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NewsTranscription
00:0113h-14h, Sud Radio, Génération Bercov, André Bercov.
00:07Bienvenue dans Génération Bercov, votre nouveau rendez-vous du vendredi de 13h à 14h sur Sud Radio.
00:13Alors chaque semaine, André Bercov vous raconte son histoire, qui est évidemment liée comme la nôtre à celle du monde.
00:20Alors pour préparer cette émission André, j'ai consulté Grock, la fameuse IA d'Elon Musk,
00:26et voilà ce qu'elle dit de vous en introduction bien sûr.
00:29Il a toujours refusé les étiquettes de gauche dans les années 80.
00:33Proche de la Mitterrandi, il s'est progressivement éloigné des consensus dominants.
00:37Il revendique le droit de penser librement, de parler à tout le monde et de ne pas se soumettre à
00:43la doxa du moment.
00:44Son parcours est celui d'un homme formé dans un Liban encore pacifié,
00:49qui a vu son pays d'origine sombrer dans la guerre civile,
00:53et qui n'a jamais cessé de craindre que la France connaisse le même sort.
00:58Et cette peur de la libanisation traverse toute son œuvre et toute sa parole publique.
01:04Elle n'est pas une posture, elle est une expérience vécue.
01:08André Bercov est un homme de contradiction, capable de fréquenter le pouvoir et de le contester,
01:13de se rapprocher et de s'éloigner, de changer de ton sans renier une certaine méthode.
01:19C'est aussi et peut-être surtout un homme libre.
01:22Et c'est cette liberté d'hier et d'aujourd'hui, André Bercov, que vous allez nous compter tous les
01:28vendredis sur Sud Radio.
01:30Merci Grock, merci Céline.
01:31En tout cas, ce que je tenais à vous dire, c'est que ce n'est pas raconter ma vie,
01:38c'est raconter un certain nombre de choses, d'expériences que j'ai eues.
01:41Vous savez, aujourd'hui, ça ne me rajoutit pas 65 ans de journalisme, d'écriture, de voyages, de rencontres.
01:48Et en fait, tout ce qui se passe renvoie à aujourd'hui.
01:52Et ce qu'on va essayer de faire comme ça, tous les vendredis, à Sud Radio,
01:58c'est de raconter un peu ce qui s'est passé.
02:01Et ce qui se passe aujourd'hui à la lumière de ce qui s'est passé.
02:04Donc, ce n'est pas du tout cet ému avant, ce n'est pas du tout les mémoires, des mémoires.
02:10C'est un dialogue vivant entre le passé et le présent, à travers ce que j'ai pu vivre.
02:17Et c'est de vivre.
02:18Et encore une fois, je voudrais vous dire quelque chose.
02:19Merci aux auditeurs de Sud Radio, merci pour tout ce qu'on m'avait envoyé comme encouragement,
02:25comme, vraiment, comme envie de continuer.
02:30Voilà.
02:31Et aujourd'hui, André Bercoff, nous allons parler de votre enfance et surtout de votre jeunesse
02:36dans le Liban multiconfessionnel et multiculturel des années 40-60,
02:41où vous avez fait vos premiers pas de journaliste.
02:44Votre pays natal est en guerre depuis 50 ans.
02:47Alors, quel regard portez-vous sur l'état actuel de cette terre du Levant ?
02:51Vous nous direz tout dans un instant sur Sud Radio.
02:54Alors, chers auditeurs, restez avec nous.
02:57On revient juste après cette petite pause.
03:08Et oui, qui de mieux que la grande diva férouse, diva libanaise que vous entendez actuellement sur Sud Radio.
03:15Pour parler de vous, André Bercoff, tous les vendredis de 13 à 14 heures,
03:20eh bien, nous allons faire une plongée dans votre vie et tenter de comprendre surtout,
03:23à la lumière de l'actualité, le basculement du monde, et ce depuis 81 ans, André.
03:29Alors, aujourd'hui, c'est au Liban que vous nous emmenez.
03:31Vous êtes né à Beyrouth le 12 décembre 1940.
03:35Alors, à l'époque, ce pays était sous mandat français depuis 20 ans.
03:40Qu'est-ce qui a poussé vos parents à s'y installer, André ?
03:43Ben, très simple. C'est le hasard, ce qu'on appelle le hasard.
03:47J'ai un père d'origine russe, lointaine.
03:52Il a été nommé, enfin, il devait quitter la Russie, enfin, son grand-père, depuis très longtemps.
03:58Il a été nommé comme fonctionnaire au commissariat de France au Levant.
04:04Ça s'appelait comme ça à l'époque.
04:06Et ma mère, elle, elle venait, alors, il y a très longtemps aussi, d'Espagne.
04:11Ensuite, ça a été à Turquie.
04:12Elle est née à Istanbul.
04:14Et elle est venue au Liban pour travailler.
04:18Et ils se sont rencontrés, effectivement, à ce haut commissariat français.
04:22Ils se marièrent.
04:24Et voici le résultat.
04:26Quel bel résultat, mon cher André.
04:28Arrêtez, arrêtez.
04:29Comment était le Beyrouth de votre enfance ?
04:32Quelle ambiance il régnait à cette période ?
04:35Alors, écoutez, moi, j'ai eu la chance, chaque fois que je rencontre un Libanais,
04:38tout ça me dit, ah, vous avez vécu le Liban.
04:41Le Liban, effectivement, on appelait ça la Suisse du Bon Orient.
04:45On appelait le pays où il fait bon vivre, etc.
04:48Et c'est vrai, j'ai des souvenirs formidables, formidables, de ce qu'a été ce pays.
04:54Ce pays, c'est le bord de Méditerranée.
04:57Il y avait évidemment des problèmes.
05:00Mais ce qu'il faut savoir, et c'est intéressant par rapport à aujourd'hui,
05:03c'était le pays multiculturel, multireligieux par excellence,
05:08dont on vantait, effectivement, ce multiculturalisme,
05:17ces confessions.
05:18Il y avait 17 confessions, comme vous le savez.
05:21Il y avait les chrétiens, mais les chrétiens et maronites,
05:25il y avait orthodoxes, catholiques, etc.
05:29Les musulmans, non, non, non, ça, ce sont les musulmans.
05:32Oui, c'est ça, oui.
05:32Musulmans sunnites, musulmans chiites.
05:34Il y avait les druzes, il y avait les juifs, les israélites.
05:38Et puis, les communautés, il y avait les arméniens.
05:42Mais vraiment, vous aviez une extraordinaire mosaïque de communautés.
05:47Et tout ça se passait, je dois dire, assez formidablement bien, quand même,
05:53de l'époque, je parle encore une fois des années 60, mes 20 ans.
05:56C'est-à-dire, toutes ces communautés religieuses coexistaient, effectivement.
06:01Écoutez, je vais vous donner des exemples très simples.
06:04Quand, moi, je suis d'origine juive, par mes parents,
06:09mes amis, ils n'ont jamais été, ça n'a jamais été du communauté.
06:15J'avais des amis juifs, chrétiens, musulmans, armés.
06:18Et personne ne faisait la différence.
06:20Et je vais vous donner un exemple très précis.
06:22À Noël, par exemple, il y avait des christians, des Isaacs, des Mohammeds, des compagnies,
06:27qui allaient à la messe de minuit.
06:29Parce que, même si on n'était pas chrétien-croyant,
06:33on était absolument sidérés par la beauté de ces petites églises de campagne,
06:40où il y avait des chœurs, où il y avait des chants, la nativité, etc.
06:44Et, quand il y avait le ramadan, ok ?
06:47Le ramadan, comme vous le savez, on jeûne dans la journée,
06:50les musulmans jeûnent dans la journée,
06:51et le soir, c'était l'iftar.
06:53C'était le fétr, le eid fétr, mais ça, c'est la fin du ramadan.
06:57C'était l'iftar.
06:58Eh bien, on allait aussi des christians, des Isaacs,
07:02des Mohammeds, des Ali,
07:04des Herant, des tout ce que vous voulez,
07:07des Simon, comme Simon Abkarian.
07:09Eh bien, on allait fêter et dîner pour l'iftar.
07:14Et c'était quand même tout à fait étonnant,
07:17parce que, je vais vous dire, le problème ne se posait même pas.
07:20C'est-à-dire, il se posait, bien sûr.
07:22La religion avait un rôle très important,
07:24puisque la constitution libanaise était basée sur ce multiculturalisme
07:29et ce multicommunautarisme,
07:31puisque, comme vous le savez encore aujourd'hui,
07:33le président est maronite chrétien.
07:37Le premier ministre est musulman sunnite
07:41et le président de l'Assemblée nationale,
07:44eh bien, il est chiite, musulman chiite.
07:47Donc, il y avait déjà cette répartition,
07:49elle était constitutionnelle,
07:51mais, justement, elle portait en germe,
07:54et on en parlera un peu plus tard,
07:56les racines de la discorde,
07:58les raisins de la colère,
07:59les raisons de la colère.
08:01Donc, ceci était en gestation,
08:03mais on en reparlera.
08:05Ah, mais en attendant, il faut que je vous dise,
08:07moi, je peux vous dire, j'ai eu une enfance extrêmement heureuse,
08:09une adolescence extrêmement heureuse,
08:11et puis, il y a eu le journalisme.
08:13Eh oui, on peut dire qu'évoluer, effectivement,
08:15dans ce carrefour culturel et historique,
08:18qui est quand même assez unique au Proche-Orient,
08:20André Bercoff,
08:21ça a vraiment été une richesse pour l'enfant que vous étiez ?
08:23Ah, complètement, complètement, une richesse.
08:26D'abord, j'ai eu des parents,
08:28vraiment de très bons parents,
08:29qui m'aimaient bien,
08:30enfin, ça s'est passé, c'est une enfance heureuse.
08:32À tout point de vue, je dois dire,
08:34avec les problèmes qu'on peut avoir tous.
08:36Mais, ce qui était passionnant dans ce Liban de l'époque,
08:39c'est pour ça que quand on parle de libanisation aujourd'hui,
08:42il y a eu tout ce qu'il y a eu après, bien sûr,
08:44et dont on parlera, la guerre,
08:46la guerre de 1975,
08:47et les affrontements communautaires ethniques,
08:49que la France connaît,
08:51que l'Europe connaît,
08:52que le monde entier connaît aujourd'hui.
08:54Mais, ils étaient en gestation.
08:56Mais en attendant, franchement,
08:58c'était formidable.
09:00Vous savez pourquoi ?
09:01Parce qu'au fond, on était trilingue.
09:03Au fond, à la naissance, on était quoi ?
09:05On parlait français, effectivement.
09:07Le Liban était francophone.
09:08On parlait arabe.
09:10C'était la langue de tout le monde,
09:11la langue du peuple.
09:12Moi, j'ai appris l'arabe à l'école,
09:14mais j'ai appris l'arabe aussi partout,
09:17dans les marchés, dans la rue, dans les gens.
09:18Oui, on dit que c'était un véritable laboratoire multiculturel,
09:22le Liban de cette époque.
09:23Totalement, multiculturel,
09:24dans l'humour, dans la joie.
09:26On se marrait.
09:28C'est les Libanais ont quelque chose.
09:29Ce sont les premiers à savoir se critiquer eux-mêmes,
09:32et si vous me permettez, se foutre d'eux-mêmes.
09:34Mais dans la bonne humeur.
09:37Et là, tout ça s'est transformé.
09:39Mais ce Liban que j'ai connu,
09:41c'est vrai que c'était un Liban...
09:43Vous savez, c'était extraordinaire
09:44que quand j'étais journaliste,
09:47que je recevais des écrivains,
09:48des acteurs,
09:50des peintres, etc., français.
09:53Parce que, il faut le dire aussi tout de suite, Céline,
09:58Beyrouth, on allait, quand on était français,
10:01on allait à Beyrouth quand on était acteur,
10:03quand on était artiste, tout ça,
10:04comme on allait à Marseille,
10:06comme on allait à Toulouse.
10:07Beyrouth était...
10:07Oui, toutes les grandes stars internationales,
10:09effectivement, et françaises,
10:11surtout s'y produisaient, André Bercoeur.
10:13Absolument.
10:14On en parlera dans un instant sur Sud Radio,
10:16effectivement.
10:17Revenons à vous, effectivement,
10:19l'adolescent, l'enfant.
10:20Parlons surtout de vos études.
10:23Vous les avez faites, effectivement,
10:24au lycée français de Beyrouth.
10:26Tout à fait.
10:26Et à l'époque,
10:27dites-nous,
10:28quelle place occupait la culture française
10:31face à l'arabe
10:32et aux autres communautés,
10:33justement, religieuses ?
10:34Alors, écoutez, d'abord,
10:35très fortement,
10:35j'étais au lycée français,
10:37c'était l'école laïque de Beyrouth,
10:38le lycée français.
10:39On a eu des professeurs formidables.
10:42Et moi, je dois dire
10:43que si je suis devenu journaliste et écrivain,
10:45c'est aussi, aussi, bon,
10:47mes parents, l'entourage, etc.,
10:48mais aussi grâce aux professeurs que j'ai eus.
10:50Notamment, en troisième,
10:52à l'époque du brevet,
10:53j'ai eu Pierre Barberis,
10:55qui était un spécialiste de Balzac.
10:57Et vous savez quand,
10:58à 13-14 ans,
10:5913-14 ans,
11:00vous découvrez Prévert,
11:02vous découvrez Sartre,
11:04vous découvrez un certain...
11:06Aragon,
11:08vous découvrez la poésie, etc.
11:09Et on était,
11:10je me rappelle très bien,
11:11à Beyrouth,
11:13j'avais 12 ans, 13 ans,
11:14on se réunissait avec des copains
11:15pour écouter Brassens.
11:17Brassens venait d'arriver,
11:18et on écoutait Garogori,
11:20écouter tout ça.
11:21Imaginez-vous,
11:22et bien c'était à Beyrouth,
11:23c'était pas à Toulouse,
11:25ou à Rennes,
11:27ou à Marseille,
11:28c'était à Beyrouth que vous aviez
11:30des milliers de gens,
11:32voire des dizaines de milliers de gens,
11:33voire des centaines de milliers de gens,
11:35qui étaient en train de guetter
11:36les journaux.
11:38Moi, j'étais un fou de l'époque,
11:40de l'Observateur,
11:41de l'Express,
11:42si je suis entré après,
11:43mais c'est une autre histoire,
11:44on en reprendra.
11:45Et les livres,
11:46on lisait,
11:47il y avait les librairies,
11:48les librairies Antoine et compagnie,
11:49qu'il n'y avait que des livres français,
11:51et on allait,
11:52et on se,
11:53vraiment,
11:54on était heureux de recevoir
11:55les dernières publications,
11:56qu'on l'a recevée le lendemain,
11:58l'Express,
11:58par exemple,
11:59on l'a recevée le lendemain
12:00de sa publication,
12:01c'était l'Express de Servanche-Rébert,
12:03de François Giroux et compagnie,
12:04l'Observateur,
12:05de Jean-Daniel et compagnie,
12:07tout ça,
12:08le monde,
12:09et tout ça,
12:11venait immédiatement,
12:12et on a été gorgé,
12:14enfin,
12:14moi,
12:14personnellement,
12:15mais on était plus loin
12:16de culture française.
12:17Donc,
12:17l'enfant que j'étais,
12:19il faut bien comprendre,
12:21il a été gorgé de cela.
12:22Et c'est ce qui a construit l'homme,
12:25justement,
12:25l'homme libre,
12:26que vous êtes devenu,
12:27André Bercoff.
12:28on en parlera plus tard,
12:29oui,
12:30bien sûr,
12:31bien sûr,
12:31parce que quand vous lisez Sartre,
12:33avec les défauts et les qualités,
12:35mais il ne faut pas jeter le Sartre
12:37avec l'eau du bain,
12:38l'eau du bain marxiste ou idéologique,
12:41quand vous lisez Vaillant,
12:43quand vous lisez Prévert,
12:44quand vous lisez tout ça,
12:45c'était extraordinaire,
12:47quand j'entends,
12:47moi,
12:47je disais,
12:48c'était,
12:49mais vraiment,
12:50les phrases formidables,
12:52notre père qui est aux cieux,
12:53restez-y,
12:54nous nous resterons sur la terre,
12:55qui est quelquefois si jolie,
12:57on était là,
12:58alors on était effectivement,
13:00moi,
13:00j'étais plutôt,
13:00je dois dire non-croyant,
13:02en fait,
13:02je n'étais pas très marqué par la religion,
13:05je dois le dire,
13:06mes parents,
13:07pour vous donner un exemple,
13:08mes parents,
13:09ma mère était juif séfarade,
13:12mon père juif,
13:13sauf que mon père,
13:14il était communiste à l'époque,
13:16et donc,
13:17les jours du Kippour,
13:18le grand pardon,
13:19il allait exprès au frigo,
13:20manger du jambon,
13:22en disant,
13:22j'en ai rien à foutre,
13:23c'est rabbin,
13:24et ma mère le traitait de tous les noms,
13:26parce que ma mère était,
13:26plutôt croyante,
13:28donc c'était ça aussi,
13:29vous voyez,
13:29vous aviez cette espèce de,
13:31cette espèce de querelle incroyable,
13:33entre,
13:34vous voyez,
13:34genre,
13:35mais croyante,
13:35est-ce qu'elle était pratiquante,
13:36votre maman ?
13:37pas vraiment pratiquante,
13:38mais croyante,
13:39mais croyante,
13:40alors que mon père,
13:40pas du tout,
13:41alors lui,
13:42athée,
13:42athée complet,
13:44donc vous voyez,
13:45j'ai grandi,
13:46donc dans ce multiculturalisme,
13:48on avait des,
13:49les Arméniens,
13:50qui nous emmenaient manger,
13:51cette cuisine arménienne,
13:52le basterma et compagnie,
13:54on allait manger,
13:55évidemment,
13:56moi j'adore,
13:57et toujours encore,
13:58vous le savez,
13:59je pratique,
14:00les restaurants libanais,
14:01à Paris,
14:02et ailleurs,
14:03parce que le hummus,
14:04parce que le mtabal,
14:05parce que toutes ces choses-là,
14:07magnifiques,
14:08magnifiques cuisines libanaises,
14:09mais,
14:10mais,
14:10mais soyons clairs,
14:12ce qui m'a fait,
14:13ce qui m'a formé,
14:14ce qui m'a construit,
14:16c'est le français,
14:17c'est la langue française,
14:18et c'est la culture française,
14:20pourquoi ?
14:20Parce que quand on dit,
14:21quand j'entends certains,
14:22et notamment certains haut placés,
14:24qui disent,
14:24il n'y a pas de culture française,
14:25mais enfin,
14:26mais vous êtes où ?
14:27Non,
14:27mais ça ne va pas,
14:28mais vous avez des millions de gens,
14:30à travers le monde,
14:31qui se sont construits,
14:33sur la culture française,
14:34sur ce que ça a apporté la France,
14:36et quand je vois des gens qui sont là,
14:38ouh là là France,
14:39on ne sait pas ce que c'est,
14:40et on nous parle de Nouvelle-France,
14:42et on nous parle de toutes ces conneries-là,
14:43absolument totales,
14:45imbéciles,
14:46ça fait 1500 ans que la France existe,
14:49alors vous n'allez pas nous emmerder,
14:50avec vos histoires de,
14:52on va,
14:52pour des problèmes électoraux,
14:54et pour gagner des voix,
14:55on repeint les barreaux ?
14:57Non,
14:57mais vous êtes où là ?
14:58Et le Liban était considéré,
15:01il faut le dire André,
15:01à cette époque,
15:02comme le bastion vraiment,
15:04de la francophonie au Moyen-Orient.
15:06Tout à fait,
15:07l'un des bastions,
15:07il y avait beaucoup de bastions de la francophonie,
15:09mais je vais vous dire...
15:10Est-ce que c'est toujours le cas ou pas ?
15:12Moins,
15:12moins,
15:13évidemment,
15:13l'anglais,
15:14l'américain a gagné,
15:16gagné beaucoup de terrain,
15:17c'est clair,
15:17et puis le Liban,
15:19il a la langue arabe,
15:20il est évidemment la langue de la population,
15:22c'est clair,
15:23mais,
15:23moi je me rappellerai toujours,
15:25et vous voyez,
15:25il n'y a pas que le Liban,
15:26je vous donne un exemple,
15:27il y a l'Egypte,
15:28l'Egypte de cette époque.
15:30Moi,
15:30je me rappelle quand je suis venu à l'Express,
15:33qui corrigait en français,
15:35les journalistes français de l'Express,
15:37je vous parle de l'Express,
15:38de François Giroux,
15:39et Jean-Jacques Savon-Jermer.
15:40C'était en quelle année André ?
15:41Ça,
15:41c'était dans les années 70.
15:43Et bien,
15:43dans ces années-là,
15:44c'était un copte égyptien,
15:46un grand poète surréaliste,
15:47qui s'appelait Georges Hénène,
15:49que j'ai connu,
15:50qui était un merveilleux ami,
15:51qui est parti depuis longtemps,
15:53et bien c'est lui.
15:54Son amour du français,
15:55c'est un des types qui parlaient le mieux,
15:57et qui écrivaient le mieux langue française,
15:59et c'était aussi,
16:00pour le point,
16:01quand le point,
16:02l'hebdomadaire,
16:02le point s'est créé,
16:04celui qui corrigeait également,
16:05et qui réécrivait certains articles,
16:07c'était un juif égyptien,
16:09qui s'appelait Bertho Fahri,
16:10voilà,
16:11et c'était le grand ami,
16:12et vous ne pouvez pas savoir,
16:14mais vous savez,
16:15vous avez un peu partout,
16:16en Amérique du Sud et ailleurs,
16:18des gens,
16:19dont c'était l'amour du français.
16:21Mon père,
16:22par exemple,
16:23il n'est pas du tout à l'écrire,
16:24mais il écrivait des lettres absolument impeccables,
16:26il parlait un français impeccable,
16:28jamais,
16:29il ne pouvait pas faire une faute d'orthographe.
16:32Voilà,
16:32et ces gens-là ont été,
16:35et ont porté,
16:36effectivement,
16:37un peu partout,
16:38mais on parle là du Proche-Orient,
16:40et bien la culture française,
16:41et je trouve absolument lamentable
16:44qu'aujourd'hui,
16:45il y ait quelques français,
16:46heureusement,
16:47pas beaucoup,
16:48mais quand même une minorité agissante,
16:50qui mettent ça,
16:52oui,
16:52au magasin des accessoires,
16:53mais crétin,
16:55arrêtez votre masochisme.
16:56Oui,
16:57vous,
16:57André Bercoff,
16:58quels sont les livres,
16:59justement,
17:00précis,
17:00qui vous ont nourris,
17:01si vous pouvez en conseiller,
17:03justement,
17:03quelques-uns aujourd'hui,
17:04aux auditeurs Sud Radio Auditon.
17:05Je crois que beaucoup les connaissent,
17:06moi,
17:06je vous parlais de,
17:07ils se sont devenus des classiques,
17:09évidemment,
17:10encore une fois,
17:10je rappelle,
17:11j'avais 14 ans,
17:1215 ans,
17:14Prévert,
17:14Prévert,
17:15merveilleux poète,
17:17Aragon,
17:18merveilleux poète,
17:19vous voyez,
17:19j'étais tout à fait à gauche à l'époque,
17:21et quand je dis à gauche,
17:23la vraie gauche,
17:23je ne parle pas de cette gauche imbécile,
17:26de cette gauche,
17:27de cette gauche ersatz,
17:29je parle de la vraie gauche,
17:30celle de Jaurès,
17:32celle de Blum,
17:33celle de Prévert,
17:34celle de Roger Vaillant,
17:35voilà,
17:36et Roger Vaillant,
17:37prenez Roger Vaillant,
17:38qui était communiste,
17:40qui était même bolchevique,
17:41à un moment donné,
17:42qui écrivait admirablement bien,
17:44relisez la fête,
17:45relisez tous ses bouquins,
17:48magnifique,
17:48Roger Vaillant,
17:49il se trouve,
17:49il est en livre de poche,
17:51et bien,
17:52il a écrit,
17:52lui,
17:53communiste,
17:54un livre qui s'appelait,
17:55Essai,
17:55sur la singularité d'être français,
17:58et bien,
17:59voilà,
17:59la singularité d'être français,
18:01même à l'époque,
18:02un communiste n'avait pas honte de le dire,
18:04pas comme c'est Playmobil d'aujourd'hui.
18:07Eh oui,
18:08alors,
18:08dans les années 50,
18:09André Bercov,
18:09vous l'avez dit,
18:10effectivement,
18:11le Liban était surnommé la Suisse du Moyen-Orient,
18:14du Moyen-Orient,
18:15pardon,
18:16mais quelques années plus tard,
18:17après cet âge d'or,
18:18eh bien,
18:18les premières fissures sont apparues,
18:20on va en parler dans un instant sur Sud Radio,
18:23et c'est surtout dans ce contexte que vous êtes devenu journaliste,
18:27André,
18:27vous nous raconterez tout,
18:28juste après cette petite pause,
18:30alors restez avec nous,
18:31à tout de suite.
18:49De retour sur Sud Radio avec André Bercov,
18:51et là,
18:52vous écoutez la sublime diva libanaise qu'André aime particulièrement,
18:57à savoir Férouze.
18:58Alors,
18:58votre histoire,
18:59André Bercov,
19:00elle reflète,
19:02bien entendu,
19:02les bouleversements du monde.
19:04Alors,
19:05dans les années 50-60,
19:06eh bien,
19:06on l'a dit à quelques instants sur Sud Radio,
19:08le Liban était surnommé la Suisse du Moyen-Orient.
19:12Selon vous,
19:13André,
19:13à tort ou à raison ?
19:15Alors,
19:15comme toujours,
19:16vous savez,
19:16la réalité,
19:17elle ne se situe jamais,
19:18elle n'est pas binaire,
19:19elle n'est pas blanc ou noir,
19:21à tort et à raison.
19:23À raison,
19:23parce qu'effectivement,
19:25ça se passait très très bien.
19:27Il y avait la fête,
19:29il y avait tout ça,
19:29mais il n'y a pas que la fête,
19:30il y avait des populations qui étaient beaucoup moins,
19:32effectivement,
19:35beaucoup moins dotées que d'autres.
19:37La population chiite,
19:38par exemple,
19:38du Liban Sud,
19:39etc.
19:40Et pour vous dire le contraste,
19:42c'est très intéressant.
19:43Je me rappelle très bien,
19:45dans les années 60,
19:47il y avait une délégation suisse d'économie,
19:50d'économistes suisses,
19:52partons,
19:52et français,
19:53qui étaient venus au Liban,
19:54regardaient l'état économique du Liban.
19:56Ils disaient,
19:56alors,
19:56comment ça marche,
19:57ce pays,
19:59etc.
20:00Et vous savez ce qu'ils ont fait comme rapport ?
20:02Ils ont fait un rapport,
20:03ils ont dit,
20:03selon tous les critères normaux de l'économie,
20:05le Liban devrait être en faillite complète depuis longtemps.
20:09Sauf que,
20:10apparemment,
20:10ça marche,
20:11donc continuez comme ça.
20:12C'est-à-dire que tout le côté débrouille,
20:15tout le côté,
20:16vous savez,
20:16c'est aussi ça,
20:17le côté,
20:18je ne dirais pas magouille,
20:19mais on se débrouille,
20:20on fait,
20:21on avance,
20:22et on a ce formidable moral des Libanais,
20:26il faut le dire,
20:26et qui s'est montré aussi pendant la guerre,
20:29pendant 15 ans de guerre.
20:30Eh bien,
20:30écoutez,
20:31peut-être demain on n'est plus là,
20:32mais en attendant,
20:33on est là.
20:34C'est extraordinaire,
20:36juste,
20:37je prends,
20:37parce qu'on parle d'aujourd'hui,
20:38on parle du présent,
20:39je me rappelais toujours
20:41de la sœur
20:43d'un de mes très très bons amis,
20:45et j'étais en reportage,
20:46j'étais déjà à l'Express,
20:48j'étais allé en reportage
20:49pendant la guerre du Liban,
20:51et qui a duré,
20:51comme vous le savez,
20:5215 ans,
20:52même 17 ans,
20:54et j'arrive chez elle,
20:55j'ai dit,
20:56comment ça se passe ?
20:56Elle dit,
20:57ah,
20:57les bombardements,
20:58on est obligé de faire attention,
20:59on est chez nous,
21:00on se réfugie,
21:01mais,
21:02me dit-elle,
21:03ça ne m'empêche pas
21:03d'aller chez le coiffeur.
21:05Je dis,
21:05comment ça m'empêche pas
21:06d'aller chez le coiffeur ?
21:07Mais,
21:07ah,
21:07au milieu du bombardement,
21:08ah,
21:09oui,
21:09moi,
21:10il dit,
21:10mais enfin,
21:10attendez,
21:11ah,
21:12il dit,
21:12c'est pas une raison,
21:13parce qu'il fait sombre,
21:14qu'il faut manquer de tenue.
21:15Moi,
21:16je vais chez le coiffeur,
21:17il faut que je sois bien coiffé.
21:18Ça,
21:19c'est le Liban,
21:20c'est cette mentalité libanèse,
21:22que j'avoue,
21:23qui me touche beaucoup,
21:24mais en même temps...
21:25cette force de vie des Libanais
21:27qui les caractérise,
21:28André,
21:28tout à fait,
21:29participe totalement
21:30à la grandeur de ce pays,
21:31on peut dire.
21:32En tout cas,
21:32elle participe,
21:33en tout cas,
21:33à la survie de ce pays aujourd'hui,
21:36parce que c'est beaucoup plus difficile aujourd'hui,
21:38mais quand même,
21:39c'est un pays qui survit.
21:40Mais en même temps,
21:41je me rappelle pour ça que je vous dis,
21:43t'aurais raison,
21:44et je vous dis les prémices,
21:45etc.
21:46Il y a eu un article,
21:47je travaillais moi à Lorient,
21:49c'était le journal Lorient,
21:50qui était l'équivalent du Monde au Liban,
21:52un journal français,
21:54écrit en français,
21:55remarquablement écrit en français,
21:57je tiens à le rappeler.
21:59Et,
22:01quelques années avant,
22:02Georges Bakache,
22:02qui était le fondateur
22:04et le directeur de Lorient,
22:06avait écrit un article
22:09qui avait fait sensation,
22:11qui s'appelait
22:11« Deux négations ne font pas une nation ».
22:14Et qu'est-ce qu'il voulait dire par là ?
22:16Il disait,
22:16oui, il y a les chrétiens,
22:17il y a les musulmans,
22:18mais ça ne suffit pas.
22:19Il ne faut pas que les chrétiens
22:20s'enferment dans leur chrétienté
22:22et les musulmans dans l'islam.
22:24Sinon, ça ne marchera pas.
22:26Et je me rappelle
22:26qu'il avait été menacé de prison,
22:28il a eu un procès pour ça,
22:29parce que ça ne se disait pas, ça.
22:31C'était,
22:31mais voyez,
22:32c'était déjà là.
22:33C'est-à-dire qu'il y avait un problème
22:34qui pouvait se poser.
22:35Quand vous êtes dans le multiculturalisme,
22:37effectivement,
22:38ça peut marcher très bien,
22:39mais à un moment donné,
22:40tous les signes positifs,
22:41et on en reparlera,
22:43se transforment en négatifs.
22:45Mais en attendant,
22:46effectivement...
22:46Dès votre jeunesse,
22:47vous avez effectivement capté,
22:50en quelque sorte,
22:50la fragilité de ce système,
22:52effectivement.
22:53Oui.
22:53Il y a eu ce fameux pacte en 1943,
22:55l'indépendance du Liban.
22:57Oui.
22:57Et dès cette période,
22:58il y a eu quand même,
22:59les fissures sont apparues,
23:00on peut dire.
23:01Disons,
23:01disons que l'on sentait très,
23:03très, très, très bien.
23:03Voyez,
23:04par exemple,
23:04il y avait...
23:05Voyez,
23:06c'est ça,
23:06le Liban aussi,
23:07à quelques kilomètres.
23:08Voyez,
23:08par exemple,
23:09il y avait Paris.
23:12Beyrouth,
23:13c'était le petit Paris,
23:14on l'appelait le petit Paris
23:15du Proche-Orient.
23:16Et c'est vrai,
23:17il y avait les boîtes de nuit,
23:18il y avait le rock'n'roll,
23:19il y avait la modernité,
23:20il y avait tout cela,
23:21il y avait les restaurants,
23:23il y avait tout cela.
23:24Les Libanaises s'habillaient
23:26de façon formidable,
23:27elles étaient vraiment
23:29très, très, très sophistiquées,
23:30je te parle de la bourgeoisie.
23:31Mais à quelques kilomètres
23:33dans les montagnes du Sud,
23:35vous aviez le crime d'honneur.
23:36Vous aviez,
23:37ça existait déjà.
23:38Moi, je sais,
23:39parce que j'ai une amie
23:40qui a écrit une thèse là-dessus.
23:42Le crime d'honneur,
23:43c'était quoi ?
23:43C'était quand une jeune fille
23:45de la montagne,
23:46plutôt que c'était côté chiite,
23:48mais pas seulement,
23:49mais pas seulement,
23:50fréquenter un garçon
23:51sans l'autorisation
23:52de ses parents,
23:53ça pouvait aller très loin.
23:55Elle pouvait être
23:55non seulement enfermée,
23:56mais elle pouvait tuer.
23:57Si on apprenait
23:58qu'elle avait fauté,
23:59qu'elle avait, par exemple,
24:00fait l'amour
24:02avec un jeune garçon
24:04des environs,
24:05eh bien,
24:05on chargeait le petit frère,
24:07parce qu'il était
24:09pas majeur,
24:10de la tuer.
24:11Il y a eu,
24:11le crime d'honneur existait,
24:14moi,
24:14quand j'étais au Liban.
24:16Et oui,
24:16mais c'était,
24:17vous savez,
24:18c'était la coutume,
24:19c'était les traditions,
24:21et je ne dis pas ça du tout
24:22pour excuser.
24:22C'était, je le rappelle,
24:23dans les années 50,
24:24c'est ça ?
24:25Absolument,
24:25absolument,
24:26le crime d'honneur existait,
24:27je ne dis pas qu'il était,
24:28attendez,
24:28il n'était pas fréquent
24:29et majoritaire,
24:30heureusement jamais,
24:31mais il y avait cette tradition
24:33chez un certain nombre
24:35de conservateurs,
24:38enfin,
24:38je dirais,
24:38de traditionnalistes,
24:39de la façon la plus extrême,
24:40oui,
24:41ça existait.
24:41donc,
24:42c'est pour vous dire
24:43que rien n'est blanc,
24:44rien n'est noir.
24:45Le Liban,
24:45oui,
24:46merveilleux pays,
24:47effectivement,
24:47et moi,
24:48j'ai eu la chance
24:49de le vivre très très très bien
24:50et j'en garde un souvenir
24:52et c'est en moi,
24:53enfin,
24:54très fort,
24:55mais vous aviez aussi
24:56le crime d'honneur,
24:57mais vous aviez des,
24:58et vous aviez la pauvreté,
24:59vous aviez des gens très riches
25:01et des gens très pauvres,
25:02mais ça,
25:02comme vous le savez,
25:03en France et ailleurs,
25:04c'est pas totalement différent.
25:07Enfin,
25:08c'était un pays
25:09qui avait à la fois
25:10la surmodernité
25:11et à la fois
25:14un certain conservatisme,
25:16traditionnalisme,
25:18intégrisme oriental
25:18qui coexistaient aussi
25:20et c'est bien pour ça
25:21que des années après,
25:23à un moment donné,
25:24les fils se sont distendus
25:26et la corde a cassé.
25:27Eh oui.
25:28Alors,
25:28vous avez parlé,
25:29il y a un instant,
25:29sur Sud Radio,
25:30du grand quotidien,
25:32effectivement,
25:32francophone libanais,
25:33l'Orient,
25:34le jour,
25:35c'est là où vous avez fait
25:36vos débuts,
25:37André Bercoff,
25:37en tant que journaliste,
25:39vous avez frappé la porte,
25:40il faut le raconter
25:40aux auditeurs de Sud Radio,
25:41vous aviez à peine
25:4219 ans.
25:44Racontez-nous,
25:44effectivement,
25:45votre entrée dans le métier.
25:46Oui,
25:46d'abord,
25:46il faut que je vous dise
25:47que très sincèrement,
25:49là,
25:49c'était,
25:49je ne sais pas si c'était
25:50une vocation ou pas,
25:51mais je ne rêvais que de ça.
25:52C'est-à-dire qu'à 14 ans,
25:53vous savez,
25:53quand je rêvais,
25:54mais je dis,
25:55je ne serai jamais ça
25:55parce que ce n'est pas un métier,
25:57même moi,
25:57j'avais intégré ça.
25:59Pourquoi ?
26:00C'est votre papa,
26:01je crois,
26:01qui vous disait surtout,
26:03vous allez nous raconter ça.
26:04Oui,
26:04je vais raconter ça,
26:05justement.
26:07Moi,
26:08si vous voulez,
26:09j'avais trois choses
26:09dans ma vie
26:10qui me passionnaient déjà
26:11dès mon adolescence,
26:13ma jeune adolescence,
26:14c'était écrire,
26:16c'était voyager,
26:17et c'était rencontrer des gens,
26:19rencontrer des gens.
26:20J'avais cette curiosité totale.
26:22Et je me rappelle,
26:23donc je vais à Lorient
26:24un jour,
26:25comme ça,
26:25mais vraiment,
26:25je ne connaissais personne.
26:27Je vais écouter,
26:27moi,
26:28j'écris,
26:29j'avais fait des petits trucs
26:29pour le journal du lycée
26:31ou le pas.
26:32Et je rencontre Salas Téti,
26:34à l'époque,
26:34qui était rédacteur chef culturel,
26:36et il me dit,
26:37écoute,
26:37on va essayer,
26:38faites-nous une chose
26:39sur les résultats des examens,
26:40c'était le bac.
26:42Et j'avais,
26:42oui,
26:4319 ans,
26:4419 ans.
26:44Et je me rappelle toujours,
26:46donc c'était Lorient,
26:47le grand cultien,
26:48et j'appelle mon père
26:48qui était donc,
26:51qui était au bureau,
26:52lui,
26:53il travaillait dans une banque
26:54à ce moment-là.
26:55Il travaillait,
26:55il était dans une banque,
26:57et je lui dis,
26:58alors,
26:58tu as vu mon papier,
26:59puisque c'était signé
27:00André Bercov,
27:01j'étais fier comme Artaban,
27:02et il me dit,
27:03espèce de petit con,
27:04tu n'as pas autre chose à faire
27:05que de faire du journalisme,
27:07de conneries comme ça,
27:09et quand on sera là,
27:10tu vas crever de faim,
27:11etc.
27:12Pour eux,
27:12vous savez,
27:13il y avait des vrais métiers,
27:14c'était avocat,
27:15banquier,
27:16médecin,
27:17ingénieur,
27:17ça c'était des métiers.
27:19Ça,
27:19journaliste,
27:19c'était un métier saleté à banque,
27:21donc il n'était pas question.
27:23Mais ensuite,
27:23ensuite,
27:24ils ont changé d'avis.
27:25Et votre maman,
27:26quelle était sa position
27:26par rapport à ce métier ?
27:28Même chose,
27:29même chose,
27:29mais elle,
27:30elle ne m'engueulait pas,
27:31elle dit,
27:32ah là là,
27:32qu'est-ce qu'on peut faire ?
27:34Bon,
27:34ben écoute,
27:35si c'est ça,
27:36c'est ça,
27:36mais toujours l'angoisse.
27:37L'angoisse de dire,
27:39mais comment est-ce que tu vas vivre de ça ?
27:40Est-ce que tu vas pouvoir vivre de ça ?
27:42Etc.
27:43Mais à la lecture,
27:44par la suite,
27:44à la lecture de vos premiers papiers,
27:46vos parents ont été très fiers de vous.
27:48Oui,
27:48surtout quand j'étais à l'Express,
27:50quand je suis rentré à l'Express en 68,
27:52je crois,
27:53mais même avant,
27:54j'étais à Genafrique,
27:55enfin,
27:55on en reparlera de cela.
27:56Mais oui,
27:57là,
27:57ils étaient très fiers
27:58parce qu'on leur parlait,
27:58ah,
27:59on a lu les papiers de votre fils,
28:00ah,
28:00ils étaient contents.
28:01Eh oui,
28:02alors on l'a dit,
28:03il y a un instant sur ce radio,
28:07Grands Artistes Internationaux,
28:09venez se produire effectivement à Beyrouth
28:11et notamment à Biblos aussi
28:12et vous avez rencontré
28:13de nombreuses personnalités,
28:15Johnny Hallyday,
28:16Charles Aznavour,
28:17Brel,
28:17Briali,
28:18Hugo Frey,
28:19Lény et Scudero,
28:21Pierre Brasseur et Barbara.
28:23Quand reviendras-tu,
28:25au moins le sais-tu,
28:29que tout le temps qui passe,
28:33ne se rattrape guère.
28:35André Bercoz,
28:36quel souvenir vous gardez
28:37de votre rencontre avec Barbara ?
28:39Quel souvenir ?
28:40Je vais raconter,
28:41c'est très drôle,
28:42c'était en 63-64,
28:44j'ai une amie française
28:46qui m'appelle et me dit,
28:47que je connais bien,
28:48je ne sais bien qui,
28:49et qui m'a dit,
28:50écoute,
28:50il y a Barbara,
28:51la chanteuse,
28:52qui va venir chanter
28:54au Casino du Liban
28:55dans une petite boîte,
28:56écoute,
28:57est-ce que tu peux t'occuper d'elle ?
28:58Moi,
28:58ça ne me disait rien du tout,
28:59Barbara,
29:00à l'époque,
29:00elle était totalement inconnue,
29:02elle était connue peut-être
29:03de quelques cabarets
29:04de la Rive Gauche,
29:04mais basta.
29:05Et donc,
29:06je reçois Barbara
29:07qui a passé 15 jours
29:09dans ce petit cabaret
29:12où elle chantait
29:12tous les soirs
29:13et je vais vous dire,
29:14à l'époque,
29:15je battais le rappel
29:17des copains,
29:17c'était à 15 kilomètres
29:18de Beyrouth,
29:20au Casino du Liban,
29:22et bien,
29:22nous montions à 20-25
29:23parce qu'il n'y avait personne
29:25et pour pas qu'elle chante
29:26devant personne,
29:27Barbara,
29:28pour pas qu'elle chante
29:29dans le désert,
29:29on montait
29:30et donc,
29:31on se voyait tous les soirs,
29:32après,
29:32on allait dîner,
29:33etc.
29:34très angoissée,
29:35très passionnante,
29:36elle chantait déjà
29:36dit quand reviendras-tu,
29:38vous voyez,
29:39et c'est quelque chose
29:41de très très fort,
29:43et vous voyez,
29:44vous parlez de Johnny Hallyday,
29:45tiens,
29:45on aurait pu mettre,
29:46mais enfin,
29:47Johnny Hallyday,
29:47mais on ne va pas présenter
29:49Johnny Hallyday,
29:50mais je vous raconte,
29:51Johnny Hallyday,
29:51c'est très très intéressant,
29:52vous voyez,
29:53pour vous dire,
29:54Johnny Hallyday,
29:54c'est aussi dans cette époque-là,
29:56janvier 1963,
29:58exactement,
29:58janvier 1963,
29:59bravo,
30:00janvier 1963,
30:01donc il vient au Liban
30:02pour chanter
30:02avec son groupe,
30:05et il y avait eu à ce moment-là,
30:06vous voyez,
30:08le côté blanc et noir,
30:10et le côté plus toujours contrasté,
30:12et toujours,
30:13évidemment,
30:14la vérité,
30:15elle est pas,
30:16elle est toute en nuance,
30:17et bien,
30:18on avait un ministre de l'intérieur
30:19qui s'appelait l'autre,
30:21l'autre Laurent Nunez,
30:23de l'époque,
30:23qui s'appelait Kamal Joumblat,
30:25et Kamal Joumblat
30:26avait interdit le twist,
30:28le twist,
30:29c'était la grande époque du twist,
30:31un tweet again,
30:32like we did last summer,
30:33et il a dit non,
30:34et donc Johnny Hallyday,
30:35c'était l'époque où il lançait le twist.
30:37Mais pourquoi il a interdit le twist ?
30:39Parce que c'était obscène,
30:40c'est déranchement,
30:41il trouvait que c'était déranchement,
30:42on va vous dire,
30:43vous voyez que,
30:43au Liban,
30:44au Liban.
30:45C'était atteint au bonheur,
30:46c'est ça ?
30:47Oui, il disait que c'était atteint
30:48au bonheur,
30:48et lui,
30:49il était un peu spécial,
30:50il avait interdit le twist,
30:52et donc,
30:52il avait interdit le concert de Johnny Hallyday.
30:56Interdit.
30:56Alors Johnny Hallyday arrive,
30:58moi, encore une fois,
30:59j'étais rédacteur en chef
31:01de la sélection culturelle universitaire,
31:03on le reçoit,
31:04il pleurait presque,
31:05il était,
31:05ah, il avait 20 ans,
31:0721, 22 ans,
31:08et il disait,
31:09ouais, je ne peux pas chanter,
31:10et vous savez ce qu'il s'est fait ?
31:11Je suis très fier de ça.
31:13Chez moi,
31:14chez mes parents,
31:14on avait organisé
31:15un concert Johnny Hallyday,
31:17chez moi,
31:18avec 50 personnes
31:19qui ont écouté Johnny Hallyday
31:20pendant deux heures,
31:21puisqu'il ne pouvait pas se produire en public,
31:23il s'est produit dans mon appartement,
31:25puis aussi dans l'appartement
31:26d'un autre copain.
31:27Donc,
31:28il a pu chanter,
31:29mais pour des privilégiés,
31:31je dois dire.
31:32Ah oui,
31:33une petite anecdote,
31:34André Bercoff,
31:34à propos de cet appartement,
31:36vous y êtes retourné,
31:38il y a quelques années,
31:39à Beyrouth,
31:40un moment mémorable,
31:42racontez-nous cette...
31:44Oui,
31:44c'est vrai,
31:45parce que c'est un appartement,
31:46moi j'y ai vécu 25 ans de ma vie,
31:48l'appartement que mes parents avaient loué,
31:50ils n'avaient pas les moyens
31:51d'acheter un appartement,
31:52ils louaient cet appartement à Beyrouth,
31:55et moi j'y habitais,
31:56j'avais ma petite garçonnière
31:58à un moment donné,
31:58mais enfin j'y habitais longtemps,
32:01et j'y suis,
32:02j'ai pas pu retourner,
32:02parce que pendant la guerre,
32:03ça calardait,
32:04il a été,
32:05alors c'est extraordinaire,
32:06parce qu'il est dans des quartiers
32:07où ça a beaucoup,
32:08beaucoup,
32:08beaucoup,
32:10vraiment,
32:11il était criblé de balles,
32:13ma mère a été obligée de quitter,
32:14je suis allé la chercher,
32:15parce que ma mère a voulu
32:16rester au Liban,
32:17et puis quand la guerre a éclaté,
32:19je suis allé chercher
32:19pour la ramener à Paris,
32:21mais elle a eu 15 jours difficiles,
32:23enfin,
32:25et j'étais retourné,
32:27et c'est vrai que ça m'a touché,
32:29c'était plus évidemment
32:30ni le même décor,
32:31ni tout cela,
32:32mais ça m'a complètement touché,
32:34parce que,
32:35je voudrais rappeler aussi
32:36les mœurs libanaises,
32:37mais qui sont les mœurs méditerranéennes,
32:38je l'ai encore vu dans un film,
32:41il n'y a pas longtemps,
32:42c'est extraordinaire,
32:43dans Equalizer 3,
32:46avec Danzel Washington,
32:47qui se passe en Sicile,
32:49et je vais vous dire,
32:50j'ai eu une scène,
32:50ça m'a frappé,
32:51c'est qu'on voit quelqu'un
32:53qui prend son panier de victuaille,
32:55et qui l'envoie chez l'épicier,
32:58et le panier est rempli par l'épicier,
33:00et elle remonte le panier
33:01au troisième étage,
33:02et ma mère faisait ça le matin
33:04pour le déjeuner, etc.,
33:06elle a eu le panier,
33:07au bout du corde,
33:08elle faisait descendre son panier,
33:12et puis on le remplissait,
33:13et elle le remontait,
33:15donc c'est méditerranéen ça,
33:17mais je m'en rappelle très très bien.
33:18Oui, je sais,
33:19cette anecdote vous a beaucoup marqué,
33:21André Bercoff,
33:21parce que vous la racontez souvent
33:22dans des dîners mondains à Paris,
33:25on va continuer un petit peu mondains dans Paris,
33:28voilà,
33:29on va continuer de parler de toutes ces personnalités
33:32que vous avez rencontrées à vos débuts de journalistes au Liban,
33:36dans les années 60-60,
33:38vous allez surtout nous parler de Pierre Brasseur,
33:40mémorable pour vous,
33:41à tout de suite sur Sud Radio.
33:4513h-14h,
33:47Sud Radio,
33:47Génération Bercoff,
33:49André Bercoff.
33:50Et oui,
33:51Génération Bercoff,
33:52l'émission dans laquelle tous les vendredis
33:53de 13h à 14h sur Sud Radio,
33:55André Bercoff vous raconte sa propre histoire
33:58qui est liée bien évidemment
33:59comme la nôtre à nous tous,
34:01à celle du monde,
34:02et tout de suite nous allons donner la parole
34:04à Simon qui nous appelle de Perpignan,
34:07bonjour à vous Simon.
34:08Oui, bonjour Simon.
34:09Oui, bonjour André.
34:12Très heureux, très heureux
34:14de pouvoir vous avoir au téléphone.
34:16Merci.
34:17Voilà, la question,
34:19c'est le même dommage
34:20que vous n'ayez plus d'émissions
34:21comme par le passé,
34:23mais bon, c'est comme ça,
34:24c'est les grilles.
34:25Oui, oui,
34:26mais vous allez me réentendre souvent.
34:30Voilà, tant mieux.
34:31Voilà, une bonne nouvelle.
34:33Simplement, moi,
34:34je voulais vous poser une question.
34:36Qu'est-ce que vous pensez
34:37du journalisme monotone
34:39et monocore de l'actuel ?
34:41Et monocouleur.
34:42Et monocolore, oui.
34:44Écoutez, alors je vais vous dire,
34:45Simon, c'est une,
34:47je vais dire,
34:47c'est une excellente question.
34:48C'est une question
34:49qui demanderait une heure
34:51de développement,
34:51mais on va en parler
34:52de la liberté d'expression.
34:53Ce que je voulais vous dire,
34:54c'est qu'effectivement,
34:55on a, et on le sait,
34:56et vous le savez,
34:57c'est qu'on a un vrai problème
34:59aujourd'hui
34:59qui est posé en France
35:00et ailleurs,
35:01et pas seulement en France,
35:02de liberté d'expression,
35:04c'est-à-dire que
35:05sous prétexte
35:07du pluralisme de l'opinion,
35:09on a dans certaines chaînes
35:11et dans certaines radios
35:11des opinions totalement,
35:13comme vous le disiez,
35:15monocolore,
35:15complètement,
35:16un soi-disant débat
35:18qui n'en est pas un.
35:19Et je trouve que c'est embêtant.
35:21Vous savez pourquoi ?
35:22C'est une double hypocrisie.
35:23Quand on dit,
35:24ah oui,
35:25il y a la presse d'opinion
35:25et la presse d'information.
35:27Quelle hypocrisie !
35:28Quelle tartufferie !
35:29Comme s'il n'y avait pas
35:30d'opinion dominante,
35:32comme s'il n'y avait pas
35:32chez telle ou telle radio
35:33ou chez telle ou telle
35:36chaîne de télévision
35:37des opinions dominantes.
35:39Et on voit très très bien
35:40que ceux qui les servent
35:42et les gens qui passent
35:43au micro ont très très très
35:45souvent,
35:46pratiquement tout le temps,
35:47la même opinion,
35:49la même idéologie
35:50qu'ils essaient de cacher
35:51sur toutes les manières.
35:52Je trouve ça très triste
35:53parce que,
35:55moi,
35:55on peut avoir des opinions
35:56différentes,
35:57on a tous des biais,
35:58on a tous...
35:59Mais ce qui compte,
36:00c'est quoi la vérité,
36:01liberté d'expression ?
36:02C'est de ne pas censurer
36:03et pas que tel ou tel actionnaire
36:05ou tel ou tel gouvernement
36:07ou tel sur le service public
36:09ou autre censure
36:10parce que ça ne lui va pas.
36:11C'est ça le vrai problème.
36:13Et on est dans une censure
36:14qui en range une auto-censure
36:16et où des gens ont peur
36:18de s'exprimer
36:19et où on peur
36:20ou ne veut pas
36:21ou ils sont d'accord avec.
36:23Mais ce n'est pas possible
36:24de seriner,
36:25de saliver sur la démocratie
36:27en la piétinant tous les jours.
36:29Ce qui compte,
36:30la liberté d'expression,
36:31je le dis toujours,
36:32elle est indivisible.
36:34elle n'est pas exécable.
36:36Elle n'est pas un petit truc
36:38à vendre plus aux francs.
36:39Elle n'est pas quelque chose
36:40à vendre aux enchères.
36:42Et malheureusement,
36:43ce n'est souvent pas le cas.
36:45Mais ça ne nous empêche pas
36:46de nous battre
36:47comme vous le savez.
36:48Oui, mais André Bercoff,
36:49notamment dans le Liban
36:50des années 60,
36:52qu'en était-il
36:52de cette liberté d'expression ?
36:54Y avait-il déjà à cette époque
36:56des sujets tabous ou pas ?
36:57Oui, enfin il y avait des sujets
36:58disons qu'on traitait
36:59plus ou moins, c'est vrai.
37:01Il y avait des sujets politiques
37:02qui étaient tabous.
37:04Par exemple,
37:04on parlait assez peu
37:05justement de la religion.
37:07On parlait assez peu
37:08de tout cela.
37:09C'est-à-dire qu'il n'était pas question,
37:11alors ça c'est vrai,
37:13d'attaquer telle ou telle
37:14ou telle religion.
37:15C'est-à-dire que,
37:16vous savez,
37:16le côté,
37:18évidemment,
37:18le Liban n'était pas laïque.
37:20Il était en principe laïque,
37:22séparation de...
37:23Mais en fait,
37:24il n'était pas laïque,
37:25évidemment,
37:26puisque les postes,
37:27je vous l'ai dit,
37:28pour la présidente de la République,
37:29je vous l'ai dit,
37:30pour le Premier ministre,
37:31je vous l'ai dit,
37:32pour le président
37:33de l'Assemblée nationale,
37:34était réparti,
37:35et beaucoup d'autres postes
37:36dans l'administration,
37:37il fallait répartir
37:38en fonction de chiites,
37:39sunnites,
37:40chrétiens maronites,
37:41catholiques,
37:42etc.
37:42Et ce qui s'est passé,
37:44c'est le point de démographie.
37:45Il ne faut pas oublier
37:46que les chrétiens
37:46étaient à près de 50%
37:48il y a encore 50 ans,
37:49ou en tout cas 35%
37:51ou 40%,
37:52ils sont beaucoup moins
37:53aujourd'hui,
37:53etc.
37:54La liberté d'expression
37:56était,
37:57il faut le dire,
37:58elle existait,
37:59elle existait,
38:00attention,
38:00beaucoup plus
38:01que tous les pays
38:02environnants du Moyen-Orient.
38:04Tous les pays arabes
38:05environnants
38:06n'avaient pas la moitié
38:07du cadre
38:07de la liberté d'expression
38:08du Liban.
38:08Mais il n'empêche
38:10qu'on ménageait
38:11les choses,
38:12il n'était pas question
38:13d'attaquer
38:13telle ou telle religion
38:15de façon frontale,
38:17ça c'est clair.
38:17Par exemple,
38:18il y a un instant
38:19vous nous parlez
38:19des crimes d'honneur
38:20à cette époque,
38:22est-ce que des journalistes
38:23en parlaient réellement
38:24dans la presse ou pas ?
38:25Oui,
38:25ils en parlaient,
38:26ils en parlaient
38:26sans trop insister,
38:28ils en parlaient
38:28mais c'était toujours
38:30un mot,
38:31je dirais,
38:32un mot couvert.
38:33Simon,
38:34vous avez une autre question
38:35à poser à André,
38:35nous avons quelques secondes,
38:3730 secondes,
38:38vous n'êtes plus en ligne,
38:39je suis désolé.
38:40André Bercoff,
38:41je suis vraiment confuse
38:41pour les auditeurs
38:42de Sud Radio,
38:43nous n'aurons pas le temps
38:44de vous raconter
38:45cette anecdote
38:46d'André avec Pierre Brasseur.
38:47Mais la semaine prochaine,
38:48on le fera.
38:49Oui, parce qu'il est vraiment
38:49très très drôle,
38:50on va tout vous raconter
38:52la semaine prochaine
38:53sur Sud Radio,
38:54nous,
38:54nous,
38:55André Bercoff,
38:56vendredi,
38:57André Bercoff,
38:58vous retrouvez André
38:59de 12h à 14h
39:00sur Sud Radio,
39:02faut qu'on s'organise,
39:03vous avez le t-shirt
39:04en plus aujourd'hui,
39:06faut qu'on s'organise,
39:0712h, 13h,
39:08Génération Bercoff,
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