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##GENERATION_BERCOFF-

Catégorie

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News
Transcription
00:0213h-14h, Sud Radio, Génération Bercoff, André Bercoff, Céline Alonso.
00:09Génération Bercoff, l'émission qui vous raconte chaque semaine sur Sud Radio, la France d'hier pour comprendre celle d
00:15'aujourd'hui.
00:16Et aujourd'hui, André Bercoff, c'est les coulisses d'une affaire qui a agité le landerno politique en 1983
00:22que vous allez nous raconter, à savoir l'affaire Caton.
00:25Vous en êtes l'auteur, André ?
00:27Écoutez, on va en parler longuement, oui, oui, je suis le coupable, c'est ma faute, c'est ma faute,
00:33c'est ma très grande faute.
00:34Après, vous savez, on avait parlé il y a deux semaines du livre de politique fiction, les 140 jours de
00:41Mitterrand,
00:42tout ce qui s'est passé, la politique fiction, sur l'union de la gauche pour les législatives qui ont
00:48été perdues par la gauche.
00:50Et puis là, là, effectivement, un livre paré, en janvier 1983, chez Fayard, ça s'appelle De la reconquête, et
00:59c'est signé Caton.
01:00Et le sous-titre, je le dis parce qu'il faut s'en rappeler, pour vaincre la gauche, il faudra
01:05se débarrasser de la droite.
01:07Eh oui, et ce livre, vous allez nous le raconter, parce que c'était un livre de commande de l
01:11'Elysée.
01:12À l'époque, Mitterrand était à l'Elysée, André Bercov, dès sa sortie, eh bien, ce livre a provoqué, il
01:17faut le dire, un véritable séisme politique.
01:21Chacun suspectant tel ou tel ministre député ou sénateur d'être à l'origine de ce plan pamphlet.
01:26Et vous allez tout nous raconter sur les dessous de cette affaire incroyable et des dessous étonnants.
01:32On en parle dans un instant sur Sud Radio.
01:3513h-14h, Sud Radio, Génération Bercov, André Bercov, Céline Alonso.
01:42Alors André Bercov, en janvier 1983, alors que Mitterrand est au pouvoir, vous publiez chez Fayard, sous le pseudonyme de
01:50Caton, un pamphlet intitulé De la reconquête.
01:53Pour vaincre la gauche, il faudra se débarrasser de la droite.
01:56Alors ce livre, qui est une charge contre Giscard, Chirac et toute la vieille garde, a secoué vraiment le monde
02:03politique et médiatique de l'époque.
02:05Racontez-nous la genèse de ce livre. Pourquoi vous l'avez publié ?
02:09Alors écoutez, c'est très simple. Nous sommes en 1982 et je rencontre Jacques Attali, que je connaissais depuis assez
02:16longtemps et qui est, comme vous savez, à l'époque, il est du conseiller spécial de Mitterrand.
02:20Il me dit, Mitterrand a pensé à toi. J'ai dit, ah moi c'est sympathique. Et pourquoi a-t
02:24-il pensé à moi ?
02:24Il dit parce qu'il a lu les 180 jours de Mitterrand à l'époque et il pensait qu'il
02:30y a les municipales qui se profilaient les élections municipales en 1983.
02:34Et pourquoi ne pas faire un livre de politique fiction pour les municipales ?
02:39Je lui dis que, bon, refaire une politique, une relive de politique fiction ne m'intéressait pas vraiment. On ne
02:45se baigne pas dans le même fleuve.
02:47Et en revanche, je vais réfléchir. Et j'ai réfléchi et je me suis dit, pourquoi ne pas raconter à
02:53un Giscardien ou à un Chiracien, un des classiques, un des hiérarches de la droite qui vient de perdre la
02:59présidence de la République
02:59et qui regarde passer la gauche, évidemment en disant, oui, il faut effectivement changer la droite pour se débarrasser de
03:07la gauche.
03:07Donc c'est parti comme ça. Et j'ai écrit ce livre. Donc j'ai écrit ce livre en septembre
03:1582.
03:16J'ai écrit en trois semaines. Et voilà. Et il est paru en janvier 83.
03:23Mais à l'origine, l'ambition de François Mitterrand, c'était vraiment de déstabiliser, de torpiller la droite à l
03:31'approche des municipales de mars 83 ?
03:33Oui, je ne sais pas ce qui était dans sa tête. Bon, je pense qu'il avait aimé effectivement les
03:38180 jours, même s'il n'était pas devenu le premier ministre de Giscard
03:43et qu'il s'est dit, tiens, pourquoi pas un livre qui ferait quoi ? Voilà.
03:47Et donc simplement, moi, j'ai fait un détournement de commande mais qui a été tout à fait accepté par
03:54Mitterrand
03:55qui, il faut le dire, l'a lu avant parution, bien sûr.
03:58Et oui, avant parution. Et vous, votre livre, effectivement, est sorti, il faut le dire, deux mois avant l'annonce
04:04du tournant de la rigueur de 1983.
04:06Mais vous, vous l'aviez venu, mince, pardon, venir avant tout le monde, ce tournant, André ?
04:14Moi, je l'ai vu venir, pourquoi ? Je n'étais pas spécialement, je n'étais pas ni prophète, ni
04:19voyant.
04:20Simplement, vous savez, tout le monde parle du tournant de 1983.
04:23Et on dit, voilà, c'est là où, effectivement, moi, je dis dans le livre, j'ai dit, Mitterrand Parti
04:29Socialiste,
04:30il a appris à parler français. En fait, c'est que, c'est 82, il faut rappeler qu'en juin
04:3782,
04:38Jacques Delors, alors ministre de l'économie, avait parlé de la pause dans les réformes.
04:43La pause, déjà, et la pause annonçait le tournant.
04:46C'est-à-dire que, qu'est-ce qui s'était passé ?
04:48Aller nationalisation, aller à outrance, effectivement, retraite à 60 ans,
04:55les 39 heures qui annonçaient bientôt les 35 heures,
05:01etc., etc., et ça n'allait pas du tout bien pour le France,
05:03ça n'allait pas du tout bien pour l'économique.
05:05C'était déjà le quoi qu'il en coûte et on y allait à mort.
05:08Eh oui, la France était au bord de la crise, on peut le dire, oui.
05:10En tout cas, elle était dans une annonce de crise assez forte.
05:13Et c'est là que, même à gauche, et Delors, qui était quand même quelqu'un d'assez posé
05:18et d'assez raisonné et raisonnable, a dit, attendez, on ne peut pas continuer comme ça.
05:22Et donc, c'est là où ça m'a donné, quand on m'a parlé de l'idée du livre,
05:26on dit, non, je ne vais pas en faire une politique fiction.
05:28A revanche, je vais montrer que cette gauche, effectivement,
05:34était en train de devenir très raisonnable.
05:37Eh oui, alors, quelle a été la stratégie que vous avez mise en place, effectivement ?
05:41On va en parler dans un instant.
05:42Mais avant, André Bercoff, je vous propose d'écouter quand même Jacques Delors,
05:46qui était effectivement ministre des Finances à l'époque
05:49et qui a annoncé son fameux plan de rigueur en mars 1983.
05:53Nous ne pouvons pas continuer à consommer plus que nous produisons,
05:57à acheter plus que nous ne vendons à l'étranger.
06:01Depuis 3-4 ans, la France est dans cette situation.
06:06Il faut que cela change et évite.
06:08Nous avons totalement épargné les revenus les plus modestes.
06:12Nous sommes donc toujours dans le droit fil de l'esprit de solidarité
06:15qui caractérise la politique du gouvernement depuis mai 1981.
06:20Cet effort n'est que provisoire.
06:22Eh oui, cet effort, attendez, cet effort, c'était le provisoire qui dure.
06:27Parce que quand on voit aujourd'hui, nous sommes en 2026,
06:30là, c'est 83, et effectivement, on a continué à dépenser plus que ce que nous recevons, etc.
06:39C'est-à-dire, ce qui est extraordinaire, c'est que ce que dit Jacques Delors à ce moment-là,
06:44n'importe qui qui a un peu de connaissances devrait le dire à Bruno Le Maire,
06:49devrait le dire à Sébastien Lecornu, et surtout, devrait le dire à Emmanuel Macron.
06:54Vous avez vu qu'on est 45 ans après, eh bien, on est toujours dans la même épure,
06:59ce qui est vraiment intéressant.
07:00Et alors, il ajoute, juste un mot, ce ne sera que provisoire.
07:04Tu parles, le provisoire, il a duré, et il dure encore, encore mieux et encore plus jusqu'à aujourd'hui.
07:10Oui, en tout cas, à l'époque, ça a été quand même, on peut le dire,
07:12le rappeler que ça a été un sacré volte faste, comment dire, spectaculaire, André Bercoff.
07:17Alors, revenons à votre livre.
07:19Dans votre livre, vous l'avez dit, vous avez endossé le costume d'un ténor de la droite,
07:23et avec une verbe, donc souvent féroce,
07:25eh bien, vous faites un réquisitoire, donc, contre votre propre camp.
07:29Vous dénoncez leurs erreurs, lâcheté intellectuel,
07:32affairisme auto-satisfait, socialisation et bureaucratisation à haute trans,
07:36fabrication d'une société d'assistés.
07:38Comment vous avez construit, et surtout documenté, votre scénario, André ?
07:43Écoutez, c'est très simple.
07:44J'ai eu l'idée, encore une fois, parce qu'il faut raconter comment il fait le mécanisme,
07:49il fallait évidemment le pseudonyme,
07:50parce qu'André Bercoff, en tant que journaliste et écrivain,
07:53n'avait aucune légitimité à parler de ça.
07:56J'aurais été un essai de plus, une opinion de plus, on s'en fichait.
08:00Mais il fallait montrer, et c'est les trois choses que j'employais,
08:04il fallait montrer que c'était quelqu'un du sérail,
08:06donc, grâce à un certain nombre de gens, d'hommes et de femmes que je connais,
08:13j'en connais pas beaucoup, mais j'en connais dans le sérail,
08:15qui ont fait le tour du sérail,
08:16et bien que ce soit à tali, que ce soit d'autres,
08:20et bien j'ai eu énormément d'informations,
08:23et surtout, et surtout, je me suis mis en scène,
08:26c'est-à-dire que j'ai toujours dit « je », ce qui était faux,
08:29j'ai participé à telle ou telle réunion,
08:31j'ai participé à tel ou tel dîner,
08:34j'ai entendu les confidences de qui que ce soit,
08:36de tel ou de tel,
08:37et c'est ça qui donnait ma crédibilité,
08:39et cette crédibilité a été énorme.
08:41C'est-à-dire que tout le monde, vraiment, très vite,
08:44a cru que j'étais un des ministres, députés, sénateurs,
08:49du pouvoir giscardien ou proche de Chirac,
08:53et ça a été vraiment l'incendie immédiat, je dirais.
08:58Eh oui, alors votre pamphlet, effectivement,
09:00abonde en documents et renseignements inédits,
09:02André Bercoff, un peu parfois méconnu et connu,
09:05et vous relatez notamment un dîner organisé
09:08dans le plus grand des secrets,
09:09avec Mitterrand et Chirac,
09:11c'était à l'automne 80,
09:12dans l'entre-deux-tours de la présidentielle.
09:15Y avez-vous été invité ou pas à ce dîner ?
09:17Vous dites oui dans votre livre, racontez-nous.
09:19Non, mais bien sûr, mais bien sûr que pas.
09:21André Bercoff a entendu parler de ce dîner
09:23par des gens informés,
09:24d'ailleurs tout le monde le sait aujourd'hui,
09:26et même bien avant.
09:28Simplement, il fallait que je dise,
09:29j'y étais, évidemment.
09:31Qu'a-t-on y été ?
09:32Qu'a-t-on y été ?
09:33Bercoff n'y était évidemment pas.
09:35Et c'est vrai qu'ils se sont rencontrés,
09:37je crois que c'est l'avenue Fauche,
09:38je ne sais pas, l'automne 80,
09:40dans l'entre-deux-tours de la présidentielle,
09:42pour savoir...
09:43Chez Edith Cresson.
09:44Chez Edith Cresson, absolument.
09:46Qui était l'une des dirigeants du Parti Socialiste à l'époque,
09:48effectivement.
09:49Qui faisait partie,
09:50enfin qui était une dirigeante,
09:51en tout cas qui était dans l'état-major du Parti Socialiste.
09:55Et là, vous savez, ça a été,
09:57il faut rappeler,
09:58il faut rappeler que depuis,
10:00et on l'avait dit il y a une semaine,
10:02depuis la rupture de 1976,
10:04il faut rappeler que Chirac
10:06était devenu le anti-Giscardien,
10:09vraiment, je ne dirais pas à mort,
10:11mais très très fortement,
10:12jusqu'à justement rencontrer Mitterrand,
10:15et ce qu'il a obtenu,
10:17je ne dis pas qu'il a voté Mitterrand,
10:19j'en sais rien,
10:20on ne peut pas l'affirmer,
10:21le secret de l'isoloir,
10:23heureusement,
10:25mais incontestablement,
10:26il a été,
10:27je dirais,
10:29neutre en tout cas,
10:30et vous savez,
10:31on va en parler,
10:32certains de ses compagnons
10:35ont appelé à voter Mitterrand.
10:36– Et oui,
10:37mais c'est effectivement,
10:38pendant ce dîner,
10:38effectivement,
10:39que Mitterrand et Giscard
10:40ont convenu vraiment
10:42de se débarrasser de Giscard.
10:44– En tout cas,
10:45ils ont contenu,
10:46en tout cas,
10:47le fait que Chirac a vraiment assuré
10:49qu'il ne voterait pas Giscard.
10:52Voilà ce qu'il a assuré à Mitterrand,
10:53et déjà,
10:54l'abstention,
10:55imaginez que si vraiment,
10:56tout le RPR avait voté
10:58pour Giscard,
11:00il avait de vraies chances
11:01de l'emporter,
11:02tandis que là,
11:03il était cuit,
11:03comme on dit.
11:04– Et oui,
11:04vous révélez aussi
11:05un autre document dans ce livre,
11:06un document,
11:08effectivement,
11:08c'est un fait assez énorme,
11:09à savoir une lettre envoyée
11:10par les gaullistes de gauche,
11:12à l'époque,
11:12à leurs électeurs,
11:13dans laquelle ils appelaient,
11:15André,
11:16à voter Mitterrand en 81.
11:18– Ah oui,
11:18mais elle est formidable,
11:19cette lettre,
11:20il faut la lire.
11:20– Tout à fait.
11:21Alors,
11:21attendez,
11:22c'est écrit,
11:22je vais vous la lire vraiment,
11:24parce que des dizaines
11:25de milliers de Français,
11:26entre les deux tours
11:27des élections présidentielles,
11:29ont reçu cette lettre,
11:31signée Philippe de Chartres,
11:33ancien ministre,
11:34et un des responsables connus
11:36du RPR.
11:37Philippe de Chartres,
11:38je rappelle,
11:39ancien ministre général de Gaulle
11:40et de Georges Pompidou.
11:42Alors,
11:43voici ce qu'il disait,
11:43vraiment,
11:44c'est très intéressant.
11:46Mais alors,
11:46donc,
11:47Jacques Chirac,
11:47vous savez,
11:47s'était présenté,
11:48mais il était troisième,
11:50donc il restait Mitterrand
11:51et Giscard.
11:52Mes chers compagnons,
11:53pendant deux mois,
11:54vous êtes engagés à fond
11:55derrière Jacques Chirac,
11:56malgré le caractère
11:58extrêmement difficile
11:58pour nous de cette élection,
12:00vous a remporté
12:00un grand succès,
12:01etc.,
12:02mais maintenant,
12:03je parle,
12:04il faut choisir pour le deuxième tour.
12:06Quel choix avons-nous ?
12:08C'est bien,
12:08c'était entre les deux tours,
12:09donc de 81.
12:11Quel choix avons-nous ?
12:12D'un côté,
12:12M. Giscard d'Estaing,
12:13depuis toujours,
12:14il a comme objectif
12:15de réduire notre influence.
12:16Dès 1969,
12:17il fondait son avenir politique
12:19sur le départ
12:19du général de Gaulle
12:20qu'il provoquait sans hésiter.
12:22A se réaliser,
12:23M. Giscard d'Estaing
12:24n'a pas voulu répondre,
12:25n'a répondu que par le mépris
12:27et l'humiliation
12:28à toutes nos propositions.
12:30Nous ressentirions
12:31aucune rancœur
12:32si la politique
12:32qu'il avait menée
12:33à l'issue
12:33résout des problèmes
12:34de notre pays.
12:35Ce n'est malheureusement
12:36pas le cas.
12:36Le bilan de septembre
12:37a tiré en trois mots.
12:39Chômage record,
12:40inflation galopante,
12:41France affaiblie
12:42dans le monde.
12:43Alors voilà,
12:44il dit,
12:44allons-nous continuer,
12:45etc.
12:45Et il dit,
12:46je vous propose
12:47de voter contre
12:48M. Giscard d'Estaing.
12:49Ce vote n'entraîne nullement
12:50une adhésion à la personne
12:52au programme
12:52du candidat socialiste.
12:54Mais il ajoute,
12:55et c'est là où ça devient
12:56quand même formidable,
12:57c'est donc un vote politique
12:59que je vous appelle,
13:01Philippe de Chartres,
13:02je vous appelle
13:03sans hésitation
13:04à voter François Mitterrand,
13:06d'autant plus
13:07que le danger communiste
13:08est pour longtemps écarté.
13:10L'élection de François Mitterrand
13:11ne représente donc pas
13:12le risque d'un changement
13:13de société
13:14ou de menace
13:15pour nos libertés.
13:17Donc il n'a pas seulement demandé,
13:18vous voyez,
13:19c'était en mai 81,
13:20donc entre les deux tours,
13:21il n'a pas seulement demandé
13:22de voter contre Giscard,
13:25vous ne voyez plus
13:25un vote blanc
13:26ou abstention,
13:26il a demandé
13:27de voter Mitterrand.
13:28Oui, c'est incroyable.
13:30C'est quand même
13:30une sacrée histoire.
13:32Oui.
13:32Alors,
13:32autre anecdote,
13:33effectivement,
13:33du livre,
13:34André,
13:34un dîner organisé,
13:36toujours pareil,
13:36dans le contexte
13:38de cette élection présidentielle
13:39de 81,
13:40c'était à Lyon.
13:4220 convives réunis,
13:44l'invité d'honneur,
13:45Raymond Barre,
13:47qui s'est laissé
13:47à quelques confidences
13:48de bonne alloi,
13:49dites-vous.
13:50Qu'a-t-il dit,
13:51justement,
13:51à propos de Giscard
13:53et Mitterrand ?
13:54Vous voyez,
13:56même stratégie,
13:56évidemment,
13:57je n'étais évidemment
13:58pas au restaurant
14:00Les Quatre Saisons
14:01en 81 à Lyon,
14:04mais j'ai dit,
14:05j'y étais.
14:06Bien sûr,
14:06Caton y était.
14:07Encore une fois,
14:08Bercoff n'y a jamais été,
14:10mais Caton y était.
14:11Alors,
14:11Raymond Barre,
14:12effectivement,
14:13il a parlé,
14:14il a dit que Giscard
14:16a commis une grosse erreur
14:18en ne dissolvant pas
14:19l'Assemblée nationale
14:20dès son arrivée à l'Elysée,
14:21parce que là,
14:22il aurait cassé l'UDR,
14:23etc.
14:24Que pensait de François Mitterrand ?
14:26Un néophyte,
14:27mais fin politicien.
14:28Alors,
14:29il a parlé un peu de tout ça,
14:30mais c'est intéressant.
14:32Raymond Barre
14:33a évoqué les relations
14:34entre le PS et le PC,
14:35le PS,
14:36parti socialiste,
14:37parti communiste.
14:38Selon lui,
14:38la rupture inévitable
14:40interviendrait
14:40sur un sujet
14:41de politique internationale.
14:43Eh bien non.
14:44Eh bien non,
14:44il n'est pas intervenu là-dessus.
14:46Il vivait encore
14:47sur cette histoire
14:48de 1978
14:50et il n'a pas
14:51vu,
14:51et comme tous les autres,
14:52vous savez,
14:53je rappelle les confidences
14:54de Charles Pasqua
14:55que j'avais vues
14:57bien après,
14:58et les RPR,
15:00surtout les RPR,
15:02mais vous voyez même Barre,
15:03les RPR étaient persuadés
15:04que Mitterrand
15:05allait se casser
15:06sur l'économie
15:07et ils allaient faire
15:08vraiment nationalisation,
15:10etc.
15:10Oui, il allait rester à peine
15:10deux ans en fait
15:11au pouvoir, c'est ça.
15:12Il pensait rester deux ans
15:13et il disait voilà,
15:13on va voter Mitterrand,
15:15on va laisser Mitterrand
15:16finir avec Giscard
15:17et plutôt un an et demi,
15:18deux ans,
15:19Mitterrand va se casser la gueule
15:20pardon l'expression
15:22exactement,
15:22sur l'économie
15:23et la France va être
15:24dans un état pas possible,
15:26il va y avoir de nouvelles,
15:27il va être obligé
15:27de démissionner,
15:28il va y avoir de nouvelles
15:29élections présidentielles
15:30et là,
15:30Chirac sera président.
15:32Il a été aimé bien plus tard.
15:33La droite se préparait vraiment
15:35à reprendre le pouvoir
15:36André Bercoff.
15:37Absolument, absolument.
15:38C'est bien pour ça,
15:39je disais,
15:39nous nous préparons
15:40dans le caton
15:41à reprendre le pouvoir.
15:42Et oui,
15:43alors pour vaincre la gauche
15:44effectivement,
15:44ce que vous dites
15:45dans ce livre,
15:46dans ce pamphlet politique
15:47André Bercoff,
15:47vous dites que la droite
15:48devait effectivement
15:49à l'époque
15:50se régénérer
15:51de fond en comble
15:52et qu'il fallait en finir
15:53avec cette fameuse droite
15:55zombie.
15:56Mais vous,
15:57à l'époque,
15:57dans le caton,
15:58vous appeliez de vos voeux
16:00quelles droites ?
16:01Écoutez,
16:02d'abord,
16:03je voudrais vous lire
16:03ce que je disais
16:04dans caton.
16:06Pour vaincre la gauche,
16:07il doit se débarrasser
16:08de la droite étatique,
16:11centralisatrice,
16:12Jacobine,
16:12qui a préparé
16:13la venue des socialistes
16:14en contribuant
16:15à faire de notre pays
16:16une société d'assistés
16:18sous le masque
16:19du libéralisme
16:19et de la démocratie avancée.
16:21C'est écrit en 82, ça.
16:23Cette droite-là
16:25doit disparaître,
16:25nous ne pleurerons pas
16:26à son enterrement.
16:27Nous appelons de nouveau
16:29une droite décentralisatrice,
16:31libertaire,
16:31copaine du vécu
16:32des citoyens
16:33à tous les niveaux
16:34de la vie professionnelle
16:35comme associative,
16:36quotidienne et familiale.
16:38Alors écoutez bien,
16:38ce qui est très intéressant
16:39dans cette histoire,
16:40c'est quand on voit ça
16:41à l'aune d'aujourd'hui,
16:4243 ans après.
16:43Mais écoutez,
16:45personne ne s'est débarrassé
16:46de l'étatique,
16:47de la centralisation,
16:49de le jacobinisme.
16:50Et effectivement,
16:51les socialistes,
16:52ils ont fait aussi
16:54une société d'assistés
16:55à encore plus d'assistés
16:56sous le masque du libéralisme
16:58et de la démocratie avancée.
17:00Voilà.
17:00C'est-à-dire que ce que je montre
17:02et que vraiment ça,
17:03quand on relit Kato,
17:05c'est qu'effectivement,
17:06gauche et droite,
17:08on continue dans la même politique
17:09étatiste,
17:10dans la même politique
17:11des dépenses publiques,
17:13dans la même politique
17:14dont on dénonce aujourd'hui
17:15et qui était là,
17:17je le montre encore une fois,
17:18il y a 43 ans.
17:20Alors,
17:21la droite décentralisatrice,
17:23libertaire,
17:25vécu des citoyens
17:26et tout ça,
17:26où elle est celle-là ?
17:27Où est la gauche décentralisaterie ?
17:29C'est libertaire.
17:30Où est la droite décentralisatrice ?
17:32Ben,
17:32on l'attend encore.
17:33Et c'est ça qui est fabuleux.
17:35C'est-à-dire qu'on a fait
17:36du surplace
17:36et même on a continué
17:39à aggraver le déficit
17:40et tout le reste
17:41depuis 43 ans.
17:43Vous voyez ?
17:43Ça a été écrit en 4-22.
17:44Voilà.
17:45Et vous,
17:45à l'époque,
17:45effectivement,
17:46pour que la droite
17:47reprenne le pouvoir,
17:49André Bercov,
17:49les stratégies
17:50que vous aviez imaginées
17:51dans Kato,
17:52c'était vraiment
17:53faire feu de tout bois
17:54en quelque sorte.
17:55C'était ça, oui.
17:55C'était à la fois
17:57en disant
17:58écoutez,
17:58c'est très simple,
17:59il faut laisser faire la gauche.
18:01Ça, c'était le côté.
18:02On verra bien
18:03et puis on va ramasser les morceaux.
18:04C'était ça l'idée.
18:05Vous aviez prôné
18:06d'attaquer encore plus
18:07le front même
18:08qui venait d'être dévalué
18:10trois fois en deux ans.
18:11Bien sûr.
18:12Vous savez que c'est arrivé au stade
18:13parce que ça,
18:14on ne le sait pas.
18:15Mais pour vous dire,
18:15Pierre Moroy était
18:16Premier ministre à l'époque.
18:17Il était le Premier ministre
18:18de Mitterrand.
18:19Il a demandé,
18:20parce qu'il n'était
18:22absolument pas
18:23de la Confidence, bien sûr.
18:24Il a demandé
18:25aux renseignements généraux
18:27d'enquêter
18:28sur qui était ce caton
18:29qui voulait encore
18:30détruire les communes françaises.
18:31Il fallait le poursuivre, etc.
18:33Et alors,
18:34c'est là que je vais vous faire.
18:35C'est que
18:35les renseignements généraux
18:37ont enquêté.
18:37Ils ont fait deux blancs.
18:39Vous savez,
18:39deux feuilles blanches.
18:40Et ils ont dit,
18:40on sait qui c'est,
18:41c'est Michel Jaubert,
18:42l'ancien ministre
18:43des Affaires étrangères.
18:44Et Michel Jaubert,
18:45quand on a demandé
18:46c'est vous,
18:47il n'a pas dit non.
18:48Il a dit non, non.
18:49Il a dit je ne sais pas, etc.
18:50Parce qu'à l'époque,
18:51c'était très bien vu
18:52de dire que c'était
18:53moi caton.
18:54Parce que toute la presse
18:55en avait parlé,
18:56tous les médias
18:57en avaient parlé,
18:58alors que personne
18:58ne savait qui c'était.
18:59Et oui,
19:00on va revenir sur ce mystère
19:01effectivement
19:02qui a duré en un an,
19:03André Bercoff,
19:04dans un instant sur Sud Radio.
19:05Mais continuons
19:06à développer
19:06cette affaire caton.
19:07En fait,
19:08ça a été
19:08l'affaire caton,
19:09c'est un mensonge
19:10qui a dit la vérité,
19:12la vérité sur la véritable
19:14trahison de la gauche,
19:15on peut le dire ainsi,
19:16André,
19:17ou pas ?
19:18Le véritable volte-face
19:20spectaculaire de la gauche,
19:21alors ?
19:21C'est-à-dire qu'en fait,
19:23la gauche s'est faite élire
19:24sur un grand programme
19:26socialiste,
19:27la gauche,
19:28de l'ombre à la lumière,
19:29etc.
19:31Seulement,
19:32quand la bispe est venue,
19:34elle se trouva fort dépourvue
19:35quand la bispe est venue
19:36et découvrit
19:37les terrifiantes
19:38pépins de la réalité.
19:39Et c'est ce que je montrais
19:41dans ce livre.
19:42Et donc,
19:42ils étaient obligés
19:43à se débrouiller,
19:44à gérer,
19:45sinon ça aurait été
19:46la cata.
19:46Oui.
19:47Voilà.
19:47Alors,
19:48à l'époque,
19:48il faut le rappeler quand même,
19:49vous étiez un journaliste
19:50classé à gauche.
19:51Est-ce que vous avez eu du mal
19:53à justement endosser
19:54le costume d'un homme de droite,
19:56André ?
19:56Non,
19:56pas du tout,
19:57parce que d'abord,
19:58le costume d'un homme de droite,
19:59vous savez,
19:59il faut le dire,
20:00enfin en gros,
20:01la droite,
20:02je parle de la droite intellectuelle,
20:03surtout dans la droite littéraire,
20:05elle écrit beaucoup mieux
20:06que la gauche.
20:06Les grands écrivains de droite,
20:08on peut leur dire ce qu'on veut,
20:09moi je reste de gauche
20:11sur une toute partie
20:14de domaine
20:14que la gauche a abandonné,
20:16il faut bien le dire,
20:17mais la droite écrit très bien,
20:19donc ça m'amusait
20:19de prendre le style
20:20des hussards,
20:22des hussards de la droite,
20:24à mon niveau,
20:25je ne dis pas,
20:25je ne suis pas Antoine Blondin,
20:26je ne suis pas Roger Limier,
20:28et je ne suis pas Michel Léon.
20:29Mais ça me passionnait,
20:31et voilà pourquoi
20:32ça a été un exercice
20:33très très très plaisant
20:34à suivre et à faire.
20:36Et oui,
20:36et un mot sur ce fameux caton,
20:39c'est caton le censeur,
20:40j'imagine,
20:41qui vous a inspiré
20:42effectivement ce pseudo.
20:43Absolument,
20:43le sénateur romain
20:44qui dit la vérité,
20:45et qui est juste,
20:48et qui pourfend effectivement,
20:51qui pourfend les injustes,
20:54et ça m'amusait tout à fait,
20:56ce pseudonyme m'a vraiment amusé,
20:58que j'ai trouvé,
20:59on a dit caton,
20:59ça fait très bien,
21:00caton c'est celui
21:01qui dit le vrai.
21:02Évidemment,
21:04on prêchait le faux
21:06pour dire le vrai.
21:07Et oui,
21:08et ce pamphlet,
21:09dès sa sortie,
21:10a eu un véritable succès,
21:11André Bercoff,
21:12à plus de 120 000 exemplaires
21:13vendus dès le premier mois,
21:15ce sera un best-seller.
21:17Avec le recul,
21:18comment vous l'expliquez,
21:19ce succès ?
21:19C'est très simple,
21:21c'était le premier livre
21:23qui disait,
21:25justement,
21:25le grand tournant de la gauche,
21:26vous voyez,
21:27avant 83,
21:27encore une fois,
21:28il a paru en janvier 83,
21:30il a été riche,
21:30je le rappelle,
21:31en novembre,
21:32octobre-novembre 82.
21:34C'est-à-dire qu'on montrait
21:35qu'au fond,
21:36écoutez,
21:37c'était pas,
21:38c'est terrible,
21:39ils n'étaient pas en train,
21:40et vous vous rappelez,
21:41vous,
21:41on avait parlé de la grande panique,
21:42des bien-pensants
21:43et des bien-possédants
21:44dans les premiers mois.
21:46Là,
21:46c'était déjà au bout d'un an,
21:48un an et demi,
21:48on voyait que,
21:49bon,
21:49regardez la gauche,
21:50il ne nous a pas tout nationalisé,
21:52il ne nous a pas collectivisé,
21:53c'est pas l'Union soviétique,
21:55les Cossacks ne sont pas là.
21:56Donc,
21:56voilà,
21:57ils étaient effectivement
21:59un peu rassurés
22:00et on leur montrait
22:01que ça pouvait continuer.
22:02Et oui,
22:03ça continue,
22:03en tout cas,
22:04le secret sur Caton
22:05a duré près d'un an,
22:06André Bercoff.
22:07Comment avez-vous réussi
22:08à le préserver
22:09alors que le tout Paris
22:10se demandait
22:11qui était Caton ?
22:12On en parle
22:13dans un instant
22:13sur Sud Radio.
22:22De retour sur Sud Radio
22:24pour parler de l'affaire Caton,
22:25ce pamphlet politique
22:26que vous avez publié,
22:27André Bercoff,
22:28sous couvert du secret
22:30début 1983
22:31et qui a créé vraiment
22:32la cacophonie
22:34dans les rangs de la droite.
22:36Combien étiez-vous
22:37dans la confidence
22:37à l'époque ?
22:38Écoutez,
22:39il devait y avoir
22:39trois ou quatre personnes
22:40dans la confidence,
22:41il y avait Mitterrand,
22:42il y avait Attali,
22:46évidemment mon éditeur,
22:48le merveilleux Claude Durand,
22:49paix à son âme,
22:50qui était un des plus
22:51grands éditeurs français,
22:53qui a fait un travail
22:54extraordinaire d'édition
22:55pendant des décennies.
22:57Il était d'abord au Seuil
22:58et ensuite chez Fayard.
23:00Vraiment,
23:01je rends hommage,
23:01c'était un ami,
23:02je rends hommage
23:03à sa mémoire
23:04et à sa compétence.
23:06Et puis voilà,
23:06et puis la secrétaire,
23:09enfin la personne
23:09qui a tapé le livre.
23:12Alors à l'époque,
23:13dans les dîners mondains
23:14et dans tout le milieu
23:15politico-médiatique,
23:17tout le monde
23:17se posait la question
23:19sur votre idéal
23:20d'entité,
23:20André Bercoff,
23:21quels noms circulaient ?
23:23Est-ce qu'à un moment,
23:23on vous a soupçonné
23:24de l'être ou pas du tout ?
23:25Alors écoutez,
23:26non,
23:26d'abord,
23:28peu de noms,
23:29enfin non,
23:29beaucoup de noms soupçonnés,
23:30mais je vais vous dire,
23:31le grand plaisir,
23:32vous parlez de dîners mondains
23:33ou de dîners parisiens,
23:34etc.
23:35et autres.
23:35Et évidemment,
23:36on parlait beaucoup de Caton.
23:37C'était l'affaire,
23:38vraiment,
23:39parce que je faisais
23:40un éditorial dans VSD,
23:41à l'époque,
23:42c'était un des grands journaux
23:43de Paris hebdomadaire,
23:44vendredi,
23:44samedi, dimanche,
23:45je faisais un éditorial.
23:46Sous le nom de Caton ?
23:47Sous le nom de Caton,
23:48absolument.
23:48Vous parliez de quel sujet ?
23:50De tout,
23:51de la politique,
23:52etc.
23:52C'était si des Catons
23:53et tout passait pour mon éditeur,
23:55pas Claude Durand lui-même.
23:56Je crois que sa maison d'édition
23:57n'était absolument pas au courant.
23:59On avait fait un contrat
24:00très, très, très confidentiel
24:02et ça a été incroyable.
24:04Et alors,
24:04je veux dire,
24:05pour parler des noms,
24:06justement,
24:07écoutez ce qu'avait fait
24:08mon ami Fabrice Rouel
24:09sur France Inter,
24:10sur l'affaire Caton.
24:11Liste non exhaustive
24:13des Catons présumés.
24:14Marie-France Garraud,
24:15François Naubert,
24:15Jean-Claude Casanova,
24:16Albin Chalandon,
24:17Catherine Né,
24:18le professeur Alexandre Adler
24:20déclare qu'il a effectué
24:21une étude lexicographique
24:23du livre
24:23et qu'il en est certain,
24:25c'est Alain de Benoît,
24:26le penseur de la Nouvelle Droite.
24:28Voilà.
24:29André Bercoff,
24:29à l'époque,
24:30Raymond Barre a été aussi soupçonné,
24:32non ?
24:32Bien sûr,
24:32Raymond Barre
24:33et puis beaucoup,
24:33beaucoup,
24:34beaucoup d'autres encore.
24:35C'était incroyable.
24:35Vous savez,
24:36un jour,
24:36je me retrouve
24:36et ça,
24:37c'est un plaisir
24:38que je souhaite à tout le monde,
24:39c'est qu'on parle de vous
24:40sans qu'on sache que c'est vous.
24:42Et moi,
24:42ça m'est arrivé
24:43trois ou quatre fois
24:44où les gens parlaient de Caton.
24:46Et moi,
24:46je disais,
24:47ah bon,
24:47et vous savez qui c'est ?
24:48Ah ben oui,
24:49un grand journaliste de l'époque,
24:51je me rappelle,
24:52il me disait,
24:52mais bien sûr qu'on sait qui c'est.
24:54Alors je dis,
24:54ah bon,
24:54c'est qui ?
24:55Il dit,
24:55c'est Catherine Né
24:56et Albin Chalandon.
24:57Je dis,
24:57ah bon ?
24:58Et pourquoi ?
24:59Il dit,
24:59bien sûr,
25:00Catherine Né,
25:00ça commence par 4,
25:02Chalandon,
25:02ça finit par 1,
25:034 et 1,
25:04ça fait Caton.
25:05Ah !
25:06J'ai dit,
25:06mais c'est formidable ça.
25:07Évidemment,
25:08il m'en a beaucoup voulu
25:08quand il a su que c'était moi.
25:10Comment ça s'est passé ?
25:11Votre éditeur a dû crouler
25:13sous les demandes d'interviews.
25:14Comment a-t-il géré cela à l'époque ?
25:17Il l'a géré magnifiquement bien,
25:19c'est-à-dire qu'il disait,
25:20il n'est pas question
25:21que Caton apparaisse,
25:23mais à la limite,
25:25donc,
25:25je répondais,
25:26j'ai fait beaucoup d'interviews,
25:27il m'a envoyé les questions,
25:29mon éditeur,
25:30je répondais à mon éditeur
25:31en rapport écrit aux questions.
25:33Voilà,
25:34ça c'était pour la presse écrite
25:35et il y a eu la télévision,
25:36elle n'était pas question
25:37parce que la télévision,
25:38c'est l'image
25:38qui est hors de question
25:39que je montre en l'image.
25:40Oui, parce qu'à l'époque,
25:41votre voix était déjà familière,
25:42vous étiez inconnu André.
25:44En tout cas,
25:44des milieux des médias,
25:45bien sûr,
25:46je n'étais pas inconnu,
25:47c'est le moins que l'on puisse dire.
25:48Mais,
25:49à ce moment-là,
25:50on s'est dit,
25:51alors,
25:51la radio,
25:52Europe 1,
25:53France Inter,
25:54demandée,
25:55et on s'est dit,
25:56peut-être,
25:57qu'il faudrait trouver quelqu'un
25:58et nous avons trouvé quelqu'un,
26:01écoutez.
26:03Écoutons,
26:04effectivement,
26:04qui vous a servi de porte-voix,
26:06André Bercoff.
26:07Sur France Inter.
26:08Caton est quelque part
26:09au téléphone en France.
26:10Caton, bonjour.
26:11Allô, oui, bonjour.
26:12Bien.
26:13Alors, d'abord,
26:13pourquoi ce pseudonyme de Caton ?
26:17Eh bien,
26:17tout simplement,
26:18parce qu'il y a des vérités à dire
26:20et que ces vérités
26:21ne sont pas forcément bonnes
26:22à entendre
26:23pour tout le monde
26:24et qu'à partir de là,
26:26j'ai voulu dire la vérité,
26:27la vérité à mes amis,
26:28d'abord,
26:29et la vérité aux Français.
26:31La vérité,
26:32c'est tout simplement
26:32que le pouvoir socialiste
26:34ne tombera pas
26:34comme un fruit de mur
26:35et ce qui laisse entendre
26:36que nous pouvons,
26:38c'est-à-dire nous,
26:38la droite,
26:39revenir au pouvoir
26:40dans les mois qui viennent
26:42ou même dans les deux années
26:43qui viennent,
26:43se trompe et trompe les Français.
26:45J'adure,
26:46mes amis,
26:46de se débarrasser
26:48des visages
26:48qui nous ont conduits
26:49là où on en est,
26:51c'est-à-dire
26:52avec la gauche au pouvoir.
26:53Oui, mais alors justement,
26:54est-ce que le fait
26:55d'avoir pris ce pseudo de Caton,
26:57enfin,
26:57le fait surtout
26:58que vous ne donniez pas votre nom,
26:59cela pourrait gêner
27:00votre carrière à venir ?
27:02Je crois et en plus
27:04nous sommes des milliers
27:06de Catons en définitive,
27:07des milliers
27:07qui nous reconnaissons
27:09dans ces paroles,
27:10ces paroles de vérité,
27:11des milliers à espérer
27:13que la droite
27:14saura faire son renouveau
27:15sans ceux qui l'ont amené
27:17là où l'on est.
27:18C'est une erreur,
27:19j'insiste beaucoup là-dessus,
27:20de penser que la gauche
27:23est fragile,
27:23que la gauche est malade.
27:25Il n'y a qu'à voir
27:26ce qu'ils ont fait en deux ans,
27:27ce n'est pas simplement
27:27de l'effeuillage
27:28de la rose,
27:30c'est aussi
27:30une politique cohérente
27:32d'adaptation
27:32de la société française
27:33et ça ne me fait peur.
27:35Et oui,
27:36ça c'était le 3 février 1983,
27:38André Bercoff.
27:39Alors c'est intéressant,
27:40est-ce que vous avez deviné
27:42qui est de qui
27:43qui appartient
27:44à cette voix ?
27:45Et oui,
27:46François Hollande,
27:47bien sûr.
27:48Et qui aurait pensé
27:49que François Hollande,
27:5025 ans après,
27:51serait président de la République ?
27:5331 ans après,
27:5331 ans après,
27:54voilà, bravo.
27:55Comment vous avez eu l'idée,
27:57effectivement,
27:58de prendre François Hollande,
27:59André Bercoff ?
28:00François Hollande,
28:00je vais vous dire,
28:01faisait partie de l'équipe
28:02de Jacques Attali
28:03et quand j'ai eu besoin,
28:05n'étant pas moi
28:05un économiste
28:07de métier,
28:09j'avais besoin de chiffres
28:10et Jacques Attali
28:12m'a effectivement
28:14présenté François
28:15et avec qui
28:15on est devenu très amis
28:17et on s'est revu
28:17pendant des années,
28:18enfin,
28:19jusqu'au Parti Socialiste
28:20mais on s'est revu
28:21assez souvent.
28:22Et oui,
28:22il était inconnu à l'époque.
28:24il était totalement inconnu.
28:25En tout cas,
28:26j'étais moi à l'époque
28:27beaucoup plus connu que lui
28:28ce qui a heureusement
28:29pour lui
28:30et pour moi
28:30changé tout à fait
28:32depuis.
28:33Est-ce qu'il a tout de suite
28:34accepté,
28:34effectivement,
28:35d'endosser,
28:36effectivement,
28:36ce rôle d'un dirigeant
28:37de la droite ?
28:38Ça l'amusait parce que c'était
28:39là,
28:40on lui dit,
28:40bon,
28:40il faut quelqu'un
28:41qui parle
28:41et Bercoff,
28:43les journalistes
28:44m'ont reconnu
28:44donc lui,
28:46il a été parfait
28:47et il en a fait,
28:48je crois,
28:48d'autres,
28:49je crois qu'on va
28:49en citer d'autres
28:50mais voilà.
28:52Et ça,
28:53ça a été entièrement
28:53organisé encore une fois
28:54par mon éditeur
28:55et j'ai trouvé
28:56et c'est tellement fabuleux
28:58que le mec,
28:59enfin,
29:00la personne,
29:00pardon,
29:01qui a fait cela
29:03à plusieurs reprises
29:04est devenu président
29:05de la République
29:06quelques décennies plus tard.
29:08Eh oui,
29:08en tout cas,
29:09Caton,
29:10effectivement,
29:11s'est même invité
29:12à l'époque
29:12dans la campagne
29:13des municipales
29:15en 83.
29:16Écoutons à ce propos
29:17Louis Mermas
29:18qui était à l'époque
29:19président de l'Assemblée nationale.
29:21C'était à Belfort.
29:22Écoutez.
29:23Un philosophe
29:24dénommé Caton,
29:26je ne parle pas
29:26du Caton
29:27de l'Antiquité,
29:29un Caton
29:30que les renseignements
29:31généraux recherchent,
29:32ils sont sur les dents.
29:33Un philosophe
29:34dénommé Caton
29:35vient d'écrire
29:36un livre
29:36intitulé
29:37de la reconquête,
29:39de la conquête
29:40de la Gaule
29:40par César.
29:41Ça sonne.
29:43C'est un homme
29:44de droite
29:44ce Caton.
29:45Il affirme
29:46pour se débarrasser
29:48de la gauche,
29:49il faut d'abord
29:50se débarrasser
29:50de la droite.
29:52Vaste programme.
29:53Nous sommes prêts
29:55à l'aider.
29:55On a déjà réussi
29:56une fois.
29:57Après,
29:57on verra.
29:58Et oui,
29:59c'est intéressant
30:00de rappeler
30:00Louis Mermas.
30:01Lui, c'était
30:01un fidèle lieutenant
30:02de Mitterrand.
30:03Bien sûr,
30:04total.
30:04Ce qui est intéressant
30:06dans cette histoire,
30:07c'est que vous voyez déjà
30:08même François Hollande
30:09parler de la gauche
30:10en défendant à la fin
30:11la gauche quand même.
30:12Il n'était pas du tout
30:14de droite à l'époque,
30:15il n'a absolument
30:16pas de droite.
30:17Il était en service
30:18commandé,
30:19comme on dit,
30:20et il a défendu
30:21la gauche
30:22à la fin d'ailleurs
30:22de sa petite homélie.
30:25Mais en fait,
30:27Caton occupait
30:28effectivement
30:29les esprits
30:30à gauche
30:31comme à droite.
30:32Eh oui.
30:33Alors,
30:33est-ce que vous voulez
30:33réécouter un petit
30:35extrait de François Hollande
30:36qui endosse
30:37les habits de Caton
30:38ou pas,
30:38André Bercoff ?
30:39Oui,
30:39encore une fois,
30:39c'est toujours agréable.
30:41Alors,
30:41Caton,
30:42vous avez décidé
30:42de ne pas révéler
30:43votre véritable identité.
30:45Qu'est-ce que vous voulez devenir ?
30:46Quelles sont vos intentions ?
30:47Une sorte de statut
30:48du commandeur
30:49qui porterait de temps à autre
30:50des jugements
30:51sur la politique ?
30:52Est-ce que Caton
30:53est en train de devenir
30:54un personnage politique
30:55en lui-même ?
30:57Écoutez,
30:57d'abord,
30:58Caton n'est pas un battleur.
30:59Dans la société du spectacle,
31:01il a déjà donné.
31:02Souvenons-nous
31:02de notre premier entretien.
31:04Dans ce contexte,
31:06il y avait
31:06une surenchère
31:07pour les municipales
31:08de la part de mes amis,
31:09une espèce
31:10d'incontinence verbale
31:11de quelques-uns,
31:12une impatience,
31:13une imprévoyance.
31:14Et aujourd'hui,
31:15eh bien,
31:15beaucoup ont lu Caton,
31:16beaucoup ont ramené
31:18le débat
31:19à sa juste proportion,
31:21ont envisagé
31:21une autre stratégie,
31:23non seulement
31:23pour les municipales,
31:24mais pour le reste
31:25des opérations,
31:26je suis déjà satisfait
31:28du débat d'idées
31:29que j'ai lancé.
31:30Je pense que
31:30la reconquête de la France,
31:31c'est la séduction
31:32de la France.
31:33Et que pour l'instant,
31:34entre la technique
31:35du soudard
31:35et la technique
31:36de la mort...
31:36c'était effectivement
31:38François Hollande
31:39qui a vraiment
31:41vaillamment bataillé
31:42pour Caton.
31:43Alors Caton,
31:44vous êtes sorti
31:44du silence André,
31:4611 mois exactement
31:47après l'apparution
31:48de votre livre,
31:49c'était dans l'émission
31:50Apostrophe
31:51de Bernard Pivot
31:52sur Antenne 2 à l'époque,
31:53c'était le grand rendez-vous
31:54culturel
31:55de l'époque.
31:57Pourquoi le secret
31:57n'a pas plu ?
31:58Bon, c'était déjà
31:59très longtemps,
32:0011 mois.
32:01Pourquoi vous avez décidé
32:03de sortir du secret ?
32:04Parce qu'honnêtement,
32:05le secret a été
32:06magnifiquement gardé,
32:07il faut le dire,
32:08pendant pratiquement un an.
32:09Et puis,
32:10ça commençait quand même
32:11à circuler,
32:13mon nom commençait
32:14à circuler
32:15et on s'est dit
32:15bon, maintenant ça va,
32:17on a fait la chose,
32:18et bien maintenant
32:18on peut sortir.
32:19Et on est sortis.
32:20Ah oui.
32:21Par exemple,
32:22est-ce qu'il y a eu
32:23des personnes à l'époque
32:23qui ont été déçues
32:24de savoir que c'était
32:25vous Caton
32:26et non pas un ténor
32:27de la droite ?
32:28J'imagine,
32:29j'imagine,
32:29parce que ça,
32:30s'affichait en l'air
32:31toute la stratégie,
32:32tout le monde pensait
32:33que c'était la droite,
32:34vous ne pouvez pas savoir
32:35les critiques que j'ai eues.
32:36Ah, enfin une droite
32:37qui parle bien,
32:38qui parle vrai,
32:39et c'est vrai,
32:39quand j'ai dit
32:40l'histoire de
32:41arrêter vos dépenses publiques,
32:43arrêter tout ça,
32:44etc.,
32:44c'est ce que disait Caton,
32:46et personne n'a pratiqué ça.
32:48Jusqu'à aujourd'hui,
32:49vous relisez Caton,
32:50vous verrez,
32:51les anciennements de Caton,
32:52ils restent très très très actuels,
32:54ni la droite,
32:55ni la gauche
32:55n'ont touché à quoi que ce soit.
32:57Donc,
32:57les gens étaient déçus,
32:59où ils disaient,
32:59ah bon, c'est un journaliste,
33:00alors qu'ils s'attendaient
33:01à un politique.
33:02Mais vous,
33:03tout ce que vous avez imaginé
33:04dans ce livre,
33:04est-ce que c'est arrivé au final ?
33:07Écoutez,
33:07ce qui est arrivé,
33:09c'est que non,
33:10vous ne pouvez pas savoir
33:10ce qui est arrivé,
33:11en tout cas,
33:12Mitterrand est resté au pouvoir
33:14pendant deux septennats,
33:15alors il y a eu,
33:16attention,
33:17il y a eu la cohabitation,
33:19avec Chirac d'abord,
33:20avec Balladur ensuite,
33:22il faut se rappeler,
33:23et il y a eu
33:24des libéralisations,
33:25etc.,
33:25ça n'a pas marché
33:26comme l'aurait voulu
33:28le programme commun
33:30de la gauche
33:30et les grands socialistes,
33:32tout ça s'est écrasé
33:34sur le mur du réel,
33:35il faut le dire,
33:36que ce soit à droite
33:37comme à gauche,
33:38ce mur du réel
33:39qui s'impose à nous
33:40aujourd'hui
33:41comme un éléphant
33:42dans un magasin
33:43de porcelaine,
33:44il faut le rappeler.
33:45En quelques secondes,
33:46André Bercoff,
33:47avant la parution
33:47de ce livre,
33:48est-ce que Mitterrand
33:49avait exigé
33:50une relecture
33:51ou vous aviez
33:52une totale liberté
33:53de ton et d'écriture
33:54à l'époque ?
33:55Non, totale liberté
33:55de ton et d'écriture,
33:56j'ai écrit tout le livre
33:58totalement moi-même,
33:59je n'ai pas eu
34:00ni de correcteur
34:02ni tout ça,
34:02mais il faut le dire,
34:03Mitterrand a relu
34:05le texte
34:05et il n'a pas fait
34:07une remarque.
34:08Il l'a relu.
34:09On l'aura compris,
34:09à l'époque,
34:10vous étiez très proche
34:11de Mitterrand.
34:12Quels sont vos souvenirs
34:13les plus marquants
34:14avec lui ?
34:15Vous nous direz tout
34:16dans un instant
34:16sur Sud Radio.
34:1913h-14h,
34:20Sud Radio,
34:21Génération Bercoff,
34:23André Bercoff,
34:24Céline Alonso.
34:26André Bercoff,
34:2743 ans après la sortie
34:28de votre pamphlet politique
34:29donc de la reconquête,
34:31est-ce que vous assumez
34:32toujours d'avoir participé
34:33à cette manipulation
34:34de la Mitterrandie
34:35ou bien avez-vous
34:37des remords ?
34:38Alors pas du tout,
34:39je n'ai aucun remords
34:40ni encore moins de regrets.
34:42Pour une raison très simple,
34:43j'ai fait ce qu'on appelle
34:44un détournement de commande.
34:45on m'avait commandé
34:47un livre de politification
34:48sur les municipales.
34:49J'ai fait un pamphlet,
34:51un véritable pamphlet
34:52sur l'état de la gauche
34:56avec son tournant
34:57et j'étais le premier
34:58à parler du grand tournant
34:59encore une fois
34:59six mois avant 83
35:04et surtout de raconter
35:07un peu ce qui allait se passer
35:08et quand on relit Caton
35:10aujourd'hui,
35:11encore une fois,
35:12regardez,
35:12il ne s'est rien passé
35:14sauf l'aggravation
35:15de tous les trous
35:17dans la raquette française
35:18et c'est ça
35:19qui est le plus triste,
35:21je dirais.
35:22Moi,
35:22ce qui me regrette,
35:23je vais vous dire quoi ?
35:24C'est qu'ils n'ont pas suivi
35:25leur programme,
35:26ni la gauche ni la droite,
35:27ils n'ont pas suivi
35:28ce qu'ils voulaient faire,
35:29ils ont menti aux Français,
35:30ils ont raconté n'importe quoi
35:32et voilà où nous nous trouvons
35:33gros gens
35:34comme devant aujourd'hui.
35:35Et c'est ça
35:36qui est vraiment...
35:39vous parlez de la renaissance,
35:40on va parler peut-être
35:41de la renaissance
35:41mais c'est ça le problème.
35:42Oui,
35:43alors justement,
35:43en 81,
35:44Caton disait
35:45pour vaincre la gauche,
35:46il faut se débarrasser
35:47de la droite.
35:48Aujourd'hui,
35:49que dirait Caton
35:51pour mettre fin
35:52au chaos actuel
35:52André Bercoff ?
35:53Il faut se débarrasser
35:54de qui selon vous ?
35:55Il vaudrait se débarrasser
35:56du système tel
35:57qu'il existe aujourd'hui,
35:59de l'état profond,
36:00un vaste programme,
36:01mais vous savez,
36:02aujourd'hui,
36:03qu'est-ce que vous voulez ?
36:03Vous allez quoi ?
36:04Vous allez choisir
36:06la Russie soviétique
36:09à la Mélenchon,
36:10vous allez choisir
36:11le manque
36:12encore d'efficacité économique
36:14de Le Pen,
36:14vous allez choisir
36:15l'extraordinaire
36:18magma
36:18du centre-gauche
36:20et du centre-droite
36:21qui ne concentre rien.
36:24Franchement,
36:25il y a un système
36:26à changer,
36:27une mécanique
36:28à changer,
36:29tout le monde le sait,
36:30ce que je dis,
36:31j'invente rien,
36:32tout le monde le sait,
36:32mais personne,
36:33apparemment,
36:34n'a le courage
36:34de le faire.
36:35L'imposer,
36:36en tout cas,
36:36de le faire
36:37et de le pratiquer.
36:38Oui,
36:39mais par exemple,
36:40aujourd'hui,
36:40si Caton reprenait la plume,
36:41ce serait sous pseudo
36:42ou pas du tout ?
36:43En tout cas,
36:44pas moi,
36:44je ne reprendrai plus
36:45la plume sous pseudo,
36:46c'est clair.
36:47Tous les livres,
36:47je suis en train d'écrire,
36:48deux livres,
36:49ce sera sous mon nom.
36:50Oui,
36:50en tout cas,
36:51en 1983,
36:51il est intéressant
36:52de préciser
36:53que vous aviez publié,
36:54André Bercoff,
36:54un deuxième volet
36:55sous le nom de Caton
36:57intitulé
36:58De la Renaissance.
36:59Alors,
36:59après avoir tué la droite
37:01pour la forcer
37:02à se réinventer,
37:03quel grand dessin
37:04lui avez-vous imaginé ?
37:06Non,
37:06écoutez,
37:06De la Renaissance,
37:07c'est intéressant,
37:08ce n'était plus
37:08un livre politique,
37:09c'était un livre de vie.
37:11Et justement,
37:11on avait fait
37:12comme le succès
37:12de Caton avait été grand,
37:14c'est Claude Durand
37:15qui m'a demandé
37:16d'en écrire un autre
37:17et avec la complicité
37:19de mon ami Nicolas Deville,
37:21paix à son âme aussi,
37:22il n'est plus là,
37:22c'est un extraordinaire
37:25dessinateur,
37:26écrivain,
37:27penseur,
37:27etc.,
37:27Nicolas Deville
37:28et mon ami,
37:29vraiment un de mes amis
37:31les plus proches,
37:32eh bien,
37:32on a écrit
37:33un espèce de traité
37:34de savoir-vivre
37:35à l'usage
37:36de toutes les générations
37:37et je crois
37:38que beaucoup de choses
37:39qu'on disait à l'époque,
37:40vous voyez,
37:40c'était en 423 également,
37:41je crois qu'on peut relire
37:43De la Renaissance
37:43et vous savez une chose
37:45qui est quand même amusante
37:46et vraiment,
37:46je ne l'ai pas fait exprès
37:47il y a 40 ans,
37:48comment s'appelle
37:49le parti d'Éric Zemmour
37:50de la reconquête
37:52et comment s'appelle
37:53le parti d'Emmanuel Macron
37:54de la Renaissance.
37:56Les deux partis
37:57au celui de Zemmour,
37:59ça n'a rien à voir,
38:00il n'a sûrement pas pensé
38:01à Caton,
38:02mais comme par hasard
38:03les deux livres
38:04écrits selon Caton
38:06ont les titres
38:07des deux partis,
38:08l'un d'Éric Zemmour
38:09et l'autre d'Emmanuel Macron.
38:10Oui,
38:11mais vous avez été,
38:12non pas hasard,
38:13vous avez toujours eu
38:15un esprit visionnaire,
38:16André Bercoff.
38:17Je ne sais pas
38:17si j'ai eu un esprit visionnaire,
38:18en tout cas,
38:19j'essaie d'être lucide
38:20et j'essaie de regarder
38:21la réalité comme elle est.
38:23J'y arrive quelques fois
38:24et puis je fais
38:24comme beaucoup d'autres
38:25des conneries aussi.
38:27On se plaint tout ce point.
38:28Ce que je trouve extraordinaire,
38:30c'est les gens qui disent
38:31oh là là,
38:31je ne me suis jamais trompé.
38:33Enfin,
38:33tout le monde s'est trompé
38:35et la moindre des choses
38:36est des honnêtés
38:37de reconnaître
38:38quand on s'est trompé.
38:39J'espère m'être trompé
38:40le moins possible,
38:41mais je l'ai fait.
38:42Ce programme,
38:43effectivement,
38:44de société de la Renaissance
38:45pourrait être aujourd'hui
38:48publié à nouveau
38:49et correspondrait,
38:50serait peut-être
38:50une solution
38:51au désarroi actuel
38:53de notre pays ?
38:53En tout cas,
38:54je crois qu'il y a
38:54des choses à revoir,
38:55mais il y a des choses
38:56honnêtement
38:56qui n'ont pas perdu
38:58leur actualité.
38:59Je parle de la Renaissance
39:01et je pense en tout cas
39:02qu'aujourd'hui,
39:03on le sait très très bien,
39:05il n'y a pas de société idéale,
39:06mais il faut défendre
39:07la liberté,
39:08la liberté d'expression,
39:09la liberté d'un duel
39:10à tout prix.
39:11Et puis avec l'extraordinaire
39:13bouleversement technologique
39:14et autres
39:14qui se passe en ce moment
39:15et le bouleversement géopolitique,
39:18il faut se mettre à...
39:19On est en 2026,
39:21on n'est plus à 45 ans
39:22et il serait temps
39:23que les princes
39:24qui le gouvernent
39:25ou qui aspirent à gouverner
39:26se mettent un tout petit peu
39:27à la page
39:28de ce qui se passe.
39:29Oui,
39:29mais est-ce qu'aujourd'hui,
39:30selon vous,
39:31gauche-droite,
39:32ça a encore un sens ?
39:33Si oui,
39:33lequel alors,
39:34André Bercoff ?
39:35Pour moi,
39:36gauche-droite
39:36a beaucoup moins
39:37sens que
39:39mondialiste
39:40et identité.
39:41Je pense qu'il y a,
39:43vous savez,
39:45un écrivain américain
39:46avait dit
39:47« People from
39:49anywhere
39:49of people
39:51from somewhere. »
39:52Les gens de n'importe où
39:53et les gens de quelque part.
39:54Ça ne veut pas dire
39:55qu'on est
39:57recroquevillé
39:57sur notre identité.
39:58Ça veut dire
39:59simplement
39:59qu'il y a un passé,
40:01qu'il y a une identité,
40:02qu'il y a une richesse
40:03et qu'il faut savoir maintenir.
40:04Comment voulez-vous ?
40:05Un arbre sans racines,
40:07ça n'existe pas.
40:09Et donc,
40:09effectivement,
40:10face aux globalistes,
40:11face aux mondialistes
40:12qui veulent 7 milliards
40:13d'êtres humains
40:13obéissants
40:14au même schéma
40:15et aux mêmes formes,
40:16il faut effectivement
40:17cette diversité-là.
40:18Mais pas la diversité
40:19qui consiste à écraser
40:20les identités,
40:21à écraser
40:24notre histoire,
40:25à écraser
40:25tout ce que nous avons été
40:27et ce que nous sommes
40:28au profit
40:29d'une espèce
40:30de magma
40:32insipide,
40:33incolore,
40:33inodeur
40:34et sans saveur,
40:34mais pas sans fric.
40:36Oui.
40:36Alors,
40:37revenons à François Mitterrand,
40:38André Bercoff.
40:39Après la sortie
40:41de votre livre
40:41Caton,
40:42il a absolument tenu
40:44à vous recevoir
40:44à l'Elysée.
40:45Quels étaient les motifs
40:46effectivement
40:47de cet entretien
40:48qu'il souhaitait
40:48avec vous
40:49et quel a été
40:52votre échange
40:52avec lui ?
40:53J'ai vu
40:54quelques fois
40:54François Mitterrand
40:55évidemment
40:56qui est quelqu'un
40:58qui est un homme d'État
40:59et qui était fascinant
41:00par sa culture
41:01et par son savoir-faire
41:03et son savoir,
41:05même si on n'est
41:06pas très très
41:08décontent
41:08de certains chemins.
41:09Oui,
41:10est-ce qu'à un moment
41:10vous avez regretté
41:11ou pas d'avoir cru en lui ?
41:13Je n'ai pas cru en lui,
41:14j'ai admiré
41:15le formidable magicien,
41:18j'ai admiré
41:20cette personne
41:21qui était en tout cas
41:22un homme d'État,
41:23qui représente
41:23un homme d'État,
41:24qui ne sont pas,
41:25honnêtement,
41:26je ne vais parler de personne,
41:26les Playmobil
41:27et les Pokémon
41:29d'aujourd'hui.
41:29Vous voyez,
41:30c'était quand même
41:31une autre catégorie,
41:33un autre format.
41:34Alors,
41:35lors de cet entretien,
41:36qu'est-ce qu'il vous a dit
41:37précisément sur la France ?
41:38Je ne sais pas
41:38qu'il a tenu un boire,
41:40il était intéressé
41:41parce qu'il a suivi
41:43toute l'histoire
41:44qu'a-t-on
41:44pendant un an,
41:45lui aussi,
41:46il était assez
41:49ravi,
41:49j'imagine,
41:50parce que c'était
41:50un bon tour
41:51jouer à la droite,
41:53etc.
41:53et ça l'amusait
41:54et je comprends
41:55et moi aussi,
41:56je me suis bien amusé,
41:57c'est clair.
41:58Et à l'époque,
41:58il vous avait dit
41:59une chose,
41:59André Bercoff,
42:00je le cite
42:00parce que vous me l'avez dit
42:01en préparant cette interview,
42:03il vous avait dit
42:03avec 200 hommes,
42:05je reprends la France.
42:07c'était étonnant
42:07parce que...
42:07il était à la tête
42:08de la France à l'époque.
42:10Si vous me laissez raconter,
42:11sinon vous l'avez raconté
42:12vous-même.
42:13Non,
42:15il était en train de parler
42:16et c'était en 1984
42:17et il m'a dit,
42:19vous savez,
42:19aujourd'hui,
42:20avec 200 personnes,
42:21je reprends la France,
42:22je lui dis,
42:22mais vous êtes président
42:23de la République
42:24et je sentais quoi ?
42:26Je sentais qu'en fait,
42:27ce qu'il aimait,
42:28ce qu'il avait aimé
42:28et toute sa vie politique,
42:30c'était la conquête.
42:31C'est ça qui est formidable.
42:32Lui,
42:32c'est pas la reconquête,
42:33c'est la conquête.
42:35Il était d'ailleurs
42:35très séducteur dans la vie,
42:37il faut le dire,
42:38très séducteur
42:39et il était très cultivant
42:41l'amitié,
42:42il faut le savoir.
42:43Mitterrand cultivait l'amitié
42:44comme personne,
42:45comme la séduction,
42:47comme il aimait les femmes
42:47et surtout,
42:49alors,
42:49il aimait le pouvoir
42:50et quand même,
42:51quelqu'un qui arrive
42:53avec le passé
42:54qu'on lui connaît,
42:54dont on a suffisamment parlé,
42:56avec le fait
42:57qu'on a essayé
42:57de le tuer,
42:59entre guillemets,
43:00de l'enterrer,
43:00précisément,
43:01trois fois ou quatre fois,
43:02qu'il arrive
43:03à être président
43:03de la République
43:04et surtout qu'il arrive
43:05avec son cancer,
43:06avec sa maladie,
43:07de tenir deux septennats,
43:10c'est quand même
43:10pas rien,
43:11il faut le dire.
43:12Eh oui,
43:13parce qu'effectivement,
43:13quand vous l'avez rencontré,
43:15effectivement,
43:15il a été réélu,
43:16il faut le dire,
43:16il a gagné en 88,
43:18André,
43:18c'est ça ?
43:18Bien sûr,
43:19et il a fini son septennat,
43:22malgré sa maladie,
43:23malgré tout ça,
43:24alors,
43:24le bilan,
43:25on pourra le tirer,
43:26mais il faut voir,
43:27en tout cas,
43:28quand même,
43:29la performance.
43:30Eh oui,
43:30quelle performance,
43:31effectivement,
43:32André Bercoff.
43:33La semaine prochaine,
43:34on se retrouve
43:34dans Génération Bercoff,
43:37de 13h à 14h,
43:39sur Sud Radio,
43:39en direct,
43:40sur Sud Radio,
43:41et aussi dans
43:42Faut qu'on s'organise,
43:43de 12h à 13h,
43:44et tout de suite,
43:45vous retrouvez Brigitte Laé.

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