00:00On remonte le temps comme chaque jour, Arthur.
00:02Depuis hier, les buralistes sont mobilisés, ils réclament un blocage des prix du tabac.
00:06Eh oui, des manifestations auront lieu dans six villes de France.
00:10La plus importante sera vendredi à Vernon, la ville où est élu le Premier ministre Sébastien Lecornu.
00:15Alors d'après la Confédération des buralistes, chaque centime rajoutée au prix du paquet,
00:19c'est un cadeau aux trafiquants.
00:21Et les chiffres, il est vrai, vont dans leur sens, puisque 53,6% des cigarettes consommées
00:26ne viennent pas d'un buraliste français.
00:28Ce qui fait de la France, et de très loin, le premier marché européen de cigarettes illicites.
00:33Sauf qu'en principe, quand on augmente les cigarettes, c'est pour augmenter les taxes,
00:36pas pour perdre de l'argent avec un marché parallèle.
00:38Donc en réalité, c'est surtout un manque à gagner pour les finances publiques.
00:41Exactement.
00:41Et alors, ce n'est pas nouveau, puisqu'en fait, le tabac, ça a toujours été une question fiscale.
00:45C'est arrivé en Europe au 15e siècle.
00:47Le tabac, ça va avoir immédiatement beaucoup de succès.
00:49Et qui dit succès, bien sûr, dit impôts.
00:51La première réglementation arrive très vite.
00:53Ça arrive en 1674.
00:55Le roi Louis XIV fait de la fabrication et de la vente de tabac un monopole d'État.
01:01Donc tout l'argent généré par le tabac, c'est pour le trésor public.
01:04Et ça va le rester très, mais alors très longtemps, puisque ça va durer jusqu'en l'an 2000.
01:07En l'an 2000, où l'État commence à se retirer de la production.
01:11Mais il garde le monopole fiscal, puisque les buralistes sont encadrés par les douanes,
01:15sans marge de manœuvre commerciale.
01:16Quand est-ce qu'ouvrent les premiers bureaux de tabac ?
01:19Très vite, très vite.
01:20Là encore, très encadrés par la loi.
01:21Le premier ouvre en 1716 à Paris.
01:23Ça s'appelait À la Civette.
01:24Et figurez-vous, Apolline, que ce bureau de tabac s'appelle toujours À la Civette.
01:28Et il existe toujours aujourd'hui.
01:29Mais non.
01:30C'est dans le quartier du Louvre, exactement.
01:32Et en 300 ans, il a eu des clients vraiment très célèbres.
01:34Puisque Robespierre, Napoléon Bonaparte, le peintre Édouard Manet,
01:38ou encore l'écrivain, l'écrivaine Georges Sand,
01:40sont allés acheter leur tabac là-bas.
01:41Le tabac va aussi avoir une fonction sociale.
01:44Et oui, c'est moins connu.
01:44Au début du XXe siècle, la gestion des tabacs allait en priorité
01:47aux veuves de guerre et aux orphelins.
01:49Et oui, c'était pour leur assurer un moyen de subsistance.
01:52Et ce n'est pas tout, puisqu'une partie de l'argent généré par le tabac
01:56était dédiée à des pensions pour les personnes
01:58ayant servi la France, là encore, en s'incombattant,
02:00veuves de guerre, orphelins.
02:02Extraordinaire.
02:02D'où vient la carotte rouge qu'on retrouve sur les devantures ?
02:06Très bonne question.
02:07Avant les cigarettes industrielles, comment est-ce qu'on vendait le tabac ?
02:09Eh bien, on vendait le tabac sous la forme de feuilles séchées.
02:12Donc, on les roulait les unes sur les autres,
02:14ce qui formait une sorte de petit cône, comme une carotte.
02:17C'est cette forme qui va s'imposer comme enseigne des bureaux de tabac.
02:20Et c'est devenu obligatoire pour tous les burealistes à partir de 1906.
02:23Fim, fim, fim, c'est une cigarette.
02:26Non, non, non.
02:27Non, non, non, non, non, non, non.
02:30Merci, Arthur.
02:31Vos chroniques sont à retrouver dès maintenant
02:34et à tout moment en podcast sur l'application RMCI.
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