Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 4 semaines
Regardez L'édito d'Etienne Gernelle du 08 septembre 2026.

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:02Avec vous Etienne Gernel, directeur du Point.
00:05Ce matin, Etienne, à la lumière de ce qui se passe en Sachsen-Anhalt,
00:08après la percée historique de l'AFD,
00:11vous nous dites qu'extrême droite et extrême gauche peuvent parfois s'allier.
00:15Mais oui Céline, c'est possible et ça se passe tout près de chez nous en Allemagne.
00:19Après l'élection en Sachsen-Anhalt, l'AFD partie d'extrême droite est arrivée en tête
00:24mais n'a pas la majorité absolue et a besoin d'allier.
00:27Eh bien, il y a un parti qui a offert ses services à l'AFD.
00:31Il s'agit du très à gauche BSW créé en 2024 par des dissidents de Die Linke,
00:38l'allié de LFI au sein du Parlement européen.
00:41Alors, ça ne serait pas une coalition formelle,
00:43mais l'AFD pourrait gouverner la région, le lander, seul,
00:47avec l'appui ou l'abstention au coup par coup de BSW.
00:50Alors BSW, très à gauche sur l'économie,
00:53mais qui partage avec l'AFD une opposition à l'émigration,
00:56sans aller aussi loin,
00:58et aussi le désir de renouer avec la Russie de Vladimir Poutine,
01:03notamment pour avoir du gaz pas cher et abondant.
01:06BSW est aussi eurosceptique ou souverainiste,
01:09dites-le comme vous voulez.
01:10Bref, l'arc des extrêmes prend forme,
01:12et ce n'est pas nouveau,
01:14on a déjà vu ça en Italie.
01:16Là, vous voulez parler de la coalition de 2018,
01:18entre Matteo Salvini et BP Griot ?
01:20Oui, la Lega, partie d'extrême droite,
01:22de Matteo Salvini, allié du RN français,
01:25s'est allié avec le mouvement 5 étoiles
01:26de l'humoriste BP Griot,
01:29qui s'appuyait en grande partie
01:30sur la gauche radicale,
01:32l'antisystème italienne.
01:34Le tout fut organisé sous la présidence
01:36du conseil de Giuseppe Conte,
01:38ça a duré 15 mois,
01:39et ce fut un exemple parfait, flagrant,
01:42de deux logiques antisystèmes,
01:44de droite, de gauche,
01:45qui se rejoignent,
01:45prenant en étau le centre pro-européen.
01:48Et chez nous, Etienne, en France, c'est possible ?
01:50Alors en France, LFI et RN s'opposent,
01:53au moins dans les discours,
01:54ils s'opposent même,
01:55chacun en rempart contre l'autre.
01:57Donc l'alliance n'est pas pour demain,
01:59mais sur le fond, vous savez,
02:01beaucoup de choses les rapprochent.
02:02Le RN, d'abord, est très à gauche sur l'économie.
02:04Sur les retraites, par exemple,
02:06RN et LFI sont les deux parties
02:08qui refusent les réformes
02:09avec le plus de virulence.
02:11LFI veut revenir à un âge de départ de 60 ans.
02:14Le RN a longtemps tenu sur cette ligne.
02:16Il est aujourd'hui sur une position
02:18autour de 62 ans.
02:19C'est ce que dit Marine Le Pen.
02:21Et puis, ils se rejoignent aussi
02:22dans la critique virulente de l'Union européenne,
02:25du libre-échange.
02:26Ils sont tous les deux protectionnistes.
02:28Et puis, il y a l'Ukraine.
02:29Aucun de ces deux parties
02:31n'a jamais voté de résolution
02:33ou de plan d'aide en faveur de l'Ukraine,
02:36ni au Parlement européen,
02:37ni à l'Assemblée nationale.
02:38Alors, il y a aussi des différences majeures,
02:40notamment sur la question de l'immigration,
02:42la laïcité, le voile, etc.
02:44Notons toutefois que François Ruffin,
02:46ancien de LFI,
02:47a évolué vers plus de fermeté sur l'immigration,
02:50comme BSW,
02:52qui est composé d'anciens de D-Link.
02:54C'est la célèbre sentence
02:57du grand écrivain japonais Yukio Mishima.
02:59Les contraires,
03:01lorsqu'on les pousse aux extrêmes,
03:02en viennent à se ressembler.
03:04C'était signé, Gernel,
03:05avec Étienne Gernel, directeur...
03:07Merci.

Recommandations