00:00On va aller du côté de votre ancien favori, à Port-Marlis. Il a fait sa rentrée aussi, Éric Zemmour,
00:06avec Sarah Knafo.
00:07On va retrouver Samy Sfaxi. Bonsoir, Samy. Lui aussi, il est revenu à ses fondamentaux, Éric Zemmour.
00:15Oui, Julie, et je peux vous dire en tout cas qu'Éric Zemmour a commencé d'abord son discours en
00:19s'en prenant aux journalistes, aux éditorialistes et aux médias.
00:23Et il est même allé sur ces thèmes, bien sûr, identitaires en lâchant ce mot, en faisant référence presque à
00:30l'AFD en parlant de remigration.
00:32C'était dans son discours tout à l'heure, il y a quelques minutes. En tout cas, ce qui est
00:37sûr, c'est qu'Éric Zemmour entend bien se différencier du Rassemblement national,
00:42notamment sur ses thématiques, sur ces thèmes libéraux. Il a en tout cas copieusement hué, lui et ses fidèles, le
00:50Rassemblement national et les Républicains.
00:52Et je peux vous dire également qu'il y a eu une action dans la salle du collectif Nous Vivrons
00:57contre Sarah Knafow pour dénoncer justement ces liens entre Sarah Knafow et l'AFD.
01:02Vous savez, ce parti de l'ultra-droite allemande aux côtés desquels elle siège.
01:07Merci beaucoup, Samy Sfaxi. Quels sont vos liens, Stanislas Rigaud, avec Éric Zemmour ? Est-ce que vous le soutenez
01:16toujours ?
01:16Ils sont très bons. Il se trouve que je ne fais plus de politique partisane, donc je regarde toujours ce
01:21qu'il fait avec attention.
01:21Je m'entends toujours... Là, on parlait de Marine Le Pen, on parlait de Jordan Bardella, donc vous voyez, j
01:26'essaierai d'avoir une cohérence globale.
01:27Mais j'ai toujours de très bonnes relations avec, évidemment.
01:29Le grand remplacement est en route, dit-il.
01:31Je m'inquiète deux ondes sur un point. Il y a quelque chose qui m'a toujours beaucoup surpris.
01:35C'est d'arriver à traiter Éric Zemmour et Sarah Knafow d'antisémites, étant eux-mêmes de confession juive.
01:40Ça m'a toujours perturbé, en tout cas un peu surpris.
01:42Et le grand remplacement, ce n'est pas une théorie raciste ?
01:47Écoutez, je crois qu'il y a des dizaines et des dizaines et des dizaines d'études d'aujourd'hui
01:50qui prouvent qu'il y a une submersion migratoire dans ce pays.
01:53Ah bon ?
01:53Oui, oui, il y a des études et il y a des chiffres qui viennent du ministère de l'Intérieur.
01:58500 000 entrées légales par an depuis maintenant une dizaine d'années.
02:00Ah, ce n'est pas vrai ça, 500 000 entrées légales par an ?
02:03Et combien de sorties et combien d'études dans ce chiffre-là vous brandissez systématiquement ?
02:06D'ailleurs, on peut parler des clandestins.
02:087 fois moins du coup.
02:10Comment vous faites pour les compter des clandestins ?
02:11Ça s'appelle les estimations.
02:13Certains, comme M. Stéphanini, on confond deux personnes, mais qui ne font pas la même chose.
02:20M. Stéphanini, il me semble, disait qu'il y avait entre 600 et 1 million de clandestins en France.
02:25Donc, vous voyez, ces chiffres-là, ils sont conséquents.
02:28Maintenant, derrière, on peut faire un débat étymologique sur l'expression qu'on doit employer.
02:31Jean-Luc Mélenchon, qui est un adversaire, je crois, coriace de beaucoup de personnes autour de ce plateau,
02:36ne va pas dire la même chose, puisque lui n'appelle pas ça le grand placement, il appelle ça la
02:40créolisation.
02:40Vous voyez, il y a deux pôles qui disent la même chose, qui est un constat,
02:44c'est qu'il y a un changement démographique dans ce pays.
02:46On peut l'approuver comme Jean-Luc Mélenchon, on peut le réfuter,
02:48comme c'est le cas du camp national qui veut se battre contre pour justement préserver un pays avec son
02:53identité.
02:54Thierry Arnaud.
02:55Oui, ce n'est pas étonnant qu'Éric Zemmour crie très fort dans cette campagne.
02:58Rappelez-vous, là où on était il y a cinq ans, il est monté jusqu'à 18-19% dans
03:02les sondages.
03:03Finalement, au premier tour de la présidentielle, il fait 7%.
03:05Aujourd'hui, il est donné quelque part entre 3 et 4% des intentions de vote.
03:10Donc, on est encore loin du premier tour, évidemment.
03:12Mais il aborde cette campagne de 2027 dans des conditions qui lui sont beaucoup plus défavorables,
03:19qui sont beaucoup plus difficiles pour lui, avec un espace politique qui est beaucoup plus restain.
03:23Donc, que fait-il assez logiquement, quoi qu'on pense de ses positions sur le front ?
03:27Il joue des codes, il attaque, et il attaque notamment le Front National, le Rassemblement National.
03:31Pourquoi ? Parce qu'il pense que c'est là que se trouve le réservoir de voix qui va lui
03:35permettre de remonter la pente.
03:37Il faut enclencher, dit-il également, la remigration.
03:39Tous ces termes-là vous choquent, Laurence Rossignol ?
03:41Bien sûr, parce que c'est les termes de l'extrême droite, et même de l'extrême droite néo-nazie,
03:46qui aujourd'hui fait sa percée en Allemagne, dans un land allemand.
03:51Oui, oui, l'extrême droite néo-nazie, il faut le dire, il ne s'en cache pas eux-mêmes.
03:53Je ne vois pas pourquoi nous, on n'en fait pas.
03:54Ah oui, Zemmour est néo-nazie.
03:55Alors, on commence, je recommence ma phrase.
03:58Allez, on commence.
03:58C'est pas sérieux, ça, madame.
03:59Je recommence ma phrase.
04:01Il est proche, et ce sont les mêmes mots que ceux de l'extrême droite néo-nazie.
04:06À quel moment, dans cette phrase, j'ai dit qu'il l'était ? Non.
04:08Donc, je dis simplement que ses amis, ses références, ses convergences, au plan européen, sont chez les néo-nazis.
04:15La question de la re-migration est un terme qui, en lui-même, signifie qu'on va exclure, expulser.
04:23En fait, il y a une idée de purifier le pays.
04:25Et je ne suis pas d'accord avec cette idée de purifier.
04:28Je ne pense pas que ce pays soit rendu toxique.
04:32Je ne pense pas que ce pays soit malade et ait besoin d'être purifié des personnes d'origine étrangère
04:37qui y vivent.
04:38Et puis, par ailleurs, tous ces gens sont, par ailleurs, des grands libéraux,
04:41dès qu'on va sur les questions économiques et sociales.
04:44Je ne les entends jamais dire qu'ils sont favorables à davantage de contrôle sur le travail au noir.
04:50Je ne les entends jamais dire quoi que ce soit.
04:52Parce que, en fait, leur problème, et ça s'est vu dans la réunion du MEDEF,
04:57qui avait été organisée par le MEDEF.
04:58Quand l'extrême droite explique aux entrepreneurs qu'il n'y aura plus d'immigrés s'ils arrivent au pouvoir,
05:05les entrepreneurs tremblent de peur.
05:08Quand Raphaël Guzman dit que, lui, il veut régulariser les gens qui ont un travail,
05:12qui sont installés en France et qui ont des contrats de travail,
05:17les employeurs applaudissent parce qu'ils en ont besoin.
05:20Donc, c'est insensé sur le plan économique, incohérent sur le plan social,
05:25et toxique et extrêmement dangereux sur le plan moral et politique.
05:29Quel est votre positionnement à vous ?
05:30Vous êtes de l'UDR, allié du RN, sur ces questions-là.
05:35Est-ce que vous êtes d'accord avec un Éric Zemmour qui dit, en l'occurrence,
05:38il faut enclencher la ré-migration ?
05:40Le grand emplacement est en route, dit-il.
05:42Moi, je ne parlerai pas de ré-migration.
05:43En revanche, expulser les délinquants et les criminels étrangers,
05:47je pense que, oui, ça, c'est une mesure de bon sens sur laquelle s'accorde,
05:50la dernière enquête d'opinion, c'était entre 75 et 80 % des Français.
05:53Ce qu'on appelle la double peine.
05:56Deuxièmement, est-ce qu'il y a trop d'immigration en France ?
05:59Là, je pense, comme 8 Français sur 10, 80 % des Français qui disent
06:02qu'il y a trop d'immigration en France.
06:04500 000 entrées légales chaque année, c'est beaucoup trop.
06:07Moi, je vous ai dit tout à l'heure du Tarn, la grosse ville à côté de chez nous,
06:10c'est Toulouse.
06:10C'est l'équivalent de Toulouse qui arrive chaque année sur le territoire national.
06:13Est-ce que vous êtes pour ou contre ?
06:14On va faire la même question que vous, madame.
06:15Je pense que les Français répondent raisonnablement, non, ils ne sont pas pour ça.
06:19Et sur la question du coût de l'immigration, on parlait des questions budgétaires tout à l'heure,
06:23le rapport de Contribuables Associés nous dit que c'est 50 milliards d'économies
06:28qu'on peut faire sur le coût de l'immigration chaque année.
06:30Faisons-le et il n'y aura pas…
06:31C'est faux, dit Jadzab à mes côtés.
06:33On ne sera pas obligé de taxer comme veulent faire les élus de chiffres, l'épargne salariale.
06:37On ne sera pas obligé de taxer le travail des Français.
06:38L'immigration rapporte autant qu'un écoute.
06:40Pardon, juste, le grand rassemblement…
06:43Oui, le grand rassemblement national.
06:45Le grand remplacement est une thèse raciste et xénophobe
06:49qui sous-entend que le changement de population serait orchestré,
06:53voulu par des élites qui voudraient changer la nature,
06:56entre guillemets, pardonnez-moi l'expression.
06:58Donc nous, nous nous inscrivons en faux contre cette idée
07:02qui est une idée raciste que M. Zemmour et ses alliés de l'AFD
07:05emploient à longueur de journée.
07:07Ensuite, que les Françaises et les Français se posent la question de l'immigration.
07:10Que dans certains endroits en France, on se dit
07:12mais l'immigration me questionne, m'interroge.
07:15Ça, c'est un sujet et il faut répondre de manière apaisée aux problématiques.
07:18Nous, avec Gabriel Attal, on dit, et c'est une ambition qu'on porte,
07:20on veut accueillir moins pour accueillir mieux.
07:23Parce qu'en effet, quand ça a été dit, comme ça a été dit à l'instant,
07:25il y a des secteurs économiques qui ont besoin de mesures.
07:29Donc nous, ce que nous disons, c'est que nous allons faire voter par le Parlement
07:33des quotas, tous les deux ans, en fonction des besoins de la société.
07:36Et ce sont les secteurs économiques qui vont nous dire
07:38dans tel domaine nous avons besoin.
07:40Vous avez accueilli deux fois plus que son François Hollande,
07:41qui n'était quand même pas le président du Parlement européen.
07:45On votait contre le pacte asile-immigration.
07:47Pardon de le dire, parce que vous avez aussi un bilan.
07:49On votait contre ce pacte asile-immigration
07:51qui prévoit le renforcement de Frontex,
07:53qui prévoit le renforcement des retours aux frontières
07:55pour les personnes en situation irrégulière.
07:57Nous, nous avons avancé.
07:59Nous disons qu'il faut qu'on aille plus loin.
08:00Mais pardon de dire que ce n'est pas en agitant les peurs
08:02qu'on traitera cette question.
08:04Les frontières et l'immigration, c'est l'un des quatre chantiers capitaux
08:07de Gabriel Attal.
08:08Donc je ne suis pas en train de vous dire qu'il ne faut pas en parler.
08:10Évidemment qu'il faut en parler.
08:11Mais faisons-le en ne confondant pas
08:13des binationaux et des personnes en situation irrégulière.
08:16Ne mélangeons pas immigration légale et immigration illégale.
08:19Et parlons de ces sujets-là de manière apaisée
08:21parce qu'encore une fois, quand vous jetez dans le débat
08:23des termes comme ce qu'on voit dans le bandeau,
08:26ça ne fait qu'attiser les peurs, les haines, la xénophobie.
08:28Et je le redis, Marine Le Pen, mettons Éric Zemmour avec elle,
08:31est le meilleur allié de M. Mélenchon.
08:34Les deux sont les deux revers de la même médaille.
08:36Ils se font monter l'un l'autre et c'est particulier.
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