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00:00En commun.
00:01Europe 1, le journal permanent.
00:03Bonsoir Frédéric Jean Chreuil.
00:05Bonsoir Maël, bonsoir à tous.
00:06Votre journal permanent sur Europe 1 à 18h31.
00:09Un violence urbaine la nuit dernière à Saint-Pierre-des-Cors, près de Tours.
00:12Des affrontements ont éclaté après que le participant d'un rodeo sauvage à moto a été blessé à la jambe
00:17dans une collision avec un véhicule de police.
00:19Le conducteur de ce dernier a été placé en garde à vue.
00:22Neuf policiers et un gendarme ont été blessés.
00:24Plusieurs véhicules ont été incendiés et cinq autres personnes interpellées.
00:292,41 euros.
00:30C'est le prix moyen du litre de gazole en France.
00:32Un nouveau record.
00:33Le premier ministre Sébastien Lecornu doit tenir des réunions demain pour mettre en place de nouveaux dispositifs d'aide face
00:39à la crise.
00:39On va voir comment on peut faire pour ne pas casser la vie culturelle en France.
00:43Déclaration de la ministre de la Culture, Catherine Pégard, qui a annoncé moins de crédit pour les structures du spectacle
00:49vivant.
00:49Elle entend faire du cas par cas et ne pas les rendre vulnérables face aux contraintes d'efforts budgétaires.
00:55Éric Ciotti se dit inquiet sur le positionnement futur de Bruno Rotaillot.
00:59Le président de l'UDR craint que le président des Républicains rallie Édouard Philippe au second tour de la présidentielle.
01:04Il invite donc à le rejoindre dans une maison de droite forte.
01:08La Russie visée par plus d'un millier de drones ukrainiens au dernier jour des législatives,
01:13mais également par des piratages informatiques massifs.
01:15Au moins deux personnes ont été tuées et une vingtaine d'autres blessées, d'après les autorités russes.
01:20C'est fin ce soir en rugby de la troisième journée de Top 14, avec l'affiche Bordeaux-Bègue, le
01:25stade français, à 21h05 sur Canal+.
01:27Merci Frédéric Jancheret, à tout à l'heure, 18h45.
01:31Europe 1 Soir, 18h, 20h, Maël Laurent.
01:35Avec, pour continuer à vous éclairer sur l'actualité, Gilles Boutin, journaliste en politique économique,
01:39Figaro et Michel Fayad, analyste politique et géopolitique.
01:44Quelques mots peut-être, messieurs, pour réagir à ce qui vient d'être dit,
01:48Philippe Sieux par Philippe Chalmin, sur cette prise des carburants.
01:50Michel, vous louiez la rigueur des analyses de Philippe Chalmin à l'instant.
01:54Oui, j'ai trouvé qu'il était très pertinent et que ce qu'il disait était juste.
01:58Moi, c'est le secteur dans lequel j'ai travaillé jusqu'à il y a encore un peu de temps.
02:04Et ce que je voulais aussi signaler, je pense, c'est qu'aujourd'hui, ce que le gouvernement nous propose,
02:09c'est soit que le contribuable paye de sa poche via les aides ciblées,
02:17soit que le consommateur...
02:19Pas directement, que ce soit que le consommateur final paye la facture à court terme,
02:23qu'il bénéficie d'un petit subside, mais à long terme, finalement, c'est...
02:27Oui, même les deux choses.
02:28C'est-à-dire, soit le consommateur va continuer à payer directement la fiscalité,
02:31soit le contribuable, lui, va payer via ses aides ciblées aux grands consommateurs,
02:36du type les camionneurs, etc.
02:38Ça, c'est une première chose.
02:39Et l'autre chose, je voulais réagir sur ce qui a été dit sur la possibilité que Total
02:48décide, par exemple, de quitter la France, c'est une possibilité ou autre.
02:50Ça a déjà été évoqué par la direction, notamment le lieu de cotation en bourse.
02:55Oui, et il ne faut pas oublier un précédent, c'est qu'on avait une société en France
02:59qui s'appelait Perenco, qui appartenait, en fait, à la famille Perrodo,
03:04qui est une des plus grandes familles fortunées françaises.
03:08Et lorsque les impôts leur sont tombés dessus, quelques jours après, ils sont partis à Londres.
03:15Donc, vous savez déjà que Total est coté à New York.
03:19Ce n'est pas la peine que Total aille s'installer, je ne sais pas, dans le Delaware ou je
03:25ne sais où,
03:25et que Total nous échappe complètement au niveau de sa fiscalité,
03:29parce que Total aide beaucoup au niveau des rentrées fiscales de l'État français.
03:34Qu'on a gravement besoin.
03:35Gilles, sur la réponse politique à cette crise des carburants,
03:39et un Emmanuel Macron qui se défausse un peu sur la responsabilité qui ne serait pas la sienne,
03:44mais plutôt sur celle du Détroit d'Hormuz, qu'est-ce que vous en pensez ?
03:49L'intervention de Philippe Chalmin me fait dire, par rapport à cette question,
03:53de l'intervention du gouvernement ou la non-intervention du gouvernement,
03:56qu'il va y avoir peut-être des nouveautés demain.
03:58Oui, et en même temps qu'on n'a pas tellement le choix.
04:00C'est-à-dire qu'il faut faire le dos rond en attendant que ça passe.
04:03Aussi dur cela soit-il à dire et à entendre.
04:07Moi, je repense à Édouard Philippe, qui a été Premier ministre,
04:11et qui est donc conscient d'un certain nombre de contraintes budgétaires,
04:15qui lui s'est aventuré, et qui est d'une part comptable,
04:18mais qui aussi s'est aventuré à dire qu'il faudrait doubler à minima les aides ciblées actuelles.
04:24Donc il essaye de faire une espèce de promesse électorale avant l'heure,
04:28mais il a conscience en même temps que les marges de manœuvre sont extrêmement limitées.
04:33Et c'est vrai, en fait, aujourd'hui, si vous y réfléchissez,
04:38vous faites 20 centimes d'aide, quelle que soit la forme.
04:40Vous baissez les taxes, ou alors vous donnez des chèques à tout le monde,
04:44peu importe le résultat, et le même, ça coûte...
04:47La facture, elle est...
04:48En quelques mois, 3 ou 4 milliards, ça vous coûte plus de 2 milliards.
04:51À l'arrivée, à la fin de l'année, vous êtes potentiellement à 10 milliards.
04:54Et c'est vrai que cet argent-là, on ne l'a pas.
04:56Et alors que là, le gouvernement vient d'annoncer que le déficit public
04:59allait non pas être de 5% cette année, mais à 5,4%,
05:05ça voudrait dire que si on rajoute ces 9 milliards ou ces 10 milliards,
05:09on dérive très très vite à un déficit qui va vers 5,8%.
05:14Enfin, ça part à plus de 160 milliards d'euros.
05:19Donc, on voit bien, on n'a pas de marge d'action,
05:21et on observe en revanche que l'épargne des Français,
05:24qui est très importante, elle, elle diminue un petit peu.
05:27Donc, ça montre bien aussi que les acteurs...
05:29C'est rare. Elle a plutôt tendance, historiquement, à augmenter.
05:31Ce qui montre bien que les acteurs économiques s'adaptent.
05:35Il y a ceux qui consomment moins, il y a ceux qui prélèvent dans leur épargne,
05:38et ce n'est pas formidable comme situation,
05:41mais ça montre que le réflexe quasi pavlovien hérité de décennies et de décennies
05:48d'États protectionnistes au sens social du terme a ses limites,
05:53et qu'il faut aussi accepter de changer d'état d'esprit.
05:56Ce qui est dommage, c'est qu'on doive le faire dans une période d'extrême tension,
05:59et qu'on n'ait pas opéré ce changement, cette révolution des esprits,
06:02lorsqu'on avait un certain confort économique pour le faire.
06:06Et en même temps, si les carburants explosent à la pompe et que le gouvernement ne fait rien de majeur,
06:10est-ce qu'il n'y a pas un risque encore plus structurel, encore plus prégnant,
06:13de crise économique et de secteurs totalement à l'arrêt, Michel Fayad ?
06:17Oui, bien sûr. En réalité, le pétrole, le gaz, toute l'énergie impactent directement les services,
06:24l'industrie, donc effectivement que ça nous impacte à tous.
06:27Et puis il y a une chose dont on n'est plus en train de parler,
06:31mais c'est que le tiers des engrais mondiaux passait par le détroit d'Hormuz,
06:36et ça, ça impacte également nos agriculteurs, et donc nos prix au supermarché,
06:40dans les différents marchés pour les fruits, les légumes, etc.
06:45Et il y a aussi une chose que je voudrais dire,
06:48c'est qu'on n'a pas pu vraiment réellement répondre,
06:53c'est sur le fait qu'à un moment donné, si cette crise au Moyen-Orient va perdurer,
06:57va se poser la question, qu'on le veuille ou pas,
07:00de la nécessité de réouvrir avec la Russie,
07:03parce qu'on ne peut pas se permettre d'avoir deux des plus grands producteurs de pétrole au monde
07:08avec les Etats-Unis, l'Arabie Saoudite et la Russie, en dehors du marché, pour nous.
07:13Parce que vous savez, les trois, juste pour que les auditeurs comprennent,
07:16les trois produisent à peu près une dizaine de millions de barils chaque jour.
07:19Donc on ne peut pas mettre juste à l'écart deux des trois,
07:22c'est impossible au niveau du prix du pétrole,
07:25il va falloir à un moment donné faire des choix,
07:26et à cela, il faut rajouter, comme ça a été dit,
07:29que le Qatar est l'un des plus grands exportateurs de gaz naturel liquéfié
07:32aux côtés des Etats-Unis, mais également aux côtés de la Russie et aux côtés de l'Australie.
07:36Donc pareil, on ne peut pas juste avoir deux fronts, entre guillemets,
07:40choisissons nos batailles.
07:42Oui, il est vrai que par rapport à ça,
07:44l'adaptation la plus évidente qui vient à l'esprit,
07:46c'est celle de l'électrification des usages,
07:47notamment de la voiture électrique,
07:49mais encore une fois, on n'a pas les capacités au niveau étatique
07:53d'accompagner massivement cette transition.
07:56Il y a des aides, effectivement,
07:57mais ce n'est pas si simple,
07:58et on constate que c'est surtout les Français qui peuvent se le permettre
08:01qui achètent des voitures électriques.
08:03En revanche, ceux qui sont les plus exposés,
08:06ce sont ceux qui vivent à la campagne,
08:08à l'écart des grandes villes,
08:09qui doivent prendre leurs voitures,
08:10qui n'ont vraiment pas le choix,
08:11qui ne peuvent pas, par exemple,
08:13s'acheter un vélo électrique avec le soutien de la région,
08:16parce qu'ils auraient quand même 30 km à faire dans la journée,
08:18ce qui n'est pas rien.
08:19Donc, ce sont les plus pauvres qui ont des voitures thermiques,
08:23qui, eux, sont exposés et qui en payent le prix fort.
08:27Et le plus terrible face à cela,
08:29c'est qu'il n'y a pas véritablement de réponse.
08:31Et j'ajoute à ça que la moitié des bénéficiaires potentiels
08:34du chèque pour grands rouleurs ne le réclament pas,
08:36ce qui veut dire qu'il y a aussi un défaut d'information
08:38et de personnes qui ne savent pas par quel canal passer
08:41ou qui ne savent même pas qu'ils sont concernés.
08:43Une réponse qui est peut-être française,
08:45mais aussi européenne,
08:46et justement, on va parler de l'Europe.
08:48L'Europe qui regarde ce soir vers l'Allemagne,
08:51des élections régionales en Allemagne qui ont eu lieu.
08:53Aujourd'hui, on a les premiers résultats de ces élections
08:56avec, comme la semaine dernière,
08:58une AFD qui est en forte progression.
09:00Comment est-ce que vous regardez ces estimations,
09:03premières estimations ?
09:04L'AFD a une quarantaine, plus de 35% des voix
09:07dans les deux landers où il y a ces élections.
09:10Aujourd'hui, Michel Fayad.
09:11Oui, c'était un peu attendu puisque l'AFD s'est implantée
09:17de manière extrêmement forte au niveau de l'Est allemand
09:20et même au niveau national.
09:22Aujourd'hui, la première force du pays, c'est l'AFD.
09:26Bien sûr, elle n'atteint pas encore de quoi elle-même gouverner
09:29au niveau national.
09:31Et parce qu'il faut des coalitions pour ça ?
09:33Oui, il faut des coalitions si elle n'atteint pas seule les 50%.
09:36Elle n'y est pas encore.
09:37Non seulement elle n'y est pas encore,
09:39mais il y a également un barrage qui existe
09:41entre justement la CDU du chancelier actuel Frédéric Schmerz
09:46et l'AFD.
09:50D'ailleurs, mais quand même, la situation est extrêmement grave
09:52pour le gouvernement de Frédéric Schmerz,
09:54donc de ce centre droit à la CDU,
09:57au point que sa cote de popularité est tombée à 14%
10:00et que le voyage qui est prévu pour tous les chefs d'État
10:03et de gouvernement dans le monde à l'ONU,
10:05vous savez, pour le sommet annuel de l'ONU à New York,
10:09eh bien, Frédéric Schmerz a décidé de...
10:11Qui a reconnu un désastre électoral à l'occasion de ces élections.
10:14Il vient de réagir à l'instant.
10:15Voilà, et il a décidé de ne pas y aller.
10:16De ne pas aller à l'ONU.
10:18Donc, c'est quand même un geste assez fort
10:20pour bien montrer qu'il y a un vrai problème aujourd'hui.
10:23Et on parle beaucoup de l'AFD,
10:24mais il faudrait également parler de D-Link,
10:27qui est cette gauche radicale.
10:28Mais on va en parler.
10:28Oui, on va en parler dans quelques instants.
10:30Si vous m'autorisez, on va laisser passer une page de pub.
10:33Gilles Boutin, Michel Fayette, vous restez avec moi.
10:35On continue à parler de ces élections régionales en Allemagne
10:38dans quelques instants.
10:39A tout de suite sur Europe 1.
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