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  • il y a 23 minutes
L'Ukraine vient de réussir sa plus grande attaque contre Moscou, avec pour la première fois le tir de missiles Pelikan et de drones à réaction pour ouvrir la voie aux missiles Flamingo. Une nouvelle démonstration de force et un défi technologique inédit.

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00:00 : Nouvelles frappes sur Moscou
01:04 : Missiles Flamingo et Pelikan
03:38 : Technologie française dans les missiles Ukrainiens
08:20 : Lenteurs administratives et partenariats industriels
09:37 : Jusqu'où ira Firepoint ?
12:30 : Comment la Russie produit des drones à réaction
15:13 : Des intercepteurs contre le Geran 5

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Transcription
00:00Dans la nuit du Dysnofo, 20 septembre, les Ukrainiens ont réussi une fois de plus à toucher le cœur de
00:05Moscou.
00:05Pour y détruire, accrochez-vous, la raffinerie de Kapotnia, qui produit normalement le pétrole pour la région de Moscou.
00:11Et on sait que les deux principales unités de distillation du brut ont pris feu,
00:15si bien que la raffinerie a arrêté le traitement du brut, et ça représentait quand même 230 000 barils de
00:20brut
00:21qui étaient jusque-là raffinés par jour, qui ne vont plus être produits pour être injectés dans l'économie russe,
00:25ce qui va augmenter les pénuries.
00:27Et on sait également que dans l'oblast de Moscou, il y a les entrepôts de Sofino,
00:30qui sont des complexes logistiques gigantesques qui ont brûlé.
00:34Et Zelensky a explicitement parlé de ces infrastructures logistiques qui étaient fondamentales,
00:38avec des images qui peuvent le confirmer.
00:40Donc, ce qui est nouveauté également, c'est l'utilisation pour la première fois de certains types de missiles de
00:46croisière
00:46qui jusqu'à maintenant n'étaient pas utilisés sur Moscou, parce que normalement,
00:49Moscou est trop bien protégé pour ce type de gros, gros vecteurs, les flamingos.
00:53Et deuxième élément, pour la première fois, les missiles balistiques, qui s'appellent le Pélican,
00:58qui a été utilisé notamment pour ouvrir la voie.
01:00Donc, je vous laisse regarder l'intervention que j'ai pu faire à la télé, et ensuite, je vous explique
01:04tout ça.
01:04En quoi ces attaques ukrainiennes massives de cette nuit sur la Russie sont inédites ?
01:09Qu'est-ce qui s'est passé exactement ?
01:11Alors, jusqu'à maintenant, on avait principalement des drones qui arrivaient sur Moscou.
01:16Pour la première fois, on a eu dans le cœur de l'oblast de Moscou, donc on est vraiment dans
01:20la ville,
01:20on a eu les missiles de croisière de plus grosse taille, qui sont normalement tellement gros qu'ils ne devraient
01:25pas passer.
01:26Ils sont capables d'aller à plus de 2000 kilomètres dans la profondeur russe,
01:29mais là, ils les ont envoyés sur la ville.
01:31Normalement, ce n'était pas possible.
01:32Et ce qu'on apprend effectivement de la bouche de Zelensky, c'est comment est-ce qu'ils ont réussi
01:36à ouvrir la voie,
01:38et donc détruire les systèmes de protection, les radars, etc.
01:42C'est en utilisant pour la première fois des missiles, pas des missiles de croisière, pas des drones, mais des
01:46missiles balistiques.
01:47La grosse différence, c'est qu'un missile de croisière, il va voler ben à 800, 900 kilomètres heure.
01:53Un missile balistique, il va être tiré, il va arriver quasiment à la verticale, il va arriver à 4000, 5000
02:00kilomètres heure.
02:00C'est très, très difficile à intercepter.
02:03Et donc, c'est probablement, par contre, leur portée est limitée à 300 kilomètres pour la version qui a été
02:08tirée,
02:08qui s'appelle donc le Pélican, et donc c'est celui qu'on est en train de voir à l
02:12'écran.
02:12Celui-là aussi, j'en ai une maquette que j'ai ramenée directement d'Ukraine, et donc lui, il est
02:17tiré à la verticale.
02:18Mais Xavier, donc si je comprends bien, le Pélican ouvre la voie pour ensuite d'autres missiles, les missiles Famigo.
02:27Et puis vous nous expliquerez pourquoi les Ukrainiens appellent tous leurs missiles avec des noms d'oiseaux, oui, voilà.
02:34Alors, c'est la même société qui a fait le Flamingo par le passé, qui va très vite à l
02:38'horizontale,
02:39et là, c'est le Pélican qui va beaucoup plus loin, c'est simplement des noms d'oiseaux.
02:42Et il y a même un troisième qui a été utilisé, là, on a retrouvé des débris, il s'appelle
02:46le Palianitsa.
02:47Et vous savez, on parle beaucoup des Guéranes 4, 5 à réaction.
02:51Et en fait, les Ukrainiens ont aussi des drones à réaction, qui s'appellent le Palianitsa.
02:56Simplement, les Ukrainiens n'en ont pas forcément besoin, parce que le taux d'interception de la Russie sur leurs
03:01drones de base,
03:01il est seulement autour de 60%, c'est-à-dire qu'il y a 40% des drones de base
03:06qui passent.
03:07Et les Russes, ils n'avaient plus que 5% de leurs drones de base qui passaient.
03:10C'est pour ça que les Russes ont dû passer sur des drones à réaction, qui passent maintenant à 40%.
03:15Eh bien, les Ukrainiens n'ont pas encore besoin de passer aux drones à réaction.
03:19Ils en ont quelques-uns qui vont utiliser pour ouvrir la voie, comme je viens de le faire ici,
03:23en détruisant des radars, des systèmes de défense aérien.
03:25Et ensuite, ils vont pouvoir lancer la masse, la grosse quantité de drones low-cost
03:30qui vont faire le travail, parce qu'il n'y a plus de défense face à eux.
03:32Donc, c'est d'abord le Pélican, ensuite, les drones low-cost.
03:37Alors, on a une image, je vais vous donner la parole tout de suite, Michel,
03:39mais on a une image qu'on vient de recevoir, Xavier, justement, qui a été officialisée par les Ukrainiens.
03:44Regardez, c'est l'image, sans doute d'hier soir, d'un missile flamingo. Est-ce que je me trompe
03:51?
03:51Alors, ça, c'est les flamingos qui partent à l'horizontale.
03:53Et ça, à la limite, c'est la dernière chose qui va être lancée,
03:56puisque, un, on envoie les Palianitsa et le FP7 qui va tout détruire.
04:01Et une fois que tout a été détruit, là, il va pouvoir avoir ce missile qui est très gros.
04:06On va rappeler quand même, c'est une tonne d'explosifs qui arrivent à plus de 800-900 km heure
04:11et qui vont, avec la vitesse, être capables de s'enfoncer dans le sol.
04:14Et en plus, Cocorico, il y a un peu de technologie française à l'intérieur.
04:18Sa capacité à voler très, très bas, c'est aussi parce qu'il y a des puces qui sont fournies
04:22par Safran
04:23et qui permettent d'avoir des moyens de navigation sans GPS ni quoi que ce soit
04:27et de suivre le sol à une altitude tellement faible que les radars russes ne le voient pas arriver.
04:33S'ils n'avaient pas ces technologies françaises, ils voleraient beaucoup plus haut
04:36et une partie de ces missiles se feraient intercepter.
04:39Je me demande si vous n'y êtes pas pour quelque chose.
04:42Bon, non, mais, alors, Pélican, Pélican, donc Michel Goyard, vous restez avec nous, bien sûr, Xavier Titoil,
04:47mais l'autre nom de ces missiles Pélican, c'est FP7, c'est ça ?
04:52FP, pour Firepoint, c'est la société qui fait...
04:54Ah oui, Firepoint 7, voilà.
04:55Voilà, oui, alors je précise, effectivement, Safran fournit notamment tout ce qui est guidage inertiel,
05:01c'est ce qui se fait de mieux au monde, il faut quand même le savoir en la matière.
05:04Donc Safran, une entreprise française, fabrique ce qui se fait de mieux au monde, selon vous,
05:11en ce qui concerne le guidage inertiel, expliquez-nous.
05:14Le guidage inertiel, il n'y a pas besoin de liaisons satellitaires, etc., c'est tout seul,
05:17vous avez un truc qui est programmé à l'intérieur du missile, du drone,
05:22enfin drone, c'est peut-être un peu trop low cost, ça coûte assez cher,
05:26mais au moins de missiles ou de bombes guidées.
05:28Les bombes guidées françaises qu'on fournit, elles sont ultra précises grâce à ça.
05:33C'est la plus grande précision au monde.
05:35Les Américains, ils sont loin derrière en la matière.
05:37On la vend à beaucoup de monde ?
05:39On la vend aux Ukrainiens, déjà, on la fournit aux Ukrainiens, déjà,
05:42et ensuite, pour là, c'est plutôt pour nous.
05:43Mais pour vous, c'est très bon, là, ce qu'ils ont fait,
05:45c'est-à-dire, stratégiquement parlant, ouvrir la voie avec ce pellicule ?
05:48Maintenant, ils savent quand même organiser des campagnes de frappes,
05:51des salves de frappes, quand même, de manière très, dite, complexe,
05:54c'est-à-dire qu'on combine des moyens très différents
05:57pour aboutir à quelque chose, quand même, de très efficace.
06:00Donc, on ouvre la voie avec ces systèmes.
06:01C'est ça.
06:02On tape sur...
06:02Vous avez une première barrière qui est juste à la frontière, si vous voulez.
06:05Vous avez tous les systèmes de défense, les radars...
06:06À la frontière de la Russie ?
06:08À la frontière de la Russie.
06:09Voilà, c'est le long du front en Ukraine et le long de la frontière russe.
06:14Là, vous avez une première ligne de défense, si vous voulez.
06:16Mais une fois que vous avez passé cette ligne,
06:18c'est le grand vide, la Russie, c'est le grand vide.
06:20Donc, les Russes ne peuvent pas tout défendre.
06:21Donc, ils défendent les points critiques, la capitale, etc.
06:24Mais pour le reste, une fois qu'on a passé cette première barrière...
06:26La voie est quasiment libre.
06:27La voie est libre jusqu'à l'objectif, pratiquement.
06:30Et ces missiles FP7, ils servent, justement,
06:32à ouvrir la voie dans cette première ligne de défense.
06:34Guillaume Roquet ?
06:35Oui, moi, j'ai une question à poser.
06:36Je ne sais pas si c'est à Xavier Tuttleman ou à M. Gisèle Goya.
06:39Que le meilleur répond !
06:41Sur le rôle de Safran.
06:43Parce que c'est très intéressant ce que vous nous racontez.
06:45Donc, Safran fournit donc, si j'ai bien compris,
06:48c'est ce système inertiel qui permet aux missiles de ne pas se faire repérer.
06:53Mais est-ce qu'on est dans le cadre d'une relation de fournisseur à client ?
06:58C'est-à-dire, les Ukrainiens disent, nous, on aurait besoin de ça, fournissez-le nous.
07:01Ou est-ce qu'on est dans une logique de coproduction, comme c'est très souvent le cas en Europe,
07:05où un très grand nombre de systèmes d'armes, notamment dans les missiles,
07:09se fabriquent avec des gens de plusieurs pays ?
07:12Non, là, on est complètement... Enfin, on est fournisseurs.
07:16Nous sommes clients. Enfin, ils sont clients.
07:18Nous leur vendons des équipements.
07:20De la même manière que les Israéliens vont vendre des caméras Raptor pour mettre sous les drones.
07:25Il y a énormément de pays qui vendent à l'Ukraine.
07:27C'est pour ça qu'on a vendu déjà à la France plusieurs milliards d'euros de tout ce qu
07:31'on a donné
07:31et tous les efforts.
07:32On a vendu plus de 3 milliards d'euros d'équipements à l'Ukraine.
07:35Des canons César, des radars, ce type de système de navigation, il y en a vraiment plein.
07:41Par contre, il y a un partenariat avec MBDA et Firepoint.
07:46On sait qu'ils travaillent ensemble sur un certain nombre de systèmes.
07:49On sait qu'il y a DEAL en Allemagne, on sait qu'il y a Leonardo en Italie.
07:52On sait qu'un certain nombre de pays sont impliqués pour aider les Ukrainiens,
07:55notamment, comme le disait Michel, pour que le FP7 puisse être efficace en tant qu'intercepteur.
08:01Parce que faire du balistique, je ne vais pas dire que c'est facile, mais c'est presque facile.
08:04Ce qui est compliqué, c'est de faire des intercepteurs à partir de ce même missile maintenant.
08:08Donc, on sait qu'il y a des partenariats qui sont tout à fait avérés et ouverts.
08:11Et nous ne serons qu'au producteur du système intercepteur,
08:14mais nous sommes simplement fournisseurs de sous-composants
08:17pour le système de destruction balistique d'attaque.
08:20Mais, Xavier Tittleman, ce missile FP7, donc ce missile Pélican,
08:24il a été donc développé par Firepoint, par les Ukrainiens,
08:27cinq fois plus rapidement que les Européens.
08:30Pourquoi ? Parce que c'est la guerre.
08:31Si on était cinq fois plus lent, je serais fier.
08:33Non, on est beaucoup, beaucoup plus lent que ça, en réalité,
08:35parce que le temps...
08:36Alors, je vais vous donner une anecdote interne que m'a donnée la PDG de la société.
08:40Le temps que leurs projets entiers aboutissent,
08:44entre le moment où ils disent qu'on va le faire
08:45et le moment où ils font les premiers tirs sur la Russie,
08:48la France et Safran n'avaient toujours pas réussi à obtenir l'autorisation,
08:52la signature de pouvoir fournir le fameux sous-composant dont on vient de parler.
08:56Donc, notre lenteur administrative a fait que les premières générations du Flamingo
09:00étaient moins efficaces que celles qui sont arrivées à partir du début de l'été.
09:05Et donc, il y a eu une lenteur administrative en Europe et en France
09:09qui fait qu'ils auraient pu aller beaucoup, beaucoup plus vite.
09:11Et oui, aujourd'hui, on aurait intérêt à passer des partenaires industriels
09:15pour faire des échanges et pour que la France puisse être équipée
09:19de ce type de systèmes qui sont très efficaces,
09:20en attendant peut-être dans 3 à 5 ans qu'on ait des systèmes souverains.
09:24Mais pour l'instant, on a des trous dans la raquette.
09:26Et ce serait peut-être effectivement intéressant de pouvoir obtenir,
09:29acquérir ces systèmes tels que le négocient les Allemands
09:32pour pouvoir éventuellement devoir s'en servir
09:34en attendant ensuite d'être complètement autonome dans le domaine.
09:37Donc, vous l'avez compris, les missiles comme le Flamingo,
09:39ils vont voler très vite à l'horizontale.
09:41Ils vont entre 700 et 900 km heure,
09:43950 km heure dans la phase descendante finale.
09:46Et ils volent plus qu'à quelques mètres d'altitude,
09:48ce qui fait qu'il faut normalement avoir des agents radar
09:50pour pouvoir les voir arriver.
09:52Et d'en mieux, les Russes n'ont plus que 4 avions radar
09:54parce que les Ukrainiens en ont détruit beaucoup.
09:56Et déjà à la base, les Russes n'en avaient pas énormément.
09:59Et donc, cette nouvelle génération de missiles balistiques,
10:02donc, hop, effectivement, j'ai le petit modèle réduit ici.
10:06Celui-là, c'est le FP-7.
10:07Celui-là, il va à peu près à 300 km de distance.
10:11Il va transporter une charge militaire de 150 kg.
10:13Il va monter, accrochez-vous, à 65 km d'altitude.
10:17Et quand il va redescendre, il va redescendre à 1500 mètres par seconde.
10:21Donc, c'est absolument gigantesque, évidemment.
10:23C'est plus de 5 fois la vitesse du son.
10:26Et c'est ce missile qui est en train d'être transformé
10:28avec le projet Freya pour en faire également un intercepteur
10:31pour que les Ukrainiens ne reposent plus
10:32sur les missiles Patriot et les missiles Aster-30
10:35pour leur défense aérienne contre les missiles balistiques
10:38qui sont les plus difficiles à intercepter.
10:41Le deuxième missile que font les Ukrainiens,
10:43il s'appelle le FP-9.
10:44Bref, c'est ça, mais en beaucoup plus gros.
10:46Et à ce moment-là, ils seront en capacité de toucher Moscou.
10:49C'est plus 1500 mètres par seconde.
10:51C'est 2200 mètres par seconde.
10:54Ce n'est pas 150 kg de charge utile.
10:55C'est 850 kg de charge militaire.
10:58Et c'est une altitude encore plus élevée
11:00parce que ça va descendre quasiment à la verticale.
11:02Donc là, j'ai presque envie de dire pour une fois,
11:05ce serait encore une fois,
11:06une arme suffisamment stratégique
11:08pour infliger des dommages irréparables
11:10sur des infrastructures critiques,
11:11y compris des bunkers très solides,
11:13très profondément enterrés.
11:15Donc ça, c'est vraiment une arme
11:16qui pourrait avoir des effets importants
11:18sur les états-majors
11:19et sur certaines usines
11:20que pour l'instant, les Ukrainiens ne peuvent pas toucher
11:22avec les équipements dont ils disposent.
11:24Et ça, ça doit arriver normalement
11:26à la fin de l'année, encore une fois.
11:27C'est une question de délai de production.
11:29Je vous l'avais dit,
11:30le FP-7,
11:31donc le Pélican,
11:32c'est son autre nom,
11:33a été testé une quinzaine de fois.
11:35Et là, c'était les premiers usages opérationnels
11:37sur le territoire russe
11:38et plus simplement sur l'Ukraine occupée.
11:40Le FP-9, ça avance bien.
11:42Et je vais rappeler un élément
11:43qui est souvent oublié.
11:45Firepoint, cette société,
11:46a réussi à satelliser
11:49deux petits satellites.
11:50Donc c'est-à-dire qu'ils ont des capacités
11:51qui dépassent largement
11:52les missiles balistiques.
11:53Je ne sais pas ce qu'ils font exactement
11:54avec ces satellites.
11:55On peut imaginer que, par exemple,
11:56s'ils envoient des drones et des missiles,
11:58s'ils veulent avoir un retour vidéo,
12:00ils ne peuvent pas se connecter à Starlink.
12:01Donc peut-être qu'ils mettent
12:02des petits satellites ponctuels
12:03qui ne vont pas forcément à des altitudes
12:05pour rester très longtemps en orbite.
12:08Mais peut-être que ça va permettre
12:09d'avoir un retour vidéo
12:10sur certains drones
12:11et de pouvoir les piloter jusqu'à l'impact.
12:13En tout cas, c'est le type de mission
12:14que j'imagine pour ces équipements
12:16de très haute qualité.
12:17Mais Firepoint, c'est-à-dire
12:18qu'ils dépassent largement
12:20les petits drones,
12:21les missiles de croisière,
12:22les missiles balistiques,
12:23le spatial maintenant.
12:24Évidemment, ils sont impliqués
12:25dans tout ce qui est autour
12:26de la communication
12:27et des systèmes de retour vidéo
12:28pour pouvoir rendre
12:29leur système efficace également
12:30sur le front.
12:32Maintenant, on va voir
12:33une deuxième petite partie
12:34de la vidéo sur justement
12:35le revers,
12:37ce que font les Russes
12:38avec les systèmes
12:38GERAN-4, GERAN-5,
12:40notamment ces missiles
12:41parce que finalement,
12:42c'est des drones
12:43Shade à réaction.
12:45Donc, les GERAN-4
12:46et les GERAN-5.
12:47Et enfin, on commence
12:47à avoir des solutions
12:49du côté ukrainien
12:49pour les intercepter.
12:50Je vous laisse avec la deuxième partie
12:52de mon passage sur LCI.
12:54Xavier Tutelman,
12:55restons un instant
12:55sur ces drones
12:56côté russes maintenant,
12:58les drones GERAN.
13:00Donc, ces drones GERAN,
13:01si je comprends bien,
13:03ce sont des armes
13:04plus du tout expérimentales,
13:05ce sont des armes
13:06de masse.
13:07C'est cela.
13:09Et leur moteur
13:10est équipé,
13:11leur moteur est chinois.
13:13Ce sont des composants chinois.
13:15Oui, ce n'est pas réellement
13:16une nouveauté en réalité.
13:17Il faut bien comprendre
13:18que ce n'est pas une technologie
13:20qui est innovante.
13:21Ces drones missiles
13:23n'ont absolument rien
13:24d'extraordinaire.
13:25Ils existaient même depuis
13:26plus d'un an et demi.
13:27Le problème, simplement,
13:28c'est que les russes
13:29n'arrivaient pas
13:30à les massifier.
13:31Et donc,
13:31ils avaient toujours
13:32continué à produire
13:32des GERAN et des CHAED
13:34à Hélice,
13:35mais les ukrainiens
13:36avaient développé
13:36des intercepteurs.
13:38La grosse différence,
13:39c'est que les chinois
13:39et les russes de leur côté
13:41ont réussi à récupérer
13:42un certain nombre
13:43de machines outils
13:43qui leur manquaient
13:44pour passer
13:45à la production industrielle.
13:46Par le passé,
13:47on dit qu'ils produissaient
13:48sûrement une soixantaine
13:49par mois
13:49avec les principes généraux
13:52industriels
13:53quand on travaille
13:54avec des forges.
13:55Et là,
13:55ils ont réussi à récupérer
13:57des imprimantes 3D
13:58à métal
13:59qui sont a priori
14:00beaucoup plus complexes
14:01mais qui permettent
14:02de produire
14:02ces moteurs à réaction
14:04pour seulement
14:0440 000 dollars
14:05et à une cinquantaine
14:08d'unités par jour.
14:09On passe de 70 par mois
14:11à 50 par jour.
14:12Et c'est ça qui fait
14:13qu'ils arrivent aujourd'hui
14:14à tirer 1500 drones
14:16à réaction par mois.
14:17Donc,
14:18c'est des quantités colossales
14:19qui en soi
14:20sont faciles à intercepter.
14:21Si les Ukrainiens
14:22avaient juste des roquettes
14:23guidées laser
14:24qui ne coûtent même pas
14:24le prix du moteur
14:25pour intercepter
14:26tous ces systèmes,
14:27ils n'auraient aucun problème
14:28les Ukrainiens.
14:29Ils sont faciles
14:31à intercepter,
14:32certes,
14:32mais vous savez très bien
14:33que justement,
14:34ça pose un problème
14:34d'interception
14:35aux Ukrainiens.
14:36C'est la saturation.
14:38C'est uniquement la saturation.
14:39Tout à l'heure,
14:40on parlait par exemple
14:41des missiles balistiques.
14:42Les missiles balistiques,
14:42là,
14:43il faut des technologies
14:43que les Ukrainiens
14:44ne peuvent pas produire
14:45tout seuls
14:46et que nous ne leur fournissons
14:46pas en quantité suffisante.
14:48Mais pour ces Garand
14:49que l'on voit à l'écran,
14:49une simple requête guidée
14:51que Thalès produit
14:52par centaines chaque semaine
14:54sur ses sites en Belgique
14:55ou en France,
14:56on saurait être capable
14:57d'intercepter ces Garand
14:58à partir du moment
14:58où on a des lanceurs.
14:59Les avions de chasse
15:00sont capables de le faire,
15:01les stations au sol
15:02sont capables de lancer
15:03ces requêtes guidées laser.
15:04Donc là,
15:05c'est une question
15:05de transfert de capacité
15:07à l'Ukraine
15:07pour quelque chose,
15:08encore une fois,
15:09qui a un coût
15:10relativement modique
15:11par rapport aux destructions
15:12qu'il va falloir reconstruire
15:13par la suite.
15:14Le Garand 5,
15:15justement,
15:16Michel Goya,
15:16il est très intéressant
15:17parce qu'il ressemble
15:18à un petit missile
15:19de croisière.
15:21Il mesure 6 mètres,
15:22en vergure 5,5 mètres.
15:24Il peut être lancé,
15:25donc il a également
15:25un moteur chinois,
15:26il peut être lancé
15:27d'un avion ou du sol
15:29avec une ogive
15:29de 90 kilos.
15:30Mais alors,
15:31si j'ai bien compris,
15:32c'est peut-être
15:32la réplique
15:33d'un autre drone iranien.
15:37Oui, c'est possible,
15:38mais je pense qu'il est
15:40peut-être un peu plus rapide
15:41que ça,
15:41le Garand 5,
15:42que 350 kilomètres heure.
15:44Mais il faut bien
15:45comprendre une chose aussi,
15:46c'est que tous ces engins
15:48qui sont beaucoup plus rapides
15:49que les Garand 1 et 2
15:51que l'on connaissait,
15:52quand vous les tirez
15:53très près, par exemple,
15:54donc récemment,
15:55il y a eu un centre commercial
15:56de Crivery
15:57qui a été frappé
15:58par des Garand,
16:00Garand 4 ou 5.
16:01Mais quand vous êtes
16:02à 50,
16:03ce centre commercial,
16:04il y a 50 kilomètres
16:05à la ligne de front.
16:06Donc quand vous avez
16:06un truc qui tape
16:07à 600 kilomètres heure,
16:08ça ne vous laisse
16:09que quelques minutes
16:10à la défense
16:11pour essayer
16:12de l'intercepter.
16:13Donc les choses
16:13sont beaucoup plus compliquées.
16:15Quand vous avez
16:16un chahed
16:16qui met des heures
16:17pour traverser
16:18toute l'Ukraine,
16:19c'est quand même
16:21beaucoup plus facile.
16:21Là,
16:22cette vitesse en soi,
16:23ça devient un avantage.
16:25Et quand vous tirez
16:26très près du front,
16:28ça devient très compliqué
16:30à intercepter.
16:31Hier,
16:32le président ukrainien
16:33Volodymyr Zelensky
16:34a publié cette vidéo
16:35d'interception
16:36justement par les Ukrainiens
16:37de ce petit missile,
16:41de ce drone Garand 5.
16:43Et j'aimerais vous demander,
16:45Xavier Titelman,
16:46justement,
16:47si on voit bien
16:48qu'il a une aile
16:49en forme de delta,
16:50ce Garand 5.
16:51Comment l'intercepter ?
16:52C'est quand même
16:52une question compliquée.
16:54Et il a été lancé,
16:55si je comprends bien,
16:56ce drone ukrainien
16:57au sol
16:58par une catapulte.
17:01Alors,
17:01les Ukrainiens
17:02ont développé
17:02une nouvelle génération
17:03d'intercepteurs,
17:04justement,
17:04des intercepteurs
17:05à réaction
17:06pour eux aussi
17:07pouvoir aller
17:08à 600-700 km heure.
17:09C'est juste
17:10le cours à la vitesse.
17:11L'intercepteur
17:12qu'on voit ici,
17:12effectivement,
17:13il a une aile en delta.
17:14L en delta,
17:15ça veut dire
17:15que c'est en forme de D.
17:16Donc,
17:16c'est vraiment
17:17la forme qui est aujourd'hui
17:19opérationnelle,
17:20efficace.
17:20Et le Garand 5,
17:22qui effectivement
17:22est une version russe
17:24du Karar iranien.
17:26C'est un missile de croisière
17:27du point de vue iranien
17:28les Russes
17:29l'ont appelé Garand
17:30comme si c'était
17:30une famille cohérente,
17:31mais ce n'est pas le cas.
17:32Il va effectivement
17:33à plus de 600 km heure.
17:34Les Ukrainiens
17:35ont validé déjà
17:36à plusieurs reprises
17:37l'interception
17:38de ces Garand 5
17:39à 600 km heure
17:40par leurs intercepteurs
17:41qui vont plus vite.
17:42Et maintenant,
17:43les Ukrainiens,
17:43ils en sont
17:44à l'industrialisation.
17:45Mais ils me disent
17:46qu'il leur faut encore
17:46plus de deux mois
17:47pour produire.
17:48Il faut qu'ils produisent
17:49deux fois plus d'intercepteurs
17:50que les Russes
17:50ne produisent
17:51de vecteurs offensifs.
17:53Donc si les Russes
17:54font 1500 Garand
17:56par mois
17:56à réaction,
17:57il leur faut au moins
17:583000 intercepteurs
17:59par mois.
18:00Et ça, malheureusement,
18:01sera plutôt dans le cours
18:01du mois de novembre
18:02qu'ils devraient y arriver.
18:03Donc à ce moment-là,
18:04ils auront certainement
18:05une meilleure capacité
18:06de se protéger.
18:06Mais il y aura
18:07deux mois
18:08de vraies souffrances
18:08avec 40%
18:09de ces vecteurs russes
18:10qui vont passer.
18:11Merci infiniment
18:12Xavier Titelman
18:13pour toutes ces précisions.
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