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  • il y a 1 semaine
N’CO Conseil coorganise au SIBCA le Sommet des Investisseurs consacré aux risques climatiques. Ils deviennent un risque financier majeur pour l’immobilier. La valeur et l’attractivité des actifs peuvent être impactés. Investisseurs et propriétaires doivent désormais intégrer canicules, inondations, sécheresses ou incendies dans leurs décisions d’acquisition. Une émission enregistrée au SIBCA, le salon de l'immobilier bas carbone.

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Transcription
00:06Smart Impact au CIPCA, le salon de l'immobilier Bacarbon, j'accueille mon premier invité Stéphane Carpier, bonjour.
00:11Bonjour Thomas.
00:12Bienvenue, vous êtes dirigeant associé chez Enco Conseil. Quelques mots de présentation d'Enco Conseil ?
00:16Enco Conseil est un cabinet de conseil en ESG dans l'immobilier.
00:22Ça fait 6 ans qu'on existe, on s'est créé pendant le Covid, mois de mars 2020, pour rappeler
00:28des bons souvenirs à tout le monde.
00:29Ce n'est pas forcément facile au début, mais on a quand même réussi à se déployer.
00:33Aujourd'hui, on est 12 personnes au sein de la société.
00:35On intervient sur tous les sujets immobiliers, près de tous les acteurs de l'immobilier, les investisseurs, les financeurs, les
00:42promoteurs, les architectes, les maîtres d'oeuvre,
00:44mais aussi ceux qui les occupent, ceux qui les construisent et aussi toute la filière immobilière.
00:51Et à partir du moment où il y a des sujets ESG et immobiliers, on est pertinent pour accompagner les
00:55acteurs.
00:56Et vous organisez ici au CIPCA le sommet des investisseurs.
01:00Il a eu lieu lors du premier jour de ce salon de l'immobilier bas carbone, consacré notamment aux risques
01:05climatiques.
01:06Je veux bien déjà que vous nous présentiez ce sommet des investisseurs.
01:08Qu'est-ce qui représente ici au CIPCA ? Pourquoi il est important ?
01:12Alors le sommet des investisseurs, déjà on co-organise, parce qu'on n'est pas les seuls organisateurs.
01:17Merci à Feriel Dorich déjà du CIPCA d'organiser ce sommet et de pouvoir parler avec l'ensemble de la
01:23profession d'investissement immobilier de ces enjeux carbone, on va dire, au sens large.
01:28Donc on l'organise avec l'IEF et donc Christian de Keranga animait aussi une partie du sommet hier.
01:37En fait, le sommet des investisseurs, tous les ans, c'est le moment où on se pose.
01:42On vient parler des nouveaux enjeux, des nouveaux sujets et où l'on parle aussi des retours d'expérience, de
01:48ce qui a fonctionné et pas fonctionné sur les différents éléments.
01:51Et donc, depuis quelques années maintenant, le sujet du bas carbone, c'est avant tout, on réduit les émissions de
01:57CO2, qui est un déterminant du changement climatique.
02:00Donc évidemment, il faut arrêter l'accélération, il faut la maîtriser, il faut éviter que ça ne s'emporte de
02:04trop.
02:05Donc on était plutôt dans les enjeux d'atténuation ?
02:08Exactement, tout à fait.
02:10Et là, vous vous êtes dit, il faut aussi qu'on soit dans les enjeux d'adaptation ?
02:12Alors oui, pourquoi il faut effectivement parler d'adaptation ?
02:17Hier, François Gémen, on parlait très bien hier matin, c'est lui qui a fait l'introduction du sommet des
02:21investisseurs, en parlant justement de tous les sujets.
02:26Alors, il a commencé son propos en disant, je ne vais pas trop vous parler de bâtiment.
02:28En fait, il n'avait parlé que de ça, c'était génial.
02:31Vraiment, bravo à lui, il a vraiment complètement bien serié le sujet.
02:35Et notamment en parlant de valeur des immeubles.
02:38Je vais y revenir juste après.
02:39Il faut avoir en tête qu'aujourd'hui, on est dans l'évolution du changement climatique.
02:44On est à peu près à plus 1,4 degré d'augmentation de la température à l'échelle de la
02:48planète.
02:49Et les perspectives aujourd'hui que l'on va se donner d'ici peu, c'est d'augmenter à 1
02:53,8.
02:54Ça veut dire que quoi qu'il arrive, et François Gémen le rappelait très très bien hier matin, il ne
02:59faut pas considérer qu'on va faire marche in arrière.
03:01C'est trop tard.
03:02La concentration de CO2 dans l'atmosphère fait que de toute façon, on ne pourra pas revenir à ce qu
03:07'on a connu avant.
03:07Donc, il faut se préparer à la suite.
03:10Et même si on va essayer de maîtriser l'évolution trop forte, il n'en reste pas moins que l
03:16'évolution, elle est là.
03:17Ce qu'on a connu cette année avec les effets de canicule, avec les tempêtes, avec les ouragans, les tornades
03:23même, qu'on a vu, on va continuer de le vivre.
03:26Ça va potentiellement se renforcer, avoir un peu plus d'épisodes qu'avant, mais il faut s'y préparer.
03:30Et donc, c'était effectivement l'un des grands sujets du sommet des investisseurs, mais pas que.
03:35Il y a un pavillon dédié à la résilience au sein de ce SIPCA qu'on co-anime aussi avec
03:39d'autres opérateurs.
03:41Et donc, ça devient vraiment un enjeu pour l'immobilier de voir comment les immeubles peuvent avoir une réponse au
03:47changement climatique.
03:48Ça veut dire que c'est perçu, le risque climatique est perçu comme un risque financier par le secteur ?
03:55Ou c'est encore un peu trop tôt ?
03:57Il y a encore un peu d'évangélisation à faire.
03:59On a toujours, comme dans toute évolution de process, on a des pionniers, on a des suiveurs et puis on
04:06a des réfractaires.
04:07Les pionniers étaient justement avec nous hier matin pour mettre en avant ce sujet-là.
04:12On a eu, par exemple, à la table ronde animée par Christian, on a eu Pimco, qui a pris ce
04:18sujet maintenant depuis pas mal d'années.
04:21On les accompagne d'ailleurs, nous, sur un certain nombre de leurs actifs pour identifier justement comment ces actifs sont
04:28adaptables aux évolutions de température,
04:31que ce soit la canicule, en cas de forts orages, comment est-ce qu'on traite les eaux de pluie,
04:34comment on évite les risques d'inondation.
04:36On travaille aussi sur ce sujet-là, par exemple, avec Atrim, qui est un autre acteur qui n'était pas
04:39l'hier matin, mais qui pourrait tout à fait en parler de façon approfondie.
04:42Et puis, on avait aussi très intéressant l'intervention d'une société qui s'appelle Lombard-Rodier, qui est un
04:49banquier suisse assez connu et qui justement fait de l'investissement immobilier,
04:55mais pas forcément direct. En fait, ils aident des investisseurs à acheter et qui a fait de ce critère de
05:00l'adaptation du changement climatique une priorité dans le go ou le no-go pour aller investir.
05:06La Banque Postale a le même discours en France aujourd'hui, par exemple, et d'autres comme CDC2I a aussi
05:14commencé à avoir ces discours-là.
05:16Ça veut dire que ça rentre dans la valorisation d'un bien immobilier. Peut-être que les uns et les
05:21autres, on va prendre l'habitude, même chaque particulier quand il achète,
05:24de se dire tiens, à la dimension du quartier, peut-être même de l'immeuble. On a reçu une entreprise
05:28qui propose ce service.
05:31Savoir si mon immeuble est soumis à tel ou tel risque climatique et donc quelle est sa valeur potentielle?
05:36Alors, avant de rentrer dans la valeur, il y a tout un schéma qui va se générer. Pour complètement l
05:43'intégrer à la valeur, il faudrait que les évaluateurs intègrent cette dimension.
05:47On n'est pas encore complètement là aujourd'hui dans leur grille de cotation. On a travaillé avec Hushman et
05:52Wakefield il y a quelques années de ça pour intégrer dans la grille de cotation
05:56les déterminants de la valeur verte. Évidemment que ce sujet-là en faisait partie, mais pour le moment, tout le
06:00monde ne l'a pas encore intégré.
06:02Pour autant, il y a un deuxième effet qui va nécessairement impacter directement la valeur, ça va être la transaction.
06:09Même si aujourd'hui, c'est assez à tonne sur le marché de ce point de vue-là, il ne
06:12reste pas moins qu'il y a des transactions qui existent
06:13et que nous, on accompagne les acteurs sur leur due deal. Évidemment, on les interpelle sur ce sujet-là.
06:18Un actif qui n'est pas résilient du point de vue du changement climatique, qui n'est pas résilient au
06:22changement climatique, qui n'est pas capable de s'adapter,
06:25évidemment, il y a un potentiel de coûts travaux pour le mettre au niveau qui impacte la valeur de l
06:30'actif.
06:31Et donc, par la transaction, ça va rentrer comme étant un élément de la valeur. Mais ça va mettre du
06:35temps et on est aux prémices de ces sujets-là.
06:38Est-ce que ça veut dire aussi qu'il faut... Parce que c'est coûteux de transformer, de rénover, de
06:43réadapter un bâtiment entier.
06:45Et ça veut dire qu'il faut inventer... Pas toujours. Pas forcément. Pas forcément.
06:48Mais est-ce qu'il faut inventer de nouveaux modèles de financement ?
06:51Alors, il y a deux éléments à inventer. Il y a effectivement potentiellement le financement.
06:58J'en parlais tout à l'heure au sommet des investisseurs hier matin. La Banque Postale et CDC2I ont bien
07:04indiqué qu'aujourd'hui,
07:05elles ne rénovaient pas leur modèle de financement. C'est un go ou un no-go.
07:09C'est-à-dire qu'à partir du moment...
07:10Plus radical que ça, quoi.
07:11Donc, du coup, c'est déterminant pour être capable de financer.
07:15Le deuxième élément qui peut éventuellement impacter la valeur, c'est le temps de retour sur investissement des travaux.
07:21Les sommes ne sont pas forcément monstrueuses. Quand on restructure un immeuble, le coût de travaux est bien plus important
07:26que la mise au niveau d'un immeuble qui ne serait pas adapté. Pour autant, la question est le retour
07:32sur investissement.
07:33On se dit toujours, n'importe qui qui assure quoi que ce soit, se dit toujours le risque ne m
07:37'arrivera jamais.
07:38Est-ce que j'ai vraiment besoin d'une assurance ?
07:39Sauf que le jour où il arrive, on sait que le coût de remise à niveau est très élevé.
07:44Et donc, en fait, il y a des modèles à inventer qui vont être par exemple sur l'occurrence du
07:48risque.
07:49Et de se dire, est-ce qu'il vaut mieux que j'investisse tout de suite ?
07:51Est-ce qu'il vaut mieux attendre que le risque arrive potentiellement de réadapter ?
07:54Il y a plein de petits éléments comme ça. On est en train, nous, en interne, de développer un outil
08:00justement sur ce sujet-là
08:01pour aider nos investisseurs, nos décideurs à passer le cap ou pas en fonction de ce qu'ils ont décidé.
08:07Mais en tout cas, en connaissance de cause et de savoir s'il y a un vrai risque.
08:11Dernier mot, il reste une minute. Est-ce que vous prévoyez ou est-ce que vous voyez déjà arriver
08:15une sorte de marché de l'immobilier à deux vitesses, les actifs transformés, résilients et les autres ?
08:21Il est déjà là sur d'autres critères. On parlait tout à l'heure d'atténuation avant de parler d
08:27'adaptation.
08:27Sur le sujet de l'atténuation, aujourd'hui, le décret tertiaire par exemple est devenu indéterminant.
08:32En tout cas, pour nous, pour les dossiers que l'on a terminé à travailler, évidemment, c'est notre métier.
08:36Il y en a d'autres qui ne le traitent pas encore, mais c'est devenu indéterminant.
08:39C'est-à-dire que soit on a un actif qui est aligné avec le décret tertiaire, voire même aligné
08:43avec la taxonomie européenne,
08:44voire même la trajectoire crème, soit il ne l'est pas. Et s'il ne l'est pas, dans ce
08:48cas-là, soit on ne le regarde pas,
08:49soit on va mettre les budgets derrière et donc on va faire baisser la valeur.
08:52C'est déjà le cas sur l'atténuation. L'adaptation arrive, évidemment, avec une grande lame de fond,
08:57qui va faire qu'on peut imaginer que d'ici 2-3 ans, ça devienne le classique et qu'on
09:07soit obligé d'intégrer cette dimension-là.
09:09Exactement. Merci beaucoup Stéphane Carpier, bon SIPCA, bon salon et à très bientôt sur l'antenne de Be Smart for
09:16Change.
09:16Tout de suite, on parle du label Bakarbon. Comment il est en train de s'imposer en Europe ?
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