- il y a 6 semaines
Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 18h45 avec Olivier Truchot & Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.
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00:00On va revenir à la politique maintenant, parce que c'est devenu une affaire politique ce qui se passe sur
00:05la radio de service public France Inter.
00:07En fait c'est l'arrivée d'un chroniqueur, c'est lui. Il s'appelle Charles Sapin, il est aujourd
00:12'hui à Valeurs Actuelles, on l'a souvent vu sur les plateaux de BFM TV aussi.
00:16Mais son arrivée en tant que journaliste de Valeurs Actuelles le dimanche pour une chronique sur France Inter provoque des
00:22remous.
00:22Des remous notamment du côté des salariés et des journalistes, à tel point qu'il y a eu une assemblée
00:28générale avec peut-être un mouvement de grève qui sera déclenché si jamais la direction ne cède pas.
00:34Voilà ce que dit la motion des salariés de Radio France. Nous exprimons notre refus catégorie de l'attribution d
00:39'une chronique politique au directeur adjoint de Valeurs Actuelles sur France Inter.
00:43Et ils poursuivent ce journal. Valeurs Actuelles n'est pas compatible avec les valeurs humanistes, démocratiques et républicaines que nos
00:49radios de service public ont pour mission de défendre.
00:51Il conclut, le pluralisme ne peut servir de prétexte à la légitimation des discours de haine, condamnables ou condamnés, sur
00:58nos antennes.
00:59Ce à quoi la direction a répondu, le procès fait à Charles Sapin repose sur des intentions supposées, non sur
01:05des faits, des actes ou des chroniques précises.
01:08En reculant, nous enverrions le symbole d'un service public qui décide qui a le droit de parler et qui
01:13retire une voix avant même qu'elle ait parlé.
01:16Voilà le mail qui allait être envoyé aux salariés avec en conclusion, voici pourquoi nous ne pouvons pas céder même
01:21à vous.
01:21On ne condamne personne avant qu'il ait parlé. On ne passe rien après.
01:26Alors après la réaction de la direction de France Inter, les syndicats ont décidé de déposer un préavis de grève.
01:34Il y aura donc grève à Radio France les 13 et 14 septembre.
01:37Donc le bras de fer continue entre la direction et une partie du personnel de Radio France.
01:41Bruno Jeudy, c'est devenu un conflit politique puisque Jean-Luc Mélenchon notamment s'en est mêlé et critique la
01:50présence de Charles Sapin qui doit, rappelons-le, faire une chronique le dimanche à 7h42 de 2 minutes 30 chaque
01:57semaine.
01:57Donc la direction de France Inter est obligée de tenir parce que sinon ça donnerait l'impression de céder à
02:04Jean-Luc Mélenchon ?
02:05Oui, alors je ne sais pas s'il faut voir ça par rapport à Jean-Luc Mélenchon parce que je
02:12ne suis pas sûr qu'il ait son avis à donner sur la programmation de France Inter.
02:21Sur cette affaire, c'est plutôt navrant parce que c'est vrai que je trouve que c'est quand même
02:27un procès qui repose sur beaucoup d'a priori.
02:31Il n'a pas encore commencé une seule chronique. Il est plutôt un journaliste avec qui j'ai débattu si
02:37souvent. Il était dans pas mal de maisons.
02:40Alors effectivement, on lui reproche d'arriver à Valeurs Actuelles. Si j'ai bien compris, il arrive avec une feuille
02:45de route pour recentrer entre guillemets Valeurs Actuelles.
02:49Je ne sais pas s'il le fera, on verra.
02:50Les contestateurs estiment que Valeurs Actuelles est un journal raciste qui a été condamné pour avoir diffamé Daniel Obono et
02:58donc ça le disqualifie pour pouvoir intervenir sur le service public.
03:02Ce qui par ailleurs, Olivier, vous avez raison de le rappeler, est vrai parce qu'il y a eu un
03:05article de l'époque de Geoffroy Lejeune.
03:07Il n'était pas Valeurs Actuelles à l'époque.
03:08Et lui n'était pas de l'époque de Geoffroy Lejeune qui a été condamné.
03:12Et qui est le directeur de Geoffroy Lejeune n'est plus là non plus.
03:14Parfaitement un article à connotation raciste. C'est incontestable.
03:17Mais là, c'est un procès qu'on fait.
03:19Procès d'intention ?
03:20Et je trouve, oui, je trouve que c'est totalement démesuré.
03:24Je ne sais pas s'il y a d'autres problèmes dans la Maison Ronde qui nourrissent peut-être, mais
03:30pour une chronique, 7h42, de 2 minutes, vous le rappeliez.
03:34Là, c'est vraiment, je trouve, c'est beaucoup.
03:36Après, les confrères, ils prennent leur décision dans le cadre de leurs instances et je ne me mêle pas de
03:42ce risque.
03:42Aurélien Saint-Louis, vous êtes d'accord avec...
03:43Je vais juste revenir sur ce que dit Charles.
03:44Avec la grève qui vient d'être déclenchée, vous dites c'est bien, il faut le faire.
03:48Ah bah moi, bravo. D'abord, d'une manière générale, en général, quand les gens se mettent en grève, c
03:52'est qu'ils ont pesé le pour et le contre.
03:54Ils vont perdre du salaire, ils ne le font pas pour rien.
03:55Donc voilà, premier point. Deuxième point.
03:57Donc grève, les 13 et 14 septembre.
03:59J'ai l'impression que cette affaire est la goutte d'eau qui fait des bordels vase quand même, il
04:01faut bien se le dire.
04:03Il y a eu de nombreux signaux avant-coureurs.
04:06Ça fait des années maintenant qu'au sein de Radio France, France Inter en particulier, on a eu une politique
04:12de la direction, en tout cas, à chercher à donner des signaux, à cajoler plus ou moins l'extrême droite.
04:17Mais aussi au sein de France Télévisions et de Radio France.
04:20Oh bah écoutez, je n'ai pas l'impression que c'était très à gauche.
04:23Simplement, comme la gauche n'est jamais entendu nulle part ailleurs, peut-être que vous aviez l'impression que France
04:26Inter était déséquilibrée.
04:31Moi, je ne suis pas le pluraliste, on sait ça très bien, mais c'est mieux qu'on équilibré un
04:34peu.
04:34Là, on parle du service public.
04:37Est-ce qu'il n'y a pas une obligation de pluralisme ?
04:40Mais bien sûr, le pluralisme, ça existe.
04:42Mais vous voyez, le pluralisme, ça ne doit pas conduire, par exemple, à intégrer des éditorialistes d'extrême droite.
04:46Parce que si votre conception du pluralisme…
04:48Charles Sapin, pour vous, est d'extrême droite ?
04:50Oui, monsieur, il est directeur adjoint de Valeurs Actuelles.
04:52Vous savez qui est patron aujourd'hui de Valeurs Actuelles ?
04:55L'actionnaire.
04:57L'actionnaire, le patron, celui qui fixe la ligne, parce que c'est de la presse écrite, donc là, l
05:01'actionnaire fixe la ligne, vous le savez, c'est Pierre-Edouard Steyrin.
05:05Monsieur Steyrin, il a quand même officialisé une stratégie de propagation, de thèse de l'extrême droite, etc.
05:14Donc, monsieur Sapin, qui arrive comme ça, directeur adjoint de Valeurs Actuelles, il sait très bien où il a mis
05:18les pieds.
05:18Il n'a pas découvert comme ça qu'il allait travailler pour l'extrême droite.
05:21Pourquoi ce courant politique ne serait pas représenté dans l'extrême droite ?
05:22Mais parce que l'extrême droite n'est pas républicaine.
05:24Elle est à l'Assemblée nationale.
05:25Mais d'accord, je vois bien que pour l'instant, elle est autorisée.
05:29Mais moi, je vous le dis.
05:30Mais vous n'êtes pas le patron de Radio France.
05:31Mais non, je ne suis pas le patron de Radio France, mais j'apporte mon plein soutien à ceux qui
05:35partagent cette conviction.
05:36Pour l'instant, elle est autorisée. Ça veut dire que vous, au pouvoir, vous l'interdisez ?
05:38Mais écoutez, aujourd'hui, le Rassemblement national est un grand parti. La question ne se pose plus.
05:43Vous venez de dire « pour l'instant ».
05:44Oui, les choses peuvent changer. Enfin, il y a 20 ans, la question se posait de l'interdire.
05:49Mais ce n'est pas ce que j'ai dit.
05:50Si, vous l'avez dit pour l'instant.
05:52Je n'ai pas dit « demain ». J'ai dit il y a 20 ans, la question se posait
05:55parce que le Rassemblement national ne faisait pas de grands résultats.
05:57Mais si vous étiez au pouvoir demain…
05:57Non, mais vous pouvez chercher la polémique.
06:00Je ne vais pas m'épanouir.
06:02Est-ce qu'il y aurait une liste des journaux, de journalistes interdits du service public ?
06:06Voilà, ça c'est une bonne question. Pourquoi ? Parce que…
06:10Oui, il y aurait une liste de journalistes et de journaux interdits ?
06:12Je viens de vous dire que c'est une bonne question. Je n'ai pas répondu.
06:14Je sais très bien que vous êtes peut-être enthousiaste à l'idée que vous ayez posé une bonne question.
06:18Mais le fait est que ce qui se passerait…
06:20Je pense surtout des bonnes réponses.
06:21Laissez-moi une seconde et vous allez l'avoir.
06:23La bonne réponse, c'est que ce n'est pas aux politiques de dire qui va passer sur France Inter,
06:28Radio France, etc.
06:29Le projet politique que moi je défends avec Jean-Luc Mélenchon et qui est très clair, c'est celui de
06:32la démocratisation.
06:34Les travailleurs sont les mieux placés pour savoir faire bien le travail.
06:37Donc en l'occurrence, les journalistes prendront davantage de décisions
06:41et les chefferies arrêteront de cajoler telle ou telle formation politique
06:45parce qu'elles voudront garder leur siège.
06:47C'est ça dont il est question.
06:48Évidemment, vous avez bien compris que M. Sapin, c'est un signal envoyé à l'extrême droite
06:52parce qu'on se dit, dans certaines sphères de Radio France,
06:55que peut-être le Doberman, s'il arrive à l'Elysée demain, ne les mangera pas.
07:00C'est quoi le Doberman ?
07:01C'est l'image pour l'extrême droite.
07:02Vous êtes un peu plus délié que ça.
07:06Alors justement, ils ont peur de...
07:08Alors le représentant des Doberman.
07:09Oui, voilà, Alexandre Nicolich, député européen, porte-parole du RN.
07:13L'affaire Sapin, ça donne raison à ceux qui, depuis des mois,
07:20disent qu'il y a un problème avec le service public qui est trop à gauche.
07:24Il y a un manque de pluralisme.
07:25On se souvient de cette commission d'enquête menée notamment par le député Charles Allon
07:30qui était très critique, justement, sur cette question.
07:33On avait vu sur les temps de parole qu'il y avait un problème
07:36où le temps de parole du RN était essentiellement la nuit,
07:40donc pour essayer d'équilibrer.
07:41Donc on voyait qu'il y avait une volonté d'ostraciser le RN.
07:44Mais globalement, il y a eu des prises de position régulièrement
07:48de la part de chroniqueurs, de faux humoristes sur France Inter,
07:53même jusqu'à appeler au meurtre, par exemple, de Jordan Bardella
07:56en chantant qu'il avait la variole et en disant « si tu veux, on l'achève », par exemple.
08:00Récemment, on a vu cette semaine pour un média que vous jugez centriste
08:04qui qualifiait à la limite de l'homophobie
08:06et puis en se moquant d'un bégaiement de Jean-Philippe Tanguy
08:11en le qualifiant de rat dans une chronique.
08:14Encore cette semaine, juste en une semaine, on sait que France Inter
08:19soutient le festival de rock en scène où il y avait écrit
08:22« Fuck Marine Le Pen », proprement dit, nique donc une candidate à la présidentielle.
08:28Donc vous, l'arrivée de Charles Sapin est une bonne chose.
08:30Je vous dis, avec l'argent des Français quand même, je tiens à le préciser,
08:33il faut quand même le rappeler à chaque fois parce que vous disiez,
08:35chacun a sa ligne éditoriale, que Radio Nova, financée par M. Pigasse
08:39et une ligne gauchiste, ça les regarde.
08:41En revanche, France Inter et le service public de l'audiovisuel,
08:44c'est les Français qui le financent.
08:47Le service public de l'audiovisuel, c'est quand même 3,8 milliards,
08:51c'est plus de 90 euros par foyer fiscal par an.
08:54Donc vous voyez, chaque foyer, chaque Français, il paie pour ça, pour se faire insulter.
08:59Est-ce que l'arrivée de Charles Sapin est une bonne chose pour vous ?
09:01Au moins, il y a un pluralisme.
09:02Mais Charles Sapin, la rédaction de France Inter,
09:07lui reproche d'avoir rejoint Valeur Actuelle.
09:11Valeur Actuelle, c'est vrai, a été condamnée,
09:14je ne me souviens plus exactement de l'affaire, mais pour racisme,
09:16mais c'est choquant, c'est choquant évidemment.
09:18L'affaire Daniel Bono, c'est évident de la rédaction.
09:20Si c'est avéré, c'est évidemment choquant.
09:22Il a été représenté en esclave.
09:24Voilà, mais c'est choquant, bien sûr.
09:25Mais Charles Sapin était présent en Valeur Actuelle.
09:29Il était au Figaro, je crois, après il est allé au point,
09:34il intervenait, je l'ai vu régulièrement chez vous,
09:37dans votre émission sur BFM TV,
09:40et ce n'était même pas la même direction de Valeur Actuelle,
09:43parce que c'était, je crois, Geoffroy Lejeune
09:45qui dirigeait Valeur Actuelle à ce moment-là.
09:48Donc je crois quand même à l'individualisation de la responsabilité.
09:51Dans ce cas, on peut aller très loin sinon,
09:53parce que Le Monde, par exemple, s'était félicité,
09:56la ville était libérée en 1975 quand les Khmer Rouges arrivent.
09:59Ils se sont excusés 40 ans après.
10:02Et les journalistes qui sont au Monde n'ont pas cette responsabilité.
10:05Quand en 1977, Le Monde avait fait une tribune
10:08pour la pédophilie comme libération...
10:10Ça vous fait rire, monsieur ?
10:11Vous sortez des archives de 51 ans.
10:13Oui, je prends ces archives-là pour montrer le ridicule de la situation.
10:16Donc ils soutenaient la pédophilie, que ce soit Libération ou Le Monde.
10:20L'humanité s'était appelée à ne pas faire la guerre contre les nazis.
10:23et disaient qu'il faut faire la paix avec les nazis et négocier avec les nazis en 40.
10:27Donc est-ce que les journalistes aujourd'hui à l'humanité
10:30doivent porter la responsabilité de ce poids de l'histoire de leurs médias ?
10:35Vous voyez bien que ça n'a aucun sens, monsieur Saint-Pour.
10:38Moi, je n'aime pas votre sourire quand je parle de pédophilie de collaboration avec les nazis, monsieur Saint-Pour.
10:41C'est un peu grotesque.
10:42Enfin, on en est à nous voir péniblement à entendre dire
10:45« Non mais vous savez, il y a des journaux qui, il y a 55 ans, ont écrit des papiers.
10:50»
10:50Donc, bon, c'est grotesque.
10:52C'est un peu le procès que vous faites à Chartres-Sapin, qui n'était pas dans un journal.
10:54Il n'était pas à Valeurs Actuelles. C'est la même chose, monsieur Saint-Toul.
10:56Moi, je parle de monsieur Sapin, qui est directeur adjoint de Valeurs Actuelles,
11:01détenu par monsieur Sterrin.
11:03Le projet politique, il est écrit noir sur blanc.
11:06Si c'était Mathieu Pilgras, ça passerait mieux, c'est ce que vous dites.
11:08Ah bah Mathieu Pilgras, je n'ai pas l'impression qu'il ait un projet anti-républicain.
11:11Par ailleurs, moi, ma ligne politique...
11:13Mais ça veut dire quoi ? Sur quel point anti-républicain, monsieur Saint-Toul ?
11:15Mais parce que le racisme n'est pas républicain.
11:18Je sais que vous avez du mal à assimiler cette chose-là.
11:20Mais vous, LFI prône beaucoup plus le racisme que nous.
11:22Vous êtes obsédé par les racisés.
11:25Vous identifiez les gens qui consistent à interdire les voiles, etc.
11:29Vous êtes pour des réunions, interdites ou non, selon la couleur de peau.
11:32Je ne vais pas le prouver, vous n'avez pas de condamnation à cet égard.
11:34Il y a beaucoup de députés.
11:35Je vous le dis, après on va avoir un débat,
11:37mais LFI prône beaucoup plus la racialisation de la société que le Rassemblement national.
11:40Mais enfin, vous êtes contre la liberté de conscience.
11:43Vous venez de lancer une polémique récemment pour expliquer qu'il fallait interdire le voile.
11:47Enfin bon, tout saute aux yeux.
11:50On voit bien que vous n'êtes pas même favorable aux moindres libertés,
11:55enfin les libertés les plus fondamentales, la liberté de conscience, etc.
11:58C'est ça votre ligne politique.
11:59La liberté de pédié dans l'expression est une liberté fondamentale.
12:02Vous la défendez ?
12:02Mais bien sûr.
12:03Mais pas celle de Charles Sainte.
12:04Bon, écoutez, je vais vous dire les choses un peu crûment.
12:06Vous connaissez la citation de Jean-Luc Godard.
12:08Si votre conception du pluralisme, c'est 5 minutes pour les Juifs et 5 minutes pour Hitler,
12:12alors on a tout faux.
12:13Ce n'est pas ça.
12:13Charles Sainte, c'est Hitler.
12:15Je vous l'ai dit à l'heure.
12:16C'est plutôt dans l'exagération.
12:17Là, vous êtes dans la diffamation.
12:18Non, mais la diffamation, je ne vous ai pas dit Charles Sapin, c'est Hitler.
12:22Je vous ai dit, je vais vous dire les choses un peu crûment pour que vous les compreniez mieux.
12:25L'extrême droite, c'est cette famille politique, d'accord ?
12:28Donc, je ne considère pas que les gens qui ont pour projet de fracturer la société
12:32en introduisant le racisme, le sexisme, la discrimination…
12:35Mais Charles Sapin est journaliste.
12:37Est-ce que vous avez un propos de Charles Sainte, monsieur ?
12:40Mais monsieur Saint-Toul, il n'est pas député.
12:41Moi, je ne peux vous citer de multiples propos.
12:43Excusez-moi, vous faites des comparatifs quand on arrive.
12:45Les journalistes politiques, il n'est pas député.
12:48Si demain, monsieur Stérin vient vous voir, monsieur Truchoux, et vous dit…
12:51Ce n'est pas monsieur Stérin qui fait une chronique à…
12:52Moi, je suis en train de vous dire, si demain, monsieur Stérin vous demande à vous,
12:55qui êtes journaliste, rejoignez donc Valence Actuelle.
12:58J'ai un projet qui est un projet éditorial lié à un projet politique.
13:02Est-ce que vous iriez ?
13:03Est-ce que vous n'auriez pas l'impression que vous allez mettre le doigt
13:05dans un projet d'extrême droite et que, en fait, vous n'êtes pas très à l'aise avec ça
13:07?
13:08Probablement pas.
13:09Probablement pas.
13:10Eh bien, moi, je crois que monsieur Sapin a choisi de participer à ce projet politique.
13:15En l'occurrence, ce projet politique, il n'y a aucune raison que le service public se mette à son
13:19service.
13:19Oui, monsieur Stout, en l'occurrence, Charles Sapin, il n'a pas encore prononcé un mot.
13:24Il a signé un contrat pour le directeur adjoint de Valence Actuelle.
13:26Excusez-moi, c'est un acte, ce n'est pas juste une lubie.
13:29Il va être chroniqueur dans cette tranche du week-end, le matin.
13:39Un journaliste, certes, il peut avoir un CDI avec une maison, il va représenter sa maison,
13:44mais il va aussi écrire lui-même ses billets.
13:47Est-ce que sur ses billets, pour l'instant, alors pour l'instant, il n'en a pas eu,
13:51mais il a beaucoup écrit, Charles Sapin.
13:53Il n'a jamais eu, à ma connaissance, été attaqué sur le moindre propos raciste.
13:57Donc, c'est quand même un procès d'intention qu'on lui fait.
14:00Mais non, parce que ce qui est en cause, ce n'est pas monsieur Sapin, c'est Valeurs Actuelles.
14:03Ce que vous voyez, ce que vous semblez ne pas voir, c'est que quand vous faites des émissions...
14:06Mais si, je le vois parfaitement.
14:07Je le vois parfaitement.
14:08Il n'était pas dans le journal quand il y a eu la condamnation...
14:14Allons plus loin aujourd'hui.
14:15Vous comprenez bien que le dimanche matin, il y aura une introduction qui dira
14:19« Alors aujourd'hui, monsieur Sapin, Valeurs Actuelles, etc. »
14:22Donc, le service public sera en permanence à faire la publicité de Valeurs Actuelles,
14:26une publication d'Extrême-Rat.
14:27– Bruno Jeudy...
14:28– On paraît problématique.
14:29Il n'y a aucune raison de leur circulation.
14:31– Est-ce que cette affaire ne va pas donner raison à tous ceux qui disent
14:32« Vous voyez, Radio-Français, la gauche, et que dès qu'on essaye d'ouvrir un peu,
14:37eh bien, ce n'est pas possible. »
14:39Là, c'est vraiment du petit...
14:41J'ai l'impression qu'on se tire une balle dans le pied du côté de Radio-Français.
14:43– C'est sûr que ça renvoie à ce qui s'est passé avant l'été
14:45avec la fin de la commission sur l'audiovisuel public,
14:48le rapport de Charles Aloncle, la controverse qui s'en est suivie.
14:53C'est oublier aussi les efforts de pluralisme qui ont été faits
14:56par la direction de Radio-Français.
14:59Moi, je l'ai interrogé plusieurs fois, la direction.
15:02Il y a eu beaucoup d'efforts de pluralisme.
15:04Sans doute que cette institution a jugé qu'il fallait rééquilibrer...
15:11– Est-ce que la direction doit tenir ?
15:12– Pour l'instant, Vincent Mélet, qui est l'un des patrons de France Inter,
15:16a envoyé un long message en expliquant qu'ils étaient un peu dans l'obligation de tenir.
15:22« Pourquoi nous ne pouvons pas céder même à vous ? »
15:24Voilà ce qu'il écrit au personnel de Radio-France.
15:28Est-ce que la direction de France Inter est obligée de tenir ?
15:30Elle n'a pas d'autre choix.
15:31– Ils ont fait un choix, c'est leur choix.
15:33Et donc, aujourd'hui, ils doivent le soutenir, leur choix.
15:36Si jamais, avant même qu'il ait fait une seule chronique, il ait récliqué...
15:39– Alors, il a fait une chronique, précisément, il a déjà fait une chronique le week-end dernier.
15:42– Il n'a pas posé de problème.
15:43– Visiblement qu'il n'a pas posé de problème, puisque je crois que M. Saint-Toul n'a pas
15:46protesté.
15:48– Il n'a pas eu ces hilarcoms.
15:49– Vous n'avez pas ces hilarcoms, donc a priori, tout va bien.
15:52– Jean-Luc Mélenchon a réagi en disant que la direction de France Inter
15:54se prépare à la victoire de Marine Le Pen.
15:56– Mais dire quoi ?
15:57– Bien entendu, vous voyez bien, c'est ce que je vous disais tout à l'heure.
15:59– En embauchant un journaliste ?
16:00– L'objectif est de donner des gages.
16:03– C'est très nuancé, tout ça.
16:04– Attendez, attendez, que M. Saint-Toul, vous expliquez ça.
16:08– Vous avez l'habitude d'être nuancé, vous, vous, vous, vous.
16:12– Oui, oui, moi je suis nuancé.
16:13– Que M. Saint-Toul, vous expliquez, donc c'est la direction de France Inter
16:16– Non, non, mais précisez le propos de Jean-Luc Mélenchon,
16:21mais je ne vais pas avoir à m'expliquer, parce que je n'en rends compte qu'à mes électeurs.
16:25Sachez que ce qui nous apparaît évident, c'est que depuis plusieurs années,
16:29il y a la volonté de céder, de donner des gages, des signes à l'extrême droite,
16:34qui, à chaque fois qu'elle fronce le sourcil, obtient, comme ça,
16:37des dirigeants de l'audiovisuel public, qu'ils fassent amandos d'enrables,
16:40qu'ils s'excusent, qu'ils virent tel ou tel chroniqueur qui leur déplaît.
16:45Et donc, bon, voilà, c'est évidemment une touche dans ce tableau général,
16:48et nous savons le lire.
16:49C'est pour ça que je vous disais que c'est la goutte d'eau qui fait déborder le vase.
16:53J'ajoute quand même que vous me disiez tout à l'heure
16:54que quand même, l'extrême droite, il faut la traiter très normalement,
16:58lui laisser lui dérouler le tapis rouge, ce que vous faites la plupart du temps.
17:01Mais vous voyez, dans un pays comme la Belgique,
17:03qui n'est quand même pas une dictature patentée,
17:07ce n'est pas le communisme de guerre, enfin, que je sache,
17:10vous savez que vos collègues, là-bas, ils pratiquent ce qu'on appelle le cordon sanitaire.
17:14Ils n'invitent pas l'extrême droite en dehors de certaines périodes
17:16où ils y sont réellement obligés.
17:18Eh bien, figurez-vous que l'extrême droite ne prospère pas.
17:21La machine médiatique n'est pas au service de l'extrême droite.
17:23C'est-à-dire que nous, ici, on est au service de l'extrême droite.
17:25Je pense qu'effectivement, il y a une partie du système médiatique qui est au service de l'extrême droite.
17:27Il faut savoir qu'en Belgique, c'est vrai, il faut organiser un débat avec M. Nicolique,
17:33c'est servir la soupe à l'extrême droite.
17:35Écoutez, je n'ai pas l'impression que je suis en débat exclusivement avec M. Nicolique.
17:53– Je suis le seul à défendre ma position.
17:55– Non, on vous pose des questions.
17:56– Je suis le seul à défendre les grévistes de France Inter.
17:59– On vous interroge.
18:00– Peut-être que vous ne le savez pas, mais France Inter est la première radio de France.
18:04Donc, il doit y avoir des millions de personnes qui se sentent représentées,
18:08y compris par ceux qui sont grévistes aujourd'hui.
18:10Et donc, sur ce plateau, vous êtes quatre, et moi, je suis seul à défendre les grévistes.
18:13Eh bien, je crois que dans la société, on est un peu plus nombreux qu'un cinquième ou un quart.
18:18– Mais vous interprétez ce qu'on dit, on n'a pas récusé le droit de faire une grève aux
18:23collègues de…
18:23– Encore heureux, c'est un droit constitutionnel, alors que le Rassemblement national…
18:27– Vous êtes déjà en train de faire un amalgame, vous ?
18:28– Non, non, j'étais en train de dire que…
18:31– Vous ne souteniez pas les grévistes, je n'ai pas dit que vous étiez pour interdire le droit de
18:37grève.
18:37Je laisse ça à la vraie extrême droite, M. Nicolique.
18:40– Je suis d'extrême droite, on est d'extrême droite.
18:43Tous ceux qui votent RN sont d'extrême droite, d'ailleurs.
18:44– En tout cas, ils votent pour un programme d'extrême droite.
18:47Je ne vais pas aller sonder leur conscience, mais vous, vous êtes incontestablement d'extrême droite.
18:50– Parce que c'est bien que vous dites ça depuis tout à l'heure.
18:52Vous avez insulté Doberman et maintenant on est d'extrême droite.
18:53Donc sur quel point on est d'extrême droite ?
18:55– Mais vous le savez très bien, votre stigmatisation permanente des étrangers, des musulmans, etc.
19:00vous disqualifie, vous faites de vous des racistes, des hénophobes, d'extrême droite, vos amis…
19:07– D'ailleurs, quand on parle de religion, de droit au blasphème, de droit à la critique,
19:11c'est d'ailleurs exactement ce que faisait votre leader Jean-Luc Mélenchon.
19:13Donc Jean-Luc Mélenchon, il y a dix ans, était un affreux personnage d'extrême droite,
19:17– Vous ne faites absolument pas ce genre de choses.
19:19– Puisqu'on parle de médias ? – Puisqu'il était d'extrême droite, monsieur…
19:23– Puisqu'on parle de médias, une question.
19:25– Est-ce que Jean-Luc Mélenchon était d'extrême droite il y a dix ans ?
19:27– Il n'a jamais été d'extrême droite, évidemment.
19:28– Donc quand il le disait, parce que là vous me reprochez ça, il y a dix ans,
19:30et c'est exactement le même sujet, quand il s'opposait au voile par exemple,
19:34et qu'il disait… – Il a dit qu'il a changé d'avis.
19:35– Il a dit qu'il a changé d'avis, mais donc ça veut dire qu'il y a dix
19:37ans,
19:37il était d'extrême droite et plus maintenant, c'est ça ou pas ?
19:38– Il n'a jamais promené l'interdiction du voile.
19:41– Ah si, il l'a dit clairement, il a dit même que ce serait un signal envoyé dans le
19:44monde entier.
19:45– Vous voulez, on peut retrouver l'archive, on l'a, si vous voulez.
19:48– Non, non, non, il parlait du voile.
19:49– Il n'a jamais promené l'interdiction du voile.
19:51– Si, ça te dérogeait, il disait qu'il était plutôt favorable.
19:54– Enfin, écoutez, je suis mélenchoniste depuis un peu plus longtemps que vous, permettez.
19:57– J'ai commencé en 2009, ça fait dix-sept ans maintenant que je colle des affiches,
20:01j'ai distribué des trucs pour le mélenchon.
20:02– Donc, le président Nasser était raciste quand il voulait s'opposer au voile, M. Sintour.
20:06– Et permettez-moi de vous dire que s'opposer au voile…
20:08– Vous êtes ridicule, M. Sintour, vous ne trouvez aucun argument pour essayer de dire sur quel point.
20:13Moi, je peux vous dire en quoi vous n'êtes pas républicain.
20:14– Essayez de mettre un peu d'or, parce que si je peux répondre.
20:16– Alors, attends, ça va, ça va, ça va, ça va, ça va, ça va, ça va, ça va, ça
20:17va, ça va, ça va.
20:17– En contradiction avec la déclaration des droits de l'homme et du citoyen.
20:20– Vous êtes pour l'interdiction du voile, nous n'avons jamais défendu ce genre d'opposition.
20:24– Évidemment, ce que nous disons, non, non, mais évidemment, ce que nous disons
20:29et ce que vous dites aujourd'hui, c'est que vous, vous ne voulez pas avoir de voile.
20:32Voilà, vous ne voulez pas avoir de voile dans la rue, vous voulez empêcher les gens
20:34de s'habiller comme ils l'entendent, y compris pour des raisons religieuses.
20:38– Bien sûr, mais c'est emblématique de votre haine et de votre volonté de diviser.
20:47Mais en l'occurrence, ce qui m'interpelle, c'est que puisqu'on parle de presse,
20:51on pourrait aussi parler du magazine Frontière, puisque vous parlez de France Inter,
20:55on peut aussi parler du magazine Frontière, vous savez, cette publication d'extrême droite
20:59qui a un groupe Facebook auquel participe un de vos collègues députés,
21:03qui a été suppléant de M. Ligori, je crois, et sur lequel vous aviez des interpellations racistes
21:10à ne plus que savoir en faire, des menaces.
21:13– Je ne sais pas, je ne peux pas vous parler, mais si vous avez votre reproche à faire,
21:16vous les asseyez.
21:16– C'est dommage, vous ne savez jamais pourquoi on parle quand même.
21:19– Vous faites des sujets, mais…
21:20– Bah alors, vous n'avez pas eu l'enquête.
21:21– Excusez-moi, laissez-moi finir une bonne fois.
21:23– Mais l'ensemble de France Inter, j'en ai assez.
21:25– Moi, je vous parle de l'enquête de vos collègues.
21:27Des jours, sur Frontière et sur le groupe Facebook,
21:30auxquels participent des députés du Rassemblement National,
21:33de la même façon que Mme Parmentier participait à des groupes Facebook
21:35dans lesquels vous aviez des appels à la haine, au meurtre, à la discrimination, au racisme, etc.
21:39Eh bien, pourquoi ces députés-là n'ont pas rempli leur mission, leur fonction,
21:45en actionnant ce qu'on appelle l'article 40 du Code de procédure pénale,
21:48en faisant des signalements à la justice ?
21:49– Quand même, un petit exemple de ce qu'on peut trouver sur le forum Facebook…
21:55– Mais M. Sapin, il est à l'heure actuelle, il est à l'heure actuelle, M.…
21:59– Non, mais je parle de l'extrême-droite et le Rassemblement National.
22:02Vous me demandez pourquoi le Rassemblement National est d'extrême-droite.
22:05– Vous m'avez dit le programme, vous êtes capable de citer…
22:07– M. Saint-Tour, s'il vous plaît, M. Nicolas, M. Saint-Tour, c'est fini.
22:11– L'interdiction du voile, c'est manifestement d'extrême-droite.