00:00Alors j'imagine que la culpabilité elle existe bien sûr, mais j'imagine aussi que, et c'est une réalité,
00:07on vous l'a dit, il faut la mettre de côté,
00:09parce qu'un enfant peut masquer, il peut masquer son cannabis, il peut masquer ce qui se passe à l
00:15'école, il peut masquer beaucoup de choses,
00:17et les parents ne peuvent pas, hélas, tout voir. Mais qui est Pénélope ? Qui est Pénélope ?
00:25Pénélope, on a adopté nos trois enfants en Asie, Pénélope est l'aîné, et j'ai envie de dire jusqu
00:32'aux 15 ans de Pénélope, nous vivions comme dans un rêve,
00:37tout était parfait, nos enfants allaient très bien, il n'y avait aucun signe de dépression ou de mal-être,
00:45même dû à leur adoption,
00:48et Pénélope c'était une jeune fille qui était très brillante, qui était plutôt douée pour l'école, qui riait,
00:55qui avait beaucoup d'amis,
00:56qui avait une vie sociale tout à fait normale, et jusqu'à ses 15 ans, jusqu'à l'entrée dans
01:03l'adolescence, nous n'avions rien remarqué de particulier.
01:09Lorsqu'elle est rentrée en seconde, elle était plutôt brillante à l'école, elle nous a demandé de faire une
01:15année de césure aux Etats-Unis,
01:17et au bout d'à peine un mois, l'organisme nous a rappelé pour la faire revenir, parce qu'ils
01:23avaient découvert dans la famille qu'elle se scarifiait,
01:27et donc on l'a fait revenir, et je dirais que c'est à partir de ce moment-là que
01:30ça a été le début de la descente aux enfers.
01:35On s'est rendu compte à ce moment-là qu'effectivement elle se scarifiait, elle avait déjà commencé un peu
01:41avant,
01:41mais elle nous cachait, puisqu'elle se scarifiait dans les plis de laine, ou à des endroits qui n'étaient
01:46pas visibles,
01:48mais c'est un problème qui était déjà présent depuis quelques mois.
01:55Et pour revenir aux vidéos, moi j'ai eu un... j'ai voulu comprendre le mécanisme de TikTok.
02:04Je me suis dit, je ne peux pas rester comme ça, on est passé à côté de ça, je veux
02:06comprendre.
02:07Et j'ai moi-même créé mon propre TikTok, et sur ce TikTok-là, j'ai tapé le mot «
02:13suicide »,
02:13et là vous avez tout de suite une protection, vous avez un message de TikTok vous disant que vous n
02:21'êtes pas tout seul,
02:21voici le numéro de SOS suicide, donc je me suis dit, ils font le job de censure, c'est plutôt
02:27très bon, très bon signe,
02:28mais en fin de compte c'était une hypocrisie totale, une hypocrisie qui continue encore aujourd'hui.
02:32Pourquoi ? Parce qu'il existait à l'époque, il existe encore un lexique caché,
02:36et pour faire venir des vidéos, par exemple du suicide, il fallait à l'époque taper le drapeau de la
02:42Suisse.
02:43Et là vous n'avez plus aucun message de censure.
02:46Et aujourd'hui c'est pareil, c'est-à-dire qu'ils ont enlevé ce drapeau-là,
02:52mais par contre vous faites volontairement une faute d'orthographe à Suisse,
02:54vous mettez un point d'interrogation à la place du « i », vous écrivez « suisse », plus loin
02:58« id »,
02:59et bien vous n'avez aucune censure.
03:00Donc TikTok est profondément conscient de la gravité des vidéos qui tournent sur son réseau,
03:08et pour autant ils ne font rien.
03:09Sous-titrage Société Radio-Canada