00:00Il est 7h40, on est dans Sud Radio vous explique et on parle de la rencontre entre Donald Trump et
00:04Emmanuel Macron
00:05qui a eu lieu ces dernières heures à l'occasion de l'Assemblée Générale des Nations Unies
00:09où tous les chefs d'Etat se rencontrent.
00:12On accueille Romuald Siora, directeur de l'Observatoire politique et géostratégique des Etats-Unis et de l'IRIS.
00:18Bonjour Romuald Siora.
00:21Bonjour.
00:22Que sait-on de cet échange ?
00:24Les dirigeants français et américains sont tous les deux confrontés dans leur pays à des prix de carburant record.
00:30Ça a été l'un des thèmes évoqués. Que faut-il en retenir ?
00:35Écoutez, oui, c'est l'un des thèmes évoqués dans cette rencontre entre Trump et Emmanuel Macron.
00:40Malheureusement, il n'y a pas grand-chose à retenir.
00:43Emmanuel Macron s'est d'abord rendu à pied à la Trump Tower comme s'il était convoqué par le
00:49président des Etats-Unis
00:49ce qui est un petit peu dommage de procéder ainsi.
00:54Si ensuite, ça a été une conversation d'après ce que je sais assez lunaire,
00:58où le président français a fait part au président américain, évidemment, de ses craintes quant à la hausse des prix
01:06de l'essence, des carburants.
01:07Le président américain lui a dit qu'il se sentait également concerné.
01:11Et voilà, malheureusement, rien de véritablement concret ne sera sorti de cette rencontre.
01:15Idem sur les grands dossiers internationaux comme Ormus et l'Ukraine.
01:20Si ce n'est que le président français a proposé au président américain de tenter de faire passer une résolution
01:26au Conseil de sécurité pour débloquer le détroit d'Ormus,
01:29paraît-il que le président américain aurait souri à cette proposition.
01:32Donc il ne faut pas s'y tromper, Romuald Ciara.
01:35On sait que la relation n'est plus très bonne.
01:37Elle avait été très très bonne au début, lors de l'élection du président américain.
01:42Mais là maintenant, les choses sont très différentes.
01:44Au-delà des effets de manche et de la communication de l'Elysée, ce qui est bien normal,
01:50en réalité, il ne faut rien attendre, en tous les cas, sur l'aspect du pétrole.
01:55Les Américains, concrètement, ne peuvent pas faire baisser le prix du pétrole
02:00et donc ne peuvent pas accéder aux demandes du président français.
02:04Exactement.
02:05Écoutez, comme vous l'avez très bien dit, en 2017, Emmanuel Macron avait su apprivoiser, si je puis dire,
02:11flatter en tout cas le nouvel électron libre sur la scène internationale qu'était Donald Trump.
02:15Il en avait fait l'hôte d'honneur du 14 juillet 2017.
02:18Il y avait une forme d'affection de la part de Donald Trump à l'égard d'Emmanuel Macron.
02:24Les choses ont dû bien changer durant le second mandat de Trump et d'Emmanuel Macron.
02:29Aujourd'hui, ce sont les tensions, que ce soit idéologiques, géopolitiques ou autres,
02:33qui se sont accumulées entre les deux hommes.
02:35Et donc, on ne peut plus du tout parler de complicité, encore moins d'amitié.
02:38Bref, donc effectivement, hier, c'est une rencontre un tant soit peu tendue.
02:42Et le président américain ne peut malheureusement pas faire grand-chose.
02:46Vous le savez, aux Etats-Unis où je vis, puisque je suis américain,
02:51les magas, l'électorat de cœur de Donald Trump, a commencé à s'éloigner de ce président
02:55qui avait promis de ne pas nous entraîner dans une guerre style Irak ou Afghanistan,
02:59et étant touché l'électorat magas en plein cœur, au portefeuille,
03:03avec justement la hausse des carburants suite à la guerre en Ukraine.
03:06Aujourd'hui, la grande hantise de Donald Trump est plutôt de voir le conflit en Ukraine s'envenimer,
03:12de voir des raffineries russes bombardées,
03:15et avoir, à travers cela, une nouvelle impact sur le prix des carburants.
03:20Donc malheureusement, non, le président américain ne pouvait pas faire grand-chose,
03:25il ne pouvait donc pas répondre favorablement à Emmanuel Macron.
03:27Il s'est agi, vous savez, surtout d'une visite qui avait pour objectif pour le président français,
03:32d'essayer d'arrondir les angles, après toutes ces tensions essentiellement concernant Moreland,
03:37Saint-Pierre-et-Miquelon, et puis aussi une opération de communication intérieure pour Emmanuel Macron.
03:42Oui, vous le disiez effectivement, le Canada est un point de tension.
03:47Comment est perçue aux Etats-Unis cette volonté annoncée par Ursula von der Leyen et Emmanuel Macron
03:53de faire en sorte que le Canada se rapproche de l'Union Européenne ?
03:57Écoutez, pour Donald Trump, ça a été une gifle, un camouflet.
04:00Pour une fois, Ursula von der Leyen s'est réveillé,
04:02il a fait une proposition qui est assez révolutionnaire quand même,
04:05faire du Canada le premier membre associé de l'Union Européenne.
04:10Pour Donald Trump, c'est un affront, un président qui passe son temps à répéter
04:13que le Canada devrait être le 51ème Etat américain,
04:17voit ce dernier de Canada devenir, entre guillemets, le 28ème Etat de l'Union Européenne.
04:23Donc le président américain vit cela très mal,
04:26il a mal vécu également la rencontre de McCartney, le Premier ministre canadien,
04:29Emmanuel Macron à Saint-Pierre et Michelon.
04:32Et donc c'est un président américain très remonté,
04:34on attend son discours aujourd'hui, l'Assemblée Générale des Nations Unies,
04:37très remonté contre ses alliés historiques.
04:39On a vu son éloignement de la Grande-Bretagne en faveur de Millet,
04:42le président argentin.
04:50J'ai une question, Romu Asciora, c'est ma dernière, au sujet de l'Ukraine.
04:57Est-ce qu'Emmanuel Macron essaye de convaincre Trump de poursuivre l'effort pour l'Ukraine ?
05:02Et est-ce que Trump en a vraiment envie ?
05:05Écoutez, comme je vous le disais,
05:07Trump s'éloigne de ses alliés traditionnels,
05:09il les agresse.
05:10Pour ce qui est de l'Ukraine,
05:12Emmanuel Macron, bien évidemment,
05:13a tenté de convaincre le président américain
05:15d'aider l'Ukraine à se défendre,
05:19voire à attaquer avec encore plus de force de virulence la Russie.
05:23Le président américain, non,
05:25les faveurs de Donald Trump ont toujours été,
05:27et iront toujours, à Vladimir Poutine.
05:29Vous savez que Trump est fasciné par le mal à Alpha.
05:32Zelensky n'est pas sa tasse de thé.
05:35Donc non, malheureusement,
05:36il ne faut rien attendre du président américain
05:37de concret concernant l'Ukraine.
05:39Donc, pour conclure,
05:41il s'agissait plutôt d'une visite de courtoisie
05:43de la part d'Emmanuel Macron.
05:44Tout cela, malheureusement,
05:45n'aura pas mené à grand-chose.
05:46Et voilà, c'est au moins très très clair.
05:48Merci infiniment de nous avoir éclairés.
05:50Merci à vous.
05:50Romain Siora, je rappelle que vous êtes directeur
05:52de l'Observatoire politique et géostratégique
05:54des Etats-Unis de l'IRIS.
05:55Sous-titrage Société Radio-Canada
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