00:00Vous avez participé à cette réunion, évidemment vous ne pouvez pas nous dire tout ce qui s'y est passé,
00:05mais il est vrai que votre poste, votre réaction, votre état d'esprit a frappé les esprits.
00:12Justement, voyons quelques mots de ce que vous avez écrit.
00:15Vertige de la gravité des situations au Moyen-Orient et en Ukraine,
00:18de la folie prédatrice qui mène le monde au chaos.
00:21Vertige des risques et conséquences sur notre sécurité, notre économie, notre pouvoir d'achat.
00:26Vertige de tous ces candidats qui rêvent sans retenue, sûrs de leur fête, de leur posture, de gouverner la France
00:31dans cette époque.
00:32Et cette situation historique est grave.
00:36Poste devenu viral, on voit que vous l'avez écrit, si je puis dire, à la pointe des tripes.
00:40Oui, avec à la fois humilité et sincérité, tout simplement.
00:44Peut-être que c'est ce qui m'a valu d'être autant relié.
00:48Je ne l'imaginais pas d'ailleurs au départ, donner un ressenti.
00:51Vous savez, moi, je viens d'une famille politique ancestrale aux origines de la République française.
00:57L'un des plus vieux partis de France, si ce n'est le plus vieux, de gauche, certes.
01:01Mais qui n'est pas macroniste.
01:02Mais qui n'est pas non plus dans la NUPES.
01:04Une espèce d'oiseau rare qui a résisté à toutes les tendances, à toutes les tentations.
01:10Qui a d'ailleurs perdu des plumes, l'oiseau rare.
01:12Mais finalement, j'ai aussi ce sentiment que n'étant pas candidat moi-même à l'élection présidentielle,
01:17je crois que je suis l'un des rares à ne pas prétendre au Graal.
01:19Je me suis dit que dans ce moment, mon devoir, ma responsabilité, c'était finalement d'être un lanceur d
01:25'alerte.
01:25Pas un sonneur d'alarme.
01:28Ce n'est pas à moi de dire que les choses sont gravissimes.
01:31Moi, je ne suis pas là pour ça.
01:33Mais par contre, pour dire aux Français, il faut qu'on vous parle.
01:36Parce que là, ce que vous entendez à la sortie de l'Élysée, c'est juste pas au niveau.
01:39C'est ce qui vous a choqué.
01:41On a l'impression, et vous allez nous dire quelques bribes peut-être de ce qui s'est dit,
01:45que vous avez assisté véritablement à une réunion empreinte de gravité avec une solennité réelle.
01:50Et puis qu'au sortir, la plupart ou certains se sont lancés directement dans la campagne.
01:55Peut-être même avec un discours déjà pré-écrit et à l'avance.
01:58Oui, c'est-à-dire que pour beaucoup, on avait l'impression de quoi qu'on se dise dans cette
02:01salle pendant trois heures.
02:02Finalement, le discours de fin était déjà écrit.
02:04Ils avaient lu les qualis des sondeurs le matin.
02:06Les Français voulaient qu'on leur parle du chèque énergie.
02:08Ils sortaient, ils parlaient du chèque énergie.
02:10Sauf que pendant trois heures, nous avons dézoomé sur l'ensemble des problèmes auxquels nous sommes confrontés.
02:16Quand je dis dézoomé, c'est que d'habitude, ces réunions, elles ont lieu sur un sujet très précis.
02:20L'Ukraine, la Russie, l'Iran et le Moyen-Orient, les ingérences étrangères.
02:24Là, on a pris de la hauteur.
02:25Et c'était fait par des gens, directeurs des services de renseignement, que ce soit militaires, civils,
02:30ou le directeur général de l'énergie.
02:33Et quand vous sortez de là, en fait, vous vous dites, la France, les Français sont aux prises avec des
02:38crises qu'ils n'ont pas voulues,
02:40parce que le Moyen-Orient, c'est M. Trump et c'est M. Netanyahou, parce que l'Ukraine, c'est
02:44M. Poutine,
02:45et que le sujet, aujourd'hui, il est quand même qu'on l'intègre, parce qu'on peut toujours reprocher
02:50beaucoup de choses au gouvernement.
02:51Je n'ai jamais hésité à le faire.
02:52Je suis un opposant poli, alors on m'entend moins que les autres.
02:56Mais n'empêche que je n'ai jamais hésité à le faire.
02:58Mais je me suis dit aussi, il faut qu'on dise aux Français que l'heure est grave,
03:02et que dans ces moments-là, on n'a pas besoin d'autre chose que d'un capitaine de gros
03:08temps.
03:09On a besoin de quelqu'un qui est capable de répondre aux exigences de crise.
03:13Et ces crises, elles sont imbriquées, additionnées, multipliées, et je termine bien là, trois majeures.
03:18La crise de l'énergie, c'est la première, et c'est dans l'ordre, et c'est le Moyen
03:21-Orient.
03:22La seconde, c'est la crise financière.
03:24Parce qu'une des grandes difficultés à laquelle nous sommes confrontés,
03:27c'est que nous avons une situation financière tellement fragile
03:30qu'absorber les chocs du chaos mondial est extrêmement difficile, pour ne pas dire impossible.
03:35Et la troisième crise, c'est la crise de sécurité nationale, liée à ce que fait M. Poutine.
03:40Si vous rajoutez la crise climatique, la crise alimentaire qui va naître de l'agriculture,
03:45et les crises qui continuent d'exister dans l'Europe et dans le monde,
03:48je crois qu'il faut simplement dire aux Français, n'ayez pas la trouille,
03:52regardez le problème en face.
03:53Sous-titrage Société Radio-Canada
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