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  • il y a 2 heures
Pour ce nouvel épisode de "Chocs du monde", le magazine des crises et de la prospective internationale de TVL, Édouard Chanot reçoit Laurent Ozon.

Macron surjoue-t-il la menace russe ? Après les frappes sur les raffineries de Moscou, Emmanuel Macron a de nouveau assuré Volodymyr Zelensky de son soutien, ce 22 septembre à New York, en marge de l’Assemblée générale de l’ONU. Quelques jours plus tôt, l’Élysée convoquait les chefs de partis pour les alerter sur une « menace hybride » russe.

L’angoisse monte dans les médias et dans une partie de la société française. Mais cette peur est-elle justifiée ? Ou sert-elle un autre récit ?

Essayiste et analyste, Laurent Ozon vient de publier Quand mon compte X disparaîtra, 200 tweets sauvés du goulag numérique. Il donnera une conférence à Paris le 26 septembre sur les effets du stress collectif. Inscription : laurentozon.fr

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Transcription
00:12Générique
00:20Bonjour à tous et bienvenue dans Choc du Monde, le magazine des crises de la prospective internationale de TVL.
00:26Emmanuel Macron a de nouveau rassuré Volodymyr Zelensky de son soutien cette nuit à New York,
00:31en marge de l'Assemblée Générale de l'ONU, 48 heures, après des frappes sur les raffineries de Moscou.
00:37La semaine passée, l'Elysée a convoqué des dirigeants, les dirigeants de partis français, pour les alerter sur la menace
00:44russe.
00:44Or, selon plusieurs sources, Emmanuel Macron surjoue cette menace hybride de la Russie.
00:49Pourtant, l'angoisse monte dans la société française, dans les médias françaises aussi.
00:53Mais cette peur est-elle justifiée ? Nous allons en parler et nous allons en parler avec Laurent Ozon.
00:59Laurent Ozon, bonjour.
01:00Bonjour.
01:00Merci d'avoir répondu présent à l'appel de Choc du Monde.
01:04Vous êtes essayiste, d'ailleurs vous êtes sur le point de publier un nouvel essai, pardon, il vient d'être
01:08publié.
01:09Quand mon compte X disparaîtra, 208 sauvés du goulag numérique.
01:13Et vous avez travaillé sur les effets du stress collectif.
01:16D'ailleurs, samedi prochain, le 26 septembre, vous donnerez une conférence à Paris sur ce concept qui est, à vrai
01:22dire, assez fascinant.
01:23Et sur son auteur, le philosophe Heiner Müllmann.
01:26Selon lui, les cultures humaines se reconfigurent autour d'effets dements tragiques, intenses.
01:30Et selon vous, les épisodes de stress donnent sens à l'État.
01:34Pour s'inscrire, rendez-vous sur le site loronzon.fr.
01:37Et donc, nous allons en parler.
01:39Nous allons parler de cette thèse du stress collectif.
01:42Parce qu'il éclaire, parce qu'elle éclaire la crise actuelle.
01:44Et je vais commencer justement par les propos de Volodymyr Zelensky.
01:49Sur X, le 20 septembre, le dirigeant ukrainien a nommé les missiles qui ont servi à frapper les raffineries de
01:55Moscou.
01:56Avant, bien sûr, une riposte russe.
01:58Mais il n'a pas nommé ses sponsors, à savoir les États européens.
02:02Il les a simplement remerciés.
02:03Alors, Laurent Ozon, je voudrais savoir, dans quelle situation sommes-nous, selon vous ?
02:07Dès 2022, Henri Guénaud craignait, je cite, la marche de somnambule qui nous mènerait, nous Français, vers la guerre.
02:14Y sommes-nous ? Mais alors, à quelle guerre faisons-nous face ?
02:18Est-ce cette guerre hybride qui est omniprésente dans les médias aujourd'hui ?
02:23Alors, nous ne sommes pas en guerre.
02:25C'est un fait.
02:27Nous avons, par contre, à la tête de l'État, une personne qui a engagé la France de façon hybride,
02:35pour le coup, dans cette guerre,
02:37en cachant globalement l'ensemble des actions de l'armée française, des participations de l'État français à cette guerre.
02:48On peut dire que, d'une façon générale, on sait qu'un certain nombre d'opérateurs, d'acteurs, de militaires,
02:55ont été déployés en Ukraine.
02:58Et on sait aussi que cette participation de la France à cette guerre n'est pas isolée.
03:03C'est aussi une action qui a été entreprise en Allemagne, notamment, etc.
03:07Bon, ça, c'est un fait.
03:11Ensuite, il y a le discours sur la guerre.
03:14Il y a la guerre et il y a le discours sur la guerre.
03:16Bon, aujourd'hui, le discours sur la guerre, je dirais, revient, et comme il a d'ailleurs été utilisé par
03:20Emmanuel Macron depuis son premier quinquennat,
03:26puisque le leitmotiv « nous sommes en guerre » est une vieille rengaine d'Emmanuel Macron, qu'il a utilisé
03:31pour la crise Covid et pour d'autres.
03:32Et on a affaire là, donc, à un comportement assez caractéristique que les experts en psychologie connaissent bien,
03:40qui consiste, en fait, à s'imposer, en quelque sorte, à s'imposer comme recours, à s'imposer tout court,
03:46d'ailleurs,
03:47dans les esprits, dans les imaginaires, en créant la peur, en créant le stress autour de lui.
03:53Et ce type de comportement-là a été récurrent chez Emmanuel Macron depuis le départ.
04:00C'est-à-dire qu'il ne s'est jamais posé, je dirais, en chercheur de solutions, en acteur de
04:09diplomatie, etc.
04:12Toutes les crises de ces quinquennats, de ces deux quinquennats, ont systématiquement fait l'objet de récupérations, d'utilisations,
04:19en vue de stresser la population, c'est-à-dire en vue de créer une sorte de stress intense dans
04:23la population.
04:25Cette recherche de stress, c'est-à-dire cette volonté de créer en permanence un état de stress dans la
04:29population,
04:30qui est différent, encore une fois, je dirais, des implications des choix diplomatiques,
04:34ou de l'absence de choix diplomatiques, d'ailleurs, ou de l'impuissance diplomatique de la France dans la guerre
04:39en Ukraine,
04:39ou dans la guerre menée par les États-Unis et Israël contre l'Iran, par exemple.
04:44Ça, c'est l'impuissance de la France, ou la participation de la France, c'est encore autre chose.
04:47Ce sont des commentaires, je dirais, qui portent sur telle décision et telle décision, qu'on peut discuter, contester, etc.
04:55Sur le strict plan de l'action sur le corps social, c'est-à-dire sur la population,
05:00tous ces prétextes, toutes ces crises ont servi à Emmanuel Macron pour, globalement, atteindre,
05:06essayer d'atteindre, en fait, les populations, et créer un effet de sidération,
05:12dont il essaye toujours de profiter, globalement, pour s'attaquer aux intérêts fondamentaux de la nation.
05:16Et que ça soit par des transferts de souveraineté, que ça soit par des concessions,
05:22qu'elles soient par des engagements abusifs sur des théâtres d'opération qui ne nous concernent pas
05:28ou sur lesquels nos intérêts ne sont pas directement en jeu.
05:32Bref, pour toutes ces raisons-là, je dirais, on a affaire là, typiquement, à un comportement de sociopathe caractérisé.
05:41Je ne vais pas au-delà, je pourrais entrer dans les détails, mais il y a des gens qui l
05:44'ont fait.
05:45Et de quelqu'un qui se comporte, avec la population française, comme un pervers narcissique,
05:51cherchant en permanence à se mettre au centre du jeu et à créer en permanence ce climat de frayeur,
05:57de peur, par un personnage trouble, troublé, qui cherche en quelque sorte à exister politiquement,
06:07au milieu, je dirais, d'un désastre économico-social qui est le résultat de sa politique,
06:14et au milieu aussi d'une détresse profonde d'une partie de la population française.
06:19Parce qu'il entretient, bien entendu, le chaos généralisé.
06:22Les réponses sont différentes, évidemment, en fonction des pays, des peuples, etc.
06:26Évidemment, en Allemagne, il y a bien sûr ces victoires de l'AFD.
06:30Dimanche dernier, bien sûr, en Mecklenburg-Pomeranie.
06:33Toute la presse agite la peur de l'extrême-nâtre.
06:38Dimitri Peskov, le porte-parole du Kremlin, lui, a évoqué des erreurs stratégiques de Berlin.
06:42Je vous propose de l'écouter.
06:43Ce sont évidemment des propos qui sont qualifiés par certains d'ingérence.
06:46Peut-être aurez-vous un propos, vous aussi, là-dessus.
06:49Et aussi, nous voulons dire que, en grande partie,
06:52la baisse de la compétitivité de l'économie allemande vient du fait que l'Allemagne a cessé d'acheter du
06:56gaz russe bon marché
06:57et s'est mise à acheter du gaz très cher, parfois plusieurs fois plus cher,
07:01sur le marché spot, en provenance d'autres pays, principalement des États-Unis d'Amérique.
07:07Naturellement, les Allemands, du moins une partie d'entre eux,
07:10cherchent une alternative au pouvoir en place afin d'améliorer leur situation.
07:14C'est un processus naturel.
07:20Un processus naturel.
07:21C'est pour ça que je voulais écouter, que l'on écoute Pescoff, parce que c'est amusant, ce choix
07:27de mots.
07:28Du côté de Friedrich Merz, le chancelier allemand, il voit différemment, bien entendu, les choses, la crise dans son pays.
07:33Il déclare qu'être résolu, être à la hauteur des défis historiques auxquels son pays est confronté.
07:40Ma question, elle porte sur le discours, encore une fois, des élites, qu'elles soient allemandes et françaises.
07:46Pensez-vous que les élites sont en mesure de contrecarrer l'essor en Allemagne de l'AFD,
07:51mais de manière générale, d'autres formations à travers l'Europe,
07:53ou que leur discours, certes, en fait, permet de nourrir cette révolte ?
08:02Il faut regarder les résultats pour pouvoir vous répondre.
08:05Et les résultats ne sont pas extrêmement brillants.
08:07La CDU a été éliminée, n'a pas passé la barre des 5% en Méclande-Poméranie,
08:12ce qui est la première fois depuis sa création, depuis 1945.
08:17Donc, c'est quand même un score catastrophique,
08:19qui a été qualifié de désastre par le chancelier Merz lui-même.
08:23Donc, on peut dire que, d'une façon générale, c'est effectivement,
08:28le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il n'arrive pas,
08:31voire il produit, sa politique produit des réactions,
08:35et des réactions qu'il ne désire pas, enfin, qu'il prétend pas désirer.
08:38Il faut s'intéresser à ce qui s'est passé à Berlin aussi,
08:41avec le vote dans l'autre élection régionale qui avait lieu,
08:45qui a montré l'arrivée, qui a donné des résultats importants à D-Link,
08:50qui est l'équivalent de LFI, si on peut faire un peu simple,
08:54qui est un peu l'équivalent de LFI en Allemagne,
08:57dans une mégapole, essentiellement dans un électorat habitant en mégapole.
09:03Donc, qu'est-ce que ça nous dit, ces deux résultats-là ?
09:05On a d'un côté, je dirais, un land qui est globalement,
09:10correspond à la France périphérique, d'un côté,
09:12et qui a voté à FSD, donc Alternative for Deutschland,
09:15qui est un parti qui souhaite sortir de l'Union Européenne
09:19et qui souhaite engager une inversion des flux migratoires,
09:24et aussi rétablir des relations saines avec la Fédération de Russie
09:27sur les questions énergétiques.
09:30Bref, qui souhaite faire l'exact inverse de la politique de Mertz,
09:33parce que la politique de Mertz, c'est immigration de masse,
09:38coupure énergétique avec la Russie,
09:42climat de guerre et donc tous les impacts que cette politique a sur la vie quotidienne des gens.
09:50Et de l'autre côté, on a, je dirais, le miroir de ce vote dans la mégapole,
09:57avec des populations qui sont forcément très différentes,
09:59puisqu'il y a beaucoup plus d'autonomie, je dirais, dans la périphérie allemande,
10:06dans le milieu rural, petite ville, etc.,
10:08qu'il y en a dans les populations de mégapoles,
10:10qui sont des populations plus hétérogènes,
10:12plus dépendantes, je dirais, de l'économie monde,
10:15des flux de l'économie monde, des veines de l'économie monde,
10:18et des veines institutionnelles,
10:21c'est-à-dire des emplois d'État, pour faire simple,
10:23et des emplois de multinationales ou de grosses structures,
10:26de grosses entreprises dans le centre de Berlin.
10:29Et donc, évidemment, on a deux types de populations différentes.
10:31Et donc, la population des hypercentres se réfugie dans un vote qui...
10:35Enfin, cherche un vote qui lui permette de verrouiller, en quelque sorte,
10:39ses acquis, ses acquis sociaux, notamment,
10:41ses acquis en matière de logement, etc.,
10:44face à une crise qui menace et l'économie monde,
10:47et qui déstabilise les institutions,
10:49avec le taux d'endettement qu'on connaît, etc.
10:51Et on a, de l'autre, un électorat qui cherche à...
10:54En quelque sorte, en Allemagne périphérique, si je puis dire,
10:58qui cherche à se sortir du carcan dans lequel il se trouve entraîné,
11:02avec cette course vers la guerre,
11:05cette frénésie immigrationniste, etc.,
11:08et qui vote plutôt à droite.
11:12Voilà où on en est.
11:13Et on a une configuration, quand je l'explique comme ça,
11:15tout le monde comprend bien qu'on a des configurations
11:18qui sont sensiblement identiques en France,
11:20et pas que.
11:21Et pas que, puisqu'en Angleterre, on a aussi ce type de configuration-là.
11:24C'est-à-dire, globalement, avec un pouvoir qui est à chaque fois...
11:27qui a toutes les mêmes caractéristiques,
11:29qui est fondamentalement et obsessionnellement favorable
11:33à une logique de guerre
11:35et à une logique conflictuelle avec la Russie,
11:37qui fait le jeu des États-Unis,
11:41qui est favorable à l'immigration de masse,
11:43qui est en même temps mène une politique,
11:44qui est une politique qui est désastreuse sur le plan aussi bien culturel,
11:47identitaire, qu'industrielle, économique et financière,
11:50et sociale, donc.
11:52Et donc, on a face à ça deux types de réactions,
11:54parce qu'on a deux types de populations
11:55avec des intérêts différents,
11:57et donc qui vont se cristalliser très probablement
11:59dans les urnes aussi chez nous pour 2027.
12:01Alors, vous évoquez la France.
12:02Évoquons la France.
12:04Emmanuel Macron, je le disais d'ailleurs,
12:05a réuni les dirigeants des partis le 18 septembre dernier à l'Élysée.
12:09C'était une réunion à huit clous,
12:10consacrée au conflit d'Ukraine et du Moyen-Orient,
12:13et évidemment à leurs conséquences pour la France
12:16au niveau sécuritaire et énergétique.
12:18Le même jour, le Kremlin a mis sous tutelle
12:20les entreprises françaises encore présentes en Russie,
12:23par exemple au champ.
12:24Le 17 septembre dernier,
12:26le Rassemblement national,
12:27ou plus précisément Marine Le Pen et Jordan Bardella,
12:29ont, je cite, estimé que la Russie
12:31ne peut dicter la politique de la France par la menace.
12:34Comment expliquez-vous cela ?
12:36Est-ce l'effet drapeau ?
12:38Que faut-il faire de cet effet drapeau ?
12:40Alors, d'abord, moi je comprends
12:42qu'en tant que politiciens français,
12:43et donc chargés des intérêts français,
12:46et en particulier quand on se présente à une présidentielle,
12:49on s'inquiète et on défend les intérêts français,
12:52y compris quand ces intérêts sont à l'étranger.
12:54Et donc, évidemment,
12:55la mise sous tutelle d'avoir français en Russie
12:59appelait forcément un commentaire critique
13:01de la part d'un parti qui défend les intérêts français en France.
13:04Il n'y a pas de doute là-dessus.
13:05Bon, il aurait été par contre un petit peu plus honnête
13:08de la part du Rassemblement national
13:10de rappeler que cette politique,
13:13c'est-à-dire celle qui a abouti à la mise sous tutelle de ces avoirs-là,
13:17n'est que la réponse très tardive,
13:19et quand je dis tardive, c'est vraiment très très tardive,
13:22des avoirs et des gels d'avoirs russes
13:24qui ont été effectués par la France et en France
13:27depuis 2022.
13:29Puisqu'on parle là de près de 25 milliards aujourd'hui de gels,
13:32d'avoirs russes officiers,
13:35gelés dans les banques commerciales françaises,
13:36d'avoir de particuliers, d'entreprises, etc.
13:40Donc ça fait depuis 2022
13:41qu'il y a des gels d'avoirs russes en France
13:43pour des sommes énormes.
13:4525 milliards, c'est considérable.
13:47Et on peut s'étonner que la Russie
13:50ait attendu autant de temps
13:51pour mettre en place des mesures,
13:52je dirais, de réponses
13:53qui se veulent être des réponses, en fait,
13:55à cette politique.
13:57Et donc il aurait été, à mon avis,
13:58plus honnête de la part du Rassemblement national
14:00de dire, ok, nous, on désapprouve ça,
14:05nous nous opposons au fait
14:07que la Russie saisisse des avoirs
14:09et cherche à influencer notre politique
14:11en saisissant des avoirs français en Russie.
14:13Mais il aurait été plus judicieux aussi
14:14de rappeler, dans le cadre, je dirais,
14:16de la situation en France,
14:17que c'était aussi directement le résultat
14:19de la politique menée par Emmanuel Macron
14:21et par l'Union Européenne
14:22contre la Russie depuis 2022.
14:25Alors, est-ce une partie de cette guerre hybride
14:28dans la situation à laquelle nous faisons face ?
14:32Oui et non, parce que le terme de guerre hybride
14:34est utilisé à tort et à travers.
14:36Bon, il y a un petit point
14:38qu'il faut avoir à l'esprit,
14:39c'est que quand on écoute Emmanuel Macron,
14:40en général, il faut comprendre
14:43qu'il parle, quand il parle des autres,
14:44il parle assez souvent de lui.
14:47Donc, le concept de guerre hybride
14:49est un concept un petit peu,
14:50je dirais, appréci, mal défini,
14:52on va dire qu'en...
14:53Enfin, qui est fourre-tout,
14:54c'est pour ça.
14:55Oui, c'est ça.
14:55On parle plutôt, en général,
14:57de guerres de quatrième génération,
14:58c'est-à-dire des guerres qui visent,
14:59en fait, à affaiblir le lien
15:01ou à distendre ou à brouiller le lien
15:03entre une population et son État
15:04et donc à rendre cet État impuissant,
15:06dysfonctionnel ou illégitime.
15:09Et là, tous les moyens sont bons,
15:10c'est, en général, le trafic de drogue,
15:13les guerres de partisans, le terrorisme,
15:16la culture, la propagande culturelle
15:18ou la contre-propagande culturelle, etc.,
15:21l'espionnage, etc.
15:22Les sociétés occidentales se sont spécialisées
15:24dans ces guerres de quatrième génération.
15:26C'est-à-dire que nous avons,
15:27en même temps que nous nous sommes désindustrialisés,
15:29à partir des années 90 surtout,
15:31nous avons aussi désindustrialisé
15:34notre façon de faire la guerre.
15:35C'est-à-dire que nous sommes passés des guerres
15:36qui étaient des guerres de mobilisation industrielle
15:40et à des guerres d'influence,
15:42à des guerres de déstabilisation des autres États,
15:45mais qui reposaient toujours sur le fait
15:47que derrière, en fait, on présupposait
15:49que l'Occident, et essentiellement donc les États-Unis,
15:53avaient les moyens techniques, je dirais,
15:55de revenir à des phases de guerre antérieure,
15:57c'est-à-dire à des guerres de deuxième ou troisième génération,
15:59à des guerres de mobilisation,
16:01de moyens, de techniques, de matériel, etc.
16:04Et cet équilibre-là fonctionnait jusqu'à 2022 précisément,
16:09où on s'est aperçu que si la Russie avait perdu
16:12la guerre de quatrième génération,
16:13la guerre d'influence que lui ont fait les États-Unis
16:17et l'Union européenne en Ukraine,
16:20elle s'est rapidement mise en situation
16:22de tenir tête, en revenant en fait
16:25à des méthodes de guerre industrielles,
16:27c'est-à-dire à la guerre de deuxième génération,
16:29elle s'est mise en situation de tenir tête
16:31à l'ensemble des moyens militaires
16:32de l'ensemble des pays de l'OTAN réunis contre elle.
16:35Quand on compare les budgets,
16:36ce qui est absolument phénoménal,
16:38quand vous comparez les budgets de défense
16:40des pays de l'OTAN et ceux de la Russie,
16:42vous êtes dans un rapport de 1 à 40 je crois,
16:44enfin c'est un truc énorme.
16:45Et donc personne ne comprend en fait
16:47la résilience russe et l'efficacité russe
16:51dans ce domaine-là,
16:52et cette efficacité tient en partie au fait
16:54que précisément l'ensemble des pays occidentaux
16:57se sont en quelque sorte convertis
16:58et se sont désindustrialisés,
17:00donc perdus leurs moyens de mettre en place
17:02des guerres de matériel.
17:03C'est ce qui fait qu'aujourd'hui,
17:04les Américains sont à court
17:05de missiles de défense patriotes contre l'Iran.
17:08C'est ce qui fait qu'ils ont de plus en plus de mal
17:11à fournir du matériel militaire,
17:12y compris du matériel qui a été commandé
17:14par des pays de l'Union européenne
17:15et ils ont annoncé des reports
17:16de 2, 3, 4, voire 5 ans
17:19sur des livraisons de matériel
17:20qui ont été passés par des pays
17:22qui prétendent appartenir à l'Union européenne
17:23mais qui achètent tout leur matériel aux États-Unis.
17:25Matériels qui sont dépendants
17:26dans leur fonctionnement
17:28de la bonne volonté des Américains.
17:29C'est pour ça que les gens
17:30qui vous parlent de souveraineté européenne
17:32et de la défense et de la souveraineté européenne
17:34se moquent du monde.
17:35Mais c'est un autre sujet.
17:37En tout cas, voilà,
17:37la réponse à votre question, c'est ça.
17:39C'est que nous sommes effectivement
17:43passés d'une guerre de quatrième génération
17:45à une guerre de seconde génération
17:46à une guerre industrielle classique
17:49avec des développements techniques
17:50un peu originaux comme les drones, etc.
17:52en Ukraine.
17:53Mais la guerre de quatrième génération,
17:55la guerre d'influence,
17:56la guerre de déstabilisation,
17:57la guerre pour les esprits,
17:59en quelque sorte,
17:59et qui vise à déstabiliser
18:01ou à briser le lien
18:02entre les États
18:03et leur population,
18:05agit toujours.
18:06Est-ce que les Russes
18:06sont passés maîtres dans l'action,
18:08dans l'art,
18:09de nous faire une guerre
18:09de quatrième génération ?
18:10Ma réponse est non.
18:13Toute l'expérience que j'ai
18:14montre que les Russes
18:15ne s'intéressent pas beaucoup
18:16à essayer de mobiliser les moyens.
18:19Je ne dis pas qu'il n'y a pas
18:19des petites actions
18:20qui sont menées ici et là,
18:21mais quand on compare
18:23les moyens de la Russie
18:24avec les moyens des États-Unis
18:25en la matière,
18:25c'est quelque chose de...
18:27Vous dites déjà
18:28que c'est une riposte
18:29après des années et des décennies.
18:31Oui, mais c'est risible.
18:32En termes de moyens,
18:33c'est risible, surtout.
18:33On évoque la tentative
18:35d'une attaque de drone
18:36à Leipzig,
18:37on évoque bien sûr
18:38la présence médiatique
18:40de, je ne sais pas,
18:40de Xenia Fedorová, etc.
18:42Pour vous,
18:42il y a une disproportion,
18:43il y a une asymétrie.
18:44Non, mais parlons de...
18:45Si on veut parler
18:46de Xenia Fedorová...
18:47Non, non,
18:48je ne tenais pas
18:49à vous lancer là-dessus,
18:50c'était pour lancer
18:50plutôt sur l'asymétrie
18:52entre la France,
18:54l'Occident,
18:54l'Europe
18:55et la Russie.
18:57Oui, alors précisément
18:58cette asymétrie,
18:59elle se reflète typiquement
19:00dans le cas de cet exemple-là
19:01avec Xenia Fedorová
19:03où on a une,
19:05je dirais,
19:06une éditorialiste
19:07qui est favorable
19:09donc au plus proche
19:11des intérêts russes
19:11et favorable à la paix
19:12entre la France
19:14et la Russie
19:15qui se retrouve
19:17en fait mise à l'écart
19:19et alors que nous sommes
19:20obligés de subir
19:21depuis maintenant
19:22plusieurs années,
19:23des intervenants
19:24plus hystériques,
19:25radicaux
19:26et délirants
19:27les uns que les autres.
19:28Le dernier en date
19:28c'est Macha Meryl
19:29sur LCI
19:31et nous sommes obligés
19:32de subir ça
19:32depuis des années.
19:33Donc on voit bien
19:34que là encore
19:35dans le,
19:35je dirais,
19:36dans le dispositif
19:38général d'influence
19:40il y a une sorte
19:40d'hystérique
19:41en fait folle
19:42qui attribue à la Russie
19:43des pouvoirs d'influence
19:44qu'elle n'a absolument pas
19:46et qui vit surtout
19:47en fait
19:47qu'il n'y a qu'une fonction
19:48fondamentale
19:49c'est-à-dire
19:49de faire porter
19:50à la Russie
19:52je dirais
19:53le poids
19:53de la,
19:55je dirais
19:56de l'échec
19:56des politiques
19:58menées
19:58par les états
20:00occidentaux
20:00pour leur propre population
20:01depuis des années
20:02que ce soit sur le terrain
20:03économique,
20:03sur le terrain social,
20:05sur le terrain identitaire,
20:06etc.
20:06donc face à la crise
20:08qui monte
20:08c'est-à-dire face
20:09à l'angoisse
20:10des populations
20:11qui voient
20:14leur pays s'appauvrir,
20:15qui voient leurs institutions
20:16ne plus les protéger
20:18ou ne plus les,
20:19oui,
20:19ne plus les protéger,
20:21face à cette crise
20:22qui est en train de monter
20:23et qui était prévisible
20:23puisque depuis début mars,
20:25depuis le début de l'opération
20:26en Iran,
20:27tout le monde savait
20:27qu'on irait vers quelque chose
20:29qui ressemblerait
20:30à un choc pétrolier
20:31à partir du début
20:32de l'automne,
20:33donc personne n'est surpris
20:34de ça.
20:35Et donc face à cette pression
20:37qui monte
20:37et qui n'a rien à voir
20:38avec la Russie,
20:39que je sache,
20:39parce que ce n'est pas la Russie
20:40qui a attaqué l'Iran
20:41et ce n'est pas la Russie
20:42qui a décidé
20:43de détruire notre stream
20:44non plus,
20:44plus personne n'ose affirmer
20:45ça aujourd'hui.
20:46Donc on sait que cette politique
20:48c'est le résultat
20:49des Etats-Unis,
20:50de la politique des Etats-Unis
20:51pour l'essentiel
20:51et du laisser faire
20:52de l'impuissance,
20:53de la couardise
20:55des Etats européens.
20:56Et donc face aux résultats
20:59concrets de leur politique
21:00ou de leur impolitique,
21:02eh bien aujourd'hui
21:03la meilleure solution,
21:04la solution la plus confortable
21:05pour ces élites militarisées,
21:08qu'on pourrait appeler
21:08des banquiers militarisés,
21:09ils sont tous issus
21:10de ce monde
21:11de la finance
21:11et de la banque,
21:14c'est de mettre
21:15en quelque sorte
21:16un chapeau russe
21:17sur cette crise
21:18pour nous expliquer
21:19que si demain
21:20vous critiquez le gouvernement
21:21ou si vous vous plaignez
21:22de la hausse de l'essence
21:23ou que si vous manifestez,
21:24eh bien vous allez faire
21:25le jeu de la Russie,
21:26vous allez contribuer
21:27à la déstabilisation du pays
21:29dans le cadre
21:30d'une guerre hybride,
21:31forcément menée
21:32par la Russie.
21:32On n'a pas encore
21:33la Chine dans le tableau
21:35mais ça ne devrait pas
21:35tarder non plus.
21:37Voilà où on en est.
21:38Donc il s'agit d'une,
21:39pour faire simple,
21:40il s'agit d'une instrumentalisation
21:41en quelque sorte
21:42de la guerre
21:45et de la menace russe
21:46comme ça avait été le cas
21:47d'ailleurs
21:47pendant l'élection,
21:49les élections,
21:50voilà,
21:51les élections aux Etats-Unis.
21:52Il s'agit d'une,
21:53on sait maintenant
21:53ce qu'il en est,
21:54c'est-à-dire tout est tombé
21:54à l'eau.
21:55Il s'agit d'une instrumentalisation
21:57d'un ennemi imaginaire,
21:58d'une menace imaginaire
21:59pour créer un état de stress
22:01dans la population
22:01et pour dissuader les gens
22:02de se révolter,
22:03de manifester leur mécontentement
22:05et pour empêcher
22:07en quelque sorte
22:08la population
22:09de demander des comptes
22:10à des gens
22:11dont la politique
22:13les mène dans le mur.
22:14Alors il y a quelques voix
22:15sceptiques en France
22:17qui se font entendre.
22:18Par exemple,
22:19Fabien Roussel,
22:20secrétaire général du PCF,
22:22qui s'est, je cite,
22:22interrogé sur la posture
22:24diplomatique française.
22:25Il était sur France Inter
22:26hier, écoutons-le.
22:27On est aujourd'hui
22:28dans une guerre
22:29qui dure depuis
22:29plus de 4 ans et demi
22:30et qui,
22:32semaine après semaine,
22:33fait de plus en plus
22:34de morts civiles
22:36des deux côtés.
22:38Semaine après semaine,
22:39s'attaque à des raffineries
22:40des deux côtés,
22:41à des oléoducs
22:43aussi au Moyen-Orient.
22:44Mais on va rester en Europe.
22:46Et cette guerre
22:47a donc des conséquences
22:48de plus en plus dures
22:49sur les deux peuples,
22:50russes et ukrainiens,
22:51mais aussi sur nos vies,
22:53à nous,
22:53en France.
22:54et j'interroge
22:57et je demande
22:58à ce que l'on s'interroge
22:59sur les choix
23:00qui ont été ceux
23:01de l'Union Européenne
23:02et de la France
23:03de ne pas avoir créé
23:04les conditions
23:06de dialoguer
23:07avec les deux parties
23:08et le choix
23:09qui a été fait,
23:09ça a été de ne dialoguer
23:10qu'avec Zinansky,
23:12de ne pas dialoguer
23:13avec M. Poutine.
23:14Mais il a envie
23:15de dialoguer
23:15Vladimir Poutine
23:16ou pas Fabien Roussel ?
23:18Est-ce que vous avez
23:18le sentiment
23:19que Vladimir Poutine
23:19a envie de dialoguer ?
23:20Et donc,
23:21de créer des conditions
23:23de mettre autour
23:24de la table
23:24Vous savez,
23:24Fabien Roussel,
23:25vous pouvez arrêter là
23:25cette interview
23:26si à chaque fois
23:27que je vous pose
23:27une question,
23:28vous n'y répondez pas.
23:29Pardon,
23:30mais là,
23:30je me mets à la place
23:31des auditeurs.
23:32J'essaye de façon
23:33tout à fait courtoise
23:35et loyale
23:36de vous poser des questions,
23:37vous n'y répondez pas.
23:43Fabien Roussel
23:43refuse,
23:44essaie de refuser
23:45le stress qu'on lui impose,
23:46mais évidemment,
23:47le journaliste du Hamel
23:48parvient à le contrer.
23:50Comment expliquez-vous
23:51cette difficulté
23:52à percer en fait
23:53cette chape médiatique ?
23:56Bon,
23:56on a le...
23:57Enfin,
23:58Roussel n'est pas très
23:59à droit
23:59parce qu'il aurait dû
24:00répondre à cette question.
24:02Vous dites Roussel ?
24:02Oui,
24:03mais il y a une stratégie
24:04qui vise en fait
24:04à laisser à quelques
24:07politiciens en difficulté
24:08très minoritaire
24:08le soin de porter
24:10ce discours anti-guerre.
24:11Et c'est une stratégie
24:12du gouvernement,
24:12c'est une stratégie médiatique.
24:13Vous pensez que c'est
24:13absolument délibéré ?
24:14Évidemment.
24:15L'opposition contrôlée ?
24:16C'est pas contrôlé.
24:17C'est-à-dire que ce sont
24:18des gens qui sont
24:19certainement sincères
24:20dans leur positionnement,
24:21que ce soit Nicolas Dupont-Aignan,
24:22etc.
24:23Mais face à la pression
24:24à la chape
24:25qui a été mise en place,
24:27il n'y a que ceux
24:27qui n'ont rien à perdre
24:28en quelque sorte,
24:29c'est-à-dire ceux
24:29qui sont à 2%,
24:31pour faire simple,
24:31je caricature un peu,
24:33qui ont intérêt
24:33à dire la vérité
24:34ou à s'expliquer là-dessus.
24:36Ce ne sont pas forcément
24:36ni les plus compétents,
24:38ni les plus rationnels,
24:39ni les plus logiques,
24:39ni ceux qui bénéficient
24:40de la meilleure opinion
24:41dans l'opinion française.
24:43Et on sait que ça a un effet.
24:44C'est-à-dire,
24:45quand vous faites porter
24:45une opinion par quelqu'un,
24:47cette opinion est affectée
24:49par celui qui la porte,
24:50c'est-à-dire le medium is message.
24:52Donc,
24:54la stratégie visant
24:55à laisser,
24:55en quelque sorte,
24:56les moments de liberté
24:58ou les moments
24:59de pacifisme
25:01ou de recherche
25:01de solutions pacifiques
25:05dans une posture
25:05qui est tout à fait normale
25:07et qui doit être
25:08très largement majoritaire
25:09dans la population
25:09à des candidats
25:11ultra minoritaires
25:12en termes d'audience
25:12ou en termes
25:13de positionnement politique,
25:14c'est volontaire.
25:16C'est une façon de dire
25:17« Regardez,
25:18ça ne représente rien.
25:19Vous ne représentez rien,
25:20mais vous avez quand même
25:21la parole.
25:22On vous met sur le grill,
25:23mais c'est quand même
25:24toujours Roussel et Dupont-Aignan. »
25:26Bon.
25:26Ce qui compte là-dedans,
25:27c'est ce qu'ils ont réussi
25:29à verrouiller.
25:29Ils ont réussi à verrouiller
25:30globalement l'ensemble
25:31du dispositif.
25:32Vous avez des acteurs
25:33et des intervenants
25:34soi-disant experts
25:35en géopolitique
25:36qui sont en fait
25:37des acteurs
25:39des réseaux néo-conservateurs,
25:41donc des vatanguères
25:42chroniques
25:43depuis des années
25:45qui ont appelé
25:45à la guerre en Libye,
25:47qui ont appelé
25:47à la guerre en Syrie.
25:47Chroniques ou pathologiques ?
25:49Chroniques et pathologiques
25:50qui sont sur tous les plateaux.
25:53Et donc,
25:53il y a une volonté
25:54d'imposer derrière
25:55le narratif d'Emmanuel Macron,
25:56d'installer ce narratif
25:58en quelque sorte
25:58dans la population
26:00et de faire porter
26:01les quelques voix dissonantes
26:02par des acteurs
26:02ultra minoritaires
26:03et qui n'ont pas
26:04une bonne presse
26:05ou une bonne opinion
26:06dans la population.
26:07Alors,
26:08ceux-ci en tireront peut-être
26:09quelques miettes électorales,
26:13on l'espère pour eux
26:14en tout cas,
26:15mais une chose est sûre,
26:16c'est que c'est une méthode
26:17qui vise en fait
26:18à délégitimer
26:19cette parole
26:21largement majoritaire
26:21dans la population
26:22puisque la majorité
26:23de la population
26:24souhaite
26:25que nous ne nous impliquions
26:26pas militairement
26:27dans cette affaire,
26:30souhaite qu'on s'intéresse
26:31aux problèmes français.
26:32Il y a des sondages
26:32qui sont très clairs
26:33et qui ont montré
26:33que la question de l'Ukraine
26:35était une question
26:36qui venait très très loin
26:37de la menace russe
26:38qui venait très très loin
26:39dans les préoccupations
26:40des gens,
26:40les préoccupations des gens.
26:41Voilà, c'est donc
26:43tout ça est très clair
26:44et donc si on fait l'inverse
26:46et si les médias
26:46vous installent l'inverse,
26:47le narratif inverse
26:48en faisant porter
26:49encore une fois
26:50le discours de paix
26:52je dirais
26:53par des petits candidats
26:54un petit peu coincés,
26:56c'est parce que
26:57ça fait partie du dispositif.
26:59Ce qu'il faut aujourd'hui faire,
27:02c'est ce qu'on fait globalement
27:03plutôt LFI
27:04et aussi le Rassemblement National
27:05à l'issue de la conférence
27:08de crise
27:09que l'aura concoctée
27:10Emmanuel Macron,
27:12c'est de parler
27:13de ce qui intéresse les gens.
27:14Ce qui intéresse les gens
27:15c'est la crise qui vient,
27:19la crise énergétique qui vient,
27:21ses impacts sociaux,
27:22économiques,
27:23en termes de déstabilisation,
27:24en termes d'emplois,
27:25etc.
27:25Ça c'est du lourd,
27:26c'est du massif,
27:27c'est du concret.
27:27Je ne dis pas
27:28que la question de la guerre
27:29ne compte pas
27:29mais la question de la guerre
27:30est encore une fois
27:32utilisée pour bloquer
27:33les effets de la crise.
27:34C'est-à-dire
27:35c'est pour bloquer,
27:36pour verrouiller
27:36ou en quelque sorte
27:37museler la population
27:38et faire que par contamination
27:41on assimile toute critique
27:43du bilan
27:45de l'oligarchie
27:47ouest-européenne
27:48à
27:50je dirais
27:51à la menace russe
27:52qui permettra
27:52de verrouiller tout le monde
27:53et peut-être pas
27:54et peut-être d'ailleurs
27:55pourquoi pas
27:56de fausser le processus électoral.
27:58On a vu que ça avait été
27:59mis en place
27:59avec succès
28:01en Roumanie.
28:02Ils ont essayé
28:03de le faire un petit peu
28:04en Allemagne,
28:04soyons clairs,
28:05ça n'a pas vraiment marché.
28:06Je ne suis pas certain
28:07que ça marchera
28:08beaucoup mieux en France
28:08parce que tout montre
28:10que les gens
28:11ne veulent pas de la guerre,
28:13ne veulent pas
28:13de l'énergie chère
28:14et ne veulent pas
28:15de l'immigration de masse
28:16et que c'est
28:18je dirais
28:18sur cette triade
28:19de préoccupations
28:20et d'angoisse
28:21que se jouera
28:23très probablement
28:24l'élection
28:26qui arrive.
28:26Alors vous parlez
28:27de l'élection
28:27parce que
28:27évidemment
28:28plusieurs journalistes
28:29Jean-Dominique Merchet
28:30de l'Express,
28:31Georges Malbruno
28:32du Figaro
28:32ont publié
28:33le 20 septembre dernier
28:35sur X
28:35des articles
28:35citant des agents
28:36des renseignements.
28:37Cela va dans votre sens.
28:38Selon la source
28:39de Malbruno,
28:40je cite,
28:40la menace hybride russe
28:41existe
28:42mais Emmanuel Macron
28:43la surestime.
28:44Donc cette source
28:45s'interroge sur l'existence,
28:47je cite,
28:47et il dit la même chose
28:48que vous,
28:49d'une stratégie
28:49de communication
28:50pour orienter
28:50les choix des Français
28:52avant la présidentielle.
28:53Merchet, lui,
28:54a insisté,
28:55cite après lui,
28:56citant cinq responsables
28:58français importants,
28:59dit-il.
29:00Des voix critiques
29:01se font entendre
29:02et pas uniquement
29:02dans les milieux
29:03pro-russes.
29:04Emmanuel Macron
29:04utilise les services
29:06dont on voit les chefs
29:07sur la photo
29:07d'ailleurs de la Réunion
29:08alors qu'il n'y a pas
29:09d'alerte rouge maximale
29:11selon un excellent
29:12connaisseur du renseignement
29:14qui s'est déclaré
29:14à Merchet stupéfait.
29:17Vous pensez
29:18que ce sont des petites voix
29:18qui peuvent gripper
29:19le rouage d'Emmanuel Macron ?
29:22Non, je pense que
29:22tous les gens,
29:23enfin la plupart des gens
29:24qui ont un peu
29:24dessous de bon sens
29:25et qui ne se laissent pas
29:26impressionnés
29:27par le matraquage médiatique
29:28qui est beaucoup moins efficace.
29:30Pour les gens
29:31qui l'ont vécu,
29:32je me rappelle
29:32du compte du matraquage
29:33pendant la guerre en Irak,
29:35la deuxième en particulier
29:36et je me souviens
29:37du climat qu'il y avait,
29:38du climat de stress,
29:40de peur,
29:40de militariste,
29:42etc.
29:43On est typiquement
29:44dans la même ambiance,
29:45c'est plus efficace aujourd'hui
29:46mais paradoxalement
29:47c'est un moins de prise.
29:48Pourquoi c'est plus efficace ?
29:49C'est plus efficace
29:50parce que globalement
29:51leur système
29:51est plus complet.
29:53La mobilisation des experts,
29:55le nombre d'intervenants,
29:57le nombre de chaînes
29:58qui disent la même chose
29:59et surtout
29:59pour une raison simple
30:00c'est qu'il n'y a pas
30:02d'opposition réelle
30:03qui ose
30:05prendre le contre-pied
30:06du narratif officiel
30:07sur cette affaire.
30:08Sur l'Irak quand même
30:10ça a donné lieu
30:10à une invasion
30:11et à une occupation
30:12pendant une décennie.
30:13Oui et probablement
30:15à une catastrophe globale
30:16et plusieurs millions de morts
30:17aussi accessoirement.
30:19Donc on sait que
30:21cette politique en fait
30:22ces politiques
30:23sont des politiques
30:24qui ne correspondent pas
30:25ni aux intérêts français
30:26ni aux intérêts européens.
30:27Et donc on sait aussi
30:30que les français
30:31sont contre la guerre
30:32donc il s'agit simplement
30:34de fabriquer de la peur,
30:35de fabriquer de la menace
30:36et on est dans le processus classique
30:38que j'aborderai
30:39dans cette conférence samedi
30:41donc à 15h à Paris
30:42qui est une volonté en fait
30:47d'utiliser le stress
30:48de fabriquer en quelque sorte
30:49un stress
30:50de l'alimenter
30:51pour créer des phénomènes
30:53d'alignement
30:54des alignements d'opinion
30:55des synchronisations optimales
30:58une coopération sous stress vital
31:01d'une certaine façon
31:01c'est-à-dire une façon
31:02d'amener les gens
31:04à coopérer
31:05à collaborer
31:06en quelque sorte
31:07avec la machine
31:10je dirais
31:12le système
31:14qui est formé
31:15par le système financier
31:17le système politique
31:18et le système médiatique
31:18puisqu'on a une imbrication
31:20des trois
31:20et donc
31:21il s'agit de mettre au pas
31:23la population
31:23ni plus ni moins
31:24et pour y arriver
31:25on utilise des méthodes
31:26qui sont très anciennes
31:29sur lesquelles
31:30il y a des gens
31:30qui ont travaillé
31:31et qui visent toujours
31:32en fait
31:33à obtenir globalement
31:34la même chose
31:35c'est-à-dire
31:36une mobilisation
31:37en interne
31:38une hystérie
31:39la désignation d'un ennemi
31:40et la désignation
31:41d'ennemis intérieurs
31:42qui sont censés coopérer
31:42avec lui
31:43s'il se comporte mal
31:45on sait que dans les phases
31:45de crise
31:46par exemple
31:47tous les gens
31:47qui ne reconnaissent pas
31:48ou qui n'admettent pas
31:50la figure de l'ennemi
31:51ou ne donnent pas
31:51la même définition
31:52que l'ennemi
31:53que la majorité
31:53ou que l'état
31:54sont en général
31:56considérés eux-mêmes
31:57comme des adversaires
31:57ou comme des ennemis
31:58et donc il y a tout un processus
32:00qui se met en place
32:01et qui est un processus
32:02hyper toxique
32:03et je rappelle
32:04que le premier effet
32:05de la guerre
32:05au-delà du fait
32:06qu'elle débouche ou pas
32:08au-delà du fait
32:09qu'il y ait une guerre ou pas
32:10ce dont je doute
32:11très très fortement
32:12je pense qu'ils ne sont pas
32:13assez dingues
32:13pour aller jusqu'à là
32:15tout simplement
32:16parce qu'on n'a probablement
32:18pas les moyens
32:19de l'amener
32:19et qu'elle aboutirait
32:20de fait
32:20à une situation
32:25cataclysmique
32:26je crois que leur volonté
32:27c'est bien cela
32:29c'est-à-dire d'utiliser
32:31la peur de la menace
32:32la guerre
32:33le stress
32:33comme l'a fait Emmanuel Macron
32:34un bon sociopathe qu'il est
32:36depuis le début
32:37de son premier quinquennat
32:39et on est dans une logique
32:40hyper toxique
32:42qui est une logique
32:43de contrôle
32:44et qui pourrait
32:46par réaction
32:47aussi
32:48et du coup
32:49dans une logique
32:49de mobilisation
32:51sous stress vital
32:52mais d'une population
32:53qui ne réagit pas
32:54au stress de la guerre
32:55mais qui réagit
32:56au stress de gens
32:57qui veulent l'amener
32:57vers la guerre
32:59produire des événements
33:00tout à fait incontrôlables
33:01je tiens à rappeler
33:02qu'il y a effectivement
33:04des révolutions
33:05qui ont été produites
33:06par la guerre
33:06mais il y a beaucoup
33:08de révolutions
33:08qui ont été produites
33:09par des populations
33:10qui ne voulaient pas
33:11être amenées à la guerre
33:13et ces peuples
33:15qui ne veulent pas
33:16être amenés à la boucherie
33:17pour des raisons
33:18qu'ils ignorent
33:19qu'ils ne comprennent pas
33:19et qui ne correspondent pas
33:21à leurs intérêts
33:21peuvent devenir
33:22extrêmement dangereux
33:23j'invite donc
33:24tous les gens
33:25qui alimentent
33:27la panique collective
33:29en même temps
33:30que les français souffrent
33:31et qu'on crève
33:32dans les couloirs
33:32des urgences
33:33pendant qu'on envoie
33:35des milliards
33:36en Ukraine
33:37pour continuer
33:37à alimenter
33:38ce processus-là
33:40j'invite les gens
33:41à bien réfléchir
33:41à ce qu'ils font
33:42parce qu'on peut
33:44certes jouer
33:44un petit peu
33:45avec les nerfs
33:45de la population
33:46assez loin
33:47essayer de la contrôler
33:48assez loin
33:49mais on pourrait
33:49avoir un effet
33:50boomerang
33:50extrêmement violent
33:52et je pense
33:54qu'Emmanuel Macron
33:55ne mesure pas
33:57l'effet
33:58de l'effet
33:59boomerang
33:59possible
33:59il nous faut réfléchir
34:01à ce que nous faisons
34:02et vous pouvez réfléchir
34:03en vous rendant
34:04d'ailleurs
34:04à la conférence
34:05de Laurent Ozon
34:06le 26 septembre
34:07à Paris
34:07inscription sur
34:08laurenaozon.fr
34:10évidemment
34:10sur le concept
34:11du stress collectif
34:13et de ses effets
34:14sur la population
34:15merci beaucoup
34:16Laurent Ozon
34:17d'avoir répondu présent
34:18à l'appel
34:18de Choc du Monde
34:19merci à tous
34:20d'avoir suivi
34:20cette émission
34:21surtout n'oubliez pas
34:22de la commenter
34:23de la partager
34:24et de vous abonner
34:25à TVL
34:25c'est indispensable
34:26pour la réussite
34:27de notre média
34:28merci à tous
34:29et bonne soirée
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