00:00Le grand débat du jour avec ce sujet qui retombe dans l'actualité alors que nous sommes à pile une
00:05semaine du 25e anniversaire des attentats du 11 septembre 2001.
00:09Zacharias Moussaoui, qui avait été arrêté avant le détournement des avions, demande son rapatriement en France après 25 années de
00:17réclusion aux Etats-Unis.
00:18Il est détenu dans la prison de très haute sécurité ADX Florence, dans le Colorado, une prison dont les conditions
00:25de détention n'ont rien à voir avec les prisons françaises.
00:27Alors pensez-vous qu'il doit revenir en France ou pas ? On attend vos appels au 0826 300 300.
00:34Philippe Bilger.
00:36D'abord, je ne sais pas le motif pour lequel il souhaite revenir en France.
00:42Alors je vais vous le dire parce que sa mère est malade et elle ne peut plus se déplacer jusqu
00:48'aux Etats-Unis.
00:50Elle dit qu'elle a peur de mourir sans revoir son fils.
00:53Disons que cette considération humaine que je ne discuterai pas rend un peu plus légitime cette demande.
01:01Parce que si elle n'avait pas été formulée de la sorte, j'aurais eu tendance à dire que, à
01:08la limite, je ne tiens pas forcément à voir revenir Moussaoui dans les prisons françaises.
01:15J'ai plus confiance dans la rigueur et la sévérité américaine.
01:19Et mon Dieu, là, s'il s'agit après 25 ans tout de même de détention, mon Dieu, si l
01:29'argument est uniquement humain et lié à l'affection, pourquoi pas ?
01:35Miquel Sadoun.
01:36Non, moi, j'y suis absolument hostile.
01:40J'ai pas de problème.
01:41Avons-nous des cadeaux à faire à ce genre de...
01:43Non, mais voilà, c'est ça, c'est-à-dire que je comprends qu'il y a des considérations humaines.
01:47Il y a une forme d'humanité qui domine.
01:48Non, non, non, non, non, non, non, parce que non.
01:51Il a représenté une menace trop importante pour l'humanité.
01:5525 ans, c'est-à-dire déjà.
01:57Et puis, attendez, l'autre chose...
01:583 000 morts, 3 000 morts, 3 000 morts, sans droits de grâce, sans droits de grâce, on ne fait
02:04pas des statistiques.
02:06Ce n'est pas des statistiques, c'est 3 000 morts, en fait.
02:09Oui, bien sûr.
02:09Non, mais Philippe, je ne vois pas pourquoi on paierait pour que ce monsieur puisse revoir sa famille.
02:16Ça, c'est la première chose.
02:17Ensuite, la dureté du traitement auquel il est soumis, moi, ne m'affecte pas tellement.
02:23Il est responsable.
02:24Alors, au-delà des questions de moyens et de financement de la prison pour ce genre de personnes,
02:28c'est que, tu me dis, si juridiquement je me trompe, mais il me semble qu'il doit être rejugé
02:32en France.
02:32Et même s'il est rejugé à une perpétuité incompressible en France, qui peut être réduite à 30 ans,
02:37ça voudrait dire qu'il n'aurait plus que 5 ans à purger en France.
02:40Mais il est hors de question que dans 5 ans, on se retrouve avec ce type dans la nature.
02:43On a quand même d'autres problèmes à traiter dans ce pays que de ramener un type
02:47qui a organisé peut-être le plus grand attentat de l'histoire de l'humanité.
02:51Le plus grand attentat au nombre de victimes.
02:53Il ne faut pas déconner.
02:54Moi, je comprends la considération, il va voir sa maman.
02:57Que les gens autour de sa maman se cotisent pour lui payer un billet d'avion.
03:00Mais la solution, ce n'est pas de ramener un type comme ça.
03:03Et j'espère que les Etats-Unis diront non.
03:04Alors, moi, je suis d'accord avec Mickaël Sadoune.
03:06Surtout que ça ne s'est pas passé sur notre sol.
03:08Oui.
03:08Mais où est-ce que...
03:09Alors déjà, moi, je suis d'accord.
03:10C'est que, bon, sur les 3000 morts, il y a eu un Français le 11 septembre.
03:15Et une infinie majorité d'Américains.
03:17On est tous d'accord là-dessus.
03:18Donc, moi, j'estime que c'est un crime commis aux Etats-Unis.
03:22Donc, il a doit purger sa peine aux Etats-Unis.
03:27Deuxièmement, je crois qu'on a suffisamment souffert.
03:30J'ai suffisamment râlé à ce micro.
03:32Depuis que Salah Abdeslam, le seul survivant des attentats de Paris du 13 novembre 2015,
03:37s'est plaint de ces conditions de détention, disant qu'elles étaient inhumaines,
03:42recours devant la Cour européenne des droits de l'homme, le machin, le truc.
03:45Alors, je me dis que si on rapatrie Moussaoui, on n'est pas à l'abri.
03:49Qu'il nous fasse des recours devant la Cour européenne des droits de l'homme
03:52et tous les comités théodules qui sont des belles âmes,
03:55qui n'ont pas une seule pensée pour les victimes, soit dit en passant, à mon avis.
03:59Et donc, moi, je ne veux pas.
04:01Voilà, je ne veux pas.
04:02Et je n'ai pas envie de faire des cadeaux humanitaires
04:05à des gens qui ont été les pires barbares du début du XXIe siècle.
04:09Mais le pire, c'est que je pense que personne n'a envie...
04:11Oui, mais...
04:12Si, c'est son avocat.
04:13Non, mais oui, son avocat est lui.
04:15Mais on peut le tolérer, comme Philippe Ligère,
04:16et trouver des raisons intéressantes.
04:18Mais personne n'a envie que ce monsieur revienne.
04:20Pour une raison démocratique,
04:22mais personne n'a envie dans ce pays que ce mec revienne.
04:24Simplement, je me demande si, devant l'horreur
04:27qui a été celle du 11 septembre,
04:30avec un homme qui a déjà fait 25 ans
04:33et qui va continuer, heureusement, à être incarcéré...
04:37Je me demande...
04:38Il y a plusieurs condamnations à perpétuité.
04:40Donc, aux USA, ils ne sortiraient jamais.
04:41Oui, bien sûr.
04:42Mais je me demande si on ne s'enferme pas,
04:44parfois, dans une sorte de corset,
04:48je dirais,
04:50où les leçons qu'on prétend donner
04:52sur le plan de l'humanisme
04:54ne sont pas battus en brèche.
04:57Je veux dire, il y a un moment
04:58où une forme de...
05:01non pas d'indulgence,
05:03mais même la cruauté
05:05d'un enfermement perpétuel
05:09doit parfois subir certains tempéraments.
05:14Mais là, j'ai conscience
05:15de participer à la création d'un débat
05:18où je suis parfaitement minoritaire.
05:20D'ailleurs, je ne suis même pas persuadé
05:22d'être totalement convaincu
05:27par ma propre argumentation.
05:29Mais je crois que même le cœur paradoxal
05:33doit toujours avoir un peu de place.
05:35Michael, c'est vous.
05:37Non, non, non, non.
05:38Je ne suis pas d'accord.
05:39D'abord, je pense que la justice
05:41qu'on applique à ces gens-là
05:42ne se fait pas au nom,
05:44comme tu le dis,
05:44d'une certaine idée de l'humanité,
05:46mais au nom d'une certaine défense
05:47de la société.
05:49Donc, je ne remets pas ces gens en liberté.
05:52Point barre.
05:53Peut-être que ça contrevient
05:54à ce que tu considères
05:55un principe d'humanité,
05:56mais moi, j'estime que l'humanité,
05:58c'est de protéger les innocents,
05:59pas de protéger ceux qui sont potentiellement
06:01d'immenses dangers pour la société.
06:02Mais le faire venir en France,
06:04ça n'était pas le mettre en liberté.
06:07Vous savez que ça va nous coûter de l'argent, en plus.
06:10Oui.
06:10Oui, mais...
06:11Ça va nous coûter de l'argent.
06:12On va le mettre dans quelle prison ?
06:13C'est-à-dire qu'il n'y a qu'à de matelas
06:14par terre, par personne ?
06:16On pourrait trouver une des deux prisonniers.
06:19Ce serait Vendin-le-Vieil,
06:20à mon avis,
06:21ou Abdeslam, d'ailleurs.
06:23Et c'est Condé-sur-Sarthe,
06:25je crois.
06:25Condé-sur-Sarthe,
06:26a priori,
06:26oui,
06:27à posteriori,
06:28qui est la seconde prison
06:31de haute sécurité.
06:32Mais, moi,
06:33je crois que,
06:34vu l'horreur qu'ont subi les Américains,
06:36il y a quasi 25 ans,
06:38à une semaine près,
06:39je crois que...
06:40Moi, d'ailleurs,
06:40il y a une chose que je n'ai pas comprise,
06:41c'est qu'on n'ait pas lancé
06:42un processus
06:44d'échéance de nationalité
06:46pour Zacharias Moussaoui.
06:47Parce que je pense que
06:49il a tellement
06:51souillé l'image de la France
06:52aux Etats-Unis,
06:53et je tiens à rappeler quand même
06:54qu'on a été content
06:54de trouver les Américains
06:55en 17 et en 44.
06:58Moi, je trouve qu'on l'aurait déchu
07:00de sa nationalité,
07:00ça n'aurait pas été une mauvaise chose.
07:01Je ne suis pas sûr non plus
07:03que les Etats-Unis
07:03pensent que ce type
07:04est représentatif de la France,
07:06n'exagérons rien.
07:07Mais,
07:07je n'ai même pas
07:08de considération morale
07:09dans tout ça,
07:10tu vois ce que je veux dire ?
07:10Pour moi, c'est un pur truc
07:11de sécurité et d'éthiacité.
07:13J'ai un message
07:14d'une ancienne vraie voix
07:15qui est retournée vivre
07:16aux Etats-Unis,
07:16c'est notre ami
07:17Domenico Cotron,
07:18qui m'envoie un message
07:20qui me dit
07:20« Salut Philippe,
07:21aux USA,
07:22cela a été évoqué,
07:23et il est donc en train
07:24de nous écouter
07:24depuis les USA,
07:26et les Américains
07:27sont contre. »
07:28Je pense qu'ils veulent le garder.
07:30Je crois que c'est vous
07:31qui l'avez dit
07:31« Je n'ai pas envie
07:32de payer des impôts
07:33pour nourrir Zacharias Moussaoui.
07:35Si elle sa mère ne le voit pas,
07:36écoutez... »
07:37Et les Américains
07:37ont envie de se le faire aussi.
07:39Ils disent
07:40« Il n'y a pas de raison
07:41qu'ils repartent en France
07:42pour voir sa maman
07:43et qu'ils sortent
07:43au bout de cinq ans. »
07:44Et encore une fois,
07:45je n'ai pas de considération.
07:46Cet homme fait évidemment
07:47partie de l'humanité.
07:48Qu'est-ce que vous voulez
07:49que je veux dire ?
07:50C'est tragique,
07:51certainement,
07:51de sa perspective, etc.
07:53Mais c'est une simple raison
07:54d'efficacité et de sécurité.
07:56Et peut-être qu'à un moment donné,
07:57il faut des exemples
08:00qui frappent un peu
08:02de dire que
08:04tu joues,
08:05tu perds.
08:07J'admets que
08:08la référence à l'humanité
08:10peut connaître
08:11des situations
08:12plus plausibles.
08:14Et c'est clair.
08:15Non mais je crois
08:16qu'il y a une chose
08:16quand on voit...
08:17Parce que quand on voit
08:18Abdeslam
08:19qui se plaint
08:19de ses conditions
08:20de détention en France
08:21alors qu'il a quand même
08:22pu avoir
08:23clé USB,
08:24machin truc,
08:25ADX Florence
08:26dans le Colorado,
08:28je peux vous dire
08:28que vous êtes
08:28dans des murs en béton
08:29et c'est une fonte
08:31de ce 10 centimètres.
08:32Ça, c'est de la condition
08:34de détention.
08:34Le jour où
08:35un ancien terroriste
08:37essaiera
08:37de déradicaliser...
08:40Voilà, c'est ça.
08:41Avec les mots compliqués,
08:42c'est toujours difficile.
08:43Peut-être que ce jour-là,
08:45on pourra se dire
08:46qu'il y a une rédemption
08:47possible
08:47de se dire
08:48qu'on a été
08:49un terroriste
08:50et qu'on travaille
08:51au quotidien
08:51pour faire en sorte
08:52que les autres
08:53ne se radicalisent pas.
08:54il y a peut-être
08:55un truc à faire.
08:56En attendant,
08:56on n'a pas entendu
08:57parler de lui
08:57depuis 25 ans,
08:58pas de repentir.
09:00C'est une catégorie
09:01criminelle à part
09:03où jusqu'à
09:04Nouvelle-Ordre,
09:04on ne se déradicalise pas.
09:08On est bien d'accord.
09:09Quand on est dehors.
09:10Vous restez
09:11avec nous
09:12dans un instant
09:13les cartes blanches
09:14de Philippe David,
09:14de Mickaël Sadoun
09:15et de Philippe Bilger
09:17et on en parle
09:17dans un instant.
09:18Soyez les bienvenus.
09:20Sud Radio
09:22Parlons vrai.