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  • il y a 6 semaines
Aujourd'hui, c'est au tour d'Édouard Geffray, ministre de l'Éducation nationale, de faire face aux GG. - L’émission de libre expression sans filtre et sans masque social… Dans les Grandes Gueules, les esprits s’ouvrent et les points de vue s’élargissent. 3h de talk, de débats de fond engagés où la liberté d’expression est reine et où l’on en ressort grandi.

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Transcription
00:00R.M.C. Face aux grandes gueules
00:05Nous sommes avec le ministre de l'éducation nationale, M. Édouard Geffray.
00:08Bonjour M. le ministre.
00:09Bonjour.
00:10À l'instant, on parlait des patrons allemands qui veulent faire travailler plus leurs salariés sans les payer plus.
00:15Finalement, votre patron, M. Lecornu, veut vous faire travailler autant, mais vous payez moins.
00:21Vous êtes d'accord avec ça ?
00:22Je suis d'accord pour tout ce qui participe.
00:25Oui, en tant que ministre, merci de préciser.
00:28On est sur une situation budgétaire que tout le monde connaît, dans un contexte international qui a considérablement dégradé les
00:34finances publiques.
00:34Je rappelle quand même qu'on a l'Ukraine, on a Hormuz, etc.
00:38Tous les Français le voient en faisant le pain de leur voiture.
00:41Que dans ce contexte-là, on dise que les ministres participent comme tout le monde à l'effort, moi ça
00:44ne me choque pas.
00:45Ce n'est pas démago ?
00:46Ce n'est pas une question de démagogie, c'est un peu une question...
00:50Pardon, mais je suis un Français comme tout le monde.
00:53Dire à mon voisin, fais un effort, mais moi en tant que ministre, je suis un peu à l'abri,
00:56parce que tu comprends, je bosse déjà beaucoup, ce n'est pas le sujet.
00:59Une fois encore, je trouve que c'est un peu de bon sens que de partager l'effort collectif.
01:04Et est-ce que les profs doivent travailler plus en France ?
01:06Non, parce qu'ils ont déjà plutôt plusieurs de cours que leurs homologues européens.
01:12Ça, c'est un peu des solutions, tarte à la crème, prof bashing et tout ça.
01:15Quand on voit la vraie vie, quand on est 24 heures par semaine devant une classe dans le premier degré,
01:19ou 18-20 heures dans le second degré, on est déjà bien fatigué à la sortie.
01:24Donc, ce n'est pas un gage d'efficacité et ce n'est pas, à mon avis, ce qui est
01:28nécessaire.
01:28Est-ce qu'il faut les payer plus, les profs français ?
01:31Vous faisiez la comparaison avec les collègues européens.
01:33En revanche, les collègues européens sont mieux payés, pour certains.
01:36Alors, globalement, ils sont mieux payés, dans des contextes qui sont aussi un peu différents.
01:40De manière générale, moi, je suis partisan de mieux payer les professeurs,
01:42et surtout en milieu de carrière.
01:44Parce que la réalité, c'est qu'un professeur aujourd'hui, il démarre à 2100 euros,
01:48mais après, pendant très longtemps, il reste sur une espèce de plateau.
01:50C'est-à-dire que ça progresse peu.
01:51Et à partir de 30 ans de carrière, là, ça commence à progresser
01:54de manière beaucoup plus régulière et substantielle.
01:56Il y a un trou entre les deux qu'il faut clairement combler,
01:58parce que ce n'est pas satisfaisant.
01:59Donc, vous êtes à l'ancienneté, on ne paye pas mieux en raison du mérite ?
02:03Déjà, la priorité, c'est de payer mieux.
02:05C'est de faire en sorte qu'il y ait un escalier sur la première moitié de carrière,
02:07et qu'on construise au cours des 4-5 prochaines années.
02:11Ensuite, la question du mérite, c'est pareil, pardon de le dire comme ça,
02:15mais c'est un peu, là aussi, tarte à la crème.
02:17C'est-à-dire qu'on dit, on a quand même le périmètre, ça ira mieux.
02:19Qu'on tienne compte de la façon de servir, c'est évident.
02:22Qu'on en fasse, si je puis dire, l'alpha et l'oméga de la rémunération.
02:25Pardon, monsieur Jeffrey, mais il y a des mauvais profs
02:27qui, pendant toute leur carrière, vont être mauvais.
02:31Ils vont pouvoir continuer à être mauvais.
02:32Ils vont être mauvais de l'âge de 25 ans jusqu'à 60 ans.
02:35Dans le privé, désolé, mais un salarié, s'il est mauvais,
02:38on ne le garde pas 35 ou 40 ans.
02:40C'est quand même la différence entre le public et le privé.
02:43Or, un mauvais prof, ça a des conséquences quand même
02:46sur la vie des élèves qu'il a face à lui.
02:49Et quand on voit le classement PISA, on se pose la question,
02:52est-ce qu'on n'a pas aussi un problème de niveau pour les enseignants ?
02:56Parce que je vous ai entendu dire, oui, c'est la faute des réseaux sociaux,
02:59si ce classement est mauvais, c'est la faute des parents,
03:02c'est la faute des portables.
03:02Bon, très bien, sans doute, mais vous ne remettez jamais en cause,
03:05et peut-être parce que vous avez peur de grève ou autre,
03:09mais vous ne remettez jamais en cause au niveau des enseignants.
03:11Dans certaines académies, aujourd'hui, on recrute des enseignants à 6 sur 20.
03:16Quand on a un mauvais prof, il ne faut pas s'étonner que l'élève ne soit pas très bon.
03:20C'est-à-dire, ça paraît assez logique.
03:22Et ça, vous ne nous dites rien là-dessus.
03:24Peut-être parce que vous avez peur, effectivement, de finir,
03:27il vous reste quelques mois, j'ai peur de finir qu'une grève,
03:30mais est-ce qu'on peut mettre un peu les pieds dans le plat
03:32et parler du niveau des profs ?
03:33D'abord, j'ai rarement peur, donc ça ne me dérange pas de parler de tous les sujets.
03:37C'est un sujet majeur.
03:39Non, mais c'est important.
03:41Il y a deux questions, en fait.
03:42Mais il faudra qu'on se reparle le piser après,
03:43parce qu'il y a plein de facteurs qui sont mis en évidence.
03:47Et j'ai toujours dit qu'il y a des facteurs extérieurs et des facteurs intérieurs.
03:51Là où je suis d'accord avec vous,
03:52c'est que pendant des années,
03:54on a objectivement mal assuré la formation initiale de nos professeurs.
03:59Et quand vous êtes en situation de pénurie,
04:00vous recrutez effectivement dans certaines académies,
04:02pas partout,
04:04avec des niveaux en français ou en mathématiques
04:06qui étaient effectivement faibles.
04:08Je vous donne juste un exemple.
04:09Cette année, il y a eu la réforme du concours des enseignants.
04:11Maintenant, on recrute en fin de L3,
04:12et on les paye pendant leur master.
04:14Non seulement on a fait le plein,
04:15ce qui n'était pas arrivé à Créteil ou à Mayotte,
04:17par exemple, depuis au moins 15 ans,
04:18on a fait le plein,
04:20avec une moyenne qui est 3 points supérieure
04:23à celle de l'année précédente.
04:24C'est-à-dire à combien, alors ?
04:26Je crois que le dernier ennemi...
04:28Non, non, mais en fait,
04:29le dernier ennemi a au moins la moyenne.
04:32Donc, bon...
04:33Merci, un minimum.
04:33Non, mais...
04:34Oui, attendez, c'est un concours, juste.
04:36Voilà, je rappelle.
04:37Et précisément,
04:38on les rémunère
04:40pendant une durée de formation de master.
04:42Au terme du master,
04:43s'ils ne font pas l'affaire,
04:44ils ne sont pas gardés.
04:46Il faut oublier ça.
04:47S'ils ne font pas l'affaire, ils ne sont pas gardés.
04:48Et s'ils font l'affaire ensuite,
04:50il faut qu'on essaie la formation continue.
04:52Mais, vous voyez,
04:52il faut quand même travailler sur ça.
04:54Plutôt que de se dire,
04:55oui, c'est vrai,
04:56moi, je connais un professeur mauvais
04:57ou moi, je connais un professeur bon.
04:58Il y a un moment,
04:59en fait, on est sur un truc systémique.
05:01On a 800 000 personnels
05:02qui encadrent un Français sur cinq.
05:0412 millions d'élèves.
05:05Mais reconnaissez que
05:06si on n'est pas exigeant
05:07sur le niveau des profs,
05:08on ne peut pas demander aux élèves
05:10aussi, c'est le même exigeant.
05:11Il faut être exigeant
05:13sur toute la chaîne.
05:13Et puisqu'on parle de PISA,
05:14parce que, pardon,
05:15mais ça, c'est intéressant dans PISA.
05:17Dans PISA,
05:17il y a une caractéristique française,
05:18c'est que ça fait
05:19au moins 15 ou 20 ans
05:20qu'on vit sur des objectifs
05:22complètement flous.
05:23Ça veut dire que
05:23les objectifs d'apprentissage,
05:24qu'est-ce que je dois apprendre
05:25en CE1, en CE2, etc., etc.
05:27On les a mis sur un appel par cycle.
05:28C'est-à-dire qu'on a dit
05:28à un enfant qui est entré en CP,
05:30en fin de CE2,
05:31tu devras savoir ça.
05:32Qu'est-ce qui s'est passé ?
05:33Tout le monde a poussé la neige.
05:35On a dit, ça,
05:36on le verra un peu plus tard,
05:37un peu plus tard,
05:37un peu plus tard,
05:37un peu plus tard.
05:38Et on a pris du retard
05:39pendant 15 ou 20 ans.
05:40Et ce que nous dit PISA,
05:41c'est ça, notamment.
05:51Sauf qu'on a repris précisément
05:52tous les programmes.
05:53Il y a trois ans,
05:54on a repris tous les programmes
05:55et ils sont entrés en vigueur
05:57depuis la rentrée dernière.
05:58Et que maintenant,
05:59on a des objectifs annuels.
06:00Et le point d'après
06:02que je vais franchir,
06:02là, aux vacances de la Toussaint,
06:04c'est que moi,
06:04je veux que cet objectif,
06:05il soit résumé de manière très claire
06:06pour les parents
06:07et pour les élèves.
06:08Qu'est-ce que je dois apprendre
06:09cette année ?
06:10Comme ça, tout le monde sait.
06:12On a des objectifs
06:12qui sont plus exigeants.
06:13Typiquement, je vous donne un exemple.
06:14Les fractions,
06:15on les voyait en CM1, CM2.
06:17Là, maintenant,
06:17on les voit en CM1.
06:19Je ne suis pas sûr
06:19qu'il y ait un seul parent de France
06:20qui sache que son enfant de CM1
06:21va prendre les fractions.
06:22Est-ce qu'on a besoin
06:23de voir des fractions en CM1 ?
06:25Ah bon ?
06:25C'est indispensable.
06:26D'accord, mais si on ne sait pas
06:28les fractions en CM1,
06:31si on n'y arrive pas,
06:32on passe quand même au collège ?
06:33En CM1, tu passes en CM2 ?
06:35Voilà.
06:36Si on passe en CM2,
06:36c'est correct.
06:36Oui, mais enfin, pardon.
06:37En 6e, je suis sûr
06:38qu'il y a des élèves de 6e
06:39qui ne savent pas
06:40ce que c'est une fraction.
06:41Parce que c'est ça le problème.
06:41C'est que même si on n'a pas le niveau,
06:44on continue.
06:44C'est-à-dire qu'on se retrouve
06:47en fac à devoir donner
06:48des cours d'orthographe
06:49à des élèves
06:50qui arrivent en première année
06:52de faculté.
06:53Donc ça, c'est un apprentissage
06:54qui n'a pas été acquis.
06:55Et malgré ce manque d'apprentissage,
06:58on continue à faire avancer
07:00l'élève dans un cursus scolaire.
07:03C'est ça qui ne va pas.
07:03Alors, il y a plusieurs sujets différents.
07:06Le premier sujet,
07:06c'est de définir
07:07la hauteur de chaque marche.
07:09Jusqu'à présent,
07:09il n'y avait pas d'escalier,
07:10il y avait des grands plateaux
07:11tous les trois ans.
07:11C'est comme ça
07:12qu'on est arrivé à la situation
07:12qu'on connaît.
07:13Maintenant, il y a un escalier
07:14et on dit chaque marche,
07:15c'est la suivante.
07:16Il y a un deuxième sujet après
07:17qui est de dire
07:18est-ce qu'il faut qu'un élève redouble
07:19lorsqu'il n'a pas le niveau ?
07:21Grosso modo,
07:22le redoublement,
07:23ça marche bien quand on est petit,
07:24ça ne marche pas très bien
07:25quand on est grand.
07:26Ça, c'est assez démontré.
07:26Sauf qu'il n'y en a plus de redoublement
07:27même quand on est petit.
07:28Alors, il y en a un peu,
07:29il y en a beaucoup moins qu'avant.
07:30Et c'est d'ailleurs un sujet.
07:32Mais pourquoi ?
07:33Parce que socialement,
07:34on a fini par considérer
07:36que c'était inadmissible.
07:37Les parents ne veulent plus.
07:38Ce n'est plus le cas maintenant.
07:39Les parents n'ont pas forcément envie, etc.
07:40Aujourd'hui, c'est en train de changer.
07:41On se dit finalement,
07:42un redoublement bien travaillé,
07:44qui n'est pas l'identique
07:45et on arrive à faire quelque chose,
07:47ça peut être assez bénéfique.
07:49Et donc, la pente est en train
07:50de se réinverser.
07:51C'est-à-dire qu'on a un peu plus
07:51de redoublement aujourd'hui
07:52par exemple qu'il y a deux ans.
07:53Il ne faut pas non plus
07:54en faire une espèce de mantra
07:55en disant
07:55tu ne maîtrises pas tes trucs,
07:57tu redoubles.
07:57Mais il faut avoir
07:58un peu d'intelligence.
08:00Olivier parlait de Pisa.
08:02Est-ce qu'on doit garder
08:03le même schéma d'école
08:04aujourd'hui en France ?
08:06C'est-à-dire cours le matin,
08:07cours l'après-midi.
08:09Quand on regarde
08:09ce qui se passe en Asie,
08:11je regardais notamment en Singapour,
08:13ce n'est pas du tout
08:13le même rythme scolaire.
08:15Ils ont beaucoup de matière
08:16le matin
08:16et c'est un peu plus relâché,
08:18un peu plus détendu
08:19l'après-midi.
08:20Notamment, ils ont du sport,
08:22ils peuvent avoir
08:22des activités culturelles.
08:23Est-ce qu'on doit...
08:24Ils ont des devoirs à la maison aussi.
08:25Est-ce qu'on doit changer ou pas ?
08:27Attention, à Singapour,
08:28quand les femmes deviennent mères,
08:29elles doivent quasiment
08:31disparaître de la société,
08:33de l'entrepreneuriat
08:35et donc elles ont le temps
08:35de s'occuper de leurs gamins
08:36aussi l'après-midi.
08:38Ça joue aussi
08:38sur le système de l'école.
08:39On a quand même
08:39un système d'école
08:41qu'on peut critiquer
08:42mais qui est quand même basé
08:43pour que les deux parents
08:44puissent travailler
08:44et faire tourner
08:45le tourisme français.
08:47Donc il faut aussi être OK
08:48pour faire des choix.
08:49Alors à Singapour,
08:49à Singapour,
08:50vous avez beaucoup de cours du soir.
08:51Enfin qu'on oublie.
08:52C'est-à-dire qu'en fait,
08:53on regarde ce qui se passe
08:53l'après-midi,
08:54mais on ne regarde pas
08:54Il y a beaucoup de devoirs le soir.
08:56Il y a énormément de devoirs
08:56et de cours.
08:57C'est-à-dire qu'il y a un mécanisme
08:59de cours particulier massif
09:01pour les enfants
09:01et de révision le soir
09:02qui n'existe pas en France
09:04et qui, je pense,
09:05ne correspond pas tout à fait
09:06à notre rapport
09:08aux apprentissages de boulot.
09:10Oui, mais les études
09:11dirigées le soir,
09:12c'est une bonne chose.
09:14Notamment pour les élèves
09:14qui n'ont pas la chance
09:15d'avoir des parents
09:16qui sont derrière eux,
09:17les mettre dans des études
09:18avec des profs dirigés.
09:20Là, pour le coup,
09:21il vaudrait mieux
09:22qu'ils aient des profs compétents.
09:24Est-ce qu'ils se pratiquent
09:25quand même pas mal ?
09:26Mais pas beaucoup.
09:27Ce que je ne sais pas,
09:28c'est que les deux modèles...
09:28Enfin, moi,
09:29je ne suis pas partisan
09:29de comparer comme ça
09:30des modèles qui sont aussi différents
09:31en termes de,
09:32j'allais dire,
09:33organisation sociale.
09:35En revanche,
09:35ce qu'on observe,
09:36c'est que les pays
09:36où ça fonctionne,
09:38et on peut aller chercher
09:39plus près de chez nous,
09:40vous traversez la Manche,
09:40c'est l'Angleterre.
09:41L'Angleterre est le seul pays d'Europe
09:42qui s'en sort dans PISA.
09:43Pourquoi ?
09:44Parce qu'en Angleterre,
09:51systématiquement,
09:52un peu comme le Maroc aussi d'ailleurs,
09:55redresser tous les objectifs
09:56d'apprentissage
09:57et tout faire remonter
09:58avec exigence.
09:58On va remettre des jalons
10:00réguliers.
10:01Et les professeurs
10:02connaîtront ces jalons,
10:03ils vont retravailler ce jalon
10:04et on va les former
10:04à des pratiques pédagogiques
10:05efficaces.
10:06Ça, ça marche.
10:08Et ça amortit considérablement
10:09les autres facteurs de PISA,
10:10on voit quand même
10:11qu'on se parle,
10:12c'est-à-dire l'impact
10:12des réseaux sociaux,
10:13l'impact des écrans
10:14et la perte d'investissement.
10:16Oui, mais pardon,
10:18peut-être,
10:18mais dans tous les autres pays
10:19qui sont également testés
10:21dans PISA,
10:22il y a des écrans,
10:23il y a des réseaux sociaux
10:25et pourtant,
10:25il y a des pays européens
10:27qui s'en sortent mieux
10:28que le nôtre.
10:29Par exemple,
10:29le Royaume-Uni.
10:30Et les petits Anglais,
10:31ils ont aussi des smartphones,
10:32ils ont aussi des réseaux sociaux.
10:33Mais parce qu'ils ont une politique,
10:34d'abord pendant 10 ans,
10:35qui n'a pas été compensée
10:36et ce que je vous disais,
10:38et par ailleurs,
10:39je me souviens quand même
10:39que la quasi-totalité
10:40des pays de l'OCDE
10:41a chuté dans PISA.
10:42On suit la moyenne de l'OCDE.
10:44Comme on était déjà
10:45pas bien placés...
10:46Oui, mais on est dans la moyenne
10:47de l'OCDE.
10:47Mais si vous voulez,
10:49on aime bien en France
10:50se dire qu'on n'est pas bon
10:51et tout ça.
10:52Donc, on ne peut parler
10:53que de la France.
10:54Ce que montre PISA,
10:55c'est qu'il y a une rupture
10:57majeure et universelle
10:58dans l'éducation des enfants
10:59et que tous les pays développés,
11:00enfin, la quasi-totalité
11:01des pays développés,
11:02hormis 3 ou 4 d'entre eux,
11:03connaissent une chute libre.
11:05Et ça, par contre,
11:06je trouve qu'il faut quand même
11:06aussi s'interroger collectivement.
11:08Il y a ce qui relève
11:09de notre système,
11:09on en a parlé,
11:11mais il y a ce qui relève aussi
11:11de processus
11:12qui sont universels,
11:14qui sont extrêmement préoccupants,
11:15parce que,
11:16quel que soit le pays du monde
11:17où vous êtes quasiment,
11:18vous avez une chute
11:19des résultats massives.
11:20Mais c'est intéressant
11:20de voir aussi
11:21ce qui marche à l'étranger.
11:22Le Royaume-Uni,
11:23c'est moins loin
11:24que le Singapour,
11:25mais David Cameron
11:26avait mis en place
11:27tout un programme,
11:28moins de bureaucratie,
11:30plus d'initiatives locales.
11:32On a aussi fait en sorte
11:34que le niveau des meilleurs
11:35soit préservé,
11:36pas tiré vers le bas,
11:37parce que ce que dit PISA aussi,
11:38c'est que nos meilleurs élèves
11:39maintenant décrochent.
11:42Ça, c'est des réformes
11:43qui sont possibles.
11:44Il n'y a pas de fatalité.
11:46Alors ça, pour le coup,
11:47il n'y a pas de fatalité,
11:48je confirme.
11:49En fait, il y a plusieurs...
11:50Enfin, comment dire ?
11:51Il y a une forêt de leviers.
11:52Il y a une suction de leviers.
11:53C'est un peu comme
11:54les touches d'un piano
11:55et pour jouer la mélodie,
11:57il faut appuyer
11:57sur toutes les touches.
11:58On a un premier sujet,
11:59c'est la formation des enseignants.
12:00Ça, on l'a repris entièrement.
12:02On a un deuxième sujet,
12:03ce sont les programmes
12:04qui, donc,
12:04chez présent,
12:05avec des objectifs flous,
12:05on l'a repris entièrement.
12:07Troisième sujet,
12:07c'est l'autonomie de l'établissement
12:09et la capacité à s'adapter
12:10aux besoins réels
12:11de leurs élèves.
12:12Notre système,
12:13il repose sur un équipe historique
12:14qui est...
12:15Les objectifs sont assez flous,
12:17mais l'organisation,
12:18elle est hyper rigide.
12:19C'est-à-dire que tous les collèges,
12:20c'est la même chose,
12:21les mêmes rôdeurs,
12:21les mêmes rôdeurs,
12:22les mêmes rôdeurs.
12:22Moi, ma conviction,
12:23c'est qu'il faut faire
12:23exactement l'inverse.
12:25Je veux dire,
12:25la cible d'apprentissage,
12:27elle est hyper précise,
12:28elle est intangible,
12:29elle est pour tout le monde,
12:30mais par contre,
12:31on vous donne
12:31un volume d'heures en plus,
12:33vous vous débrouillez
12:34comme vous voulez
12:34parce que vous connaissez
12:35vos élèves.
12:35Localement alors ?
12:36Localement.
12:36Plus d'autonomie
12:37du chef d'établissement ?
12:38Oui, au niveau des collèges.
12:39Oui, parce que tous les collèges
12:40ne se valent pas,
12:41tous les quartiers
12:42ne sont pas les mêmes,
12:42les élèves ne sont pas les mêmes
12:43par contre.
12:44Avec la baisse démographique,
12:46on est en capacité
12:47au cours des prochaines années
12:48d'augmenter de 50%
12:49les heures,
12:50ce qu'on appelle
12:50les heures d'autonomie,
12:51les marges d'autonomie
12:52qui sont des chefs d'établissement.
12:53Moi, ma conviction profonde,
12:54c'est qu'il faut que d'ici 4 ans
12:55on ait augmenté de 50%
12:55les marges d'autonomie
12:56et par contre
12:57avec des objectifs
12:58très concrets
12:58à mettre en face.
12:59Alors, pourquoi Bruno Ponsé
13:00et Dodeline ?
13:01Non, enfin, non.
13:03Je voulais demander au ministre
13:03si vous avez pensé
13:04à Christine Renon
13:05à la rentrée.
13:06Qui c'est Christine Renon ?
13:07Christine Renon,
13:08c'est la directrice
13:09de l'école de Pantin
13:09qui s'est suicidée
13:10l'année dernière.
13:10Il n'y a pas l'année dernière
13:12mais il y a 5 ans
13:13et c'est une femme
13:14à laquelle je pense
13:14à chaque rentrée.
13:15Parce qu'en fait,
13:16elle avait dénoncé
13:16dans sa lettre
13:17que déjà son suicide
13:19elle en mettait
13:19dans une cause professionnelle
13:21elle avait quand même
13:21dénoncé un épuisement
13:23un isolement
13:23et aussi une pression
13:24due à toutes vos réformes
13:25qui étaient pour elle
13:27qu'elle avait vécues
13:28parce qu'il y avait
13:28quasiment une réforme par an
13:30et là vous êtes en train
13:31de nous parler
13:31depuis tout à l'heure
13:32de statistiques
13:32de oui on va faire ça
13:33on va faire ça
13:34sauf qu'en fait
13:35est-ce qu'à un moment donné
13:36vous avez été un peu penché
13:37sur les besoins humains
13:38et surtout sur les besoins
13:39peut-être psychologiques
13:41de soutien
13:41que de vos dirigeants
13:43d'école
13:44qui sont en même temps
13:45des instituteurs.
13:46Moi j'entends
13:46ce que vous dites
13:47mais moi je trouve
13:48que l'éducation nationale
13:49pour moi c'est de l'humain
13:51quand j'entends parler
13:52que de chiffres
13:52que de statistiques
13:54et qu'un classement
13:54qui est très abstrait
13:55moi je suis un peu peiné
13:56en fait d'entendre ça
13:57et je pense toujours
13:58à cette dame.
13:59Moi je pense
14:01extraordinairement souvent
14:01à cette dame
14:02bien plus que vous ne pouvez
14:03l'imaginer
14:04parce qu'à l'époque
14:04j'étais déjà
14:05dans l'administration du ministère
14:08mais justement
14:10je pense qu'il faut arrêter
14:12le concours l'épine
14:13des réformes
14:14chacun y va de son idée
14:15ces derniers jours
14:16on a vu
14:16je ne sais pas quoi
14:17les gamins
14:17ils ne savent pas marcher
14:18mais il faut qu'ils aillent
14:18à l'école
14:19etc etc
14:19Vous ne croyez pas
14:21les bébés d'un an
14:22à l'école
14:25en position de Bruno Le Maire
14:46et c'est pour ça d'ailleurs
14:46que je partage en grande partie
14:48ce que vous dites
14:50on ne peut pas soumettre
14:51les professeurs
14:52à la réformité permanente
14:53et c'est pour ça
14:54qu'il faut leur donner
14:54de l'autonomie
14:54au bout d'un moment
14:55moi je fais confiance aux professeurs
14:57et c'est pour ça aussi
14:57que je vous dis au début
14:58c'est intéressant
14:59vos premières questions
15:00c'est des questions
15:00qui en fait
15:02relèvent quand même
15:02de ce qu'on appelle
15:03couramment le prof bashing
15:04et ce qu'ils bossent
15:05c'est ce qu'il y a
15:06machin avec ceci
15:07parce que je vous ai
15:08entendu dire
15:09avant tout
15:11les parents
15:12ne sont pas assez investis
15:13les réseaux sociaux
15:14les téléphones portables
15:15c'est sans doute vrai
15:16mais en tant que ministre
15:17j'avais l'impression
15:18vous vouliez à tout prix
15:18protéger vos troupes
15:19et vous ne remettiez pas
15:21en cause aussi
15:21l'institution
15:22qui est toujours
15:23un peu difficile à manger
15:24en tant que ministre
15:25d'abord je suis chef
15:26de mon institution
15:27et j'y crois en fait
15:30on y croit tous
15:32on a tous mis nos enfants
15:33attendez vous avez 800 000 personnes
15:34un local public
15:35vous avez 800 000 personnes
15:36qui ont dédié leur vie
15:37à faire progresser
15:38les enfants des autres
15:39je leur fais une confiance absolue
15:40après ça la question
15:41c'est est-ce qu'on leur donne
15:41les moyens de faire le boulot
15:42c'est les questions de formation
15:44c'est est-ce qu'on leur donne
15:45l'autonomie aussi
15:45la respiration
15:46ou est-ce qu'on leur dit
15:47clic clic clic clic
15:48je vais donner le bouton de guettre
15:48et moi je pense qu'il faut
15:49un peu desserrer les contraintes
15:51et dire écoutez voilà
15:52vous savez ce que vous avez à faire
15:53allez-y quoi
15:54oui mais en même temps
15:55vous êtes chef d'une institution
15:57et visiblement
15:57vous ne donnez pas
15:58les bons chiffres
15:58parce que ce matin
16:00les syndicats
16:01le syndicat des directeurs
16:02d'établissement
16:03faisaient une conférence
16:04de rentrée
16:04et selon ce syndicat
16:06il manque en cette rentrée
16:07au moins un enseignant
16:09dans 65% des établissements
16:11il manque au moins
16:13deux enseignants
16:13dans 40% des établissements
16:15ça n'a rien à voir
16:16avec les chiffres
16:16que vous vous avez donnés
16:17alors qui dit vrai
16:18qui dit faux ?
16:18alors ça je veux bien
16:19vous expliquer très concrètement
16:20c'est un tout petit peu long
16:21il y a deux choses différentes
16:22il y a les postes vacants
16:24c'est-à-dire les postes de professeurs
16:26qui n'ont pas été pourvus
16:26à la rentrée par exemple
16:28là cette année
16:28le 4 septembre
16:29il m'en restait 88
16:30dans le premier degré
16:31sur donc 360 000 professeurs
16:35je vous me défie
16:35de trouver une seule boîte
16:36qui a 80 000 postes vacants
16:37sur 330 000 salariés
16:38au passage
16:40et dans le second degré
16:41c'est pareil
16:42c'est du même ordre
16:42c'est quelques dizaines
16:43simplement
16:43on a une difficulté particulière
16:45c'est pas en équivalent temps plein
16:47c'est qu'en fait
16:47j'ai des petits groupes d'heures
16:48un peu partout
16:49parce que j'ai un professeur
16:50éventuellement qui a temps partiel
16:51et donc un peu partout
16:52j'ai des petits bouts
16:53de 2-3 heures
16:54qu'il faut pourvoir
16:55alors effectivement
16:56ça veut dire que les élèves
16:57pendant ce temps-là
16:57ils n'ont pas le professeur
16:59et je rejoins
17:00je n'ai pas les chiffres précis
17:01mais je rejoins ce que dit
17:02le syndicat en question
17:03quand il dit que c'est un sujet
17:05mais ça malheureusement
17:06c'est quelque chose
17:06qu'on doit régler
17:07à chaque rentrée
17:07qui serait quasiment à la main
17:09parce qu'il faut trouver
17:10comment
17:11pardon l'expression
17:12mais compléter l'horaire
17:14mettre la pièce du puzzle
17:15qui manque
17:15et la pièce c'est parfois
17:16une fois encore
17:172-3 heures de solution
17:18si mais ça prend toujours
17:19en gros ça prend toujours
17:202-3 semaines après la rentrée
17:21pour le faire
17:22le ministre de l'éducation nationale
17:23Edouard Jeffrey
17:24reste avec les GG
17:24question de Mourad Boudjellal
17:26de Laura Varton Martinez
17:27à suivre il est 11h20
17:36RMC
17:37Alain Marshall
17:38Olivier Truchot
17:39Les Grandes Gueules
17:411, 2, 3, 4
17:50Les GG, Les Grandes Gueules
17:52sur RMC
17:52avec le ministre de l'éducation nationale
17:54qui est avec nous
17:54Edouard Jeffrey
17:55nous sommes avec Bruno Poncet
17:56le cheminot
17:57Laura Varton Martinez
17:59Mourad Boudjellal
18:00l'éditeur de Bande dessinée
18:01question directe précise
18:03Laura Varton Martinez
18:04à M. Edouard Jeffrey
18:05directe précise
18:05je vais essayer
18:07évidemment je suis pour
18:08payer beaucoup plus
18:09nos professeurs
18:11moi je me souviens quand même
18:12de l'époque
18:12où le professeur
18:13dans un village
18:14c'était le notable
18:14c'était une référence
18:16moi je pars du principe
18:16et j'en suis même convaincue
18:18qu'un professeur
18:19et alors ça va peut-être
18:20faire bondir des gens
18:20mais moi un professeur
18:21payé
18:21même un professeur des écoles
18:23payé 5000 euros par mois
18:24ça ne me choquerait pas
18:25mais par contre
18:25je serais intransisante
18:26il faut trouver l'argent
18:28l'argent
18:29en fait c'est pareil
18:29c'est de l'investissement
18:31et moins investir
18:32sur mes gamins
18:33ce serait primordial
18:34donc je pense aussi
18:36qu'on pourrait avoir
18:37plus d'investissement
18:38de nos professeurs
18:38moi j'entends deux choses
18:40des professeurs
18:41que je côtoie
18:41que j'ai dans ma famille
18:42ou dans mon entourage
18:43il y a un
18:44le sentiment d'abandon
18:46des institutions
18:46c'est-à-dire que
18:48quand ils se retrouvent
18:49parfois face
18:50à des élèves compliqués
18:52à des enfants compliqués
18:53ou à des situations
18:54ça peut être sur le niveau
18:55le comportement des élèves
18:56en général le proviseur
18:57essaye d'aider
18:58et dès que ça doit passer
18:59par l'inspection
19:00par le rectorat
19:00ça devient cataclysmie
19:01il se retrouve
19:02face à un mur
19:03et ensuite
19:05j'aurais aimé
19:06votre avis
19:06là il y a une méthode
19:08qui arrive
19:09une méthode
19:10qui a fait ses preuves
19:11où en fait
19:12on apprend
19:13dès la maternelle
19:14au niveau
19:14de la moyenne section
19:16non pas les lettres
19:17aux enfants
19:18on ne s'intéresse plus
19:19au nom des lettres
19:20mais uniquement à leur son
19:21ce qui fait que les enfants
19:21peuvent d'ores et déjà
19:22se mettre à décoder
19:23ce qui fait que
19:24quand ils arrivent
19:25au CP
19:26la seule chose
19:27qu'ils ont à apprendre
19:27c'est l'association des lettres
19:29c'est-à-dire qu'un enfant
19:30en moyenne section
19:31il arrive en grande section
19:32il est capable de lire
19:33moto
19:33donc au CP
19:34il sait quasiment lire
19:35une grande partie des mots
19:37j'aurais aimé savoir
19:38si vous étiez penché
19:38sur cette idée
19:40comment elle s'appelle
19:40cette méthode
19:41pho-men
19:43je ne me souviens plus
19:44de son nom exact
19:45en fait
19:45tu n'apprends pas le M
19:47tu apprends le M
19:48le F
19:48le V
19:49le T
19:50ça ressemble à la méthode globale
19:51ça non ?
19:52parce que tu n'apprends pas
19:53la syllabe
19:54alors
19:54allez-y
19:55alors
19:57sur ce sujet là précisément
19:59pardonner comme ça
20:00mais les nouveaux programmes
20:01de maternelle
20:01justement
20:02intègrent
20:02beaucoup plus tôt
20:03la découverte
20:04dont on s'appelle
20:05les phonèmes
20:08par ailleurs
20:09à vrai dire
20:10c'est très bien de le dire
20:12mais c'est déjà
20:13ce qui est recommandé
20:15par effectivement
20:16toutes les études scientifiques
20:17c'est-à-dire que
20:17et ce qu'on peut dire
20:18d'ailleurs aux parents
20:19si vous révisez le soir
20:21chez vous
20:21si vous apprenez
20:21à vos enfants à lire
20:23au lieu de dire
20:23regarde ça c'est un quoi
20:24c'est un
20:24et votre enfant répond
20:25c'est un M
20:26il faut dire ça fait quoi
20:27il va faire M
20:28et en fait
20:29il va apprendre
20:2910 fois plus vite
20:29donc c'est des choses
20:31effectivement
20:31qui sont connues
20:32et travaillées en ce sens-là
20:35et sur le reste
20:36c'est-à-dire
20:36sur le soutien de l'institution
20:37je veux dire
20:38moi je pense que
20:38d'abord il y a une question
20:39d'institution
20:40et moi je n'arrête pas
20:41de répéter à mes cadres
20:43que
20:44par principe
20:46on soutient
20:47un professeur
20:48et qu'on ne touche pas
20:49un professeur
20:50derrière il y a aussi
20:51un sujet
20:51un peu de contrat social
20:52c'est que l'éducation
20:53c'est pas un bien de consommation
20:55l'école c'est pas un supermarché
20:56je suis désolé
20:57on se pointe pas
20:57en disant
20:58bah bah
20:58ouais non mais là en fait
20:59on reprendra après les vacances
21:00une semaine plus tard
21:01parce qu'on reste en famille
21:02on dit pas
21:03j'arriverai un peu plus tard
21:04parce que ce matin
21:05j'ai eu du mal à lever
21:05etc
21:05en fait l'école ça doit être
21:07la priorité absolue
21:08qui doit structurer
21:09l'emploi du temps
21:10et la vie en réalité
21:12de la société et de la famille
21:13et c'est plus le cas
21:14non
21:14on a perdu cette exigence
21:16le fait est qu'on voit
21:16quand même pas mal
21:17de mise en cause
21:20de violence etc
21:21vis-à-vis de l'institution
21:22et que derrière
21:24c'est une infime minorité de gens
21:25heureusement
21:26mais ça suffit à créer
21:27un climat un peu bizarre
21:29derrière si vous voulez
21:30vous avez cette idée
21:30dans le fond
21:31que bah
21:32c'est un bien de consommation
21:34comme un autre
21:35et c'est pas un bien de consommation
21:36comme un autre
21:36un professeur
21:37c'est intouchable
21:39ça se respecte
21:40ça se vénère presque
21:42c'est selon moi
21:43ce qui fait vraiment
21:44la grande différence
21:44il y avait le débat
21:45la semaine dernière
21:46entre les écoles privées
21:47et les écoles publiques
21:48non mais c'est pour alimenter ça
21:49une école privée
21:50tu respectes pas les lois de l'école
21:51et tu respectes pas le professeur
21:52l'année prochaine
21:53l'année prochaine
21:54t'as pas ta place
21:56si tu payes tu restes
21:57moi j'ai un dégétant
21:58le privé c'était ça aussi
21:58arrêtez
22:00le privé c'est bien
22:01mais si le privé c'était si bien
22:02en fait à un moment donné
22:03tout prendrait pas de l'argent de l'état
22:04et les gens mettraient de leur propre argent
22:06pour dire tiens je mets mon gain dans le privé
22:07moi je trouve que c'est ça aussi
22:08à un moment donné
22:08le privé avec contrat
22:10moi ça m'a toujours traumatisé
22:10comment vous l'expliquez
22:11le sujet du privé
22:12parce que c'est privé de racailles
22:14surtout pour certaines personnes
22:15ça m'attendait
22:16je vais te dire
22:16si tu payes tu payes
22:17là on part sur autre chose
22:18mais
22:21le privé
22:21d'abord il pèse
22:22aujourd'hui à près 20% des élèves
22:24même ça c'est la loi
22:24on peut pas faire plus
22:25ouais mais en fait
22:26ça a toujours été le cas
22:27et donc je dis ça parce que
22:28il y a un peu
22:29la légende urbaine en mode
22:30tout le monde parle en privé
22:31bah non c'est trop 20%
22:32première chose
22:33et c'est une liberté consciente
22:35c'est comme ça
22:35moi ce qui m'intéresse
22:36c'est le service public d'éducation
22:38première chose
22:38deuxième chose
22:40il y a effectivement aujourd'hui
22:41un choix qui est un choix en fait
22:43sociologique de parents
22:44qui se tourne plus vers le privé
22:46parce qu'en fait
22:47pour être clair
22:48les CSP plus aujourd'hui
22:49ont tendance à plus se tourner vers le privé
22:50c'est quelque chose
22:51qu'on connaissait pas il y a 30 ou 40 ans
22:52qu'on connait aujourd'hui
22:54qui est lié à tout un tas de facteurs
22:56des images plus ou moins
22:57enfin d'apprentations plus ou moins exactes
22:58etc
22:59Mourad a dit privé
23:00parce que privé de racaille
23:01non mais je sais pas ce que je pense
23:02non mais c'est ce que disent les parents
23:05en disant
23:05mes enfants
23:07ils seront à l'abri
23:07il y a tout un tas
23:09une fois encore
23:09de schémas mentaux
23:10qui s'additionnent
23:11mais ce qu'il y a de sûr
23:12c'est que c'est pas très sain
23:13voilà
23:13que les gens choisissent le privé
23:15ils ont le droit
23:15c'est une liberté consciente une fois encore
23:17qu'ils le choisissent par évitement
23:19c'est là qu'on a un sujet
23:20et c'est pour ça que moi je suis très
23:22enfin je travaille beaucoup
23:23sur la qualité de ces explications
23:25et nous on repose
23:26Mourad Boudjelal
23:27Alors monsieur le ministre
23:28deux questions
23:30une réflexion plutôt
23:31et une question
23:31la première c'est que vous avez parlé
23:32de la consommation des livres
23:34je ne peux que vous suivre
23:35et je veux dire que le pass lecture
23:37avait fait beaucoup de bien
23:38qu'il a été supprimé
23:39malheureusement
23:40même si les gamins achetaient des mangas
23:41c'est pas grave
23:42parce qu'il prenait
23:43il prenait connaissance
23:45de l'objet livre
23:46avec des pages
23:47avec tout ça
23:47donc c'était un premier contact
23:48qui n'existe quasiment plus aujourd'hui
23:51et la deuxième chose
23:52je suis d'accord sur ce que vous dites
23:55sur l'école
23:55mais il y a quelque chose
23:56que vous n'avez pas évoqué
23:57c'est que l'école doit aussi préparer
23:59au monde du travail
24:01de façon à faire grandir notre pays
24:02des élèves bien formés
24:06vont être une valeur ajoutée
24:08à notre société
24:10moi ce que j'ai pu constater
24:11en tant qu'employeur
24:12c'est le décalage
24:13entre l'école
24:14et le monde du travail
24:16un décalage énorme
24:17moi j'ai recruté des gens
24:18qui avaient des études
24:20que je n'ai pas fait
24:21notamment dans le commerce
24:23et je les baladais
24:25parce que j'étais dans
24:26moi dans la vie réelle
24:27je tirais à balle réelle
24:28je tirais pas à blanc
24:30il y a quelque chose
24:30qui angoisse beaucoup les parents
24:31ils voudraient faire un peu leur avocat
24:33et je trouve qu'il y a une réforme
24:34à mettre en place
24:35qui serait vraiment importante
24:37tous les parents
24:38à un moment donné
24:39se battent pour des stages
24:39en entreprise
24:40je trouve que ces stages
24:41en entreprise
24:42sont très importants
24:43et ils apportent autant que l'école
24:46je pense qu'il faut les rémunérer
24:48pour que le gamin
24:49en même temps
24:49à travers le stage
24:50se sente une responsabilité
24:51parce qu'il va gagner de l'argent
24:52donc il y en a qui sont rémunérés
24:54et d'autres non
24:54et je pense qu'il faut
24:56vraiment aujourd'hui
24:57faire une réforme
24:57pour aider les entreprises
24:59par des
25:01par des
25:01par des ristournes
25:02par des défiscalisations
25:03par des avoirs fiscaux
25:04pour que cet argent
25:06qu'ils vont donner au gamin
25:06les entreprises le récupèrent
25:08et que ça les incite
25:09je crois que tous les parents
25:10qui nous écoutent
25:11ont tous stressé à un moment donné
25:12parce qu'ils ne trouvaient pas de stage
25:13pour leurs gamins
25:14ça c'est une réalité
25:14et ça il faut vraiment
25:16le remettre en place
25:16ce lien entre
25:18les élèves
25:19et l'entreprise
25:19bien avant la sortie de l'école
25:21et il y a une vraie réforme à faire
25:23alors très vite
25:25voie professionnelle
25:25aujourd'hui c'est déjà le cas
25:26puisque maintenant
25:27les élèves sont gratifiés
25:28quand ils partent en stage
25:29voie générale et technologique
25:30on a mis en place
25:32ce stage de seconde
25:32qui est un stage de 15 jours
25:33qui n'existait pas il y a 3 ans
25:34et qui fait qu'aujourd'hui
25:35on a chaque année
25:36500 000 élèves
25:37qui partent en stage
25:37alors on n'arrive pas toujours
25:39à résoudre le problème
25:40de comment est-ce que
25:41il faut inciter les entreprises
25:44des stages de plateforme etc
25:45mais ça c'est un vrai sujet
25:46deuxième question que vous posez
25:48la première en fait
25:49la lecture
25:51juste j'alerte quand même
25:52collectivement
25:52sur ce qui est en train de se passer
25:54et Pisa de ce point de vue là
25:55est incroyablement parlant
25:57on a un effondrement
25:59de la compréhension de texte
26:00par nos élèves
26:01que ce soit à l'écrit en l'occurrence
26:03et cet effondrement
26:04il est très directement associé
26:06à l'effondrement
26:07de la pratique de la lecture
26:08ils ont mécaniquement
26:09moins de vocabulaire
26:10et ils comprennent moins les textes
26:12et c'est assez dangereux en fait
26:13parce que moi je vois
26:14des professeurs de seconde
26:15régulièrement
26:15qui me disent en fait
26:16ils ne comprennent plus l'ironie
26:18oui oui le second degré
26:19ou l'implicite
26:20oui mais vous voyez
26:23dans une enceinte comme la vôtre
26:24je trouve ça assez intéressant
26:24oui oui
26:26parce que nous on la pratique
26:26parce que l'ironie
26:28quand on la comprend pas
26:28on peut
26:28si on prend ça
26:29premier degré
26:30on peut vite reprocher
26:30ce qu'ils ont dit
26:31et on part vite
26:32dans des frustrations
26:33sur les réseaux sociaux
26:34l'ironie
26:35sur les réseaux sociaux
26:35c'est à cause de quoi alors
26:37alors très clairement
26:38effondrement de la lecture
26:39c'est lié à la progression
26:41des écrans
26:42et des réseaux sociaux
26:43et donc des images quoi en fait
26:44on consomme de l'image
26:45ils consomment de l'image
26:46ils consomment des vidéos courtes
26:48et ce qui est intéressant
26:49en PISA
26:49et c'est de démontrer vraiment
26:50mais alors de manière mécanique
26:52c'est que ce qui a traduit
26:54ce qui a mené en grande partie
26:55à l'effondrement qu'on connaît
26:57c'est le fait que les gamins
26:58aujourd'hui
26:58ont leur cerveau
27:00siphonné
27:01leur attention est siphonée
27:02par les réseaux sociaux
27:03par les réseaux sociaux
27:04c'est une arme de destruction
27:05intellectuelle massive
27:06alors qu'est-ce qu'on doit faire
27:06une liste de livres
27:07à donner
27:10une question
27:10c'est que peut-on être français
27:11aujourd'hui
27:12on parle d'identité nationale
27:14sans avoir lu Victor Hugo
27:15Émile Zola
27:16ou Molière
27:17ou Molière
27:18et Corneille
27:18bien sûr
27:18on devient français
27:20en allant à l'école
27:22alors qu'est-ce qu'on fait
27:23alors justement
27:23alors qu'est-ce qu'on fait
27:24un d'abord
27:25moi ce que je vais faire
27:26à partir des vacances de la Toussaint
27:28c'est qu'à chaque vacances
27:29je vais publier des listes de livres
27:30des recommandations de lecture
27:31pour les parents
27:31et pour les enfants
27:32d'accord
27:33de manière à ce que
27:34quel que soit le milieu social
27:35etc
27:35tout le monde puisse y avoir
27:36c'est une obligation
27:37de lire ces livres
27:38ou simplement une
27:39non à ce stade
27:40c'est pas une obligation
27:41parce que
27:42de toute façon
27:42si vous faites une obligation
27:43ils iront voir Chajipiti
27:45ils feront un résumé
27:46pour pouvoir répondre
27:46donc c'est pas la question
27:47mais en revanche
27:48il faut inciter à la lecture
27:50et à mon avis
27:51c'est vraiment indispensable
27:51et puis deuxième chose
27:52c'est que nous-mêmes
27:53à l'intérieur de l'éducation nationale
27:54il faut qu'on encourage
27:55la lecture
27:55vous voyez un truc
27:56qui s'appelle
27:56le quart d'heure lecture
27:57par exemple
27:57où tous les jours
27:58il y a plein d'écoles en France
27:59qui partent de ça
27:59où tous les jours
28:00on prend un quart d'heure
28:00pour lire en silence
28:01au moment de la cantine
28:02ou à la fin des concerts
28:03au passage
28:04les mairies qui ont des services
28:05périscolaires
28:05moi je rêve que dans tout
28:06le périscolaire
28:07on commence le périscolaire
28:08par un quart d'heure de lecture
28:09ça pose tout le monde
28:10tout le monde se concentre
28:114 jours par semaine
28:12ça fait une heure de gagnée
28:13une heure de lecture
28:14offerte à nos enfants
28:14il y a aussi le problème
28:17de l'orthographe
28:17je crois que cette semaine
28:19vous devez donner
28:19les barèmes sur l'orthographe
28:21pour le bac
28:21est-ce que désormais
28:22on va au bac
28:24sanctionner les fautes d'orthographe
28:25et comment ?
28:26alors pas que de l'orthographe
28:27c'est-à-dire
28:27c'est l'expression en général
28:28c'est le niveau d'expression
28:29tout le monde fait qu'il s'orthographe
28:29mais c'est le niveau d'expression
28:30moi qui m'intéresse
28:31si on ne sait pas faire une phrase claire
28:32c'est pas la peine
28:33et donc effectivement
28:34moi j'ai donné ça comme cap
28:35mais sans traduire ça
28:37forcément immédiatement
28:38dans un barème visible
28:39donc on m'a dit
28:39ah là là il aurait fallu faire plus tôt
28:40très bien
28:41j'ai entendu
28:42donc là
28:42début septembre
28:43donc effectivement la semaine prochaine
28:44on va publier pour chaque épreuve
28:46ce que coûte
28:47un niveau de langue insuffisant
28:49voilà
28:49comme ça tout le monde le saura
28:50et tout le monde pourra se préparer
28:52pour faire en sorte de se relire
28:53de s'exprimer correctement
28:54et une dernière question
28:55votre collègue de l'enseignement supérieur
28:56a dit qu'aujourd'hui
28:57enfin est-ce qu'il faut continuer
28:59d'avoir le bac
28:59et que c'est automatiquement
29:01passer aux études supérieures
29:02ou on peut revoir ça ?
29:04c'est un vrai débat
29:05parce qu'on voit bien
29:06qu'il y a beaucoup de jeunes
29:06qui tirent la langue
29:08dans les études supérieures
29:09moi je ne suis pas parti
29:10enfin d'abord le débat
29:11il faut qu'il ait lieu
29:12vous avez un peu deux schémas mentaux
29:13le premier schéma est-ce qu'on s'est à dire
29:14bah en fait le bac ne sert plus
29:15à entrer dans le supérieur
29:17et il faut rajouter autre chose
29:19ça s'appelle la sélection du coup derrière
29:21en tout cas ça pose un certain nombre de questions
29:24mais ça peut permettre aussi
29:25d'avoir des systèmes de passerelle
29:26où on dit
29:26j'ai une espèce d'année de propédiotique
29:28et donc je me remets le pied à l'étrier
29:29et ça me permet de faire
29:30en un an de plus
29:31ce que je n'aurais pas réussi à faire autrement
29:33donc c'est une des possibilités
29:34l'autre possibilité c'est de dire
29:37on fait en sorte que le bac
29:38fonctionne effectivement à un niveau
29:41qui garantit que l'élève
29:42est à priori en mesure d'un étude supérieur
29:43mais il faut monter le niveau du bac
29:45le niveau du bac
29:47pour être sûr que le gamin qui l'a
29:49enfin pour être sûr
29:50pour attester
29:52qu'il est vraiment en mesure de procédure d'études supérieures
29:54et après
29:55troisièmement pardon
29:55et culturellement
29:56il ne faut pas non plus
29:58que culturellement
29:59on court tous après études supérieures
30:00c'est très français ça
30:01c'est-à-dire qu'on s'imagine tous
30:02qu'il faut avoir une licence ou un master
30:03pour réussir dans la vie
30:05vous allez en Suisse
30:06en Suisse on est sur des ratios
30:07quasiment inverses par rapport
30:09à la voie professionnelle
30:10et après ils apprennent en entreprise
30:12une fois qu'ils ont l'équivalent
30:14d'un bac ou d'un BTS
30:14et donc il faut peut-être aussi
30:16qu'on sorte collectivement
30:17un peu du mirage
30:18tout le monde doit avoir un master
30:19pour un boulot
30:20et on rentre trop tard
30:21sur le marché du travail
30:21tout le monde doit être bien formé
30:23à son niveau
30:23il faut peut-être mieux payer
30:24les métiers de production
30:25les métiers techniques
30:27merci monsieur le ministre
30:28d'être passé par l'EGG
30:29et d'où est-ce que le ministre
30:29de l'éducation nationale

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