Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 9 minutes
Donald Trump et Emmanuel Macron vont se rencontrer ce lundi après-midi à New York, où les deux dirigeants doivent participer cette semaine à l'Assemblée générale des Nations Unies.

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00Déjà, regardez l'agenda de Donald Trump.
00:02À 16h10, il va voir le maire de New York, Zoran Mamdani,
00:06qui est son adversaire politique.
00:08Et à 17h35, Emmanuel Macron.
00:10Tout est très précis.
00:12Donc, tous les deux doivent compter avec le président américain.
00:16La puissance n'est pas de décider de tout.
00:19C'est être celui que personne ne peut sortir de son calcul.
00:23Si on prend, par exemple, Emmanuel Macron,
00:26hier à Saint-Pierre-et-Miquelon,
00:27avec le Premier ministre canadien, donc Marc Carnet,
00:30il parlait de souveraineté,
00:32ce que l'on appelle, et vous l'avez dit au début,
00:34l'autonomie stratégique.
00:36Ce qui est très simple,
00:36pouvoir décider soi-même de sa défense,
00:39de son énergie, de sa technologie.
00:41Et ça fait presque dix ans qu'Emmanuel Macron nous dit
00:44que l'Europe doit pouvoir défendre ses intérêts
00:46et, si nécessaire, dire non aux États-Unis.
00:49Mais ce soir, Emmanuel Macron ne va pas seulement rencontrer Donald Trump,
00:53il va rencontrer la limite actuelle de sa propre doctrine à lui,
00:56à Emmanuel Macron.
00:58Donc hier, à Saint-Pierre-et-Miquelon,
01:00il parlait de dépendre moins des Américains.
01:02Et aujourd'hui, il va dire à Donald Trump,
01:04Donald, il faut qu'on parle.
01:06Et ce n'est pas seulement une contradiction française,
01:09c'est une contradiction européenne.
01:11Nous voulons l'autonomie.
01:13Nous n'en avons pas encore tous les moyens.
01:16Il y a deux tests, comme vous l'avez dit,
01:17l'Iran et l'Ukraine.
01:19Deux guerres lointaines,
01:20mais un point commun que les Français finissent toujours par retrouver,
01:23l'énergie, donc la facture.
01:25L'Iran, d'abord.
01:27Donald Trump peut-il voir le président iranien ?
01:29Il ne l'a pas exclu.
01:31Et ça serait quand même spectaculaire.
01:33Parce que rappelons-nous quand même que depuis le 28 février,
01:36les États-Unis et Israël livrent une guerre contre la République islamique d'Iran.
01:39Ça fait déjà plus de six mois.
01:41Mais le régime iranien est toujours debout.
01:43Le guide reste au sommet.
01:44Mais les gardiens de la révolution,
01:45qui est l'armée idéologique de ce régime islamiste,
01:48ont encore gagné en influence.
01:50Donc les missiles, les drones, les réseaux armés à l'étranger, les proxys,
01:54une bonne part de l'économie,
01:56voilà tout ce que les gardiens de la révolution contrôlent encore en Iran.
01:59Mais la puissance islamique iranienne dépasse les frontières de l'Iran,
02:03puisque vous savez qu'au Yémen,
02:04les outils soutenus par l'Iran menacent,
02:07et même ont bloqué le détroit de Bab el-Mandeb,
02:09qui est la porte sud de la mer Rouge.
02:11Et il y a surtout le détroit d'Hormuz,
02:13qui est la sortie du golfe Persique.
02:15Et là, les Français doivent tendre leurs oreilles.
02:18En temps normal, environ un cinquième du pétrole mondial sort par ce détroit.
02:24Hormuz paraît loin, mais quand le pétrole augmente,
02:26la distance disparaît,
02:28puisque vous pouvez mesurer en euros,
02:30sur le panneau de la station, ce que ça représente.
02:33Trump n'exclut donc pas la discussion avec l'Iran,
02:35mais la pression militaire reste.
02:37Une porte entre-ouverte et un porte-avions derrière.
02:39Et la France, vous me direz, elle compte.
02:42Nous sommes le seul pays de l'Union européenne
02:44à avoir à la fois l'arme nucléaire
02:46et un siège permanent au Conseil de sécurité des Nations unies.
02:49Au printemps, la France a même envoyé le Charles de Gaulle dans la région.
02:53Nous avons envoyé le porte-avions,
02:56mais nous n'avons pas seul le bouton qui rouvre le détroit d'Hormuz.
03:00Voilà toute la différence.
03:01Les États-Unis disposent de davantage de leviers,
03:03la puissance militaire, les sanctions,
03:06le poids de leur économie,
03:07et même un accord sur le détroit d'Hormuz
03:10ne va pas désarmer les groupes que j'ai cités,
03:12comme les Houthis et les autres.
03:14On peut rouvrir un détroit sans désarmer une milice.
03:17Voilà pourquoi Emmanuel Macron parle avec Donald Trump ce soir.
03:21Pas parce que Trump a forcément raison,
03:23mais parce qu'il a davantage de leviers.
03:25Et l'Ukraine dans tout ça ?
03:26Et puis dans un instant, peut-être une petite question subsidiaire.
03:28Est-ce que CNN, il y a une petite polémique ?
03:30On en parlera peut-être.
03:32Pour l'Ukraine, c'est la même question.
03:35Et la question, c'est donc encore qui possède les leviers ?
03:38Et là, c'est Donald Trump, encore une fois.
03:39C'est lui qui a demandé à Zelensky d'arrêter de frapper les raffineries russes.
03:43Une raffinerie, vous savez, c'est l'usine qui transforme le pétrole brut en essence,
03:46en kérosène, en diesel.
03:48Et l'Ukraine les frappe pour affaiblir la Russie.
03:50Mais Donald Trump demande de lever le pied,
03:52parce qu'il regarde aussi le prix du diesel,
03:55le gallon price qui joue sur les élections demi-mandats aux États-Unis.
03:58Zelensky voit une cible, Donald Trump voit aussi une station-service.
04:02Deux intérêts pour une seule cheminée.
04:04Et si le marché se tend, le Français le retrouve à la pompe, comme on l'a dit.
04:09Voilà ce qu'est une alliance entre États, des intérêts communs,
04:12pas forcément des intérêts identiques.
04:14Et c'est exactement le problème qu'Emmanuel Macron essaye de résoudre depuis 2017.
04:18Comment rester allié des États-Unis sans être dépendant des États-Unis ?
04:22En Iran, la route du pétrole.
04:24En Ukraine, la fabrication du carburant.
04:26Dans les deux cas, la guerre finit dans la voiture.
04:30L'Europe ne fait pas rien.
04:31Elle finance, elle arme, elle sanctionne.
04:34Mais pour voir loin, intercepter certains missiles
04:37et tenir une guerre de cette intensité,
04:39certaines capacités américaines restent difficiles à remplacer rapidement pour les Européens.
04:44Et voilà le paradoxe d'Emmanuel Macron.
04:46Plus il veut rendre l'Europe moins dépendante des États-Unis demain,
04:49plus il a encore besoin des États-Unis aujourd'hui pour traverser les crises.
04:53Pourquoi ? Parce que la puissance se fabrique avant la crise.
04:57Un missile, il faut le produire.
04:58Un stock, le remplir.
05:00Une usine, la construire.
05:02Il faut de l'argent.
05:03Il faut des années.
05:04Une guerre n'attend pas.
05:05Et regardez ce qui s'est passé hier en une seule journée.
05:08Le parti de Vladimir Poutine remporte largement les élections législatives
05:12et garde sa majorité des deux tiers à la Douma.
05:15Un scrutin très contrôlé, bien sûr.
05:17Le même jour, des drones ukrainiens frappent la raffinerie de Moscou.
05:20Le soir, Zelensky a Donald Trump au téléphone.
05:23Il convient de se voir à New York.
05:2624 heures, trois faits, une seule cheminée.
05:28L'Amérique ne décide pas de tout,
05:30mais elle reste la puissance que presque personne ne peut sortir de son calcul.
05:35Et c'est finalement ce que raconte le rendez-vous d'Emmanuel Macron.
05:38Hier, il parle de souveraineté.
05:39Ce soir, il parle au président du pays dont il voudrait que l'Europe dépende moins.
05:43C'est son problème en 24 heures.
05:45Macron a identifié le problème.
05:47L'Europe n'a pas encore construit toute la réponse.
05:50Parce que la souveraineté, ce n'est pas seulement pouvoir dire non aux États-Unis.
05:53C'est pouvoir se permettre de leur dire non.
05:56Avec des armes, des usines, de l'argent et du temps.
05:59On construit une doctrine beaucoup plus vite qu'on ne construit une usine.
06:02Et tant que ce travail n'est pas terminé,
06:04lorsqu'une crise éclate et qu'il faut une puissance capable de peser immédiatement,
06:08l'indicatif du téléphone reste américain plus 1.
06:12Merci beaucoup pour votre remarque.
06:13Peut-être une petite question subsidiaire.
06:15Parce qu'il s'est passé quand même quelque chose avec les médias.
06:17Nous, on aime bien analyser ça.
06:18Donald Trump a interdit CNN à la Maison-Blanche.
06:20Tous les médias se sont dit solidaires et ont refusé effectivement de retransmettre Donald Trump.
06:25C'est intéressant.
06:26Il paraît aussi qu'il y a la Maison-Blanche.
06:28Et enfin, il y a aussi plusieurs des Américains qui applaudissent le fait que CNN ait été empêché de la
06:34Maison-Blanche.
06:35Quel est votre regard là-dessus ?
06:36En réalité, quand même, Donald Trump a remporté les élections.
06:39Il avait déjà CNN comme cible, si vous voulez.
06:44Déjà auprès de ses militants, il disait que CNN, c'est vraiment le symbole des fake news.
06:49Il faut voir même les audiences de CNN qui, si vous vous souvenez, au moment de la première guerre du
06:53Golfe,
06:54étaient la chaîne de télévision peut-être d'information la plus regardée au monde.
06:58Et aujourd'hui, ils n'ont plus qu'un million de téléspectateurs dans un pays qui a 350 millions d
07:02'habitants.
07:03Un million de téléspectateurs, ce n'est vraiment plus rien.
Commentaires

Recommandations