- il y a 24 minutes
Marine Tondelier, candidate "EELV" à l'élection présidentielle, était l'invité de BFMTV ce 1er novembre. Elle est notamment revenue sur la journée de mobilisation sociale qui a touché l'hexagone le 31 octobre dernier.
Catégorie
📺
TVTranscription
00:00Notre prochaine invitée est Marine Tondelier, évidemment patronne des écologistes et candidate à la présidentielle.
00:06Bonsoir Madame Tondelier.
00:09Bonsoir et merci de permettre ce duplex.
00:12On va commencer évidemment avec ce qui s'est passé hier avant de se projeter sur cette semaine importante qui
00:18va commencer lundi.
00:20D'abord hier, donc des centres-villes globalement épargnés, des commerçants aussi, des cortèges fournis,
00:25encore plus de 300 000 personnes dans les rues de toute la France, malgré les conditions parfois compliquées pour manifester.
00:32Quelques tensions à la fin des cortèges, mais sans commune mesure avec ce qui s'est passé il y a
00:37deux semaines.
00:37Est-ce que vous diriez que globalement, cette journée s'est bien passée et que l'État a été à
00:43la hauteur ?
00:46Je me félicite, oui, du bilan que vous faites, c'est-à-dire beaucoup de monde dans les rues et
00:51peu de dégâts.
00:52C'est une réussite de ce mouvement social.
00:55Alors quand vous dites, vous sous-entendez en gros que l'État a bien géré les choses, que du coup
00:59ça s'est bien passé,
01:01ça sous-entend donc que le 17 octobre, c'était leur fiasco à eux qu'ils n'avaient pas anticipé,
01:06qu'ils n'avaient pas organisé les choses
01:07et que donc quand ils anticipent les choses et qu'ils mettent en œuvre les bonnes dispositions, alors les choses
01:13se passent mieux.
01:14Je dis pas bien parce qu'il y a quand même encore des dégradations et des dispersions de cortèges qui
01:18ne se passent pas bien.
01:19Et moi j'ai encore vu des images hier assez choquantes, mais par rapport au 17 octobre, c'est sans
01:24commune mesure, vous avez raison de le souligner.
01:26Du coup, est-ce qu'il faudrait maintenir cette stratégie puisqu'elle a porté ses fruits ces deux derniers samedis,
01:32pour le 5 novembre et pour les prochaines journées de contestation ?
01:35Stratégie, je veux dire, d'un point de vue du maintien de l'ordre, autant de policiers et gendarmes,
01:41des cortèges, des parcours un peu modifiés et des couvre-feux aussi.
01:45Est-ce que, pour l'instant, il faut que ça dure ?
01:50Bon, moi je vais commencer par rappeler que la liberté de manifester, c'est un droit fondamental dans notre pays.
01:56Et donc, je voudrais souligner quand même que les organisateurs des manifestations ont été responsables pour deux.
02:02Vous voyez, à Paris, le cortège, deux week-ends de suite, il y a eu une volonté de l'État,
02:10de la préfecture de police de Paris aussi,
02:13de changer les parcours en toute dernière minute et avec les recours faits par les organisateurs,
02:18jusqu'au dernier moment où on ne savait pas où il fallait manifester.
02:20Et à chaque fois, les organisateurs ont appelé au bon cortège, au cortège officiel, légal.
02:26Ils n'ont pas dit, allez, on va quand même à Bastille, etc.
02:27Je le dis parce qu'en fait, c'est quand même très frustrant de se faire balader comme ça de
02:32lieu en lieu dans Paris,
02:33d'avoir du mal à envoyer les contre-ordres parce qu'on communique sur des cortèges,
02:38les lieux changent au dernier moment, c'est difficile de récupérer tout le monde.
02:40Et je trouve que nous sommes extrêmement responsables là-dessus.
02:45Et je regrette d'ailleurs parce que du coup, à chaque fois, l'avant-manif, tous vos reportages,
02:50et je le comprends, en fait, on est tous en train de communiquer sur le parcours du cortège.
02:53Et moi, j'étais samedi à Lille, voilà, à Lille, on disait, mais pourquoi toutes les chiennes,
02:57elles sont en train de parler du changement de parcours ?
02:59Enfin, c'est bon, on a compris, on a déjà fait 24 heures là-dessus la semaine dernière,
03:02on refait 24 heures là-dessus cette fois-ci, on a envie de parler des revendications.
03:06Donc ça, c'est une chose.
03:07Et je vous dis quand même que ce n'est pas parce que les choses se passent mieux
03:10qu'elles se passent totalement bien et qu'on est totalement satisfait.
03:13Moi, j'ai quand même un souci sur l'usage quasi systématique maintenant du gaz lacrymogène
03:18de manière indistincte, selon que vous êtes un casseur ou un manifestant pacifiste
03:22qui se retrouve au mauvais endroit au mauvais moment.
03:24Vous savez, moi, en tant que femme, c'est la première fois de ma vie
03:27qu'en rentrant de manif, je devais taper gaz lacrymo, allaitement,
03:30pour savoir, une fois que je m'étais prise de la lacrymo,
03:33ce n'est pas la première fois de ma vie, mais bon, il se trouve que j'allaites en ce
03:36moment.
03:37On rentre en tant que femme, on se dit, mais comment on doit faire ?
03:39On voit plein de récits de femmes qui disent, moi, j'ai eu des saignements anormaux,
03:42des récits de fausses couches.
03:43Et on se rend compte, en cherchant que l'effet des gaz lacrymo sur la santé des femmes,
03:46il n'a jamais été trop investigué.
03:48C'est un souci pour les manifestantes, c'est aussi un souci pour les femmes
03:51qui assurent le maintien de l'ordre, parce que c'est un risque professionnel
03:55qui peut-être n'a pas été tout à fait investigué.
03:57Et ça, je le dis au ministère de l'Intérieur, c'est quand même la moitié de la population,
04:02les femmes.
04:03Et donc, je sais que dans la santé en général, on recherche moins les effets,
04:07ou les symptômes, ou les médicaments, les traitements sur les femmes que sur les hommes,
04:11parce que les femmes, c'est compliqué.
04:12Vous comprenez, on a des hormones, etc.
04:14On a des cycles.
04:15Et j'ai beaucoup travaillé sur ce sujet-là, sur l'infertilité.
04:18C'est toujours moins investigué chez les femmes que chez les hommes.
04:20Bon, c'est un problème.
04:21Et donc, ce gaz lacrymo, ce n'est pas anodin.
04:24Ce n'est pas, ça pique les yeux et puis on rentre chez soi, c'est terminé.
04:27Donc, je le dis, il y a plein de femmes.
04:29Maintenant que j'ai communiqué là-dessus, sur gaz lacrymo allaitement,
04:31où je me pose la question, qu'est-ce qu'on fait rentrant chez nous ?
04:34Alors évidemment, on se lave les cheveux, on change de vêtements.
04:36Bon, il y a des réflexes.
04:36Mais est-ce qu'on peut donner son lait ?
04:38Est-ce qu'il faut le tirer et le jeter ?
04:39Est-ce que c'est inoffensif pour les bébés ?
04:42Enfin, franchement, on se pose plein de questions.
04:43Et y compris les médecins ne sont pas capables de nous répondre.
04:46Ce n'est pas investigué.
04:46Et bien, si on ne sait pas, principe de précaution, on ne fait pas.
04:49Quand je vois même qu'il y a une petite fille,
04:52qui m'a l'air de avoir 5-6 ans sur les images,
04:54qui s'est fait gazer à Rennes, il me semble.
04:56Elle était avec sa maman, toute habillée en rose, toute mignonne.
04:59On la voit se prendre de lacrymo et que le ministre de l'Intérieur explique
05:02que pour lui, c'était très proportionné.
05:04Alors, je ne sais pas quelle menace pour la République,
05:07cette petite fille représentée.
05:08Je me pense quand même beaucoup de questions.
05:10Donc ça, c'est des choses sur lesquelles il va falloir travailler
05:12parce qu'on est quand même parti, vous l'avez compris,
05:14pour manifester encore quelques semaines.
05:18Alors, vous, vous dites qu'évidemment, ça va durer.
05:20Juste notre reporter, Igor Saïry,
05:22et sur ce plateau, vous vouliez réagir à cette utilisation des gaz lacrymogènes.
05:26Oui, parce que je vais dans le sens de Marine Tondelier.
05:28En réalité, je vais vous donner deux exemples.
05:30D'abord, hier, porte de Charenton, la dispersion démarre à peine.
05:35Il y a encore des dizaines de milliers de personnes sur ce boulevard.
05:38Très peu d'accès pour en partir.
05:41Et c'est vrai qu'il y a des gaz lacrymogènes
05:43qui sont jetés par les forces de l'ordre.
05:45Et à ce moment-là, il y a énormément de manifestants.
05:47Sans doute des gens qui ont d'autres ambitions à la fin de ce cortège,
05:51mais essentiellement des manifestants.
05:53Et moi-même, mes collègues...
05:54Oui, aussi des gens qui avaient d'autres ambitions.
05:57C'est tout le problème, non ?
05:58C'est tout le problème.
06:00Comment on fait ?
06:00Est-ce que le gaz lacrymogène est à ce moment-là indispensable ?
06:04Et le problème, c'est que les gens ne pouvaient pas sortir rapidement à ce moment-là, si vous voulez.
06:08Donc tout le monde subit ce gaz lacrymogène,
06:09qui, il faut le rappeler, est quand même très violent.
06:11L'autre exemple que je vais donner, c'est le 17, place de la République,
06:15aux alentours de 12h, 12h30,
06:17j'ai rencontré un manifestant qui sortait à peine du métro,
06:20qui était encore dans la station,
06:21et qui a reçu du gaz lacrymogène.
06:23Les gaz lacrymogènes ont été jetés extrêmement rapidement.
06:26Et c'est pour ça que les manifestants, ensuite,
06:28partent en petits groupes, un peu partout dans le secteur République,
06:31et que la casse commence.
06:32Je ne sais pas s'il y a une autre cause à effet,
06:33mais en tout cas, ce jet de gaz lacrymogène, très rapidement,
06:37moi, m'a interrogé.
06:37Vous l'avez expérimenté aussi.
06:39Il y a aussi, ça fait partie des images marquantes de la journée d'hier,
06:42des forces de l'or qui ont été violemment prises à partie,
06:44Marine Tondelier, par des émeutiers,
06:47pas par des manifestants, par des casseurs.
06:50Et vous nous disiez, il y a quelques secondes,
06:52on est parti pour durer,
06:53sauf que ces forces de l'or, elles disent,
06:55vu le rythme-là, vu la manière dont ça se passe,
06:58on ne va pas pouvoir tenir très longtemps.
06:59Vous leur répondez quoi ?
07:04Alors, je commence par remercier votre reporter de terrain
07:07pour ce qu'il dit,
07:08parce que j'ai entendu peu de journalistes
07:10et peu de contenus éditoriaux le souligner.
07:12Et effectivement, quand c'est en fin de manif,
07:14moi, je vais vous dire, sachant que j'ai lait et que je n'ai pas les réponses,
07:16qu'est-ce que je fais ?
07:17En fait, je pars avant la fin des manifs.
07:19Et heureusement que tout le monde ne fait pas ça,
07:20sinon on ne serait même pas comptabilisé.
07:22Mais je fais ça.
07:23Mais quand j'ai été victime de la CRIMO,
07:25en l'occurrence, c'était le 17 octobre,
07:27Place de la République,
07:28l'exemple vient d'être signalé.
07:30Et j'avais tout simplement rendez-vous pour un point presse
07:32avec vos journalistes, notamment, pas qu'eux.
07:35Et ils étaient de l'autre côté de la place,
07:37donc il fallait bien que je la traverse.
07:38Et je me suis retrouvée au milieu des événements au mauvais moment.
07:41Pour ce qui concerne les violences des émeutiers envers les policiers,
07:44évidemment, il faut les condamner.
07:46Toujours.
07:46Vous savez, quand on manifeste pour plus d'argent dans la fonction publique,
07:50plus de services publics,
07:52les forces de l'ordre, c'est aussi une partie du service public.
07:54Quand on manifeste pour soutenir les travailleurs,
07:57eh bien, écoutez, ce n'est pas un métier comme les autres.
07:59Je ne sais pas d'ailleurs s'il y a un métier comme les autres
08:01qui existe dans ce pays.
08:02Chaque métier est particulier.
08:03Mais enfin, les forces de l'ordre, ce sont aussi des travailleurs.
08:05Et donc, on ne peut pas se dire que quand c'est des policiers,
08:07on s'en fout.
08:08Moi, je ne serai jamais d'accord avec ces discours.
08:09Par contre, si on veut que la confiance entre les manifestants
08:13et la police existe,
08:14eh bien, c'est important de se dire ce qu'on vient de se dire
08:16avec votre reporter de terrain.
08:18Parce qu'en fait, il y a un problème sur la doctrine
08:20du maintien de l'ordre en elle-même.
08:21Et donc, ça, ce n'est pas de la faute des policiers.
08:23C'est la doctrine française du ministère de l'Intérieur.
08:28Ensuite, il y a des consignes qui sont données,
08:29qui parfois sont illégales,
08:31et qui sont données quand même, par exemple,
08:32les lacrymos en sommation,
08:34par exemple, les nassages, etc.
08:36Puis après, il y a les comportements individuels
08:38qui sont problématiques.
08:39Par exemple, les forces de l'ordre
08:42qui n'affichent pas leur numéro.
08:43Et donc, ça, ça abîme aussi la confiance.
08:46Et moi, je vais vous dire,
08:47vous ne me verrez jamais nuire à un policier
08:50ou nuire à un travailleur tout court.
08:52Je suis non-violente.
08:53Et jusqu'au bout, je le resterai.
08:54Mais par contre, moi, j'ai rencontré beaucoup
08:56de lycéens, de lycéens.
08:58Marine Tondelier, je ne vous parlais pas des violences.
09:01Vous ne voulez pas m'écouter.
09:01De se faire gazer à 15 cm du visage.
09:04Donc voilà.
09:04Je ne vous parlais même pas des violences.
09:06Mais je vous dis que...
09:07Je vous parle de l'épuisement des forces de l'ordre.
09:09Je vous parle de l'épuisement des forces de l'ordre
09:10parce que visiblement, ce mouvement est parti pour durer.
09:13Et j'ajoute à cela, Marine Tondelier,
09:15il y a un sondage qui est sorti dans le Figaro il y a deux jours
09:17qui dit que 64% des Français interrogés dans ce sondage au Sodoxa
09:22veulent que la contestation lycéenne s'arrête
09:25parce que le mouvement est accompagné de violences.
09:28Ce que je veux dire, c'est qu'il y a aussi de nombreux Français
09:30qui en ont ras-le-bol aujourd'hui.
09:31Et peut-être même une majorité de Français.
09:34Qu'est-ce que vous leur dites à eux ?
09:36Oui. Alors, sur la fatigue policière,
09:39elle est quand même liée au fait que le maintien d'ordre est intense.
09:43Le mot est sûrement trop fort pour certains
09:45et pas assez fort pour d'autres.
09:46Mais en tout cas, ce n'est pas une promenade de santé.
09:48C'est aussi ça le problème de l'épuisement.
09:50Ce n'est pas juste le nombre de manifestations.
09:51C'est les images que vous voyez en fin de manifestation,
09:54notamment et parfois même au début, on l'a dit.
09:56Ensuite, sur les Français qui disent
09:58« Bon, maintenant c'est bon.
09:59Les lycéens ont eu des réponses à leurs revendications.
10:02Ils peuvent rentrer chez eux. »
10:03Moi, je vais répondre plusieurs choses.
10:05La première chose, c'est qu'évidemment,
10:07si vous posez la question,
10:08et les sondages ont toujours un biais de méthode,
10:10y compris les sondeurs l'admettent,
10:12et vous le savez très bien sur ce plateau.
10:13Si vous dites « Bonjour madame, je vous appelle pour vous poser la question.
10:16Il y a des manies, vous avez subi, oui, oui.
10:19Les lycéens ont eu réponse à leurs revendications.
10:21Le gouvernement a répondu aux revendications.
10:23Est-ce que vous pensez qu'ils doivent continuer à manifester ? »
10:25Il y a plein de gens qui vont dire
10:26« Ah bon, ils ont eu des réponses ? »
10:27Bon, ben non, du coup, ça peut s'arrêter.
10:29Ils ont eu des réponses.
10:30Moi, j'ai regardé quelles étaient les réponses aux revendications.
10:32Par exemple, quand le gouvernement dit
10:34« Eh bien, Parcoursup, on arrêtera en 2028. »
10:38Mais écoutez, il faut l'expliquer quand même aux gens
10:40qu'entre maintenant et 2028, il n'y avait pas une élection.
10:43Bon, ça, normalement, ils sont au courant.
10:45Mais politiquement, il faut que chacun ait conscience
10:47que les promesses de M. Lecornu
10:50de mettre fin à Parcoursup en 2028
10:52n'engagent que lui.
10:53N'engagent absolument pas
10:54le prochain ou la prochaine présidente,
10:57le prochain gouvernement.
10:58Et donc, si on ne crante pas les choses maintenant,
11:01si on ne supprime pas Parcoursup,
11:03là, maintenant,
11:04que ce soit fait, que ce soit cranté,
11:07alors, il restera.
11:08Par contre, si vous le supprimez maintenant,
11:10le prochain gouvernement, c'est compliqué
11:11de remettre Parcoursup, une fois que vous l'avez enlevé.
11:14Donc, il faut cranter les choses maintenant.
11:15Les moyens budgétaires qui sont mis sur la table,
11:17excusez-moi, j'ai du mal à y croire.
11:19Je ne les crois plus.
11:20Et donc, du coup, ça, il faut le comprendre.
11:21Et la deuxième chose qu'il faut comprendre,
11:23c'est que dans la rue,
11:24les centaines de milliers de manifestants
11:26qui sont maintenant dans la rue,
11:28ils ne sont pas juste là pour les revendications lycéennes.
11:30Ils sont en total soutien
11:31des revendications lycéennes étudiantes.
11:33Ça, c'est vrai.
11:34Mais écoutez, moi, quand je vais manifester,
11:35je ne manifeste pas que pour ça.
11:37Puis, je vais vous pouvoir parler un peu d'écologie
11:38parce que cet été,
11:40je vous en prie sur les autres,
11:41comme ça brûlait,
11:42tout le monde en parlait.
11:43Mais attendez, madame,
11:45dans huit jours commence la COP 31.
11:47Personne n'en parle.
11:48On est d'ailleurs, voilà,
11:50dix ans après les accords de Paris.
11:52Personne n'en parle non plus.
11:53Mais il se trouve que cet été,
11:55la canicule, la sécheresse,
11:56les incendies,
11:57ça a coûté 16 milliards d'euros à notre pays.
11:59On en parle quand ?
12:00Il se trouve que les Français
12:01n'arrivent pas à payer leur plein
12:02parce qu'on n'a pas fait assez
12:04de véhicules électriques.
12:05Il se trouve qu'on n'a pas assez isolé les maisons.
12:07Donc, ils n'arrivent pas à payer
12:07leur facture d'électricité.
12:08Il se trouve que la sécheresse
12:09fait qu'on paye l'alimentation plus chère.
12:12Il y a 13% des Français
12:15qui ne mangent pas à ça.
12:23Vous pouvez en parler aussi.
12:24Vous pouvez en parler aussi toute seule.
12:26Non, je vais regarder, je le fais.
12:28Oui, ben voilà, exactement.
12:29Je peux en parler toute seule chez moi, certes.
12:31Mais comme je veux de la politique,
12:32je préfère en parler aux Français.
12:33Mais ce que je veux dire,
12:34c'est que vous n'avez pas besoin
12:34qu'on vous interroge là-dessus
12:36pour que vous puissiez en parler.
12:37Vous pouvez en parler aussi spontanément.
12:39C'est ça que je veux dire.
12:40Et vous le faites, là.
12:41La preuve, la preuve.
12:41Je dois hacker les interviews
12:43pour le faire
12:43et je vais continuer.
12:45Je vous fais confiance pour ça.
12:47Mais du coup,
12:47vous appelez les lycéens demain
12:48à reprendre le blocage.
12:53C'est annoncé n'est pas suffisant.
12:54Poursuivez les blocages.
12:59Je leur dis qu'on leur fait confiance
13:01et qu'on les soutiendra.
13:02Je leur dis aussi
13:03de faire attention à eux
13:04parce que je les ai accompagnés
13:05sur plusieurs blocages.
13:06J'ai beaucoup discuté
13:07avec les lycéens de ma région
13:09à Lens, à Arras, à Lille, à Douai.
13:11Et ils m'ont raconté aussi
13:12ce qu'ils avaient vécu.
13:13Je pense que ça ne se produira
13:15plus de la même manière
13:15parce que maintenant,
13:16on est présent avec les élus,
13:18que les images ont circulé,
13:19que les parents sont mobilisés,
13:21les parents de délèves.
13:22Ils étaient hyper choqués.
13:22Les profs aussi.
13:23Et donc, je pense que
13:24ça ne pourra plus se passer
13:25de la même manière
13:26parce que maintenant,
13:26on les regarde.
13:27On les regarde,
13:28on les soutient
13:29et on ne laissera pas faire.
13:31Mais vous savez,
13:32ce n'est pas les politiques
13:33qui, en duplex,
13:35disent aux lycéens quoi faire.
13:36C'est eux qui s'organisent.
13:37Moi, je suis allée à Douai.
13:38Je leur ai dit
13:38mais comment ça se fait ?
13:39Parmi vous,
13:40il n'y en a aucun
13:40qui est dans un parti politique.
13:41Il n'y en a aucun
13:42qui est maintenant
13:42dans un syndicat étudiant
13:43ou lycéen.
13:44Comment vous faites
13:45pour organiser un blocage ?
13:46Moi, à votre âge,
13:47si j'étais aidée par personne,
13:48je n'aurais pas su le faire.
13:49Ils me disent
13:50nous, on a tapé sur Internet
13:51comment bloquer son lycée
13:52et puis on l'a fait.
13:53Et donc, vous voyez,
13:53ils n'ont pas besoin de nous,
13:54pas besoin de nos conseils,
13:55pas besoin de nos consignes.
13:56Ils font et on leur fait confiance
13:58et on est en total soutien.
13:59Ils savent où nous trouver
14:00s'ils ont besoin de nous.
14:01C'est comme ça que ça se passe.
14:02Thierry Arnaud et Guillaume Tavard.
14:04Marine Tondelier,
14:04vous disiez au début
14:05de notre conversation
14:06que vous vous prépariez
14:07pour quelques semaines encore.
14:09Ça veut dire donc
14:10que vous n'attendez pas
14:11de fin rapide
14:12à ce mouvement
14:13et que vous pensez
14:14qu'il va devoir continuer,
14:16voire s'amplifier
14:17pour parvenir au bout
14:19des revendications
14:20que vous exposez ?
14:23Oui, parce que vous voyez
14:24les réponses
14:25dont je vous parlais
14:27à l'instant
14:27sur Parcoursup, par exemple,
14:29c'est quand même
14:29une réponse à une question
14:30qui a été posée
14:31pendant un mois et demi
14:32sans que le gouvernement
14:33daigne, serait-ce que
14:34recevoir les lycéens.
14:36Recevoir les lycéens.
14:37Et donc maintenant
14:37qu'il y a eu
14:38cette convergence des luttes,
14:40maintenant qu'il y a eu
14:41cette convergence des luttes,
14:43écoutez, il y a quand même
14:44beaucoup de revendications
14:44sur lesquelles il faut répondre.
14:46Les gens ne rentreront pas
14:47chez eux
14:47sans réponse
14:48sur les services publics,
14:50sur le pouvoir d'achat,
14:51sur le climat.
14:52Maintenant, dans la rue,
14:53il y a des retraités,
14:54il y a des travailleurs,
14:55il y a des précaires,
14:56il y a des fonctionnaires,
14:57il y a même des journalistes.
14:58J'ai manifesté, moi,
14:59avec tous les journalistes
15:00au mois de juin
15:01parce que menace
15:02de remplacement
15:02par l'intelligence artificielle,
15:04situation de précarité
15:05pour beaucoup de pigistes
15:07et pas que d'ailleurs.
15:07Enfin, voilà,
15:08il y a plein de gens
15:09qui sont dans la rue
15:10pour plein de raisons différentes
15:12et après 10 ans de macronistes,
15:13ils ont bien des raisons
15:14de manifester.
15:15Et donc, ce n'est pas juste
15:16parce qu'on a une réponse
15:17sur Parcoursup pour 2028.
15:19Alors, qu'est-ce qui se passe
15:19jusqu'à 2028 ?
15:20Eh bien, rien.
15:21Vous continuez.
15:21Puis comme en 2027,
15:23ce ne sera plus des macronistes
15:24au pouvoir,
15:24leurs promesses ne seront pas tenues.
15:26Ça ne changera pas trop
15:27quand ils étaient au pouvoir d'ailleurs.
15:28Mais donc, vous voyez,
15:29c'est trop facile.
15:31Soit ils répondaient tout de suite,
15:33mi-septembre,
15:34aux premières revendications
15:35en disant, mais oui,
15:36Paul-Éluard à Saint-Denis,
15:37vos conditions d'études
15:39sont inacceptables.
15:40Évidemment qu'on vous met
15:41assez de chaises maintenant.
15:42Évidemment qu'on vous met
15:43assez de tables.
15:44Évidemment qu'on vous mettra
15:45du chauffage l'hiver
15:45et des portes dans les toilettes.
15:46Ils n'ont pas été capables
15:47de dire ça pendant un mois et demi.
15:49Et donc, pendant un mois et demi,
15:50plein de gens sont venus
15:51en renfort des lycéens dans la rue
15:52pour d'autres raisons aussi.
15:54Toujours en renfort des lycéens,
15:55mais avec d'autres revendications.
15:57Et maintenant, il y a beaucoup de monde
15:57à qui il faut répondre.
15:58Et donc, je pense que sans mesure
16:00sur le pouvoir d'achat
16:01et en fait, l'inflation aujourd'hui,
16:04vous savez que les études montrent
16:06qu'en 2025,
16:07mais ce sera aussi le cas
16:08en 2026 et en 2027,
16:09les ménages vont perdre
16:11en revenus réels.
16:12C'est-à-dire que quand on prend
16:13en compte l'inflation,
16:14ils vont s'appauvrir.
16:16Trois ans de suite.
16:17C'est assez inédit
16:17en termes de durée.
16:19Et ça, le fait qu'on s'appauvrisse,
16:21c'est très lié à l'environnement
16:24et au fait qu'il y ait
16:25une inaction climatique du gouvernement.
16:26Je vous l'ai dit,
16:27quand on n'aide pas
16:28à avoir des véhicules électriques,
16:30quand on n'aide pas
16:30à isoler son logement,
16:31quand on ne fait rien
16:33pour la sécheresse
16:33et que du coup,
16:34le prix de l'alimentation augmente,
16:35on laisse les gens
16:37en difficulté financière
16:38et donc sans mesure
16:39sur le climat
16:40et sur le pouvoir d'achat,
16:42je pense que les gens
16:43ne rentreront pas chez eux.
16:44En tout cas, moi,
16:45je vous le dis,
16:46moi et les écologistes,
16:47tant qu'on n'a pas
16:48de réponse sur l'environnement,
16:49on ne rentrera pas chez nous
16:49parce que c'est trop facile.
16:50Cet été, tout le monde
16:51était écologiste.
16:52Cet été, tout le monde
16:53était écologiste à l'agir.
16:54Merci Marine Tourgelier.
16:55Vous avez vu le début
16:55de commencement d'un quart
16:57de mesure de gouvernement
16:57sur l'environnement ?
16:59Ils avaient promis des choses.
17:00Cet été, ils avaient promis
17:01des choses pour les pompiers,
17:03pour l'isolation,
17:04pour l'environnement.
17:05Soit disant que Monique Barbu
17:06devait sortir des choses
17:07début octobre.
17:08On est maintenant début novembre.
17:09On va finir par s'énerver
17:11si on n'a pas de réponse.
17:12Allez, merci Marine Tondelier.
17:14Oui, vous faites bien
17:15de le préciser.
17:16Merci à Chloé Delofre
17:18qui a réalisé ce duplex
17:19pour BFM TV.
17:21Sous-titrage Société Radio-Canada
Commentaires