Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 3 minutes
«Quand tu gagnes bien ta vie, tu n'as pas à recevoir les allocations familiales», estime Pascal Praud

Tous les jours, actualité, débats et bonne humeur rythment L'Heure des pros. Ce vendredi, Pascal Praud revient sur les pistes d'économie évoquées par Sébastien Lecornu pour le Budget 2027.

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00Bon, 54 milliards de dépenses, alors c'est quand même pas mal, mais alors bon évidemment c'est ces pauvres
00:07traités qui vont être taxés, c'est la politique familiale, c'est les familles, bon, j'ai pas entendu 1
00:15euro de moins dépensé en prestations sociales pour les étrangers, j'ai pas entendu ça.
00:20Ah bah si, il y a une mesure spécifique de tête, parce que je sors de matinale, j'ai tout
00:25en tête, mais c'est encore... Si, si, il y a une mesure qui est envisagée pour les prestations non
00:31contributives pour les étrangers qui parfois la perçoivent dès le premier jour, et il y a un système un peu
00:38particulier où les expats qui reviennent ne la perçoivent pas.
00:40Ah oui, tu parles, mais par exemple les étudiants étrangers, on n'y touche pas, l'AME on n'y
00:47touche pas, le poids de l'immigration on n'y touche pas, et c'est ces pauvres retraités qui vont
00:51payer.
00:52On verra, on verra.
00:53Non mais on n'a qu'une interview du premier ministre, on n'a pas un projet de loi de
00:56finances en dur, là vous voyez.
00:58Moi je vous avais parlé par exemple de...
01:00L'hébergement d'urgence.
01:02Oui, des choses comme ça, mais bon...
01:03Oui, non mais si vous, d'accord, c'est un petit symbole, mais moi je trouve malgré tout que c
01:06'est important ce chiffre que donne le premier ministre, parce que...
01:0954 milliards.
01:10On disait 30, il y a encore il y a hier, maintenant 54.
01:13Non mais je pense qu'il est important de saisir, c'est pas vraiment 54 milliards d'euros d'économie.
01:18Ah bon ?
01:18Non, en fait sur ces 54 milliards, vous en avez 40, on contient l'augmentation spontanée, comme on dit à
01:26Bercy, de la dépense publique, qui sans rien faire, tous les ans,
01:30et je prenais l'image d'une pâte à pain, c'est ça le budget de l'État, la dépense
01:34publique, c'est la levure de cette pâte à pain, c'est l'inflation, c'est le vieillissement de la
01:39population,
01:40par le jeu des revalorisations d'indexation sur l'inflation, vous avez par exemple les retraites.
01:45Bon les retraités là qui nous écoutent, ils vont être mangés, alors qu'est-ce qu'on va faire pour
01:49les retraités ?
01:49Les retraités aisés déjà, je vous assure, ça m'horripile.
01:53Quand j'entends les retraités aisés, je vous assure, t'as envie de leur dire, mais...
01:55Et dans le même temps, ils vont construire un pavillon à l'Assemblée Nationale à 50 millions de francs, 50
02:01millions d'euros.
02:02Et Mme Braun-Pivet, tout ça pour avoir son petit nom sur ce pavillon, les Français ne peuvent pas faire
02:07le plein,
02:08mais Mme Braun-Pivet construit un pavillon qui ne sert à rien.
02:12Non mais enfin, quel pays, quelle honte !
02:15Mais quelle honte, vous parliez de symboles tout à l'heure, évidemment ce n'est que 50 millions d'euros,
02:19mais quelle honte !
02:20Pour ce qu'il y a des retraités, on ne sait pas.
02:21Ils n'ont pas honte, ils ont inventé la honte.
02:24Terminé.
02:26Je ne sais pas quoi vous dire, Pascal.
02:27En tout cas, sur les retraités, on n'a pas les arbitrages définitifs.
02:30D'accord.
02:31Voilà, ce qu'on sait, c'est qu'il y aura quelque chose, c'est sûr.
02:33Mais il n'y aura pas que...
02:34Il y aura quoi ?
02:35C'est toujours l'arbitrage qu'on a exposé cette semaine.
02:38Est-ce que ça va être l'abattement de 10% ?
02:40Ou est-ce que ça va être...
02:42Ça change quoi, l'abattement de 10% ?
02:44Des indexations.
02:44Ah ben, c'est pas mal.
02:45Ça veut dire, si sur votre net imposable, vous êtes à 4000, vous retranchez 10%.
02:50Ça ne vous fait plus que 3600 à payer, c'est ça les 10%.
02:53C'est l'abattement sur la somme à déclarer.
02:55Oui.
02:56Donc, par exemple, tu déclares, tu as 30 000 euros ou 40 000 euros de revenus pour un retraité,
03:01tu enlèves 10%.
03:03Donc, tu n'es plus imposé que sur 27 000, par exemple, dans mon exemple.
03:0730 000, 27 000.
03:08Oui, c'est ça.
03:09Tu enlèves 10%.
03:09Exactement.
03:10Donc, au lieu d'être imposé sur 30 000, tu es imposé sur 27 000.
03:13C'est quand même bizarre, l'intitulé...
03:14Et à l'arrivée, tu perds combien ?
03:15L'intitulé est déjà étrange, parce que c'est un avantage qu'ont les actifs
03:21et qu'on a donné aux retraités en 1978.
03:23Mais vous voyez, c'est ça, c'est les bizarreries fiscales françaises.
03:26Personne ne se pose plus la question de la pertinence d'une telle mesure.
03:29L'intitulé même de cette mesure, c'était un cadeau qu'on a fait à l'époque.
03:32Mais pour les actifs aussi, les 10% d'abattement, ça n'a pas de sens.
03:35Bah si, parce que ça compensait selon que si vous êtes en frais réels ou bien si vous prenez un
03:39forfait.
03:40Vous voyez ?
03:40Mais il a fallu faire ce cadeau aux retraités parce qu'on le maintenait pour les actifs.
03:45Enfin, c'est les bizarreries françaises.
03:46C'est toujours pareil, c'est que si vous concédez un avantage,
03:49au moment, il faut le retirer pour une bonne raison budgétaire.
03:52Mais c'est impossible, vous savez, c'est ce qu'on dit, des niches fiscales.
03:54Il y a toujours un chien qui mord dans une niche.
03:55Mais les niches fiscales, il faut toutes les supprimer, toutes.
03:57Mais vous ne pouvez pas, Pascal.
03:58Mais pourquoi, par exemple, pour les journalistes, il faut les supprimer ?
04:01Oui, mais peut-être, peut-être.
04:02Mais pas peut-être.
04:03C'est compliqué, quand vous concédez un avantage politiquement, Pascal.
04:05Mais pas peut-être, ça ne repose sur rien.
04:07Ça a l'air tellement facile d'être ministre du budget quand on vous écoute.
04:10Mais bien sûr que c'est facile.
04:12Ben non, ça ne l'est pas.
04:13Oui, ça ne l'est pas, mais ça devrait l'être.
04:15C'est l'essence même de la politique.
04:16Mais ça devrait l'être.
04:17Manque de courage.
04:17Ça, il faut du courage.
04:19C'est un mot qui vous va bien.
04:21Franchement.
04:23Franchement.
04:24Parlez pas trop fort, quand même, sur le courage.
04:27Vous avez été aux affaires.
04:28Mais je peux dire, Pascal, la niche des autres vous choque toujours.
04:32Mais regardez, par exemple, les gens qui ont des employés à domicile.
04:35Oui.
04:36Il a été question un temps en disant, ça coûte 8 milliards d'euros à l'État.
04:39Si c'est beaucoup trop cher, il faut la supprimer.
04:40Le Premier ministre annonce que ce sera maintenu.
04:42Mais soulagement pour plein de gens qui, aujourd'hui, font de l'emploi grâce à ça.
04:47Mais là encore, l'emploi à domicile, ceux qui ont un très faible revenu, il faut le garder.
04:54Mais ceux qui gagnent très bien leur vie, ce qui peut être mon cas, je n'ai pas à bénéficier.
05:00Pour les autres, ça ne vous choque pas.
05:01Mais je n'ai pas à bénéficier, moi, d'une niche fiscale pour un employé à domicile, enfin.
05:06C'est une question de bon sens.
05:08Alors, vous situez où le seuil au-delà duquel on est riche et on n'a pas droit à la
05:12niche
05:12et au-dessous duquel on y a droit ?
05:14Ça, c'est assez facile de le citer.
05:17Si tu gagnes en France plus de 50 000 euros par an,
05:22tu peux échapper, comment dire, à des niches fiscales, quand même.
05:26Et puis, en revanche, les retraités, pour des raisons symboliques, tu n'y touches pas.
05:30Ils ont fait des efforts toute leur vie.
05:31Il y a aussi un peu de symbole.
05:33Ah oui, ça vous fait rire.
05:35Je vous imagine, ministre des Finances, d'un gouvernement pro.
05:39Un peu de bon sens, les allocations familiales, de la même manière.
05:41Les allocations familiales, quand tu gagnes très bien ta vie,
05:44tu n'as pas à les recevoir.
05:46Enfin, tout ça demande un peu de bon sens.
05:48L'univers...
05:48Vous êtes en train de dériver vers la gauche ?
05:49Là, vous dérivez totalement vers la gauche, c'est formidable.
05:52Je ne sais pas si je suis de gauche ou de droite, j'essaye d'avoir un peu de bon
05:55sens.
05:56Le fait de vouloir calculer, de vouloir ajuster les avantages fiscaux en fonction des revenus,
06:01c'est totalement la politique.
06:02Je suis de gauche, j'ai bienvenu au club, si je peux me permettre.
Commentaires

Recommandations