ça,
09:18il contraint, il oblige tout le monde à vivre des effets.
09:23Et ces effets, ils sont psychologiques,
09:25et ils sont surtout très intéressants pour la cohésion du groupe,
09:27pour la réussite et pour l'ensemble.
09:29C'est pour ça qu'un mythe fondateur,
09:31une fois qu'il s'établit, qu'il se propose,
09:35et puis qu'il s'accepte et qu'il s'épouse par le peuple,
09:39eh bien il va produire ces effets.
09:40C'est pour ça qu'il faut un mythe fondateur,
09:42entre autres choses,
09:43mais il faut beaucoup d'autres choses aussi.
09:44Alors, on va aborder maintenant la révolution archéologique.
09:48Ce que vous expliquez dans votre livre,
09:49c'est que depuis une trentaine d'années,
09:51l'archéologie a renouvelé notre connaissance des Gaulois.
09:54Donc il y a l'archéologie préhentive,
09:56il y a les nouvelles datations,
09:57il y a les disciplines spécialisées,
09:58comme l'étude de la paléogénétique.
10:02Alors, quelles sont pour vous,
10:03déjà, les trois découvertes
10:06qui ont le plus bouleversé l'image traditionnelle
10:10que nous avions des Gaulois ?
10:13Alors, la première révolution archéologique,
10:16elle est une révolution historiographique,
10:19c'est que désormais et depuis peu,
10:22nous avons des historiens qui parlent bien des Gaulois,
10:25qui disent des choses assez positives.
10:29À partir de témoignages, à partir de leurs recherches,
10:32on a un Jean-Louis Bruneau qui nous explique
10:34que les Gaulois sont les inventeurs de la haute couture.
10:36Oui, on va en reparler.
10:38Jean-Louis Bruneau, CNRS, c'est assez sérieux.
10:41Ça peut être critiquable, polémique.
10:43Les historiens, bien compris qu'il y avait des thèses très contradictoires,
10:47des approches très contradictoires,
10:48mais voilà, on a désormais,
10:50on a une première chose qui est très importante,
10:53les historiens commencent à employer des adjectifs porteurs.
10:57Et ça, c'est très important parce que jusqu'à présent,
10:59ils étaient mentalement obligés aux adjectifs très négatifs
11:03et qui desservaient le peuple gaulois.
11:05C'est très impressionnant quand vous lisez les ouvrages des années 70
11:07ou même avant.
11:11Imaginez-vous que vous êtes Gaulois,
11:13vous êtes vexé à chaque ligne.
11:15Mais, comment dire, c'est très impressionnant.
11:19Faites-vous l'avocat des Gaulois, aimez les Gaulois,
11:22mettez-vous mentalement dans cette émotion-là,
11:26et puis lisez-les et vous dites,
11:27mais pourquoi ils m'agressent à chaque ligne avec cet adjectif,
11:31cette manière de dire,
11:32cette manière de me relier à quelque chose de négatif ?
11:34Et aujourd'hui, ce qui est très nouveau,
11:36c'est que c'est en train d'évoluer.
11:39Et on a même eu une émission,
11:41alors ça, c'était un choc,
11:43il y avait une émission sur les druides,
11:45je crois que c'était sur Arte au mois de février.
11:48Et pour la première fois de ma vie,
11:51je vois des Gaulois beaux,
11:54des Gauloises belles, très belles.
11:56Pourquoi ? Parce que l'IA a permis de faire à moindre budget
11:59des Gaulois très bien habillés,
12:02avec de la passementerie,
12:03avec des galons, avec de l'or,
12:05avec des belles tenues bien cousues.
12:08Alors que quand je vais dans les représentations,
12:10les reconstitutions,
12:11je vois toujours des pauvres Gaulois
12:13avec des brais, des frosques,
12:15des sacs en toile de jus,
12:16des frocs assez mal cousus.
12:19On se dit, bon, on fait,
12:20ok, la costumière qui a fait ça,
12:21elle en a fait cinq dans la journée.
12:23Et là, on a affaire à des très beaux vêtements,
12:25des vêtements d'élite,
12:26des vêtements très soignés,
12:28très, très bien confectionnés.
12:30Et ça, c'est aussi un...
12:31Alors vous parlez des vêtements
12:33qu'on a retrouvés dans des tombes ?
12:35Alors, qu'est-ce qui permet d'affirmer ça ?
12:37C'est des reconstitutions d'historiens.
12:40Les historiens, aujourd'hui,
12:41quand ils conseillent,
12:42les historiens qui conseillent à cette émission,
12:44ils ont conseillé pour aller dans ce sens.
12:46Ça, c'est très nouveau.
12:47La grande révolution, en réalité,
12:50elle est dans la tête des historiens.
12:51Ils s'autorisent.
12:52Vous savez bien que pour les historiens,
12:53pour dire quelque chose,
12:54il faut des sources.
12:55Alors, je vous renvoie ça.
12:57Moi, je ne suis pas historien.
12:58Je vais vous renvoyer aux travaux des historiens.
13:02Jean-Louis Bruneau est très...
13:04C'est quelqu'un que j'ai beaucoup lu.
13:06Il est très prolixe là-dessus.
13:08Et quand vous voyez...
13:10Alors, moi, je ne suis pas cogné.
13:12Les thèses d'histoire,
13:13c'est des ouvrages qui sont très...
13:16Pas si compliqués de ça à lire,
13:17mais très ennuyeux.
13:18Tellement ils sont précis,
13:19dans tel secteur,
13:21E4 de tel...
13:23Bon, voilà.
13:24Ça, c'était pas mon travail.
13:25Moi, j'ai travaillé à partir de ce que les historiens
13:27essayent de construire,
13:28au milieu des polémiques.
13:30Mais, en fait, en réalité,
13:32si on regarde bien,
13:33on aurait pu deviner avant.
13:35On aurait pu se dire,
13:37mais quand même, c'est bizarre.
13:38On a un certain diodore de Sicile
13:41qui nous dit qu'ils ont des vêtements
13:43qui frappent l'admiration.
13:45Vous me dites qu'ils sont rustres,
13:47c'est des barbares,
13:49pas très évolués,
13:50et ils ont des vêtements
13:51qui frappent l'admiration.
13:53On a un autre qui nous explique
13:54qu'ils ont des vêtements
13:56cousus de fil d'or.
13:58Et puis, on nous dit...
13:59Ça, j'imagine que c'est pour l'élite gauloise.
14:02Tout le monde n'a pas du fil d'or.
14:03Déjà, il faut les...
14:04Alors, c'est très intéressant.
14:05On a Timagène qui nous dit
14:06« Il n'y a pas en Gaule
14:08de pauvres haillons,
14:10comme nous en avons en Rome.
14:12Même les vagabonds
14:13sont bien habillés. »
14:15Mais, c'est bizarre
14:17de dire cette phrase
14:18et en même temps
14:19de ne pas se douter,
14:21se poser la question
14:22« Mais pourquoi il nous dit ça ? »
14:24Et par contre, on y va,
14:25franchement,
14:26pendant de très longues années.
14:27Les gaulois, c'était russe,
14:28des barbares mal habillés,
14:29les romains sont beaux.
14:30Vous voulez dire que
14:30par rapport aux romains
14:32qui s'habillent qu'en toche,
14:33enfin, qu'on représente qu'en toche,
14:35mais j'imagine qu'on n'est pas en toche
14:36toute la journée.
14:36Ce n'est pas très pratique.
14:38Le gaulois, donc, lui,
14:39faisait un effort
14:40où on avait les produits
14:42qui permettaient aussi peut-être de...
14:43On a un général romain,
14:44c'est Minus,
14:45qui arrive devant Biorix
14:46et en Biorix le reçoit
14:48et lui dit
14:48« Mais comment un homme
14:49habillé de la sorte
14:50peut-il prétendre
14:52commander à des gens comme nous ? »
14:56Pourquoi tous ces éléments...
14:57Je peux vous en citer.
14:59On n'en a pas des milliers
15:00puisqu'on a peu de sources.
15:01Mais pourquoi ces éléments
15:05ne remettent pas en question
15:06cette idée d'un gaulois
15:08qui serait laid
15:10et d'un romain
15:11qui, en revanche,
15:11lui, serait beau ?
15:12En plus,
15:14un romain s'est habillé
15:15en blanc et en beige
15:16avec un liseré
15:17de pauvre de tir,
15:18rouge.
15:20Un gaulois,
15:21ça a toutes les couleurs.
15:22Pour comprendre dans l'imaginaire,
15:24pour nous aider à comprendre,
15:25quand on arrive en Inde,
15:26on est subjugué par la couleur.
15:28Et la couleur
15:29chez les très pauvres aussi.
15:31La couleur est partout.
15:32Les pauvres ne sont pas en gris.
15:33Nous, nous sommes en blanc
15:34et en gris et en beige.
15:37Mais dans le monde de l'Inde,
15:38la couleur,
15:39elle est partout
15:40et de manière très franche.
15:42La couleur était chez nous
15:43partout avant l'industrialisation.
15:45Oui.
15:45Et en Gaule,
15:46ils ont des vêtements
15:47de toutes les couleurs.
15:48Et ça,
15:49quand vous arrivez à Rome,
15:51au moment de l'apogée
15:53des Gaulois,
15:54en IVe siècle
15:55avant Jésus-Christ,
15:56Rome,
15:56on est habillé en beige,
15:58en blanc pour les plus riches
15:59avec du rouge.
16:00Mais on est en beige
16:01ou en blanc.
16:02Une rue romaine,
16:03c'est des gens
16:04qui grenouillent
16:05en blanc et beige.
16:06Vous arrivez en Gaule,
16:07tout le monde est en couleur.
16:09Et il n'y a pas
16:09de pauvres en haillons.
16:10Et ça,
16:11pour qu'il n'y ait pas
16:12de pauvres en haillons,
16:13ça veut dire peut-être
16:14qu'il y a une économie
16:15qui est florissante.
16:16Ça veut dire peut-être
16:17qu'il y a un système
16:17de pensée,
16:18du partage,
16:19de la répartition
16:20qui n'est pas le même
16:20qu'à Rome.
16:22Et donc,
16:23je me suis dit,
16:23mais comment se fait-il
16:26indépendamment même
16:27du nouveau regard
16:27que les historiens posent ?
16:29Mais déjà,
16:29on avait des éléments
16:31troublants.
16:32Pourquoi il n'y avait pas
16:34de polémique avant ?
16:35Ça, c'est très intéressant.
16:36La psychanalyse,
16:37elle est aussi à faire
16:38du côté,
16:39pas seulement du peuple,
16:40mais peut-être aussi
16:41du côté des historiens.
16:43On va rester
16:45sur l'archéologie.
16:45Donc, c'est très intéressant,
16:47c'est très nouveau.
16:48effectivement,
16:49cette histoire
16:49d'élégance française
16:52avant l'heure,
16:53au niveau agriculture,
16:56au niveau industrie,
16:57au niveau habitation.
16:58On parlait de huttes
16:59faites en paille,
17:00en torchis.
17:02Alors,
17:02c'est vrai,
17:02ce n'est pas un peuple
17:03non plus qui a construit
17:03beaucoup avec de la pierre.
17:04Ah oui.
17:05Alors,
17:06le premier,
17:07la première réponse naturelle
17:09qui va de soi
17:09dans le mental
17:10d'un idolâtre romain,
17:12c'est de dire,
17:13ben oui,
17:13c'est parce qu'ils ne savent
17:14pas faire
17:15ou parce qu'ils ne sont
17:16pas très évolués.
17:18Et s'il y avait
17:19une autre raison ?
17:21Et laquelle ?
17:22Parce qu'il y a plein de choses
17:23que nous,
17:23nous ne faisons pas en France
17:25et que nous pensons
17:26que nous avons bien raison
17:26de ne pas les faire.
17:27Par contre,
17:28un Américain,
17:28lui,
17:29il va y aller.
17:29Il va la faire.
17:31Donc,
17:31peut-être que parfois,
17:32quand on ne fait pas les choses,
17:33c'est qu'on a de bonnes raisons.
17:34Peut-être,
17:34parfois,
17:35c'est parce qu'on est sage.
17:37Et sur la question,
17:40précisément,
17:42des édifices de pierre,
17:44les Gaulois,
17:47d'abord,
17:48c'est un peuple de génie.
17:49C'est un peuple d'inventeur.
17:50Et même,
17:50d'ailleurs,
17:51Jean-Louis Bruneau dit
17:51qu'il y a peu de peuples
17:52dans l'Antiquité
17:53qui ont...
17:55Il dit que c'était
17:56l'apanage des Gaulois
17:57d'avoir été un peuple
17:58aussi inventeur.
18:00Je ne vous fais pas
18:01la litanie
18:01que je dresse dans le livre
18:03des inventions
18:03qui sont capitales,
18:05majeures
18:05et dont certaines
18:06sont encore actuelles
18:07aujourd'hui.
18:08D'ailleurs,
18:09vous êtes habillé
18:10à la Gauloise.
18:11Vous n'avez pas
18:14une clamide
18:15qui est un pauvre
18:17rectangle du tissu.
18:18Peut-être que
18:19quand on est
18:20dans l'itoulatrie grecque
18:21et qu'on se promène
18:22devant des statues
18:23au Louvre
18:24ou en Grèce,
18:25on trouve que c'est merveilleux.
18:27c'est qu'un rectangle
18:28de tissu.
18:29Vous comprenez
18:30que c'est juste
18:30un rectangle
18:31et vous me dites
18:32que c'est plus évolué
18:34que quelqu'un
18:34qui a pensé
18:35à faire un pantalon,
18:36des chemises,
18:37des beaux vêtements
18:39à capuche,
18:40très pratiques,
18:40très fonctionnels
18:41qui ont les moyens
18:42de couper des tissus
18:44parce que la clamide
18:44c'est un vêtement
18:46qui sort du métier
18:47à tisser.
18:49on ne coupe pas
18:50un vêtement.
18:52Mais pourquoi ?
18:52Peut-être parce qu'on n'a pas
18:53les moyens de le faire.
18:54Il faut avoir des moyens
18:55pour couper un vêtement.
18:57On va avoir des chutes.
18:58Je voudrais revenir
19:00au peuple d'inventeurs.
19:01Vous dites que c'est plus sage
19:02de construire une maison
19:04en pierre
19:04parce qu'on n'en a pas besoin
19:05et que la paille
19:05et le torchis suffit
19:06et c'est assez solide.
19:07À moins qu'il y ait aussi
19:07un système de valeurs
19:09qu'ils aient les moyens
19:10mathématiques
19:12et architecturaux
19:13de les faire.
19:14Ils les avaient.
19:16Ils l'avaient.
19:16C'est un chapitre
19:18sur la question
19:18de l'intelligence
19:19chez les Gaulois.
19:21Mais ce qui est très important
19:22c'est que
19:23c'est un système de valeurs
19:25qui a fait qu'on ne produit
19:26pas en pierre.
19:27D'ailleurs,
19:28ils ont commencé
19:28à le faire un peu
19:29au IVe siècle
19:29puis on a arrêté de suite.
19:30Pourquoi ?
19:30Parce qu'il n'y a pas
19:31d'économie de la pierre
19:33sans esclavage.
19:34Il faut une économie
19:35de l'esclavage
19:35pour avoir une économie
19:36de la pierre.
19:37D'accord.
19:38Vous ne trouvez pas
19:40de grands édifices
19:42monumentaux,
19:43je parle de grands édifices
19:45monumentaux
19:45dans le monde
19:46entier
19:48avant les cathédrales
19:49qui n'étaient construits
19:51sans esclaves.
19:51Les cathédrales
19:52sont les premiers
19:53grands édifices
19:54je parle de grands
19:54édifices monumentaux
19:55où les esclaves
19:57n'ont pas
19:58où on n'a pas fait
20:00sur les esclaves.
20:02Or, il se trouve
20:03qu'il y a un système
20:03de valeurs incroyable
20:04chez les Gaulois.
20:05On a le souci
20:06que le plus petit
20:07ne soit jamais victime
20:09de la violence
20:09du plus fort.
20:10Ça, c'est César
20:11qui nous le rapporte.
20:14Et on a aussi,
20:16on sait
20:17qu'ils sont capables
20:18d'aller se projeter
20:19chez les voisins
20:20pour faire
20:21des arbitrages
20:23quand les voisins
20:24ont été
20:25heurtés
20:27ou victimes
20:28de leur entourage.
20:31Très vite,
20:32je voudrais
20:32trois inventions
20:33gauloises
20:34qui vous paraissent
20:35les plus importantes.
20:36Sans les développer.
20:41La Côte de Maille.
20:42La Côte de Maille.
20:43La Côte de Maille.
20:43Deux mille ans d'histoire.
20:44Côte de Maille.
20:47Tout le monde agricole.
20:48Oui.
20:49Tout le monde agricole.
20:50Tous les outils
20:50que vous avez
20:51chez votre marchand
20:53d'outils
20:53de bricolage
20:54et de jardinage.
20:56Et de travail du bois
20:57ont reçu
20:58leur forme définitive
20:58chez les Gaulois.
20:59Chez les Gaulois.
20:59À cause de leur maîtrise
21:01du fer
21:01qui était supérieure
21:02à tous ceux
21:02qui étaient autour d'eux.
21:04Et je vais finir
21:05par la plus importante
21:05que le tonneau.
21:06Alors le tonneau,
21:07c'est en étude,
21:08vous voyez.
21:08Surtout que...
21:09Alors le tonneau...
21:10Mais ils inventaient
21:12l'âge chaud,
21:13ils inventaient
21:13en agriculture,
21:15ils inventaient
21:15une moissonneuse.
21:16Il faudra attendre
21:17l'ère moderne
21:17pour qu'on ait une moissonneuse.
21:18Le fer à cheval,
21:19c'est une révolution colossale.
21:20Le fer à cheval,
21:21on était avec des hippos sandales,
21:22avec des lanières de cuir,
21:23vous imaginez.
21:24Donc ils vont révolutionner
21:25le monde du transport
21:26avec les chars,
21:27des chars exceptionnels,
21:28avec des routes.
21:29On n'a pas entendu
21:30les Romains
21:30pour avoir des routes.
21:32Un convoi d'étain
21:34fait, comment dire,
21:34la Normandie
21:35jusqu'à Marseille
21:36en 30 jours.
21:37Il avance
21:37à la vitesse des chevaux
21:38et pas à la vitesse des routes.
21:40Il n'est pas limité.
21:41Donc si vous voulez,
21:42c'est un peuple...
21:42Je fais toute la liste
21:43des inventions
21:44qui sont prodigieuses
21:45dans le monde de l'industrie,
21:46dans le monde de l'agriculture,
21:47dans le monde du...
21:48Comment dire ?
21:49Des vêtements
21:49et dans tous les domaines.
21:53Et on savait,
21:54on sait aussi
21:54qu'ils étaient très forts
21:55en médecine,
21:56en pharmacopée,
21:57pour les poisons aussi
21:59et pour beaucoup d'autres choses.
22:00Alors, vous écoutez,
22:01on ne risque pas
22:02de remplacer finalement
22:02la caricature du Gaulois
22:04primitif
22:04par sa caricature inverse,
22:06celle d'une civilisation
22:07presque parfaite,
22:09idyllique.
22:09Oui, ça...
22:10Les Romains...
22:11On va faire ça.
22:11Un peu médioc.
22:12Nous allons faire ça.
22:13Ça, c'est le mythe fondateur.
22:15C'est-à-dire qu'un mythe fondateur,
22:16c'est une fable.
22:17Non, ça, on en parle à la fin.
22:19D'accord.
22:19On en parle à la fin.
22:20Alors, nous...
22:21En fait,
22:23comment dire...
22:24Moi, mon souci,
22:26mon sujet,
22:26c'est la concorde.
22:28Bien sûr.
22:29La France et les Français.
22:30Ce n'est pas la thèse d'histoire.
22:32Alors,
22:33n'obstant,
22:34les sources grecques et romaines
22:35restent quand même
22:37nos...
22:37Enfin, les auteurs grecs et romains
22:38restent nos principales sources écrites
22:40et vous les jugez profondément partiels.
22:43Alors, comment on peut les utiliser
22:45sans les croire naïvement
22:46ni, quand même,
22:47il ne faut pas exagérer,
22:48les récuser totalement en bloc ?
22:49Alors,
22:52là, il faut être un peu malin
22:54de ce qui se passe
22:55dans les systèmes
22:57en matière de pouvoir.
23:01Les propagandes romaines,
23:02c'est très intéressant,
23:03pour comprendre ce que sont les Gaulois,
23:05il faut savoir
23:05de quoi elles parlent,
23:06ces propagandes.
23:08Or, elles ne parlent pas
23:08de ces choses-là,
23:10les sujets dont elles parlent,
23:11ce n'est pas des sujets anodins.
23:14Ça, c'est une première chose.
23:15Et donc, on vient souvent casser
23:16par ces propagandes répétées
23:18des choses qui sont très importantes
23:20et qui, justement,
23:21viennent, comment dire,
23:23salir ce qui, pourtant,
23:25pourrait être une valeur.
23:26Aujourd'hui, si on veut faire,
23:28comment dire,
23:29un travail de sape,
23:30on va venir attaquer
23:33ce que sont vraiment
23:35les succès et les valeurs
23:37de quelqu'un.
23:37On ne va pas attaquer quelqu'un
23:39sur des choses qui sont anodines.
23:41Il y a un autre facteur
23:42qui est intéressant,
23:43c'est l'inversion accusatoire.
23:44Alors ça, ça nous renseigne
23:44beaucoup plus sur les Romains.
23:46Souvent, les choses
23:48qu'on va projeter sur les Gaulois,
23:49en fait, on s'aperçoit
23:51que les Romains parlent d'eux-mêmes.
23:53Et donc là,
23:54on n'est plus du tout
23:55dans l'histoire,
23:56on est dans lire entre les lignes
23:58quand quelqu'un vous parle.
24:00Et donc,
24:02quand les Romains nous parlent
24:03des Gaulois,
24:04ils disent peu de choses,
24:05ils disent cinq choses, en fait.
24:08Si on veut regarder
24:10la propagande
24:11sur les Gaulois
24:11de ces derniers siècles,
24:13finalement,
24:13il y a cinq grands points
24:14qui nous renseignent.
24:17L'élégance,
24:18on dit qu'ils étaient laids,
24:20on dit qu'ils étaient faibles,
24:21on dit qu'ils étaient pas intelligents.
24:23En fait,
24:23on ne dit pas
24:24qu'ils étaient pas intelligents,
24:25on dit
24:26les Grecs, eux,
24:27étaient intelligents.
24:28Si on ne parle pas
24:29de leur inventivité,
24:30on dit les Romains, eux,
24:31étaient inventifs.
24:33Et si on parle de la Gaule,
24:35un pays de sombre forêt
24:37où il n'y avait pas de cité.
24:38Et vous voyez que ces cinq points,
24:40eh bien, en réalité,
24:42on s'en contente
24:43et on répète cela.
24:44Et ça suffit
24:45à faire une propagande.
24:46Et en réalité,
24:47ces cinq points,
24:47il faut les démonter.
24:48Il faut aussi aller plus loin,
24:49il faut sortir
24:50de ce cadre-là,
24:52mais il faut démonter
24:53ces sept points
24:53et, en tout cas,
24:54les interroger.
24:56Quid de l'intelligence
24:58chez les Gaulois ?
24:59Ah tiens, c'est intéressant,
25:00on nous dit,
25:02au IIIe siècle,
25:03les Grecs s'interrogent
25:04sur cette question,
25:04mais comment,
25:06d'où vient la philosophie ?
25:07Qui a inventé la philosophie ?
25:08Alors, quel dieu ?
25:09Ce serait là.
25:10Mais, en tout cas,
25:10on remonte à Pythagore.
25:11Ce serait Pythagore.
25:12Puis après, il dit,
25:13ah non, en fait,
25:14en réalité,
25:15il y avait déjà
25:16la philosophie
25:17chez les Hyperboréens.
25:19Et les Hyperboréens,
25:21dans la géographie grecque,
25:23c'est ceux qui sont
25:24à l'ouest,
25:25à l'ouest et nord-ouest.
25:27Donc, c'est actuellement
25:29France Nord et Allemagne.
25:31et donc,
25:32c'est eux
25:32qui seraient
25:33les inventeurs
25:33de la philosophie.
25:34Quand on regarde
25:35tout ce qu'on dit
25:36sur les Druides
25:36et sur les Gaulois
25:39et la philosophie
25:40et la vie de l'intelligence,
25:42on se dit,
25:42mais il faut interagir.
25:44Et s'il n'y avait pas,
25:45malgré ce qu'on dit,
25:47est-ce qu'il n'y aurait pas
25:47une grande civilisation gauloise
25:48qui serait merveilleuse,
25:49digne de fierté,
25:50digne d'intérêt
25:51et qui aurait été,
25:52à ce moment-là,
25:54supérieure aux Romains ?
25:55Je voulais en venir
25:56parce que vous dites quand même
25:57que la Gaule
25:58était une mosaïque de peuples,
26:00voire jaloux
26:01quand même
26:01de leur indépendance.
26:03Donc,
26:03qu'est-ce qui permet
26:03de parler
26:04d'une civilisation gauloise
26:06commune ?
26:07Bon,
26:08on a l'organisation druidique
26:11dont il faut bien dire
26:12on ne sait pas grand-chose
26:12parce que rien n'a jamais été écrit.
26:15Alors,
26:16il y a quelques témoignages,
26:17César en parle un petit peu.
26:19Mais est-ce que ces habitants
26:20avaient vraiment conscience
26:22d'appartenir
26:23à un même ensemble
26:26est-ce que c'est
26:27une réalité
26:28ou c'est juste
26:29une construction de César
26:30et des historiens ?
26:32L'ensemble du peuple
26:34comme aujourd'hui,
26:36ce n'est pas sûr.
26:38Mais il s'est affédéré quand même.
26:39Il y avait tout de même
26:40en Gaule
26:41des choses
26:42qui semblent faire unité.
26:45D'abord,
26:46vous l'avez dit,
26:46il y a la question druidique.
26:47C'est-à-dire que les druidiques
26:48sont des personnages
26:49qui sont des sages,
26:50des espèces de stars aussi,
26:52mais qui ont aussi
26:53des fonctions politiques
26:54très importantes,
26:55mais qui sont aussi
26:57des gens
26:57qui ont une organisation
26:59au niveau
27:00de l'ensemble des Gaules.
27:02Il y a le langage.
27:05César
27:08se déplace en Gaule
27:09avec un seul interprète.
27:11Donc,
27:12il y a des dialectes,
27:12il y a des adaptations,
27:13mais il y a aussi
27:14un langage commun.
27:15Il y a une organisation
27:15druidique commune,
27:17donc politique,
27:17parce que les druides,
27:18c'est aussi un contre-pouvoir.
27:19Ce n'est pas seulement
27:19qu'une caste
27:20d'élite intellectuelle,
27:22c'est aussi un contre-pouvoir.
27:23Donc,
27:24il y a une forme d'unité.
27:25Et puis aussi,
27:25on peut le faire
27:26l'alvéant de masse.
27:27En l'alvéant de masse,
27:28les druides peuvent convoquer
27:30une levée générale des armées
27:32auquel,
27:32à ce moment-là,
27:33on est obligé
27:35de se rendre.
27:37Ce sera le cas,
27:38par exemple,
27:38à Alésia.
27:39Après,
27:39on peut décider
27:40de ne pas se battre,
27:41de ne pas bien se battre.
27:43Mais ça,
27:44c'est une autre question,
27:44on peut trahir.
27:45Mais en tout cas,
27:46on est obligé d'obéir.
27:47Donc,
27:47il y a déjà
27:47une forme d'unité.
27:49Ce n'est pas un monde
27:51centralisé,
27:51la Gaule.
27:52On n'est pas en France
27:52aujourd'hui.
27:53Mais il y a quelque chose
27:54qui crée l'unité
27:55dans la diversité
27:58en Gaule.
27:58Il y a des peuples
27:59qui sont différents,
28:01mais avec des choses
28:01qui sont communes.
28:02Et surtout,
28:03il y a une organisation
28:04en commune aussi,
28:05sans être centralisée.
28:06D'ailleurs,
28:07c'est vrai que vous relevez
28:08quand même une vingtaine
28:09de permanences
28:09entre les Gaulois
28:10et la France d'aujourd'hui.
28:11Parce que je voudrais
28:11qu'on arrive des Gaulois
28:12aux Français d'aujourd'hui.
28:14Donc,
28:14on a parlé de l'élégance,
28:17de l'éloquence.
28:19Donc,
28:20comment est-ce qu'on peut
28:21démontrer qu'il s'agit
28:22d'une filiation
28:23et non pas finalement
28:24de ressemblance
28:26d'après-coup ?
28:26Ah oui.
28:27Alors ça,
28:27c'est très intéressant
28:28parce qu'en fait,
28:32tout d'abord,
28:33il ne faut pas chercher
28:34cette filiation
28:34sur le plan ethnique
28:35parce que vous rentrez
28:36dans quelque chose
28:37de très compliqué
28:37et vous n'allez pas
28:38vous en sortir.
28:39Par contre,
28:39on peut observer
28:40que comportementalement,
28:42il y a des spécificités
28:44gauloises
28:44qu'on ne trouve pas ailleurs
28:46qui,
28:48curieusement,
28:48sont encore aujourd'hui
28:49dans cette partie du monde
28:50qu'est la France actuelle,
28:52mais pas seulement aussi,
28:54eh bien,
28:55des spécificités
28:56de la France.
28:57Des choses,
28:59voilà,
28:59des origines gauloises
29:00qui sont restées
29:01des origines
29:01dans cette partie du monde
29:02qu'est la France.
29:03et donc,
29:04je n'établis pas
29:05une filiation
29:05ni ethnique
29:06ni politique
29:09avec le Gaulois,
29:10mais une filiation
29:11d'âme de la France,
29:13une filiation
29:13de comportement
29:15et de manière d'être,
29:16de manière de penser,
29:18de manière de vivre aussi.
29:20Alors après,
29:20il faut se demander
29:21d'où cela vient.
29:22Alors,
29:22je consacre un chapitre
29:24sur la géographie
29:24parce que je pense
29:25que la géographie
29:25va jouer un rôle
29:26très important,
29:27pas seulement la géographie,
29:28mais la géographie
29:28joue un rôle prépondérant.
29:30Et dans cette même géographie,
29:33eh bien,
29:33on observe
29:33une permanence
29:35de choses quand même
29:35assez curieuses.
29:37De mémoire géographique.
29:39De mémoire géographique.
29:41Et je pense que,
29:44j'ai la conviction
29:45que vous vous prendriez
29:46la France.
29:47Vous demandez
29:48à tous les Français
29:48de partir.
29:49Vous mettez
29:4960 millions de Chinois
29:52et dans trois générations,
29:54vous avez des gens
29:55qui accorderont
29:57un sens à l'élégance
29:59et à l'harmonie.
30:00qui chercheront
30:00à rendre le temps plaisant,
30:02l'espace plaisant,
30:04qui seront les champions
30:06du monde de la grève,
30:07du débat pour rien,
30:10qui retrouveront
30:11les caractères
30:11de ce qu'est la France.
30:13Ce sera moins affirmé
30:17aujourd'hui
30:17que si on avait
30:18fait cette même expérience,
30:19par exemple,
30:19au XVIIe siècle,
30:20parce qu'entre-temps,
30:20il y a eu
30:21la révélation industrielle,
30:22qui a changé
30:23la géographie,
30:25qui a changé
30:27le privilège géographique
30:28de la France.
30:29Parce que jusqu'à présent,
30:30la France avait des privilèges
30:31qui se sont atténués
30:32grâce à la modernité.
30:34Personne n'aurait pu imaginer
30:35que l'Espagne du Sud
30:39invente la plastique vallée
30:40et vienne inonder l'Europe
30:43de ses tomates
30:44et de ses légumes
30:46parce que c'est impensable.
30:48La modernité,
30:49l'industrie,
30:50permet ça aujourd'hui.
30:51On peut mettre
30:51des climatisations
30:52et puis on peut chauffer
30:52l'hiver.
30:53Donc on a perdu
30:54un avantage
30:54que nous avions ici.
30:55et cet avantage
30:56nous conditionnait,
30:58donner une forme
30:59d'élection,
30:59une élection de la terre,
31:01une élection
31:01de son sentiment
31:02de privilège.
31:03Ce qui pouvait rendre
31:04les Français
31:05parfois un peu arrogants.
31:06Avant d'arriver
31:07au mythe fondateur,
31:08je vais revenir
31:09à ces racines
31:10ou ces sources,
31:12comme disent
31:13certains historiens.
31:16Vous parlez
31:16des racines gauloises
31:17comme nos seules
31:19vraies racines
31:20civilisationnelles.
31:21Qu'est-ce que vous faites
31:21finalement des apports
31:22romains,
31:24des apports francs ?
31:24J'en fais des apports.
31:25Des apports chrétiens.
31:27Est-ce que ce n'est pas
31:28finalement réduire
31:29ce que la France
31:30doit à la romanisation
31:31et au christianisme ?
31:33Non.
31:33Il faut les mettre
31:34à leur juste place.
31:35C'est des apports.
31:37La France,
31:38cette partie du monde,
31:40c'était des...
31:41Comment dire ?
31:43Au premier millénaire,
31:47cette partie du monde
31:48était déjà
31:48la Chine de l'Europe.
31:50C'était déjà
31:50l'endroit
31:51où il y avait
31:51les populations
31:53la plus importante
31:55sur le territoire
31:56de la France actuelle.
31:58Et tout d'un coup,
31:59il y a eu un apport.
31:59Les Celtes
32:00qui viennent,
32:01viennent apporter
32:02beaucoup en matière
32:03d'industrie.
32:04Ça va jouer un rôle
32:05très important
32:05parce qu'à ce moment-là,
32:07ça va rendre possible
32:08ce que l'âme de la France
32:12portait en elle.
32:14Donc,
32:14l'apport celte,
32:15mais il y a eu
32:15l'apport romain,
32:17il y a eu l'apport grec,
32:18il y a eu l'apport chrétien,
32:19il y a eu
32:20tout un tas
32:22d'apports
32:23culturels
32:24très importants.
32:27Ce qui est très important,
32:29c'est que
32:29c'est des apports.
32:31Ce n'est pas ça
32:34qui fait
32:34l'âme de la France.
32:35Quand les Francs
32:36arrivent,
32:37c'est 50 000 personnes
32:38dont 48 000
32:40sont
32:41pour le coup
32:42des guerriers
32:44barbares
32:45et barrières.
32:47Et ce n'est pas eux
32:48qui ont fait
32:49la France.
32:51Ces pauvres 50 000 francs,
32:52quand ils arrivent
32:53en France,
32:54il y a quasiment
32:5511 millions de personnes.
32:58On vous a digéré,
33:00messieurs les francs.
33:01Comment on a digéré
33:03le christianisme ?
33:04Après,
33:04on peut se poser
33:05des questions plus subtiles.
33:06Qu'est-ce qui fait
33:07que le christianisme
33:08soit ici
33:10venu
33:11se digérer
33:12au point de produire
33:14sa quintessence
33:15un peu plus tard
33:15au point que
33:16cette partie du monde
33:17devienne la fille
33:18ni l'Église ?
33:19Quel est le terreau
33:21qu'est la France
33:21qui a fait
33:22que le christianisme
33:23a pris cette couleur
33:24si particulière
33:25dans cette partie du monde
33:26et a atteint
33:28peut-être
33:28sa plus noble expression
33:32et sa plus grande sagesse ?
33:33Éventuellement,
33:35l'objet d'un nouveau livre.
33:37Alors justement,
33:37on va revenir au livre
33:38parce que le cœur du livre,
33:39finalement,
33:40ce n'est pas
33:40l'histoire des Gaulards.
33:41Pour ça,
33:41il y a des historiens
33:43qui ont écrit
33:44des choses
33:44plus étoffées.
33:46mais c'est aussi
33:47la puissance
33:47que vous attribuez
33:48au mythe fondateur.
33:51Alors,
33:51pourquoi est-ce
33:52qu'une nation moderne,
33:53finalement,
33:53à l'heure de la mondialisation,
33:55aurait-elle encore besoin
33:56d'un récit
33:57de ces types ?
33:59Et je voudrais parler,
33:59vous annoncez
34:00sept conditions
34:01d'efficacité
34:01d'un mythe fondateur
34:04et vous en concluez
34:05que ni Clovis,
34:06ni la Révolution,
34:08ni le récit européen
34:09ne peuvent tenir ce rôle.
34:12Donc,
34:12quelles sont
34:13ces sept conditions
34:15pour établir
34:16un mythe fondateur
34:17et comment les Gaulois
34:19peuvent s'inscrire ?
34:20Alors,
34:20je reviens
34:21sur la première question
34:23qui était
34:23sur le mythe fondateur.
34:28Pour bien remplacer
34:29les choses,
34:30il y a beaucoup
34:31de choses à faire
34:31en termes de mental
34:33pour les Français,
34:33c'est une des choses
34:34à faire.
34:36Ce n'est pas
34:37la seule chose.
34:38Mais un mythe fondateur,
34:41pourquoi on en a besoin ?
34:43Parce qu'un mythe fondateur,
34:48c'est quelque chose
34:49qui réalise,
34:51qui a des effets.
34:52Comme je l'ai dit tout à l'heure,
34:53malgré vous.
34:55Or,
34:55ce qu'il réalise,
34:56c'est 15 grands effets
34:57que je...
34:58Quand on creuse,
34:59il a fallu faire des choix,
34:59je n'ai pas tout mis
35:00parce qu'après,
35:00ça a devenu trop subtil,
35:01il fallait aussi employer
35:02un gage trop technique.
35:04Mais ces 15 grands effets,
35:06ce sont des effets
35:07dont on a bien besoin
35:08aujourd'hui.
35:09Quand un chef d'entreprise,
35:11à l'occasion
35:12d'une grande convention,
35:13raconte le mythe fondateur,
35:16tout d'un coup,
35:17il sort des chiffres,
35:19il sort du précis
35:20et on rentre
35:22dans la fable,
35:23dans l'humain.
35:24Il raconte quelque chose
35:25qui est quasiment
35:26su par cœur,
35:27qu'on connaît par cœur,
35:28que ça a déjà été répété,
35:29on l'a déjà entendu
35:29déjà lors de la dernière convention,
35:30mais ce n'est pas grave.
35:31On aime bien l'entendre.
35:33Oui,
35:33il se passe quelque chose.
35:34Ça devient
35:35le langage du cœur,
35:37le langage de l'enfant.
35:38Ça devient
35:39le langage des valeurs aussi.
35:41On dit,
35:41voilà,
35:42quand on a lancé l'entreprise,
35:43eh bien,
35:44il y a une chose qui comptait.
35:45On s'était dit,
35:46sans arrêt,
35:46on innove.
35:47on remet tout en tout
35:48en question.
35:49Et donc,
35:50on raconte
35:51cette belle histoire
35:53et cette histoire,
35:54eh bien,
35:56elle nous fait redescendre
35:58du mental
35:59pour aller vers quelque chose
36:00qui est plus de l'ordre
36:01des tripes
36:02et peut-être de l'ordre
36:03du cœur
36:03et on rentre
36:05dans le monde du conte
36:05et des émotions
36:06du conte.
36:09Et donc,
36:09qu'est-ce qui se passe
36:10à ce moment-là ?
36:10Eh bien,
36:11on va faire communier
36:12l'ensemble
36:12aux mêmes émotions.
36:13C'est-à-dire que tout d'un coup,
36:15on n'est pas dans un chiffre.
36:16Ah oui,
36:16très bien,
36:17on lui a donné tel chiffre.
36:18Oui,
36:19ok,
36:19mais moi,
36:19je sais ce chiffre,
36:20comment il était construit.
36:20Chacun est dans ses réflexions.
36:24Là,
36:24tout d'un coup,
36:25on communie
36:26aux mêmes émotions.
36:26Donc,
36:26quand vous produisez
36:27un mythe fondateur,
36:28quand vous le répétez,
36:30c'est un moment
36:30qui est plaisant.
36:31C'est un moment assez joyeux.
36:32C'est jamais triste
36:33un mythe fondateur.
36:34C'est un moment facile,
36:35c'est un moment heureux
36:37et on peut se réunir.
36:38Même si vous êtes
36:38très intelligent,
36:40vous pouvez communier
36:40avec celui qui,
36:42lui,
36:43il n'est pas dans le mental,
36:43dans l'intellect,
36:44lui,
36:44dans la vraie vie
36:45et dans le vrai bon sens.
36:47Il peut communier
36:48avec l'expert.
36:49Et donc,
36:50c'est un moment
36:50où il se passe des choses,
36:52où il se produit
36:52plein de choses.
36:53Un mythe fondateur,
36:55quand vous le racontez,
36:55il se passe plein de choses.
36:56Vous pensez que
36:57le bataille de Clovis
36:58et la fête de la fédération,
36:59ça peut...
37:00Non,
37:00parce que le bataille de Clovis,
37:02il y a une condition...
37:03C'est la fête de la fédération.
37:04Alors,
37:04encore moins.
37:05Alors d'abord,
37:06là,
37:07on vient à la question
37:07des conditions.
37:08Un mythe fondateur...
37:09Et justement,
37:10donnez-nous les conditions.
37:12En fait,
37:14le mythe fondateur
37:15de,
37:16comment dire,
37:17d'Effran,
37:17de Clovis,
37:18il fonctionne.
37:20Il a quasiment
37:21les conditions.
37:22Mais pour des élites
37:24chrétiennes.
37:27Pas pour l'ensemble.
37:29Donc,
37:29il a...
37:30Il lui manque
37:30une condition
37:31qui est très importante,
37:32c'est que le mythe fondateur,
37:33pour fonctionner,
37:34il doit fonctionner
37:34pour tout le monde.
37:36Quand...
37:36Si le chef d'entreprise,
37:37quand il raconte
37:38son mythe fondateur,
37:38si le sportif,
37:39quand il se remémore
37:40le début de son aventure,
37:42eh bien,
37:42le mythe,
37:43il est fait que pour
37:44une partie du système.
37:45Vous ne créerez pas l'unité.
37:47Un mythe fondateur,
37:48ça doit inclure
37:49l'ensemble de l'entité
37:51à laquelle se rapporte.
37:54Donc,
37:55le mythe fondateur,
37:56c'est...
37:57De Clovis,
37:59ça sert...
37:59Alors moi,
38:00je suis plutôt d'origine...
38:02Je suis plutôt chrétien,
38:03donc quelque part,
38:04je ne suis pas vexé
38:05qu'on me parle
38:06du baptême de Clovis.
38:08Je trouve ça sympa,
38:10ça me plaît.
38:12Mais tout le monde
38:12n'est pas chrétien.
38:14Mais en ce moment...
38:15Et pour ça,
38:15on a la fête
38:15de la fédération,
38:16éventuellement.
38:17Oui,
38:17mais la fête
38:17de la fédération,
38:18un autre problème,
38:19c'est que...
38:21Vous pouvez lui dire,
38:22mais on existait
38:23avant vous.
38:25Parce que,
38:26on touche
38:26à une autre condition,
38:27ça ne remonte pas
38:28au début absolu.
38:30Un mythe fondateur,
38:31c'est le point de départ.
38:32Vous allez enfin
38:33me donner
38:33les saines conditions.
38:34Ah oui,
38:34je les donne.
38:35Non,
38:35mais je les ai notées,
38:35donc je ferai plus facile.
38:36Il y a l'origine absolue.
38:38Alors premièrement,
38:38il faut que ce soit
38:39le point de départ.
38:40Quand les Américains
38:41ont leur mythe fondateur,
38:43on parle du tout début,
38:44c'est le Péluins
38:44qui arrive
38:45et qui crée.
38:47Donc c'est le point
38:48de départ absolu.
38:48On ne peut pas remonter.
38:50Ça,
38:50c'est très important.
38:51Sinon,
38:51il n'y a pas
38:51de mythe fondateur.
38:52C'est très important,
38:53il faut aussi
38:54que ce soit lointain.
38:55Un passé
38:55le plus lointain possible.
38:56Oui,
38:56pourquoi ?
38:57Parce que sinon,
38:58le risque,
38:59c'est qu'on ait
39:02trop de proximité
39:03et qu'on puisse
39:06le critiquer
39:07et entrer
39:08dans des détails.
39:09Il faut que ça nous échappe
39:10un peu.
39:10Oui,
39:11c'est ça.
39:11C'est effectivement
39:12une fable lointaine.
39:16Après,
39:16il faut que ce mythe fondateur,
39:17ça nous concerne nous
39:18et pas les autres.
39:20l'exclusivité
39:20à la communauté.
39:21Oui,
39:21parce que,
39:22comment dire,
39:23me dire qu'on vient
39:24des Romains,
39:26vous dites ça à Romains
39:27et vous regardez,
39:28mais enfin,
39:29t'es qui pour prétendre
39:29que mes origines à moi,
39:31qui sont bien mes origines à moi,
39:32soient les tiennes ?
39:33Mais non,
39:33vous,
39:34on vous envahisse.
39:35Vous voyez,
39:37le mythe fondateur
39:39de la France
39:40doit marcher
39:41pour la France,
39:43pour toute la France
39:43et pas pour les autres.
39:44Sinon,
39:45c'est plus un mythe fondateur.
39:46C'est pour ça
39:46que le mythe fondateur
39:47de l'Europe
39:47n'est pas un mythe fondateur
39:48pour la France.
39:49Alors,
39:49l'inclusion,
39:50c'est intéressant,
39:51l'inclusion
39:51de tous les membres
39:52de la communauté.
39:53Exactement.
39:54Eh bien,
39:55c'est-à-dire que
39:55quand vous prenez
39:57le XIXe siècle
39:58qui crée un mythe fondateur
39:59le fixant autour
40:01de Rome
40:01et de la Grèce,
40:03il crée un mythe fondateur
40:04pour les élites
40:05avec Rome
40:06intellectuelle,
40:07pardon,
40:07les élites administratives
40:08et politiques
40:08et avec la Grèce
40:10pour les élites intellectuelles,
40:11mais pas pour le peuple.
40:13Et quand il dit,
40:14il donne...
40:14Au XIXe siècle,
40:16on parle des Gaulois.
40:17Oui,
40:18mais c'est un...
40:18Il faut aller au bout de...
40:20On parle des Gaulois
40:21en fait pour les dénigrer,
40:25pour dire
40:26nous sommes d'origine gauloise.
40:28Vous voyez la tête
40:28de la statue de Vercingétorix.
40:31Alors,
40:31il faut se demander
40:31pourquoi on a eu...
40:33non,
40:33mais voilà,
40:33c'est Napoléon III.
40:34Non,
40:35mais c'est très important
40:35cette question.
40:36Oui,
40:37on va,
40:38cette fois-ci,
40:38et tant mieux,
40:39c'est une avancée.
40:40Une avancée,
40:40d'accord.
40:41On reconnaît au peuple
40:42des origines gauloises,
40:42mais qui va devenir bien,
40:46c'est-à-dire qui va s'accomplir
40:48quand on l'aura romanisé,
40:51civilisé,
40:52de la même manière
40:53que ce peuple
40:54hérité de l'Ancien Régime,
40:55avec la propagande actuelle
40:57au cerveau lavé
40:59par 2000 ans de chrétienté
41:01et puis asservi
41:03par l'Ancien Régime,
41:05eh bien,
41:06ce peuple-là,
41:07Gaulois,
41:08eh bien,
41:08il va le devenir civilisé
41:10grâce à la République.
41:11Donc,
41:12on vous dit
41:12que vous êtes Gaulois,
41:13mais c'est pour qu'un jour
41:14on vous en sorte.
41:15Donc,
41:16ce n'est pas fait du tout
41:17pour vous reconnaître
41:18des origines,
41:18en réalité,
41:19dont vous pouvez être fier.
41:21C'est des origines
41:23dont il va falloir apprendre
41:25à se passer.
41:26Donc,
41:26c'est une avancée
41:27parce qu'au moins,
41:28il y a origine,
41:30mais il va falloir
41:31aller plus loin.
41:32Et un siècle aussi.
41:32L'inclusion de tous les membres
41:33de la communauté,
41:34donc ça inclut,
41:35on n'en parle pas là,
41:36c'est un peu inclure
41:37les nouveaux de la communauté.
41:38Il y a toujours eu du nouveau.
41:41Pas toujours autant
41:42qu'on le dit,
41:42mais il y a toujours eu
41:43des nouveaux.
41:44Et là,
41:45il y a des nouveaux
41:46actuellement en France.
41:47Vous savez,
41:48moi,
41:48j'observe aujourd'hui
41:49chez les gens
41:50de l'immigration récente
41:55du Maghreb
41:56et même subsaharienne.
41:58vous avez des gens
41:59qui arrivent en France
42:01et qui ont des valeurs
42:03extrêmement françaises
42:04et ils les incarnent
42:05dans leur comportement.
42:06Alors,
42:06on retrouve encore
42:08de leur comportement
42:09d'origine parfois,
42:11un peu toujours,
42:11mais en tout cas,
42:12vous avez des gens
42:12qui incarnent
42:13dans leur comportement.
42:14Même s'ils ne disent pas
42:16nos ancêtres les Gaulois,
42:17en fait,
42:17ils ne savent pas
42:18qu'ils sont Gaulois
42:19ou qu'ils sont Français,
42:20mais qu'en tout cas,
42:21leurs comportements
42:22ne sont clairement pas
42:23Togolais
42:23ou clairement pas Algériens.
42:26ils se sont transformés
42:28à force d'habiter ce lieu,
42:30à force de fréquenter
42:31les gens qui y sont
42:33et d'ailleurs,
42:34quand ils reviennent au pays,
42:34on leur fait prendre conscience
42:36qu'ils ne ressemblent plus
42:37tout à fait
42:38à leurs origines.
42:40D'ailleurs,
42:41il y a trois,
42:42on va citer
42:43les trois dernières conditions
42:44rapidement,
42:44la beauté.
42:46Oui.
42:46Ça, ça rapproche peut-être.
42:48C'est quoi la beauté ?
42:48C'est la beauté ?
42:49Il faut que ce soit...
42:50C'est l'harmonie,
42:51on va plutôt dire.
42:52Non,
42:52un mythe fondateur,
42:53ça ne peut pas être laid.
42:54Je ne vais pas vous dire
42:55écoutez,
42:56on a créé notre entreprise,
42:58comment dire,
43:00on avait fait une escroquerie,
43:02on avait réussi
43:03à faire rentrer de l'argent.
43:04Non, non,
43:04un mythe fondateur,
43:05ça part de quelque chose
43:06qui est beau,
43:07agréable à raconter,
43:08accessible.
43:09Il ne faut pas
43:10que ce soit compliqué.
43:11Accessible et des mots d'attention.
43:11Non, parce qu'un mythe fondateur,
43:12ça se divide.
43:13D'ailleurs,
43:13la propagande romaine,
43:14la propagande contre le peuple
43:16et donc contre les Gaulois,
43:18elle se divide
43:18avec cinq points.
43:20La propagande contre le Moyen Âge,
43:21elle se divide
43:22avec cinq points.
43:26Et finalement,
43:28le mythe fondateur de l'Amérique,
43:29il est rapide à raconter,
43:31il est facile,
43:31accessible par tous
43:32et voilà ce que c'est
43:34la structure d'un mythe fondateur.
43:36Une fable légère,
43:37agréable.
43:38Vous proposez,
43:39très rapidement,
43:40nous arrivons au terme
43:41de l'émission,
43:42vous proposez
43:43les noces de Gyptis,
43:44fille du roi
43:45des Cégobriges
43:47et de Protis,
43:48un navigateur grec.
43:50Alors,
43:51racontez-nous
43:51en 30 secondes
43:52le récit
43:52et dites-nous
43:53pourquoi celui-là
43:54peut servir
43:55de mythe fondateur.
43:56Alors,
43:57d'abord,
43:59quel mythe fondateur
43:59va naître
44:00de ces nouveaux débats ?
44:02Je ne sais pas
44:02et j'invite les Français
44:03à participer
44:05et à faire naître
44:06notre mythe fondateur.
44:08On verra
44:08lequel la nature
44:10retient.
44:11Mais,
44:12je me disais
44:13quand même,
44:14c'est quand même curieux
44:15de dire aux gens
44:15il faut qu'on fasse ça
44:16et en même temps
44:16ne rien faire de mon côté.
44:17Donc,
44:18j'ai consacré un chapitre
44:19où en deux temps
44:21je donne un mythe fondateur
44:23en accent sur nos comportements
44:25non pas sur une filiation politique.
44:27Je ne fais pas commencer
44:27la France.
44:28C'est écrit d'une manière
44:28très vivante.
44:29Oui,
44:29je ne fais pas commencer
44:30la France
44:31à du politique
44:32c'est-à-dire à Clovis
44:33ou à un autre politique
44:35c'est-à-dire
44:36comment dire
44:37le mythe
44:38de la révolution française.
44:39Non,
44:39ça c'est du politique.
44:40Moi,
44:40je fais remonter la France
44:42à ce que nous sommes nous
44:43l'âme de la France
44:44indépendamment du politique.
44:45Pardon pour les politiques
44:46si vous vouliez un mythe
44:47que pour vous
44:48mais non,
44:48moi je fais remonter la France
44:49à ce que nous sommes
44:50et la France n'est pas
44:51que du politique.
44:52ce n'est pas que du gouvernement
44:53c'est aussi
44:54beaucoup d'autres choses.
44:55Et donc
44:55j'ai parlé
44:57de ce merveilleux mariage
44:58pourquoi ?
44:59Parce qu'on a
45:00beaucoup d'ingrédients
45:01qui font la France
45:03encore aujourd'hui
45:04et qui sont
45:04et qui nous est reconnus
45:06par les touristes
45:07et par la France.
45:09Donc on a
45:09beaucoup d'ingrédients
45:11et d'abord
45:12c'est une histoire de noces
45:13c'est une histoire d'amour
45:15alors j'explique pourquoi
45:16la France
45:16est le grand pays de l'amour.
45:18On peut refaire le lien
45:19sur la question
45:20de la chrétienté
45:20tout à l'heure.
45:22J'explique aussi
45:23que c'est un moment
45:24de banquet.
45:25Un banquet en Gaule
45:26c'est six mois
45:27de banquet.
45:28Huit mois.
45:29Un an.
45:30On fait un
45:32comment dire
45:33on consacre un grand espace
45:34un peu comme Euro Disney
45:35si vous voulez
45:36et tout d'un coup
45:37ça fait 500 mètres
45:38sur 500 mètres
45:39ou un kilomètre
45:39sur un kilomètre
45:40et pendant un an
45:41c'est le banquet.
45:43Alors il y a un protocole
45:44il y a plein de choses
45:45mais on vient manger gratuitement
45:46et s'exprime
45:47la générosité gauloise
45:48comme il y a une générosité française.
45:49Et donc
45:52on a avec ce mythe
45:53des ingrédients
45:54l'accueil
45:57de l'homme de passage
45:59du voyageur
46:00qui est le grec
46:01et en plus de ça
46:02non seulement on l'accueille
46:03mais en plus
46:03on lui donne les clés
46:04du royaume.
46:06Donc ça
46:06c'est aussi
46:07très français.
46:08Les français
46:09ils aiment bien
46:10vous savez la France
46:11c'est un pays
46:12qui s'est donné
46:13des noms
46:14venant
46:14donnés par des autres.
46:15C'est les romains
46:16qui nous ont appelés gaulois
46:17et c'est les francs
46:19qui ne sont pas des gaulois
46:20et aujourd'hui
46:21on s'appelle français.
46:22Donc la France
46:22ne s'est jamais donnée
46:23à elle-même
46:24son propre nom.
46:25Et la France
46:26elle aime bien
46:27les puissants
46:27quand ils sont ailleurs.
46:29Elle a horreur
46:30des puissants de l'intérieur
46:31et les gaulois
46:31avaient horreur des rois
46:32quand ils duraient
46:33trop longtemps
46:34donc c'était toujours
46:35pour un mandat d'un an
46:36mais la France
46:38aime bien
46:39se chercher
46:39des chefs ailleurs
46:40alors on aime bien
46:41aujourd'hui
46:41se soumettre à l'Europe
46:43se soumettre à l'Amérique
46:45comme on s'est soumis
46:45à l'Allemagne
46:46comme on s'est soumis
46:47assez régulièrement
46:48aux forces de l'extérieur.
46:50Alors on va terminer là-dessus
46:52ce mythe fondateur
46:53comment l'offrir
46:55finalement
46:55à l'heure
46:56du grand remplacement
46:57on l'a évoqué
46:58rapidement tout à l'heure
46:58donc comment offrir
46:59à l'heure du grand remplacement
47:01comme mythe fondateur
47:02nos ancêtres
47:03les gaulois
47:05c'est notre conclusion.
47:06Ah
47:08nous allons avoir besoin
47:09de créer des images
47:10parce que pour l'instant
47:11si je vous dis
47:12un chef gaulois
47:13se présente devant un général
47:15et c'est le gaulois
47:16qui est plus beau
47:17que le général romain
47:18vous avez du mal
47:19à imaginer
47:20que ce soit possible
47:20parce qu'on n'a pas
47:21les images
47:22on a urgentement
47:22besoin de créer d'images
47:23il se trouve qu'on a aussi
47:25le talent de la créativité
47:26en France
47:26et on va avoir
47:27plein de gens
47:28à mon avis
47:28qui vont sortir
47:28plein de choses
47:29l'IA va permettre
47:30plein de choses
47:30peut-être des séries
47:31peut-être l'humour
47:32va jouer beaucoup un rôle
47:33et donc on a besoin
47:35de créer des images
47:36parce que là
47:37on a un vrai problème
47:39et tant qu'on n'aura pas
47:40créé des images
47:41qui nous marquent
47:42sur les gaulois
47:43on ne va pas faciliter
47:44la créativité
47:45le cerveau a besoin
47:46d'images pour fonctionner
47:46donc on a besoin de ça
47:47on a besoin
47:48de transmettre
47:50ces valeurs gauloises
47:52ce que nous étions
47:53que nous soyons fiers
47:54de nos origines gauloises
47:55alors se renseigner
47:56je trouvais que c'était
47:57compliqué de lire
47:58les historiens
48:01sur les gaulois
48:02c'est pour ça que j'ai écrit
48:03ce livre
48:03très pédagogique
48:04très facile
48:04très drôle
48:05et aussi peut-être
48:05revenir à la vulgarisation
48:06exactement
48:07assez drôle par moment
48:08un peu léger aussi
48:10mais qui donne l'essentiel
48:11l'essentiel c'est que nous soyons
48:13fiers de nos origines
48:14pour pouvoir construire
48:15l'avenir
48:15une autre chose
48:16qui est très importante
48:16c'est que quand on parle
48:18d'un mythe fondateur
48:19on ne dit pas seulement
48:21ce que nous étions
48:21les valeurs qui comptaient
48:23mais on dit
48:24quelles sont les valeurs
48:24que nous voulons voir
48:26compter aujourd'hui
48:27et demain
48:28donc un mythe fondateur
48:29nous projette dans le futur
48:30Nicolas Adelange
48:32merci
48:32donc votre livre
48:33découvrons-nous gaulois
48:35le mythe fondateur
48:36du peuple français
48:37alors c'est un livre
48:38qui est auto-édité
48:39c'est un essai auto-édité
48:40donc on le retrouve
48:41finalement
48:42si on tape
48:42dans un moteur de recherche
48:43le titre
48:44il est vendu
48:45sur des grosses
48:46grandes plateformes
48:47et on le reçoit
48:49assez rapidement
48:49c'est
48:50oui oui
48:50en 24h
48:51en 24h
48:52et bien écoutez
48:54merci infiniment
48:55c'était passionnant
48:56et puis pour une émission
48:57de rentrée
48:57ça nous donne
48:58ça nous donne
48:59de l'espoir
48:59exactement
49:00c'était passé présent
49:01l'émission historique
49:03de TVL
49:04réalisée en partenariat
49:06avec la revue
49:06d'histoire européenne
49:07avant de nous quitter
49:08vous n'oubliez pas
49:09bien sûr
49:10de cliquer sur le pouce levé
49:11sous la vidéo
49:12et de vous abonner
49:13à notre chaîne YouTube
49:15merci
49:15et à bientôt
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