00:00Europe 1 Soir, 18h-20h, Pierre de Villeneuve.
00:04Nous sommes à table avec Eric Tegner, bonsoir.
00:06Bonsoir Pierre.
00:07Bonsoir Jules Thores, du JDD.
00:10Nous sommes avec Pierre Chasserey, bonsoir.
00:12Bonsoir.
00:13De 40 millions d'automobilistes, que signifie donc cette totale mobilisation ?
00:18Demandée par Emmanuel Macron à son gouvernement sur l'approvisionnement et les prix,
00:21je vous propose d'écouter la porte-parole du gouvernement Maude Bréjean.
00:25C'était donc tout à l'heure au débrief.
00:27Le président de la République a demandé à son gouvernement la totale mobilisation sur l'approvisionnement d'une part
00:36et bientôt bien sûr sur la maîtrise des prix d'autre part.
00:40L'objectif c'est vraiment dans les jours et dans les semaines qui viennent pour le président de la République
00:46de sécuriser ses approvisionnements, sécuriser des volumes comme on l'a fait en début de semaine sur l'Irak,
00:54comme on continuera à le faire avec ses échanges, par exemple avec le Canada lors de sa prochaine visite à
01:01Saint-Pierre-et-Miquelon.
01:03L'objectif étant, vous l'avez compris là encore, de tirer autant que possible les prix à la baisse,
01:08ou tout du moins de maîtriser leur hausse.
01:11Bon, Pierre Chasserey, vous avez vu, on est sauvés.
01:13Oui, puis alors j'apprécie le petit jeu de mots, il demande une totale mobilisation.
01:17Je trouve que le jeu de mots n'avait pas trop de sens dans un contexte comme celui-ci.
01:23Je suis atterré surtout.
01:24Le président de la République découvre donc en plein mois de septembre qu'il y a un problème sur les
01:28carburants.
01:29Mais attendez, c'est depuis le mois d'avril que les Français sont asphyxiés.
01:31Il va peut-être quand même falloir que nos hommes et femmes politiques au pouvoir, actuellement, comprennent et intègrent une
01:39donnée qui est inéluctable.
01:43C'est qu'il y a des Français qui vont devoir faire le plein cet hiver entre se chauffer, se
01:48nourrir et se déplacer.
01:49Et quand vous n'avez pas le choix, parce qu'il faut emmener les gamins à l'école, vous n
01:52'avez pas le choix,
01:52parce qu'il faut aller bosser pour payer votre plein, pour aller bosser, au final on va renier sur quoi
01:57?
01:57Tout ça, ils le savent, mais est-ce qu'ils n'attendent pas le dernier moment où les Français sont
02:01à tel point à se fixer
02:03que, ah, enfin, finalement, il y aura une soupape de sécurité ?
02:06Mais qu'est-ce que vous pensez ?
02:07Vous pensez que vous, vous pensez que le gouvernement sera fatalement obligé de baisser les taxes sur l'essence ?
02:12Fatalement. Il n'y a pas d'autre solution.
02:15Aujourd'hui, on essaye de nous pointer le détroit d'Ormousse comme étant le responsable d'un tarif qui déborde.
02:20Oui, en partie, bien sûr, évidemment.
02:22Il y a des conséquences géopolitiques qui sont...
02:25Il y a des faits géopolitiques qui sont là et qui touchent directement au prix des carburants.
02:29Surtout sur le diesel.
02:30Mais le gâteau, quand vous avez un gâteau et que vous avez quelqu'un autour de la table qui prend
02:3560% du gâteau,
02:37si c'est votre invité, vous le foutez dehors.
02:40Donc là, la réalité, c'est ce qui se passe sur ce grand gâteau du prix des carburants.
02:4460% ce sont des taxes qui sont prélevées par l'État et qui assèchent le budget des ménages.
02:50Et derrière, on ne peut pas demander aux Français de consommer avec de l'argent, ils n'ont plus.
02:54C'est le principe le plus stupide du monde que de vouloir taxer la mobilité.
03:01Parce qu'en fait, taxer les carburants à ce niveau-là, c'est quoi ?
03:04Il faut appeler un chat un chat.
03:05On est en train de taxer, de créer une taxe sur le droit d'aller au boulot,
03:09une taxe sur le droit d'emmener ses gamins à l'école,
03:12une taxe sur le droit d'aller chez le médecin dans les zones ou de désertification rurale.
03:16On n'a rien comme alternatif pour les Français.
03:19Il y a juste une chose, ils doivent payer et se faire braquer à la station-service à hauteur de
03:2460%.
03:24Et dans le prix de l'essence, il y a aussi une taxe sur la taxe.
03:26Éric Tecner.
03:27Moi, ce qui m'inquiète, c'est vraiment l'effet cliqué.
03:28C'est-à-dire que là, on va passer le cap des 3 euros
03:30et finalement, on va avoir des propositions au mois de mai
03:33où même les plus volontaristes vont nous expliquer, avec nous, ça sera plus de 2,50 euros.
03:38Est-ce que vraiment, objectivement, au-delà de votre combat,
03:40vous pensez qu'un jour, on va revenir sur une situation d'avant ?
03:44Ou est-ce que bon, bon an, mal an, on va continuer quand même à se faire arnaquer ?
03:48Pour la petite histoire, si on revient en arrière,
03:51il faut rendre à François Hollande ce qui est à François Hollande.
03:54L'augmentation de la fiscalité très lourde ces dernières années
03:58a eu lieu sous la mandature de François Hollande.
04:01C'était l'alignement de la fiscalité diésel et essence.
04:04En fait, on a augmenté les deux.
04:05Et ça, ça a été le premier point.
04:07Ensuite, cette année, tout le monde me dit,
04:09j'entends les journalistes me répéter partout où je passe,
04:11toujours la même phrase,
04:11mais là, cette fois-ci, c'est géopolitique.
04:14Ah bon ?
04:15Il n'y a pas eu d'augmentation de la fiscalité en 2026 ?
04:17Depuis quand ?
04:18Il y a eu 15 centimes d'augmentation par litre,
04:20soit 10% quasiment d'augmentation,
04:23dû au certificat d'économie d'énergie,
04:25un puissant fonds.
04:27Personne, aucun parlementaire à qui je parle,
04:30ne sait qui collecte l'argent,
04:32où va l'argent, aucune transparence.
04:34Les Français ont donné 9 milliards d'euros en un an
04:38pour des certificats d'économie d'énergie
04:40et on ne sait même pas où va l'argent.
04:42C'est 15 à 17 centimes sur un litre d'essence,
04:45les certificats d'énergie.
04:46Oui, 18 centimes avec la TVA,
04:48donc excusez-moi du peu,
04:49mais là, on n'est pas sur une micro-taxe.
04:51On est sur 18 centimes qui ont été ponctionnés.
04:54Et ces 18 centimes,
04:56ôtons-les du coût actuel des carburants.
04:58Je ne dis pas que c'est génial.
04:59Je ne dis pas que le fait d'être à 1,99 €
05:01va sauver les Français, c'est toujours trop cher.
05:03Mais ce serait déjà ça.
05:05Ça, c'est le premier point.
05:06Le second point, c'est que partout où je passe,
05:08on me dit, oui, mais l'Europe n'autorise pas
05:10la baisse des taxes depuis quand ?
05:11C'est faux.
05:12L'Europe autorise la baisse de la TVA de 20 à 15,
05:15c'est déjà 5 points de TVA.
05:16Et l'Europe autorise aussi la baisse
05:18des assises de mobilité d'en gros 40 centimes
05:20en fixe par litre.
05:2240 centimes plus la TVA dessus,
05:23ça commence à faire.
05:24Donc en fait, si demain,
05:25la France respecte scrupuleusement
05:27les directives européennes,
05:29ni plus ni moins,
05:29le litre de carburant, c'est 1,45 €.
05:32Et s'ils avaient un petit peu aussi de courage politique,
05:34ils pourraient faire comme le gouvernement espagnol,
05:36qui est un gouvernement socialiste,
05:37dont on pourrait se dire qu'il n'a pas forcément
05:40les bonnes solutions pour cela.
05:42Mais ils ont réussi à avoir une dérogation
05:43pour arriver, je crois, à 10,1% de TVA
05:46sur les prix du carburant.
05:47Alors que la directive européenne dont vous parlez en effet
05:50plafonne ou indique un plancher à 15%.
05:53Donc c'est bien que c'est possible.
05:54Donc la proposition, par exemple,
05:55du Rassemblement National de baisser à 5,5
05:58que les prix de l'énergie, et particulièrement ceux du carburant,
06:00n'est pas si condamnable
06:02et n'est pas si impossible ou irréalisable que ça.
06:04Non, c'est juste qu'en fait,
06:05pour que ce soit plus simple pour les Français,
06:07ils parlent de cette baisse de 20 à 5,5.
06:09Mais la réalité, c'est qu'en fait,
06:10on peut jouer politiquement
06:12avec les différentes taxes.
06:13François Hollande dit quasiment zéro, cette semaine.
06:15Pour que ce soit à peu près un équivalent.
06:17Je voudrais revenir sur l'Espagne
06:18parce que c'est fondamental.
06:19Nous, en France, depuis avril,
06:22depuis la tension sur les prix des carburants,
06:25la France a perdu un demi-point de croissance.
06:28C'est aujourd'hui.
06:29On en est à un demi-point, ça va être pire.
06:31Un demi-point de croissance, c'est 15 milliards.
06:34Voilà ce qu'a coûté l'inaction politique à la France.
06:36On vient, en tuant les budgets des familles,
06:39c'est normal,
06:39les Français ne peuvent pas dépenser l'argent,
06:40ils n'ont pas.
06:41On vient de tuer l'économie française
06:43de 15 milliards.
06:45Et pendant ce temps-là,
06:46on a un gouvernement qui vient pour nous expliquer
06:48qu'on n'a pas les moyens de baisser les taxes.
06:50Mais ne pas baisser les taxes,
06:51c'est appauvrir la France.
06:53Donc, faisons en sorte de faire quelque chose d'intelligent
06:57puisqu'on sait que, de toute façon,
06:58le système de fiscalité est injuste,
07:00totalement injustifié,
07:01totalement délirant.
07:02Je reviens, 60% de taxes à la louche.
07:04C'est peut-être un peu plus.
07:06Franchement, quand on en est à ça...
07:07Écoutez ce que disait Nicolas Dupont-Aignan
07:09ce matin sur nos antennes,
07:10sur cette crise du carburant.
07:12Tous les pays d'Europe ont fait un geste
07:13pour soutenir leur compétitivité,
07:15leur croissance.
07:16Et la France a appuyé sur le frein
07:18étranglant ceux qui travaillent,
07:20toujours les mêmes,
07:20qui bossent avec leurs voitures.
07:23Comme il y a la même chose sur l'électricité,
07:25alors qu'on pourrait baisser de moitié le prix.
07:27Comme il y a la même chose sur le gaz,
07:29avec cette guerre absurde en Ukraine.
07:31Eh bien, c'est l'économie française
07:33qui est paralysée.
07:34L'économie française paralysée,
07:35et puis aussi ce vœu pieux du gouvernement
07:37de dire arrêtez de rouler dans des voitures
07:39à essence, prenez des voitures électriques.
07:41Le prix de l'électricité, en attendant,
07:43il augmente aussi.
07:44Oui, et puis j'en discutais justement
07:45en venant avec un chauffeur
07:47qui roule à l'électrique.
07:48Très jolie voiture, très sympathique,
07:50il n'y a pas de problème.
07:51Et il m'expliquait qu'en fait,
07:52quand il recharge sur des bornes rapides,
07:55le coût est quasi le même
07:57qu'une voiture thermique.
07:59Donc maintenant, je voudrais penser
08:00à tous les Français qui nous écoutent,
08:01et qui n'ont pas de place de stationnement
08:03privative,
08:05dans des immeubles,
08:07et aussi dans des maisons de villages,
08:08où il n'y a pas de jardin,
08:09où vous n'allez pas acheter le câble
08:11à travers la rue,
08:12ce n'est pas possible,
08:13et c'est illégal.
08:13Eh bien, tous ces Français-là,
08:15pour eux,
08:15le véhicule électrique,
08:16c'est un mirage.
08:17Ils ne pourront pas le posséder.
08:19Et en plus de ça,
08:20il est cher.
08:21Il est quoi ?
08:2220, 30% plus cher
08:23qu'une voiture thermique ?
08:25Maintenant, ça s'aligne un peu.
08:26On est quand même,
08:28quoi qu'il arrive ?
08:28Et puis, on ne peut pas demander
08:29à des Français
08:30qui n'avaient pas prévu
08:31le changement de leur voiture
08:32budgétairement
08:32de dépenser 40 000 euros
08:33du jour au lendemain.
08:34Si tous les Français
08:35avaient 40 000 euros,
08:36ça se saurait.
08:37Voilà.
08:38Merci beaucoup, Pierre Chasserey,
08:39d'être passé par le studio d'Europe 1.
08:40Je rappelle votre livre
08:41« Balance ton plein,
08:43quel est le prix de la vie
08:44d'un Français ? »
08:44C'est chez Fayard.
08:45Et puis,
08:45balance-ton-plein.fr,
08:46le site de mobilisation
08:47en ligne de 40 millions d'automobiliers.
08:49Dès que vous voyez
08:49un plein hallucinant,
08:51un prix d'un plein,
08:52vous vous envoyez effectivement,
08:53vous prenez la petite photo,
08:54vous envoyez à faire chasser.
08:55Ça va arriver beaucoup.
Commentaires