00:00Ici Sud Radio, les français parlent au français, les carottes sont cuites.
00:08Sud Radio Bercov dans tous ses états.
00:11Autant que la montagne est belle, comment peut-on s'imaginer ?
00:21Et oui, oui, Jean Ferrat, que la montagne est belle, que la montagne est belle, que la mer est belle,
00:28que les champs sont beaux, que les haies sont magnifiques,
00:31à une condition, à une condition, qu'il ne vous arrive pas d'avoir un problème pressant relatif à la
00:40vessie, un problème, mettons par exemple, d'uriner quelque part,
00:44qui ne soit pas dans un endroit spécialement dédié à cet effet.
00:50Un WC, une toilette, etc.
00:53Oui, mais imaginez, vous êtes dehors, vous êtes en week-end, vous êtes dans votre voiture, et puis une envie
00:59pressante vous prend.
01:01Attention, ça c'est terminé.
01:04Peu importe ce qui vous arrive, vous allez y continuer.
01:07Vous croyez à l'heure, vous dites, mais attendez, attendez, de quoi vous parlez encore Bercov ?
01:10Oui, mais soyons un peu légers, ne parlons pas des problèmes du monde, ne parlons pas des grandes visites,
01:17parlons de quelque chose que nous rapporte le journal L'Impartial dans l'heure.
01:22Écoutez-moi bien.
01:23Pris d'une envie pressante, cet été, entre Lusarche et Chaumontel, dans le Val-d'Oise,
01:30Claude Connégéraud arrête son véhicule en pleine campagne et se permet une pause pipi au bord d'un champ.
01:37Bon, rien de plus naturel en somme.
01:39Attention, repéré par les gendarmes, catastrophe, catastrophe, il écope d'une amende de 135 euros.
01:49Alors, il explique, moi de mon côté de la route, nous étions en bordure d'un champ, de l'autre
01:54côté c'était un bois.
01:56Eh bien, il va faire ce qu'il a à faire.
01:59Appel remonté dans sa voiture, un véhicule de gendarmerie se garde devant lui.
02:04Vous venez d'uriner avant de remonter dans votre voiture, lui demande-t-on ?
02:08Claude Connégéraud a voulu effet, incrédule.
02:11Il est alors verbalisé à 135 euros.
02:15Motif de la contravention ?
02:17Écoutez, c'est très très beau.
02:19C'est beau comme ce français que nous aimons, ce français des normes, ce français de la bureaucratie,
02:24ce français des livres.
02:26Écoutez bien, bien, déversement du liquide insalubre hors des emplacements autorisés.
02:32C'est pas beau ça ? C'est pas beau ?
02:34Eh oui, eh oui, on a trop de liquide insalubre.
02:38Eh bien, vous n'avez à attendre, si vous n'avez rien avant 3 heures, eh bien ça ne fait
02:42rien.
02:42Vous n'avez qu'à, allez, pardon de l'expression, vous faire dessus.
02:46Voilà.
02:47Et renseignement pris alors, effectivement, à garder la loi.
02:50Et la loi interdit bien d'uriner sur la voie publique, très bien, on comprend, en pleine rue, la chaussée,
02:56devant des gens, très bien.
02:57Mais même derrière un arbre.
02:59Et ceci à la ville comme à la campagne.
03:03Alors écoutez, nous, on aime bien, vous savez, on défend les forces de l'ordre, on défend la police, on
03:08défend la gendarmerie,
03:09sauf qu'en temps, ils font des bavures, évidemment.
03:12Il n'y a aucune raison de privilégier tel ou tel ou tel.
03:14Mais enfin, quand même, quand même, que la gendarmerie, aujourd'hui, intervienne, parce que quelqu'un,
03:22bon d'un champ, il est allé, effectivement, dans les arbres, uriner, et on l'a vu, eh bien, 135
03:29euros amende.
03:31Dites-moi, ce serait peut-être, alors on ne va pas recommencer, non, non, je ne vais pas le dire,
03:35peut-être vous occupez peut-être du narcotrafiquant, peut-être de la violence, non, non, non, on ne va pas
03:41verser là-dedans.
03:43Non, simplement, attendez, où on est là ?
03:45On est encore dans cette France bureaucratisée, normisée, avec ce qui...
03:51Et la loi, la loi, interdit, interdit, attention, d'uriner en dehors des, non pas des passages cloutés, bien sûr,
04:01mais des édifices fabriqués à cet effet.
04:06Et s'il n'y a pas pendant 25 kilomètres, eh bien, écoutez, débrouillez-vous.
04:10Ce qui est formidable, ce qu'on a en tiré, c'est quoi ?
04:13C'est que, voilà, pendant qu'il y a ce qu'il y a dans ce pays, pendant que les
04:17choses à faire,
04:18dans ce gendarmerie, on leur dit, attendez, allez voir, attention, guettez donc, si je comprends bien,
04:24il y a des gendarmes qui font les patrouilles, on pourrait dire, il faut voir s'il y a un
04:29acte de violence,
04:30s'il y a quelques voyous, quelques racailles, quelques ceci, cela, non, non, non, non, non, non.
04:35Il y a quelqu'un qui s'oublie, enfin, qui est allé dans un champ, loin, loin de tout regard,
04:43etc.,
04:44eh bien, pour satisfaire un besoin légitime.
04:49Eh bien, non, eh bien, ça ne fonctionne pas.
04:52Alors, est-ce que vous connaissez la grande phrase romaine,
04:55vidi, vedi, vessi ?
04:56Alors, non, non, non, non, non, non, non, non, au fond, ce qui se passe,
05:01c'est qu'une certaine bureaucratie française, et on appelle ça l'État de droit,
05:07prend des vessies pour des lanternes, et prend nos vessies pour des lanternes.
05:11C'est quand même assez, assez lamentable, il faut le dire, c'est midable.
05:17Il a, voilà, 125 euros, et le citoyen collégéraux a montré sur le procès verbal, voilà.
05:24On en est là, tout va bien, dans le meilleur des mondes, n'est-ce pas ?
05:29Nous sommes dans le pays des hauteurs déconcertantes, et du mensonge encore plus béant.
05:36Merci, et à demain.
05:37Merci.
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