00:01Le Grand Matin Sud Radio, 7h10h, Benjamin Glaze.
00:05Il est 7h12, il est bienvenu si vous nous rejoignez sur Sud Radio.
00:09C'est à la une, on prend la direction sans plus tarder des Etats-Unis.
00:12La déroute de Donald Trump aux élections de mi-mandat, le président américain
00:15qui a perdu, c'est officiel, le contrôle du Sénat
00:18et qui est également en passe de perdre la chambre des représentants.
00:21Bonjour Denis Jacquet.
00:23Oui, bonjour.
00:24Et un grand merci d'être avec nous sur Sud Radio.
00:26Depuis les Etats-Unis, vous êtes entrepreneur là-bas
00:28et vous avez vécu sur place de près ces mi-termes.
00:32Est-ce qu'il faut véritablement parler d'un raz-de-marée contre Donald Trump, Denis Jacquet ?
00:38Oui, parce qu'on ne peut pas parler d'un raz-de-marée pour les démocrates.
00:42Quand on est au quotidien ici et qu'on regarde ce que proposent les démocrates,
00:47grosso modo, il n'y a rien, c'est vide.
00:50La campagne a été exclusivement contre.
00:53Qu'est-ce que Donald Trump a fait de mal ?
00:56En quoi c'est pratiquement la représentation du mal absolu.
00:59Mais en termes de solution, il n'y a rien de nouveau.
01:02Donc, c'est vraiment l'élection correction.
01:05C'est la grosse fessée.
01:07Et finalement, d'un côté, les républicains, une large partie d'entre eux,
01:11notamment les chrétiens un peu plus radicaux ou un peu plus orthodoxes, etc.,
01:15ne sont pas déplacés, ce qu'on appelle les évangélistes ici.
01:18Ils étaient massivement derrière Charlie Kirk, qui a été assassiné il y a quelque temps,
01:23qui les avait emmenés dans la présidentielle.
01:25Et là, ils n'étaient plus là.
01:27Ils ne se sont pas déplacés.
01:28Manifestement, il n'y avait un...
01:29Ce n'est pas un rejet, mais finalement, on ne vient pas, on ne vote pas,
01:32parce qu'on n'est pas complètement en accord avec la façon de faire de Trump.
01:37Et puis, côté démocrate, il y a une mobilisation absolue,
01:40parce que les réseaux sociaux, les médias, etc.,
01:43ont voulu saisir l'opportunité pour reprendre le contrôle.
01:47Donc, en fait, c'est un peu désespérant quand on aime vraiment la politique,
01:50mais c'est partout, partout dans le monde.
01:51C'est que, finalement, on ne vote pas pour des solutions, pour une vision.
01:54On vote, là, vraiment pour une correction.
01:57Et je pense que ce n'est pas trop fondamentalement sur le programme de Trump
02:01et ce qu'il a délivré, parce que finalement, c'est ce qu'il avait dit.
02:04Il n'y a pas de surprise, mais c'est plutôt la façon d'agir, la méthode,
02:09et qui vraiment révulse beaucoup de gens, y compris côté républicain.
02:12C'est-à-dire que c'est plus la méthode que, finalement,
02:15les politiques qu'il a mises en place, que ce soit en interne aux Etats-Unis
02:19ou l'interventionnisme un peu forcionné qu'il y a eu de son côté à l'international ?
02:24Oui, je pense qu'il y a plusieurs éléments.
02:27La première chose, quand on parle d'emploi, c'est le plein emploi.
02:31Donc, c'est difficile de faire mieux.
02:33On cherche un emploi aux Etats-Unis, on en a cinq qui tombent.
02:36Donc, il n'y a aucun problème de ce point de vue-là.
02:38De l'autre côté, l'économie est insolente.
02:41C'est une des plus fortes économies en ce moment au monde.
02:43En termes d'autocroissance, personne ne fait mieux.
02:46Donc, si on était en France, on serait dans le domaine du rêve absolu.
02:52Tout le monde rêverait d'avoir une fraction de ce que Trump a fait.
02:55Bon, alors, évidemment, après, le revers de la média, c'est qu'en fait, à la limite, qu'il aille
03:01en Iran,
03:01ce qui me semble indispensable et détrôner ces mots-là, ça paraît.
03:05Personne ne peut avoir quoi que ce soit contre, à part certains qu'on connaît bien.
03:09Mais grosso modo, personne n'a rien contre.
03:11Sauf que pour le consommateur américain qui fait tout en voiture, y compris aller chercher son croissant à 50 mètres,
03:17à partir du moment où l'essence augmente de 30-40 %, c'est la punition immédiate.
03:22Donc, on n'est pas sur des sujets très philosophiques, on est vraiment sur du pragmatique.
03:26Et ça, c'est très important pour les Américains.
03:27Denis Jacquet, pour avoir une idée, c'est quoi les répercussions qu'on peut attendre après ces résultats pour Donald
03:33Trump ?
03:33Ça peut vraiment changer la donne pour la deuxième partie de son mandat ?
03:39Tout dépend du niveau d'observation que vous avez en France sur ce qui se passe au quotidien,
03:43parce que vous ne pouvez pas être sur tous les fronts en même temps.
03:46Mais Trump a fait tellement de choses en deux ans.
03:49à peu près toutes les semaines, il y avait une nouvelle mesure, des choses de fond extrêmement fondamentales.
03:55Je pense peut-être qu'il a fait ça aussi, c'est sa méthode, mais il a été tellement vite
04:00que finalement, les deux dernières années, on sait très bien qu'il y en a une qui est une année
04:03purement électorale
04:04et une année, allez, on va en dire, d'action.
04:06Bon, il va perdre une année d'action et puis le reste, ça sera de préparer celui qui va lui
04:11succéder.
04:12Donc, il a déjà pratiquement exécuté tout son programme, donc il lui aura suffisamment d'outils.
04:18Alors, on appelle ça des executive orders, c'est une sorte de décision qu'il peut prendre.
04:23Il est toujours le chef des armées, il peut toujours diriger les agences américaines et leurs politiques.
04:29Donc, il a encore énormément d'instruments pour diriger le pays et finir ce qu'il a à finir.
04:35Donc, oui, ça va l'handicapé.
04:36Il y a un certain nombre de choses problématiques qui demandent l'assentiment du Congrès qu'il n'aura pas.
04:40Et puis, de l'autre côté, lui, il va user de son véto pour faire en sorte que les démocrates
04:44qui vont vouloir passer encore tout un tas de choses comme les démocrates adorent le faire
04:48pour aggraver le déficit ne passeront pas.
04:51Donc, ça va être un peu comme en France, une situation un peu d'observation, de compromis.
04:57Bien sûr, il faudra passer le budget pour payer les fonctionnaires comme partout.
05:00Donc, ça ne sera pas la première fois.
05:02Donc, oui, ils vont être sur une espèce de balance dans laquelle chacun a une forme d'équilibre
05:07et ça va un petit peu stagner pour les deux prochaines années.
05:11Merci beaucoup, Denis Jacquet, entrepreneur français, donc installé aux Etats-Unis.
05:15Vous avez vécu cela de près.
05:17Merci de nous avoir partagé vos premières impressions.
05:19Et je vous souhaite une bonne nuit parce que je pense qu'à l'heure qu'il est, pour vous,
05:23c'est l'heure de vous coucher.
05:24Merci, en tout cas, d'avoir tenu et bien être avec nous ce matin sur Sud Radio.
05:28Merci.
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