- il y a 28 minutes
Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 18h45 avec Olivier Truchot & Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.
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00:00Nous sommes avec l'ancien premier président de la Cour des Comptes,
00:03aujourd'hui membre de la Cour des Comptes européenne,
00:04ancien ministre de l'économie, c'est Pierre Moscovici qui est notre invité.
00:08On sera mal interrogé avec Antoine Oberdoff de L'Opinion qui reste avec nous.
00:11Bonsoir, M. Moscovici.
00:12Bonsoir.
00:12Le gouvernement ne change pas sa stratégie pour aider les Français
00:15face à la flambée des prix des carburants,
00:18des aides ciblées qui sont augmentées, abondées,
00:21mais pas de baisse de taxes. Il a raison ?
00:23En gros, oui. Je pense que depuis le début de cette crise,
00:27de la guerre en Iran, dont on n'a toujours pas compris pourquoi elle avait lieu,
00:30la stratégie suivie par le gouvernement est la bonne.
00:32Pour deux raisons. Il y a une raison de fond, puis il y a une raison financière.
00:35La raison de fond, c'est qu'en réalité, les mesures générales ne sont pas efficaces
00:41et qu'elles sont hors de portée.
00:44Et je crois qu'en effet, ce qu'il faut faire, c'est cibler,
00:46cibler sur les gros rouleurs, cibler sur les professions touchées,
00:49les agriculteurs, d'autres éventuellement.
00:51Et le gouvernement, au fond, a choisi hier, à la fois d'élargir les cibles,
00:55montant jusqu'à 5,5 millions de gros rouleurs, et de prolonger les aides.
00:59Qui met toujours du temps à arriver.
01:01Après, il faut qu'elle soit diligente.
01:03Et puis il y a un autre axe sur lequel il faut continuer d'insister,
01:06c'est la négociation avec les distributeurs, avec les raffineurs,
01:09pour qu'il y ait une compression des marges.
01:11Parce que c'est vrai que dans cette affaire-là, ce n'est pas une question de sur-profit,
01:15mais bon, ça permet quand même de gagner beaucoup d'argent.
01:19Mais les Français ne sont pas contents, selon le sondage élable.
01:20Ils sont 70% à juger insuffisants de ces agences gouvernementales.
01:24Et 7 Français sur 10 demandent une baisse des taxes avec des économies par ailleurs.
01:30Oui, on a quand même déjà un exemple.
01:32Souvenons-nous qu'en 2022-2023, quand la Russie envahit, attaque l'Ukraine,
01:38se produit déjà une flambée inflationniste,
01:40déjà une augmentation importante des cours d'énergie,
01:43elle n'a pas tout à fait ce niveau-là, mais quand même,
01:44et qu'à ce moment-là, le gouvernement avait choisi une stratégie
01:47qui consistait à mettre en place un bouclier énergie.
01:48Autrement dit, c'était la collectivité.
01:50Ce n'était pas une baisse de taxes, mais c'était une subvention massive.
01:54Et qu'est-ce que ça a donné ?
01:55Ça a donné 70 milliards d'euros de dépenses,
01:58et dont l'essentiel est allé dans les poches des énergéticiens,
02:01des distributeurs, des raffineurs, de l'industrie pétrolière,
02:05et pas vers le consommateur.
02:07Et donc, je pense que ce n'est pas la bonne solution.
02:09Et puis, il y a une deuxième raison quand même,
02:10parce qu'il faut remettre les choses dans leur contexte,
02:12qui est, combien ça coûte ?
02:14Et qui paye, in fine ?
02:16Et dans cette affaire-là, si par exemple,
02:18on suivait la proposition d'un parti politique que je n'aimerais pas...
02:22C'est le RN.
02:23Oui, voilà, de baisser la TVA jusqu'à 5,5%.
02:26Eh bien, qu'est-ce qui se passerait ?
02:27Ça coûterait, en année pleine, quelques 12 milliards d'euros.
02:30Et on est obligé de constater que la situation des finances publiques françaises
02:34est tellement préoccupante, inquiétante, grave même,
02:38que ces 12 milliards d'euros s'ajouteraient encore au déficit,
02:41s'ajouteraient encore à la dette.
02:43Il y a des pays qui le font, autour de nous.
02:45L'Espagne, l'Italie, l'Allemagne, j'ai 6 mètres aussi.
02:47Avec une très, très grosse différence, malheureusement.
02:49C'est que ce sont des pays qui ont des marges de manœuvre.
02:52L'Espagne a une croissance de 2,6%.
02:55La nôtre est de 0,4%.
02:57L'Allemagne recommence à partir de l'avant, un peu, à 1%, à peu près.
03:01Mais surtout, l'Allemagne a eu, pendant des années, des années, des décennies,
03:05des excédents budgétaires.
03:05Alors, ils sont en train de faire un peu de dette.
03:07Mais regardez les taux d'endettement.
03:10La France, l'année prochaine, ce sera à 121%.
03:12L'Allemagne, c'est 70%.
03:13Ça fait une différence considérable.
03:15Et donc, qu'est-ce que nous sommes en train de payer ?
03:17Nous sommes en train de payer ce qui n'a pas été fait jusqu'à présent.
03:20Les impératis en matière de gestion des finances publiques.
03:23La dégradation des finances publiques.
03:26En tout cas, ce que je constate, c'est qu'au cours des dix dernières années,
03:30la dette publique s'est accrue de 1 200 milliards.
03:33Ça donne plus de 50%.
03:35Qu'elle est aujourd'hui à 121 et quelques pourcents du PIB.
03:39Et surtout, c'est ça le chiffre qu'il faut retenir.
03:41Que chaque année, et ça, ce sont les Français qui le payent.
03:43Parce que si on baissait la TVR, on le reprendrait par ailleurs.
03:46Chaque année, la charge de la dette, c'est-à-dire ce qu'on sert pour les intérêts de la
03:49dette,
03:50s'élève à 91 milliards d'euros l'an prochain.
03:52100 milliards d'euros.
03:53C'est-à-dire qu'on ne rembourse pas la dette, mais on rembourse les intérêts de la dette.
03:56Oui, on rembourse les intérêts de la dette.
03:57Mais il faut quand même mesurer une chose.
03:59C'est la première fois dans l'histoire financière de notre pays, sous la Vème République,
04:03que la charge de la dette est le premier budget de l'État.
04:0591 milliards d'euros l'an prochain, c'est nettement plus que les quelques 70-72 milliards d'euros
04:11du budget de l'éducation nationale.
04:13C'est beaucoup plus que le budget de la défense qui pourtant augmente,
04:15qui est à 55 milliards d'euros.
04:17Et à un moment donné, à ce rythme-là, la dette sera égale à l'éducation plus la défense.
04:21Il y a une solution toute prête, M. Moscovici.
04:23Laquelle ?
04:24On brûle la dette.
04:25On brûle la dette.
04:26C'est ce que dit Jean-Luc Mélenchon.
04:28On la met au feu, cette partie qui tient à la banque européenne.
04:31Je pense que vous avez reçu ici des économistes formés.
04:34Et j'observe un débat très docte sur le fait de savoir si on peut ou pas le faire théoriquement.
04:38Admettons même qu'on puisse le faire théoriquement.
04:41C'est-à-dire l'annuler.
04:43En théorie, c'est concevable.
04:45Mais c'est sans effet, en réalité, sur les Français.
04:50Parce qu'on va la repayer ailleurs.
04:52Peu importe.
04:52On rembourse ou on brûle ?
04:54La dette, on la rembourse ou on brûle ?
04:55Je remarque, alors, Jean-Luc Mélenchon a parlé de brûler d'abord, puis après il a parlé d'annuler, puis
05:01maintenant il va parler de monétiser.
05:03On verra.
05:03Mais moi, mon sujet est autre.
05:05Ce qu'il propose, c'est d'annuler 20% de la dette qui est détenue par la Banque de
05:09France.
05:10Très bien.
05:10Imaginons qu'on le fasse.
05:12Qu'est-ce qui se passe ?
05:12Il en reste 80%.
05:14Ceux-là sont détenus par nos créanciers, c'est-à-dire par les marchés financiers.
05:17Et je rappelle que la dette publique française, la dette française, est détenue à plus de 50% par des
05:23étrangers.
05:24Eh bien, qu'est-ce qui se passerait ?
05:25Il se dirait, voilà un pays qui est capable de brûler sa dette, d'annuler sa dette, et donc qui
05:30ne respecte pas sa parole.
05:32Il faut être très clair, très simple, très pratique.
05:35Une dette, ça se rembourse.
05:36La vôtre, la mienne, celle de l'État aussi.
05:39Et si on ne le fait pas, qu'est-ce qu'on fait ?
05:41On perd toute crédibilité.
05:42Et quand on perd la crédibilité, parce qu'il resterait quand même 80% des taux d'intérêt montés, les
05:47taux d'intérêt montent.
05:48Et un autre chiffre qu'il faut donner quand même, c'est que les taux d'intérêt français aujourd'hui
05:51sont à 4,5%.
05:54Que le spread, c'est-à-dire l'écart de taux entre la France et l'Allemagne, de 100 points
05:57de base.
05:58Et c'était ce que j'ai trouvé, et c'est un des plus hauts, quand j'ai été ministre
06:02des Finances en 2012.
06:03Donc on est revenu à une période très préoccupante.
06:06Et ça augmente constamment.
06:07Qu'est-ce que ça veut dire ?
06:08C'est-à-dire qu'envers la France, aujourd'hui, il y a une forme de défiance.
06:11Il y a une perte, non seulement de crédit, mais de crédibilité.
06:14Et à côté de ça, avec la charge de la dette qui augmente, il y a une perte de souveraineté.
06:17Parce que c'est 91 milliards d'euros.
06:19Qu'est-ce que c'est ?
06:20C'est autant qu'on peut faire en moins pour l'éducation, pour la justice, pour l'écologie, pour la
06:25défense.
06:26Tous ceux qui parlent comme ça sur la dette, ils font de la démagogie.
06:29Ils font du populisme.
06:30J'utiliserais une formule, peut-être un peu résumée, mais qui le font de ma pensée.
06:35Peut-être que c'est théoriquement jouable.
06:37Mais politiquement, c'est impossible.
06:40Et c'est même néfaste.
06:41C'est toxique.
06:42Pourquoi le dire quand on est candidat à l'élection présidentielle ?
06:44Pourquoi le dire comme ça face aux Français ?
06:46Écoutez, on est dans une période où ceux qui vous regardent,
06:50ceux qui nous regardent en ce moment, les Français, ils souffrent.
06:53Et ils trouvent les choses difficiles sur le pouvoir d'achat.
06:56Ils sont préoccupés de cette dette.
06:58Parce qu'ils ne sont pas dingues, quand même.
07:00Ils voient qu'in fine, c'est eux qui payent.
07:02Et ils voient aussi que le pays est petit à petit étranglé.
07:05Nous ne sommes pas du tout en train d'être poignardés.
07:10Nous avons un nœud coulant autour de la gorge qui, petit à petit, nous étranglent.
07:14Et donc, les Français, qu'est-ce qu'ils attendent ?
07:17Ils attendent des solutions simples et pratiques.
07:19Et donc, ils fonctionnent.
07:20C'est simpliste, quoi, de leur dire ça.
07:24On fait plaisir.
07:26Après, vous faites un sondage et 70% des gens disent
07:28« Ok, il n'y a qu'à faire ça. »
07:29Mais c'est formidable.
07:31On a 3600 milliards d'euros de dettes, on n'a qu'à l'annuler.
07:33Vous m'interrogez dans un sondage, enfin pas tout à fait moi quand même.
07:36J'ai effectivement fait ce que vous avez dit.
07:38J'ai envie de le croire.
07:39Non, la vérité, c'est qu'on ne dit pas la vérité aux Français.
07:43Compte tenu de ce que vous nous décrivez,
07:45en fait, ça aboutit à ce que la France soit au fond devenue
07:49l'homme malade ou le passager clandestin de l'Europe.
07:51Est-ce que lorsqu'on dit que, tôt ou tard,
07:53lorsqu'on aura peut-être tapé le mur,
07:56des agents extérieurs, au hasard la Commission européenne,
07:58le FMI, la Berne centrale européenne,
08:01pourraient imposer des contreparties, là pour le coup,
08:03extrêmement douloureuses et nous administrer une thérapie de choc ?
08:06Est-ce qu'on joue à se faire peur en disant ça ?
08:07Ou est-ce que c'est crédible ?
08:08Alors, deux choses.
08:09Non, je ne pense pas que la France soit aujourd'hui l'homme malade de l'Europe.
08:13Ce n'est pas le cas, c'est juste.
08:14La France n'est pas l'homme malade de l'Europe ?
08:15Non, c'est un pays qui reste solide,
08:17et c'est pour ça qu'on continue de nous prêter de l'armée.
08:19L'Allemagne a un déficit inférieur à 3%,
08:21le Portugal inférieur à 3%, la Grèce inférieure à 3%.
08:23Je vais y venir, mais l'Allemagne a quand même aujourd'hui une industrie qui est en capilotade,
08:27qui est obligée de se reconvertir complètement parce que le modèle productif qui était le sien,
08:31tourné vers la Chine et basé sur la bagnole, ne fonctionne plus.
08:35Et donc, nous ne sommes pas les seuls à avoir des difficultés et de surcroît.
08:38On est rassurés, on est malades à plusieurs.
08:40– Y compris sur le terrain politique, observez quand même la situation faible du chancelier allemand.
08:45– Nous, on n'a pas une situation politique très stable.
08:48– Oui, mais je me méfie toujours de ces formules chocs,
08:51homme malade, je ne dirais pas ça.
08:52La France reste un pays solide.
08:54Deuxième chose, on place notre dette.
08:56Troisième chose, je ne crois pas, moi, à la crise aiguë,
09:02à la crise qui tout à coup crée un choc.
09:05Je ne pense pas que nous sommes dans cette situation-là.
09:07Nous ne sommes pas la Grèce, il ne va pas y avoir le FMI,
09:10la Commission européenne restera bénévolente.
09:12– Vous êtes sûr de ça ?
09:13Parce que la Grèce, à l'époque, les responsables grecs disaient,
09:17on n'est pas les Argentins, parce que les Argentins n'ont pas dit ça.
09:19– Il y a quand même pas mal de différences, moi j'ai bien connu ça,
09:22parce que quand j'étais à la Commission européenne, mon job,
09:23c'était précisément de négocier avec la Grèce.
09:25On n'est pas dans cette situation-là.
09:26Ils avaient des comptes publics falsifiés,
09:29ils avaient 200% de publics,
09:31ils avaient une administration qui était vraiment foireuse,
09:34ils avaient un marché du travail fictif,
09:35et ils avaient des retraites qui coûtaient 20% du PIB,
09:38et les nôtres sont à 14%.
09:39Donc, il faut raison garder.
09:41En revanche, je le redis,
09:43il y a la crise aiguë,
09:45mais aussi la crise rempente.
09:47Et la crise rempente, c'est celle que nous vivons,
09:49c'est-à-dire, c'est celle de la dégradation de notre crédit,
09:51c'est celle de l'augmentation de nos taux d'intérêt.
09:54Vous savez, j'ai quitté la Commission européenne en 2019,
09:57et j'étais chargé justement de suivre les finances publiques européennes.
10:01Qu'est-ce que je...
10:02À l'époque, l'idée que la France aurait eu des taux d'intérêt plus élevés
10:05que la Belgique, l'Espagne, le Portugal,
10:07vraiment, ça ne me serait pas venu à la tête.
10:10Mais l'idée que nous aurions des taux d'intérêt plus élevés
10:13et significativement que la Grèce ou l'Italie,
10:16là, je me serais dit, quelqu'un qui m'aurait décès,
10:17je me suis dit, c'est insensé, inenvisageable,
10:20et nous y sommes.
10:21Et donc, si vous voulez, en réalité...
10:23Donc, ce qu'on pense inenvisageable peut arriver ?
10:25Non, le message que je veux passer,
10:27c'est que c'est une question qu'il faut traiter.
10:29Il faut la traiter maintenant, il faudra la traiter après 2017.
10:31Mais justement, pour la traiter...
10:33Attendez, le prochain président de la République,
10:35son travail, pendant cinq ans,
10:37ce sera pour beaucoup de lutter contre l'endettement.
10:40Ce sera de réduire le déficit.
10:42Ce sera de maîtriser la...
10:42En baissant les dépenses, on augmente les recettes ?
10:45Alors...
10:46Pardon, ce raisonnement binaire, mais...
10:47Non, non, il n'est pas binaire, il peut même être ternaire.
10:49En fait, il y a trois moyens.
10:50Il y a la croissance, il ne faut surtout pas la casser.
10:52Notamment, il faut encourager tout ce qui est innovation,
10:56recherche, et plus d'activité.
10:57Donc, il ne faut pas être contre ça.
10:59Au contraire, il faut investir, y compris au niveau européen.
11:01Mais pour ça, il faut que la France soit crédible.
11:03Donc, la croissance, il faut la muscler.
11:04Enfin, 0,4 point de croissance, c'est très ennuyeux.
11:07C'est la première fois que ça se produit
11:08où la France décroche par rapport à la zone euro.
11:10La deuxième chose, c'est la fiscalité.
11:13Un chiffre de plus, je ne veux pas câbler,
11:15là, mais on a 44,2% de prélèvements obligatoires.
11:17Nous sommes les plus élevés de la zone euro.
11:19On ne peut pas faire beaucoup plus.
11:20Ça ne veut pas dire qu'il n'y aura pas de fiscalité.
11:22Celui qui dit qu'il n'y aura pas du tout mentirait.
11:25Notamment que les plus aisés doivent être mis à contribution.
11:27Ils doivent l'être.
11:28Mais on ne peut pas non plus raconter
11:32qu'il suffit d'aller chercher l'argent où il est,
11:34qu'il y a des centaines de milliards d'euros de France fiscale.
11:36Je ne crois pas que ce soit le cas.
11:37Ou bien qu'il suffit de faire l'attaque du Zuckman.
11:39Non, il faudra calibrer les choses.
11:41Par exemple, je prends un exemple.
11:42Le pacte d'Utreil.
11:44Je ne vais pas commenter du tout le projet de budget,
11:46mais je ne comprends pas qu'on ne le réforme pas.
11:48Qui sert aux transmissions des entreprises.
11:49La transmission des entreprises familiales,
11:50c'était 800 millions en 2020.
11:53Aujourd'hui, c'est 5 milliards.
11:54Et on sait que ça profite à quelques fortunes
11:56et qu'on peut mettre dedans des yachts et des jets.
11:57Il faut récupérer.
11:58Alors justement, vous parlez du budget.
11:59Et la troisième chose, et je viens quand même,
12:02c'est qu'il faut bien faire des économies sur les dépenses.
12:04Et pour ça, il faut réformer l'État.
12:07Réformer les politiques publiques.
12:08Soulever le capot.
12:09Et puis changer les pièces qui doivent l'être.
12:12Alors, vous parlez du budget.
12:14Sébastien Lecornu, sa préoccupation,
12:16c'est d'essayer de boucler le budget 2027.
12:18Il vient d'écrire aux socialistes.
12:20Il leur propose de bâtir un nouveau compromis
12:22comme il l'a fait l'année dernière
12:24en décidant de suspendre la réforme des retraites.
12:26Est-ce que c'est la bonne voie, la bonne stratégie ?
12:30Manifestement, il donne des signes aux socialistes,
12:32mais pas qu'aux socialistes.
12:34J'ai eu l'impression comme ça.
12:35Enfin, il n'écrit pas aux députés du Rassemblement national ?
12:38Non, ce n'est pas comme ça que ça se passe.
12:40Mais bon, il entend peut-être aussi certaines positions
12:43qui ont été prises.
12:45Il va falloir qu'il trouve son chemin
12:46dans cette assemblée qui est très difficile.
12:49Moi, je dirais simplement deux choses sur ce budget.
12:50La première, c'est que je souhaite qu'il y ait un budget.
12:52Ce n'est pas une balisade, mais enfin...
12:54Même s'il est mauvais ?
12:56Alors, le deuxième, c'est qu'il faut que ce budget
12:57soit un budget qui, sans être un budget d'austérité,
13:00il ne le faut pas, ce n'est pas possible,
13:03nous ramène vers les 5% de déficit.
13:05C'est quand même la cinquième année de suite
13:06que nous sommes au-dessus.
13:07Et c'est ça qui explique que notre dette continue
13:09de croître à cette vitesse exponentielle.
13:11Et donc, il faut quand même y parvenir.
13:13Après, c'est au Premier ministre
13:14de négocier avec les groupes comme ils sont à la sorgue.
13:16Est-ce que les socialistes doivent accepter la main tendue ?
13:19Non, mais par responsabilité, quand on est un gouvernement.
13:22Un parti, le gouvernement, par définition,
13:24doit être discuté avec le gouvernement.
13:27Même en période électorale à 6 mois du premier tour ?
13:30L'idée qu'on ne discute pas, qu'on est fermé d'avance,
13:32qu'on a pris la décision d'avance, ce n'est pas la bonne.
13:34En revanche, ce qui est clair aussi...
13:35Vous dites à vos amis socialistes, soyez responsables.
13:39Ce n'est plus vos amis.
13:41Je ne suis plus en tout cas un socialiste.
13:42Je reste un homme de gauche,
13:44mais je ne suis pas du tout dans ces arcanes-là.
13:46Pas du tout.
13:47Oui, bien sûr.
13:47Je suis indépendant, je regarde ça non pas de loin,
13:50mais ça m'intéresse, mais ça me préoccupe.
13:52Non, je pense que le gouvernement doit forcément discuter
13:54avec tous les partis politiques représentés sur les bancs de l'Assemblée.
13:58Je le dis bien tous.
14:00Après, c'est au gouvernement de faire aussi.
14:02Parce que si j'étais...
14:03Oui, mais il y a la pression...
14:05Je vais mettre à la place d'un député socialiste.
14:06Voilà.
14:07Vous êtes à la place d'un député socialiste.
14:09Je suis à la place d'un député socialiste.
14:10J'accepte de discuter, bien sûr.
14:12Je n'entre pas dans la discussion en disant
14:14c'est foutu, c'est fermé d'avance.
14:15Vous faites semblant de discuter, c'est différent.
14:17Non, j'ai des demandes.
14:19Et pour finalement voter, surtout dans une période électorale,
14:22il faudra que le gouvernement m'écoute.
14:23Oui, mais sinon, vous me ferez engueuler par les députés insoumis
14:26qui vont vous dire que vous êtes un traître,
14:28vous pactisez avec les macronistes.
14:30Il y a quelques mois d'une échéance électorale,
14:32ça fait plus de voix pour Mélenchon et moins pour les socialistes.
14:34Oui, vous savez, il faut quand même assumer
14:36que les socialistes ne sont pas des insoumis.
14:38Ils devraient le faire, vraiment et très clairement.
14:41Ils ne sont pas soumis aux insoumis non plus.
14:43Donc les socialistes, moi j'ai été socialiste.
14:45Un socialiste, c'est quelqu'un...
14:47Dans mon cœur et dans ma tête, je le suis encore,
14:49mais je ne suis plus membre d'un parti politique.
14:51Vous allez voter la primaire ?
14:53Peut-être.
14:53Il faudra qu'on m'en donne envie aussi, c'est pareil.
14:55Vous avez payé vos 15 euros ?
14:57Pas encore, j'attends de voir les débats pour...
14:59Vous n'êtes pas encore convaincu par les...
15:00Je ne suis pas convaincu par la primaire, telle qu'elle est.
15:03Vous n'êtes pas votre candidat non plus encore ?
15:05J'ai évidemment des sympathies.
15:07Lesquels ? Olivier Faure ?
15:09Plutôt vers Raphaël Glucksmann ?
15:11Je suis un social-démocrate, européen,
15:14attaché à l'État de droit depuis longtemps,
15:16et je regarderai celui qui correspond le plus.
15:18C'est le portail robot de Raphaël Glucksmann.
15:21Ça vous fait plaisir de revoir Ségolène Royal ?
15:23Je suis toujours content de voir Ségolène Royal.
15:25Je pense néanmoins qu'il faut que le débat soit moderne,
15:28parce qu'il y a quand même une chose qui est gênante,
15:30je pense, pour tout le monde,
15:31c'est que ce débat doit avoir de la hauteur, de la dignité.
15:34Il ne doit pas être un débat où on attaque les personnes.
15:36Parce que si la seule question, c'est de savoir...
15:38S'il y a deux questions.
15:39Un, est-ce qu'on est pour conter les filles ?
15:40Et deux, qui a fait son stage ?
15:42Ou qui est là depuis 45 ans ?
15:44Ça ne va pas attirer les foules.
15:45Et donc moi, j'ai envie que ce débat...
15:48Vous donnez envie.
15:49Elle me donne envie et surtout qu'il traite...
15:50Elle me donne envie de payer 15 euros et d'aller voter,
15:51si j'ai bien compris.
15:5215 euros, ce n'est pas un gros problème pour moi.
15:55Vous n'avez pas sûr d'avoir envie de voter ?
15:56Ou si vous voulez, je ne suis pas suffisamment enthousiaste
15:59pour avoir déjà pris mon inscription sur la plateforme.
16:02J'espère qu'à la fin, je le ferai.
16:04Pas par obligation, pas par routine,
16:06mais avec un choix de cœur et de tête.
16:10Merci Pierre Moscovici.
16:11Vous m'avez dit, vous pouvez me le refaire,
16:13je suis content de revoir Ségolène Royal et que ça se voit.
16:16Non, non, non, non.
16:17Je suis toujours content, mais je lui demande en même temps
16:20de rester à la hauteur d'un débat de fond.
16:24Elle sait faire.
16:25Merci Pierre Moscovici.
16:27Dans un instant, deux influenceuses françaises arrêtées à Dubaï,
16:31consommation de drogue, attention, ça peut valoir très cher
16:33dans les Émirats dubaïotes.
16:36Et puis le signé consigné, on parlera du budget.
16:39Est-ce que le Parti Socialiste doit sauver Sébastien Lecornu,
16:42le Premier ministre, débat avec Thomas Legrand,
16:46éditorialiste, socialiste ?
16:47Je ne sais pas.
16:48Oh non, on en parlera tout à l'heure dans le signé consigné, bien sûr.