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  • il y a 3 jours
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00:00Les policiers manifestent contre le manque de reconnaissance et de moyens.
00:03Une grande manifestation est prévue devant de nombreux commissariats français mardi prochain,
00:08à l'appel de plusieurs syndicats.
00:11Mais les fonctionnaires ont déjà fait une action hier au commissariat nord de Marseille.
00:16Reportage de notre correspondant pour Europe 1 à Marseille, Stéphane Burkatt.
00:20Des menottes, des codes pénaux et surtout des cartes de police jetées au sol.
00:24Le malaise des policiers est profond.
00:26C'est très très fort, c'est un fort pour montrer vraiment notre désarroi.
00:29Il y a une souffrance mais ça ne date pas d'aujourd'hui ni d'hier, ça fait très longtemps.
00:33Le service qui est débordé, malheureusement les suicides, c'est souvent oublié en fait.
00:37Le manque de considération est global, dénonce le porte-parole du syndicat Unité, Edicide.
00:42Notre métier n'a jamais été aussi dangereux qu'aujourd'hui.
00:44Ça fait 10 ans que les salaires sont bloqués, on a peu ou pas d'évolution de carrière.
00:47Il y a aussi peu de fonctionnaires de police qu'il y a 20 ans.
00:49C'est-à-dire que depuis on a eu l'ultra-gauche, l'ultra-droite, le narcotrafic, la radicalisation religieuse,
00:54les atteintes aux personnes qu'on réglementait de façon exponentielle et on n'a pas d'effectifs.
00:57Les résultats, des fonctionnaires quittent les rangs de la police, témoigne Arnaud Blaise.
01:01C'est des gens qui veulent finalement quitter la police nationale, qui vont se rapprocher des polices municipales.
01:05Pour une des raisons simples, c'est qu'ils sont mieux payés que nous.
01:08Et évidemment, le matériel, ils ont des fois des plus jolies voitures, des meilleurs gelées pare-balles.
01:12On va parler armement, ils ont des glocks pour la plupart,
01:14que nous on est encore avec des six-hours qui auraient dû être réformés depuis 2022.
01:17Et ces policiers annoncent des manifestations massives devant de nombreux commissariats français mardi prochain.
01:23Marseille, Stéphane Burgatte, Europe 1.
01:25Et là, on a besoin de comprendre le malaise des policiers à Axel Ronde.
01:28Enfin, quoi que comprendre, c'est peut-être pas forcément le bon mot,
01:32parce que je pense que les Français ont conscience de la difficulté du métier de policier aujourd'hui.
01:36Oui, bien sûr.
01:37Pour ne pas dire la vocation, parce que c'est pas qu'un métier.
01:41Mais force est de constater que vous êtes bien seul désormais.
01:44Vous manquez tout de bras, de soutien également,
01:48quand on voit les critiques qui peuvent être émises contre les policiers,
01:52que ça soit des critiques politiques, mais également médiatiques.
01:55Axel Ronde, vous allez manifester la semaine prochaine ?
01:57Oui, bien sûr.
01:58Le 15, rond-point au niveau de Champs-Élysées,
02:04vers la station Franklin Roosevelt.
02:07Il va y avoir une grande manifestation en 11h30,
02:09à l'appel d'Alliance, et la CFTC Police aussi y participera.
02:14Oui, on est en colère.
02:16On est en colère parce qu'au final, ça fait des années que les policiers,
02:20on tire sur la corde, si vous voulez.
02:22On a besoin des policiers en permanence pour faire tout dans ce pays.
02:26Dès qu'il y a le moindre événement,
02:27on mobilise des centaines, voire des milliers de fonctionnaires de police.
02:31On nous demande de monter en compétence de plus en plus.
02:35Normalement, quand vous montez en compétence,
02:36vous touchez de l'argent, là, nous, on ne touche absolument rien.
02:41On nous demande toujours plus, avec toujours moins.
02:44Et là, ce qui se passe, c'est qu'avec la crise qu'il y a actuellement,
02:47par exemple sur l'énergie,
02:49les policiers, vous savez, sont obligés d'habiter de plus en plus loin
02:53des lieux où ils travaillent,
02:54pour éviter, pour protéger déjà leur famille,
02:58et pour éviter d'être reconnus par les délinquants.
02:59Ça veut dire que les policiers sont obligés de prendre la voiture
03:01parce qu'ils sont en horaire décalé,
03:03donc on se retrouve avec des pleins d'essence qui ont explosé,
03:06mais pour tous les Français.
03:07Mais nous, encore plus, puisque nous devons prendre nos véhicules
03:10et nous n'avons absolument aucune contrepartie, par exemple.
03:13Donc, oui, on demande que la prime de risque augmente dans notre pays
03:16parce que la prime de risque, depuis 20 ans, n'a pas augmenté.
03:19Pourtant, la délinquance a été multipliée par 10, voire par 100, peut-être.
03:23Vous voyez quasiment tous les jours dans vos éditions des drames,
03:28et à chaque fois, les policiers sont derrière.
03:30Je rappelle qu'il y a 20 policiers qui sont blessés dans leur chair
03:32chaque jour dans notre pays.
03:33C'est des chiffres qui ne font qu'augmenter.
03:35Et au final, on nous demande toujours plus,
03:38avec toujours moins de moyens et surtout avec pas d'argent.
03:42La réalité, c'est qu'on demande une augmentation de cette prime
03:45parce qu'on a vu qu'on était capable d'augmenter les commissaires.
03:48Ce sont nos tiers archi.
03:50Très bien, ils ont pu avoir une augmentation entre 5,50 et 1 300 euros.
03:54Et nous, rien du tout.
03:55À un moment donné, ce n'est pas possible de continuer dans cette situation-là.
04:00Au-delà de l'aspect financier, Axel Ronde,
04:03vous avez pu vous entretenir au début du mois de septembre
04:06avec le ministre de l'Intérieur, Laurent Nouniez.
04:09Il y a eu une grande réunion en place Beauvau,
04:11l'intersyndicale et le ministre de l'Intérieur.
04:15Et au-delà des moyens financiers,
04:18j'avais aussi la sensation que c'était un manque de moyens moraux.
04:22C'est-à-dire qu'il n'y avait pas de soutien.
04:24Je ne parle pas de Laurent Nouniez qui a toujours soutenu la police.
04:27Pour le coup, il y a bien des sujets sur lesquels
04:30Laurent Nouniez est critiquée et critiquable,
04:33mais pas sur son soutien pour les forces de l'ordre.
04:36En revanche, on a à la tête du pays
04:40un président qui avait, entre guillemets,
04:43lâché les policiers au moment de l'affaire Naël.
04:46C'est comme ça que ça a été ressenti.
04:48Et c'est peut-être un divorce qui est acté
04:50entre le président de la République et les policiers.
04:53En tout cas, on voit que le président ne comprend pas ses policiers.
04:56Puisque accuser tout de suite les policiers
04:58alors même qu'il n'y a pas eu d'enquête,
05:02finie, bouclée, qu'il n'y a pas eu des réquisitions,
05:06tout de suite, le président a appelé,
05:09en tous les cas, eu des mots extrêmement durs
05:11envers ses fonctionnaires de police.
05:13Voilà, il n'était pas obligé de les dire.
05:15Il les a dit.
05:16C'est vrai que pour nous, ça nous a fait très très mal.
05:19C'est quelque chose qui nous a profondément blessés.
05:23Et aujourd'hui, oui, on sait très bien
05:25que ce n'est pas Laurent Nunez qui a les clés
05:27au final de la solution.
05:29Parce que c'est de l'argent qu'on réclame aussi.
05:32Et ça, c'est vraiment quelque chose
05:33qui est très important sur ce mouvement-là.
05:35Au-delà des considérations,
05:37parce que malheureusement, les considérations,
05:39on les a quand même parce qu'on voit
05:41que le public nous aime,
05:42que les Français aiment leur police, au final.
05:44La grande majorité.
05:46Donc déjà, ça, ça nous fait chaud au cœur.
05:48Mais au-delà de ça...
05:49Mais c'est une question de moyens financiers désormais.
05:50C'est vraiment ça.
05:51C'est ça qui nous touche,
05:53enfin qui nous frappe réellement.
05:55C'est qu'on a des pertes de salaire énormes.
05:57Sébastien Ligné et Alexandre Débéquieu sont avec nous.
05:59Sébastien Ligné, il y a une image qui m'a marqué.
06:01Et c'est peut-être l'image de cette rentrée.
06:03C'est ces policiers qui ont jeté leur menotte à terre
06:05devant le commissariat.
06:06C'était un commissariat parisien.
06:07Et c'est ce qui s'est passé également hier à Marseille.
06:09Mais bien sûr, mais c'est terrible.
06:11Et ce qui est encore plus terrible,
06:13c'est la fracture entre, en effet,
06:15l'opinion publique qui soutient majoritairement
06:18les policiers depuis toujours, d'ailleurs,
06:20et d'une certaine manière,
06:22le petit bruit médiatico-politique
06:24qui est en train de monter.
06:25Et ce petit bruit-là,
06:26il jette de plus en plus le discrédit
06:28sur toute la fonction policière.
06:29Si on regarde l'affaire de Carcassonne,
06:31en effet, il y a un dérapage honteux,
06:35raciste d'un individu.
06:36Mais on voit bien que derrière,
06:38médiatiquement, politiquement,
06:39vous avez des personnes
06:40qui tentent de jeter le discrédit
06:41sur l'ensemble des forces policières.
06:43De la même manière, pardon,
06:44en effet, on parle du président de la République,
06:46on peut aussi parler du fait
06:47que le premier parti de gauche
06:49dans ce pays aujourd'hui,
06:50en termes de siège à l'Assemblée,
06:51qui est aux portes du second tour,
06:54est un mouvement qui revendique
06:55des discours anti-police,
06:57qui revendique de dire que la police tue,
06:59que la police est raciste,
07:01et qui, dans certaines municipalités,
07:03a essayé, ou en tout cas a avancé l'idée,
07:05de désarmer les policiers municipaux.
07:07Donc, on voit bien que, en effet,
07:09même si dans la base,
07:10les Français soutiennent les policiers,
07:12il y a un petit bruit de discrédit
07:15généralisé autour des policiers,
07:17qui, j'imagine, d'un point de vue moral,
07:18doit aussi toucher les forces de l'ordre.
07:2011h28 sur Europe 1,
07:22on revient dans quelques instants
07:24pour la suite d'Eliott de Valais-Bou
07:25jusqu'à 13h.
07:26Vous avez parlé, abordé le cas de Carcassonne,
07:29avec ce policier municipal
07:30qui avait tenu des propos insupportables,
07:33ignobles, c'est la formule
07:34prononcée par Jordan Bardella.
07:37Mais force est de constater
07:38qu'on a un monde médiatique,
07:40un monde politique,
07:41qui a déjà accusé quasiment
07:43l'ensemble de la classe politière,
07:44et également de la classe politique.
07:45On en revient dans un instant,
07:46puisque le problème serait
07:47le Rassemblement National.
07:49Et vous allez entendre
07:50un grand journaliste en parler,
07:53c'était hier chez nos confrères de BFM.
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