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  • il y a 4 minutes
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Transcription
00:00Je voudrais quand même donner la parole au général Bruno Kézak, qui est avec nous.
00:05Colonel, pardonnez-moi, Colonel.
00:07Merci d'être en direct avec nous, Colonel.
00:09Bruno Kézak, ancien commandant d'unité de gendarmerie mobile.
00:14Et c'est vrai que l'image du week-end, c'est l'image de ce gendarme
00:17qui est visé par une bombe artisanale ou une bombe incendiaire, grenade incendiaire,
00:24et qui finalement sera légèrement blessé.
00:28C'est miraculeux d'ailleurs.
00:30Mais cette image, elle fait d'ailleurs le tour du monde.
00:34Colonel, comment vous décodez ce qui s'est passé hier ?
00:37Moi je dis depuis ce matin, avant c'était les pavés, hier c'était les pavés,
00:40et aujourd'hui c'est les pavés et les cocktails Molotov.
00:43Allez, on passe un cran.
00:45Alors les cocktails Molotov, d'abord merci pour votre invitation.
00:49Les cocktails Molotov, c'est malheureusement un engin auquel les gendarmes mobiles
00:55comme les compagnies républicaines de sécurité sont accoutumés.
00:58En revanche, hier, les images montrent que ça n'est pas un cocktail Molotov manifestement
01:03qui a été lancé contre l'escadron qui était en barrage d'un réflexe fermé.
01:08C'est un engin explosif incendiaire qui a d'abord percuté un bouclier avant de tomber
01:14et d'avoir un effet retardé d'une seconde et demie avant de lâcher un effet incendiaire
01:19sur une ligne assez importante.
01:21Donc on n'a pas un seul gendarme qui a été touché, on a six gendarmes qui ont été brûlés
01:25dans cette unité.
01:26Sans parler de la suite de l'agression, puisqu'on constate qu'il y a une série d'escarbilles
01:32qui sont dirigées vers le barrage, ce qui démontre que manifestement,
01:38dans la foulée du lancé de cet engin incendiaire,
01:40il y a eu aussi l'usage d'un engin pyrotechnique dont la nature reste à définir.
01:45Et ça, c'est le travail de l'enquête qui est certainement mené par la police judiciaire parisienne.
01:50Alors c'est intéressant et merci de préciser cela pour les auditeurs d'Europe 1 et même pour nous
01:56parce que moi, ce matin, j'ai pu parler de cocktail Molotov.
01:59Mais ce n'est pas un cocktail Molotov, donc c'est un engin explosif incendiaire.
02:05Face à cela, et c'est intéressant, les mots ont un sens, et même les mots juridiques,
02:09que j'ai entendu judiciaire, j'ai entendu le ministre de l'Intérieur parler de tentatives de meurtre.
02:14Vous avez, face à vous, des criminels, colonel ?
02:17Là, je pars sous le contrôle de M. Fenech, qui est avec vous dans l'émission.
02:23Lorsqu'on vient à une manifestation avec ce type d'engin explosif,
02:27ça veut dire qu'on l'a, d'une part, soit préparé, soit acquis,
02:31deuxièmement, qu'on l'a emporté,
02:34et troisièmement, qu'on l'utilise à des fins totalement déterminées.
02:39De même que les engins pyrotechniques.
02:41Donc, il me semble qu'il est difficile, dans ce cas particulier,
02:45d'écarter aussi toute préméditation de l'agression de nos camarades de l'escadron
02:50de gendarme Elmobile, qui étaient en barrage,
02:53qui, d'après mes dernières informations,
02:55comptent 14 blessés dans ses rangs suite à cette agression.
02:58Je confirme votre analyse.
02:59Il s'agit bien d'une tentative d'homicide volontaire avec préméditation.
03:05Donc, ça s'appelle un assassinat.
03:07– Colonel, qu'est-ce qu'il faudrait faire pour rétablir l'ordre ?
03:13C'est-à-dire qu'on est en train de s'habituer à la violence.
03:16J'ai même entendu le président de la République, cette semaine, dire
03:19« Le 24, c'était un modèle. »
03:22Même si on devait se satisfaire de voir les villes barricadées,
03:25les 70 000 policiers et gendarmes mobilisés.
03:31– Je vais essayer de faire une réponse très rapide à votre question
03:34parce qu'en fait, elle puise ses sources dans l'histoire du maintien de l'ordre.
03:39Le maintien de l'ordre a toujours connu des moments paroxystiques.
03:43Moi, j'ai le sourire tout au début de ma carrière
03:45de maintien de l'ordre extrêmement violent
03:47lors du démantèlement de la sidérurgie en Lorraine, par exemple,
03:50ou lors de chantiers de construction de centrales nucléaires
03:54comme Crémanville.
03:56Donc la violence au maintien de l'ordre, elle a toujours existé.
03:59Elle est cyclique.
04:00Là, il est un fait que depuis une quinzaine d'années,
04:03on observe un durcissement considérable de la violence au maintien de l'ordre.
04:10Et ce durcissement est exacerbé à la fois par les tensions
04:14qui règnent dans la société et qui n'échappent à personne.
04:17Deuxièmement, par le fait que les moyens de mobilisation
04:20dont disposent aujourd'hui, non pas les manifestants,
04:23que je distingue bien des autres,
04:25qui sont soit des émeutiers, soit des factieux
04:28qui viennent s'en prendre aux forces de l'ordre.
04:30Ces gens-là disposent aujourd'hui de capacités de mobilisation
04:33par l'utilisation de la téléphonie portable et des réseaux sociaux
04:36qu'on ne connaissait pas auparavant.
04:38Et enfin, le troisième point, c'est que alors que la violence
04:42se développe de plus en plus à l'égard des forces de sécurité,
04:45et je suis désolé de le dire,
04:46on a parfois des décisions politiques qui, dans le même sens,
04:49dans l'autre sens, ont soustrait ou ont retiré aux forces de maintien de l'ordre
04:53des moyens de défense intermédiaire
04:55qui leur permettaient de répondre à la doctrine de maintien de l'ordre
04:58qui est celui de la distance entre les forces et les acteurs des troubles.
05:04– Colonel Bruno Cézac, merci pour ces précisions,
05:07c'était passionnant de vous entendre.
05:08Je ne sais pas si vous êtes parisien ou dans la région Île-de-France,
05:12mais pour les prochaines mobilisations, je serai ravi de pouvoir échanger avec vous
05:16dans le studio d'Europe 1 ou sur un plateau de télévision.
05:20– Je suis intervenu chez un de vos confrères Thomas Bonnet hier soir.
05:24– Thomas Bonnet ? Je ne sais pas qui est Thomas Bonnet,
05:27vraiment je ne sais pas, mais qui est cet homme ?
05:30Thomas Bonnet vous me dites ?
05:31– Je vais vous envoyer une claque sur d'écran.
05:33– Bon, écoutez, formidable,
05:35et au plaisir de pouvoir échanger avec vous dans le studio d'Europe 1
05:38ou sur un plateau de télévision,
05:40et on embrasse chaleureusement mon ami et confrère Thomas Bonnet
05:45qu'on peut entendre régulièrement sur Europe 1,
05:48qu'on peut voir également sur CNews,
05:50journaliste politique et formidable confrère.
05:54Merci beaucoup Bruno Cézac pour ces précisions.

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