- il y a 6 semaines
Chaque week-end, l’émission pilotée par Pauline Revenaz avec à ses côtés Dominique Rizet, consultant police/justice BFMTV, traite d’un événement majeur de la semaine, ainsi que d’autres affaires qui sont revenues sur le devant de la scène.
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00:00C'est un procès qui s'ouvre demain devant la cour d'assises de Paris.
00:03Vous le voyez, tout le monde est en train de s'installer dans le box des accusés.
00:05Quatre personnes qui devront répondre de l'assassinat de Federico Aramburu,
00:10ex-ruggeman argentin, tué en plein Paris.
00:12C'était le 19 mars 2022.
00:15D'abord, le rappel des faits et les enjeux du procès avec Pierre-Louis Bousset.
00:20Le 19 mars 2022, au petit matin, Federico Martín Aramburu se trouve avec un ami dans ce bar du boulevard
00:26Saint-Germain.
00:27Les deux hommes prévoient d'assister à un match de rugby le soir même.
00:31Mais juste avant 6h, une altercation éclate avec deux autres clients de l'établissement.
00:36Loïc Lepriol, à gauche de cette image, et Romain Bouvier sur la droite.
00:40Deux militants d'extrême droite, anciens membres du GUD.
00:43Des vigiles les séparent, mais les esprits sont encore vivement échauffés.
00:47Federico Martín Aramburu et son ami quittent le bar à pied,
00:50puis sont rattrapés, quelques instants plus tard, par Romain Bouvier à bord d'une Jeep.
00:54L'homme dégaine une arme et tire plusieurs fois sur le franco-argentin qui se dirigeait vers lui.
01:00Romain Bouvier affirme avoir agi par peur.
01:02Il est en train d'anticiper quelque chose dont il est sûr que ça va advenir.
01:06Peut-être d'ailleurs se trompe-t-il.
01:07C'est comme ça qu'il ressent les choses.
01:09Il est convaincu qu'il va être roué de coup de manière incroyablement violente
01:13par deux hommes qui sont très énervés.
01:15Loïc Lepriol arrive à son tour sur les lieux.
01:18Et après une empoignade avec Federico Martín Aramburu, ouvre lui aussi le feu.
01:21Il tire les six balles de son chargeur.
01:24Trois d'entre elles atteignent mortellement l'ex-rugbiman au dos.
01:28Pour sa famille, aucun doute.
01:29Il s'agit là d'un assassinat.
01:32L'ensemble des magistrats du parquet et du siège et de la cour se sont tous accordés
01:37à dire que l'intention homicide est particulièrement caractérisée
01:41et que la préméditation l'est aussi.
01:42Loïc Lepriol est arrêté en Hongrie près de la frontière ukrainienne
01:46quelques jours seulement après le meurtre.
01:48Romain Bouvier est de son côté interpellé près d'une abbaye dans la Sarthe.
01:51Les deux hommes doivent comparaître demain devant la cour d'assises de Paris.
01:55Le premier pour assassinat, le second pour tentative d'assassinat.
01:59Seront également jugés la petite amie de Loïc Lepriol
02:02ainsi qu'un complice ayant aidé Romain Bouvier à s'enfuir.
02:06Alors avec nous j'accueille en plateau maître Hugues Vigier, l'avocat de Romain Bouvier.
02:10Bonjour maître, merci d'être avec nous.
02:12Bonjour.
02:12C'est l'un des deux principaux accusés.
02:14Il faut préciser aux téléspectateurs qui nous regardent qu'on a reçu il y a un an dans cette même
02:17émission
02:18l'avocat des partis civils Maître Lebras.
02:20Donc cette fois-ci place à la défense et nous allons nous intéresser à ces deux profils.
02:24Loïc Lepriol donc poursuivi pour assassinat et Romain Bouvier que vous défendez jugé pour tentative d'assassinat.
02:30Et pour évoquer la trajectoire de Loïc Lepriol, j'accueille aussi Alexandre Galien, écrivain.
02:35Pour le magazine Society, vous avez décidé de partir sur les traces de Loïc Lepriol,
02:39notamment ses quatre jours de cavale, on y reviendra.
02:42Précisons donc comme dans le sujet qu'il a été arrêté à la frontière hongroise.
02:45C'était dans la nuit du 22 au 23 mars 2022, quatre jours après la mort de Fédérico Arambour.
02:50Merci donc à tous les deux d'être avec nous.
02:52Alors Dominique, Loïc Lepriol et Romain Bouvier encourent tous les deux la réclusion criminelle à péripétuité.
02:58Il faut bien préciser qu'il y en a un qui est jugé pour assassinat et l'autre pour tentative,
03:02mais que dans le droit français, c'est la même peine encourue.
03:05L'intention vaut l'acte.
03:08Préparation d'un cambriolage, d'un braquage, c'est la peine encourue pour braquage.
03:14Pareil pour l'homicide.
03:17On rappelle, Loïc Lepriol, lui c'est pour assassinat.
03:23Romain Bouvier pour tentative d'assassinat.
03:25Puis Lison, qui était la petite amie de Loïc Lepriol, pour complicité de tentative d'assassinat.
03:31Alors, première question que j'ai envie de vous poser, Maître, parce qu'on en a beaucoup parlé,
03:35notamment au moment de la mort de Quentin de Ranq à Lyon, ce militant d'extrême droite.
03:39Est-ce qu'on a reparlé de l'affaire Arambour en disant, voilà, ça fait partie des meurtres commis par
03:46l'extrême droite ?
03:48Moi, j'ai un point de vue différent, mais vous allez en discuter beaucoup à l'audience.
03:51Moi, j'ai plutôt l'impression que c'est une affaire de type qui ont bu, tout le monde a
03:55bu.
03:56On s'embrouille et on découvre que ceux qui ont tiré sont des types d'extrême droite.
03:59Et ensuite, ça devient un meurtre commis par l'extrême droite.
04:02Alors, est-ce qu'on va juger deux meurtriers à partir de demain ?
04:06Ou est-ce qu'on va juger deux militants de l'extrême droite ?
04:08Qui est-ce qu'on va juger ? Je ne le sais pas, mais qui on doit juger, j'en
04:10suis certain.
04:11On doit juger deux meurtriers dans une affaire que je qualifierais de tristement banale.
04:16Et la connotation, notamment politique, n'a pas sa place ici.
04:20Elle a été, je pense, utilisée, voire instrumentalisée.
04:24Par ailleurs, le départ de la procédure, ce sont énormément de choses inexactes, qui sont en tout cas médiatisées.
04:29Et sur cette base-là, je crois que pendant quatre ans, on a vécu avec l'idée de ce qu
04:33'on présentait, à peu près,
04:35comme une chasse à l'homme par des néo-nazis.
04:37On est au milieu de tout cela.
04:39Ça ne veut pas dire qu'il n'y a pas des responsabilités à discuter.
04:41D'accord avec ça ?
04:43Vous n'avez pas forcément la même lecture.
04:45Si, j'ai à peu près la même lecture quant au fait qu'en effet, il faut juger deux meurtriers
04:50présumés.
04:51Cependant, cette bascule dans la violence, elle tient au fait que sur les quatre individus appliqués, il y en a
04:56deux qui étaient armés.
04:58Et le fait que ces personnes-là soient armées et cette circulation des armes,
05:03on peut éventuellement aussi l'attribuer à des mouvances desquelles il faisait partie.
05:08On va y revenir.
05:08Il y a deux scènes et deux temporalités.
05:10Il y a la terrasse du Mabillon, on est boulevard Saint-Germain, et puis il y a la scène de
05:13crime un peu plus loin.
05:14Et la préméditation est au cœur des débats, sans doute au procès qui s'ouvre demain.
05:19Maître, vous pour être bien d'accord, pour bien comprendre votre axe de défense,
05:22vous vous contestez la préméditation, mais alors vous allez plaider quoi si vous la contestez ?
05:26On conteste tout en l'état. On conteste l'intention homicide, Romain Bouillet est poursuivi pour une tentative d'homicide,
05:33on conteste l'intention homicide, et on conteste par ailleurs la moindre préméditation.
05:36La seule chose qui est reconnue, mais qui pour l'instant n'est pas poursuivie,
05:40on demandera à ce qu'elle se soit mise dans les débats, ce sont des violences volontaires avec armes,
05:43avec une idée d'ailleurs, j'entends mon voisin dire que la bascule dans la violence, ce sont deux hommes
05:47armés.
05:48Non, la bascule dans la violence, le moment initial des violences, c'est d'abord dramatiquement Federico Martinaro Mboru,
05:56et ensuite Jean-Negarty. Et ça, c'est le départ des violences.
06:00Ensuite, dans les violences qui se poursuivent, il y a des hommes qui sont armés.
06:03Ça c'est l'altercation sur la terrasse du Mabillon ?
06:05Oui, mais elle est essentielle. Sans ça, on ne comprend rien.
06:08C'est la scène 1 ?
06:08Bien sûr.
06:09Ok. Que dit votre client sur les faits et sur l'usage d'une arme ?
06:12Il tire combien de coups ? Ça se passe comment ?
06:14Alors, il tire 4 coups. D'ailleurs, il dit avoir pensé n'en tirer que 3.
06:18Il dit tirer des coups en voulant faire peur pour partir, parce qu'on lui a menti en réalité.
06:24Et la scène pour lui était terminée. On lui a dit, d'ailleurs c'est en procédure,
06:27qu'il fallait qu'il rejoigne son ami qui était en train de se faire massacrer par les rugbymans,
06:30ce qui était faux. Et donc il est parti avec Lison Rochemire à la recherche de son ami.
06:34Il voit les deux rugbymans, ne voit pas son ami.
06:36Imagine que peut-être il a été roué de coup et se trouve dans quelques portes cochères.
06:40Descend du véhicule pour demander où il peut se trouver.
06:42Et là, voit deux hommes, dont Fédérico Martinarumbrou, arriver extrêmement déterminés.
06:47Dit-il en l'insultant et en le menaçant.
06:50Ça, ce sera sa parole.
06:51Et puis, pour le reste, les voyants arriver et pensant qu'il est en train d'encourir lui-même des
06:57violences graves,
06:57il va sortir son arme, ne veut toucher personne et touchera deux fois Fédérico Martinarumbrou.
07:02Et je l'indique d'ailleurs, sans aucune séquelle physiologique sérieuse,
07:06personne n'avait remarqué qu'il avait été touché, même pas son ami qui était à trois mètres.
07:09Et une minute après, on voit Fédérico Martinarumbrou qui court en direction de Loïc Lepriol
07:14comme si effectivement il n'avait pas été affecté par des blessures superficielles.
07:17Donc pardon, là il me faut la version, si vous voulez, dans les yeux de Loïc Lepriol
07:22parce que sur le même thème, combien de coups et à quel moment est-ce qu'il sort son arme
07:26?
07:26C'est ça qui est intéressant, c'est de voir le double regard.
07:28Oui, bien sûr. Alors, moi je ne suis ni avocat de Loïc Lepriol,
07:32ni avocat des partis civils, je suis écrivain.
07:34Mais vous avez le récit dans la tête.
07:35J'ai le récit dans la tête.
07:36Est-ce que vous pouvez faire cet exercice intellectuel pour moi ?
07:38Bien sûr, il n'y a aucun problème.
07:40Mais cependant, j'essaie dans mon travail de ne pas forcément commenter le procès
07:44pour ne pas troubler la sérénité des débats.
07:46D'accord, ok.
07:47Parce qu'il y a un procès en assise qui commence demain.
07:48Après, factuellement, on peut donner le nombre de tirs, etc.
07:51Je crois que Loïc Lepriol, si je me souviens bien, tire six coups
07:57et perfore des organes vitaux.
08:02Et Romain Bouvier tire quatre fois.
08:04Et l'autopsie dit que les quatre balles qu'il a tirées ne sont pas mortelles.
08:07Sur le système de défense, ça va être compliqué parce qu'ils sont deux dans le box.
08:11Le vôtre, Romain Bouvier, est moins impliqué dans le dossier d'instruction,
08:16on vient de le dire, puisque ses balles ne sont pas mortelles,
08:18les balles qu'il a tirées, que Loïc Lepriol.
08:21Néanmoins, ils en courent la même chose.
08:22Absolument.
08:23À quel moment ?
08:24Ça va être compliqué.
08:25Est-ce que, pour défendre le vôtre, Bouvier, vous enfoncez Lepriol ?
08:30À quel moment vos défenses avec les avocats de Loïc Lepriol vont se rejoindre ?
08:37Et à quel moment elles vont diverger ?
08:39En réalité, moi, je considère qu'il n'y a aucune espèce de difficulté
08:42et pas de risque de conflit d'intérêts, si je puis dire, entre l'un et l'autre.
08:46La chambre de l'instruction a fait son travail, ce qu'elle devait faire depuis le départ,
08:50ce que le juge d'instruction aurait dû faire,
08:51et a considéré qu'on parlait de deux scènes distinctes.
08:54Si d'ailleurs, ça avait été une scène unique,
08:56ils auraient tous les deux été renvoyés pour assassinat,
08:58ce pourquoi Romain Bouvier était initialement mis en examen.
09:01Ça n'avait aucune espèce de sens.
09:02Donc, il y a trois scènes, en fait.
09:04Il y a la terrasse, la première scène et la deuxième scène.
09:06Alors, la première scène, elle n'est pas poursuivie en tant que telle.
09:08Au reste, si on avait poursuivi les violences,
09:10on les aurait reprochés.
09:11Alors, Federico Martina Romburu, dramatiquement, il est mort.
09:14Mais on les aurait reprochés davantage au rugbymen
09:15qu'on les aurait reprochés à Romain Bouvier ou Loïc Lepriol.
09:18Romain Bouvier, il en est d'abord spectateur avant d'en être victime.
09:21Il ne réussit pas à donner un seul coup, il en reçoit
09:23quand il veut venir au secours de son ami,
09:25qui s'est fait violenter sans sommation,
09:28de manière extrêmement sérieuse.
09:30Ce qui est intéressant, c'est ce que dit Loïc Lepriol
09:32pour justifier d'avoir utilisé une arme.
09:35Il dit, et c'est en procédure,
09:36la peur, c'est parce que j'ai eu peur,
09:38je me suis cru en Afrique.
09:40Est-ce que vous pouvez expliquer aux téléspectateurs
09:41le parcours de Loïc Lepriol
09:44et pourquoi est-ce qu'il fait référence aux opérations spéciales
09:47puisqu'il a servi là-bas ?
09:49Oui, bien sûr.
09:49Alors, Loïc Lepriol, c'est un ancien marin
09:53qui a intégré l'école des Mousses quand il avait 16 ans.
09:56Il est devenu le plus jeune commando marine
09:58de sa promotion à 18 ans
09:59et entre ses 19 et ses 21 ans,
10:01il a été envoyé près de 14 mois
10:04en terrain d'opérations spéciales.
10:06Opérations spéciales qui sont quand même
10:09assez souvent des terrains très dangereux
10:10et des terrains qui provoquent sans doute
10:13chez un jeune homme des réactions
10:16parfois compliquées psychologiquement
10:18en termes de post-traumatisme.
10:19Cependant, il est rentré, lui, de Djibouti, il me semble, en 2015,
10:25donc 7 ans avant les faits.
10:28Et c'est vrai que ce syndrome post-traumatique,
10:31c'est un moyen de défense qui a été utilisé par le passé,
10:37par Loïc Lepriol à plusieurs reprises.
10:42Alexandre, qu'est-ce qui s'est passé pendant ces 7 ans ?
10:44Il a quitté l'armée, donc avant la mort,
10:46le meurtre de Federico Arambrou.
10:48Qu'est-ce qui fait Loïc Lepriol pendant ces 7 années ?
10:51Oui, bien sûr.
10:52Alors, il y a eu une petite période de flou
10:54autour du ministère des armées,
10:56puisque l'administration est parfois un peu lente.
10:59Donc, il a continué à toucher sa solde de militaire
11:02de manière partielle pendant plusieurs années.
11:05Et il a rejoint un groupe qu'il fréquentait déjà au départ,
11:09qui s'appelle le groupe Union Défense,
11:10qui est un groupe uscule d'extrême droite.
11:11Le GUD.
11:12Le GUD, voilà.
11:14Oui, qui est plus connu sous ce nom-là,
11:16tristement connu d'ailleurs,
11:17qui est un groupe uscule d'extrême droite.
11:19Et pendant ces années-là,
11:21il va s'essayer à plein de choses différentes.
11:23Il va se faire de nouvelles amitiés,
11:25il va essayer de se remettre dans la vie civile.
11:28Il va monter une marque de tour de cou,
11:30ou tactique.
11:32Il va travailler un petit peu avec son père,
11:35dans le garage de son père,
11:36qui loue des véhicules de collection.
11:38Véhicule qui va d'ailleurs être impliqué
11:40dans l'affaire de manière un peu indirecte,
11:43parce que c'est avec ce véhicule
11:44qu'ils arrivent au automabillon.
11:45Et c'est avec la Jeep
11:47que Lison Rochemir et Romain Bouvier
11:49empruntent le boulevard Saint-Germain
11:50après la bagarre.
11:54Ensuite, il monte une marque de vêtements,
11:56qui s'appelle Bab tout solide certifié,
11:58qui a eu un petit écho médiatique.
12:00Il a été invité dans une ou deux émissions,
12:02il a fait quelques interviews.
12:05Au bout de deux ans, cette marque,
12:06elle arrêtera de fonctionner,
12:08il fermera cette entreprise-là,
12:09et il rejoindra le domaine familial,
12:11et deviendra oléiculteur.
12:13Entre temps, il y a une série d'infractions
12:15qui est commise,
12:16notamment un accident de la voie publique,
12:17et une affaire qui est un petit peu plus médiatisée,
12:21qui est un passage à tabac,
12:23pour lequel il a été condamné,
12:24dans lequel Romain Bouvier était également impliqué.
12:26L'affaire Klein.
12:27L'affaire Klein, exactement,
12:29où ils sont compris.
12:29Klein et c'est un ancien patron du GUN.
12:31Oui, c'est ça.
12:32Tabassage en bonne et due forme,
12:34et filmé d'ailleurs.
12:35Filmé en bonne et due forme.
12:37Une scène assez glaçante,
12:39par ailleurs,
12:40et pour des raisons qui sont,
12:42qui sont, ma foi, assez floues.
12:44On avoque parfois la violence
12:47que Édouard Klein a pu avoir
12:50auprès de diverses compagnes.
12:52Une autre fois,
12:52on dit qu'Édouard Klein aurait parlé à la police.
12:55Les motivations de ce truc-là sont assez floues.
12:58Et Romain Bouvier, lui, sa vie, c'est quoi ?
13:00Avant la mort de Fédéric Horanbourg ?
13:04C'est très différent.
13:05C'est un jeune homme qui s'inscrit
13:07dans des études de droit.
13:08Sa mère est une consœur.
13:10Il, je pense que...
13:11Une avocate très connue.
13:12Oui.
13:13Une excellente avocate.
13:14Absolument.
13:15Et il veut lui-même, je pense,
13:17devenir avocat.
13:18Et puis, peut-être que son assiduité
13:21fait un peu défaut.
13:22En tout cas, il se pose des questions.
13:23Il hésite, il se cherche un peu.
13:25Je pense qu'à un moment donné,
13:26il songe plutôt à devenir écrivain.
13:28Et donc, il est dans ses études à Assas,
13:31qui est un milieu parfois,
13:32ou un lieu parfois porteur,
13:34dans des rencontres,
13:36sur un plan politique
13:37plutôt connoté à droite, évidemment.
13:39C'était d'ailleurs un vivier de recrutement
13:40pour le GUD dans les années 94.
13:42Ça l'a été.
13:44Plus maintenant.
13:44Non, mais le GUD a fait l'objet
13:46d'une dissolution,
13:47mais indépendamment de ça,
13:47en tout cas, moi j'ai bien connu,
13:48j'ai été étudiant et opposé tout à fait au GUD.
13:50Et d'ailleurs, je le serai toujours aujourd'hui.
13:53Et vous voyez que ça ne pose aucune difficulté.
13:54C'est-à-dire qu'Hourman Bouvier,
13:55enfin, les problèmes politiques
13:57ne sont pas en jeu
13:58dans ce qui s'est passé ce soir-là, du tout.
14:00Ce qui est intéressant,
14:01c'est qu'ils sont liés dans leur parcours,
14:02puisque leurs routes vont se croiser,
14:04notamment avec ce tabassal.
14:05Oui, et avec une vraie amitié.
14:07Oui, mais il n'en exclut pas l'autre.
14:08Non, et je pense qu'il y a,
14:09de la part de Romain Bouvier,
14:11chez Loïc Lepriol,
14:12quelque chose que lui n'a pas.
14:13Loïc Lepriol, il est dans l'agir.
14:15D'une certaine manière,
14:16ça doit un peu fasciner ce jeune homme
14:18qui, lui, est plus un intellectuel,
14:20qui se cherche
14:21et qui doit être assez impressionné
14:23par le parcours d'un Loïc Lepriol.
14:24Et je ne dis pas
14:25qu'il y a un effet d'entraînement
14:26de l'un ou de l'autre.
14:27Ce n'est pas le propos.
14:28On ne se défaussera pas.
14:29Et encore une fois,
14:30le fait que, maintenant,
14:30il y ait deux scènes distinctes,
14:32toutes ces questions-là
14:33n'ont pas leur place.
14:33Ça facilite un peu les choses.
14:34Voilà, il n'y a plus de difficultés
14:36à cet égard.
14:36Mais il y a une vraie amitié
14:37et il ne s'agit pas, aujourd'hui,
14:39de la remettre en cause.
14:40Elle était sincère.
14:41C'est une lecture que vous partagez ?
14:42Oui, c'est une lecture
14:43que je partage totalement.
14:44Pour la petite anecdote,
14:45c'est vrai que Romain Bouvier
14:47avait envisagé une carrière d'écrivain.
14:48Je crois même qu'il écrit une nouvelle
14:50dont Loïc Lepriol...
14:52Préface ?
14:53Non, il ne la préface pas,
14:54mais je crois qu'il est plus ou moins inspiré.
14:56Enfin, il inspire plus ou moins
14:57des personnages.
14:58Et je crois qu'à un moment,
14:59dans cette nouvelle,
15:00il se surnomme les Waffen-Assass.
15:02Voilà.
15:03Les Waffen ?
15:04Les Waffen-Assass.
15:05Ah oui, les Waffen-Assass.
15:06Les Waffen-Assass.
15:07Oui, c'était les groupes
15:09pour les troupes allemands.
15:11Il y a eu une reconstitution,
15:12Maître Vigier,
15:13en novembre 2023.
15:15Qu'est-ce que ça a donné ?
15:17En général, ça peut être fécond,
15:20les reconstitutions.
15:21Est-ce qu'il y avait besoin
15:23de fixer les choses ?
15:24Est-ce que l'intention homicide
15:27a pu, vous allez me dire que non,
15:29être démontrée ?
15:30Mais qu'est-ce que ça a permis
15:31de cette reconstitution ?
15:32Peut-être qu'en amont
15:32de la reconstitution,
15:33il faudrait dire qu'il y a dans ce dossier
15:34un élément absolument essentiel,
15:36sans lequel, d'ailleurs,
15:37les qualifications n'auraient pas été
15:38celles-là, j'en suis certain,
15:39et on aurait continué le récit
15:41qui a été fait au départ,
15:42cette chasse à l'homme.
15:44Il y a des vidéosurveillances
15:44qui nous disent énormément de choses.
15:46Alors, elles ne disent pas tout,
15:47on n'a pas le son,
15:48on n'a pas les paroles,
15:49il manque évidemment certains éléments,
15:51donc la reconstitution peut avoir
15:52son intérêt pour essayer
15:53de compléter ces zones d'ombre,
15:55mais il y en a somme toute assez peu.
15:57Et la vidéosurveillance
15:58a changé radicalement
16:00la présentation faite
16:01à l'origine de cette procédure.
16:03Donc la reconstitution ensuite,
16:05quel intérêt elle a eu ?
16:06C'est un peu particulier.
16:06Moi, je n'y étais pas,
16:07j'étais devant une autre cour d'assises,
16:09ma collaborateur,
16:10et d'ailleurs,
16:11Sophie Régascon,
16:12qui est intérieure avec moi
16:13dans la défense de Romain Bouvier,
16:14était présente toutes les deux.
16:16Et eux étaient présents tous les deux.
16:17Et elles me disent
16:18qu'il ne veut pas sortir du fourgon
16:19parce que les médias sont très prêts
16:23et qu'évidemment,
16:24on ne peut pas assurer
16:24une confidentialité
16:25de ce qui va se dérouler
16:26et qu'il ne souhaitait pas
16:27être vu, filmé.
16:29Il avait une incarcération
16:30extrêmement difficile à la santé
16:31à raison notamment
16:32de la médiatisation extrême,
16:34et je le dis,
16:35mensongère qu'il y avait eu.
16:36Je ne fais aucun reproche
16:37au Parti civil.
16:38Alors, conseil peut-être,
16:39pas au Parti civil.
16:40Le Parti civil,
16:41elles sont dans la douleur,
16:41elles ne connaissent pas tout le dossier.
16:43On n'a d'ailleurs jamais
16:44voulu communiquer avant...
16:46Là, ça fait une semaine
16:47qu'on communique.
16:47Avant, on ne le faisait pas.
16:48Est-ce qu'ils sont toujours
16:50amis, copains ?
16:51Même en détention ?
16:52Romain Vosier et Loïc Lepriol ?
16:54C'est une question
16:55un peu compliquée,
16:56en tout cas, pour y répondre.
16:56Ça fait quatre années
16:57qu'ils sont séparés,
16:58avec évidemment interdiction
16:59d'entrer en contact.
17:01On le verra au procès.
17:03En tout cas,
17:04il me paraît clair
17:05qu'ils ne vont renier
17:07ni l'un ni l'autre
17:08l'amitié qu'ils ont eue.
17:09Alors, est-ce qu'elle s'est arrêtée
17:10ce jour-là ?
17:11Ça, c'est un autre problème.
17:12Chacun aura évolué.
17:12Le temps carcéral aussi fait évoluer.
17:14Et le temps carcéral,
17:15avec, qu'on soit impliqué ou non,
17:17de toute façon,
17:18une implication physique
17:18dans ce drame absolu.
17:20Voilà.
17:20Moi, je vois le visage
17:21de Federico Martinarumbrou.
17:23Je me le rappelle très bien.
17:24J'adore le rugby.
17:25C'était un joueur merveilleux.
17:27On ne sort pas indemne,
17:28même si,
17:29quelle que soit la personne en face,
17:30mais on ne sort pas indemne
17:31d'une histoire comme ça.
17:32Il y a une autre personne
17:33importante clé
17:34dans ce procès
17:35qui va venir,
17:36Sean Egarty,
17:37qui a vu son ami
17:37mourir dans ses bras.
17:38Il a donné une interview
17:40à nos confrères
17:40de rugby, Rama.
17:41Et que dit-il ?
17:42D'abord, on sent
17:43qu'il y a un syndrome
17:45aussi de la difficulté
17:46de se relever
17:46après une telle épreuve.
17:47Et je voudrais donner
17:49deux citations.
17:50Je n'arrivais pas à me dire
17:50que c'était possible.
17:52Le cerveau n'est pas prêt
17:53pour une telle violence.
17:54Ça, c'est pendant
17:54le déroulé des faits.
17:55Et quand on lui pose
17:56la question de comment
17:57il se sent aujourd'hui,
17:57il dit aujourd'hui,
17:58je suis là,
17:59j'ai cette chance,
18:00mais la seule question
18:00que je me pose,
18:01c'est est-ce que Federico
18:02ne m'a pas sauvé
18:03de quelque chose ?
18:04Et ça, c'est des questions
18:05lancinantes
18:06qui vont être très dures
18:06à porter.
18:07Ce procès aussi,
18:08ça va être l'occasion
18:09et il va y avoir
18:10par la force des choses
18:11une confrontation
18:12entre le survivant,
18:13celui qui a vu
18:14son ami mourir
18:15dans ses bras
18:16et les deux co-auteurs présumés.
18:18Qu'est-ce que ça vous inspire ?
18:22Moi, ce que ça m'inspire,
18:24c'est ces quatre parcours,
18:28ces quatre destins
18:29qui se rencontrent
18:30à un endroit
18:31quand même relativement sombre
18:33qui est le Mabillon
18:34à 5h du matin,
18:35qui est un endroit
18:36globalement
18:36très difficilement fréquentable
18:38et de toute façon
18:40un endroit de noctambule.
18:43Pourquoi difficilement fréquentable ?
18:45Parce que globalement,
18:47je ne sais pas
18:47si vous seriez d'accord
18:48avec moi,
18:48je ne connais pas
18:49le Mabillon à 6h du matin.
18:51Mais passer 2h du matin,
18:53le seul débit de boisson ouvert...
18:55Ce que vous dites,
18:56c'est que c'est un rendez-vous
18:56de sa part.
18:57Oui, exactement.
18:58Je n'ai pas voulu dire comme ça.
19:00Vous pouvez.
19:01Si vous pouvez.
19:01C'est un peu ça.
19:02C'est là qu'on vient
19:03se finir s'alcooliser,
19:05c'est ça, non ?
19:06Je ne sais pas,
19:06je ne sais pas,
19:07c'est un dépoint ouvert.
19:10Je crois que Cheney Gartuil
19:11et Federico Martina Ambrose
19:12sont venus y manger un hamburger
19:14parce qu'ils avaient faim.
19:16Et que la soirée s'est prolongée.
19:17Voilà.
19:17Et que la soirée s'est prolongée.
19:20Et c'est 4 vies
19:22qui basculent.
19:24Il y a un point de bascule
19:26absolument dramatique.
19:27Donc, en fait,
19:28c'est ça que ça m'inspire aujourd'hui.
19:29Et encore une fois,
19:30je voudrais éviter au maximum
19:31de troubler la sérénité
19:33des débats de demain
19:33et de commenter l'affaire
20:03en elle-même.
20:05ne pas du tout savoir
20:06ce qui s'est passé.
20:07Lui, il déclare avoir tiré,
20:08avoir pris la fuite.
20:08Il n'a pas dit quand même
20:09« Appelle un avocat »
20:10ou « L'avocat va t'appeler » ?
20:12Il y a eu...
20:12Alors d'abord,
20:13il se rend en premier
20:14chez son avocat.
20:16Alors un samedi matin,
20:17à 6h,
20:17je pense qu'il n'y a pas d'avocat
20:18qui soit assez zélé
20:19pour avoir leur bureau ouvert.
20:23Ensuite,
20:24il va à côté
20:25de chez Romain Bouvier,
20:26il emprunte un portable,
20:28il écrit un texto
20:29« Alizon ».
20:30Sa petite amie.
20:31Sa petite amie,
20:32il n'a pas de réponse.
20:33Il prend le train
20:34vers Draguignan
20:35et vers la demeure familiale.
20:37Là-bas,
20:37il se repose un peu
20:38et quelques heures plus tard,
20:41donc le samedi soir,
20:42puisque ça a lieu
20:42dans la nuit du vendredi
20:43au samedi,
20:44le samedi soir,
20:45il prend la Twingo
20:45de sa sœur
20:46et il décide de rouler
20:47vers le front ukrainien.
20:48Direction l'Ukraine.
20:49Direction l'Ukraine.
20:51Donc Draguignan,
20:51l'Ukraine.
20:52Moi, c'est un trajet
20:52que j'ai refait
20:53avec une très vieille voiture.
20:55Pour vous mettre
20:56un peu dans les pas,
20:56sur les traces.
20:57Pour essayer de comprendre,
20:59mais c'est beaucoup plus
21:00un dispositif littéraire
21:01que journalistique
21:01parce que je suis écrivain
21:03et c'est comme ça
21:04que je travaille.
21:06Et donc,
21:06j'ai refait cette route-là
21:09jusqu'à d'abord
21:10le post-frontière
21:12en gros ukrainien.
21:14Là où il s'est fait arrêter.
21:15Là où il s'est fait arrêter.
21:17Et aussi en Ukraine,
21:19à Lviv,
21:19puisqu'il y a un élément
21:22de géolocalisation
21:22dans le dossier
21:23qui dit qu'un déportable
21:24avec lequel il est trouvé
21:26aborné en Ukraine.
21:27Lui dit ne pas être rentré.
21:30Le téléphone,
21:30lui, est rentré.
21:32Votre client, lui,
21:33il a été arrêté
21:34près d'une abbaye,
21:35c'est ça ?
21:36Oui, alors c'est un parcours
21:37peut-être qui peut paraître
21:37un peu particulier
21:38mais qui mérite au moins
21:39un mot d'explication.
21:40C'est qu'il a tiré.
21:43Il est convaincu
21:43de n'avoir pas touché.
21:44Il dit d'ailleurs
21:45ne l'avoir pas voulu.
21:46De fait, il n'a touché
21:47aucune zone vitale.
21:48On le sait.
21:48D'ailleurs, la chambre
21:49de l'instruction l'écrit
21:50en disant que c'est une tentative
21:51qui n'a manqué son effet
21:52parce que vous n'avez pas
21:52touché de zone vitale.
21:54Et la victime va repartir d'ailleurs.
21:56La victime va repartir.
21:57La victime n'est quasiment
21:59pas affectée.
22:00Elle recule parce qu'il y a
22:01des tirs et elle se met
22:02un peu à l'abri.
22:03Et Romain Bouvier
22:03part en courant,
22:04persuadé d'ailleurs
22:04qu'il doit être suivi
22:05par les deux hommes.
22:06Il ne l'est pas.
22:07Et une minute après,
22:09il y a le drame
22:09qui va se produire.
22:10Et lui est déjà parti
22:11derrière au moins
22:12deux blocs d'immeubles
22:13en sorte qu'il n'entend rien.
22:14Ça, on en est absolument certain.
22:15Et donc, quand il part
22:21mort, il ne sait pas
22:22d'abord que Loïc Lepriol
22:23a tiré.
22:24Et quand on va dire
22:24qu'il a tiré,
22:25on raconte des choses
22:26tellement inexactes,
22:27par exemple,
22:27qu'ils étaient tous les deux
22:28dans la Jeep,
22:28qu'ils ont tiré ensemble.
22:29Ah oui, donc ce que vous dites,
22:31c'est que raison pour laquelle
22:32il a pris la cavale aussi,
22:33lui aussi.
22:33Non, il part dans ce contexte-là
22:35parce qu'il sait
22:36qu'il a tiré sur la voie publique,
22:37qu'il était en contrôle judiciaire,
22:38qu'il n'avait pas le droit
22:39de voir Romain Lepriol,
22:40qu'il n'avait pas le droit
22:40de porter d'arme.
22:41Bref, toutes choses qui font
22:42qu'on part parce qu'il aura
22:43des comptes à rendre,
22:43mais pour lui,
22:44pour des coups de feu
22:45qui n'ont même pas touché
22:46l'homme qui était en face de lui.
22:47Donc ça lui fera
22:48une autre procédure correctionnelle,
22:49mais il part.
22:50Et il apprend la mort
22:52de Federico Martinarumbrou,
22:53il est convaincu
22:54d'en être l'auteur,
22:55et là, il est confronté
22:58à l'idée qu'il a tué un homme.
23:00Donc il ne veut pas se rendre,
23:01donc il fuit.
23:02Non, pas du tout,
23:03non, précisément pas.
23:04Si vous voulez,
23:04l'abbaye de Solemme,
23:05ce n'est peut-être pas
23:05le meilleur lieu
23:06pour fuir sérieusement.
23:07Donc je crois qu'il s'y rend
23:08avec l'idée qu'il a besoin
23:11de faire le point avec lui-même.
23:12Il vient de tuer un homme,
23:12c'est ce qu'il pense.
23:14Et puis finalement,
23:15il est interpellé.
23:15Mais quand même,
23:17la bagarre,
23:18des bagarres,
23:19il y en a tout le temps.
23:21En état d'ébriété,
23:22on le rappelle.
23:22Ce que vous disiez tout à l'heure,
23:23c'est que vous vous êtes bien complétés
23:24tous les deux.
23:25Ce n'est pas un meurtre
23:27commis,
23:27ce n'est pas un meurtre
23:28d'extrême droite,
23:29type d'extrême droite
23:29qui vont tuer quelqu'un
23:30parce qu'ils ne l'aiment pas.
23:32En revanche,
23:32ce que vous disiez tout à l'heure,
23:34c'est intéressant,
23:34c'est qu'ils ont des armes.
23:35Et les armes,
23:36ça pose problème quand même.
23:37Parce que quand on sort
23:38avec des copains,
23:39si ça avait été une simple bagarre
23:40entre les deux rugbymen
23:42et puis les deux jeunes du GUD,
23:44c'était une bagarre.
23:45Comment ça se fait
23:46qu'ils aient ces armes ?
23:46Là, on est dans autre chose.
23:47Il y a des armes.
23:48Et ces armes,
23:49elles viennent d'où ?
23:50Qu'est-ce qu'on va vous le demander ?
23:52On va vous dire
23:52pourquoi est-ce qu'on sort
23:53avec un pistolet,
23:56un revolver ?
23:57Je suis d'accord avec vous,
23:58mais vous me surprez un peu
23:59en disant
23:59sinon ça aurait été
24:00une simple bagarre.
24:01Pour moi,
24:01il n'y a pas de simple bagarre.
24:02La violence est une chose épouvantable.
24:04Non, mais quand vous rajoutez
24:05les armes,
24:05je suis d'accord,
24:07on est dans un autre degré
24:08et un autre niveau.
24:08Ça aurait été une bagarre.
24:09J'enlève le simple.
24:10Mais je peux vous dire
24:12que même si l'issue est dramatique
24:14et que la victime
24:15c'est Federico Martinarumbo,
24:16il faudra parler de tout.
24:17Y compris de la violence initiale
24:19qui est un geste qui...
24:20Le même geste,
24:21je l'ai vu entraîner la mort.
24:22C'est le geste sur Loïc Lepriol,
24:24dont je ne suis d'ailleurs
24:24pas le conseil.
24:25C'est un geste sans sommation
24:26sur un homme au petit matin
24:27qui a trop bu,
24:28qui doit être fatigué,
24:29où on tire la capuche
24:30très fortement vers l'arrière.
24:32Normalement,
24:32c'est la tête qui vous arrête.
24:33Ça peut être un hématome sous-dural.
24:34Le lendemain matin,
24:35vous êtes éventuellement mort.
24:36Et en fait,
24:37moi je me demandais toujours
24:38comment Loïc Lepriol
24:40n'avait pas touché le sol,
24:41comment il avait eu le temps
24:41d'avoir un réflexe.
24:42Il ne l'a pas.
24:43C'est qu'il y a un tabouret
24:44qui est derrière la chaise
24:44qui arrête la chaise
24:45et que donc la chaise
24:47étant à mi-parcours,
24:48il tombe sur le côté
24:49et il n'a pas la tête qui cogne.
24:50Sinon, il n'y a pas de bagarre.
24:51Mais ça ne me dit pas
24:52comment ils ont les armes.
24:53Et donc,
24:53c'est pour ça que je dis
24:54attention, attention
24:55quand on parle de violence.
24:56Bon, bref.
24:57Et ensuite,
24:58le fait qu'ils soient armés
24:59pose évidemment difficulté
25:00et qu'ils le soient tous les deux.
25:01Et là,
25:01on peut interroger
25:02et il est légitime
25:03de se demander
25:03est-ce que ça a quelque chose à voir
25:05et est-ce que ça nous dit quelque chose
25:06de leur pensée politique ?
25:08Ou de la préméditation ?
25:09Ou de la préméditation ?
25:10Alors la préméditation,
25:11sans doute pas,
25:12même si elle est retenue,
25:12mais pour moi,
25:13c'est complètement tabérant
25:14et je le dirai évidemment à la Cour.
25:15J'entendais tout à l'heure
25:16Yann Le Bras
25:17quand vous avez fait
25:18le mémo initial
25:19disant
25:20il y a quand même
25:20plusieurs juges
25:21qui ont considéré que...
25:22Non,
25:22ils ont considéré
25:23qu'il y avait des charges.
25:24Ça n'a rien à voir
25:24avec la preuve
25:25et sinon l'audience
25:26n'aurait pas d'intérêt.
25:27Ces gens-là ne sont pas jugés,
25:28ne sont pas condamnés.
25:29Il y a des charges suffisantes
25:29pour que le procès s'ouvre demain ?
25:30Pour qu'on leur reproche
25:31ce qu'on leur reproche.
25:32D'ailleurs,
25:33moi je considère
25:33qu'il n'y avait pas de charges suffisantes
25:34mais en tout cas
25:34pour qu'il y ait des preuves
25:35c'est autre chose.
25:36Ils ont des armes.
25:38Pourquoi est-ce qu'ils en ont ?
25:38Cette question mérite d'être posée.
25:40Ils ont peur de quelqu'un ?
25:40Ils ont peur de quelque chose
25:41ou une attention à les prenant ?
25:43Moi je ne vais parler que pour Romain Bouvier.
25:44Je crois d'ailleurs
25:45que Loïc Lepriol
25:45en dit autre chose
25:46en ce qui le concerne.
25:47Pourquoi il n'y a pas de préméditation ?
25:48C'est parce qu'ils ne sont pas
25:49allés les chercher.
25:50Vous êtes victime de violence,
25:51vous êtes fait taper dessus,
25:51vous êtes en colère,
25:52vous rentrez chez vous,
25:52vous allez chercher votre arme,
25:53vous revenez avec votre arme.
25:54Là il y a sans doute
25:55une préméditation évidemment.
25:56C'est parce qu'il s'est passé ?
25:57Pas du tout.
25:57Ils les avaient l'un et l'autre sur eux.
25:59Première scène par exemple.
26:00Mais ils reviennent.
26:00C'est le retour qui pose problème.
26:02Je l'ai dit dès le départ.
26:04Romain Bouvier ne revient
26:05que parce qu'on lui a menti
26:06et qu'on lui a dit
26:06ton ami est...
26:07Et ça c'est incroyable.
26:09Celui qui a menti
26:10le fait en disant
26:11pour moi il avait fini sa discussion
26:12avec le portier
26:13et je ne voulais pas
26:15que le trouble de voisinage
26:16se poursuive
26:16donc je lui ai menti.
26:17Bon c'est un truc dingue.
26:18Ça c'est une responsabilité causale
26:20essentielle.