Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 21 minutes
Lundi 14 septembre 2026, retrouvez John Plassard (Associé et responsable de la stratégie d'investissement, Banque Cité Gestion) dans SMART BOURSE, une émission présentée par Pauline Gratelle.

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:01Générique
00:07...
00:07Bienvenue dans Smart Bourse, votre émission quotidienne consacrée à l'écoute des marchés chaque jour.
00:13Vous nous suivez en direct à la télévision à 12h30 et à 17h30.
00:17Vous pouvez nous retrouver en replay sur notre site bismart.fr
00:21et nous écouter en podcast sur l'ensemble de vos plateformes d'écoute préférées.
00:25Au sommaire de cette édition ce midi, faut-il ralentir le développement de l'intelligence artificielle ?
00:33C'est la question du jour et celle que tout le monde se pose.
00:37Les dirigeants d'Enthropic, d'OpenAI et de XAI appellent à ralentir l'avancée de l'IA
00:41remettant en question les investissements massifs dans le secteur technologique.
00:47C'est un coup de frein choc pour ce secteur.
00:50Tout a commencé avec le patron d'Enthropic qui a appelé à ralentir d'urgence le développement de l'IA
00:57face au risque de sécurité
00:58entraînant une nette chute des valeurs boursières comme SC Microelectronics, Schneider Electric ou encore Legrand en France
01:06qui cèdent tous 5%.
01:08Cette alerte sans précédent heurte de plein fouet Wall Street et l'administration Trump
01:14soucieuse de préserver l'avance technologique américaine face à la Chine.
01:19entre appel à réguler la course au modèle avancé et crainte d'un frein économique.
01:24La gouvernance de l'IA devient un enjeu géopolitique et financier majeur.
01:29Discussion évidemment à suivre dans un instant avec notre invité sur ce plateau.
01:34Et puis justement en parlant de géopolitique, un point de situation au Moyen-Orient s'impose.
01:39Le baril de Brent se dirige vers les 110 dollars.
01:42Alors on parle, le baril de Brent se traite à environ 108 dollars et progresse encore de plus de 3
01:49% ce matin.
01:50Un baril de Brent pour rappel qui a gagné 10% la semaine dernière, 20% sur un mois.
01:57Donc un baril de Brent qui est globalement toujours en hausse et qui se maintient au-delà de ce seuil
02:04psychologique de 100 dollars.
02:06Aujourd'hui, deux nouveaux signaux de tensions dans le Golfe.
02:10D'abord le report des discussions entre Téhéran et ses voisins sur le détroit d'Hormuz.
02:15Et en parallèle, la fermeture d'un oléoduc en Arabie saoudite.
02:20Une situation qui pèse évidemment toujours sur les marchés obligataires.
02:25Les rendements en Europe continuent de se tendre.
02:28Le rendement allemand à 10 ans est au plus haut depuis des années, au-delà de 3,50%.
02:34Tous les autres rendements en Europe progressent également.
02:38Et puis le spread franco-allemand se tend à plus de 95 points de base ce matin avec un rendement
02:44français à 10 ans à 4,50%.
02:47Côté américain, le rendement à 10 ans avait atteint les 5% la semaine dernière et se maintient légèrement sous
02:55ce seuil.
02:55Aujourd'hui, un mot du dollar qui progresse ce matin, amenant l'euro-dollar autour de 1,1540.
03:02Discussions à suivre là aussi avec notre invité.
03:05Et puis c'est la rentrée des banques centrales.
03:08Dans ce contexte, on attend de nombreuses décisions monétaires de banques centrales.
03:12On a pris connaissance la semaine dernière de la décision monétaire de la banque centrale européenne
03:16qui avait relevé ses taux de 25 points de base.
03:19Et puis on attend la Fed mercredi.
03:21La Fed qui devrait monter ses taux logiquement puisque le marché price aujourd'hui à 90%, une hausse des taux
03:30ce mercredi.
03:31La dernière fois que la Réserve fédérale avait monté ses taux, c'était en 2023, le 26 juillet 2023.
03:37Ça fait donc trois ans qu'elle n'a pas monté ses taux.
03:40Donc réponse mercredi.
03:42Et puis au-delà de la Fed, on attend la Banque d'Angleterre, la Banque du Japon, la Banque nationale
03:48suisse et même la Banque du Brésil.
04:01Un invité avec nous tous les midis pour décrypter les enjeux de la séance en cours, les enjeux à la
04:06mi-journée.
04:07Et puis pour parler un peu de ce qu'on va regarder cette semaine, John Plassard, associé responsable de la
04:12stratégie d'investissement pour la Banque cité gestion.
04:15Bonjour John.
04:17Bonjour Pauline.
04:18Alors John, bienvenue dans un monde où les dirigeants d'Enthropic, d'OpenAI et de XAI appellent à ralentir l
04:26'avancée de l'intelligence artificielle
04:27et remettent en question les investissements massifs du secteur technologique aujourd'hui, John.
04:35Oui, alors je pense que le facteur déclencheur, c'est vraiment Jacob Coxon.
04:40Tout le monde en a parlé alors qu'il était presque inconnu avant la semaine passée.
04:46On rappelle, c'était un ancien chercheur d'OpenAI et d'Enthropic qui a accusé, c'est le terme à
04:53utiliser,
04:54les deux groupes de courir vers des systèmes auto-améliorants sans garde-fou suffisants.
05:01Qu'est-ce que ça veut dire ? Auto-améliorants, c'est-à-dire que c'est l'intelligence générative,
05:06l'intelligence artificielle générative,
05:08en fait qui se nourrit non pas de la big data mais de ces données et anticipe d'une certaine
05:14manière le futur,
05:16un peu comme ceux qui ont regardé les films du Terminator où c'est les robots qui prennent le pouvoir.
05:23Donc il fallait répondre à ça. On savait que certains dirigeants avaient déjà averti sur le fait qu'il fallait
05:30faire attention.
05:31Pourquoi ? Parce qu'on avait certains modes d'entropie et certains d'OpenAI qui avaient été attaqués par leur
05:41propre intelligence artificielle.
05:44C'est-à-dire qu'ici la cybersécurité ne suffirait pas ou plus et en fait la crainte vient vraiment
05:53de l'intérieur de cette intelligence artificielle.
05:57Donc en fait on est dans une situation où le risque ne se limite pas simplement à une réponse erronée
06:03d'un chatbot qu'on pourra avoir.
06:05Vous posez une question, il vous donne une mauvaise réponse.
06:07Mais là on est vraiment dans une question de contournement des tests actuels, la manipulation des utilisateurs, ce qu'on
06:19a vu ça,
06:19et puis l'exploitation des failles, d'une faille potentielle informatique.
06:24Et donc ça fait extrêmement peur.
06:27Donc tout le monde s'est mis dedans, vous l'avez dit, que ce soit le dirigeant d'Entropique, OpenAI
06:32et même Elon Musk,
06:33en disant qu'il faut ralentir non pas l'intelligence artificielle, il ne faut pas arrêter l'intelligence artificielle,
06:41mais peut-être ralentir les capacités les plus avancées de l'intelligence artificielle sans qu'elles aient un garde-fou.
06:49Alors Pauline, vous me direz, mais c'est quoi le problème ?
06:52Le problème c'est que les États-Unis ne sont pas seuls.
06:55Et la Chine ici n'a évidemment pas la même volonté de mettre des garde-fous.
07:02Donc on va au-devant d'un combat qu'on avait déjà avant entre la progression de l'intelligence artificielle
07:09aux États-Unis,
07:10où ils sont les leaders, et la progression de l'intelligence artificielle en Chine, où ils étaient un peu en
07:16retard.
07:17Et là, potentiellement, si on met des garde-fous aux États-Unis, vous allez avoir la Chine qui va rattraper
07:23tout ça,
07:23et qui va même dépasser les États-Unis plus tôt que prévu.
07:27Et l'Europe, bien évidemment.
07:28Donc ici, on a, et je terminerai là-dessus, on a le président américain qui monte sur ses grands chevaux
07:36en disant,
07:36ben non, non, on est les leaders, on a déjà assez de garde-fous, il ne faut surtout pas ralentir,
07:41parce qu'on va perdre de la compétitivité.
07:44Et donc, il y aurait un risque économique.
07:47Donc c'est vraiment, il y a une question philosophique, une question politique, une question économique,
07:52et évidemment, une question technologique.
07:56Oui, donc beaucoup de questions, vous l'avez rappelé, John, et puis un risque de sécurité, tout simplement.
08:03On va suivre ce qui se passera dans les prochains jours.
08:07Pendant ce temps-là, le pétrole poursuit sa hausse, le baril de Brent progresse, je le disais en intro,
08:14mais encore de 4% ce matin, il tutoie les 110 dollars, et puis ça fait déjà quelques jours que
08:22ce baril se maintient
08:24au-delà du seuil psychologique de 100 dollars.
08:27Est-ce que, enfin, quel est le risque là pour le marché ?
08:30Un risque désormais vraiment présent sur l'inflation, et comment réagissent les investisseurs encore aujourd'hui ?
08:38Alors, on a un problème ici, parce qu'en fait, on ne se focalise plus sur les volumes produits.
08:44On se focalise sur la capacité réelle à les acheminer.
08:47On l'avait dit, eh bien, bien évidemment, le détroit d'Hormuz, on a la mer Rouge avec les outils,
08:52et puis on a ce fameux oléoduc saoudien qui s'appelle l'oléoduc Est-Ouest,
08:59qui a été bombardé, qui a été mis à l'arrêt, puis c'est extrêmement inquiétant.
09:05Pourquoi ? Parce que cette infrastructure permettait normalement d'éviter le détroit d'Hormuz
09:12pour exporter le brut vers la mer Rouge.
09:15Mais oui, un oléoduc hyper stratégique sur place, hyper stratégique.
09:20Exactement, exactement. Donc, en fait, on est sur une question de capacité d'acheminement,
09:26pas de volume, mais de capacité d'acheminement.
09:28De l'autre côté, on espérait qu'il y ait des discussions entre l'Iran et d'autres pays,
09:35d'autres États du Golfe. On avait même été assez loin vendredi en pensant que l'Arabie saoudite
09:43et l'Iran, qui sont des frères ennemis, si je peux dire, comme on les appelle,
09:47se mettent à la table de négociation avec Oman, bien évidemment,
09:52pour discuter d'un passage sécurisé dans le détroit d'Hormuz.
09:56Eh bien, ce matin, on a appris que c'est repoussé au calandre grec.
10:01Et donc là, évidemment, il y a plusieurs questions.
10:03Alors, après plusieurs séances au-dessus des 100 dollars,
10:08eh bien, on a un risque de perturbation durable qui devient, d'une certaine manière,
10:14qu'on le veuille ou non, un scénario assez central.
10:17Et ça, ce n'est pas positif. Ce n'est pas positif pour l'inflation,
10:21notamment de second tour. Ce n'est pas positif pour les banques centrales.
10:24On va en parler après, mais vous savez, une banque centrale qui monte ses taux
10:28pour faire baisser le prix du baril, ça n'a jamais marché.
10:31Et évidemment, c'est important parce que vous avez le diesel qui continue de monter.
10:38Vous avez le fret. Vous avez les assurances maritimes qui continuent de monter.
10:43Et ça, tout ça, c'est inflationniste.
10:45Oui, et puis, on va revenir rapidement sur les banques centrales, justement,
10:49sur le diesel, un galon américain qui n'a jamais été aussi haut que ces derniers jours,
10:55qui touche même les 8 dollars en Californie sur une moyenne nationale de 6 dollars.
11:01Parlons des banques centrales. Il nous reste deux minutes, John,
11:03pour parler de cette hausse des taux de la Fed.
11:06Alors, il y aura d'autres réunions de banques centrales cette semaine,
11:09mais je vous propose qu'on se focalise sur la réserve fédérale américaine.
11:1290 % de chances d'une hausse mercredi s'est actée.
11:18Oui, mais je suis un peu mal à l'aise, pour être honnête avec vous, Pauline.
11:21Pourquoi ? Parce qu'on sait qu'aujourd'hui, l'inflation,
11:26on a eu les derniers chiffres du CPI vendredi,
11:28et on a vu que l'inflation core, c'est-à-dire l'inflation où vous enlevez l'alimentation
11:33et l'énergie, bien sûr, un an, elle a baissé.
11:36Elle est passée de 2,5 à 2,4 %.
11:39Et elle est au plus bas depuis 2021.
11:42Exactement.
11:42Donc, on est dans une situation où, effectivement,
11:46vous n'avez pas toute l'inflation qui part.
11:48Et on remarque, c'est assez évident,
11:50que l'inflation aujourd'hui, elle est seulement induite par l'énergie.
11:54Et je répète ce que je disais juste avant,
11:56on n'a jamais vu une banque centrale monter ses taux
11:59pour faire baisser le prix du baril,
12:01à moins, bien évidemment, qu'elle fasse rentrer l'économie en récession
12:04et qu'il n'y ait plus de demandes.
12:05Alors là, évidemment, ça va baisser, mais ce n'est pas le but.
12:08Donc ici, on est dans une situation où, selon la logique,
12:13Gavin Walsh devrait monter les taux mercredi,
12:16même si je mettrais une petite pièce sur le fait qu'il les stabilise
12:20en ayant un discours au quiche.
12:22Mais s'il devait monter les taux,
12:25eh bien, il aurait peut-être un discours de viche.
12:28Parce qu'on voit ici qu'on n'est pas dans un...
12:31Normalement, en tout cas aujourd'hui,
12:32on n'est pas à l'entame d'un cycle de hausse des taux d'intérêt.
12:37On est juste sur une hausse d'intérêt
12:39pour calmer un petit peu une certaine inflation,
12:44mais pas sur l'énergie.
12:45Oui, une hausse peut-être assurancielle
12:50pour la réserve fédérale américaine,
12:52contrairement à la BCE qui pourrait,
12:54avec le discours de Christine Lagarde la semaine dernière,
12:58entamer pour le coup un vrai cycle de hausse des taux.
13:00On verra ça dans les prochains mois.
13:02Merci beaucoup, John.
13:03John Plassard, associé et responsable
13:06de la stratégie d'investissement pour la Banque Citégestion.
13:09Merci d'avoir été avec nous, comme tous les lundis.
13:12Merci à vous de nous avoir suivis.
13:13Et on se retrouve ce soir en direct à 17h30.
13:16Sous-titrage Société Radio-Canada
13:20Sous-titrage Société Radio-Canada
Commentaires

Recommandations